L'invité

Lundi 5 octobre 2009

Je conseille aux quelques amis-camarades qui viennent me lire, assez régulièrement, d'aller jeter un petit coup d'oeil au blog de Nouvelle Gauche :
http://www.nouvellegauche.fr/blog/2009/ .
On y trouve notamment des billets politico-économiques de Pierre Larrouturou qui fut mon premier invité sur ce blog, c'était le 18 février 2008, et c'est avec beaucoup de plaisirs que je reprends , une nouvelle fois l'un de ses articles tout en précisant que le blog mérite vraiment le détour même quand l'ami Pierre laisse la place à l'un de ses camarades.
J'estime que Nouvelle Gauche à une place primordiale à tenir dans l'actuelle rénovation du PS et même si j'avoue avoir aussi quelques amitiés pour d'autres sensibilités socialistes je suis convaincu que leurs analyses et leurs propositions sont absolument indispensables pour la bonne cohérence d'un projet.
Voici l'excellent article que Pierre Larrouturou a publié le 29 septembre dernier et qui a pour tître «  Comment sortir du piège ? » : Lumineuse analyse.

« C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont « brulé » l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans… »

 

  Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.

Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”

 

Quoi qu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là !

En 1929, la Banque centrale américaine avait aggravé la crise en fermant tous les robinets du crédit. Depuis deux ans, au contraire, gouvernements et banques centrales ont ouvert tout grand les vannes. Cette politique était nécessaire mais elle est totalement insuffisante.

 

« Le plan Paulson est une transfusion sanguine à un malade souffrant d’une hémorragie interne » affirmait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, en octobre 2008. Un an plus tard, rien n’a changé : on transfuse le malade à coup de trilliards de dollars sans soigner “l’hémorragie interne”. Soigner l’hémorragie devient pourtant une priorité absolue car nous ne pourrons pas continuer longtemps à accumuler des déficits publics pharaoniques.

 

Depuis qu’a commencé la crise, c’est uniquement grâce à la confiance de tous les acteurs dans la solidité financière des Etats, qu’on a évité l’effondrement du système : il y a un an, quand Paulson annonce qu’il met 700 milliards sur la table, quand Merkel, Brown et Sarkozy en annoncent 400, nul ne doute que les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France sont effectivement capables de trouver ces sommes considérables. En quelques jours, la confiance revient sur les marchés.

 

Mais depuis quelques semaines, à mesure que sont rendu publics de gigantesques déficits publics aux quatre coins de la planète, le doute s’installe sur la capacité qu’auront les Etats-Unis, le Japon ou la France à honorer leurs dettes dans dix ou vingt ans. Il y a quelques semaines, l’Allemagne voulait placer sur les marchés financiers quelques 6 milliards de bons du trésor. Elle n’est pas parvenu à placer l’intégralité de la somme. Que se passera-t-il si la confiance dans la solidité financière des états diminue ou disparaît ? Que se passera-t-il si, dans quelques années, nos gouvernements sont étranglés par le poids des intérêts de la dette et ne peuvent plus financer certaines dépenses courantes ? Nous subirons une crise qui échappera à notre contrôle et dont nul ne peut prévoir l’extrême gravité.

 

Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ? Dans tous les pays occidentaux, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous ont conscience que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde… Alors que choisir ? La peste ou le choléra ? Sombrer dans le gouffre de la récession ou foncer dans le mur de la dette ? Telle est la question que les dirigeants du G20 n’ont pas voulu débattre en public mais c’est bien le dilemme qui les empêche de dormir.

 

Pour sortir du piège avant qu’il ne se referme sur nous, il est fondamental de comprendre où est “l’hémorragie interne” dont parle Stiglitz : pourquoi, dans tous nos pays, l’économie tombe-t-elle en récession si on cesse d’augmenter la dette ? Pourquoi nos économies sont-elles “accros” à la dette ? Comment les sevrer ?

 

  C’est en observant l’évolution de la dette aux Etats-Unis sur les 50 dernières années qu’on comprend les causes profondes de cette addiction. Jusqu’en 1981, jusqu’à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB était parfaitement stable.


L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Ces règles collectives (ce « compromis fordiste ») ont permis aux Etats-Unis et à l’ensemble des pays occidentaux de connaître 30 ans de stabilité. Sans dette.

 
 Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. La dette augmente surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la baisse de la part des salaires dans le PIB. C’est à partir de là que des millions d’Américains commencent à s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.

Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représentait plus que 57 % en 2007.

 

  

Sans doute la part des salaires était-elle un peu trop élevée, à la fin des années 70 dans certains secteurs, mais 10 points de chute, c’est colossal. Ce déséquilibre du partage entre salaires et bénéfices a provoqué une euphorie croissante des marchés financiers : en 25 ans, pour ces 15 pays de l’OCDE, ce sont plus de 35.000 milliards de dollars qui sont allés aux actionnaires alors qu’ils seraient allés aux salariés si on avait gardé le partage salaires/bénéfices de la fin des années 1970. Plus de 35.000 milliards ! On comprend que certains aient perdu tout sens de la mesure…

Mais cette baisse de la part des salaires a évidemment un effet négatif sur la consommation des ménages.

 

En juillet 2003 déjà, dans son rapport annuel, la Banque des Règlements Internationaux, la “Banque Centrale des Banques Centrales”, soulignait le risque d’une récession mondiale par manque de consommateurs : de même qu’un avion doit aller assez vite pour que la portance de ses ailes lui permette de rester en altitude, de même une “société de consommation” doit donner suffisamment de revenus aux consommateurs pour qu’ils puissent consommer. Quand la part des salaires diminue trop fortement, c’est l’ensemble de l’économie qui risque de s’effondrer comme un avion dont la portance n’est plus suffisante.

  

Pourquoi ?

Comment expliquer la baisse historique de la part des salaires ? Est-ce la faute des “actionnaires qui sont trop gourmands” ? Depuis qu’existe le capitalisme, les actionnaires ont toujours été gourmands : un actionnaire prend un risque quand il apporte du capital à une entreprise et, si l’entreprise prospère, il préfèrera toujours avoir le taux de retour le plus important possible. La nouveauté de ces vingt dernières années, ce n’est pas que les actionnaires soient gourmands, c’est qu’ils aient pu obtenir ce qu’ils voulaient car la négociation avec les salariés était de plus en plus déséquilibrée.

 

Dans tous nos pays, la peur du chômage a fortement déséquilibré la négociation sur les salaires : “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Avant même qu’éclate la crise des subprimes, il y avait au Japon 32 % d’emplois précaires. Avant même qu’éclate la crise, il y avait en Allemagne 4 millions de chômeurs et 6 millions de petits boulots. Il y avait aux Etats-Unis tellement de bad jobs à 10 ou 15 heures par semaine que la durée moyenne du travail était tombée à 33,7 heures (Source Economic Report of the President 2006).

 

Dans ce contexte de chômage de masse, puisque l’on a supprimé ou diminué les régulations collectives mises en place après la crise de 1929, quel(le) salarié(e) peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut refuser un surcroit de travail ? Qui peut “donner sa démission” en espérant trouver assez vite un autre emploi ? “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Dans tous nos pays, la peur d’être bientôt au chômage est dans toutes les têtes. Cette peur a profondément déséquilibré la négociation sur les salaires et la part des salaires est tombée à un plus bas historique. Pendant des années, le système n’a fonctionné que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire…

 

« Les Français sont prêts à entendre la vérité » aime à dire Nicolas Sarkozy. Eh bien chiche ! Voilà la vérité : la crise de la dette n’est pas un incident de parcours dû à l’inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l’ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin chaque année d’un endettement plus élevé ! Pendant 25 ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers mais aujourd’hui, cette fuite en avant nous amène dans le mur !

 

Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale ! C’est à cause du chômage que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l’on sortira de la crise. Le chômage n’est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l’une des causes premières. Pour “sortir du piège”, pour stopper “l’hémorragie”, il faut s’attaquer frontalement au chômage.

 

Hélas, deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a toujours rien fait d’utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation… mais contre le chômage, il n’a encore rien fait ! Le nombre de chômeurs a augmenté de 500.000 en un an (C’est du jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale !) mais l’hyper-Président continue de regarder ailleurs…

 

Pourtant, dans ce domaine, pas besoin de réunir un consensus au G20 pour agir : le Danemark et les Pays-Bas ont montré avec les accords de Wassenaar qu’on pouvait, au niveau d’un pays, construire un nouveau contrat social et diviser par deux le chômage. Pourquoi Nicolas Sarkozy qui passe son temps à « exiger des résultats concrets» au niveau international, ne se fixe-t-il à lui-même aucun objectif concret dans ce domaine ? »

 

Pierre LARROUTUROU est membre du Conseil National du PS et président de Nouvelle Gauche.

 

 

 (A suivre)

 
Par daniel
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Dimanche 16 août 2009

 

 J’ai un peu blablaté ce mois-ci sur la mythique nuit du 4 août 1789 ; je l’ai d’abord évoquée sérieusement en m’interrogeant sur l’héritage de la Révolution, et puis je m’en suis servi de manière plus caustique, en rappelant la grande peur de l’an dernier dans le monde capitaliste quand s’est subitement déclenchée la crise financière et économique ….

 Et puis je suis tombé sur une tribune de Thomas Piketty dans le Monde du 4 août… ;  je dois reconnaître que je suis assez flatté de constater de ne pas avoir été le seul à avoir  fait ce rapprochement, d’avoir eu cette idée finalement pas si extravagante que ça…. Si quelqu’un d’aussi talentueux que l’économiste Thomas Piketty m’apporte un soutien inattendu et pour tout dire  inespéré ….autant que j’en profite…. et comme cette tribune est autrement plus intéressante que ce que j’ai écrit… et bien il est normal j’en fasse profiter mes quelques lecteurs en l’invitant incognito chez moi.

 Je ne peux d’ailleurs guère le présenter car je le connais pas trop sauf que je sais que nous sommes plutôt de même famille politique sans que lui, me semble t-il, ne soit encarté  même s’il dispense de temps à autres, en tant qu’expert, de précieux conseils à divers  responsables socialistes. Son domaine de prédilection est l’étude des inégalités économiques. Il a reçu en 2002 à 30 ans le Prix du meilleur jeune économiste de France…. Il a publié en 2006 : «  Les hauts revenus en France au XXe siècle : inégalités et redistribution.» 

 

Voici de larges extraits de l’entretien qu’il a accordé au Monde :

 

 « Comme en 1789, la question des ‘’privilèges’’ se pose avec une gravité particulière dans le domaine fiscal. La nuit du 4 août, en effet, a débouché sur une révolution fiscale fondée sur le principe de l’universalité de l’impôt……

…..  Or que constate-t-on aujourd’hui ? Eh bien qu’il existe, comme sous l’Ancien Régime, une catégorie de la population qui échappe à ce principe fondateur de notre système fiscal, en ne payant pas les impôts qu’elle devrait payer…..

…. Didier Migaud (député socialiste), le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a montré dans un récent rapport que, au-delà de 400 000 euros de revenus mensuels, le taux effectif d’imposition diminue au fur et à mesure que le revenu augmente. Ce phénomène, proprement scandaleux, s’explique en premier lieu par le développement des stratégies d’optimisation fiscale, qui permettent à certains de consacrer une partie de leur argent à payer des conseillers grâce auxquels ils pourront tirer profit de la moindre brèche dans le système afin de payer moins d’impôts.

L’autre raison, c’est l’accumulation des ‘’niches fiscales’’. Elles n’étaient pas illégitimes quand on les a introduites…. mais à la longue….. l’addition de ces exceptions qui se sont ajoutés les unes aux autres et sous tous les gouvernements, fait que notre système fiscal actuel n’obéit absolument plus au grand principe de 1789 : A revenu égal, impôts égal. 

 

En matière des impôts, une nouvelle nuit du 4 août est nécessaire. Mais…. sur ce terrain en France on a beaucoup parlé mais on n’a rien fait….. bien au contraire : les cadeaux aux contribuables les plus privilégiés se sont multipliés, et aucune réforme fiscale d’ensemble n’a été envisagée. Avec le bouclier fiscal les 1000 plus gros contribuables ont ainsi reçu cette année de l’administration un chèque moyen égal à 30 années de smic (350 000 euros).

 

Justifier cela au motif qu’il ne s’agit somme toute que d’un petit nombre de personnes revient à passer à côté du sujet. En 1789 déjà, certains faisaient valoir que l’aristocratie ne représentait qu’à peine 1 % de la population, et qu’il ne fallait pas aiguiser la jalousie du peuple à l’égard de ses élites naturelles.

 L’exigence d’égalité et de justice fiscale était pourtant nécessaire, incontournable. Elle l’est toujours. »

 

    A noter d’ailleurs que ce nettoyage des cadeaux fiscaux et toutes formes de niches, qui ne profitent qu’aux riches, ferait le plus grand bien aux finances : Selon les chiffres publiés le 11 août par le ministère du budget le déficit atteint 87 milliards d’euros au 30 juin 2009, contre 33 milliards pour la même période 2008, qui étaient déjà des sommets vertigineux. Jamais depuis les années 50 notre pays n’a été aussi mal en point et il serait curieux de rappeler au les slogans de l’opposition de droite qui fleurissaient sous les gouvernements Mauroy.

 

 Et puis comme par hasard lorsqu’on évoque la prochaine loi de finance qui sera examinée à la rentrée des rumeurs circulent sur de prétendues niches fiscales… mais c’est pour évoquer une réforme des retraites des mères de famille ou des suppressions d’aides à des personnes handicapées ou pour maintenir des personnes âgées à leur domicile…

 Ces salauds sont foutus au nom des économies à faire, de tailler dans les aides aux plus fragiles aux plus vulnérables pour éviter une nouvelle fois de s’en prendre aux riches parasites.

 

 J’ai parfois le sentiment que nous visons encore trop bas, que nous sommes trop modérés …. Ce n’est pas seulement d’une nuit du 4 août dont nous avons besoin mais d’une vraie bonne révolution ………. et que nous devons sans le moindre remord tailler dans les comptes en banque des friqués : je ne sais exactement à partir de quel niveau mais il me semble évident qu’au delà de 200 000 euros de salaire net annuel il faut tout prendre….et peut être que ce seuil est encore bien trop haut.

 Quelque soit le talent d’un individu: artiste, sportif, savant, politicien, homme ou femme d’affaires, banquier…. Au-delà d’un certain niveau il faut tout prendre … car c’est totalement indécent….. et s’ils veulent s’expatrier ces parasites qu’ils foutent le camps.

 

   

A suivre.

 

 

Par daniel
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Mardi 4 août 2009

 Oui je sais, je ne suis pas raisonnable car je n'ai pas encore eu le temps d'accompagner les photos de mon précédent billet de légendes et de petites informations secrètes sur cette semaine aventureuse en Périgord où nous avons accompagné nos jeunes explorateurs des temps passés.... que je m'impose déjà un nouveau chantier.... mais en cette nuit du 4 août je me suis lancé dans la lecture d'un hors-série du Monde étonnant et passionnant : la Révolution en héritage et je souhaite partager ce plaisir, ces réflexions, ces interrogations .... alors, même s'il est probable que ce billet ne sera pas terminé au bout de cette nuit, il m'a semblé nécessaire, au moins, de le commencer afin qu'il soit daté du 4 août, nuit symbolique s'il en est. 

 
Parcourons ce hors-série et d'abord l'introduction de Michel Lefebvre:

« ....Aujourd'hui, le débat sur "1789, révolution de la liberté" opposée à "1793 révolution de l'égalité", porteuse de violence voire matrice du totalitarisme, est un peu dépassé.....les historiens que nous avons rencontrés nous invitent à revisiter les origines de 1789, à replacer la Révolution française dans une histoire élargie à "l'ère des révolutions" et à analyser son rôle dans la longue maturation de l'idée républicaine... »
 Il faut lire l’entretien avec l'historien américain Timothy Tackett « Les approches de 1789 sont plus pragmatiques, moins idéologiques ». Extraits :

 A une question du journaliste sur l'influence de la pensée des lumières : « Ce sont en fait les révolutionnaires qui dans, leur volonté de s'inscrire dans une filiation se sont recréés des généalogies en se choisissant quelques figures tutélaires comme Montesquieu, Rousseau ou Voltaire... : c'est la révolution qui a construit les lumières plutôt que l'inverse... »

 A une autre question sur la prise de conscience par les contemporains de la dimension historique des évènements, l'historien répond :  « Sans doute le 17 juin 1789, le jour où les députés se sont proclamés "Assemblée nationale". Ce fut un instant bouleversant. Les gens pleurèrent, certains perdirent connaissance. Trois jours plus tard eut lieu un autre épisode mémorable, le serment du jeu de paume.
 Par la suite d'autres dates furent considérées, sur le moment comme historiques. Comme le 4 août 1789, quand furent abolis les privilèges; les gens eurent alors l'impression de vivre en une nuit plus que ce que leurs ancêtres avaient vécu en plusieurs siècles. Comme si l'histoire s'était formidablement accélérée. »

 et répondant au journaliste qui s'étonne que le 14 juillet 1789 ne soit pas mentionné Timothy Tackett précise : « Evidemment, bien que la journée ait d'abord été vécue comme un traumatisme par la plupart des députés, effrayés par les débordements populaires. Ce n'est qu'après coup, une fois la fièvre passée, que le 14 juillet fut "recréé" comme un grand jour. 
 Cela en dit long sur les sentiments ambivalents que les députés nourrissaient à l'égard du peuple au début de la Révolution....  »

 
 La suite de ce hors-série est de la même veine avec des textes très intéressants, très pédagogiques et de jolies ou provocantes illustrations : un petit lexique révolutionnaire, les grandes dates qui ont changé la France, les figures historiques... du bel ouvrage. Je m'arrête un instant sur le récit de cette nuit mémorable du 4 août :
 «  Depuis le 14 juillet, le roi a multiplié les signes d'apaisement : il a rappelé Necker aux affaires, nommé La Fayette à la tête de la garde nationale et même accepté la cocarde tricolore que lui a remise Bailly, le maire de Paris. Mais le peuple est entré dans l'arène et n'est plus prêt à en sortir. Partout dans le pays, l'agitation gronde. Et surtout dans les campagnes où les abbayes sont pillées et les châteaux attaqués........... C'est la "Grande Peur", un gigantesque mouvement de panique qui saisit la France au coeur de l'été.
 Que faire pour calmer les esprits ? »

 C'est la question dont l'Assemblé décide de débattre les 3 et 4  août. Deux hommes vont dominer les débats : Le duc d'Aiguillon et le vicomte de Noailles deux représentants de la noblesse libérale. « ….Pour le premier, la violence est condamnable mais on ne peut que comprendre la colère d'un peuple "qui cherche à secouer un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête." Pour le second, '' l'effervescence des provinces suppose des décisions radicales", comme le rachat des droits féodaux par les communautés et l'abolition des corvées seigneuriales, des mainmortes et autres ''servitudes personnelles". Ces mesures sont adoptées. »

 D'autres suivront au cours de cette nuit de justes folies : suppression des justices seigneuriales, du droit exclusif de chasse, des dîmes, de la vénalité des offices, du casuel des curés etc ... « ..." Grande nuit, on pleurait, on s'embrassait " note dans son journal Adrien Duquesnoy un jeune député du tiers état...  ». Une seule nuit aura suffi pour liquider l'Ancien Régime.

Enfin presque..... Car selon l’historien Michel Vovelle à qui fut confié d'écrire le 1er tome de la riche « Nouvelle histoire de la France contemporaine » (18 tomes au total de 1787 à 1974), intitulé « La chute de la monarchie 1787-1792 », dès le lendemain et avant de rédiger les décrets toutes les décisions de la nuit furent analysées en détail et lors d’âpre marchandages. Il n’était pas question d’un retour en arrière et d’ailleurs la déclaration de principe liminaire affirmait bien que « L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal », mais des clauses, des modalités d’application, venaient compléter les lois de la nuit généreuse pour en édulcorer passablement les hardiesses. En la circonstance les aristocrates purent s’appuyer sur certains ténors du parti des patriotes comme Sieyes et Mirabeau. Ce fut, in fine, un marché de dupes pour le peuple et notamment les paysans, la noblesse et le clergé réussissant à limiter la casse par rapport à ce qui s’était décidé la nuit du 4 août. Sans doute n’était-il pas possible d’aller aussi loin et aussi vite mais cela a aussi, probablement, contribué à entraîner la révolution vers des lendemains moins fraternels.

 Cependant et selon Vovelle : « Quelles que soient les limites de sa portée, la nuit du 4 août conserve une importance majeure dans le déroulement de la Révolution et plus largement dans l’histoire de la France moderne. Dans leur complexité, les stratifications institutionnelles qui faisaient de la France une nation incomplète, inachevée, s’effacent d’un coup. L’ancien régime social d’une société d’ordres, fait place à l’égalité civile appelée par la philosophie des lumières. L’essor du capitalisme au XIXe  siècle trouve dans la libération juridique de l’individu une des conditions formelles qui lui étaient indispensables ; à ce titre, au-delà même de la conscience immédiate qu’elle a pu avoir, c’est la bourgeoisie qui triomphe au 4 août. »

 

Je reviens au Monde hors série « La Révolution en héritage » il propose aussi un débat politique passionnant. Le journal a demandé à six personnalités de répondre à la question « Que représente pour vous la Révolution française ? ». Je vais citer quelques extraits sans dire de qui sont les déclarations très partielles que je reporte :


1/ «…. Je sais bien que pour Clémenceau, la Révolution est un bloc, mais on doit admettre que la terreur a dérapée jusqu’à l’horreur : Il faut savoir garder un œil critique.… cependant un acquis doit être revendiqué sans complexe, c’est celui de la République. Aujourd’hui la mémoire de la Révolution est pacifiée, c’est un fait. Mais le communautarisme est une grande menace pour ses acquis… »

 

2«…. Cet évènement d’une force inouïe, la France a mis un siècle à le digérer. Il a continué à structurer notre pays depuis plus de deux siècles et, aujourd’hui, il est en train d’être détricoté. Le système post-démocratique qu’installent la mondialisation et l’Europe supranationale rétablit des catégories privilégiées.…..

…. Le plus beau cadeau de la Révolution c’est sa devise, liberté, égalité, fraternité. C’est cela qui est en train d’être cassé : nous sommes dans une espèce de retour à l’Ancien Régime…. »

 

3/  « …Qu’est ce que la Révolution nous a laissé en héritage ? D’abord, une idée troublante : une société peut s’effondrer entière en quelques mois, lorsque la charpente est vermoulue. Cette idée proprement révolutionnaire ne sera pas oubliée dans les deux siècles qui suivront. Deuxième héritage : la souveraineté appartient au peuple et à lui seul. Cet héritage-là malgré les deux Empires ne s’effacera plus. Troisième héritage : les questions religieuses sont pour la politique de la nitroglycérine. Enfin la révolution de 1789 marque le point de passage vers l’instauration d’un Etat centralisé. Cet héritage ne s’effacera pas. »

  

4/ « La Révolution française est un événement tellement inscrit dans le conscient populaire que cela en fait une des rares buttes historiques dans lesquelles tous les Français, quelles que soient leurs conditions familiales, sociales, culturelles, peuvent trouver un élément de leur identité. Certains s’identifieront plus au basculement de l’ordre établi, d’autres y verront l’émergence d’une nouvelle citoyenneté, d’autres encore ne veulent retenir que les années de terreur… Chacun y trouvera son éclairage.

 En réalité, aucun de ces éléments n’est dissociable de l’autre. On ne peut résumer la Révolution de 1789 à la guillotine ou aux droits de l’homme. C’est justement par sa diversité et sa complexité que cet événement est fondateur de la France moderne…. »

  

5/  « L’année 1789 évoque pour moi l’irruption  du peuple sur la scène politique : la prise de la Bastille bien sûr, symbolisant l’abolition de l’absolutisme…. En quelques jours, en quelques semaines, ce qui apparaissait depuis des siècles immuable et indestructible… s’effondre.

 Beaucoup opposent la conquête de la liberté (1789) et celle de l’égalité (1793)… Je m’insurge contre une telle vision qui vise à mobiliser l’histoire pour justifier les conservatismes d’aujourd’hui….

Plus de deux siècle après, être fidèle à 1789, c’est défendre la nécessité d’un mouvement révolutionnaire émancipateur. Qu’une nouvelle fois, le peuple surgisse là où on ne l’attend pas. »

 

6/ «… Plus qu’un évènement, c’est un avènement, qui ouvre une nouvelle période historique. L’essentiel des grandes réflexions depuis deux siècles passe par la réécriture d’un récit et la réinterprétation du moment révolutionnaire….. Beaucoup d’historiens ont opposé la bonne révolution libérale de 1789 à la mauvaise révolution jacobine de 1793, et structurés l’histoire autour d’oppositions fortes : entre liberté et égalité, entre Etat et l’individu…. Pour eux la Révolution avait épuisé ses effets.

 Je pense que ce n’est pas exact. Nous sommes dans une continuité. Opposer bonne  et mauvaise révolution n’est pas juste. L’égalité n’est pas l’ennemi de la liberté. Le mot fraternité qui émerge dans la Révolution française, exprime cette articulation entre les deux.

 Pas plus qu’il n’y a d’opposition entre l’Etat et l’Individu : l’organisation collective est nécessaire à l’émancipation des individus. »

 

7/ «Existe-t-il aujourd’hui un risque révolutionnaire ?  Il y a des peurs. Il y a des désespoirs… il y a toujours un terreau dès lors que la France s’inquiète, dès lors qu’elle doute de son destin. Face à une crise d’une gravité exceptionnelle, à la crue sans précédent du chômage, souvenons nous qu’il n’est pas d’exemple dans l’histoire de France d’une dépression économique sans fièvres politiques……. Il y a bien une prédisposition de la France aux révolutions qui a toujours fait sa singularité. La Révolution française a-t-elle jamais été achevée ?

….. Aujourd’hui, cette prédisposition se double de nouvelles vulnérabilités : le sentiment de l’impuissance, le délitement des solidarités et le vide de projet politique. La France craint d’être dépossédée de son destin. Les grandes ruptures de la génération écoulée –décentralisation, construction européenne, mondialisation – ont fragilisé l’Etat, socle historique de la nation…..

…. Au confort annoncé d’un embourgeoisement social s’est substitué une société de la peur, hantée par la précarité et le déclassement, minée par la fracture des générations et le scandale du chômage des jeunes. Le mécontentement trouve-t-il encore un exutoire pacifique ?

….Face à un risque révolutionnaire, la politique ne saurait se réduire à la myopie gestionnaire ou l’aveuglement courtisan. La lucidité et l’esprit de responsabilité peuvent seuls nous guider vers des réformes justes pour désamorcer les tensions et éviter la violence…..

… Nous avons été à l’avant-garde de la révolution des libertés, nous devons être aujourd’hui parmi les pionniers d’une nouvelle donne planétaire. »

 

   Après avoir précisé que ces personnalités sont : Ayrault, Besancenot, Bayrou, Copé, Dupont d’Aignan, Peillon et Villepin on pourra constater d'heureuses convergences …. Et pourtant tous ne sont pas mes amis mais je dois bien admettre qu’en dehors de Besancenot que l’on reconnaît facilement (texte n°5) les autres ont, dans l'ensemble, des positions assez proches sur le sujet et méritent le respect.

 Question aux lecteurs de ce billet : Avez-vous trouvé à qui appartient chaque citation : Pas toujours évident ! 


 Je dois recommander, aux lecteurs  de se procurer le journal et de lire les déclarations in extenso car, pour certains comme De Villepin, je n’ai reporté que de courts morceaux choisis d'un long argumentaire très politique et manifestement ciblé ; idem pour Ayrault mais pour lui le propos est centré sur Nantes et non contre Sarkozy.  Pour les autres c’étaient des billets plutôt courts, une sorte de synthèse de positions déja connus : ainsi le texte essentiel de Vincent qui avait publié au cours de l’été 2008 un  remarquable ouvrage « La Révolution française n’est pas terminée »  

 

  

A suivre

Par daniel
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Lundi 6 juillet 2009

 

 Longtemps, au sein du PS, j'ai été étiqueté « rocardien ». Cela me convenait car je trouvais que cet homme avait du talent, mais dans le fond ce n'était peut-être pas si sûr et d'ailleurs, à partir de 1994, je me suis trouvé beaucoup plus de convergences avec Vincent Peillon.

 Si je me suis senti assez proche de Rocard pendant une dizaine d'années (1984/1994) c'est  essentiellement pour deux raisons :

1/ Dans son courant politique il y avait des hommes que j'admirais parce qu'ils portaient une attention toute particulière à l'Afrique ; des gens sérieux et compétents comme Edgard Pisani, Gérard Fuchs, Jean Pierre Cot... sans oublier Rocard lui même

2/ ll était une alternative au mitterrandisme ainsi qu’à la pratique opportuniste du Parti Socialiste qui consiste à tenir un discours très à gauche pour gagner des élections et gérer ensuite et heureusement de façon très pragmatique sans jamais vouloir avouer une ligne réformiste. Rocard se situait lui plutôt dans une filiation Mendès France, dans le parler vrai pour exprimer ses convictions, ses certitudes et…..parfois ses hésitations ou ses craintes.

 

 Et puis, ensuite, j'ai pris mes distances avec Rocard et toujours pour deux raisons même si celles là sont plus concomitantes :

1/ Si j’étais très réservé, vis-à-vis d'une trop forte implication de l'état dans l'économie, reconnaissant  sans le moindre doute les mérites de l'économie de marché, j'ai ressenti très nettement, en retrouvant en 1987 le monde du travail de la France dont j'étais éloigné depuis une quinzaine d’années, l’évolution socio-économique du pays, conséquence de la montée en puissance du libéralisme et de la mondialisation. Je finis par trouver que la social-démocratie européenne ne répondait plus assez à l'urgence sociale.

2/ J'ai été aussi d'abord réservé puis je suis devenu très critique vis-à-vis de la construction européenne. L'Europe que l'on mettait en place sans exigence, sans convergence sociale et avec un élargissement précipité certes lié à la chute du communisme, s’éloignait des espoirs de régulation ou même de protection contre les excès et dégâts de la mondialisation libérale. L'Europe faisant plutôt office de cheval de Troie du libéralisme triomphant.

 

 Michel Rocard m'a alors quelque peu déçu par ce que je percevais être des hésitations, des contradictions : ainsi l'ai-je entendu dire un jour que l'indépendance de la banque centrale était une erreur et puis exactement le contraire quelques jours plus tard lors d'une séance de rattrapage. La déception s’est accentuée quand il fut un éphémère secrétaire national du PS.

 

 Je connais trois ex-proches de Michel Rocard, oserai-je dire trois héritiers ... Non ! Car s'ils sont toujours tous les trois des membres influents du PS, aujourd'hui que la rocardie n'existe plus, ils sont tous les trois sur des positionnements assez éloignées qui font douter d'un possible héritage : il s'agit de Manuel Valls, Benoît Hamon et Pierre Larrouturou .... Et le pire c'est que je les aime bien tous les trois.... Bien que ce soit Pierre et ses analyses que j'ai le plus de plaisir à lire ...et c'est d'ailleurs en découvrant la préface de Michel Rocard dans son « Livre Noir du Libéralisme » (Publié fin 2007 un an avant la grande crise, un an avant l'implosion de la bulle des subprimes) que j'ai redécouvert un Rocard que je n'attendais plus.

« ... La science économique a dérivé et s'est recroquevillée pour n'être plus qu'une science de la circulation de l'argent. L'être humain, qui en était le cœur pour les fondateurs en a été chassé. Il n'est plus qu'un solde....

 ..... Le résultat de cette attitude c'est que le fléau majeur des sociétés développées du début du XXIe siècle, la précarité du travail, ne fait l'objet ni d'évaluation quantifiées ni de commentaires. Or c'est de là, parce que toutes les classes sociales moyennes sont concernées, que viendra la colère sociale qui pourrait devenir dévastatrice si la crise s'aggravait...

.... La menace la plus grave que comporte le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui tient aux déséquilibres financiers... »   

 
 Evoquant une nouvelle fois l’ami Pierre je me dois de mentionner le blog
« Que fait l’Europe contre la crise»
qu’il partage en bonne intelligence avec un économiste de droite Christian Saint Etienne ancien proche de Bayrou aujourd’hui recentré majorité présidentielle. 
http://crise-europe.blog.lemonde.fr/
A consulter d’autant que Pierre Larrouturou est de loin le plus prolixe.

 

 Aujourd'hui 6 juillet c'est la promotion Rocard : Il a été désigné par Sarkozy, en compagnie d'Alain Juppé, pour diriger une mission chargée de réfléchir sur les secteurs stratégiques vers lesquels l'Etat, par le biais du  futur emprunt national, doit investir en priorité.

  Je ne suis pas choqué que Rocard ait accepté ce job, pas plus que je n'ai été choqué que Mauroy, Védrine, Attali et Lang aient, eux aussi, participé à des missions d'étude.... Rocard avait aussi, récemment  assumé la présidence d'une commission d'experts sur la taxe carbone et avait été, auparavant, chargé des négociations internationales sur les pôles.... Et après tout c'est bien la moindre des choses en démocratie..... et ça n'a rien à voir avec ce qu'on appelle aujourd'hui des prises de guerre et qui ne sont que des misérables ralliements pour un maroquin.

 

 Michel Rocard a d'ailleurs, avant l'annonce, marqué son territoire par une tribune dans le Monde de cet après midi où il rappelle que «la crise a tragiquement donné raison à la social-démocratie sur  la nécessité de réguler économie et finance et de lutter fiscalement contre les inégalités.. »

 

Ci après des extraits de cette tribune : ceux que je préfère bien sûr.

 

« Il y a quelque chose d'étonnant dans l'état actuel du débat sur la situation économique. Chacun admet qu'il y a crise. Le débat porte sur le fait de savoir si on a touché le fond et s'organise autour de la date probable d'une éventuelle reprise... 

.... Il semble qu'au total on s'oriente vers une légère (?) mise à distance des paradis fiscaux, vers des discours symboliques sur les rémunérations et vers le statu quo....  Si c'est finalement le cas, on aura maintenu le système en préservant aussi ces lourds facteurs d'instabilité.

Le détonateur financier pourra sauter une nouvelle fois dans quelques années. Après tout, cela fait quelques vingt ans que le monde connaît une crise financière grave tous les cinq ans... de là à essayer de réduire le volume insensé de l'activité financière par rapport à celui de la production .... Il y a un pas que l'on se garde bien de franchir....et on recommence.

.... Mais il n'est pas sûr que le plus grave soit là...... Plus qu'une récession, qui peut être brève, c'est la situation du chômage qui justifie l'emploi généralisé du mot crise. Or dans ce domaine les rythmes actuels d'augmentation sont effrayants et les perspectives sont fort inquiétantes.

.... En sortir n'est pas facile. Relancer exclusivement la consommation n'a guère de sens... c'est par l'investissement que le cycle vertueux doit être réamorcé, et surtout par l'investissement dans les énergies renouvelables, les techniques et produits bio. C'est ce démarrage qui pourra ensuite entraîner pouvoir d'achat et consommation vers la hausse.

.... Une reprise économique n'est donc guère probable à court ou moyen terme. Les facteurs en sont absents. La sortie de crise suppose, après le redémarrage par l'investissement, de retrouver un mécanisme liant les salaires aux gains de productivité. Dans ces conditions le pronostic devient celui d'une stabilisation entre 5 % et 10 % en dessous du niveau de production atteint précédemment, puis d'une croissance à peu près nulle ou extrêmement lente pour les trois ou quatre prochaines années. Cela veut dire mise à mal de la cohésion sociale, fragilité des gouvernements, montée du populisme. Si le détonateur financier – puisqu'on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre – re-explose dans peu d'années, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées.

Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m'en cacher. En trente ans, c'est une révolution intra capitaliste qui s'est faite, et pour le pire…... On veut du gain en capital, quitte à broyer les logiques d'entreprise.…..

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché.

 

 Un dernier mot pour dire que je suis allé cet après-midi sur le site de l'Express et que j'ai regardé l'édito vidéo de Christophe Barbier consacré au destin de Michel Rocard. Je n'arrive pas à comprendre qu'un journaliste aussi avisé puisse envisager que Rocard, qui est né le 23 août 1930, et qui aura donc 82 ans en 2012, puisse avoir des ambitions pour les prochaines présidentielles. Extravagant.

A suivre.

 

Par daniel
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Jeudi 7 mai 2009

 

 Entretien recueilli par Alain Faujas du journal Le Monde. 







 
  

 
 




 C'est cet article paru, sur deux colonnes en page 13, du  Monde du 6 mai 2009 qui a conduit la commission administrative de l'ANJCA (Association Niortaise pour le Jumelage coopération avec Cové et Atakpamé) à faire la déclaration suivante qui fut adressée aux journaux (Nouvelle République et Courrier de l'Ouest.).

 A droite le début de l'article du Monde et en fin de billet un autre chapitre.




Déclaration de l'ANJCA : Les conséquences de la crise en Afrique

 
 Si chez nous, dans les pays européens, les conséquences de la crise sont bien connues, alors que nous avons un ensemble important d'institutions sociales, de protection et de solidarité, qu'en est-il dans les pays africains ? La Banque mondiale vient de révéler, par la voix de son économiste en chef pour l'Afrique, Shantayanan Devarajan, quelles seront les conséquences de la crise actuelle pour le continent africain. "Selon les calculs, à partir des précédentes crises, la récession contribuera à faire mourir au cours de leur première année 700 000 enfants africains par an. Les causes de cette surmortalité sont toutes imputables à la crise : nutrition dégradée, eau potable plus rare, assainissement plus inefficace, services de santé moins présents, parents obligés de délaisser leurs enfants pour assurer la substance de la famille, etc..."

 Chacun l'aura bien compris, rien à voir avec nos situations difficiles en Europe et, bien entendu, pas d'affolement médiatique mondial comme sur d'autres problèmes ! Comme si la mort annoncée de 700 000 enfants africains n'avait que peut d'importance.

Nous l'avons tous remarqué, cela ne fait pas la une du 20 heures.

 

Que faire ?

 L'heure n'est pas à tomber dans la compassion et le misérabilisme pour d'envoyer quelques paquets de riz, des livres, des crayons ou des médicaments. Le moment est venu pour que l'ensemble de nos institutions, depuis les collectivités locales jusqu'aux Etats et institutions internationales, s'interrogent sur leur action, sur des actions concertées avec des partenaires crédibles. Ainsi, la Banque mondiale, pour sa part, va augmenter son aide pour l'agriculture africaine. Est-ce que cela sera suffisant ? Et toutes les autres institutions que font-elles ?

 C'est la question que nous nous permettons de poser aujourd'hui à l'heure où, dans certains milieux,  il serait plutôt question de se désengager.

 
 A son modeste niveau d'association locale et en convention avec la Ville de Niort, l'ANJCA s'interroge pour diversifier ses activités afin de permettre une ouverture à d'autres personnes et pour renforcer ses moyens.

Sur la ville d'Atakpamé les efforts actuels sont concentrés sur la mise en place de structures économiques et commerciales avec la construction d'un ensemble de marchés spécialisés. La construction du marché aux poissons vient justement de débuter en ce début mai. Il jouera un rôle positif supplémentaire dans la réponse aux besoins alimentaires de cette ville de 65 000 habitants et dans la région. Il viendra compléter les marchés aux tubercules, aux fruits et aux céréales déjà mis en place. Tout cela, sous la gestion et l'animation des groupements de femmes de la ville d'Atakpamé et dans le cadre des services municipaux.

 

 Nous souhaitons que ces expériences puissent servir aussi à d'autres villes togolaises si demain la décentralisation peut enfin se mettre en route, ainsi qu'avec la ville de Covè au Bénin, car nous croyons aux vertus des échanges entre villes africaines pour renforcer leur propre développement.



En espérant que cette information qu'il est dramatiquement nécessaire de faire connaitre sera largement diffusée. 


A suivre 

 

Par daniel
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Dimanche 1 mars 2009

 Puisque je viens de faire un article sur la construction du Pont de l'Île de Ré qui ma ramène plus de 20 ans en arrière et avant d'en faire un second, j'ai pensé intéressant de faire une petite place à un invité...le blog de la section socialiste de l'Île de Ré.... Je ne m'éloigne donc pas trop et puis c'est dans la continuité de la pub l'éloge que j'ai fait précédemment pour deux blogs amis, « Fugues et fougue » et  « Fraise des bois » que je fréquente, aussi, régulièrement et que j'apprécie beaucoup malgré....quelques divergences d'analyses...

 
 Avec le blog de la section socialiste de l'Île de Ré je n'ai pas de divergence... un lien de bonne camaraderie, un lien militant, une reconnaissance de compétence et d'excellence de l'information, un zest de mauvaise foi pour la bonne cause que je revendique moi-même lorsque je suis en campagne électorale, un contre-pouvoir aux contrevérités quotidiennes du bonimenteur omniprésent..... Que manque-t-il à ce blog pour qu'il devienne lui aussi non seulement un blog utile, un blog nécessaire mais aussi un blog ami ? Qu'il y soit écrit des choses qui me font bondir, réagir.....c'est peut-être ça le problème l'absence de désaccord.  
 Même quand son auteur évoque certaines rumeurs suspectes,  il a d'abord l'honnêteté de préciser que ce ne sont que des rumeurs.... Mais le pire c'est qu'on s'aperçoit, plusieurs mois après, que la plupart du temps ça se vérifie : Alors un jour Strauss Kahn 1er ministre de Sarkozy ? « Avec cette dernière rumeur tu fais fort Alain.... J'espère que tu te trompes.... Proposes lui plutôt une fugue fougueuse pour aller aux fraises dans le petit bois de Trousse chemise... ça serait plus dans ses cordes et ça serait moins préjudiciable pour le PS. ».

  Ce blog militant http://iledere.parti-socialiste.fr, je le conseille sans modération à tous ceux qui ont le cœur à gauche avec ou sans convictions, avec ou sans état d'âme, encartés ou non .... Les autres, mes amis de droite (j'en ai bien sûr), peuvent s'abstenir de s'y rendre...  Voici en bande annonce quelques extraits de ces dernières semaines :

 
 La cigarette de madame Tibéri
 : Le 27/2/2009

« ....Les Tiberi ne sont plus assez nombreux pour former le dernier carré : ils sont deux. Anne-Marie A., fidèle d'entre les fidèles, première adjointe du maire du 5e arrondissement depuis 1984, a compris mardi 24 février qu'elle n'appartenait plus au clan. Hésiter, c'est trahir, et Mme Tiberi ne lui a pas envoyé dire qu'elle n'était plus son amie. C'est peu, mais peut-être suffisant pour faire basculer l'audience.

Ainsi va le procès des faux électeurs du 5e arrondissement ; ces trois semaines n'ont pas apporté de révélations sur un dossier vieux de quinze ans, mais une page se tourne, celle des années Chirac, avec celle des années Tiberi. Les époux s'accrochent avec une obstination qui force l'admiration, en dépit d'un dossier épouvantable. La terre s'effondre sous leurs pieds, mais c'est la terre qui ment.... »


 Les trois tiers, vraiment ?
Le 26/2/2009

« .....Si on opère rigoureusement les reclassements nécessaires, il apparaît que pour un chiffre d'affaires global de 2260 milliards d'euros, les entreprises (les sociétés non financières dans le jargon de la Comptabilité nationale) avaient réalisé en 2006, 137 milliards de bénéfices avant impôt, soit 6 % de leur CA. Elles avaient payé 41 milliards d'impôts sur les bénéfices et il leur est donc resté 95 milliards d'euros à partager. Là-dessus 71 sont partis aux actionnaires (une fois déduits les dividendes que les entreprises ont-elles même reçues de leurs filiales), soit 75 % du total, 15 aux salariés sous forme d'intéressement et de participation, soit 16 % du total (2). Et il n'en restait que 9, soit 9 % du total, pour financer le développement des entreprises... Sans commentaires..... »

   

 Sarkozy prend Lang avec Cuba. Le 25/2/2009

« ......Cela fait un bout de temps que Jack faisait des ronds de jambe à Sarkozy... Déjà, dès 2002, les deux hommes s'étaient retrouvés sur le dossier Sangatte. Lang lançait alors un grand « chapeau ! » à Sarkozy à propos de la gestion du dossier, louant « un professionnel qui a agi humainement, efficacement, dans un esprit républicain ». Quand on connaît, avec le recul les conséquences dramatiques de cette fermeture, au plan humanitaire, on sent bien que Jack n'est pas la réincarnation de Nostradamus... Mais l'important n'est pas d'avoir raison, mais d'avoir la flagornerie facile. N'est ce pas Mr Kouchner (l'homme qui transforme les sacs de riz en "sacs de blé"  )...Et depuis juin 2007, Jack Lang se disant "le premier opposant à Nicolas Sarkozy" fit preuve d'une grande intransigeance à l'égard du nouveau locataire de l'Elysée. Sur le traité simplifié obtenu à Bruxelles, il y alla même de cette phrase cinglante : « Sarkozy a fait un excellent travail, et a été un très bon ouvrier de la relance européenne ». Avec des opposant comme cela, Sarko n'a qu'à bien se tenir... »

 

 La classe, quelle classe ? Le 24/2/2009

 « ......Les classes moyennes forment 50 % de la population, situés entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés.

A quelle catégorie appartient-on selon son niveau de vie ?

Si l'on considère les revenus après impôts et prestations sociales (données 2006), on obtient les seuils suivants : (Source : Observatoire des inégalités, d'après Insee et Crédoc).   

 Pour une personne seule

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 1 160 €

Les classes moyennes

de 1 160 à 2 150 €

Les catégories aisées

2 150 € et plus

Pour un couple sans enfants

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 1 745 €

Les classes moyennes

de 1 745 à 3 225 €

Les catégories aisées

3 225 € et plus

Pour un couple avec deux enfants

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 2 443 €

Les classes moyennes

de 2 443 à 4 415 €

Les catégories aisées

4 415 € et plus

 

 
 Impôts locaux : le Porte-parole de l'UMP aurait mieux fait de se taire. :
Le 21/02/2009.

 « ....Il est inacceptable de laisser ce député disqualifier les collectivités locales en les accusant d'augmenter les impôts et les dettes. Ce procédé est honteux : alors que les collectivités territoriales réalisent 73% de l'investissement public, elles ne représentent que 13% des prélèvements obligatoires et 10% de la dette publique quand les déficits de l'État et de la Sécurité sociale n'ont cessé de gonfler depuis le retour de la droite aux responsabilités, pour atteindre de tristes records.

Les élus socialistes le savent, si l'Etat payait ses dettes aux collectivités, notamment en compensant réellement les transferts de charge, les collectivités pourraient investir plus en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat. En effet, l'État doit 2 milliards d'euros aux départements au titre du RMI, près de 1 milliard d'euros aux régions au titre de la formation professionnelle ; l'APA qui était, lors de sa mise en place en 2001, financée à moitié par l'État est aujourd'hui financée au trois quarts par les départements.

 De même, l'État demande dorénavant aux régions de financer les lignes ferroviaires à grande vitesse, qui sont pourtant de sa compétence. Or, si l'Etat arrêtait d'appeler constamment les collectivités à financer ses propres compétences et ses propres investissements, les collectivités pourraient investir plus en faveur des entreprises et du développement économique, au profit de la croissance.

A cela s'ajoute aujourd'hui la baisse globale des dotations de l'Etat aux collectivités et l'annonce scandaleuse par le Chef de l'Etat de la suppression de la taxe professionnelle sans mesure sérieuse de substitution, alors que cette taxe représente en moyenne pour les collectivités 44% de leurs produits de fiscalité locale !... »


 Chômage : Qui va trinquer ? :
le 7/02/2009

« ......Dès la fin de l'année passée, la France a connu une hausse du chômage d'une rapidité sans précédent. Et cela bien que la population d'âge actif ait diminué pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous l'effet du départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom. Le mouvement devrait s'aggraver en ce premier semestre 2009, avec 150 000 chômeurs supplémentaires selon l'Insee, alors que la population âgée de 15 à 59 ans va diminuer à nouveau de 61 000 personnes..... »

 

 Kouchner menteur !!! : le 6/02/2009

« .....Bernard Kouchner affirmait qu'il n'avait appartenu ni à Imeda, ni à Africa Steps. Pourtant son nom figure en toutes lettres sur la porte de la gardienne de l'établissement de ces sociétés.

"Je n'ai appartenu ni à Africa. Step, ni à Imeda", affirmait Bernard Kouchner, mercredi soir dans le journal de 20 heures de France 2. Quelques minutes plus tard, le ministre des Affaires Etrangères récidivait: "Je ne suis pas Imeda, je suis un des consultants". A la question: "Ces sociétés sont-elles dirigées par des proches?", Kouchner n'hésitait pas à répondre "qu'il ne les connaissait pas".

Belle assurance. Le document que publie "Challenges"  - une photographie prise il y a quelques jours - suggère en tous cas que Bernard Kouchner est si proche de ces sociétés, domiciliées boulevard Saint-Germain à Paris, que son nom figure en toutes lettres sur la porte de la gardienne. Il n'y est pas seul. Sont également mentionnés, entre autres, les noms de son ami Eric D., éphémère ambassadeur de France à Monaco et patron d'Imeda, ainsi que celui de Jacques B., gérant d'Africa Steps et salarié d'Imeda..... »

 

Une stèle pour Sarko à Grandrange : 5/02/2009

« ....Une stèle en l'honneur des promesses "non tenues" de Nicolas Sarkozy a été érigée, mercredi 4 février, par la CFDT à l'entrée de l'usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle). Sur la stèle en granit gris de 70 cm par 50 cm, le syndicat a fait graver en lettres d'or la phrase suivante : "Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: 'Avec ou sans Mittal, l'Etat investira dans Gandrange' ".

L'an dernier, à l'issue d'une visite très médiatisée de 45 minutes de l'aciérie mosellane, le chef de l'Etat s'était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie en activité. "Nous sommes prêts à faire le nécessaire quel que soit le propriétaire (de l'usine), car notre objectif, c'est de garder des usines ouvertes en France parce qu'un pays qui n'a plus d'usines est un pays qui n'a plus d'économie", avait alors déclaré le président de la République.

Les promesses de Sarkozy n'engagent que ceux qui les écoutent... »


 Un dernier article pour la route, mon préféré de ce début d'année 2009 :

 Notre ex camarade, ce collabo....: 13 janvier 2009.

« .....Secrétaire national à l'économie du PS et proche de François Hollande, Eric Besson avait changé de camp en pleine campagne présidentielle de 2007 pour soutenir  Nicolas Sarkozy. Dans le présent blog il avait, pardon, il est toujours surnommé le "traître étalon", bien que ce titre lui soit âprement disputé par Allègre ou Kouchner.

Une bonne nouvelle : François Hollande est en pleine forme. Son humour est intact et plus corrosif que jamais. "Laissons le à son bonheur" est une vacherie majuscule qui me comble d'aise. Pour autant, elle est terrible et m'interpelle....

Comment un homme peut-il trahir ainsi, puis dans son nouvel habit, s'avilir dans une docilité, une servilité incompréhensible envers son nouveau maître, qu'il avait pourtant étrillé dans un livre voici trois ans ? Besson n'est pas un imbécile et il ne peut pas ne pas s'apercevoir que Sarkozy est un batteur d'estrade, un tribun hors pair, certes, mais qu'il n'a aucune vision politique et que c'est seulement un opportuniste assoiffé de pouvoir, au mieux, et au pire un malade tentant d'instaurer une ploutocratie...

Comment Besson peut-il se tromper lui même à ce point ? Fermer lui-même ses propres yeux sur une analyse qu'il avait faite avant la campagne présidentielle?...»

 

Etc....... et à suivre.... (le blog bien sûr.... pas le collabo..)

 

Par daniel
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Lundi 16 février 2009

 Une des dernières fonctions que j'ai eu ou plutôt que j'aurais eu à mener au PS c'est d'avoir été membre de la commission nationale entreprise ... j'y ai été nommé pour 3 ans après le congrès du Mans (novembre 2005) et j'ai été désigné pour être au bureau du CNT.... Et puis... et puis ils ne m'ont guère vu.... D'abord parce que lors de la 1ère année j'étais encore à 100 % en activité et que les réunions du bureau se tenaient le mercredi soir à Paris, à Solférino, à partir de 18 H30 ce qui professionnellement me foutait en l'air au moins l'après midi du mercredi, m'obligeait à coucher à Paris pour rentrer sur Niort le jeudi matin, ce qui me faisait encore perdre au moins une demi journée de travail. Prendre des RTT c'est bien joli mais quand on est responsable d'une agence dans le secteur privé ça ne va pas.....
 Ensuite quand j'ai travaillé à mi-temps et que j'aurais pu y consacrer un peu de temps .... et bien j'ai commencé à prendre quelques distances avec un appareil socialiste qui me décevait. Résultat, je n'ai pas tenu le poste pour lequel j'avais été nommé (on m'a avantageusement remplacé) mais j'ai quand même gardé le privilège de recevoir pendant près de 3 ans des documents, des analyses, des communiqués qui m'ont beaucoup intéressé et qui m'ont permis de rester à l'écoute de ce parti qui, au-delà de quelques extravagances, d'ego, ambitions qui me désolent, reste ma famille. Je crois savoir que la nouvelle équipe de la commission nationale entreprise issue du congrès de Reims va se mettre en place et que je vais, fort justement, bientôt perdre ce privilège. Le communiqué reçu vendredi est sans doute le dernier ou l'un des tous derniers que je vais recevoir ; il est signé de Michel Sapin ancien ministre de l'économie et des finances du gouvernement Jospin :


 La France est entrée en récession et marche vers la dépression économique

 Décidément, les mauvaises nouvelles s'accumulent au niveau économique et les Français doivent s'attendre à une année 2009 très douloureuse.

Après un recul sans précédent de la production industrielle en décembre (-2,8% sur un mois et -11,4% sur un an au dernier trimestre 2008), c'est au tour de la croissance de s'effondrer, avec une baisse de 1,2% au quatrième trimestre. C'est la plus forte baisse enregistrée depuis 1974 et le choc pétrolier. Pour 2009, le gouvernement anticipe un recul de l'activité supérieur à 1%, alors que selon les organisations internationales, le recul devrait plutôt être de l'ordre de 2%.

Face à l'ampleur de la récession, le plan de relance du gouvernement, de 26 milliards d'euros, est très insuffisant. Ce plan était fondé sur l'hypothèse d'une croissance légèrement positive pour 2009. Or, la situation économique actuelle invalide les prévisions sur lesquelles ce plan a été fondé et valide l'analyse socialiste quant à la gravité de la crise et sa nature.

Le Parti socialiste demande donc au gouvernement de revoir son plan de relance, tant au niveau des budgets mobilisés que de la nature des mesures prises. Face à la dégradation historique de la situation économique, le gouvernement ne peut se contenter de recycler d'anciennes mesures.

Le Parti socialiste rappelle que pour être efficace, compte tenu de la nature de la crise, un tel plan doit marcher sur ses deux jambes et être massif, d'environ 50 milliards d'euros. Il doit reposer sur le soutien à l'investissement, notamment public via les collectivités territoriales, et sur la relance du pouvoir d'achat : aide exceptionnelle de 500 euros aux bénéficiaires de la PPE et des minima sociaux, revalorisation immédiate de 3% du Smic, baisse de 1 point du taux normal de TVA...

 

Je dois dire que si j'avais été présent lors de la réunion du Bureau de la C.N.T. j'aurai fortement discuté la dernière proposition : je ne suis pas fan de la baisse de 1% du taux de TVA.

 Avec une baisse aussi faible, les consommateurs ne s'en rendraient pas compte et il est à craindre que le gain de pouvoir d'achat aille uniquement dans l'escarcelle des épiciers, petits commerçant des centres-villes ou grandes surfaces des zones commerciales. Pour moi toute l'aide exceptionnelle pour le pouvoir d'achat doit être portée sur les salaires, les retraites et les indemnités chômages.

 Eventuellement un effort de l'Etat aurait pu être exigé, non sur une baisse insuffisante de TVA pour être efficace, mais en équivalence et en compensation par une baisse des charges salariales des entreprises. Ceci dit je n'aurais sûrement pas réussi à convaincre mes camarades.

 

 Hier dimanche je regardais l'excellente émission de Serge Moati, Ripostes et j'ai entendu plusieurs intervenants, dont le député UMP mais c'est normal il est dans son rôle, mais aussi des commentateurs supposés avertis comme Jean Marie Colombani, dire que la crise qui est arrivée en octobre était imprévisible..... Comment peut-on dire des choses aussi énormes ? Heureusement que Patrick Pelloux le président du syndicat des urgentistes était là et qu'il s'est insurgé en rappelant notamment les livres de Pierre Larrouturou.

 C'est exactement ce que je disais à des amis mercredi dernier : « J'ai au moins une vingtaine de livres qui sur ces dix derniers années nous annoncent que le capitalisme financier qui se cache derrière le joli nom de libéralisme nous envoit dans le mur... de John Saul qui annonçait en 2005 la Mort de la Globalisation  à Joseph E. Stiglitz Prix Nobel d'économie qui écrivait dès 2001 « La Grande Désillusion » puis en 2003 « Quand le Capitalisme perd la tête » et sans attendre le dernier Prix Nobel Paul Krugman....». Certes on peut penser que certains comme Stiglitz ancien président de la Banque Mondiale ont mis un peu de temps avant de réagir.... Mais ça fait maintenant pas loin de 10 ans qu'il est très critique... alors qu'on ne nous dise pas que cette crise globale est une surprise...ça me fout en colère ces mensonges éhontés des libéraux.

 Même sur ce modeste blog, qui n'est politique qu'occasionnellement j'ai plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme, parfois dans cette rubrique l'invité, et parfois dans la rubrique à Livres ouverts.

A titre d'exemple voici une partie de l'article du 18 février 2008, il y a juste 1 an quand j'avais invité Pierre Larrouturou sur mon Blog : 

  « Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C'est ce qui a permis de soutenir la croissance aux Etats-Unis » affirmait Nicolas Sarkozy, fin 2006, quand il expliquait sa "nouvelle" stratégie économique (Cf Les Echos 9 novembre 2006). Qu'en est-il aujourd'hui ? Alors que le gouvernement américain vient d'annoncer que 1.300.000 familles ont été expulsées l'an dernier de leur logement pour cause de surendettement et que les Etats-Unis sont à deux doigts de la récession, notre nouveau Président veut-il encore "développer le crédit hypothécaire" ?

  « .... Le moins que l'on puisse dire, c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas franchement anticipé la crise qui fait trembler aujourd'hui tous les marchés financiers. En 2006, pourtant, de nombreux économistes tiraient déjà la sonnette d'alarme : le 31 août, dans Le Monde, Nouriel Roubini, économiste proche de Bill Clinton, affirmait que "la probabilité d'une récession de l'économie américaine en 2007 est désormais de 70%." Et moi-même, dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 mai 2005, j'indiquais déjà que "en 1929, quand éclata la dernière grande crise du capitalisme, la dette totale américaine (publique et privée) représentait 140 % du PIB. Elle représente aujourd'hui 210 % du PIB ! "

Il est donc faux de dire que la crise n'était pas prévisible. Et il est faux aussi d'affirmer, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on pourrait sortir de la crise en se contentant d'accroître la "transparence" des marchés financiers. Le problème est bien plus grave et bien plus profond que ne le dit le Président de la République. Il est fondamental de comprendre la vraie nature de la crise, sinon le remède risque fort d'aggraver le mal..... »

«...Durant la dernière campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a souvent mis en avant le "plein-emploi américain". En réalité, les Etats-Unis sont très loin du plein emploi. Si l'on en croit le dernier Rapport économique publié par la Maison blanche, il y a tellement de petits boulots aux Etats-Unis que la durée réelle moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Si la durée moyenne (sans compter les chômeurs) tombe à 33,7 heures alors que ceux qui ont un emploi "normal" sont toujours à 40 heures, c'est que des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine... »

« ...Si la consommation continue d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on pousse les classes moyennes et les pauvres à s'endetter chaque année un peu plus.

 « ....On voit ici que la question de la dette n'est pas une question annexe. Ce n'est pas un "incident de parcours" du à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin d'un endettement croissant... »

 « ....Comme l'explique Patrick Artus, directeur des études de la CDC Ixis, "dans la zone euro, sur les dix dernières années, la dette privée est passée de 75 % à 145 % du PIB. Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance de la zone euro serait nulle depuis 2002". Et hors zone euro, la situation n'est guère plus réjouissante : en Grande Bretagne, la dette des ménages dépasse les 160 % du revenu disponible. Une étude récente de Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier montre que, sans l'augmentation de la dette des ménages, la Grande Bretagne serait en récession depuis 2002 !

Voilà pourquoi ce que propose Nicolas Sarkozy, "mettre plus de transparence" sur les marchés financiers, n'est pas du tout suffisant. Voilà pourquoi aussi, si l'on en reste à une approche de bon sens (« Puisqu'il y a trop de dette, fermons le robinet de la dette ! »), on risque de précipiter l'ensemble des pays occidentaux dans la récession

Il faut aller plus loin et s'attaquer aux racines de la crise. C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tant diminuée. C'est à cause du chômage et de la précarité que nos économies ont tant besoin de dette. C'est seulement en s'attaquant radicalement au chômage et à la précarité, en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on pourra sortir de la crise.

 Hélas, neuf mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation... mais contre le chômage et la précarité, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien. C'est la première fois depuis 30 ans qu'une nouvelle équipe arrive au pouvoir en France et manifeste autant de désinvolture face au chômage et à la précarité !.... »

 

A suivre et restons vigilants .... 

Par daniel
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Vendredi 23 janvier 2009

J'espère que Gégé ne m'en voudra pas de ce titre d'article un peu tiré par les cheveux p our un sujet très grave. Gégé c'est Gérard Filoche un copain du PS, inspecteur du travail de profession. J'ai déjà fait un billet sur lui dans la rubrique A livre ouvert, pour son superbe bouquin Mai 68. Histoire sans fin.
 Je n'ai pas toujours été complètement en phase avec ses positions lors de nos débats NPS mais, par contre, je sais que nul mieux que lui, parmi les socialistes, ne connaît aussi bien le monde du travail.

 J'ai appris ce matin en butinant sur Internet, et plus précisément sur le site, http://actuchomage.org/  que Gégé a été mis en examen. Le site en question lui a ouvert une page pour qu'il explique, qu'il informe, qu'il dénonce.....
 Pour un copain que j'apprécie énormément, je ne pouvais, en l'invitant sur mon blog, que m'associer à cette démarche solidaire. Il est invité mais comme souvent dans cette rubrique il n'est pas prévenu de ma démarche..... et puis son texte n'est pas repris in extenso. J'ai du faire quelques « allègements » comme de gommer les noms des gens et des sociétés incriminés.... et de ne pas reporter certaines précisions..... Les lecteurs qui veulent tout savoir ont l'adresse du site où ils peuvent se reporter... Le texte daté du 21 janvier est intitulé Gérard Filoche mis en examen dans l'exercice de ses fonctions.
 

 Le Parisien, France inter, l'AFP ont annoncé mardi 20 janvier «la mise en examen de Gérard Filoche». C'est bien la première fois que Le Parisien me fait une si grande place ! Discret lorsque je dénonce la délinquance patronale, ce journal répercute l'annonce qu'un gros patron de la rue de la Paix a réussi, en se portant partie civile, à me faire «mettre en examen».

 Le prétexte est rocambolesque : j'aurais fait «entrave» à son «comité d'entreprise». Moi, gêner un comité d'entreprise ? Et puis quoi encore ? S'il y a un comité d'établissement au siège de l'importante société « ...G.. », c'est parce que j'ai insisté, en tant qu'inspecteur du travail du secteur, pour qu'il soit mis en place car sinon, la direction n'en avait pas et n'en voulait pas ! Mais ils ont réussi à ce que ledit CE mis en place fasse partie de ce qu'on appelle les «CE bidons» : il ne comporte que 2 membres totalement soumis à la direction au point de ne jamais fonctionner, sauf pour donner un «avis favorable» au licenciement d'une déléguée syndicale CGT, ce qu'il a fait à deux reprises.

 Cette déléguée CGT est d'abord une femme cadre, d'origine arabe, de retour de congé maternité, dont l'entreprise a voulu se débarrasser après 6 ans de bons et loyaux services. Pour la pousser dehors, elle qui s'occupait de la zone commerciale arabe, ils l'ont mis à une zone Amérique latine Pacifique qu'elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue, ce qui lui demandait deux fois plus de travail, une forme de harcèlement alors qu'elle avait les soucis de son nouveau-né. Plutôt que de lui redonner son poste après son congé maternité, ils y ont même mis des intérimaires. (C'est de plus en plus fréquent, il faut une loi pour protéger les femmes de retour de maternité obligeant de leur redonner leur poste et interdisant de les licencier pendant un an).

 Chez G.., les salariés cadres font des heures supplémentaires dissimulées en masse : ils les appellent d'ailleurs ironiquement «les heures philanthropiques». Lorsque, pour faire valoir ses droits, la jeune femme s'est syndiquée, a demandé des élections de CE, elle est devenue la femme à abattre : isolement, propos racistes, dénonciation dans la boîte où tout le monde a peur. Ils m'ont demandé trois de fois de suite l'autorisation de la licencier, la dernière en juin 2004 sous un prétexte kafkaïen, après l'avoir cette fois «mise à pied». La tenant ainsi, par la privation de salaire, ils ont fait traîner la procédure, négligeant de réunir le CE prévu début juillet. Ils allaient, si je n'étais activement intervenu, la laisser ainsi tout l'été. J'ai exigé que le CE se tienne vite, formalité nécessaire, et qu'ils me saisissent vite. Ils ne l'ont fait que le 24 juillet, alors que je partais le 26 juillet en congés tout le mois d'août.

 Alors j'ai hâté la procédure, je suis allé dans l'entreprise, faire mon «enquête contradictoire», prendre acte que le CE avait voté, et prendre ma décision de refus d'autorisation de licenciement le lendemain avant mon départ en vacances, de façon à ce que la salariée retrouve un salaire fin juillet... et non pas fin septembre. Ça s'est passé ainsi, déjouant ce qui était manifestement une mauvaise pratique de la direction. Je suis arrivé assisté d'une collègue contrôleuse, le 24 juillet 2004 avant le CE. J'ai avec l'accord total de la direction, dans le bureau du directeur, sans objection de quiconque, en expliquant ma démarche, sur le coup, interrogé et confronté au total neuf personnes.  Cela m'a suffi pour établir l'innocence de la déléguée CGT, et le «CE» s'est réuni sans surprise, c'est-à-dire que les deux membres pro-patronaux sont sortis du bureau du directeur pour aller voter... l'avis favorable au licenciement de leur collègue, à deux voix contre zéro, à bulletin secret, ce qui leur a pris moins de dix minutes... C'était leur seul point à l'ordre du jour.

 Le Parisien cite des «témoins» anonymes (la plupart des protagonistes ont été «virés», depuis, par G....) : un «ex-salarié» prétendrait que j'ai «menacé» de «déposer plainte contre le CE». C'est une phrase inventée de A à Z, impossible à sortir de mes lèvres car juridiquement stupide, pourquoi aurais-je tenu un tel propos sans sens ? Un autre «témoin» anonyme cité par Le Parisien aurait dit : «Il nous a dit qu'il nous poursuivrait pour harcèlement moral»... phrase ridicule aussi dénuée de sens juridique et que je n'ai évidemment en aucun cas prononcée. Si ce sont bien des «témoins», pressionnés par la direction, ils ont donc été amenés à croire et/ou à dire n'importe quoi. Je n'étais ni «énervé», ni «vindicatif», mais un des salariés, subordonné, donc fragile, m'a raconté en off qu'on lui avait dicté ses propos. J'ai déjà vu des juges, plus avisés, qui, en audience, refusaient les témoignages des salariés en faveur de leur patron en invoquant le «lien de subordination juridique permanente» qui caractérisait leur contrat.

 L'avocat de « G....... », qui se vante dans Le Parisien en termes idéologiquement révélateurs de ma mise en examen, a tenté de mêler la proximité physique de mon enquête ce matin-là et la tenue du CE pour inventer d'abord que j'avais «fait du chantage» au CE, puis c'est le procureur, de façon surprenante, qui a amélioré la saisine initiale avec un «réquisitoire supplétif» pour «entrave au CE». Reprocher à un inspecteur du travail «une entrave» au CE, c'est tenter d'escalader l'Annapurna pieds nus, ça ne s'est jamais fait. Je n'avais absolument aucune raison de faire la moindre pression sur les deux membres du CE totalement subordonnés à la direction et dont je connaissais le vote d'avance - lequel n'engageait pas ma décision. Je n'étais absorbé que par mon «enquête contradictoire» de façon à obtenir le maximum d'éléments et à rendre imparable juridiquement le refus de licenciement de la salariée.

 Le ministère a pourtant cassé ma décision (ce n'est pas le seul cas hélas, car de plus en plus de «salariés protégés» se trouvent ainsi abattus). Pourtant, tout ce qui s'est passé, d'un bout à l'autre dans cette affaire, aurait dû donner superbement raison à la déléguée syndicale, et le fait que le tribunal administratif - dans des termes que j'ignore - ait confirmé le ministère, me stupéfie. Je ne sais si la salariée ira en Conseil d'état, mais elle est tellement manifestement dans son bon droit, que cela mériterait d'être tenté.

 Le juge M... m'a convoqué pendant 5 heures (!) le 7 mars 2007 alors que je revenais de Périgueux où avait été jugé et condamné l'assassin de deux de mes deux collègues (à Saussignac le 2 septembre 2004). Je l'ai alors surpris en lui apprenant un point de droit qu'il ignorait, c'est qu'un avis du CE favorable au licenciement d'un délégué n'était qu'un élément indicatif et ne s'imposait pas à l'Inspection du travail. Puis je n'ai entendu parler de rien entre le 7 mars 2007 et le 21 novembre 2008 et je croyais légitimement enterrée l'impossible plainte pour «chantage» mort-née. Car si des patrons réussissent à force d'argent et d'entregent à faire convoquer des inspecteurs du travail devant les juges, c'est le contrôle de tout le droit du travail qui sera entravé, et non pas un CE bidon.

  Invité à un CHSCT G....., en juillet 2008, je m'y suis rendu et, sans surprise, j'ai pu constater encore qu'il ne se tenait pas, que le responsable du CE/CHSCT, le même qui avait voté le licenciement de la salariée, n'était même pas dans les locaux, que le CHSCT était aussi «bidon» que le CE.

 Le juge M.... aurait interrogé par écrit le Directeur général du travail, en droit pur, en décembre 2007 et m'a re-convoqué «.......» le 21 novembre 2008 et m'a mis en examen à ma grande surprise. Le Parisien cite, dans un entrefilet fielleusement présenté, la lettre du directeur général du travail «.......» affirmant qu'un inspecteur du travail qui intervient dans un CE a «un comportement professionnel aberrant». Mais cette lettre ne me concerne pas !  «.......».....

 ........L'accusation est classique : je mélangerais les genres entre mes engagements syndicaux et politiques et mes missions de service. Il convient de repréciser qu'un inspecteur du travail est «indépendant» selon la convention 81 de l'OIT. Nous sommes indépendants mais pas neutres. Nous avons pour mission «d'alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés». Nos assujettis ce sont les employeurs, pas les salariés. C'est aux employeurs que devons faire respecter le code du travail de la République. Il faut une sacrée imagination, pour me mettre, moi, à six mois de ma retraite, après trente ans de métier, en examen pour «entrave à un CE».

 À l'émission Ripostes, le 10 décembre 2006, Nicolas Sarkozy m'a dit : «Je ne partage pas votre détestation des employeurs, M. Filoche». Je ne «déteste» pas les employeurs mais j'essaie d'agir contre ceux qui trichent et spolient les salariés de leurs droits. Je défends l'Inspection du travail avec d'autant plus de vigueur que la délinquance patronale augmente considérablement, que le droit du travail est foulé aux pieds, pire méprisé, bien au-delà de mon secteur où j'ai 4.500 entreprises et 45.000 salariés. Mon expérience, tous les jours, me fait rencontrer des «G....» : d'ailleurs j'engage les investigateurs à regarder de plus prés « .... », au-delà de ma personne, la réalité de ce genre de patronat qui fait tout pour mettre en cause l'action légitime de l'Inspection du travail.

 

Alarme et caetera........ à suivre

Par daniel
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Jeudi 8 janvier 2009

 Pour ceux qui sont des inconditionnels de Georges Brassens et qui aiment les Antilles il faut connaître Sam Alpha, chanteur martiniquais qui, en trois CD et de nombreux spectacles, a adapté Brassens en Créole : C'est tout simplement divin..... à titre d'exemple et en hommage à cette île des fleurs avec une pensée plus particulière pour le jardin de Balata voici ce que donne  en créole "Une Jolie fleur " autrement dit "An bèl ti flé".


Asou laté jis jôdis pa tini
Dé zié koki plis ki ta mwen an tout laj
Mé fôk mwen di ki jan malé vini
Mwen té lé wé two pré saki an kôwsaj.

 
An bèl ti flé an lapo yich man Bans
An yich man Bans ki ka fé wôl flé
Wôl dou kon miyèl pouw vini bèl kadans
Mé lèy kiyenbéw zafé kiyèw pa klé.


Bon dié té bay tou sa fanm mérité
An fwaw fé wey difé pa téka pè douch
Es i téni plis bonda ki tété
Dé lé chasé pa konnet chwézi kartouch.
 


Lèspriy té kout kon zèb  an tan karenm
Sôf pou kabann i pa té sav saki li
Mé pou lanmou nonm pa bizwen sav menm
Lé an fanm bèl say ka séré an tèt li.


I jété mwen té épi an bèl gwo pwèl
Pa menm sôsié pa konnèt mo pouy givéri
An fon tèt mwen an san,ni vié rèv ka fé zwèl
lannuit kon jou mwen ka wèy la ka souri.



Mwen té kolé kont li me jôdi jou
Chalétonbé, tou sa ki fèt pé défèt
Kiyé mwen an san, piès fan man diy bonjou
kitey sonié lanmou tala bay janbèt.




Pour ceux qui veulent tout savoir sur Sam Alpha .... ils doivent se rendre sur son site qui est très accueillant et où on apprend tout, de l'alpha à l'oméga, du chanteur poète martiniquais :    http://sam.alpha.online.fr/  Sur ce site la rime est sans limite.
Une fois sur le site il faut  cliquer sur discographie, puis ensuite sur Brassens en Créole. "An bèl ti flé" se trouve sur l'album 1996. Cliquez sur la note en n'oubliant pas de mettre le son.... Mais on peut y aller directement par :  http://sam.alpha.online.fr/fleur.mp3

 Son dernier CD a un tître enchanteur  "Alizés, Biguine, Soleil" je vais, bien entendu, me le procurer.
Et puis il y a aussi de la poésie dans la langue des quidams de métropole dont un joli poème qui me tient particulièrement à coeur : "La légende d'Ernest".

Ernest un vieux corbeau, malgré l'âge encor'beau
Taquinait la corneille avec tempérament
Ses enfants naturels vous diront si je mens.
Le noir Casanova donnait tant de lambeaux
De son coeur d'artichaut pour honorer ses baux
Qu'un jour sa lé gitime, agacée fit serment

Qu'elle contribuerait à son enterrement
Vu qu'il se fichait bien de ses savons verbaux.
Alors, le vieux coureur se fendit d'un discours
Qui fit tout corvidé voler à son secours.....
....En scandant "Vive Ernest", partit en dissidence.
Ne cherchez plus depuis, est-ce coïncidence?.....


A suivre sur le site d'Alpha

Par daniel
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Mardi 18 novembre 2008

Grande nouvelle : hier soir j'ai téléphoné à mon ami Fanfan, et au cours de cette conversation, au détour d'une anecdote, il a fini par m'annoncer qu'il s'était lancé depuis quelques semaines dans une aventure blogueuse. Heureusement que j'étais attentif car cet aveu fugace, cette confidence perdue au milieu d'un flot de paroles, d'informations diverses, de vérités secondes (*) m'a surpris et je dus le relancer sur le sujet pour en savoir un peu plus.
 (*) Il ne faut jamais prendre les vérités premières au pied de la lettre, seule la vérité seconde, celle du contradicteur, peut être digne d'intérêt, une sorte de pied de nez aux suffisants sauf si le contradicteur a le dernier mot et qu'il devient ainsi, à son tour, le détenteur d'une vérité première.....
 J'en reviens à mon sujet et au blog de Fanfan que je me suis empressé d'aller voir après avoir réussi à lui arracher l'adresse. J'ai lu, je me suis enthousiasmé et illico je peux dénoncer. Eh oui mon ami moi je ne suis pas corse.... alors je peux dénoncer : http://prolix.over-blog.net/
 Il faut y aller voir, c'est jubilatoire et je suis certain que nos amis communs, que les membres de ma famille qui viennent de temps à autre sur mon blog de griot et qui connaissent très bien mon copain de jeunesse, fringant partenaire de rugby des temps jadis et fidèle ami, iront le lire... Je n'ai pas l'ombre d'un doute à ce sujet comme disait Raymond Devos auquel je ne peux m'empêcher de penser en lisant Prolix.... Avec aussi une petite pensée pour Jacques Prévert qui savait lui aussi si bien triturer les mots et les maux de la société pour les recoller ensuite dans un sens plus original et surtout moins déprimant. J'ai découvert que mon Fanfan est aussi truculent par l'écriture qu'il l'est à raconter des blagues ou à mélanger par dessous dessus des proverbes et dictons en compagnie (*). Superbe mais il est temps pour moi, en guise de bande annonce et par un habile « copier coller » de passer le clavier à Prolix. 
 (*) Lire aussi Touche pas à mon rugby... Corsica tour.

  

« ........donc, nous parlions d'embarras et d'embarrassés. En fustigeant au passage, quelques mal-aimés et autres formes de mécontents, de bons à rien mais néanmoins mauvais en tout. Ajoutant à la prose une poignée de mots barbares mais qui définissent bien, je crois, le style du propos dont il est question dans ce "partage d'écriture " (on dit "blog" mais j'aime tellement le français). Et puis, c'est pas beau "partage d'écriture"? D'autant plus que j'autorise, quiconque le désire, à partager, avec la mienne, son écriture. Sans retenue et sans scrupules, bien sur. Avec sincérité, humour, sérieux, réflexion, enthousiasme, candeur, perspicacité, convivialité. Mais, aussi, tolérance et respect envers la nature humaine, hors des attaques personnelles contre qui que ce soit, lecteurs, rédacteurs ou intervenants  "Condition sine qua non à ce partage d'écriture" auquel sont destinés ces petits articles qui font la vie quotidienne..... »

 

 « ....Nous pourrons tout au long de ce que voudra vivre ce "partage d'écriture", recenser ainsi les mots qui méritent que l'on s'attarde sur leur nature et sur ce qu'ils peuvent nous apprendre.
 D'ailleurs, à ce propos, plusieurs mots de la langue française ont une résonance régionale, une définition familière ou vieillie, différentes de celles que l'on peut leur attribuer généralement. Le mot "sérieuse", par exemple en langue familière vieillie désignait "une chope de bière d'un litre". Comme ça ce comprend!
 Chères et chers "partageurs d'écriture" jetez vous vite, à mains jointes sur vos claviers et, je vous en prie, rendez moi la monnaie de mon billet! En voilà encore un mot qui mériterait que l'on se penche sur son berceau. Dans notre cas c'est un "petit article, souvent polémique ou satirique". Ce peut-être le bref écrit que l'on adresse à quelqu'un. Vous avez le "billet d'invitation" le "billet doux", le "billet de spectacle" ou le "billet de cinéma". Ou me laissez vous le "billet de chemin de fer" du temps ou l'on avait le droit à 30% de réduction, une fois par an, lors des congés annuels?
 Et celui des Gueules Cassées"le billet de loterie nationale" vendu par des personnes qui avaient subi les dommages collatéraux de ses pourritures de guerres. (Le pire, c'est que ça continue)......»

« ...........Revenons à notre billet! Le Billet avec un grand B "le biffeton".Le "billet à ordre" ou le "billet de trésorerie". Du temps béni des militaires, comme disait un des mes voisins, il y avait le "billet de logement" vous savez le fameux "coucher dehors avec un billet de logement". Mais je me "fiche mon billet" que tout cela vous le saviez et que je n'avais pas besoin de vous le rappeler. Trop tard, c'est fait. Allez! il est midi. C'est l'heure de l'apéro. Je vous laisse à vos réflexions. Moi je fais comme Achille: je me retire sous ma tente. A tous je dis, à plus tard... »..

 

« ......Et voyant ma compagne, voilà qu'il me dit :
 -Je croyais que votre femme n'était plus de ce monde !
 Je me vois répondre, tant la surprise est grande et ne sachant que dire:
 -Ben, c'est qu'elle est revenue (comme un revenant revient) pour voter aux cantonales, dimanche prochain.
 -Ha ! Tiens!
-Chez nous, c'est une coutume ancestrale et régionale. Nous allons toujours voter, même après... D'ailleurs, mon arrière grand-père venait encore il y a peu de temps. Mais figurez-vous, qu'un jeune archéologue du village, au cours d'investigations personnelles, afin de s'exercer à son futur métier, a trouvé et emmené les os du squelette de la jambe droite de mon bisaïeul. Bien sur, il pourrait se déplacer sur sa jambe gauche. Elle lui fut malencontreusement ravie par un obus dans les tranchées à Verdun. Depuis il a bien essayé. Mais la chose n'est aisée, voyez-vous, qu'aux seuls  culs de jatte qui sont entraînés à de tels tours de force.
-C'est ennuyeux, me rétorquerait-il contrarié par mon état. Une voix qui manquerait à l'élu de son choix. Alors..?
 -Alors il s'est décidé à voter par procuration. A contrecoeur.
 -Bien! Bien! Dirait, le médecin soucieux. Je vous prendrais un rendez-vous en psychiatrie..... »

 

« .....A bientôt les "partageurs". Allez-y! Partagez. J'attends avec impatience. Et surtout ne vous inquiétez pas pour les fautes et autres petits problèmes littéraires. Ecrire, même n'importe quoi : c'est la meilleure façon de s'améliorer.
 Au fait, j'ai changé de style d'écriture (on dit de police, mais moi "police" c'est pas trop dans mon vocabulaire). Donc j'ai changé par ce que je ne me souviens plus de celle que j'utilisais au début.
La mémoire, vous dis-je. La mémoire!
..... ».

 

 Voilà pour vous mettre l'eau à la bouche.... Enfin façon de parler surtout à l'heure de l'apéro.... Alors SVP les joueurs de bons mots allez rendre visite à Fanfan et partagez... car Prolix (encore un jeu de mots basé sur son identité) est tellement prolixe, a tellement de talents (mettez le dans un jardin ou en scène avec sa guitare pour interpréter Brassens ou des chants corses ou encore à la tête d'une association....ou d'un rassemblement d'amis dispersés... etc...dans tous les cas il est efficace ) qu'il s'enflamme pour sa dernière passion et ne pouvant tout faire en même temps s'écarte progressivement de ses précédents hobbies... et dans le domaine de l'écriture et de l'humour il peut apporter tant que ça serait dommage qu'il n'en fasse pas assez....

 (A suivre)

Par daniel
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