Souvenirs en vrac

Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 22:08

 

Hier, jour de la Toussaint, France-Info commémorait le décès en 1981 de Georges Brassens… entre autres interviews inédits ou oubliés j’ai entendu Brassens commenter le décès de Jacques Brel le 9 octobre 1978 en disant «Aujourd’hui, mort, il est plus vivant que jamais….» et moi l’inconditionnel, j’ai pu ainsi entendre, au moins une fois, tonton Georges dire une connerie. Oh ! Il en a sûrement dit d’autres, mais celle-là était de taille.

 Brassens, lui qui a tant brocardé la camarde, est mort le 29 novembre 1981 à minuit moins une petite poignée de minutes chez son ami médecin, Monsieur Bousquet, à Saint-Gély du Fesc dans l’Hérault. Quitter le monde la veille de la Toussaint était-ce un ultime pied de nez ou un manque de modestie pour être sûr qu’on évoquera très longtemps sa disparition ?

Léo Ferré a fait plus dans la provocation en mourant un 14 juillet. C’est beau mais moins porteur que la Toussaint ! Quelle radio aurait l’impudence de faire une petite place à la mémoire d’un chanteur anarchiste entre les défilés et les feux d’artifice…. Je parie que ça ne se fera même pas pour l’incontournable et traditionnel 20ème anniversaire de la mort d’un chanteur réputé ; ce 20ème anniversaire ça sera en 2013.

Le moins qu’on puisse dire c’est que Georges et Léo avaient de la suite dans les idées : entre la rigolade morbide pour l’un et des militaires défilant et gerbant en cœur pour l’autre.

Il n’y a que Brel qui soit parti sur la pointe des pieds un 9 octobre : à une date parfaitement anodine même pour mon copain Denis. Anodine du moins jusqu’à ce que le décret de loi d’abolition de la peine de mort ait été promulgué un 9 octobre mais seulement en 1981. Le grand Jacques n’a pas pu savourer cette victoire mais ses deux potes anars ont eu le temps de l’apprendre même si pour Georges ce fût d'extrême justesse.

 

Voilà à quoi je pensais hier en début d’après midi… lorsque je me suis mis à fouiller dans mes archives et que j'ai retrouvé le n°20 des cahiers de la chanson, le Chorus de l’été 1997. J’aime beaucoup cette revue qui parait quatre fois l’an et j’y suis plutôt fidèle. Ce numéro 20 offrait le texte intégral de la rencontre de Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel  le 6 janvier 1969 à l’initiative de la radio RTL et du journal Rock & Folk.

En fait je n’avais jamais entendu parler de cette rencontre. Pourtant, début 1969,  je vivais  encore en France, même si je me préparais à m’en éloigner, mais je n’écoutais pas cette radio et je ne lisais pas cette revue.
 C’est un poster de cette rencontre qui date de 1995 et que l'on voyait dans plusieurs boutiques, qui a attiré mon attention ; ce poster Cécile me l’a offert un Noël (1995 ou 1996 ?) et il orne toujours ma mezzanine… Aussi quand en juillet 1997 le texte intégral de cette rencontre historique était, 28 ans plus tard, à nouveau publié dans Chorus, je n’ai pas perdu plus de temps pour l’acheter (
80 F quand même...et d’ailleurs 15 € aujourd’hui).

Ferré avait alors 52 ans il venait de sortir son disque L’Eté 68 avec « C’est extra.».

Brassens avait 47 ans il avait connu une année 1968 difficile avec de sérieux problèmes de santé : son 9ème disque sorti en 1966 comprenait la « Supplique pour être enterré à la plage de Sète » et « La non demande en mariage » et le 10ème disque allait sortir courant 1969 avec « Misogynie à part » et les « Oiseaux de passage ».

Enfin Brel, qui allait avoir 40 ans, avait abandonné les tours de chants en novembre 1966 et venait de retrouver la scène pour la comédie musicale « l’Homme de la Mancha». En 1967 il nous avait offert «La chanson des vieux amants » et en 1968 «Vesoul ».

 

  Bien sûr on dira  que j'ouvre encore une nouvelle page nostalgie mais à chacun son Panthéon.

Cette rencontre historique c'était il y a 40 ans... même la réédition de l'interview par Chorus est déjà vieille de 12 ans : Avec le temps dirait tendrement Léo et Georges caustique rajouterait c'est le boulevard du temps qui passe avec une conclusion cynique de Jacques qui entonnerait les bourgeois.

 Aujourd'hui c'est plus facile il suffit d'aller faire un petit tour sur Internet et les curieux ou les fans nostalgiques de mon espèce peuvent trouver les enregistrements.


   Pour le texte
http://brassensbrelferre.free.fr/chorus 

Pour voir et écouter l'enregistrement : www.dailymotion.com/video 

Mais le plus simple c'est par  http://video.google.fr/videosearch?...
   et de taper ensuite : La rencontre Brassens, Brel, Ferré.

 

Je ne vais pas trop m’étendre sur l’ensemble de l’interview : j’invite ceux que ça intéresse à lire ou écouter ce débat qui est passionnant et qui reste extraordinairement d’actualité. Je vais consacrer l’essentiel de ce billet à analyser le rapport avec la mort de chacun de ces chanteurs artisans poètes comme ils se définissaient eux même

Le journaliste François René Cristiani, qui animait la rencontre l’a fait avec une rare intelligence car tous les trois avaient abordé dans leurs chansons tous les thèmes proposés. Je remarque pourtant qu’ils éludèrent la question sur l’angoisse de la mort.
 C’est Ferré qui fut le plus bavard alors qu’il l’avait pourtant le moins abordé en chanson.
 Brassens s’en est tiré par une pirouette « En acceptant de vivre j’ai accepté de mourir aussi… ».
 Brel n’a rien dit alors qu’il venait d’écrire en 1968, J’arrive 

«…. De chrysanthèmes en chrysanthèmes……. J’arrive, j’arrive

Mais qu’est ce que j’aurai bien aimé, encore une fois traîner mes os

Jusqu‘au soleil jusqu’à l’été, jusqu’à demain jusqu’au printemps, j’arrive, j’arrive…. »


 Et c’est d’ailleurs lui, le jeunot, qui partit le premier … démentant ce que disait Brassens en répondant à une question de Cristiani : Avez-vous la hantise de devenir de vieux chanteurs ?

« En ce qui me concerne, et Ferré aussi - l’autre là il est plus jeune que nous - car on approche de la cinquantaine et on est des vieux,. Mais ne vous inquiétez pas on ne s’en aperçoit pas tellement ! »

 

De Brel il faut réécouter : La mort (1960) Le moribond (1961) et puis ma préférée celle que je chante très, très souvent en me rasant ou sous la douche pour être sûr de repousser l’échéance Le dernier repas (1964) et puis celles du dernier disque celui de 1977 quand il savait : Jojo et Vieillir :

«….. Mourir de faire le pitre, pour dérider le désert

mourir face au cancer par arrêt de l’arbitre….

….Mourir cela n’est rien, mourir la belle affaire, mais vieillir…ô vieillir. ».

Brel est inhumé à Hiva Oa aux Marquises à côté de Gauguin.

 

Brassens a chanté la mort sous toutes les formes, même en mettant en musique Lamartine « Pensée des morts » ou James « La Prière » ; il a chanté la mort par quelques chansons un peu tristes pour un proche, un parent : « Pauvre Martin » « Bonhomme » ou d’autres nettement plus légères « Oncle Archibald » «  Le vieux Léon » « Les funérailles d’antan » « Les quat’z’arts » « Trompe la mort » « La ballade des cimetières », voire grivoises comme « La fessée ».... et sans oublier son testament pour s’amuser « Supplique pour être enterré à la plage de Sète ». Sa tombe ne se trouve d’ailleurs pas sur la plage de la corniche ni au cimetière marin mais au cimetière du Py avec le commun des mortels Sétois.

 

Ferré a peu chanté la mort ou presque uniquement en mettant en musique Aragon, Baudelaire, Rimbaud ou Verlaine…. mais il a quand même écrit et chanté: A mon enterrement.

 Il a surtout créé avec son ami Jean Roger Caussimon une chanson contraire :  Ne chantez par la mort.

 « …. Ne chantez par la mort c’est un sujet morbide,

Ne chantez pas le mort c’est un sujet tabou pour poètes maudits…. »

Et finalement c’est peut être lui qui eût raison car il survécut de nombreuses années à ses deux camarades avant de s’éteindre à 77 ans  en Toscane. C’est d’ailleurs ce qui m'a permis de le voir sur scène en 1986 en rentrant d'Afrique. Des trois chanteurs poètes c’est le seul que j’ai vu en récital. (Pami ceux qui ne sont plus là j'ai vu aussi Claude Nougaro et Serge Reggiani) 

 

Lors de cette rencontre de janvier 1969 il fut question de plein d’autres sujets :  De poésie, de chansons, du métier d’artiste, du public, du succès, de l’argent, de la solitude de la liberté, de l’anarchie, de l’amour, de vieillir, de l’enfance, de l’âge adulte…. et des femmes…. Avec manifestement plus de souffrance et de peur devant les femmes que devant la mort surtout de la part de Brel. Extraordinaire analyse qui méritera un billet particulier… un de ces jours.

 

 En cette journée des défunts je ne peux pas ne pas évoquer certaines coïncidences ; c’est Brassens qui m’y fait penser : Il est mort le même jour que la merveilleuse actrice Natalie Wood (La fureur de vivre, La prisonnière du désert, West Side Story, La fièvre dans le sang, Une certaine rencontre…….). Sûr que si Georges a fait une partie du voyage vers l’au-delà en sa compagnie, il aura écrit un nouveau couplet Des passantes.

Je pense aussi à mon cher ami et cousin Riquet qui s’est donné la mort le 8 janvier 1996 : s’il a pu rencontrer lors du voyage François Mitterrand, décédéle même jour, peut-être lui aura t-il demandé si tout avait vraiment été tenté pour combattre le chômage….  la raison probable de son suicide.

Ma mère est partie l’an dernier le 20 octobre, le même jour et quasiment à la même heure que Sœur Emmanuelle qu’elle aimait beaucoup. Moi qui suis pourtant un mécréant ça me plait de penser que c’était peut-être moins dur de voyager avec quelqu’un qu’elle aimait bien. C’était sans doute stupide mais c’est tout ce que j’ai trouvé à dire quand on m’a demandé de parler d’elle lors de ses obsèques à l'église….. puis j'ai récité le poème de Lamartine « Pensée des morts » que Brassens avait mis en musique mais nous n’avons pas passé la chanson car maman n’aimait pas trop Georges : il disait trop de gros mots.

A suivre..... mais le plus tard possible.

 

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 15:16

 Je commence ce billet en rappelant une histoire que me racontait, il y a plus de 35 ans, Andrzej S. un polonais installé au Zaïre et qui fut entre 1974 et 1975 notre médecin.

 Andrzej affirmait que Brejnev, le maître du Kremlin sortait de bon matin, sur son balcon pour saluer le camarade soleil ; celui-ci, émergeant à peine des brumes matinales, rendait alors un salut loyal au camarade Léonid chef de l’Etat et du politburo.

 A midi, fier de sa puissance universelle, Brejnev sortait, à nouveau sur le balcon, pour se faire cajoler un peu par le soleil lui aussi à son apogée ; un soleil rayonnant qui rendait hommage au camarade Léonid chef d’Etat et maréchal de l’Union Soviétique.

 En fin d'après-midi Léonid satisfait de sa journée, sortait une dernière fois retrouver son subordonné soleil mais celui-ci, blafard et fatigué par sa longue course, lui répondait alors :  «Maintenant que je suis passé à l’ouest tu peux aller te faire foutre Brejnevitch… »

 Cette histoire que me racontait sur un ton goguenard notre toubib me dérangeait. Elle confirmait mieux qu’un long traité politico philosophique, à quel point l’avenir était désespéré en Europe de l’Est. Comment une personne aussi informée (enfant il avait connu le nazisme et plus tard le stalinisme) aussi lucide, aussi indigné et aussi révolté n’espérait plus rien ?  Seule la fuite était la solution …. Ce qu’il avait d’ailleurs fait en quittant son pays et allant exercer son métier et vivre en Afrique.


 L’année 1989 fut dans le monde une année cruciale, une année charnière, une année où les peuples, les anonymes ne se contentèrent plus de raconter des histoires de fuite, mais rejoignaient en masse les quelques militants des droits de l’homme qui, au péril de leur vie et de la sécurité de leur famille, essayaient, depuis des années, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en RDA, en URSS……de soulever un coin de la chape de plomb communiste ……

 Comment ai-je vécu cette année 1989? … A côté comme tout le monde… solidaire mais de loin comme nos parents ou grands-parents dans les années 30 furent à côté mais aussi loin des républicains espagnols…. sans doute mieux informé grâce à la télévision, aux journaux, aux radios…. et incontestablement très attentif à l’évolution de la contagion de ces désirs de liberté.

 1989 fut aussi pour moi et ma famille une année de grande incertitude pour ne pas dire d’inquiétude : Nous étions rentrés du Cameroun après une vingtaine d’années de vagabondage d’un chantier à l’autre dont dix ans en Afrique. Nous voulions nous poser et le hasard d’un grand chantier nous a permis de le faire en région niortaise.

 Oh ! Ce n’est pas que j’étais, au premier abord, follement attiré par cette ville mais l’occasion se présentait  il fallait la saisir.
 Je suis arrivé à la fin de l’été 1986, et j’ai rouvert un laboratoire du BTP qui était fermé depuis plus d’une année après avoir vivoter pendant une dizaine d’années, plus ou moins rattaché à une plus grosse agence (Ce fut une patate chaude que se passaient les agences de Limoges, Nantes et en dernier Bordeaux).

J’investissais donc fin août 1986 les lieux pour une mission de contrôle du Pont de l’île de Ré qui devait m’amener jusqu’à mi 1988…. Et ensuite ????

 Jusqu’à l’été 1987 ma famille était restée à Nîmes le temps d’y voir plus clair et que notre fils aîné, Eric, passe son bac…. C’est seulement à partir de fin août 1987 que nous sommes tous devenus niortais.

 J’étais inquiet car professionnellement c’était un pari qui me paraissait insensé. Comment allais-je pouvoir développer une agence en Poitou-Charentes, dans cette région rurale sans agglomération importante. Certes l’implantation avait été géographiquement judicieuse à égale distance de Poitiers, Angoulême, Saintes, Rochefort et La Rochelle et en bordure d’autoroute… mais la Vienne lorgnait du côté de Tours et les Charentes vers Bordeaux…. Quant aux Deux-Sèvres c’était un département ignoré et Niort une ville endormie sur son unique richesse, les mutuelles.

 J’ai prospecté à fond pendant tout le second semestre 1988 pour me ramasser d’angoissants bides commerciaux qui me démoralisaient : rien à attendre pour moi de la Vienne pas plus du projet Futuroscope que de la centrale nucléaire de Civaux. J’arrivais trop tard les places étaient prises. Dans les Deux-Sèvres rien à attendre non plus....  Peut-être un peu en Charente Maritime..... en étant patient. 

 Ma direction ne l'était pas...... On était, à peine, installé à Niort qu'elle envisageait déjà, fin 1988, de fermer les locaux et de me muter en région parisienne pour un chantier TGV. Retour à la case départ vingt ans après….. Inacceptable !!!!

 En agence je n’avais plus qu’un technicien Christophe ; un ingénieur Alain venait de démissionner pour repartir chez lui sur Nantes et pas de secrétariat…. Tout se traitait de Bordeaux : bonjour les allers-retours et la multitude de fax….

 Et puis soudain en novembre et décembre 1988 une éclaircie, avec deux coups gagnants qui changèrent la donne : la concrétisation d’un contrat pour les contrôles du Viaduc de Rochefort et une autre réussite, moins formelle pour l’immédiat mais très intéressante par son étalement dans le temps, qui concernait des suivis de travaux de renforcement et de construction d’autoroutes en Poitou-Charentes …. Ouf il était temps… et le moral revenait… Je n’avais pas le droit à l’erreur il me fallait devenir indispensable aux yeux de mes interlocuteurs… je crois avoir réussi… mais ce ne fut pas une sinécure.

 
 Nous décidâmes alors de vendre notre maison de Nîmes pour nous installer à Niort… 1989 devait être l’année de notre enracinement en Poitou-Charentes. Pilou pouvait se mettre en quête d’un travail car cette fois c’était du long terme. Nous fermions définitivement la parenthèse africaine.

 Oh ! Bien sûr pas complètement, car dès notre arrivée nous avions adhéré, tout naturellement, à l’ANJCA, avant d’élargir nos engagements à la FCPE, et toujours un peu au PS, mais le minimum syndical, vu l’image peu réjouissante que je percevais du socialisme municipal…. Mais ça nous permettait au moins de faire des connaissances puis progressivement quelques amis… ….

 Nous avions aussi le projet de maison, à concrétiser le plus rapidement possible ….. Alors le reste…. Je ne peux pas dire que je n’ai pas suivi tout ce qui se passait dans le monde… la politique internationale a toujours été un de mes thèmes de prédilection… mais….. entre autres choses aussi importantes.

Ephéméride 1989 :

 Le 15 janvier, Vaclav Havel fondateur de la Charte 77 était arrêté à Prague.

 Le 22 janvier 1989 à Varsovie Lech Walesa, après des mois de conflits sociaux, obtenait la reconnaissance de Solidarnosc par le gouvernement polonais et acceptait de négocier avec Jaruzelski.

 A Niort en section socialiste on pratiquait alors le tir aux pigeons pour éliminer, de façon démocratique, de la liste aux municipales des postulants indésirables. Il aurait été plus sain que le maire propose sa liste que les militants ratifient ou non. C’est ce que j’ai dit à Roger le sectaire secrétaire de section qui m’avait d’ailleurs proposé de poser ma candidature et qui du coup était soulagé que j’aie refusé, en constatant que j’étais un emmerdeur à coller immédiatement au rang des indésirables.

 
 En février les dernières troupes soviétiques quittaient l’Afghanistan.

 Le 11 février le parti communiste hongrois autorisait le multipartisme.

 Sur un chantier à Poitiers  je me suis fait voler, dans ma voiture, ma veste et mon portefeuille. Quelques jours plus tard un cafetier me téléphonait pour me dire qu’il avait trouvé devant son bar mon portefeuille : il n’y avait plus d’argent mais tous mes papiers y étaient…. Un voleur bien élevé, ça existe. Brassens avait raison.

 Une réunion régionale des comités de jumelage Poitou-Charentes à Poitiers : nous n’étions pas tous sur la même longueur d’onde.

 La fête des pissenlits par la FCPE Souché ; très sympa et une découverte il y avait des militants niortais qui aimaient s’amuser.

 Des meetings moins marrants pour les municipales : quelle tristesse ce maire ; comment pouvait-il gagner les élections ? Ou alors c’était la confirmation que Niort était vraiment une terre de gauche.

 Dans le cadre de mon job j’attaquais les premiers contrôles de fondation du viaduc sur la Charente à Rochefort. Après le pont de l’île de Ré un nouveau jackpot pour mon agence…. et pour mon avenir niortais.

 Le 27 Mars eurent lieu les premières élections « libres » pour le congrès en URSS, que Mikhaïl Gorbatchev gagnait malgré les victoires écrasantes de Boris Eltsine à Moscou, Leningrad et Kiev.

 Elections municipales en France et donc à Niort. La liste conduite par B. Bellec fut élue : 48 % au 1er tour et quasiment la même chose au second dans le cadre d’une triangulaire…. Ce n’était quand même pas un franc succès : il y avait des dissidents de gauche qui ont fait 15 % en surfant sur la tendance écologique et sur l’héritage de l’ancien maire René Gaillard décédé fin 1985.


 5 avril : En Pologne, signature des accords entre le pouvoir communiste et Solidarnosc. Le 1er ministre Rakowski dut accepter l’établissement du pluralisme syndical et la démocratisation des institutions.

 Pendant les vacances scolaires de Pâques nous nous rendîmes à Nîmes. Les inondations d’octobre 1988 n’avaient pas touché notre maison à Bezouce, mais il fallait préparer la vente. Inquiétude car l’agence immobilière n’avait pas encore fait visiter.

 Fin avril, congrès départemental de la FCPE : je fus élu membre du bureau, un peu à l’insu de mon plein gré (mais avec mon accord un peu naïf)

 Le 2 mai le gouvernement hongrois commençait à démanteler le rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche.

 Le 25 mai Mikhaïl Gorbatchev était élu à la présidence du Soviet Suprême.

 Nous avions acheté notre premier micro-ordinateur familial. Mon fils Eric m’initiait à l’utilisation d’un tableur. Ce fut un peu laborieux, mais j’y suis arrivé sans trop de difficultés …. Et du coup je me suis mis à faire une partie de mon travail le soir ou le week-end à la maison.... Gagnant-perdant.

 Le jour de l’Ascension la radio annonçait l’assassinat de Tjibaou : Tristesse.

 Quelques jours plus tard nos amis toulousains Jipé et Claudine étaient de passage et comme Maxime Le Forestier était en concert à Niort nous allâmes le voir, 4 ans après l’avoir applaudi ensemble à Yaoundé.


 Le 4 juin à Pékin répression des étudiants sur la place Tienanmen

 Le 7 juin manifestations en RDA et notamment une impressionnante à Leipzig

 Le 12 juin voyage triomphal de Gorbatchev en Allemagne de l’Ouest.

 Le 13 juin table ronde en Hongrie entre le parti communiste et l’opposition. Le 16 juin une foule considérable commémorait la révolution de 1956.

 Le 25 juin des élections libres se soldaient au Sénat par la victoire de Solidarnosc et la débâcle du parti communiste.

 En juin les responsabilités de parent d’élève prenaient du sens, entre les conseils de fin d'année et les fêtes d’écoles…. Je réalisai subitement que ce n’était guère compatible avec mon job. C’est moi qui étais élu mais je déléguais de plus en plus à Pilou.

 Le 10 juin élections européennes : La liste PS menée par Laurent Fabius fit 23.6 %, ça aurait pu être pire.

 Cécile eut son bac sans problème.

 Des soucis de boulot toujours ; il fallait pourtant y arriver pour obtenir les embauches promises…. Mais bien sûr ce fut encore retardé de quelques mois… comment allions nous organiser les vacances d’été avec tous ces chantiers et ces études et contrôles qui tombaient….?

 On n’est jamais content, car le développement fulgurant de l’agence était une belle réussite…. mais à quel prix…. On ne me donnait pas encore le droit d'embaucher, je pris donc (avec son accord) mon fils aîné Eric en intérim pour l’été … ça le changeait un peu des maths et des concours, et ça lui rapportait un peu d'argent.

 
 6 juillet ; Discours de Gorbatchev à Strasbourg sur la maison commune européenne.

 Le 27 juillet le Soviet suprême accordait l’autonomie de gestion économique à l’Estonie et à la Lituanie.

 Boulot toujours et toujours… la famille était en vacances à Nîmes. Eric et moi nous faisions des allers-retours le week-end. J’ai quand même eut le temps de suivre les fastueuses commémorations du bicentenaire de la révolution française.


 16 août : La Hongrie décidait d’ouvrir complètement sa frontière avec l’Autriche. : Début de l’exode massif des allemands de l’est via l’Autriche

 19 août; Tadeusz Mazowiecki dirigeant de Solidarnosc formait un gouvernement de coalition en Pologne. Il devint premier ministre le 12 septembre.

 Deux bonnes nouvelles en cette fin août :

 Divine surprise à Bezouce, un voisin était intéressé par notre maison ; on signa un compromis de vente. Ouf !

 Un jeune ingénieur Georges postulait pour le poste de géotechnicien de l’agence de Niort…. Ouf encore ! Le cauchemar était enfin en train de se dissiper (mais il ne resta que 9 mois, la valse des géotechniciens commençait …. Il faut croire que Niort n’était guère une ville attrayante pour de jeunes ingénieurs voulant s'assurer une carrière.)

 27 septembre : La Slovénie inscrivait dans sa constitution le droit à l’autodétermination. La Croatie suivait mais des manifestations anti-séparation en Serbie laissaient prévoir une suite difficile.

 Mi-septembre un aller-retour à Nîmes en camionnette pour vider la maison des derniers meubles.

 Fête de l’Anjca à Noron le 23 septembre : nous étions un peu dépassés par les évènements ; il y eut plus de 500 inscrits et autant de cuisses de poulets à faire cuir : on frôla la catastrophe, mais personne ne fut malade. … à part le maire, peut-être, que ce jumelage coopération n’enthousiasmait pas …. Mais qui, devant une salle pleine à craquer, a du se dire que cette coopération intéressait, finalement, beaucoup de ses électeurs niortais. On allait pouvoir recevoir une subvention à un niveau décent, ce à quoi il rechignait encore avant l’été.


 Les 6 et 7 octobre Gorbatchev était en visite officielle en RDA : il fut acclamé par la foule alors que les dirigeants est-allemands étaient conspués.

 Le 9 octobre manifestation monstre à Leipzig. Le 18 octobre Honecker démissionnait suite au refus de Gorbatchev d’envoyer des troupes soviétiques en RDA.

 Le 26 octobre je fis un aller-retour à Nîmes pour signer chez un notaire la vente de notre maison.

 Le 31 octobre sortait au cinéma le premier volet de la révolution française, « Les années lumières » de Robert Enrico, le dernier film sur lequel mon oncle Didi a travaillé avant de prendre sa retraite et le premier où il fut référencé au générique.
 

 Le 4 novembre plus d’un million de personnes manifestaient à Berlin-Est.

 Le 9 novembre ouverture du mur de Berlin.

 Le 10 novembre en Bulgarie plus de cent mille personnes manifestaient dans Sofia obligeant Jivkov à démissionner.

 Le 11 novembre Rostropovitch jouait du violoncelle devant le mur. Fabuleuses images à faire pleurer.

 Du 17 au 27 novembre révolution de velours en Tchécoslovaquie provoquant la chute du régime.

 Le 28 novembre Helmut Kohl présentait son plan de réunification de l’Allemagne.

 Le 10 novembre Laurent Fabius était en visite à Niort pour discuter avec les militants socialistes et faire la promotion de ce qui allait être sa motion pour le prochain congrès de Rennes…. Ce fut l’occasion d’évoquer les bouleversements en Europe de l’Est. Voilà quelqu’un qui en avait une approche très enthousiaste. J’ai exprimé mes craintes que cette ouverture à l’est ne se fasse au détriment des aides au développement des pays du sud.

 Le 17 novembre : Début du 1er Carrefour média-jeunesse à Niort. Inauguration en présence du ministre de l’Education nationale, Lionel Jospin. Quelques étudiants manifestaient à son arrivée, avec en 1ère ligne, comme porte-parole, Cécile ma fille.

 22 novembre sortie du second film sur la Révolution française : « Les années terribles ». … et coup de fil à Didi pour le féliciter des magnifiques décors.


 Le 3 décembre sommet en Méditerranée, au large de Malte entre Gorbatchev et Bush.

 Le 8 décembre Le Conseil européen consacrait le droit à l’autodétermination du peuple allemand.

 Le 10 décembre Husak est chassé du pouvoir en Tchécoslovaquie

14 Décembre : Décès à Moscou d'Andréi Sakharov, le militant des droits de l'homme, Prix Nobel de la paix 1975 a pu voir tomber le mur de la honte.  
  Le 16 décembre début de la révolution roumaine. Les forces de l’ordre réprimaient une manifestation à Timisoara. Les médias occidentaux annonçaient des centaines de morts (Il y en eut effectivement beaucoup mais quelques dizaines…)

 Le 20 décembre révolution à Bucarest : Les Ceausescu furent arrêtés le 22 décembre.
 Le 24 décembre ils étaient condamnés à mort au cours d’un procès expéditif et exécutés le jour de Noël.….

 En ce jour de Noël 1989, la liberté de circuler était totale entre l’est et l’ouest de l'Europe. 

 Le 28 décembre Alexandre Dubcek était élu président du parlement Tchécoslovaque et le lendemain Vaclav Havel érait désigné président de la République.

 Le 1er décembre nous passions commande de la construction de notre future maison niortaise.

 Le 4 décembre dans le froid du matin le cœur d’Incarnation, la maman de Pilou, lâchait brutalement, alors qu’elle attendait, sur le quai, le RER. Les obsèques eurent lieux le 9 décembre. Incarnation, femme de gauche socialisante et fille d'un militant socialiste, n’aimait pourtant pas trop, comme son mari Luis, décédé en novembre 1981, que l’on critique l’URSS la seul pays a avoir aidé concrètement les républicains espagnols entre 1936 et 1938.

 Nous passions de tristes fêtes de fin d’année en famille en région parisienne.
 Le 23 décembre à l’annonce des représailles de Timisoara je me suis rendu à l'ambassade de Roumanie pour manifester ma colère. Réaction tardive et inutile, l’ambassade était fermée et j’étais quasiment seul devant les grilles.

 Le soir du 31 décembre j’écoutais les vœux lucides du président Mitterrand qui évoquait la Confédération européenne à construire.


 La suite est connue….. mais à suivre quand même.

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 21:39

 Il est peut-être temps pour moi de réactiver la boite à souvenirs et j’ai envie de parler d’un très bon ami, un copain de jeunesse, que je revois encore, trop rarement bien sûr, mais toujours avec tellement de plaisir. Jeannot était mon grand copain de la période 1964/1967 : bien qu'il soit mon cadet d’une année et quelques mois, il fut mon partenaire privilégié dans presque tous les domaines : certes au rugby mais il fut aussi mon camarade de lycée, objectif BTS, même si nous n'avons jamais été dans la même classe, mon adversaire au bowling, au ping-pong, au baby foot, au flipper et surtout mon joyeux complice de sorties, de conneries diverses, de camping l’été, j'en passe et des « pas trop tristes »…. Il fut aussi mon équipier de job car pour se payer tout ce qui fait le charme de jeunes de 17 à 20 ans il nous fallait un peu d’argent de poche et comme nous étions tous les deux fauchés,  enfants de la classe ouvrière, il nous fallait gagner quelques pécules pendant les vacances scolaires. 
  Nous avions la chance d’être costauds aussi quand nous nous présentions pour un boulot de déménageur nous étions toujours pris ce qui ne plaisait pas à des postulants âgés qui étaient écartés à notre profit…. Et en plus nous trouvions ce travail facile, une forme d’entraînement pour le rugby, un job beaucoup plus facile que celui de coupeur lors des vendanges que j’avais faites l’année de mes seize ans en Languedoc…. Ça ce n’est pas coton quand on fait 1.85 m et que la terre est si basse.

 J’en reviens à Jeannot…. En fait on ne l’appelait pas Jeannot mais Schmoll ( je triche un peu  car par la suite cet énergumène, espèce de grand Duduche, se trouva affublé d'un autre surnom  que je ne peux pas dévoiler tellement il fut réputé dans le milieu rugbystique et qu'il est aussi très connu dans le répertoire des chansons paillardes…. je suis tenu à un minimum de discrétion… alors je conserve le Schmoll des années lycées ). Ce surnom lui allait d’ailleurs très bien puisqu’à cette époque  nous étions tous les deux, des fans d’Eddy Mitchell, le Schmoll, du Rock ‘n Roll français.  

 Pendant les matchs de rugby quand Jeannot distribuait, même en junior, un peu trop de pralines au sein des mêlées ouvertes et que l’arbitre le renvoyait au vestiaire, il quittait le terrain en souriant et en fredonnant «…toujours un coin qui me rappelle… ». Idem à la maison quand lui venait l’envie d’aller au petit coin.

 Ma mère l’aimait bien mais elle se méfiait aussi terriblement du gugusse et de ses tours pendables : un jour qu’il m’aidait à refaire les tapisseries et peintures de ma chambre il n’avait rien trouvé de mieux que de peindre en blanc les pieds d’une chaise vernie… inutile de dire que, quand maman est rentrée, en soirée, je me suis fait copieusement engueuler et que lui, qui avait avoué sa faute en s'excusant, était immédiatement mis à la porte … jusqu’à la fin de la semaine.
 Tout le monde dans ma famille adorait Jeannot à commencer par mon oncle Didi qui venait parfois nous soutenir au stade. J'ai aimé l'émotion de Jeannot quand, en 2004  pour le cinquantenaire du club, il eut l'occasion de revoir mon oncle.

 Et puis il y avait aussi ma tante Simone qui tenait un magasin d’électroménager, téléviseurs et vendait des disques : Jeannot et moi nous allions assez régulièrement la voir. On était bien reçu, j’étais le neveu préféré et Schmoll l’ami préféré du neveu préféré. Bien sûr on aurait du avoir un peu de scrupule d'aller la voir quand Eddy Mitchell sortait un nouveau 33 tours… et bien sûr tout naturellement « Doucement mais sûrement » nous faisions le déplacement pour lui faire la bise… et aussi naturellement nous revenions avec le disque. Le trajet retour était un peu plus rapide, pressés que nous étions de pouvoir écouter le cadeau reçu.... et attendu.
 
  
 Nous étions aussi friands de westerns : «On voyait Gary Cooper qui défendait l’opprimé»  ce fut l’époque de « Hombre, Les Professionnels, Alvarez Kelly, Nevada Smith, la Horde sauvage, la Poursuite infernale... ».
 
J’avais aussi largement contribué à son éducation de cow-boy, rouleur de mécaniques, en l’emmenant au ciné-club voir des films de légende comme « L’homme qui tua Liberty Valance, Vera Cruz, Le train sifflera trois fois, L’homme aux colts d’or, Le jardin du diable, etc… ». La dernière séance avant l’heure.
 Par contre on n’appréciait pas trop les westerns spaghettis « pour une poignée de lires ou pour quelques lires de plus » du moins jusqu’à ce que Sergio Léone réalise « Il était une fois dans l’Ouest ».




Pour ce qui concerne les études, nous étions quand même des garçons sérieux et nous bossions plutôt bien mais en participation : Je lui faisais quelquefois le plan de ses rédactions, voire plus, contre quelques paquets de cigarettes ou d'une aide équivalente, de sa part, pour le dessin industriel (son point fort et mon cauchemar moi qui ne savais même pas à l’époque à quoi servait un embrayage)…

 ...Et puis on s’éclatait vraiment au rugby car nous étions bons dans une très bonne équipe junior, Schmoll en troisième ligne et moi à l’arrière avec d'autres dont j'ai déjà parlé le Fanfan, le Nine, le Charly… 

  
 Tout le reste était à l’avenant, « la graine ça pousse où ça dort », en traînant dans des lieux suspects pour assouvir nos autres passions, le billard (il gagnait souvent), le bowling (je gagnais souvent), le ping-pong (il gagnait toujours), et d'autres domaines où nous étions, naturellement, en concurrence... (mais parlons d’autre chose)  et puis  « place des fêtes sur nos mobylettes on singeait James Dean (en fait c'était alors plutôt  Steve Mac Queen dans la Grande Evasion) … mais où sont mes racines ? Nashville ou Belleville… » 

  En juin 1967, nous avions pu avoir des billets pour le spectacle d’Eddy Mitchell à l’Olympia et nous étions enfin, émerveillés « comme quand on était môme », face à notre idole.

  Jeannot, au moins, n’eut pas la malchance d’être invité par ma mère pour aller voir, aussi cette année là, Luis Mariano dans le  Prince de Madrid : « Nostalgie facile mais swing pas terrible » ce fut Pilou que je venais de lui présenter qui eut ce privilège … un si bon chanteur d’origine espagnole elle devait adorer…

 

 Quand en Juin 1968 j’ai dit oui à Pilou, devant monsieur le maire, mon Jeannot, qui forcément était de la fête, avait quelque peu le bourdon de voir son pote se caser, se faire mettre le grappin dessus comme il disait …. Mais il y avait encore le rugby et en plus je savais qu’il continuerait à faire le Schmoll en virées avec mon frère Serge ou d'autres copains « Je vous dérange, fallait pas me provoquer je vous dérange je ne suis pas venu vous chercher… ».

 
 Et puis un an plus tard, Pilou et moi, nous avons commencé notre grande vadrouille en voguant vers les tropiques, vers d’autres horizons, vers d’autres choix de vie. Longtemps j’ai écrit à Jeannot pendant les périodes africaines, mais il était un peu dur de la feuille et encore plus du stylo….

   De temps en temps quand nous rentrions en France je le voyais brièvement, lui et d’autres copains, au bord du terrain de rugby lorsque je venais rendre visite à ma mère et que, par bonheur, « notre » équipe, dont il était devenu le sheriff, jouait à domicile.

 

 Ma première vraie et grande retrouvaille avec mon Schmoll fut en juin 1994 quand il nous invita à son mariage…. Il avait enfin choisi de ne plus rester un cow boy solitaire et acceptait la corde au cou, 26 ans après moi ; il se mariait d'ailleurs quelques mois avant que j’accompagne ma fille Cécile à la mairie ; il épousait la charmante Vally à peine plus âgée que ma Cécile. Même pour la vie de famille, nous n’avions pas du tout suivi les mêmes chemins….. 

   Quand il m’a présenté à Vally il lui a dit « Voilà, Daniel, mon copain de jeunesse, celui qui me surveillait pour que je reste un mec sérieux…. Et en plus c’était un fan d’Eddy Mitchell… » Lui avait-il avoué que c’était incontestablement lui le plus Schmoll, le plus rock'n roll, de nous deux ? … D’ailleurs, et cela en est bien la preuve, il a fait un gag très fort pour son mariage car il est arrivé devant monsieur le maire (qui était aussi son témoin de mariage) dans un panier à salade les menottes aux poignées, accompagné par deux policiers de ses amis…. Ca ne rappelle rien ? :

«  Je viens vers toi, tu m’attends dans ta robe blanche….je viens vers toi mais pas dans une Rolls blanche… j’ai le droit de me taire et fumer en gardant les menottes aux poignets…. Pour une fois les flics on gagné …. Sur la route de la mairie… »

 

 Depuis on se revoit régulièrement, au moins une ou deux fois par an : Vally et Jeannot ont fondé une bien belle famille avec trois beaux enfants et si on n’est plus trop Schmoll ni lui ni moi… tout en conservant le plaisir d'écouter encore Eddy Mitchell....    on se retrouve régulièrement, nostalgie facile, pour des fêtes du rugby, des voyages en Corse, et des anniversaires de potes ou les nôtres.

 Vally organisa pour son Jeannot, en mai 2008 une grande fête dans le Morvan (ses racines). Il fut vraiment pris par surprise puisque son anniversaire était passé depuis plusieurs mois et comme le secret avait été bien gardé, il s'est retrouvé dans une salle des fêtes transformée en mini terrain de rugby (Fanfan te souviens-tu des tonnes de rouleaux de pelouse ?) où l’attendaient, lumières éteintes, tous ses amis ; nous étions plus d'une centaine.
 Il a même fallu, dans l’euphorie, qu'il tente un drop lui qu’il n’en avait jamais réussi quand il était joueur. Le Schmoll, il n’allait quand même pas en réussir un ce jour-là ?… Mais si… enfin presque... sauf que c’est  Pilou qui a reçu le ballon ovale dans la figure… sans trop de bobo.

 

 Une magnifique soirée. Un magnifique week-end : Happy birthday Rock n’Roll ! Et vive le grand Schmoll.

 

 

A suivre

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 11:41

Il me faut mettre immédiatement les points sur les « I » : le titre n’a rigoureusement rien à voir avec l’avant-dernier billet. D’ailleurs je suis bien loin d’avoir toujours raison et ça se vérifie quotidiennement….

 Non ce titre reste simplement, comme pour les autres billets de la rubrique « souvenirs en vracs », un fil conducteur pour faire remonter quelques souvenirs du fond de ma mémoire.
  L’idée de ce titre m’est venu en racontant récemment une curieuse anecdote professionnelle à Arnaud mon jeune coéquipier qui, depuis trois ans, m’a remplacé lors des réunions d’expertises BTP.


  L’histoire s’est déroulée il y a plus d’une vingtaine d’années (en avril 1988 pour être précis) en Charente. Un expert judiciaire m’avait demandé d’être sapiteur dans un litige lié à un sinistre de béton pour un bâtiment récemment construit. Il m’avait transmis les documents techniques et après examen la cause, pour moi, était entendue : je savais indubitablement ce qui avait provoqué le sinistre.

L’expert judiciaire était, comme c’est souvent le cas, un ingénieur d’expertise en retraite, et probablement à la retraite depuis déjà pas mal d’années. Il arrivait à cette réunion avec quelques idées préconçues qui ne collaient pas trop avec mon analyse du dossier et qui s’appuyaient sur des normes qui n’avaient plus cours.

Par ailleurs la partie me parut assez mal s’engager quand le bonhomme, très style IVème république, se mit au préalable, à nous raconter qu’il avait été un grand ami du président Edgar Faure qui venait de disparaître quelques semaines plus tôt… On pouvait certes lui témoigner nos plus sincères condoléances mais cela n’avait aucun rapport avec le béton…. L’expert fût d’ailleurs un peu long sur le sujet ce qui eut l’inconvénient d’énerver divers participants de la réunion. C’était, peut-être d’ailleurs, le but recherché ( ?).

Il fut enfin nécessaire d’aborder la question technique et rapidement nos divergences devenaient flagrantes ce qui était un peu gênant pour moi, car un sapiteur a pour mission d’éclairer l’expert judiciaire et non de le contredire ou alors il fallait le faire avec beaucoup de diplomatie. Il se trouve, toutefois, qu’il m’avait offert une possibilité de le contrer sur son terrain car Edgar Faure est un personnage qui m’a « historiquement» intéressé même si je n’avais pas d’affinité politique avec lui…

Alors que l’expert essayait d’asseoir son autorité, ne tenant, manifestement nullement compte de mon avis et de mes interventions, au point que je me demandais ce que je foutais là… je finis par perdre patience et je lui dis : « Monsieur l’Expert, excusez moi de vous rappeler une maxime du regretté Président Faure : Avoir toujours raison c’est un grand tort ». Le mec stupéfait fit d’énormes billes, façon E.T, et me dit « mais c’est le titre de son autobiographie » et moi de rétorquer « Oui je sais et j’aime beaucoup ces mémoires qui font référence en matière de compromis politiques ». Bingo ! Je m’étais fait un pote et lui était prêt à écouter la voix de la raison et du sapiteur.

 

Comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas atteint par le syndrome papal d'infaillibilité, mais il y eut quand même quelques cas, quelques circonstances, où j’ai eu le plaisir d’avoir raison contre tout le monde, et ça fait du bien......quand ça ne se répète pas trop souvent.

J’ai encore en mémoire la forte intuition de supercherie que j’eus lorsque j’ai lu « La vie devant soi » et je suis, aujourd’hui encore, étonné que la tromperie n’ait, semble t-il, à l’époque, effleuré l’esprit de personne. Je dis bien « me semble t-il » car en ce temps là nous vivions en Afrique avec pour seule source d’informations, la radio RFI et quelques journaux français qui arrivaient avec 2 ou 3 semaines de retard….  mais… le mieux est de raconter l’histoire qui eut pour cadre une soirée entre français travaillant sur le chantier du barrage d’Inga au Zaïre:

Ce soir là, le 11 novembre 1975, nous étions réunis entre amis. Il y avait beaucoup de jeunes de moins de trente ans (dont quelqu’une qui fêtait ses 27 ans) et quelques anciens encore très jeunes dont Jean-Pierre, qui revendiquait fièrement ses 60 ans et son épouse Mariette qui nous recevaient chez eux.

Je profitais de cette soirée pour rendre à Mariette un livre qu’elle m’avait prêté quelques jours plus tôt et qu’elle avait ramené de France, très récemment, au retour de vacances.

Ce livre était donc « La vie devant soi » et était attribué à un certain Emile Ajar, neveu disait-on de Romain Gary. J’avais, d’ailleurs, entendu ce jour là (ou la veille) sur RFI que ce roman venait de recevoir le prix Goncourt…..

Poussé par une conviction quelque peu irrationnelle j’ai provoqué ce soir là un vive débat polémique en prétendant, de façon, sans doute, un peu trop péremptoire, que j’étais persuadé que ce livre était, en fait, l’œuvre de Romain Gary.

Mariette s’offusqua « Ce n’est pas possible, Daniel, le Goncourt ne peut-être attribué qu’une fois et Gary l’a déjà eu pour « Les racines du ciel » et depuis deux mois ce livre est la coqueluche des milieux littéraires et tous ces gens là s’en seraient, assurément, aperçus  immédiatement. ».

Je m’entêtai car il se trouvait que non seulement j’avais lu et aimé plusieurs romans de Romain Gary, dont « La promesse de l’aube » et surtout « Les racines du ciel » le premier roman écologiste publié en 1956 et qui traitait du braconnage en Afrique, de la chasse aux éléphants et du trafic de l’ivoire … mais, en plus, je venais au cours des derniers mois d’en lire deux nouveaux: « Au-delà de cette limite le ticket n’est plus valable » sur le thème du déclin et « Les têtes de Stéphanie » un roman d’espionnage dans un contexte moyen-oriental écrit par un certain Shatan Bogat pseudo assumé sur la jaquette du livre par Romain Gary.

 Dans « La vie devant soi » j’étais quasiment certain de reconnaître le style Gary… et comme ce n’était pas inhabituel pour lui de prendre un pseudo et qu’en plus il était assez provocateur et anticonformiste……et puis ce lien de parenté avec Ajar.. … je trouvais que ça sentait l’embrouille…..

Je scandalisai la gentille Mariette qui restait cependant calme et réservée face à mes soupçons accusateurs….  mais je déclenchai, illico, une bronca des autres amis, notamment ceux de ma génération, qui pour la plupart n’avait jamais lu un roman de Romain Gary mais qui trouvaient là, une bonne occasion et beaucoup de plaisir à se liguer contre « Monsieur je sais tout », le bétonneux qui en savait plus, du fond de la brousse africaine, que tous les grands critiques littéraires parisiens, français et navarrais réunis….Ils avaient effectivement de bonnes raisons de me railler .... mais je n’en démordais pas. Ah ! Comme ils se sont bien défoulés ce soir là les amis Michel, Christian, Joëlle et compagnie.

La supercherie ne fut dévoilée qu’après le décès, en décembre 1980, de Romain Gary et elle fut révélée par celui qui avait endossé publiquement le rôle d’Emile Ajar, c’est d’ailleurs  au total deux ou trois romans que Gary avait publié sous cette couverture…..mais le scandale était pour celui là, car en trichant ainsi il avait obtenu un second prix Goncourt.

Je n’ai jamais pu pavoiser devant mes détracteurs d’avoir eu raison contre tous car, entre temps le chantier était terminé et j’avais perdu de vue tous les anciens d’Inga, à l’exception, de mes amis alsaciens Pierrot et Malou… s’ils s’en souviennent….les vagues vous diront…

Il n’en reste pas moins que je suis, aujourd’hui encore, sidéré du degré de naïveté ou du manque de compétence des journalistes spécialistes et sans doute de la complicité de certains.

 

Je vais comme d’habitude dans ce type de billet parler un peu de politique mais avant, j’ai un souvenir qui m’est revenu il y a peu de temps, un souvenir de jeunesse, un peu hors sujet …. encore que… mais c’est avec plaisir que je le mentionne car je sais être lu par quelqu’un à qui ça devrait rappeler quelque chose. 

 

Printemps 1963, un après-midi de vacances pluvieux : Jeff, Jacky, Mick et moi, les quatre mousquetaires baby-footeux de Castelnau nous étions place de la Comédie à Montpellier en quête d’une séance de cinéma. Divergences entre amis : les deux vieux de 16 ans souhaitaient voir un western, les deux minots de 15 ans voulaient voir un Fernandel.  Comme je regardais les photos affichées du western je tirai Mick par la manche en lui disant « Regardes les photos et ne dis rien à Jeff ». A la vue des photos Mick changea immédiatement de camp et en nous rejoignant Jacky et moi nous devenions majoritaire pour aller voir « Les 7 mercenaires ». Jeff bouda et menaça d’aller voir Fernandel tout seul…. mais on ne séparait pas les mousquetaires et il finit par nous suivre en maugréant….

 Quand le film commença Jeff était toujours en train de bouder, problème d’ego, de leadership, …. Soudain juste après le générique, Steve Mac Queen apparut à l’écran…. et Jeff d’hurler, sans retenue, dans la salle archi-pleine « Putain, mais c’est Josh. Il y a Josh dans le film… » .. et nous, ses potes, d‘éclater de rire. Depuis le temps que Jeff nous vantait les mérites de Josh Randall, héros d’« Au nom de la Loi » la série télé du samedi soir de ces temps là.

 

Je vais maintenant aborder quelques souvenirs politiques, du moins quelques batailles internes perdues. On ne m’a pas écouté et pourtant j’avais raison et c’est bien dommage… (Non je n’ai pas les chevilles qui enflent).

 

J’aime beaucoup Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, d’ailleurs je continue à penser que si l’ego-système qui sévit chez les socialos et foncièrement en eux, n’avait pas été aussi fort, ces deux là, ensemble, main dans la main, auraient pu réformer en profondeur ce parti malade et sans avoir à se rallier à Ségo. Mais même les meilleurs peuvent parfois avoir des œillères et c’est bien regrettable :

Montebourg s’est embourbé avec sa C6R et son discours bloquant concernant le mandat unique. Pour le dernier point je suis philosophiquement d’accord avec lui mais entre la philosophie et la politique il y a la réalité de terrain. Je pense qu’il doit en être d’accord aujourd’hui qu’il est député et président du Conseil Général de Haute Saône.

Pour ce qui concerne la C6R je lui ai exprimé mes divergences. Un régime primo ministériel, comme dans les autres pays européens, est impossible en France depuis que les français ont goûté au poison du suffrage universel pour désigner leur monarque républicain. La seule solution pour un changement de constitution est d’aller maintenant vers un vrai système présidentiel, sans premier ministre mais aussi sans droit de dissolution de l’Assemblée et en imposant que l’élection du parlement se fasse à mi-mandat présidentiel, pour conserver un risque de cohabitation pour la seconde partie du mandat présidentiel, si le bilan n’est pas ce qu’espéraient les citoyens. Et puis il ne faut plus poursuivre cette lubie du grand soir constitutionnel, en rappelant que chacune des cinq républiques est née soit d’une révolution soit d’une guerre.

 Vincent que j’ai connu bien avant Arnaud, je pensais arriver à le convaincre de la bêtise du projet de quinquennat que le PS proposait dans tous ses congrès. Le quinquennat qui fut adopté par Référendum sous le gouvernement Jospin. Ce quinquennat qui, dans le cadre de la Vème République empêche pratiquement tout risque de cohabitation. Ce n’est pas que je sois fan de la cohabitation mais je suis persuadé qu’il est primordial que le risque demeure. L’actuel régime sans ce risque n’est plus qu’une caricature de démocratie quand il est présidé par un populiste fanfaron.

 Il y a des fois où ça fait vraiment « chier » d’avoir raison contre tout le monde, surtout dans le domaine de la politique. C'est comme d’avoir ouvertement craint lors de la campagne des présidentielles de 2002 que les candidatures au 1er tour de Chevènement et Taubira empêchent Jospin d’être au second tour.

 

Un dernier exemple pour finir ; tout récent celui là car il est de cet après midi et concerne mon ami Fanfan (et oui je suis en Corse aujourd’hui, rassemblement de vieux copains du rugby nostalgie). Nous avons regardé la fin du match de coupe d’Europe Leicester-Cardiff. Un match assez exceptionnel qui après prolongation (26-26) dut être réglé par des tentatives de transformation… et mon Fanfan, fin psychologue, a souvent raison, surtout pour ce qui concerne le rugby…. Il y eut 3 échecs lors des 16 tirs (8 pour chaque équipe et 2 échecs contre 1) et Fanfan a annoncé à l'avance les 3 échecs, rien qu’en voyant, soit la démarche trop décontracté de l’un, soit le front soucieux de l’autre … Pour le dernier, Martyn Williams, le capitaine gallois, celui par qui le match bascula il fut plus catégorique « Celui là  c’est un perpétuel tricheur….il faut qu’il la colle à côté… il doit la foutre à côté… il va la mettre à côté …. » et de sauter de joie quand le malheureux rata sa transformation : « C’est bien fait !  Tricheur ! ». Fanfan c’est un sorcier du rugby…. Fantastique. Il fut excellent comme joueur, entraîneur, dirigeant et même pour finir docteur es-maul, témoin sapiteur lors d’un procès.

Ah ! Que c’est beau d’avoir raison…. d’avoir de telles convictions ou des ondes maléfiques … qui à plus de 1000 km de distance peuvent influer sur le résultat d’un match.

 

A suivre

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 21:16

 

 Je poursuis ma récolte de souvenirs du Maroc de la fin de la décennie 70. Des anecdotes qui m'ont permis de connaître d'apprécier et même quelques fois d'être déçu par mes amis, collègues de travail ou de voisinage. Dans quelques temps je ferai le même type de rétrospective avec divers personnages que j'ai cotoyés lors de mes séjours en Afrique noire.

 

 Après avoir évoqué dans le précédent billet mes amis Lakmi, Ajdir, Balir et Karim je dois maintenant parler de Razi et c'est avec lui que j'ai connu des déceptions.
 J'avais du mal à comprendre ce garçon qui était un ingénieur extrêmement talentueux, qui était curieux de tout et très chaleureux en privé mais qui pouvait, dans le cadre du travail, se montrer très dur avec ses collaborateurs et quant à ses rapports avec ses confrères, les autres ingénieurs marocains, provenant pourtant pour la plupart de la même école, ca pouvait être assez épique, surtout avec ceux qui étaient issus d'une famille aisée. Lui était, d'après ce qu'il m'avait dit, le seul enfant d'une grande fratrie de Casablanca, une douzaine de frères et sœurs, à avoir fait des études secondaires et supérieures.

 Nos rapports étaient cordiaux et j'arrivais à canaliser ses excès d'exigences  dans son service en soulignant, qu'à deux ou trois exceptions près, notre équipe était excellente  et très bien encadrée par Karim et Lakmi..... Ce qui était, par ailleurs, paradoxal c'est qu'il était très curieux de la politique française, et qu'il me donnait l'impression de pencher plutôt à gauche..... ce qui ne collait pas trop avec des réactions épidermiques avec le personnel .... Encore que .....il m'est arrivé depuis de constater avec regret .. ...

 Razi était aussi mon plus proche voisin, il avait une jeune femme très gentille et un charmant Bambin. Nous nous recevions de temps à autre en semaine car du vendredi soir au lundi matin il quittait la région pour rejoindre sa famille à Casablanca.

 Un jour, un lundi à son retour, il me surprit en demandant si je n'avais rien vu de suspect chez lui pendant le week-end : il pensait que quelqu'un entrait chez lui pour le voler. Les vols n'étaient, a priori, guère conséquents : des cigarettes, des chocolats... en fait quelqu'un menait la belle vie chez lui pendant le week-end en se servant dans son frigidaire, dans son bar et même dans la salle de bains comme en témoignaient des marques de niveau qu'il avait fait sur des bouteilles...

 Je fus bien embarrassé car depuis près d'un an que nous étions voisins je voyais pratiquement tous les week-ends son chauffeur Ahmed, s'installer chez lui, sans se cacher, Il semblait faire office de gardien, d'homme de confiance, la Land Rover garée ostensiblement devant la maison......d'autant que j'avais cru comprendre qu'il était plus ou moins de la famille de Razi.

 Evidemment je lui racontai ce que je savais, ce que je voyais et ce que je croyais avoir compris du rôle d'Ahmed... Il m'affirma que celui ci avait juste pour consigne de passer en fin de soirée pour arroser les fleurs. Je sentais bien que Razi n'était pas très clair et qu'il cherchait manifestement un prétexte pour licencier Ahmed..... mais sa réaction fut encore plus violente car non seulement le chauffeur fut viré avec perte et fracas, mais en plus Razi alla porter plainte au commissariat.... Pour quelques tablettes de chocolat ou paquets de cigarettes.... Il n'y avait eu ni vol d'argent, ni vol de linge, de meuble ou d'électroménager.

 Le fait de porter plainte entraînait que je devenais témoin ; je fis alors comprendre à Razi que je dirai simplement ce que j'ai vu et que mon témoignage ne serait sûrement pas à charge contre le chauffeur dans la mesure où il lui laissait les clefs pour s'occuper de certaines tâches dans sa maison.

 Razi au bout de quelques jours réalisa que sous le coup de la colère il était peut-être allé un peu  loin et chercha à retirer sa plainte. Impossible, elle était enregistrée et tout cela devait se terminer au tribunal.

 Quelques semaines plus tard nous fûmes convoqués à la salle de justice. Je revois encore le père d'Ahmed, un vieillard du bled, se jeter aux pieds de Razi pour implorer la pitié pour son fils. Nous nous, étions déjà mis d'accord pour éviter de trop noircir la faute d'Ahmed mais je compris que l'attitude du vieil homme avait profondément ému mon collègue qui, réalisait l'énorme bétise qu'il avait faite. Cette journée fut interminable : l'histoire de Razi était ridiculement anodine à coté d'autres affaires autrement plus dramatiques, plus  sordides . Tous les débats étaient en arabe et Razi me fournissait quelques informations peu ragoûtantes..... pour la plupart des inculpés de la journée les peines furent très très lourdes.  

 L'affaire Razi/Ahmed fut traitée parmi les dernières et il y eut d'emblée une confusion car on m'appela à la barre en pensant que c'était moi qui avait porté plainte. Après quelques explications je retournai à ma place et Razi fut appelé. Tout se passait en arabe et si je ne comprenais rien je voyais bien que mon collègue n'était pas très à l'aise. On me rappela ensuite pour témoigner ; je fus questionné par un juge en arabe, un interprète traduisait, je répondais en essayant de minimiser le plus possible, l'interprète traduisait à nouveau en arabe pour des juges qui bien sûr parlaient le français aussi bien que moi. Ahmed fut aussi appelé, il s'est manifestement fait vertement sermonner et se tenait piteusement tête baissée en disant qu'il regrettait d'avoir trahi la confiance de son chef.
 Il n'eut pas de condamnation, sans doute une amende ou une sanction avec sursis, je ne me souviens plus très bien et sans compter la perte de son emploi.. ... mais  je suis ressorti de la salle complètement bouleversé... par le triste spectacle de cette journée... une journée que je n'oublierai jamais...

 Devant la porte le vieil homme était encore là, en pleurs, pour remercier Razi de sa mansuétude. Razi lui aussi était soulagé et j'espérais que cela lui servirait de leçon. Nous avons d'ailleurs renoué des rapports amicaux et il se calma un temps...... Mais chasser le naturel il revient .... et quelques mois plus tard il eut une sérieuse altercation avec un de ses supérieurs hiérarchiques de l'administration marocaine. Comme souvent Razi l'orgueilleux, le conquérant ne savait pas composer. La diplomatie ce n'était pas son truc .... Aussi fut-il muté sur un autre chantier à l'autre bout du pays.....et je ne l'ai jamais plus revu.

 

 D'autres anecdotes : Les marocains sont souvent des gens qui ne laissent pas indifférents.

 Youssef le pieu, Youssef le doux était un technicien d'une grande gentillesse. Il aimait que je consacre un peu de temps à sa formation professionnelle.
 En pleine période de Ramadan, en été par les fortes chaleurs, il était tombé très malade, pris à la poitrine et lui qui n'était pas très gros maigrissait subitement de manière impressionnante. Le médecin lui  imposa d'interrompre son jeun pour se soigner et fût même hospitalisé quelques jours. Rétabli quelques semaines plus tard, et reprenant son travail, en bon musulman il s'est imposé la discipline du jeun en doublant la période. Je dois avouer que, moi l'agnostique, j'ai souvent été  très impressionné par les démonstrations de foi sincères de mes amis.

 

 Je ne voyais pas souvent Choukry qui était en poste à Casablanca mais quand on se voyait c'était un vrai plaisir. Nous avions beaucoup de passions communes dont notamment l'Histoire de France et du Maroc ... Je me souviens que la première fois qu'il était venu à la maison il m'avait emprunté les deux premiers livres de Claude Manceron Les Hommes de la liberté.... Et depuis ce jour c'était devenu un rituel, il m'apportait des livres, il m'en empruntait et je faisais de même quand j'allais à Casa...et nous passions de très bons moments à comparer nos impressions. Une fois, il m'entraîna chez lui un midi.... sauf que c'était le mois de Ramadan .... « Tu ne trouveras rien à manger dans Casa, à la maison ma tante va te préparer un petit quelque chose ». Je fus bien gêné de manger seul pendant que nous discutions.... Mais je fus encore plus gêné de voir sa tante nous surveiller.... Au cas, sans doute, où la tentation serait trop forte pour son neveu... je crois que j'ai rarement été aussi mal à l'aise que d'avoir à  subir ce regard désapprobateur.... Mais mon cher Choukry est resté de marbre et bon pratiquant.... Je me demande même s'il n'était pas dans le fond content de voir sa tante s'inquiéter inutilement ..... 

 

(B-es slâma.)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 21:38

 

 Je ne pourrais pas tenir la promesse faite à mon très bon ami Lakmi en février 2008. Je ne retournerai pas au Maroc cette année.... .Il y eut le Sud Marocain en février 2007, il y eut le circuit Rabat Moulay Idriss, Meknès et Fez en février 2008.... Il n'y aura pas de Maroc en février ou même un autre mois en 2009 .... Le planning des projets, des engagements, des impératifs  est trop chargé.... Mais j'espère du fond du cœur que cela n'est que partie remise.... A l'année prochaine.... Inch Allah.

 Malgré toutes les merveilles visitées le moment le plus fort du séjour 2008 fût sans conteste mes retrouvailles 32 ans plus tard avec Lakmi. J'ai décrit ce grand moment d'émotion dans le billet intitulé « Un site de verdure redux... ».  

  Quelques mois plus tard, début juin, un petit groupe d'anciens de l'entreprise Campenon a organisé, en Languedoc, au prieuré Saint-Michel de Grandmont près de Lodève., les AL Massirades joli nom pour ce rassemblement de ceux qui se sont connus pendant la construction de cet emblématique barrage marocain. J'ai aussi consacré un billet à ce beau week-end ; un billet dont le titre était « Que sont mes amis devenus..... ». C'est sans doute l'histoire de ce Prieuré fondé au XIIème siècle qui m'a conduit à emprunter ce titre au poète Rutebeuf.

 Je fus très heureux de revoir tous ces amis qui purent faire le déplacement mais ça m'a aussi confirmé que mes bons souvenirs de cette époque n'étaient pas uniquement attachés aux européens, Suisses et Français, mais qu'il y en avait beaucoup de liés aux Marocains qui, à une exception près, un copain vivant en France, étaient les absents du week-end languedocien. Il m'a semblé nécessaire de faire travailler ma mémoire et de laisser remonter à la surface quelques souvenirs avec des amis marocains....

Pour ce billet je garde le même titre, mais en arabe « Kaïfa assbaho asdikaï » (J'espère avoir bien transcrit la traduction qui m'a été proposée par le courtois Loutfi)

 

 J'ai tellement de souvenirs en vrac que je ne sais pas trop par lesquels commencer : par l'enfance bien sûr et voici un rapide portrait  de l'incomparable Farid qui, du haut de ses 4 - 5 ans, ne s'en laissait pas compter.
 Les parents de Farid étaient Ajdir et Véronika. Ajdir était Marocain et Véro nika était allemande. Ils s'étaient connus à Berlin lorsque Ajdir y étudiait. Nous étions voisins et comme ils n'avaient pas de voiture nous avions le plaisir, Pilou ou moi, d'emmener et d'aller chercher, avec nos enfants, Farid à l'école. C'était fabuleux de voir ce môme parler à sa mère en allemand, à son père et ses amis en arabe, à ses grands-parents en berbère et à la maîtresse et ses petits copains en français. Parfois il y avait de légers loupés mais ainsi va l'apprentissage des langues.

  Cependant un jour je me suis aperçu qu'il y avait quelque chose qui clochait, quand je le déposais devant chez lui le midi. Pourtant je le raccompagnais jusqu'à la porte de sa maison en lui disant gentiment « Bon appétit Farid... à tout à l'heure...».

 Je voyais bien que ça ne lui plaisait pas.... Il ne disait rien et ne se confiait même pas à sa copine, ma fille Cécile, ni même à son père.... Et puis un jour ce fut plus fort que lui, il se tourna vers moi rageur et me rétorqua « Farid n'est pas petit Farid est un grand garçon qui va à l'école.». Je lui expliquais immédiatement la confusion et nous redevenions amis.

 J'ai aussi un très beau souvenir d'un dimanche où nos amis nous avaient invités chez les parents d'Ajdir à Marrakech.... Et puis les balades dans les souks de la Médina et même d'une journée mémorable de ski et de luge, un hiver à Oukaïmenden.......... Je ne sais ce que sont devenus l'incomparable Farid et ses parents, Farid qui devrait avoir aujourd'hui 34 ou 35 ans, sensiblement l'âge de son père à l'époque.

 

 Autres souvenirs : L'éloquent Balir me semblait être une parfaite synthèse entre modernité et tradition. Il aimait beaucoup la région du moyen Atlas dont il était originaire et plus particulièrement  Béni-Mellal dont son père devait être un notable. C'était un remarquable joueur d'échecs et s'il acceptait de jouer parfois avec moi, il préférait se confronter avec mon fils Eric qui à 8/9 ans était déjà un excellent joueur.  Il affectionnait aussi le débat d'idées. Il estimait notamment qu'il était tout à fait possible de tendre vers une démocratie avancée dans un cadre monarchique. Je ne contestais nullement cette possibilité fréquente en Europe et qui semblait être ce qui se dessinait, ces années là, en Espagne après la mort de Franco.

 Il aimait, aussi, parler religion et n'avait de cesse de me convaincre, me démontrer  que les chrétiens, juifs et musulmans adoraient tous à leur manière le même Dieu et que les trois religions avaient le même tronc commun, et que Jésus et la Vierge étaient vénérés par les musulmans. Moi qui suis et qui étais déjà parfaitement agnostique et qui n'adore que la paix et le respect des autres, je l'écoutais et discutais avec lui avec plaisir. Je le revois encore me faire des comparaisons, paragraphe par paragraphe, des livres saints pour des épisodes comme le Déluge ou l'Exode

 Le sérieux de ces discutions n'empêchait pas Balir d'être jeune et mûr, moderne et sincère, respectueux mais ironique avec parfois de l'impertinence et d'énormes contradictions dans  ses goûts et son comportement.....d'ailleurs s'il parlait beaucoup, il ne refusait jamais de trinquer à l'amitié ........

 Il nous parlait aussi beaucoup de sa famille, de sa région .... «  Un prochain  week-end il faudrait que vous veniez à Béni-Mellal  je serais tellement heureux de vous présenter à ma famille et elle  serait très contente de vous recevoir... »

 Il nous fit plusieurs fois cette proposition sans vraiment formaliser une invitation. Un soir qu'il soupait à la maison, Pilou et moi, nous lui avions répondu que nous étions intéressés par cette suggestion.... et une gêne s'est installée..... Quelques jours plus tard il s'en expliqua tout en formulant une invitation en bonne et due forme....:

 « Mes chers amis j'espère que je ne vais pas trop vous décevoir, mais vous n'allez pas me reconnaître au sein de ma famille : je parle très peu et seulement quand mon père m'y autorise. Vous ne me verrez même pas fumer devant mon père. J'ai très peur de beaucoup vous décevoir. »

 Nous l'avons rassuré en lui disant que nous trouvions natuel et très bien ce respect des parents. Il fut libéré par notre réponse et s'en suivit quelques jours plus tard une excellente journée chez des gens très aimables, très sympathiques, très attentionnés. Tout c'est passé à merveille et je me rappelle encore cette épaule d'agneau cuite à la vapeur que nous avait préparée la maman de Balir.... Il est vrai que ce jour-la j'ai connu une autre facette de mon ami.... Il ne fut guère bavard mais dès le lendemain.....l'éloquent Balir renaissait.

    J'ai travaillé près de deux ans avec lui et jamais ce fidèle équipier ne m'a déçu... notamment ses rapports avec les ouvriers du chantiers étaient irréprochables.
J'ai encore dans la tête son rire moqueur.... Comment avons pu nous quitter en  juillet 1979 sans échanger des adresses, les avons-nous égarés ?... Je ne sais plus ....  Balir est un de ces bons amis dont j'ai parlé l'an dernier avec Lakmi, mais lui aussi n'avait plus jamais eu de nouvelle..... Il est vrai que c'est un grand pays très peuplé le Maroc.

 

 Karim était le prédécesseur de Balir. Marié, sa femme ayant une bonne situation et père de 3 enfants il ne pouvait pas rester trop longtemps sur un grand chantier. Il a quand même participé à la construction de l'ouvrage pendant un peu plus d'une année et puis il a demandé à être remplacé. Par certains côtés Balir et lui se ressemblaient ? Tous les deux étaient très généreux et rayonnaient de la même joie de vivre. Karim intellectualisait moins et je ne me souviens pas d'avoir passer du temps avec lui à débattre de quoique ce soit... nous discutions... mais il n'y avait nullement besoin de convaincre ou d'instruire.

 Karim son truc c'était le football et plus particulièrement les « Verts » dont il était supporter. Pas de chance et un peu comme ce fut le cas ensuite avec Balir pour la religion,  je n'étais sans doute pas l'interlocuteur idéal : je pouvais parler rugby pendant des heures mais pas trop football... Karim savait tout des Rocheteau, Larqué, Révelli, Santini, Janvion....il me racontait la finale de coupe d'Europe de 1976, phase par phase minute par minute. Son idole était Sarramagna ... j'essayais d'être bon patriote et de soutenir un club français au moins autant qu'un marocain..... mais j'avais une excuse à présenter car en 76 j'étais au Zaïre depuis 3 ans et je n'avais pas la télévision.

 Sa femme Jamila et ses enfants venaient, pendant les vacances scolaires, le rejoindre pendant quelques jours.... Et naturellement notre porte leur était grande ouverte.

Avant de quitter définitivement le chantier il nous a invités à une grande fête chez lui à Casablanca. Cette fête avait un rapport avec ses enfants. Je ne me souviens plus trop si c'était une fête « institutionnelle » comme l'Achoura ou un anniversaire. Ce jour là, Karim et son épouse Jamila m'ont subjugué, époustouflé. D'abord leur appartement dans un bel immeuble situé dans une rue adjacente au boulevard Mohamed V, était grand, joliment meublé et décoré.

 Jamila non seulement était très élégante mais en plus, tout au long de cette journée, elle a du changer 5 ou 6 fois de tenue avec des ensembles de plus en plus somptueux. Une tradition nous a-t-on dit.

 Il y avait du monde, de la famille certainement, mais je m'aperçus aussi que Karim ne connaissait pas très bien tout le monde : il y avait tous les voisins, ceux connus de longue date et d'autres bien moins connus. Mais ça aussi c'était une tradition au Maroc, quitte à faire la fête et à faire du bruit il fallait que tout le monde en profite : sympa ! Il y avait aussi leur famille, notamment les sœurs de Jamila, qui l'aidaient à se changer régulièrement, puis des collègues de travail (dont nous et un autre couple lui aussi français). Il y avait un groupe musical traditionnel, des danseuses et..... des serveurs qui nous présentaient les plateaux de fruits, sucreries, dattes, gâteaux par centaines, qui passaient sans jamais repasser... des boissons type Coca-cola, des jus de fruits, du thé, du café....

 
 Une magnifique réception, au faste quelque peu inattendue pour une après midi dédiée aux enfants mais pourquoi pas. Le généreux Karim et la resplendissante Jamila savaient recevoir..... et les nombreux enfants, les leurs, les nôtres et tous les autres présents ont passé une journée de rêve, une journée digne des contes  des milles et une merveilles .... pour les parents aussi.

     

 











(
A suivre)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 15:53


 Ma mémoire est nue ; les souvenirs de ce mois au fil des ans se sont-ils envolés ?.... à moins que ce ne soit la triste réalité d'un mois où généralement il ne se passe pas grand chose..... dans l'attente de la dernière semaine. Ce douzième et dernier billet du cycle « souvenirs en vrac... » sera donc assez succinct et j'ai beau me creuser la tête depuis quelques jours je n'ai pas grand-chose de bloguant à raconter.

 Un souvenir d'enfance pour commencer : Le réveil un matin de Noël et je devais avoir 7 ans car c'était dans le pavillon de Noisy le Grand .... Devant mes yeux une tente d'indien dressée dans la salle à manger et devant, assis sur un tapis, un sachem avec la coiffe emplumée et le visage peinturluré « Tu as le salut de Taureau assis, jeune visage pâle » me dit mon indien de père....

Trois ans plus tard décembre vit la naissance de ma sœur Annie qui du coup me volait la vedette... naître la veille de la saint Daniel..... Quelle idée !

 
 Pendant nos périodes zaïroises et marocaines décembre fut surtout consacré à préparer les fêtes des enfants dans le cadre scolaire et les soirées festives d'entreprises : sainte Barbe (au Zaïre avec une entreprise italienne), Noël et St Sylvestre. Certes nous ne manquions pas d'amis mais quand même un peu de famille (C'était un temps où il fallait faire plusieurs centaines de kilomètres pour trouver un téléphone permettant de joindre la France.... et encore, quand c'était possible comme au Maroc.... car au Zaïre il fallait au préalable prendre l'avion pour rejoindre Kinshasa).

 

 Au Cameroun, dix ans après le Zaïre, nous n'avions plus ce problème, et nous pouvions, au moins, être facilement reliés, par un coup de fil à nos familles en France.

 Notre premier Noël à Yaoundé fut une belle histoire. Arrivés en octobre nous nous étions liés avec des voisins, Annie et Clément dont les enfants Morgan fils de Clément et Magali fille d'Annie étaient les partenaires de jeux et de transports scolaires d'Eric et Cécile. Annie était enceinte et devait accoucher fin décembre. Nous avions improvisé un réveillon de Noël incertain.... qui eut bien lieu et qui se termina par l'entrée d'Annie à la clinique Fouda au petit matin de Noël : Soizic est née le 25 décembre 1983. Annie et son bébé sont sortis de la clinique le matin de la Saint Sylvestre et nous avons pu faire ensemble notre second réveillon.

 L'année suivante Annie et Clément et la famille avaient du s'installer à Douala. Pour la période des fêtes ils sont venus nous rejoindre à Yaoundé et nous avons effectué les réveillons cher un autre couple ami, également voisin du quartier Essos, Maryse et Daniel qui avaient eu aussi une naissance en cours d'année 84, le petit David. Pour Noël il y avait aussi Jean et Christine et pour le jour de l'an Jean Pierre et Claudine.... Tous ces amis que nous revoyons régulièrement... à l'exception d'Annie et Clément qui se sont séparés à la sauvage en 1996.... et que nous n'avons plus revu depuis ; Soizic a eu 25 ans cette semaine.

 

 Décembre 1986 : J'étais à Niort depuis septembre Pilou et les enfants étaient à Nîmes jusqu'à la fin de l'année scolaire. Je faisais des allers-retours hebdomadaires et le reste de la semaine je bossais, je bossais.... Je ne savais pas grand-chose de cette ville de Niort, qui, du reste, ne m'attirait pas plus que ça... surtout si je la comparais à La Rochelle...

 Niort porte du Marais Poitevin avait tout pour plaire sauf qu'en arrivant dans cette ville il y a un passage obligé par le centre ville qui n'est qu'un immonde parking, une verrue qui endommage, abîme cette ville et dont le nom est sans équivoque : La Brèche. 22 ans après il n'y a toujours rien de changé ... ça va venir... ...

 Enfin bref, en décembre 1986, notre installation niortaise n'était, alors, pas du tout, à l'ordre du jour..... J'étais concentré sur les études de béton pour le chantier qui allait commencer en février 1987, le Pont de l'île de Ré. Je travaillais d'arrache pied avec Thomas Cohen un jeune Ingénieur de l'entreprise B .... Nous testions avec curiosité, enthousiasme, jubilation toutes les poudres de perlin pinpin, susceptibles d'apporter vigueur et pérennité au béton sans nuire à ses autres caractéristiques. Cela nous conduisait, souvent, à faire des tests de résistances à des heures très inconfortables. Ce 4 décembre c'était la barbe car il fallait tester des éprouvettes entre minuit et 3 heures du mat. Que faire en attentant ? Un petit tour en ville et c'est là qu'on sut qu'il y avait ce soir là un récital de Léo Ferré.

« J'ai loupé Brel et Brassens, je veux voir Léo avant que ce ne soit trop tard »  ai-je dit à Thomas « et puis ça nous occupera jusqu'à minuit... s'il reste encore de la place ». On s'est pointé au CAC plus d'une heure avant le spectacle et il y avait longue queue au guichet : 100 francs la place ...... Juste au moment où j'allais prendre mon billet un responsable du lieu intervint: « Il n'y a plus de place.... Pour ceux qui le désirent on peut prendre une cinquantaine de personnes sur les marches à 50 francs...» et je me procurai, illico, un billet à tarif réduit... A peine avais-je récupéré le précieux sésame qu'un autre quidam, plus gradé sans doute, intervint s'écriant « Contre-ordre il reste encore quelques fauteuils libres » et Thomas furieux du alors s'acquitter d'un billet de 100 F. « C'est pas possible ça : avec le nom de famille que je porte fièrement ; c'est moi qui paie le plus cher » ....  Je ne garde pas un souvenir exceptionnel de ce récital, Léo seul au piano avec une bande son en guise d'orchestre, j'étais très loin du récital de Serge Régiani à Bobino en 1968.... Mais je me souviens encore, comme si c'était hier, de l'extravagante mauvaise humeur de Thomas.... Surtout que nous avons ensuite passé une bonne partie de la nuit au laboratoire.... Et plus il râlait et plus j'en riais... et plus lui était de mauvaise humeur.

 

 Le jour de Noël 1988 un tour en voiture, avec Michel, dans Paris complètement vide entre 9 H et 11H : Magnifique.... Que cette ville est belle surtout quand il n'y a pas grand monde dans les rues et surtout pas de voiture... c'est un peu comme de voir un bon film dans la grande salle d'un complexe Méga à la séance de 11 H, seul ou presque face au grand écran... ça aussi c'est un super pied. 

 

 Décembre 1989 : Nous avions organisé à Niort un colloque professionnel « sécheresse » avec les experts d'assurance. J'ai eu le plaisir de retrouver mon ancien directeur au Maroc, Mario T. Un grand ingénieur mais aussi un grand bonhomme qui dans une situation très complexe et surtout très délicate, pour l'un de ses collaborateurs, a fait preuve d'un courage et d'une ténacité exemplaire pour sortir le collègue des griffes d'une police peu réputée pour sa tendresse : respect Monsieur T..... et puisqu'il est question de liberté comment ne pas évoquer la chute du communisme et la brèche du mur de Berlin.

 

 Décembre 1993 : Encore une histoire de garde à vue et de liberté mais j'ai déjà consacré un billet à ce rayon de soleil kurde en Gâtine.

 

 Début décembre 1994 : Mon premier Conseil National du PS après le congrès de Liévin. Ségolène fut une très éphémère présidente du Conseil.

 

 Noël 1995 : Nous faisions Noël chez Paqui à Ozoir. L'oncle Rafaël était là à 84 ans ayant fait le voyage aller de Toulouse en avion.... mais il était hors de question pour lui de faire le retour dans les mêmes conditions. Il voulait faire le voyage en train ce qui, compte tenu sont état de santé, nous semblait impossible. Quelques jours plus tard il est rentré avec nous par Niort et puis le lendemain je le ramenais à Toulouse.... Un aller retour le 31 décembre juste avant le réveillon.

 Rafaël est mort le 18 décembre 2002 à 92 ans, 8 ans après Marguerite son épouse, 21 ans après son cher frère Luis et 13 ans après sa belle sœur Encarnation décédée le 4 décembre 1989. Les anti-franquistes, héros de No pasaran sont pratiquement tous partis à la même période de l'année.

 

 Décembre 2003 : Ah ! Enfin une année où j'ai un peu de concret politique à raconter. Le 5/12 avec mes camarades du comité d'entreprise nous passions en jugement à la cour d'appel de Versailles.... Et nous avons gagné face à notre direction. A la même heure à Nanterre un ancien 1er ministre était condamné... à passer de longues vacances au Canada. Une justice en faveur des prolos c'est beau.... J'ai déjà évoqué cette histoire dans le billet au Théâtre d'instance.

 Le lendemain matin une réunion NPS à la Sorbonne, Pilou m'accompagnait .... Et là je me suis ramassé une engueulade par Vincent parce que je n'étais pas retenu sur la liste des régionales pour le Poitou-Charentes.... et surtout que je ne lui avais pas téléphoner pour qu'il intervienne auprès de Ségolène. .... Finalement il était furieux car il avait compris que dans le fond je n'y tenais pas beaucoup à cette place, à cette corvée.

 Une semaine plus tard le 13/12 il y avait une convention PS à la Défense.... Je me rappelle surtout d'un trajet Solférino-Défense dans la voiture de Vincent Peillon avec aussi Gérard Filoche : une riche conversation de 30 minutes sur les rapports sociaux dans l'entreprise... je rêvais d'un PS unitaire... en discutant avec mes deux amis.

 

 Décembre 2005 : une belle soirée restaurant avec mon copain de jeunesse Dudule et Valérie : il faudrait se voir plus souvent.
 Un autre bon ami Jacques, camarade des campagnes politiques de Geneviève, est parti brutalement victime d'un anévrisme  le jour de Noël, quelques semaines avant ses 60 ans et son départ en retraite. Quelle connerie la mort. Les obsèques eurent lieu le 31 décembre, alors que depuis le début des années 90 Jacques était un animateur de base de la plupart de nos réveillons.

 

 15 Décembre 2007. 13 ans après le premier, mon dernier Conseil National du PS. Se reporter au billet de l'an dernier Goulash à la carte.

 

A suivre

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 21:17

 

 Je me suis longtemps demandé pourquoi Georges Brassens n'avait pas plutôt fait référence à Septembre dans sa chanson « L'orage. »

« ...il me tomba d'un ciel d'orage par un soir de novembre, à cheval sur les toits

un vrai tonnerre de Brest avec des cris de putois allumait ses feux d'artifices... »

 
 Tout le monde sait que les orages de fin août et septembre sont en France nettement plus beaux et spectaculaires que ceux de novembre : pour équilibrer le nombre de pieds collant à la mélodie ça n'aurait rien changé... alors pourquoi? Une simple étourderie ? Une histoire rare mais vraie ? L'artiste avait-il une âme de globe-trotter ?

 Que ce soit au Bas-Congo ou au sud Cameroun, octobre et surtout novembre, sont les mois de fin de la grande saison des pluies et il y a alors de magnifiques orages. La nuit quand le ciel est zébré d'une multitude d'éclairs, dont certains ne tombent pas très loin, c'est un spectacle extraordinaire à rendre banal le plus coûteux des feux d'artifice de 14 juillet ou celui d'une cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques... nom de Zeus.

 

 
 
 Parmi mes souvenirs les plus anciens il y en a un très fort c'est le mariage de mon oncle Didi et de ma tante Josiane. C'était, le 17 novembre 1951 : j'avais donc cinq ans.

 Je suis content de conserver intact dans ma mémoire des bribes de cet évènement car la camarde n'a guère été magnanime avec notre famille : de cette journée il n'y a plus aujourd'hui dans notre famille que mon cher Didi, bientôt 83 ans, mon frère Serge et moi à répondre encore présent.

Ce mariage fut somptueux, toutes les femmes étaient en robe longue, les hommes sur leur 31.... La guerre était finie depuis 5 ans... un besoin de vivre en affichant une certaine opulence.

 

 


 Je suis heureux d'avoir retrouvé ces anciennes photos où je revois mon arrière grand-mère Marie Mathilde Jeanne qui approchait les 90 ans et son inséparable gouvernante Emilienne et sa fille aînée Madeleine,





 mes grands-parents Marcel et Geneviève,

mes parents jeunes d'autant que Roger mon père n'a guère eu le temps de vieillir.

 

 

 

 

 

 

 Le temps passe trop vite pour ceux qui n'ont jamais besoin de chercher quelque chose à faire pour passer le temps.....

 J'ai en mémoire les premiers bétonnages du barrage d'Inga 2 au Zaïre : ce fut le jeudi 12 novembre 1973 et il était près de 22 H et sous une pluie d'orage africain délavant ces bétons dits de propreté .....Le directeur des travaux, un italien superstitieux, avait poussés les équipes à finir le curage des fonds de fouille et de poser les coffrages pour que ces premiers bétons soient coulés avant minuit.... impérativement avant le vendredi 13... et il est clair que si les ouvriers n'y étaient pas arrivés ces premiers coulages auraient été reportés de plus de 24 heures..... au samedi 14.

 
 En novembre 1976 l'histoire recommençait avec encore des pluies diluviennes alors qu' on voulait réaliser les planches d'essais du barrage de Sidi Chéo dans la province d'El Borouj au Maroc. Selon les habitants d'un douar proche il n'avait pas plu comme ça depuis 20 ans..... Un saint homme inhumé sur le site ne devait pas voir tout ce ramdam d'un bon œil.... mais l'ouvrage fut rapidement rebaptisé Al Massira et il n'y eut plus alors le moindre problème.... D'autant que le déluge eut aussi la bonne idée de s'arrêter.


 Novembre 1985 à Yaoundé : L'ADFE recevait Guy Penne le conseiller de François Mitterrand pour les affaires africaines, de passage au Cameroun. Curieux personnage, fort agréable qui nous susurrait, à nous militants de base, quelques vraies fausses (ou le contraire) confidences dont on se demandait si c'était du lard ou du cochon. Cet homme, ancien dentiste de Mitterrand, reconvertit dans la diplomatie secrète illustrait en l'inversant la maxime de Raymond Devos : « Comment reconnaît-on un doute ? A son ombre » avec lui c'était plutôt : « Comment reconnaît-on un homme de l'ombre ? A nos doutes ».... Et pourtant il y a quelqu'un contre lequel il avait probablement une dent c'était l'ancien ministre Nucci. Lors d'une autre venue, au printemps 1986, il nous avait laissé entendre qu'il allait y avoir de sérieux problèmes dans une affaire qui se nommait le Carrefour du Développement et dont les journaux allaient bientôt parler.... Quand j'y pense avec le recul c'était un sacré un scoop.... on peut d'ailleurs lire ce qu'en pense, de façon plus feutrée, Guy Penne dans « Mémoires Africaines » qu'il a écrit en 1999.

 
 Toujours en novembre 1985 nous avons fait connaissance avec l'hôpital de Yaoundé. Pierre notre gentil boy était arrivé, affolé, très tôt le matin, en nous disant que son bébé avait été hospitalisé avec une forte fièvre. En Afrique il n'y avait guère de sécurité sociale et les médicaments, que les hôpitaux ne fournissaient pas, étaient hors de prix pour la population ; même pour les boys qui sont parmi les travailleurs les plus aisés. Nous nous sommes mis immédiatement en quête d'une pharmacie avec l'ordonnance pour ramener le plus tôt possible ces médicaments aux médecins. L'enfant guérit et quelques jours plus tard il rentrait chez lui.... Mais je n'oublierai jamais la réalité sordide de cet hôpital et l'angoisse de Pierre et les larmes de sa jeune femme.

 
 De retour en France, novembre fut le mois des rituels, rituels professionnels, rituels politiques mais avant de finir ce billet avec ces ritournelles je veux rappeler un évènement important :

 Pour la Toussaint maman se rendait chaque année, depuis 1962, sur la tombe de mon père à Tarascon, un voyage coûteux et fatigant d'autant que les derniers amis qu'elle connaissait avaient pris leur retraite et avaient quitté cette ville. En 1990 nous avons décidé, en conseil de famille de rapatrier le cercueil de papa à Villiers sur Marne. Ce fut un choc pour notre famille de voir descendre de la voiture funéraire un petit cercueil de 50 cm de long. Maman, que Simone sa sœur, Didi, Josiane, Pilou et moi entourions, a bien failli s'évanouir. Un très dur moment..... qui était cependant nécessaire pour que maman commence à tourner la page et envisage pouvoir faire d'autres voyages que le traditionnel pèlerinage de Tarascon. Raymonde a rejoint Roger il y a quelques semaines.

 

 Il est maintenant temps de passer aux rituels de novembre :

 
 Novembre fut durant ces 20 dernières années le mois de  la préparation du budget d'entreprise de l'année suivante.... Du simple foutage de gueule, inutile dans le secteur privé. Des figures imposées pour pouvoir tenir en laisse les différents services et museler les salariés. Je me souviens notamment une présentation de budget au siège social en 2002 à une époque ou nous avions deux directeurs généraux (on ne prête qu'aux riches). Il y avait une telle mésentente entre les deux clowns qu'ils ont été à deux doigts de se foutre sur la gueule devant l'assemblée des responsables d'agence. Un grand moment ! Et on voudrait que les salariés aient le moral... ces deux clowns ne sont, bien évidemment, plus là .... Et on eut depuis le loisir d'en découvrir 3 ou 4 autres, mais jamais en duo... dont certains n'étaient d'ailleurs pas mauvais, il faut bien le reconnaître..... à suivre.

 

 Le Beaujolais nouveau le 3ème jeudi du mois : un prétexte pour faire des réunions techniques. Heureusement qu'il y a souvent forces victuailles accompagnant le pinard qui est encore une tradition commerciale foutage de gueule.... Il y a pourtant tant de bons vins dans notre France.

 

 Et puis le passage obligé par la politique, mais vite fait car j'en ai déjà trop parlé : Les congrès du PS, le débat pour le référendum sur le traité européen, et la désignation de notre candidat pour les présidentielles de 2007.

 
 Je vais d'abord évoqué un excellent souvenir : La démission de B. Bellec de la présidence de la Communauté d'Agglomération Niortaise en novembre 2002, persuadé que le conseil de la CAN ne pouvait que le réinvestir avec les pleins pouvoir huit jours plus tard..... et bien 8 jours plus tard les conseillers ont élu président notre excellent ami Alain Mathieu, Maire d'Aiffres. Champagne !

 

 En novembre 2004 il y eut le débat pour le référendum sur le projet de constitution européenne. J'avais bossé le texte et l'étais résolument contre. J'ai fait le tour des 20 sections du département pour inviter les socialistes à voter Non.

 J'ai parfois dérapé, notamment quand un camarade maire dans le nord, du département avouait être intellectuellement hostile au texte mais déclarait qu'il voterait Oui pour éviter que le PS n'éclate : je l'ai traité de munichois et comme ses amis le soutenaient, je les ai traités de pétainistes. Mea culpa ; je n'ai pas toujours été très fin camarades ! 

 Pour le débat fédéral j'ai usé de quelques relations pour faire venir Manuel Valls partisan du Non, alors que les Ouiistes et Ségo faisaient venir Julien Dray. Ils se sont « étripés » pendant 2 heures devant nous, chaque camps applaudissant son champion : 8 jours plus tard Valls changeait de camps pour éviter lui aussi l'éclatement du PS : j'avais tout faux... sauf pour ce qui concerne mon jugement du texte... Ah ! Non.

 

 En novembre 2006 lors de la désignation de notre candidat pour les présidentielles je fus vraiment emmerdé... pour moi il était hors de question de choisir Strauss Kahn qui me paraissait sur le plan économique, et à l'instar de son pote Tony Blair, être encore plus libéral que Sarkozy. J'avais promis à Vincent de choisir Ségo malgré mes réticences.... et je n'avais pas confiance dans le gauchissement de Fabius.... Je sentais qu'il était temps pour moi de prendre quelques distances avec le parti.... et c'est justement ce que j'ai commencé à faire en déposant un bulletin qui sentait le....... Fa-go.

 J'ai fait sensiblement de même cette année lors du congrès de Reims en choisissant d'abord la motion de Martine Aubry puis en votant ensuite pour Ségolène Royal comme secrétaire nationale.

 Les sondeurs vont avoir du boulot avec des gens comme moi.... Je reprends d'ailleurs une tradition matriarcale puisque ma mère pour les élections présidentielles a toujours voté au 1er tour pour Arlette Laguiller qui ressemblait à une bonne copine de travail et pour le second tour au candidat de droite, par respect à la mémoire de mon père.

 

 Je n'ai pas évoqué dans ces souvenirs en vrac de novembre certains sujets déjà traités sur ce blog.

 Un souvenir triste comme la disparition de Luis en novembre 1981 ou un autre heureux comme la présence de presque tous mes amis pour mon jubilé le 26 novembre 2006..... à l'heure où Ségolène Royal était officiellement investie par le PS.

 

A suivre.

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /2008 22:33

 Octobre restera peut-être..... si j'ai emprunté ce dernier vers d'« Octobre » une chanson de Francis Cabrel c'est que je me suis longtemps demandé quels événements, resteraient comme les marqueurs de cette période de l'année... Maintenant je sais ...... 
 
 Octobre fut souvent le mois des départs et ce dans tous les sens du mot à savoir un commencement lorsque l'on prend un nouveau départ, soit une fin pour les départs définitifs, les pertes, les disparitions de gens que j'aimais et qui m'enrichissaient..... comme Brel et Brassens .
 Brel mort le 9 octobre 1978 et je me souviens que c'est une amie, Liliane, qui m'annonça la nouvelle à Al Massira.
 Brassens décédé le 30 octobre 1981, information que j'appris en voiture par un flash radio alors que nous étions sur route entre Nîmes et Paris pour nous rendre au chevet de Luis le père de Pilou qui était hospitalisé suite à un infarctus la nuit précédente.

 Je n'ai pas de souvenir particulier d'enfance ou de jeunesse que je pourrais raccrocher à octobre, le mois de la routine en quelque sorte.

 Quelques repères rappelés rapidement car j'ai déjà écrit des billets sur ces épisodes.

 Ma vie africaine a commencé fin octobre 1973. Je débarquais en famille à Kinshasa avant d'aller rejoindre le site d'Inga.
 Je me souviens aussi être arrivé au Maroc en 1976 courant octobre. Quelques semaines plus tard le 5 novembre je me trouvais à Al Massira où j'allais vivre et travailler pendant 3 ans. J'ai un repère pour ce nouveau départ c'est l'élection de Jimmy Carter aux USA.
 En octobre 1983 nous nous installions pour 3 ans à Yaoundé.
 Par la suite octobre fut encore l'occasion de missions de courte durée : comme La Réunion en 2005 et 2006. Finalement rien de très inédit pour ce blog.

 Cameroun en Octobre 1985 : Le rôle de parents d'élèves  tenait une grande place dans notre vie d'expatriés à Yaoundé. Nous avions la chance d'avoir une excellente structure pédagogique française,  le groupe scolaire Fustel de Coulanges qui ne présentait qu'un seul gros inconvénient : le coût des frais de scolarité. Il apparaissait que les montants exorbitants conduisaient certaines familles et notamment les familles binationales à ne plus y inscrire leurs enfants. Avec un groupe d'amis, nous nous sommes penchés sur les comptes et nous avons vu assez rapidement que les équipes de parents d'élèves élues les années précédentes étaient pour le moins négligentes pour ne pas dire incompétentes, avec la conviction que l'on pouvait faire nettement  mieux en y consacrant un peu de temps. Forts d'une mise en jambes lors des premières élections de conseil d'établissement et d'école de mars 1985, nous sommes, cette fois, partis, à la bataille pour obtenir des représentants au conseil de gestion.... Nous n'avions qu'un seul inconvénient, c'est que nous étions maintenant connus comme étant des gens de gauche... et ce fut donc une véritable bataille politique qui s'est engagée pour la direction de l'APE de Fustel. Dans un milieu d'expatriés nettement droitier cet éclairage exploité par nos adversaires, paraissait être un gros handicap, mais nos arguments, notre programme et le besoin de renouvellement étaient tels que nous avons remporté une large victoire qui s'est traduite, dès la première année, par une remise en ordre complète des finances des établissements scolaires, primaire et secondaire, où étaient scolarisés plus d'un millier d'enfants, ce qui s'est traduit dès la première année par une baisse significative des frais de scolarité. 
 
 En octobre 1989 nous avons vendu la maison que nous avions dans le Gard à Bezouce près de Nîmes. Installés à Niort depuis 1987 nous voulions nous enraciner en faisant construire ; nous ne pouvions donc plus garder la maison du Gard pour laquelle, l'année précédente en octobre 1988 nous avions eu de grandes inquiétudes lors des énormes précipitations qui s'étaient abattues sur la région et les terribles inondations qui s'en étaient suivies.

 Pour présenter un peu d'inédit dans cet article il me faut revenir à la politique comme par exemple le congrès PS du Bourget en octobre 1993, quelques mois après la grosse déculottée prise lors des élections législatives. J'étais délégué départemental et je me rappelle d'un sympathique week-end studieux avec mes camarades deux-sévriens dont Ségolène. Je revois un vieux militant, intimidé, s'approcher d'elle, lui remettre une rose et lui déclamer son admiration..... Une icône naissait.

 Depuis le congrès de Liévin de décembre 1994  j'étais membre de la Commission Nationale des conflits du PS. Je fus membre de cette instance respectable pendant 9 ans dont 6 ans comme titulaire, et 3 ans comme suppléant. Je fus donc pendant cette période l'un des 33 "juges" chargés de punir les militants récalcitrants ou révoltés qui faisaient du tort au parti. J'en garde un souvenir mitigé : beaucoup d'histoires de type Clochemerle et quelques cas plus touchants. Ainsi l'un des dossiers que j'eus à instruire en octobre 1995 concernait la division des socialistes lors des précédentes municipales dans une ville de la banlieue de Toulouse. Je connaissais bien cette ville puisque mes amis Jipé et Claudine y habitent et que j'y passe régulièrement au moins 3 ou 4 fois par an. De plus l'un des militants mis en cause était leur voisin. Je savais que ces vieux et authentiques militants avaient été ulcérés par l'investiture donnée à quelqu'un qu'ils connaissaient bien et qui venait de s'inscrire au PS avec l'appui de quelques éléphants régionaux pour devenir maire de cette ville. Ces militants en colère avaient alors monté une liste concurrente et avaient été, automatiquement, exclus du PS. Ils faisaient donc appel de cette décision certains de leur bonne foi. Leur cas était indéfendable et ça me faisait mal au coeur car sur le fond je les comprenais mais ils s'étaient mis, statutairement, dans leur tort et l'exclusion ne pouvait qu'être confirmée. Depuis cet épisode et les deux ans d'exclusion purgée ils ont pu être réintégrés alors que l'objet de leur ressentiment a poursuivi ses turpitudes et ses magouilles et fut rejeté par le PS. Il n'est plus maintenant maire de cette ville qui est pourtant restée à gauche tandis que lui, grâce à ses relations multi cartes s'est facilement recasé à droite.... Les vieux briscards socialos avaient donc raison mais..... les statuts sont les statuts.

 Octobre 1997. Geneviève avait été élue députée en juin et nous étions réunis chez elle pour mettre en place une association s'élargissant, au-delà du cadre PS, aux sympathisants. Tout ce passait très bien et sans problème ....jusqu'a ce que l'on bute sur le nom de l'association. J'ai proposé « Les citoyens d'abord » ;  je trouvais que ça sonnait bien, que ça rendait hommage à Brassens et que par conséquent ça se mémorisait bien.... C'était sans compter sur certaines camarades d'obédience ultra féministe (et oui ça existe) qui voulait que l'appellation soit paritaire et devienne « les citoyennes et les citoyens d'abord » ce qui foutait en l'air l'analogie souhaitée. Je refusais obstinément. Alors que nous nous étions mis d'accord sur les statuts de l'association en moins d'une heure nous allions débattre pendant des heures sur le sexe des anges et des citoyens. J'eus finalement gain de cause grâce au soutien décisif de Geneviève mais en concédant diplomatiquement l'abandon de l'article.... L'association se dénommant finalement « Citoyens d'abord »... (Il faut d'ailleurs que je me décide à faire un article sur ses onze ans de fonctionnement et même de très bon fonctionnement et c'est bien ça l'essentiel.)

 Samedi 26 octobre 2002 : un grand espoir naissait à la Sorbonne amphithéâtre Richelieu. Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Julien Dray, Christian Paul et Benoît Hamon rassemblaient près d'un millier de militants pour leur proposer de s'unir dans le courant NPS « Pour un nouveau Parti Socialiste ». Dray et ses amis en sont partis assez vite.... mais ça me convenait plutôt.... Je retrouvais tous les amis proches de Vincent, je connaissais un peu Arnaud qui était venu nous voir à Niort dans le cadre de « Citoyens d'abord » et j'avais déjà entendu parler de manière très élogieuse de Benoît. Ce jour-là je croyais en un nouveau départ du PS, j'avais la foi en cette jeune génération tellement talentueuse. J'ai partagé cette aventure pendant 4 ans.... Et puis les états d'âme les ego ont pris le dessus.... Et aujourd'hui tout se reconstruit à nouveau avec de nouvelles alliances mais sans moi..... Même si je garde un œil intéressé sur ce que deviennent et font ceux qui restent mes amis.

 15 octobre 2006 naissance de notre 3ème petit fils Dorian.... celui qui me fait le plus la fête quand j'arrive.
 Octobre 2007 de retour d'une petite semaine à Madère nous étions au mariage de Virginie une nièce de Pilou. Tous les cousins et cousines, la génération de nos enfants, étaient rassemblés tous ensemble pour la première fois depuis 1994.... Et manifestement ils en étaient très heureux.... Un bien beau mariage.
 Quelques jours plus tard nous étions invités chez mes cousines Mauricette et Jacqueline qui avaient aussi invité Evelyne une autre cousine que je n'avais pas vu depuis..... plus de 30 ans. Quelle joie de se retrouver, il faudrait veiller à ce que ces fils ne se rompent pas et ce malgré les éloignements qu'impose la vie.

 Octobre 2008.... Mais j'en parlerai, peut-être, une autre fois... aujourd'hui c'est trop tôt.

 (A suivre)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 06:31

 Un coup de chapeau à Brassens avec un titre de billet qui est en partie vrai et en partie....un peu embarrassant. Aussi dois-je immédiatement passer un message personnel à ma petite belle sœur « tu n'es en rien concernée par ce titre car, bien au contraire, c'est toujours avec grand plaisir que je te souhaite ce jour là un bon anniversaire.... Mais tu n'es pas la seule, ma chère, à être née un 22 septembre.... ».

 Curieusement autant mes souvenirs en vrac se bousculaient en août autant ceux de septembre me semblent à quelques exceptions près sans intérêt. Des rentrées, des retours, des installations, des départs, des emmerdes des catastrophes même et puis heureusement quelques heureux évènements.
 J'ai bien failli intituler ce billet d'un proverbe bourguignon « S'il tonne en septembre la vendange sera bonne » et puis j'ai eu peur que cela soit très mal interprété en cette période de crise financière surtout quand on observe le revirement spectaculaire de l'excité « Plus anti-libéral que moi tu meurs ».....pourvu que ça dure, non pas la crise bien sûr, mais sa conversion....

  En septembre 1958 mon grand-père Marcel était hospitalisé à cause d'un cancer. J'ai une lettre du 18 septembre qu'il avait envoyé à mon père où il se montrait très optimiste et annonçait des préparatifs pour des interventions à l'anus et à la prostate. Le week-end suivant, à réception de cette lettre, nous faisions l'aller-retour Grenoble Paris (Grenoble où nous habitions cette année là). Curieusement, de cette rencontre, du haut de mes 12 ans, j'ai uniquement le souvenir d'une conversation politique entre mon père et mon grand-père, Marcel disant à son fils Roger « Avant de rentrer à l'hôpital j'ai laissé une procuration à Didi pour le vote de dimanche prochain pour qu'il dise « Oui » à De Gaulle pour moi... j'ai bien fait car je ne serai pas sorti à temps». 
  Le dimanche suivant le 28 septembre 1958 De Gaulle proposait au français de ratifier par référendum la constitution de la Vème république. Mon grand père fut opéré en fin de semaine et décéda des suites le l'intervention ce 28 septembre sensiblement à l'heure où Didi mettait pour lui dans l'urne le bulletin « Oui ». La constitution fut ratifiée à 82 % dont l'ultime voix de Marcel, c'était il y a cinquante ans. Quelques jours plus tard nous faisions un second aller retour Grenoble Paris pour être présents aux obsèques de mon grand-père.

 Pourquoi voulais-je donner pour titre à ce billet un proverbe « vendangeur »? A cause d'un très mauvais souvenir : je n'ai fait qu'une seule fois les vendanges : c'était début septembre 1963 du côté de Castelnau le Lez avec mes copains Jeff et Jacky. On m'avait parlé d'un poste de porteur, moi le rugbyman ça m'allait très bien... et puis non je fus coupeur. Penché sur les ceps ou à quatre pattes le nez dans les grappes, le sécateur à la main et la sueur au front, j'essayais tant bien que mal de suivre la cadence.... aux suivants, aux suivants ..... j'avais juste 17 ans et plié en quatre je m'efforçais de rester en ligne au rythme d'avancement imposé par la meneuse, une mamie qui ne devait pas faire plus de 1 m 50 de haut... aux suivants, aux suivants...  Facile pour elle, mais quand on fait 1.85 m c'est une autre paire de manches ..... Une semaine, y compris le samedi, 6 jours d'horreur,... sans compter qu'il avait bien plu, juste avant, et que les premiers jours on pataugeait dans la gadoue.... Et pour finir, le dernier jour, ces nocs ont voulu me bizuter ... Ah ! Ils ont du s'y mettre à quatre mais ils ont réussi à me mettre à terre et à me barbouiller le visage avec du raisin..... Je ne suis pas rancunier...mais......je n'ai jamais re-bouffer de raisin depuis ce jour.
 Les années suivantes en région parisienne pendant les vacances scolaires, avec mon copain Dudule, on faisait des déménagements.... de la rigolade à côté du boulot de coupeur.

 Septembre fut souvent pendant nos années africaines la période d'installation en début de séjour ou de retour de vacances.
 Je me revois le 22 septembre 1976 au Maroc à l'aéroport de Nouasseur attendant désespérément ma valise. Il en restait bien une qui ressemblait un peu à la mienne mais ce n'était pas la mienne... une perte de temps à faire une déclaration de perte en me demandant ce que je pourrai bien me mettre le lendemain... et puis j'allais monter dans un taxi pour rejoindre un hôtel à Casablanca quand un énergumène excité descendit d'un taxi en brandissant ma valise que j'ai immédiatement récupérée. Ouf !

 Encore une histoire de valises au Cameroun. Le 22 septembre 1985 j'attendais la famille de retour de vacances en France à l'aéroport de Yaoundé. Personne à l'arrivée de l'avion....inquiétude. Selon une connaissance qui débarquait il y avait eu une erreur d'enregistrement des bagages à Orly. Ils avaient été référencés pour Douala, Pilou s'en apercevant dans l'avion, en examinant ses billets n'avait pas eu d'autre solution que de descendre avec les enfants à l'escale de Douala afin de les récupérer... Ils avaient du passer la nuit en salle d'attente avant de reprendre le premier vol pour Yaoundé le lendemain matin.

  22 septembre 1994 : Réunion du conseil fédéral du PS 79, c'était en préparation du congrès de Liévin avec à l'ordre du jour le débat sur les contributions. Jusqu'alors j'étais plutôt en bons termes avec Ségolène qui était la Première fédérale. Ce soir elle menait le débat ou plutôt comme souvent elle le dirigeait.... Mais après tout c'était la patronne et puis elle avait été ministre.... Et d'ailleurs la plupart des militants, du moins ceux qui s'exprimaient, étaient sur la même ligne qu'elle. J'eus la malencontreuse idée de ne pas être d'accord et surtout de vanter les mérites de la contribution de Lionel Jospin. Ce texte me plaisait bien il apportait une intéressante analyse de la mondialisation, avantages et risques et c'était nouveau cette approche au PS.... Il était même modérément critique par rapport au dernier gouvernement socialiste. Ségolène s'est énervée, s'est emportée contre Jospin qui « crachait dans la soupe » et c'est moi qui en ai pris plein la tronche....elle venait de se faire un copain. Pas rancunier pour deux sous, je me suis porté candidat contre elle pour le poste de 1er fédéral en décembre 94 et je suis depuis, toujours resté dans son opposition interne.

   22 septembre 1996 j'étais en stage professionnel en vallée de Chevreuse et je retrouvais Djellal un ami qui avait été mon chef de mission au Cameroun. « Tu connais la nouvelle ? Biya a nommé Musongé 1er Ministre du Cameroun ».
 Peter Mafani Musongé avait été le directeur du laboratoire des Ponts et Chaussées à Yaoundé où nous avions eu une mission de formation du personnel. J'ai le souvenir d'un homme très réservé mais très sympathique et éminemment compétent. Il a du être aussi compétent dans la gestion de l'état camerounais qui le fut pour le laboratoire car il tint ce poste du 19 septembre 1996 au 8 décembre 2004. De tous les chefs de gouvernement, qui ont accompagné le président Biya, il est celui qui est resté le plus longtemps.

 Septembre fut souvent un mois d'horreurs : rappelons les deux « 11 septembre », deux évènements tragiques qui m'ont beaucoup marqué.
 11 septembre 1973, le coup d'état de Pinochet au Chili et l'assassinat du président Salvador Allende. 4000 morts et 30000 arrestations.
 11 septembre 2001 et les terribles images des deux avions percutants les tours jumelles du World Trade Center notamment le second avion filmé en direct. 3000 victimes dans ces attentats.
 Si aujourd'hui je me fous du 22 septembre je garderai toujours en tête ces deux « 11 septembre » de sinistre mémoire.
 Dois-je aussi mentionner le 5 septembre 1972, l'assassinat de 11 athlètes israéliens aux Jeux Olympique de Munich.
 Je préfère évoquer les accords de Camp David le 18 septembre 1978 et l'abolition de la peine de mort en France le 30 septembre 1981.

 Mais il est temps pour finir de mentionner les heureux événements : Le 26 septembre 2001, la naissance de notre premier petit-fils Hugo et le 8 septembre 2007 la naissance de notre petite-fille Lucie.

 J'ai oublié quelque chose ? Plein de choses sans doute, mais ..... Ah ! Oui l'anniversaire... et bien c'est celui notre nouvelle show-woman Ségolène Royal.

  (A suivre)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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