Blog à part

Vendredi 23 octobre 2009


Du 16 et 18 octobre se tenait à Niort au dôme du parc des expositions de Niort-Noron le 6ème salon des couleurs.
 Comme chaque année depuis 2004, ce salon organisé par l'Anjca (Association du jumelage coopération Niort Atakpamé Cové) se tenait mi-octobre et pour la première fois depuis 2005, j'allais enfin pouvoir être présent pour cette manifestation phare de l'année.
 En effet, depuis cinq ans, à cette période de l'année j'étais en mission professionnelle dans un DOM ; une autre manière de vivre en couleur.... mais voilà cette année je suis là et j'ai enfin pu participer.
 Ce salon est une invitation à un croisement culturel entre des oeuvres d'inspirations diverses : africaines ou locales ou autres voire d'ailleurs.

 Les oeuvres exposées sont essentiellement des peintures mais on  trouve aussi des photos, des mosaïques, des céramiques, des sculptures.... Pour le plaisir des yeux ou acheter pour faire une bonne affaire ou un cadeau... ou tout simplement par solidarité avec Atakpamé au Togo et Cové au Bénin. Une solidarité active car sur chaque oeuvre vendue au cours de salon 30 % de la vente vient abonder le budget de l'Anjca et sans compter que l'on demande aussi un petit péage aux exposants car certains viennent surtout pour faire  la promotion de leurs oeuvres ... et tous les tableaux ne sont pas à la portée de toutes les bourses : il y a des tableaux affichés à plus de 500 euros, qui trouvent rarement un acquéreur. 
... et puis une somme modique de 3 euros est demandée aux visiteurs... tout celà conduit l'Anjca à engranger ces dernières années, bon an, mal an, entre 8000 et 10 000 euros.... pour aider nos amis africains à construire des écoles, des aménagements de voirie ou des marchés....
  L'exposition est aussi agrémentée d'un concours de citations originales ; les années précédentes ont vu fleurir de jolies formules comme : « Apprenez à vivre en couleur et vous verrez le monde autrement » ou encore «  L'avenir se construit dans le regard des enfants »....
 ......mais avant ça il nous a fallu installer la salle d'exposition et ce fut le boulot des membres de l'association du jeudi en début après-midi au vendredi midi.
 Des associations de peinture participent aussi à ces journées en tenant des ateliers qui ont la faveur du public et plus spécialement du jeune public.





























.... et puis il eut cette année la présence de notre ami Bonaventure venu du Togo, pour un séjour de deux semaines, un voyage préparé autour de ce salon des couleurs. Il tenait un stand où il était particulièrement heureux de présenter son pays, sa ville, tout en remerciant abondamment l'Anjca, la ville de Niort et tous les niortais. 
La rencontre avec madame le Maire accompagnée de quatre adjoints  fut pour lui un grand moment, d'autant qu'il fut surpris d'apprendre que plusieurs d'entre eux avaient une bonne connaissance de l'Afrique pour y avoir souvent ou longtemps séjourné. La promesse d'un déplacement à Atakpamé d'une délégation municipale l'a comblé.

 Bon il me fallait aussi faire un choix, participer au vote du public.  Des bulletins étaient prévus pour cela et on devait désigner 3 oeuvres et une citation. J'ai fait mes choix le dimanche en fin d'après midi et comme Pilou ne pouvait venir ce jour là  j'ai rempli deux bulletins.... mais scrupuleusement je n'en ai remis qu'un seul : Voici donc mes six coups de coeur.









































 André et Bonaventure ont annoncé le palmarès dimanche à 19 H  : aucun des six tableaux que j'avais retenus ne fut récompensé ce qui prouve que je n'ai pas un très bon goût artistique (et pourtant ils sont très beaux ceux que j'avais proposés).... par contre j'ai vu juste pour la citation (Là il n'y avait pas photo : nous étions nombreux à avoir été conquis..) avec « Le plus beau voyage c'est celui que l'on fait de sa vie.» 
 Pour les  tableaux, comme au festival de Cannes, il y a plusieurs prix : le prix jeunesse, le prix de la ville de Niort, le prix d'Atakpamé, le prix des associations  et puis le vote du public pour le grand prix du salon des couleurs avec trois récompenses, trois couleurs.
La palme (la médaille d'or)  est revenue à un jeune peintre, Sébastien  Momot, qui s'est lancé dans la peinture il y a seulement 6 mois : « Une semaine de stage chez un pastelliste, une première exposition il y a quelques mois et le voilà, lébiscité par le public niortais pour son tableau "le turban rose" ». Extrait de l'article la NR de lundi dernier.

Je sais ce qu'il me reste à faire pour préparer le septième salon des couleurs d'octobre 2010 et ne pas être le seul membre du bureau de l'Anjca à ne pas avoir fait l'effort d'exposer quelque chose. (La honte !)

 Dès 20 H, le public parti et les artistes ayant décroché leurs oeuvres non vendues nous démontions les grilles que nous entassions dans un coin de la salle (façon de parler car il n'y a pas de coin au dôme de Noron). Opération commando terminée en une heure. Bonaventure était ébahi devant tant d'efficacité. Le lendemain matin les équipes se reconstituaient pour rapporter les grilles aux sociétés ou administrations qui les avaient prêtés....

 Mardi nous nous retrouvions pour saluer Bonaventure qui repartait le lendemain pour le Togo. André, le président, en profitait pour nous communiquer quelques chiffres : Un excellent cru que ce salon 2009 : 1390 visiteurs, 890 tableaux exposés, 98 tableaux vendus (sensiblement le pourcentage habituel) et un bénéfice pour l'association qui approche les 10 000 euros. Bravo ! 


 Samedi dernier il y avait eu aussi des animations au centre-ville piétonnier. La culture de rue est une démarche d'autant plus intéressante qu'elle est spontanée (voit le billet Blues trottoir) ; le résultat est peut être plus discutable ou du moins aléatoire quand c'est une manifestation "organisée" par ou avec avec l'aval de la municipalité.
 Ce fut le cas, me semble t-il, ce samedi avec un bien curieux spectacle d'hommes-singes en cage ;  curieux mais gênant.... Un obscur délire que je n'ai guère apprécié mais sans trop m'y attarder  .... 
  La photo, ci-jointe, accompagnait un article du Courrier de l'Ouest de dimanche matin.... alors autant rapporter in  extenso l'article :
   
« Les Squames, ces hommes mi-hommes mi-singes, venus des montagnes d'Europe centrale, seront-ils le nouveau sujet de polémique à Niort. L'avenir le dira. Mais hier matin, aux abords du marché où leur cage avait été installée les réactions étaient sans nuance. D'un côté, stuppeur et tremblement, voire indignation exprimée à haute voix : "C'est indécent, scandaleux, limite racisme, ils font peur aux enfants". La municipalité, maire en tête,en prenait pour son grade. 
De l'autre, des passant complices, entrant dans le jeu avec plaisir. Même les plus petits s'approchaient de la cage. Le public n'a cessé de s'agglutiner devant les barreaux toute la matinée. On aime ou on n'aime pas mais au moins le centre-ville a été animé.
»    


 On l'aura compris,  je n'ai pas aimé : j'ai trouvé que c'était grotesque, répulsif...  Si au moins ils s'étaient barbouillés en rose ou en vert pour donner un aspect surréaliste.... mais avec leur peau teintée de suie j'ai eu un haut de coeur. 
 Je me suis retrouvé, quelques minutes plus tard, à la terrasse du bar des halles pour prendre un café avec des amis dont le Maire et son adjoint à la culture.... et ils m'ont demandé ce que je pensais de ce spectacle... (Geneviève connaissant parfaitement mon approche culturelle réac de gauche..)... je n'ai pas caché ma répugnance ..... Nicolas ne fut d'ailleurs pas choqué par mes remarques mais il m'a demandé si j'avais bien écouté les dialogues.... ce que je n'avais pas fait, je le reconnais volontiers....  c'était parait-il un spectacle bien pensant qu'il fallait prendre dans la forme au second degré........ (????)
... dont acte....  ce qui est l'expression utilisée par Benoît Hamon quand certains camarades socialistes lui ont demandé de corriger ses premières déclarations, sur Frédéric Mitterrand, pour ne pas cautionner un amalgame homosexualité-pédophilie....
 Dont acte ... et puis je reconnais, au moins, aux Squames, le courage d'être restés, presque nus, pendant près de trois heures un samedi matin automnal alors que nous, bien habillés, on se caillait à la terrasse du café....

A suivre

Par daniel
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Vendredi 2 octobre 2009

Dans le genre « il était une mauvaise foi » voici un billet d'humeurs et d'humour que je dédie à la mémoire de mes deux grands-pères Marcel et Ernest (mes second et troisième prénoms, merci du cadeau) respectivement « pépé voiture » et « pépé vélo » (à l'époque on n'était pas moderne et on ne disait pas encore papy). Mes grands-parents habitaient à Champigny, quai Lucie, en bord de Marne, un site aussi joli que les bords de Sèvre niortaise. 
 Marcel, « pépé voiture », (une vieille B 14 d'avant guerre) c'est ma lignée petite bourgeoisie et Ernest, « pépé vélo », c'est ma lignée prolo.... comme quoi en soixante ans les choses ont bien changé... « mais vous n'êtes pas obligé de me croire ».  

 Le dernier week-end de septembre était très attendu et par chance, il fut superbement ensoleillé  …. Rien à voir, donc, avec le titre du billet évoquant un soir de pluie et de brouillard. Niort était en fête avec le forum des associations et Phoebus était de la partie.

 Le vendredi, en fin d’après-midi, il y eut une réception à la mairie pour lancer l’évènement et le fil conducteur de ce rassemblement de quelques 530 associations du Niortais regroupant 24000 adhérents, c'était la tolérance. Personnellement j’aurais préféré qu’on parle plutôt de lutte contre l’intolérance. Certains intervenants, et notamment le responsable départemental de la LDH, ont  d'ailleurs souligné l’ambiguïté de la notion de tolérance.
 Mais je n’ai pas pu écouter l’ensemble des interventions car tout à coup je me suis demandé si je n’avais pas oublié de fermer le gaz sous la cocotte-minute … Prompt retour anxieux à la maison… pour rien : heureusement ! Non ce n’était pas un prétexte pour m’éclipser,… c’est tout simplement que je ne suis pas encore tout à fait au point dans mon rôle de petite fée du logis…. mais je progresse, je m’améliore… un peu de tolérance SVP… ça ira mieux dans quelques mois…. quand je serai à 100 % à la retraite …
  Voilà encore un sujet qui me fâche … je revendique fièrement mon ancrage à gauche et  pourtant je ne cache pas que c’est avec regret que je vais bientôt devoir prendre ma retraite complète.  Aussi jeune… après tout je n’ai que 63 ans … et je n’ai pas vraiment l’impression quand je fais quelques exercices physiques, des pompes ou du footing d’avoir perdu mes moyens par rapport à mes 40 ans disons 50 ans… peut-être la foulée un peu moins véloce, mais ça c’est du pinaillage…  Il va donc falloir que je prenne définitivement ma retraite.. mais pour quoi faire ? Rejoindre des associations de bricoleurs ou de jardiniers pour apprendre à devenir un bon papy retraité ? Un coup de blues me submerge ….
 Bon d’accord c’est pour la bonne cause… je dois laisser la place aux jeunes … j’espérais pourtant avec l’évolution démographique, à savoir plus de papy-boomers partant à la retraite que de jeunes arrivant sur le marché de l’emploi, que le chômage allait mathématiquement baisser et j'espérais avoir encore un peu de rabe, qu'on aurait encore un peu besoin de moi... mais c’était sans compter avec la crise et surtout avec cette bande d’incapables Sarko & co.

 

Ah ! Le blues quand ça vous tient… Et pourquoi y a-t-il fallu, en plus, que vendredi en arrivant à la mairie je tombe sur Valy, Dolly et Lily ?  Les égéries du lobby véliberté. Des boulets, qui, sous prétexte que je suis un bon camarade, me demandaient d'aller manifester à leurs côtés, à bicyclette, le lendemain matin pour obtenir des aménagements qui faciliteraient l'utilisation de la petite reine en zone urbaine. Désolé mais moi, primo je suis républicain, alors les reines petites ou grandes c'est pas mon truc.... et secundo je déteste faire du vélo.
 Je tolère les cyclistes et je veille, très scrupuleusement, à leur sécurité quand je suis au volant : Eux et les piétons qui traversent aux passages protégés… plus vigilant que moi, ça n'existe pas…… mais qu’ils aillent faire joujou ailleurs que sur les pénétrantes, à la campagne par exemple ou sur une île interdite aux voitures, au lieu de revendiquer leur liberté envahissante en grappillant sur la nôtre, malheureux automobilistes prolétarisés.

 Oui je sais je suis encore de mauvaise foi et en plus pour une mauvaise cause mais j’en ai vraiment marre de ces groupes de pression propagandistes qui veulent, de toute force, vous faire rentrer dans leur case. Un peu comme ces diaboliques qui n’admettent pas qu’un cinéphile ne soit pas un inconditionnel des films américains en V.O.
 La preuve que je suis de mauvaise foi c’est, qu'en plus, j’ai deux vélos …  D'abord celui que je préfère c’est mon vélo d’appartement à la selle confortable que j’utilise pour remplacer le footing les jours pluvieux et pour continuer d’entretenir mon jeu de jambes, le postérieur confortablement installé, en regardant « C dans l’air » et son inénarrable animateur..... ce vélo là ne dérange personne... et puis il y a l'autre, des toiles dans les rayons, qui n'a jamais vu un.... feu tricolore .... C'est un routier classique, qui a très peu servi (en période de rodage dans le marais Poitevin et à l’île de Ré) et qui reste, depuis longtemps, soigneusement rangé dans la cabane au fond du jardin, une sorte d’abri réserve anti-pénurie ou en cas de prise du pouvoir par une secte anti-voiture.
 Oui je sais, je divague c’est ça le blues du futur retraité, inquiet pour son avenir.


 Maintenant je redeviens presque sérieux en parlant de tolérance car je ne conteste nullement la liberté d’action de grâces de ces cyclo-activistes…. Qu’ils manifestent... surtout un samedi, ça ne mange pas de pain…. Ils ont d’ailleurs choisi un nom parfaitement adapté : Vélorution, un anagramme renversant, incontestablement réactionnaire. CQFD.
 Oui je sais, je suis toujours de mauvaise foi, de très mauvaise foi. Que ceux qui se reconnaîtront dans ces lignes, ne m’en veuillent pas trop, et puis...  ils ne sont pas obligés de me croire.

   

Lors de la précédente manif, fin juin, il y avait 600 cyclistes ; ce samedi matin de fin septembre ils n’étaient plus que 300 selon un journaliste qui pédale un peu dans la semoule ( la moitié serait plus près de la vérité ) ….
Je me joindrai peut-être à ces activistes quand ils ne seront plus qu’une dizaine, les causes perdues ça me convient assez, uniquement pour raison humanitaire et à condition que je retrouve ma pompe à vélo.
 La cohabitation voiture piéton en centre-ville est déjà suffisamment difficile à mettre en œuvre, alors  si le vélo s’y met aussi on n'est pas encore descendu du manège.

 

 Je vaquais donc, traînant au centre ville piétonnier et vélo-cité (il y a des pistonnés) dans mon délire de futur retraité inutile, par ce radieux début de week-end ; c'était ma crise de blues matinale, et je maugréais contre l’état des trottoirs niortais, non pas les pistes cyclables, les trottoirs réservés aux honnêtes et souvent besogneux  marcheurs. 
 Je maudissais les vélorutionnaires, les fuites de gaz, les cinéphiles diablotins, les commerçants hostiles à la piétonisation du centre ville, Sarko and co  etc…. et ça, en ultra tolérance, silencieusement dans ma caboche….. je ruminais, je ruminais, je ruminais contre tout ce qui me dérange….  tout ce qui me gonfle avec ou sans pompe.... quand.... subitement, quelque chose d’inattendu m’a secoué et m’a ramené dans le monde des vivants pour me réconcilier avec mes semblables (hormis Sarko & co….)

 

A trois pas des halles, où nous devions faire quelques courses, devant la Messe de la prison, pardon, la Maison de la Presse, deux papys cow-boys s’étaient installés avec sono et guitares pour un récital. Ils n’étaient pas annoncés dans le journal, mais j’appris par la suite qu’ils avaient demandé à la mairie l’autorisation de se produire en zone piétonnière ce samedi matin : Je ne sais rien d’eux, je ne sais pas si ce sont des professionnels ou des amateurs légèrement à la bourre avec trois mois de retard pour la fête de la musique, mais quel talent ! Putain quel talent et vive les rues piétonnes !
 J’ai laissé Pilou aller seule, au marché quand j’ai entendu qu’ils attaquaient « Georgia on my mind » de Ray Charles puis à la suite « King of the road ». J’ai cru comprendre à la fin de cette chanson de routards qu’ils n’étaient pas de la région et qu’ils se produisaient, ainsi, un peu partout en France, chantant dans les zones commerciales, un étui à guitare ouvert devant eux pour recueillir q uelques euros.
 Ils entonnèrent ensuite d’autres blues dont « The Dock of the Bay » d’Otis Redding. Le guitariste et le chanteur, sympathiquement grandiloquent, genre Joe Cocker, étaient géniaux. Je n’ai pas pu rester toute la matinée à les écouter car il me fallait bien retourner à mes devoirs et la corvée de courses… mais en m’échappant de temps à autres pour revenir et intercepter encore et encore quelques chansons blues ou country c’est ainsi que j’ai encore pu entendre « Jackson »  de Johnny Cash et June Carter, quelques autres chansons aussi magnifiques mais que je ne connaissais pas ou qui étaient enfouies loin dans ma mémoire de futur retraité. Un récital Blues trottoir par deux inconnus talentueux ; un récital qui m’a requinqué, qui m'a permis d’éliminer mon coup de blues….. Finalement il en faut peu pour être bien dans sa peau….. Si la manifestation des cyclistes avait eu lieu l’après midi peut-être que …. Qui sait ? Non quand même pas !
 
 L’après midi, Je suis retourné en ville en espérant que les cow-boys seraient toujours là, mais ils avaient du prendre la diligence pour rejoindre une autre ville… mais Niort était toujours en fête et il y avait toutes les animations prévues pour le forum des associations à la mairie et en bord de Sèvre à Pré Leroy. On y a retrouvé des amis tenant des stands et j’ai même croisé dans ce site champêtre des cyclistes très sympas… il y en avait même qui avaient perdu leur clef d’anti-vol et qui allaient être obligés de rentrer à pied …en abandonnant sur place leurs vélos.... un comble, c’était trop bête… mais heureusement pour eux, l’histoire s’est bien terminée et on pourra, à nouveau, les croiser en ville (!).
 
L’après midi s’est poursuivi entre flamenco et danses médiévales, entre stands de géologie et généalogie.  


 

 Le lendemain dimanche c’était l’anniversaire d’Hugo. On l’a fêté à la maison où après le gâteau il reçut le cadeau dont il rêvait : tout l’attirail du parfait géologue avec en prime une collection de pierres presque précieuses…

Et puis l’après midi toute la famille est allée s’oxygéner au Pré Leroy et les petits s’en sont donnés à cœur joie.  





























A suivre

Par daniel
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Lundi 14 septembre 2009


 Où en étais-je avec la tournée des copains en août ?….au 6ème jours entre Rouergue aveyronnais et Aubrac lozérien. Nous avons quitté Chris et Françoise pour rejoindre Jeff et Nicky, quitté un petit village proche de Villefranche de Rouergue pour un autre petit village près d’Aumont-Aubrac.

 
 Dans les conditions météorologiques de cette seconde quinzaine d’août nous laissions le Rouergue « 
au vent crispé du matin » de
Francis Carco pour rejoindre en Aubrac « les naufragés du soleil » de Jean Lartéguy. Décidément c’est autant le chemin des romanciers, journalistes ou poètes que celui des pèlerins pour St Jacques de Compostelle. Cher village que nous connaissons depuis la fin des années 60 et où, aujourd'hui, il fait toujours aussi bon vivre, 

Normalement nous n'aurions pas du passer par la Lozère, et pas même d’ailleurs par l’Aveyron, du moins juste après Toulouse, mais circonstance imprévue nos amis avaient un problème de voiture et nous ne pouvions nous retrouver directement du côté de Frontignan. Cette remontée en Aubrac nous offrait la joie de revoir les parents de Jeff et puis, pour une courte demi-journée, de renouer avec mes racines.


 Depuis que j’avais eu, très récemment, des confirmations sur l’origine de ma branche maternelle, j’avais hâte de retourner vers ce que j'estime être le nombril de la France, le point de jonction des trois départements Aveyron, Lozère Cantal, des trois régions Midi-Pyrénées, Auvergne, et Languedoc-Roussillon. Nous sommes allés à Recoules d’Aubrac et à Nasbinals en Lozère, à Laguiole et Aubrac au pied de la Croix des trois Evêchés en Aveyron et à Saint-Urcize en Cantal... des villages, à peine, espacés d'une dizaine de kilomètres.




Au passage j’ai fait quelques visites de cimetières et monuments aux morts pour vérifier qu’il y avait bien dans ces villages des ancêtres ou cousins nommés  Fabre, Remise, Abriol, Thouzery, Pelat ou Vidal etc… 
 Cette année nous n’avons pas poussé jusqu’à Chaudes-Aigues car Pilou avait envie de passer un peu plus de temps à Laguiole pour s’offrir un  beau couteau (et me rendre par la même occasion celui que m’avait offert ma mère il y a une vingtaine d’années et qu’elle m’avait taxé ; même que je ne me souvenais plus qu’il était à moi…..).


 Nous sommes allés à la Coutellerie de Laguiole en zone artisanale et c'est vraiment impressionnant cet étalage de beaux couteaux....  il y a le côté musée, la visite guidée de la forge et de coutellerie artisanale.... et puis Jeff me semblait être en très bon terme avec le patron ou plutôt le maître artisan.... la marque de qualité est l'abeille et ça ne pouvait que les rapprocher. Pilou a choisi un bien joli couteau et moi je devrais récupérer mon vieux cadeau.  Il parait que quand on offre un couteau à quelqu'un il faut lui donner un euro pour ne pas couper le lien d'amitié.... est-ce aussi valable quand on vous rend le votre ? Et à quel tarif ?

 Le lendemain nous prenions la direction de la Méditerranée, cap sur l'étang de Thau. Nous n'allions pas y rester trop longtemps car il fallait être à Martigues puis à Marseille en fin de semaine. De plus Jeff et Nicky s'étaient engagés auprès d'un ami pour des vendanges et voilà que le raisin était à maturité plus tôt que prévu. Cette année il n' y aurait donc pas de balade en Camargue, Aigues-Mortes ou Les Saintes Maries, il n'y aurait pas non plus de coup de chapeau à Georges Brassens à Sète ou à Molière et Bobby Lapointe à Pézénas (ça c'était l'été dernier...oui je sais Jeff j'en rajoute un peu ).
 On fit quand même un saut à Montpellier et surtout on passa une très bonne soirée dans un excellent restaurant de Frontignan "Le Poisson rouge" en bord de mer.

  Le lendemain nous prenions la route de la Venise provençale, en regrettant de n'avoir pas le temps de faire une pause en Arles où nous avions vécu au début des années 70 et où naquit notre Cécile.
 Michel est mon cousin, en fait c'était le cousin de ma mère sauf que nous avons le même âge. Il ne se souvenait d'ailleurs pas que nous avions été dans la même classe pendant un trimestre. Le premier trimestre de 6ème au Lycée du Perreux et puis début 1958 je partais à Grenoble où mon père avait trouvé un nouveau travail. Nous nous sommes perdus de vue pendant notre adolescence, on ne se revoyait que quelques jours l'été, et encore... certaines années (Je me souviens d'une photo sous le viaduc de Garabit dont je parlerai, peut-être, un jour, si je la retrouve pour illustrer l'anecdote) . Nous nous nous sommes revus ensuite un peu vers vingt ans et puis nous nous sommes à nouveau perdus de vue... la vie c'est comme ça..
 Nous avons repris contact il y a 3 ans par internet et grâce à nos cousines. L'an dernier je suis venu le voir chez lui et j'avais très envie de le revoir cette année tant nous avions de points communs et de choses à nous dire. Heureux aussi de faire la connaissance de Clau et d'avoir vu leurs filles et petits enfants l'an dernier.
 On s'est branché généalogie mais aussi politique, syndicalisme et puis musique, cinéma, littérature... Deux jours à Martigues cette année, trois jours l'an dernier... on n'est pas près de rattraper le temps perdu... 
....  Mais carpe diem quand on a l'occasion de passer un moment ensemble... entre les aventures du capitaine Wyatt et un vieux 33 tours de Buddy Holly,
Baby I Don't care.... on a refait, sur le tard, une toute petite partie de notre jeunesse mais ensemble cette fois ci.
 Je lui avais transmis, il y a quelques temps, une lettre de mon père, datant  de 1945 qui racontait (à son frère Didi)  comment ses parents se sont connus. Michel m'a, à son tour, raconté des petites histoires de famille, qui éclairent sous un nouveau jour des choses vaguement entrevues. C'est touchant, comme c'était super sympa de revoir ensemble un vieux film familial où nous étions des bambins de deux ans et nos parents si jeunes.     
 Nous avons aussi parlé de notre petite cousine Jessie qui a fait une remarquable recherche généalogique sur notre famille, la branche charentaise. Jessie a l'âge de Didier, mon plus jeune fils, et son arrière grand-père était le frère de mon grand père Ernest et de Raymond, le père de Michel, dans une fratrie de 9 enfants dont Ernest était l'aîné et Raymond le benjamin. Jessie dont nous avons fait récemment connaissance puisqu'elle s'est arrêtée chez nous, à Niort, le premier week-end d'août, comme elle était allée voir Michel et Clau  au cours de l'été 2007.


 
 Ensuite une journée à Marseille déjà racontée dans l'article "l'espoir à gauche". Il faisait très beau, et c'est beau Marseille et ça réchauffe la politique au soleil...
 Ce rassemblement eut un vrai succès....  mais nous étions encore en vacances et nous avons aussi profité de la fin d'après midi en nous promenant dans le quartier du vieux port en attendant l'incontournable bouillabaisse de la soirée.


 
 Le lendemain nous entamions le retour, mais sans nous presser. En négligeant Nîmes et sa banlieue, où nous avions pourtant eu une maison pendant dix ans, nous nous sommes rendus à Alès pour une halte traditionnelle chez ma tante Mauricette la plus jeune soeur de ma mère. .... je lui apportais des informations sur l'évolution de nos recherches généalogiques et je lui contais quelques histoires qui m'étaient parvenues par Jessie et Michel. Histoires qui lui ont rafraîchies la mémoire et qu'elle a confirmées et complétées. C'est fou comme on peut reconstituer des drôles d'histoires familales plus de cinquante ans après.


 
En milieu d'après-midi nous avons repris notre route pour revenir en Aveyron  en  traversant  rapidement les Cévennes (pas même une pensée pour les mineurs de la Grande Combe, comme nous avions été obligés d'annuler la halte à Carmaux mais, heureusement, début septembre la télévision eut la bonne idée de programmer Jaurès, naissance d'un géant).
 A partir de Florac  nous avons pris le temps de parcourir, avec de nombreuses haltes photos, les Gorges du Tarn : Ispagnac, Quézac, Ste Enimie, St Chély et enfin le Point Sublime au dessus des Baumes ... et avant d'abandonner la vallée du Tarn pour remonter vers Séverac le Château, que nous avons malheureusement délaissé pour avancer un peu plus.... et la calamiteuse idée de faire étape à Laissac où nous attendait une assourdissante fête de village : Mauvaise pioche !


  Le lendemain matin, après une bien mauvaise nuit, nous reprenions notre route vers Figeac mais peinardement en passant par la vallée du Lot.... nous avons évité Rodez et Decazeville (décidément les mineurs furent les grands oubliés du périple... la nostagie n'est plus ce qu'elle était..) mais nous avons passé une bonne partie de la matinée à Conques, bourg monastique, étape majeure sur la route du Puy à Saint Jacques de Compostelle. Mais au diable les bondieuseries, tirées par les cheveux du crane de Sainte Foy.... il y a surtout un très, très beau village... Magnifique.


 Bon après il ne fallait plus s'attarder, et il était temps de retourner à la maison d'autant que c'est beau la France mais quand on n'a plus de copain à voir sur l'itinéraire c'est nettement plus monotone...
 De retour à la maison nous avons fini nos vacances en allant se faire une soirée restaurant au port de La Rochelle, après un rapide passage aux universités d'été du PS pour saluer quelques bons copains... 
 Le lendemain il y avait à Niort à la ferme de Chey la fête du pain et des animaux de la ferme. Bonne occasion de reprendre contact avec des amis, quelque peu perdus de vue depuis le début de l'été : il y a les anciens et fidèles amis que l'on ne revoit que l'été et ceux des deux dernières décennies, amis et tous camarades, qu'on voit, peut-être un peu trop, tout au long de l'année... mais qu'on est content de revoir début septembre après la coupure estivale. 
 Avant d'aller à la ferme de Chey  j'avais eu le temps d'écouter le discours de Martine... excellent... les rénovateurs marquent enfin des points... ça va peut-être me reconcilier avec le PS ! Mais là aussi il y a encore du pain sur la planche... à entendre les extravagantes déclarations de Ségolène sur la taxe carbone, et son retour pathétique sur le congrès de Reims. Ségolène qui n'apprécie vraiment pas que quelqu'un lui vole la vedette..... et quand on disait que les femmes en politique allaient amener un peu de douceur.... ! 
Mais avant de replonger dans la banalité de la vie quotidienne nous devions encore et enfin recevoir Pierre et Maguy nos amis de Maillezais...   géographiquement les plus proches de tous ceux que nous avons connus en Afrique (au Cameroun) et que finalement nous avons le plus de mal à saisir au vol... c'était encore le cas, car ils étaient à quelques jours d'un voyage en Croatie....  Une superbe soirée ; il est vrai aussi que j'avais ramené du bon pain et du bon vin de la ferme du Chey.

(A Suivre)

Par daniel
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Mercredi 9 septembre 2009

 

J'ai commencé par bégayer le titre puis le sujet que j'ai fini par reprendre sous l'inamicale et culpabilisante pression des informations de France-Info : je ne suis qu'un sinistre pollueur, un destructeur de l'avenir de mes petits enfants... Mea culpa.... mais je ne peux pas tout rejeter... je veux bien faire des efforts dans la vie de tous les jours... laisser la voiture et prendre la navette pour aller au centre-ville, ou mon vélo, ou encore mieux marcher .... Je veux bien prendre une douche rapide le matin au lieu de me prélasser, paresseusement, dans un bon bain parfumé .... Ah! Que c'était le bon temps, l'époque d'avant «Soleil vert » .... 

 Je vais me réveiller, finir ce cauchemar : après tout  il n'y a qu'à mettre en place une taxe carbone... je paierai, je le jure, je paierai mais qu'on me laisse le plaisir de prendre l'avion, deux ou trois fois par an pour aller voir comment va le monde. Ce n'est pas mal le Poitou-Charentes mais ce n'est quand même pas le nombril de cette planète et  j'ai besoin de m'évader de Niort et plus je vieillis et plus je suis curieux d'aller voir ailleurs si j'y suis bien .... 

.... et puis il y a la famille à voir le plus souvent possible, essentiellement dans la région parisienne et pour voir tout le monde en quelques jours sur des week-ends élargis il faut bien être libre de ses déplacements et circuler en voiture...

….et puis il y a les amis de toute une vie  et je revendique aussi le droit d'aller les voir, de continuer à faire courant août la traditionnelle et joyeuse tournée des potes qui m'ont tant manqué le reste de l'année. D'accord ça se traduit par un pèlerinage de plus de 3000 km et même en faisant l'effort d'une conduite souple et économique ça pollue.... et alors ? Je paierai la taxe, l'amitié et la fidélité n'ont pas de prix.  C'est d'ailleurs ce qu'il faut dire aux patrons qui devraient mettre un peu plus la main au porte-monnaie pour soulager les généreux salariés qui sont contraints de polluer pour venir faire tourner les entreprises.


 Dans ce billet il s'agit donc d'évoquer cette tournée des amis que nous faisons depuis plus de 20 ans courant août ;  un périple de deux semaines autour ou après le 15 août... mais de là à parler de tournée des popotes (le bégaiement)  je n'aurais pas du ;  j'aurai du laisser cette expression triviale aux journalistes qui suivent Sarkozy ou ses ministres ... même si je dois bien reconnaître que, chaque année, au bout de quinze jours de ce pèlerinage je prends à chaque fois 4 à 5 kilos. Nos amies ou amis (et oui il y en a...au fourneau ) cuisinent si bien les produits du terroir... et sans compter que nous rendons la politesse par quelques soirées caloriques au restaurant.

 Le problème n°1 c'est l'agenda : Comment faire un circuit qui permet de voir presque tout le monde... du Cantal au Bouches du Rhône en faisant des étapes par Toulouse, Montpellier, Alès puis en passant par l'Aveyron, la Lozère, le Gers et quand ce n'est pas, certaines années, Perpignan, Andorre et Barcelone.

 Le problème n° 2 c'est bien sûr de n'oublier ou d'essayer de n'oublier personne.

 Problème n°3 et pas le moindre : Septembre et la remise en forme grâce à un régime rigoureux.

 

La première étape fut aurillacoise pour voir ma soeur Annie, Michel et Sylvain mon neveu.  Sylvain m’avait demandé de lui amener quelques livres sur Jaurès. Je lui ai apporté le Max Gallo « Le grand Jaurès » et le Michel Bataille « Demain Jaurès ».  En plus je lui avait déjà offert, et fait dédicacé, le « Jaurès et la religion du socialisme  » de Vincent Peillon.

    En échange j’ai demandé à Sylvain de me faire, au moins, un billet sur Jean Jaurès  et c’est avec grand plaisir que j’ouvrirai mes colonnes à mon cher neveu…. Et c’est pour acter cette demande que j’en parle aujourd’hui « Je compte sur toi, tu vois c’est une façon comme une autre d’ouvrir le parapluie d'Aurillac contre les critiques qui pourraient pleuvoir…. et en plus comme ça, je pourrai parler de toi.».

 

Deux jours plus tard nous reprenions notre périple vers Toulouse. Nous avons fait une pause à Figeac  la ville où naquit Champollion de déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens. Pendant que Pilou cherchait dans ruelles du centre-ville des pierres pour enrichir la collection de notre petit poucet, Hugo, je traînais place Carnot et place des écritures jusqu’au Musée Champollion. A la maison de la presse je suis tombé sur un magnifique hors série de la Dépêche du midi consacré à Jean Jaurès, sa vie de Castres où il est né le 3 septembre 1859 à Paris où il fut assassiné le 14 juillet 1914, hors série qui compile une cinquantaine de « unes » de la Dépêche de 1870 à 1914 et autant d’éditoria ux signés de Jaurès. Un vrai trésor que je donnerai à Sylvain lors de notre prochaine rencontre.


 
Les trois journées suivantes furent essentiellement toulousaines avec nos amis de l’époque camerounaise Jipé et Clau, puis nos amis de l’époque marocaine Alain et Liliane…. Il fallait, comme chaque années ou presque, faire les revues d’effectifs à savoir s'informer de ce que deviennent les enfants et plus encore parler de nos fiertés, nos petits-enfants. Cette année nous n’avons pas poussé la randonnée en Ariège ; le samedi matin nous sommes allés à Grenade sur Garonne pour faire  le marché aux halles Jean moulin au cœur de la bastide.  Nous sommes entrés dans la belle église Notre dame, m ais comme c’était la grande messe de l’Assomption j’ai vite tourné les talons de crainte d’attraper une crise de foi.
 Le soir après un détour à la maison en construction de Faby et Laurent, nous avons mis le cap sur Toulouse centre, d’abord le jardin japonais Compans-Caferelli que nous découvrions, un lieu de « zén-itude » égayé cet après midi-là par un cortège nuptial hors de l’ordre courant venu faire des photos et qui était contemplé par le monde futile qui n’avait jamais vu de noce de ce style…  




.....ensuite et comme presque chaque année nous prenions place à la terrasse d’un restaurant place du Capitole.. . Et nous eûmes, heureux hasard, la surprise d’y rencontrer la famille Hubert ? Encore des anciens du Cameroun. La place du capitole est grande mais le monde si petit…



 
Dimanche nous n’avons guère amélioré le bilan carbone en allant retrouver, avec nos amis de Toulouse, d’autres amis de  Perpignan  pour un pique-nique super cool sur la plage de Leucate La Franqui. Heureuse initiative improvisée (malgré ses conséquences néfastes pour notre bilan carbone) et par ailleurs très intéressante car  j’appris qu’Henry de Monfreid, l’aventurier de la mer Rouge, naquit à la Franqui le 14 novembre 1879 il y a 130 ans. Plus jeune j’ai adoré ses récits… et j’ai envie de m’y replonger.  Le livre de George Paré que j’ai acheté sur place m’y invite et il me faudra aussi revenir sur ce beau sujet.


 La course contre la montre (et les dégâts occasionnés sur….etc, etc …) car ce soir là nous devions retrouver à Toulouse notre fils Eric, Olivia et Lucie qui traversaient la France d’est en ouest et à qui nous devions laisser les clés de la maison pour une pause chez nous à une date où nous n’y serions pas….

Le lendemain, toujours sur Toulouse, nous retrouvions pour quelques heures, des plus agréables, notre passé marocain avec Liliane et Alain, avant de reprendre notre route en direction du Tarn.  Cap vers Cordes sur Ciel, haut lieu de l’hérésie cathare, cette magnifique bastide tarnaise nous tient à cœur car c’est là que vers 1942 Miguel et Pilar Andres ont pu s’installer après avoir retrouvé leurs trois filles, Génoveva, Pilar Modesta et Encarnation, la mère de Pilou, qui avaient été évacuées par bateau de Santander en Juillet 1937.

 
 Mais la halte programmée à Cordes fut de courte durée car changement de programme suite à un appel téléphonique ; nous apprenions que Chris et Françoise étaient rentrés de vacances, la veille et qu’on pouvait passer les voir le lendemain…. mais puisqu’on était pas si près ... ça serait mieux  d’arriver ce soir, pour avoir suffisamment de temps pour faire un point sérieux sur les douze derniers mois depuis notre précédente rencontre…  Nous devions juste prendre du pain au passage, celui de Cordes étant particulièrement réputé, et bien sûr quelques pâtisseries. L’itinéraire prévu le lendemain en passant par Carmaux pour un coup de chapeau à Jaurès était reporté à … peut-être au retour.  Pour me faire pardonner cet écart de conduite je mis un CD de Brel :

« Demandez vous belle jeunesse, le temps de l’ombre d’un souvenir, le temps d’un souffle d’un soupir, Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »  

 Il doit y avoir quelques contentieux entre les DDE du Tarn et de l’Aveyron car nous avons mis beaucoup plus de temps que prévu  pour rejoindre Villefranche de Rouergue… des routes étaient interdites à la circulation et les indications des déviations  étaient abandonnées en chemin lors du changement de département : plus de 100 minutes pour faire moins de 50 km si ce n’était pas de la conduite économique ça ? J’améliorais un peu mon bilan carbone…

 
 Quel plaisir de retrouver Chris en pleine forme ! On a encore beaucoup bavardé, refait un peu le monde, taillé un short à Sarko  et raconté nos histoires de famille… avant de subir une terrible attaque de frelons. Heureusement que nous avons pu nous mettre à l’abri rapidement car ils étaient terriblement agressifs. C’est le lendemain lorsque nous avons pris la route vers de la Lozère, que nous avons entendu un information qui nous a fait froid dans le dos au sujet du Vespa Vélutina ; il s'agit de frelons asiatiques qui ont colonisé une grande partie du Sud-ouest de la France et qui faute de prédateurs se développent considérablement, tuant les abeilles et s’en prennant en escadrille à tout être vivant. Hichkockien ! J’ai bien évidemment immédiatement prévenu Chris pour qu’il informe sa mairie ou les pompiers.

 
 Nous en étions à notre sixième jour de tournée des potes (et des popotes : je prie encore mes bons amis de bien vouloir  m’excuser pour ce titre de mauvais goût qui est du à un bégaiement impromptu et inconséquent.)

 Nous voilà donc arrivé en Lozère dans un petit village à proximité d’Aumont d’Aubrac chez les parents de mon ami Jeff.  Pas loin de la terre de mes ancêtres, St Urcize ou Chaudes-Aigues, en Aubrac mais dans le Cantal où j’étais six jours plus tôt. Quelle vadrouille, quel désastreux bilan carbone… il va me falloir payer ça ! Je te vois Sarko en train de m’espionner. Tant pis je paierai !

La fin du pèlerinage aoûtien  sera décrite dans un prochain billet … on redescendra vers la Méditerranée puis les Cévennes avant de repartir en passant une nouvelle fois par l’Aveyron…. Quand on aime, on ne compte pas….

 

 

(A suivre)




 

Par daniel
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Samedi 18 juillet 2009

  Voilà un titre de billet qui va certainement m’amener quelques visiteurs supplémentaires. Mauvaise pioche pour eux car, pour l’essentiel, ce n’est pas un article sur Sarkozy ! J’aurais pu… mais je n’ai pas, en ce moment, la niaque pour me battre contre le moulin à vent de la France peopilisée, démocratiquement élu et institutionnellement installé à l’Elysée.

Que faire ? Le 25 juin le Nouvel  Observateur s’interrogeait sur « Les habits neufs du Président Sarko ». Ayant, sans doute, été rapidement rassuré par l’entourage de l’intéressé (après tout ce n’est pas du XXL et en période de soldes on trouve de tout), dès la semaine suivante le journal offrait au président une tribune par  le biais d’un entretien exclusif « Nicolas Sarkozy face à l’Obs ». A quand la touche finale ? « Le nouvel Obs. derrière Sarkozy

La veille du 14 juillet, TV5 proposait à son tour un portrait hagiographique du président, un portrait digne d’une république bananière, selon le jugement de Benoît en qui j’ai pleinement confiance … car franchement moi je n’ai pas pu regarder ce show narcissique : c’était au dessus de mes forces....

 ...et bien je vais à mon tour me lancer dans un show narcissique… ou du moins, restons modeste, seulement un article nombriliste parlant du blog, car ça fait pile poil 2 ans que je me suis lancé dans cette aventure. Je l’ai ouvert le 18 juillet 2007, en proposant en avant première,  à quelques membres de ma famille et à des amis mon 1er  billet intitulé « Premiers pas ».  
 Dans ce billet j’essayais, un peu maladroitement,  d’expliquer ma démarche, ma motivation. En prenant exemple sur le roman de Paul Auster
« Brooklyn Follies »  j’indiquais vouloir raconter les histoires de proches comme celle de mon oncle Didi résistant à 18 ans,  celles de la famille de Pilou, républicains espagnols fuyant le fascisme en Espagne…. Je me lançais aussi des défis comme de retrouver les traces de mes ancêtres, de découvrir, même très partiellement, ce qu’ils avaient été. Je voulais encore évoquer nos séjours en Afrique, nos engagements  etc, etc…

 J’avais qualifié ces billets de « devoirs de mémoire », un peu comme des devoirs de vacances ; ce terme qui collait assez bien aux premiers billets m’est apparu ensuite très excessif au regard de sa référence historique pour ne raconter, le plus souvent, que de banales histoires familiales et j’ai arrêté de l’employer….  à plus forte raison quand je me perds dans des élucubrations politicardes comme l’introduction à ce billet.  Ce blog est finalement resté, au fil du temps, un blog familial tenu par une sorte de  griot alphabétisé.

 

Alors quel est le bilan de ces deux années ?  Je crois que le mot « diversité » est celui qui qualifie le mieux l’ensemble. Diversité des textes, diversité des thèmes, diversité des visiteurs. Beaucoup d’amis m’ont dit être allés, un jour, sur le blog et d’avoir été très intéressés par tel ou tel article… et puis finalement beaucoup semblent s’être lassés : « Tu écris toujours ? Il va falloir que j’aille voir, ça fait longtemps que je n’y suis pas retourné ».

Cet article est le 188ème  en 24 mois, 104 semaines, 731 jours : en moyenne un article tous les 4 jours, 8 articles par mois, un peu plus de 1000 feuillets de format A4, des maladresses de style, un reliquat persistant de fautes d’orthographe et de défauts de ponctuation que je relève encore, aujourd’hui, quand je retourne sur un billet pour me rafraîchir la mémoire avant de proposer une suite … mais il faut démythifier ces contraintes de virgules et de points….

  Et puis est-ce si important que ça de bien différencier ballade et balade… après tout les deux vont bien ensemble. Je ne vise pas l’habit vert, mais la traçabilité d’histoires simples comme le faisait le Nathan de Paul Auster..... c'est pour ça que je revendique le qualification de griot.

 

En ce 18 juillet 2009 le compteur du blog pointe environ 26800 visiteurs ayant consulté 74300 articles.  Un peu plus de 20% de ces visiteurs sont des invités, des membres de ma famille ou des amis, à qui j’ai donné l’adresse : par contre je ne sais pas qui me lit…. sauf si on me laisse un commentaire…. Ce qui reste trop rare.

20 % des lecteurs proviennent de blogs « amis » que je consulte de temps à autre et qui me rendent la politesse ; plusieurs ayant d’ailleurs été présentés dans la rubrique «Les  invités du blog ». Enfin, et hélas sans doute, près de 60 % des visiteurs proviennent maintenant de moteurs de recherche type Google ou Yahoo : ce sont donc des lecteurs de hasard, ou des occasionnels qui ne restent peut-être pas très longtemps où se sont simplement égarés.

 

J’avais déjà fait une analyse de ce type en octobre 2007,  pour le 20ème article qui était intitulé « Le tour du blog en 80 jours ». Je n’avais alors qu’un petit millier de visiteurs au compteur mais à cette époque, 85% des visiteurs étaient des invités et donc de vrais lecteurs.

 Les chiffres de visiteurs et d’articles consultés furent assez élevés entre décembre 2007 et juin 2008 pour cause d’élections municipales : Il y eut des moyennes journalières de l’ordre de 50 lecteurs atteignant parfois jusqu’à 100 visiteurs. J’étais, il est vrai sous haute surveillance niortaise étant référencé comme un proche de Geneviève qui devait devenir fin mars 2008  le nouveau maire de Niort. 

Il y eut notamment une anomalie extravagante que je ne m’explique pas le 28 juin 2008 : 535 articles consultés pour seulement 41 visiteurs… c’était peut être la cellule de surveillance de l’Elysée qui marquait là son intérêt pour mon site (Fantasme !)

 

Depuis je suis revenu à quelque chose de plus normal, de moins effrayant pour un blog familial ; une vingtaine de visiteurs en moyenne jour dont une douzaine par les moteurs de recherche, atterrissant au total sur une petite cinquantaine d’articles

Je suis quand même surpris de constater que des articles vieux de deux ans sont encore consultés par le biais des moteurs de recherche, notamment ceux de la rubrique « No passaran »….. Nous avons retrouvé par ces articles des cousins de Pilou qui nous avaient laissé un commentaire. Pour cette rubrique je suis assez régulièrement lu en Espagne.  

 Un article comme « On veut des légendes » de la rubrique « Touche pas à mon rugby » d’octobre 2008 est aussi très, très régulièrement consulté. Tous les grands joueurs de rugby depuis la libération y sont cités… ça fait un bon nombre de mots clefs.

 « Trop poli-tique » ne fait pas trop recette, hors période électorale, mais finalement c’est peut-être parce que j’y parle de politique de façon très, trop modérée, trop politiquement correcte.  

Je me défoule nettement plus contre l’omniprésent par la rubrique « Ciné-cure » où j’attaque « masqué » mais c’est sans doute au détriment de l’intérêt des cinéphiles.

   

 Je suis quand même content et assez fier de certains billets comme celui pour soutenir Aung San Suu Khy avec « Rangoon ». J’aime bien aussi ceux qui ont concerné Costa Gavras, Paul Newman, Dustin Hoffman, Clint Eastwood.

J’ai adoré écrire « La gifle et l’épouvantail », « Les hommes du Président », « Le Président » de Verneuil  et je me suis vraiment régalé en travaillant sur « Great balls of fire & Walk the line ».  Je me suis aussi bien beaucoup amusé avec les Diaboliques au sujet du film de Tavernier.

 Enfin ce n’est pas sans une certaine émotion que j’ai évoqué le travail de mon oncle Didi dans le milieu du cinéma et notamment le dernier film pour lequel il ait travaillé, pour les décors et effets spéciaux avant de prendre sa retraite, « La Révolution française ». Je suis fier, aussi, d’avoir évoqué son travail d’artiste et le lien avec le cinéma notamment avec l’affiche de « Play time »

 

Ce fut aussi un vrai bonheur d’écrire la plupart des billets de Saga A… notamment Saga Africa et les 4 articles traitant du barrage d’Inga. Certainement les billets sur la longueur les plus consultés…. Mais on reparle à nouveau ces dernières années du projet pharaonique du Grand Inga.  Les articles sur le barrage d’Al Massira ont été moins suivis et ceux dans « Blog à part »  sur le pont de l’Île de Ré ou les chantiers d’autoroute semblent être passés inaperçus…. Peut-être le mauvais choix de titres en anglais… Je me demande encore pourquoi car ça ne me ressemble pas. Ah, ces  diaboliques V.O !

 

Un grand plaisir encore d’avoir évoqué Samory Touré en racontant mon séjour en Guinée, Faidherbe et Hadj Omar suite au voyage au Sénégal et à l’heure où un certain affichait du mépris pour l’histoire de l’Afrique….  Le plaisir aussi d’avoir fait un bout de chemin avec des hommes de la liberté comme Alphonse Baudin, en tableau au musée Carnavalet, Delgrès pour la Guadeloupe, Pascal Paoli pour la Corse.  

Des personnages comme Tati, Lorca, et quelques rares amis politiques sont entrés dans mon panthéon blogueste familial…. Il va me falloir évoquer d’autres figures mythiques qui m’ont fait rêver comme Lawrence d’Arabie, John Reed, Savorgnan de Brazza, Speke et Burton, Mungo Park, et bien sûr René Caillé le régional des Deux Sèvres qui est allé chercher aventure et gloire à Tombouctou …

 

Les billets de « voyages…» sont aussi assez visités par les lecteurs provenant des moteurs de recherche, mais pendant un laps de temps assez limité.

 

Par contre les rubriques « Blog à part… » et « Brèves de trêve » sont moins attractives… et elles restent ainsi de bons refuges quand je veux faire quelques confidences réservées à la famille ou à des amis proches. Les « Cases croisées.. » n’ont fait recette que la toute première fois ….

 

Il me semble que j’ai encore beaucoup de choses à raconter. Une rubrique comme « A livres ouverts » n’a pas été assez développée…. Certes j’ai parlé d’ouvrages et d’écrivains qui m’ont touché comme les africains Dongala et Kourouma  ou les auteurs de polars mais il y en eut tant de livres à des périodes différentes de l’enfance à aujourd’hui de Jules Verne à Russel Banks en passant par Kessel, Hemingway, Steinbeck, Boulle, Monfreid, Roy, Troyat sans oublier…. des classiques, des historiens, des essayistes, des auteurs de science fiction et…… pour un tel inventaire il faudrait un Prévert…..

 

Je dois encore et encore aller à la pêche à la lignée avec « Didi » et mes «cousins cousines» 

   

Et puis les « souvenirs en vrac » reviennent parfois à la surface de manière impromptue. Je n’ai pas encore parlé d’amis camerounais et congolais.

Je viens de relire le souvenir de juillet et je m’aperçois que j’ai oublié de raconter comment j’ai eu mon permis de conduire en Guyane à Kourou le 21 juillet 1969 : j’étais probablement dans la lune.

 

Alors vais-je continuer ce blog encore longtemps ? C’est la question ! Et je n’ai pas encore la réponse…. mais Il est clair que si, les visiteurs ne devaient plus être que des inconnus, je finirai par arrêter ….. malgré le plaisir d’écrire et le besoin d’évasion vers un passé finalement plus rassurant que l’avenir.

 

…. de toute  façon lorsque j’arrêterai ça se fera progressivement…. puisque je dois tenir compte de  trois  ou quatre inconditionnel(le)s qui me demandent de continuer.

 

  (A suivre..... ????)

Par daniel
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Mercredi 17 juin 2009

 Photos sans commentaire pour aujourd'hui mais il y aura un petit bout  texte à venir....  mais probablement pas avant vendredi en soirée.... désolé mais il me faut fournir sur plusieurs fronts.
Une petite précision quand même : il ne s'agit pas d'une randonnée en charentaises mais d'une bonne et saine balade en Charente Maritime.... Un circuit fermé de plus 20 km (mon podomètre instinctivement étalonné indiquant même 25 km) : départ et arrivée à Ronce-les Bains  avec  un crapahutage light dans la forêt de la Tremblade avant de repiquer en direction du Pertuis de Maumusson, le méchant détroit entre continent et l'île d'Oléron. Une pause pique-nique à la baie de l'Embélie, une sieste chronométrée de loup de mer dans les dunes et un retour long comme un jour sans.... Côte de Blaye par la plage  de la Cépe que nous abandonnions aux parcs à huîtres pour une aventure dans les marécages suivie une fuite vers la forêt avant de retrouver la plage polluée qui nous rapprochait de la terre promise et surtout d'une brasserie prometteuse.
 Pour résumer un départ de Ronce à 9 H 30 le retour à Ronce à 17 H 30. C'était bien, très bien même si on exclut une petite borne de plage dépotoir en fin de plage de la Cèpe... rien n'est parfait en ce bas monde pas même en Charente Maritime.





































































 Complément du 22 juin : En fait je n'ai guère eu le temps de revenir sur ce billet.
Ce fut donc une bien belle journée qui avait démarré par un superbe orage, comme je les aime, au petit matin vers 6 H.
 Quand on a quitté Niort à 8 H le temps était encore incertain, mais le ciel semblait se dégager vers l'ouest. Après 1 heure de route (oui je sais c'est un peu court et d'ailleurs certains ont eu droit au flash radar ) nous franchissions la Seudre. Quelques temps après nous commencions la balade : les flashés maussades, les autres enthousiastes car le ciel était alors parfaitement dégagé.
 C'est dans l'après midi que j'ai compris que j'avais eu du nez de choisir le costume de Crocodile Dundee quand en cherchant l'Eldorado dans les marécages entre plage et forêt je me suis trouvé le cul dans la vase et les pieds en l'air. J'étais justement entrain de parler de la Guyane à Christian... En prenant ce gadin j'ai sans doute évité des pertes plus conséquences. J'imagine la Une de la NR s'il y avait eu un accident  : Un groupe de niortais, dont 2 conseillères municipales, perdu dans les marais charentais. C'eut été énorme.....
 On a fini par faire un détour pour atteindre la forêt et revenir vers Ronce par un chemin moins hasardeux...... et pouvoir, au bout de l'aventure, savourer la bière fraîche qui nous attendait. 
 Nos  amis ont fait ensuite une soirée restaurant chez  Gaby... au port de la Tremblade. Je sais qu'ils se sont régalés... Pilou et moi on se rattrapera une autre fois... j'ai préféré assurer la douche le plus tôt possible (vers 21 H le temps de rentrer à Niort.) 

A suivre.

 

Par daniel
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Vendredi 24 avril 2009

 Un petit clin d'œil, en guise d'introduction, à Tonton Georges, grand artisan de la promotion de la langue française, et ce pour bien souligner que ce n'est pas une orientation franchouillarde que je défends dans ce billet....  

 

 Dans mon précédent article intitulé «coup de torchon» consacré à Bertrand Tavernier je regrettais avoir été obligé de voir son dernier film, « Dans les brumes électriques », en version originale sous-titrée. S'ajoute à ce regret une déception supplémentaire car j'espérais bien faire découvrir ce film, et l'univers de James Lee Burke, à quelqu'un qui m'est très cher mais qui, ne fréquentant que très modérément les salles de cinéma, m'a répondu «  et si, en plus, il faut le voir en anglais, j'attendrai la sortie DVD... » : J'étais furieux.

J'y suis donc allé seul, dès la première séance, le jour de la sortie. A cette première séance nous étions quatre spectateurs. J'étais doublement furieux... c'était du sabotage cette projection en V.O. Et qui plus est, pour ce film dont le déroulement est en grande partie accompagné en voix off, le temps perdu à lire les sous-titres gâche le plaisir du spectateur et même si, comme moi, il connaît déjà l'histoire pour avoir lu le roman : J'étais triplement furieux.

 

 A Niort il y a deux cinémas, deux types de cinéma devrais-je même dire : Il y a le Méga CGR (12 salles au centre ville) qui passe les films du circuit « commercial » CGR. Une programmation pour tous les publics où je trouve, en tant que cinéphile informé (lecteur de Première et Studio et divers journaux) de l'intérêt pour, selon les périodes,10 à 20 % des films à l'affiche ;  ce qui n'est déjà pas si mal.

 Il y a aussi le Centre d'Action Culturelle, le CAC (2 salles dont une belle grande salle et l'autre......) qui passe des films qui ne sont pas diffusés par le circuit CGR et finalement c'est une chance pour notre agglomération que cette programmation complète celle du CGR..... Je ne suis pas un spectateur très assidu du CAC, d'une part parce que le choix des films français est assez « limité », balançant souvent entre ennui et prise de tête ou la reprise de vieux films « populaires » consacrés cultes avec le temps : je suis toutefois allé voir dernièrement « Un barrage contre le pacifique » sauvé par l'interprétation et la beauté des paysages, mais aussi plus désespérant « Villa Amélia » ... J'y suis allé pour l'excellente Isabelle Huppert mais.... parlons d'autre chose.... J'ai quand même eu le plaisir de voir au CAC quelques chefs d'œuvre... certes en version originale quand ce sont des films étrangers... mais c'est mieux que rien.

 Je me souviens par exemple y avoir découvert il y a déjà quelques années, des films comme « Land of freedom » de Ken Loach et « The Hours » de Stephen Daldry et j'y ai vu l'an dernier une petite merveille « Mataharis » film espagnol de Iciar Bollain et il y a quelques semaines un très bon « Loin des terres brûlées » de Guillermo Arriaga.

 

 J'en reviens au Méga CGR, la programmation sans surprise est ce qu'elle est partout en France. Ainsi, l'an dernier, « Les chtis », en version originale, ont bien du squatter une salle pendant 8 ou 9 mois. Rien à dire, succès oblige. J'estime que l'année 2008 fut, en offre de films, globalement décevante alors que 2009 démarre plutôt bien.
 Ce cinéma a été ouvert fin décembre 2007 remplaçant deux vieux cinémas indignes d'une ville de 60 000 habitants et le choix d'implantation au centre ville, avec l'appui de la municipalité, fut très judicieux.

 Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Cette révolution « culturelle », a donné des idées à des cinéphiles qui se sont regroupés en une association au doux nom « Les diaboliques » en hommage à Clouzot, né à Niort en 1907.... et dont c'était le centenaire à l'ouverture de ce superbe multi-salles. Je ne sais pas trop comment ils se sont débrouillés avec la direction CGR mais ils patronnent certains films....et jusque là rien à dire.... sauf du bien (je commence par ça)  car ils ont permis à certains films de passer par Niort même pour une séance unique... alors que par le passé il y eut trop de films qui n'étaient pas projetés à Niort. Je ne peux que les féliciter pour ce progrès indéniable. Ils ont pu, par exemple, faire venir, en séance unique, « Johnny chien méchant » un film tiré du roman d'Emmanuel B. Dongala à qui j'ai consacré récemment un billet. Malheureusement j'étais en déplacement lorsque le film fut projeté : La faute à pas de chance.

 
 L'association a un site
http://lesdiaboliques.over-blog.com/ sur lequel on trouve des choses intéressantes comme le planning des programmations que j'aurais du consulter plus souvent, ce qui m'aurait, peut-être, permis de ne pas rater certaines séances uniques comme « Johnny chien méchant ». On y trouve aussi quelques articles intéressants comme des interviews de Brad Pitt avant la sortie de « L'étrange histoire de Benjamin Button » puis de Stephen Frears avant la sortie de « Chéri. »

 

 Après avoir présenté les mérites de cette association je vais enfin pouvoir en dire du mal et expliquer ce qui m'énerve chez eux : c'est tout simplement leur obsession de la V.O, un travers courant des milieux intellectuels qui peuvent ainsi se différencier du tout venant des salles obscures pop-cornisées. Il suffit d'aller voir sur leur site et lire les billets et commentaires : Comme dit mon copain Gérard « Le diable est dans les détails ». Il faut voir comme ils se gargarisent de l'exploit d'avoir obtenu une version V.O. S.T, comment ils se donnent un air avantageux lorsque ce film va pouvoir rester en V.O. pendant plusieurs semaines alors qu'ils reconnaissent eux mêmes des déceptions pour certaines séances en avant-première (20 spectateurs pour « Mon Führer », une centaine, à tout casser, pour des films plus porteurs) et je doute que ces « militants » poussent l'abnégation à revenir à plusieurs séances pour faire de l'audience. C'est cet état d'esprit qui me gonfle au plus haut point, car à côté de cette autosatisfaction égoiste se posent-ils la question du nombre de spectateurs rétifs à la V.O qui sont perdus ou ceux qui viennent malgré tout en le regrettant ensuite ?

 

 Début 2008 j'ai accepté d'aller voir « Into the wild » de Sean Penn en V.O, en râlant mais, finalement, je dois reconnaître que, pour ce film peu bavard, je n'ai pas été trop gêné, ensuite ce fut, si je me souviens bien, « No country for old men » des frères Coens où j'ai râlé un peu plus mais c'est avec « There will be blood » de Paul T. Anderson que j'ai vraiment été furax. A partir de ce moment j'ai décidé de boycotter ces projections en V.O. (à l'exception des « occasions » en séance unique)  en espérant que la logique de l'économie de marché, pourrait, pour une fois, me rendre service et conduire le CGR à interrompre ce diabolique monopole.
 J'ai pensé avoir partie gagnée quand j'ai vu début 2009 que d'excellents films comme « L'étrange histoire de Benjamin Button », « Gran Torino «, « Les noces rebelles » « Slumdog Millionnaire » et « Last change for love » étaient présentés en version française. Peut-être ai-je baissé la garde trop vite quand j'ai craqué pour aller voir en V.O l'excellent « Two lovers » de James Gray et puis le film de Tavernier. J'ai fait preuve de faiblesse mais c'est comme de vouloir faire une grève de la faim  un régime à côté d'un Saint Honoré.... Mais j'ai repris fièrement mon mouvement protestataire et le boycotte individuel. Tant pis pour « Harvey Milk », tant pis pour « Chéri », je suis en manque par la faute des ultra-Voistes, mais c'est moins dur que de subir pendant deux heures ces conditions de projection  ... et surtout c'est pour la bonne cause, pour permettre à ces films d'être vus par tout le monde. 

 

 Et pourtant je ne suis pas systématiquement hostile à la V.O. dans certains rares cas ça peut même être recommandé ; je pense notamment à certains films de Ken Loach : c'est évident pour « Land of freedom »: les espagnols parlent en espagnol et les combattants des brigades internationales parlent chacun leur langue et essaient pour les échanges de baragouiner en espagnol ou en anglais. Toujours avec Ken Loach si je prends « Carla's song » ou « Bread and Rose » une grande partie de ces films doit absolument être en espagnol (et pas de problème c'est tellement beau l'espagnol)  par contre pour la partie anglaise de Carla's song et californienne de Bread and Rose, en anglais donc, dans la version V.O, moi je préfère, au moins pour une première vision, et pour bien comprendre la trame des événements, que ce soit doublé en français. Je reste avec Ken Loach pour « le vent se lève » : Dans la version V.O. tout est en anglais alors que pour la cohérence du film les dialogues entre républicains irlandais devraient être et rester en gaélique et que seuls ceux des forces d'occupation devraient être, à la rigueur, en anglais (et je préfère encore que ce soit doublé en français....il n'est quand même pas inutile de bien comprendre l'histoire)

 Le film le plus concerné par cette question de langues devrait être « Babel » d'Aléjandro Inaaritu (et scénariste Guillermo Arriaga déjà cité) : Dans la version que j'ai vu (peut être au CAC ? Ou lors d'un déplacement professionnel) les marocains parlent en arabe, les mexicains en espagnol, les japonais en japonais, les américains entre eux en anglais, mais quand Brad Pitt dialogue dans le bled , du côté de Ouarzazate, avec les marocains, tout le monde parle en anglais : incohérence, la langue véhiculaire au Maroc est le français. Il vaut donc mieux que le film soit doublé en français pour les personnages américains et pour les dialogues avec les marocains.....

   ........et qu'on ne me dise pas que c'est pour mieux apprécier le jeu des acteurs : d'abord j'ai passé l'âge de jouer au groupie et d'autre part un film est un ensemble et l'essentiel est bien l'émotion ou tout simplement le plaisir qu'il procure aux spectateurs et je crois que de bien comprendre les dialogues sans avoir en permanence le regard scotché sur le bas de l'écran est primordiale.

  
 Quand je regarde chez moi des films DVD pour la nième vision, je les regarde souvent parfois en V.O, j'ai fait ce choix il y a quelques semaines pour les 3 volumes du « Parrain », mais il faut dire que je connais, presque par cœur, les répliques (en français) au moins pour les deux premiers... plus besoin de lire les sous-titres (sauf un peu pour la partie en italien, mais c'est tellement sympa l'italien). Je regarde aussi, ainsi, des vieux westerns des années 50 dont je suis friand... (Genre dernière séance) il faut dire que les doublages à cette époque n'étaient pas trop synchros (et même si ,aux studios de Joinville, après guerre mon grand oncle Maurice avait en charge d'organiser ce travail).

 
 J'en reviens à ma réaction après avoir du subir la projection du film de Tavernier en V.O.  : Triplement furieux je leur ai transmis un message le 15 avril et j'ai récidivé le 22 avril lorsque j'ai vu que le film en seconde semaine restait encore en VO.... Oh je n'ai pas été trop méchant et les lecteurs peuvent aller le vérifier
http://lesdiaboliques.over-blog.com/.

 Ils pourront voir comment l'association cherche à exploiter mes commentaires, sans d'ailleurs me prévenir, pour essayer de se refaire une santé. Ils ont lancé un débat sur le thème ayant probablement pour objet de démontrer que tous les membres de l'association sont sur la même longueur d'ondes (la V.O of course). Ce n'est pas que ça me déplaise, en tant qu'ancien rugbyman (très ancien il y a prescription) de monter en première ligne, et à plus forte raison pour un match sur terrain adverse.

 J'ai aussi pu constater que j'étais minoritaire... mais j'aime bien ça et puis sur 7 ou 8 commentaires ça n'est pas très significatif et combien même les 120 adhérents de cette association seraient unanimes contre moi.... j'ai assez d'expérience politicienne pour  me réclamer de la majorité silencieuse.

 

 La seule chose qui me dérange vraiment, et là je suis presque sérieux, c'est que certains me dénient le droit de me prétendre cinéphile parce que je refuse de découvrir en première projection des films étrangers en V.O.  «..Criant à l'imposteur, au traître, au papelard...» ils affichent leur mépris. Ce jugement est diabolique... et mon titre qui fait référence au bénitier trouve là toute sa cohérence.

 

  

(A suivre..... dans l'attente d'un prochain coup de gueule )

Par daniel
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Mardi 3 mars 2009

 Je ne pouvais pas laisser l'ouvrage en plan après avoir fait un billet sur les opérations de contrôles des fondations. Pourtant j'avais fait là l'essentiel de mon travail et pour la suite du chantier je fus beaucoup moins mis à contribution. Certes je suivais encore le travail de l'équipe chargée des contrôles des bétons notamment lors des phases de bétonnage des piles à partir de la plateforme, mais je n'étais plus en première ligne.


































 De même la réalisation, la confection, des voussoirs se faisait en préfa à la Repentie. De nombreuses éprouvettes étaient réalisées pour suivre la maturation du béton et déterminer l'évolution des résistances afin que ces éléments puissent être déplacés sans le mondre risque.
La technique de construction par encorbellement permettait d'avancer d'au moins 15 m par jour et c'est cette particularité du projet qui aurait permis à l'entreprise Bouygues de remporter le marché: Une fois que toutes les fondations étaient finies et les piles montées le tablier pouvait être réalisé en moins de 200 jours et être terminé avant l'été 1988 (un été de péages en plus)
 Pour cet ouvrage, commencé en février 1987 et les dernières fondations réceptionnées début novembre 1987, le dernier des 796 voussoirs fût posé et assemblé fin février 1988, il y a aujourd'hui un peu plus de 21 ans. Quelques jours plus tard j'accompagnais mon ami Jef, un languedocien égaré en Poitou-Charentes pour venir me voir, et lui permettais d'être  le premier civil (hors personnel de chantier) à passer le pont (et sans péage).















 
 
 Ce fut un bien beau chantier et un sacré spectacle de voir la rampe de lancement longue de 285 m en appuis sur le tablier déjà réalisé, au droit des piles, placer sur la pile suivante le voussoir de base, puis ensuite tous les voussoirs intermédiaires. Une fois que tout était posé il fallait assembler, cabler puis procéder aux opérations de mise en précontrainte... ce fut les dernières tâches que j'eus très ponctuellement à contrôler.... L'ouvrage de 3 km était terminé, l'aventure aussi.
  Il fut politiquement inauguré le 19 mai 1988.... car si je me souviens bien il y eut deux inaugurations en quelques mois.... et je ne sais pas trop pourquoi. Celle du 19 mai avec tous les politiques locaux mais sans les représentants nationaux de l'entreprise (j'y étais et ce fut très sommaire) puis une autre juste avant l'été pour la mise en service officielle,  avec tout le gratin national. (Plus festive, m'a t-on dit, car je n'y fus pas convié).




















(A suivre)

Par daniel
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Mardi 24 février 2009

 Voilà encore un chantier qui ne fut pas triste .... :  le pont de l'Île de Ré....Oh ! Je ne vais pas me plaindre.... c'est grâce à ce chantier que j'ai pu me réinstaller définitivement en France... non que j'avais le moindre regret de mes années de grands chantiers en Afrique, mais il fallait penser à la famille, aux enfants avec notamment Eric l'aîné qui rentrait en terminale. 
 Ce retour a d'ailleurs failli se faire pour le tunnel sous la Manche.... sans doute un boulot extra mais un site peut-être un peu trop nordique  après 15 années d'Afrique (nous avions déjà fait entre septembre 1978 et juin 1981, pour un barrage,  une expérience  alsacienne..... très, très jolie région, très verte ...of course...  un brin trop pluvieuse.....)... et puis l'Île de Ré ça sentait bon les jolies colonies de vacances de mes 12/15 ans... merci papa, merci maman... et je gardais de bons souvenirs du Bois Plage,  de St Martin, Ars, Rivedoux, le phare des baleines.... Exit le tunnel ! Ok pour le pont et bonjour le Poitou-Charentes.
 J'ai d'abord travaillé dès l'automne 86 avec un ingénieur de l'entreprise pour réaliser, en labo à Niort, les études des bétons et puis début 87 le chantier démarrait pour de bon.
 Nous avions monté un laboratoire à La Repentie-La Pallice où 2 techniciens étaient chargés d'effectuer les contrôles des bétons ; que ce soit les bétons "spéciaux" destinés à la préfa des voussoirs ou les bétons coulés en place pour les fondations et la structure des piles.
 Mon job principal fut de contrôler les fondations des pîles, selon une méthode ultrasonique, une sorte d'échographie du béton, en descendant, dans des réservations, des sondes d'auscultation qui, reliées à un appareil oscilloscope diagraphe, permettaient de vérifier la bonne continuité du béton, sur leur profondeur, des 4 pieux de fondation de chaque pile. 4 pieux de 2 m.  de diamètre, ancrés de 12 mètres dans le substratum calcaire  avec une inclinaison de 20°. C'est dire que les auscultations se sont faites sur une profondeur de l'ordre de 15 m pour les culées, à terre, côté continent et côté île .... mais aussi sur une profondeur approchant les 40 m au milieu du chenal.
Le premier pieu testé fut une opération de routine effectuée  côté continent, pour la culée C 29, le 6 février 1987..... par la suite ça s'est quelque peu corsé, jusqu'à la dernière culée C0 sur l'Île de Ré le 26 octobre 1987.... une affaire rondement menée en moins de 9 mois toutes les fondations étaient réalisées et les structures piles étaient bien avancées.
 Hormis les culées C0 et C 29 et les piles P1 et P 28 quasiment en terre ferme, du moins à marée basse, les 26 autres piles étaient situées au large, en mer ....  Les travaux étaient alors effectués à partir d'une plateforme maritime.... les travaux et les contrôles aussi... et là ce fut une toute autre histoire... une aventure souvent nocturne. 















 Nous intervenions 3 ou 4 jours après que le dernier des 4 pieux ait été bétonné... et comme l'ensemble de cette phase durait environ une semaine, l'entreprise s'arrangeait pour nous faire intervenir quand ça l'arrangeait le mieux à savoir généralement au cours d'un week end ou un jour férié et le plus souvent de nuit... nous étions prévenus de la date exacte 48h à l'avance et l'heure précise était indiquée 6 heures avant embarquement. Selon la profondeur des pieux les opérations de contrôles prenaient de 8 à 14 H transfert et installation compris.














 Nous descendions dans le batardeau métallique, sur la couronne d'où émergeaient les têtes des pieux. Nous étions à 8 m sous le niveau de la mer, dans le vacarme assourdissant des pompes qui évacuaient en permanence l'eau de mer.
 Le scénario type était le chargement sur le bateau à l'embarcadère vers 22 ou 23 H, l'arrivée sur la plateforme avec transfert du matériel une heure plus tard. L'installation, les branchements prenaient bien encore 1 ou 2 heures.... et puis les mesures nécessitaient environ 2 heures par pieu de 20 / 25 m de profondeur. Pour les pieux de 10 m on pouvait faire le travail en 1 heure par pieu, et ça pouvait friser les 3 heures pour les plus longs. Le temps de travail pouvait aussi considérablement s'allonger quand il fallait protéger l'ausculteur sous une bâche en cas de pluie, de crachin ou d'une assez forte humidité ambiante (euphémisme).
 Ce fût d'ailleurs une de mes plus grosses inquiétudes : Le matériel allait-il tenir ? Il a fallu les contrôles des 13/14 juillet pour que notre cher directeur qui avait une résidence secondaire sur l'îîe vienne faire un petit tour sur le chantier .... La direction de l'entreprise lui a mis les points sur les "i" sur les risques de pannes de matériels et le coût des pénalités par journée de retard. Trois jours plus tard nous avions un appareil de secours sur site.... bien lui en a pris, le mulet fut nécessaire mi-octobre.














 Le lendemain d'une intervention nocturne, et c'était généralement en fin de matinée ou début d'après midi nous retournions avec notre barda et le matériel sur le continent... fatigués mais contents.... la plateforme de jour était moins poétique que la nuit éclairée.... mais peut être était ce  l'effet de la fatigue?   














 Sur l'aire de la Repentie les ouvriers préparaient les cages armatures des pieux suivants ainsi que les ferraillages des voussoirs qui étaient ensuite bétonnés sur cette aire de préfabrication avant d'être mis en place sur les têtes de piles quelques semaines plus tard.












 Tous ces contrôles se sont bien passés : aucun problème significatif, un beau chantier du très bon travail.

A suivre.... très prochainement avec un autre billet sur la pose et l'assemblage des structures précontraintes.

Par daniel
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Vendredi 20 février 2009

 Pendant près de 42 ans j'ai pratiqué avec plaisir un métier de seigneur : bâtir, construire, rénover, contrôler...... Nombreux sont mes amis qui ne comprennent pas que je n'arrive pas à décrocher complètement... je finirai pas le faire prochainement mais pour moi le travail c'est la vie parce que c'est lutter au quotidien....  Que ce soit la bataille pour réaliser un bel ouvrage, le combat permanent pour former des jeunes techniciens et diriger une équipe, ou encore la lutte syndicale pour défendre les droits des salariés et exiger des patrons des contreparties aux efforts des travailleurs.
 Après avoir fait pendant mes vingt premières années de carrière des grands chantiers de barrages, de ponts et tunnels en France et en Afrique, les vingt dernières furent plus diversifiées  avec une large place faite à la route.





































 Depuis la fin des années 80 j'étais chargé avec mes équipiers de contrôler les travaux de réhabilitation des couches de chaussée de routes et autoroutes.
 Ces travaux étaient effectués essentiellement entre mi-mars et Pentecôte avec parfois une prolongation entre mi-septembre et Toussaint.
 Il fallait suivre la fabrication des enrobés en centrale puis la mise en oeuvre et le compactage sur site. 
 Notre responsabilité était telle que ce boulot était à la fois stressant et enthousiasmant. Notamment les dernières années où la  réhabilitation des couches de roulement se faisait par apport d'un enrobé de type BBTM (Béton bitumineux très mince) avec un rythme d'avancement sur autoroute de plus de 3 km par jour : Il est clair qu'il fallait être super vigilant et ne pas perdre de temps lorsque nous décelions la moindre anomalie ; notre organisation devait permettre une correction quasi immédiate.
 



 Le plus souvent, du moins sur autoroute, pendant les travaux, la circulation est basculée sur l'autre voie en double sens. Les travaux se font alors sans risque et sans difficulté majeure... mais ce n'est pas toujours le cas notamment quand ils sont effectués à l'entrée ou sur une rocade d'une grande ville.... ils sont alors effectués par bandes de roulement avec la circulation maintenue sur les bandes voisines... alors là bonjour l'angoisse d'autant qu'il d'agit le plus souvent de travaux de nuit et que les véhicules qui roulent à proximité et nous menacent sont essentiellement de monstrueux poids lourds...... 
 On rencontre aussi ces conditions extrêmes lorsqu'il il faut faire des réparations plus importantes pour purger et remplacer des couches orniérées plus profondément. Cela concerne les voies lentes, massacrées par les poids lourds internationaux qui traversent la France (les travaux sont financés par les péages ou par les contribuables pour les réseaux sans péage. Pensez à ça, ceux qui veulent la gratuité ! ).... là encore on travaille sur la bande de roulement concernée, sous circulation, mais de jour si c'est un site non urbain. Par chance je n'ai jamais vu d'accident.... mais la peur au ventre et le soucis permanent de veiller à la sécurité de tous.


 Pour les chantiers d'autoroute en rase campagne le plus grand danger est l'averse subite.... il faut intervenir immédiatement pour ralentir et canaliser la circulation sur l'autre voie en double sens, surtout lorsque la direction du vent est défavorable car de fortes pluies tombant sur l' enrobé chaud (étendu à 150°et refroidissant peu, le temps des opérations de compactage.) entraînent un phénomène de brouillard  pouvant être ponctuellement très dense....
Pour le reste quand ces chantiers se font de jour et par beau temps.... et que les primes et les heures sup. tombent ce n'est que du bonheur de travailler.







































 


 En hommage aux forçats de la route sans EPO, à ceux qui se lèvent tôt et sans avoir eu besoin des sermons du bonimenteur.


A suivre..... jusqu'au bout de la route....

Par daniel
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