ciné-cure

Vendredi 6 novembre 2009
Texte non terminé

 Voilà deux vieux films, deux westerns qui eurent un succès certain à leur sortie, succès dû à leur originalité mais, peut-être, aussi parce qu’ils ont été produits et réalisés dans des conditions conflictuelles, polémiques… enfin des films qui furent longtemps entourés de rumeurs, d’histoires mystérieuses qui aidèrent à leur promotion et à en faire des films cultes.

  

 Le premier, le plus ancien « Le Banni » en anglais « The Outlaw », a été réalisé en 1941 mais n’est sorti aux USA de façon limitée qu’en 1943 (et repris de manière généralisée dont l’ Europe en 1946 pour cause de guerre).

 Ce film fut produit par le studio Howard Hughes Production et réalisé par Howard Hughes et Howard Hawks…. Il semble que pour l’essentiel le film ait été réalisé par Hawks, Hughes, homme d’affaire très occupé, s’étant semble t-il, contenté d’être co-réalisateur des scènes où Jane Russel était présente avec des idées très précises sur la façon de mettre en valeur ses jolies formes.


 Je ne vais pas tr op m’attarder sur la personnalité d’Howard Hughes, sinon que de conseiller de voir « Aviator » (2005) le film de Martin Scorsese avec Léonardo DiCaprio et Cate Blanchett. (Il me faudra d’ailleurs, bientôt, consacrer un billet « non prétexte » à Scorsese). 
 Pour faire simple je veux seulement rappeler ce que déclarait le fantasque et excentrique milliardaire en 1930 à la sortie des « Anges de l’enfer » : « Je veux être le plus grand aviateur du monde, le plus grand producteur de cinéma du monde, l’homme le plus riche du monde…  » … et il faut bien reconnaître qu’il a réussi dans tous les domaines en particulier le dernier en devenant le principal actionnaire de la TWA…. Il aurait pu aussi ajouter le plus grand séducteur… car toutes les plus grandes actrices de l’époque tombèrent dans ses bras de Jean Harlow à Elisabeth Taylor en passant par Ava Gardner, Rita Hayworth Jane Peter (qu’il épousa), Lana Turner…et beaucoup d’autres. Même que Sinatra le menaça publiquement de le tuer car il lui piquait ses gonzesses … mais c’était Hughes le plus riche…. et ça aide.

 Pour en revenir au film « Le Banni » l’ambiance polémique qui entoura la réalisation puis la sortie portait sur deux points : l’un, essentie l, un conflit d’intérêt entre studios de production, les méthodes à la hussarde d’Hughes dérangeaient, notamment lorsqu’il débaucha Howard Hawks et qu’il prit, en charge les frais du procès qui l’opposa à la Warner.

 L’autre point polémique fut surtout un prétexte : Hughes eut à faire à la censure pour atteinte aux bonnes mœurs. Les plans insistants sur la généreuse poitrine de Jane Russel et l’affiche défrisaient l’Amérique puritaine et le comité de censure bien encadré par le lobby hollywoodien…. Jugé immoral, brutal et scandaleux « Le Banni » n’obtint pas le visa d’exploitation ce qui n’empêcha pas le mégalomane Hugues de le présenter dans de nombreuses salles qu’il réquisitionnait…

 Ce film qui conte une histoire classique, les aventures de Billy le Kid, Doc Holliday et Pat Garrett fut le plus grand succès de western des années 40, grâce à la censure et aux jolies formes de la belle Rio / Jane Russel. 

  

 Pour «Seuls sont les indomptés » en anglais « Lonely are the Brave » la polémique fut plus classique puisqu’il s’agissait de mésentente entre le réalisateur et l’acteur principal et producteur du film.

 Un peu comme en politique tout part d’une crise d’amitié. C’est Dalton Trumbo qui fut à l’origine. Trumbo était un grand écrivain, et un très, très grand scénariste. Il fut même réalisateur, en fin de carrière, en adaptant un livre qu’il avait écrit en 1939 « Johnny s’en va en guerre »  (Johnny got in gun) ; film qui reçu le grand prix du jury au Festival de Cannes en 1971. (Trumbo est décédé en 1973).

 Dalton Trumbo avait été une des principales victimes du maccarthysme. Homme de gauche, en raison de ses positions anti-militaristes et syndicalistes, il fut l’un des dix de la liste noire qui refusa de répondre à la question « Avez-vous été communiste ? » Il traita la commission de système nazi et fut condamné et sa carrière stoppée, même s’il continua à écrire des scénarios (sous pseudo.... sous lequel il eut même  2 oscars en 1954 et 1957 ) du Mexique où il s’était exilé après avoir tenu, en 1950, à purger sa peine d’un an de prison. Il conserva le soutien de ses amis acteurs et réalisateurs de gauche dont entre autres  Kirk Douglas et David Miller…. Puis à partir de 1960 il put reprendre son travail de scénariste sous son nom, d’abord grâce à Otto Preminger et Paul Newman pour « Exodus » puis avec l’appui de Kirk Douglas avec qui il travailla consécutivement sur trois films dont Douglas était l’acteur principal, mais aussi le producteur: « Spartacus » de Stanley Kulbrick, « El Perdido » de Robert Aldrich, et « Seuls les indomptés » de …. ??? … Sur les conseils de Trumbo, Douglas avait retenu David Miller … selon le vieil adage « les amis de mes amis sont des amis »…. Ce qui n’est pas toujours vrai :

 

 Kirk Douglas n’aima pas Miller, il n’aima sans doute pas le ton contemplatif que donnaient certain rushs du film visionnées. Il est incontestable que certaines scènes très physiques, notamment les rapports de l’homme et de son cheval furent imposées par Douglas,  mais de là à dire que c’est lui qui avait fait le film, c’était aller un peu loin.
 C’est notamment le point de vue de Bertrand Tavernier dans les bonus qui accompagnent le DVD. Tavernier qui a bien connu Trumbo et Douglas fait plus confiance au témoignage du premier que du second qui a toujours été un brin excessif. Progressiste mais un tantinet mégalomane le Kirt.
  Douglas affirmait d’ailleurs que, de toute sa carrière, ce western était son film préféré …. Il fallait donc bien qu’il s’en attribue tous les mérites.

   

 « Seuls sont les indomptés »  dont l'action se déroule au 20ème siècle est un western moderne et nostalgique. Il fut réalisé en 1962, tourné en noir et blanc pour accentuer l'effet nostagique et il reprend le thème assez classique du solitaire qui se bat pour défendre ses traditions, sa façon de vivre et sa liberté contre les transformations du monde et les conséquences sur son environnement….
 Sous la plume de Trumbo l’histoire n’a pas un sens réactionnaire puisque le héros a une destinée suicidaire, il ne peut pas gagner… d’ailleurs son ami, celui pour lequel Jack - Douglas se fait arrêter pour l’aider à s’évader, refuse de le suivre, refuse de s’évader….. Il ne devait pas gagner, et c’est, peut-être, la contradiction entre la sensibilité individualiste de Douglas, la perception collective de Trumbo et celle écologiste de Miller, ce mélange réussi qui fait de ce film, un peu perdu de vue aujourd’hui, un film rare. Aux côtés de Douglas on retrouve Wallter Mathau et Gena Rowlands tous les deux remarquables et sans oublier Whisky un extraordinaire et magnifique cheval.

 

 
 Entre la polémique dans le cinéma et le cinéma dans la politique il n’y a pas une grosse différence : seulement deux lettres ….

 

Article non terminé : la suite à venir avec quelques lignes sur le grand bordel à Droite notamment sur la bannie et l’indomptée Rama Yade.

 

 

A suivre

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 19 octobre 2009


 Voilà un titre de film qui est en symbiose avec l’actualité ; j’aurai pu dire qu’il tombait pile poil, mais cette expression est maintenant « guignolesquement » chiraquienne, je ne peux dont plus l’utiliser dans un billet politique ciné-cure motivé, avant tout, par mon anti-sarkozisme primaire.  

Eh oui ! Ils ont gagné hier dans la 12ème circonscription des Yvelines ! Ils auraient pu tenir profil bas car une participation de 33% ce n’est, après tout, pas très folichon mais n’empêche qu’aujourd’hui ils sont pendus à tous les micros, présents à toutes les télés pour célébrer la belle ( ?) victoire de leur candidat, grotesque umpiste mais sympathique people, lors d’une élection partielle dans un fief de droite, a priori imperdable,…… Putain quelle peur ils ont du avoir, ces nocs, pour maintenant bomber ainsi le torse ! Après cette victoire et avoir passé un coup de fil de félicitations et de récupération, on peut penser que le président a pu enfin, après ces terribles semaines de turbulences médiatiques, tomber, douillettement, dans les bras de Morphée. Bonne nuit les petits......  
 Pendant ce temps les gens d'en bas, modestes citoyens, contribuables non protégés,  les pauvres, les exclus, les chômeurs ou les travailleurs qui font ceinture blanche sous le harnais, et les générations du futur proche (en attendant les suivantes), peuvent continuer à cauchemarder !

 

Et si, pour changer de ton et éviter de trop m'attarder sur un non évènement, j'en revenais au titre en parlant un peu cinoche.

« Au nom du père » est un excellent film réalisé par Jim Sheridan, qui est sorti en salle en 1993 et qui raconte l’histoire des « quatre de Guilford », quatre jeunes voyous qui ont été accusés de participation à des attentats de l’IRA et furent condamnés suite à des aveux obtenus sous la torture, et qui en application des lois anti-terroristes du gouvernement Thatcher,  écopèrent en 1975 de 15 ans en prison.
 Les familles des jeunes gens furent aussi arrêtées dont les «sept Maguire», la famille de Gerry Colon, qui durent aussi subir des peines de 12 à 15 ans de prison.
 En 1989 une enquête montrait que les preuves étaient fausses, les notes des interrogatoires falsifiées, et les jeunes gens fallacieusement accusés. Un nouveau procès permis leur libération alors qu'ils étaient sur le point d'avoir purgé leur peine et en 2005 Tony Blair présentait publiquement des excuses.... ce qui leur fit une belle jambe notamment au père de Gerry qui était mort en prison
 


 C’’est un film militant que réalisa l’irlandais Jim Sheridan, un pamphlet contre l’injustice, contre des méthodes policières ; mais c'est aussi un témoignage sur l’univers carcéral et une belle histoire d'amour racontant les retrouvailles d'un père et d'un fils réunis par l'injustice dans une même cellule. Le film est splendide : tout y est, le rythme, l’émotion, la réflexion… et puis les acteurs sont magnifiques comme portés par la cause avec Daniel Day-Lewis dans le rôle de Gerry Conlon et Pete Postlewhwalte dans celui du père Giuseppe, ou encore Emma Thompson.

J’ai retrouvé une interview de Daniel Day-Lewis  par un journaliste de Studio qui lui demandait comment il qualifiait sa relation de travail avec Jim Sheridan :

« Indéfinissable ! Il faut dire que c’est un grand fou. J’aime son extrémisme et j’y suis réceptif. On se pousse l’un l’autre vers les extrêmes sans qu’on ait besoin de beaucoup parler. D’ailleurs, on se comprend si bien qu’on peut se dispenser de tout un bavardage inutile autour du film, du personnage, du rôle. Chacun a un grand respect mutuel de l’intimité de l’autre et, en même temps, le sentiment de partager un secret… »

« Au nom du père » reçu l’Ours d’or à Berlin et eut 7 nomination aux oscars.

 

Le tandem Sheridan/ Day-Lewis tourna deux autres films :

Il y avait eu en 1989 « My Left Foot » qui raconte l’histoire du peintre irlandais  Christy Brown qui était handicapé, atteint d’une paralysie spasmodique. A l’âge de 9 ans il arriva à contrôler son pied gauche et commença ainsi à se mettre à peindre devenant par son travail un peintre reconnu. Pour jouer ce rôle Daniel Day-Lewis, perfectionniste, passa plusieurs semaines en fauteuil roulant et s’est fait nourrir à la petite cuillère. Il obtint l’Oscar du meilleur acteur.

   

Il y eut ensuite en 1998 «The Boxer» qui évoque la vie du boxeur irlandais Barry McGuigan, un champion du début des années 80 qui connut ensuite la prison. Les personnages décrits dans ce film ont eu une période de gloire et Shéridan raconte ce qui se passe après, quand ils ne sont plus sous les lumières, quand ils ne sont plus des vedettes, quand il n’y a plus ni amour ni amitié et qu’il faut, malgré tout,  reconstruire une vie. (Ce film m'a touché car il m'a rappelé un boxeur  que j'ai connu à la fin des années 60 et qui avait été  champion d'Europe avant de connaitre ensuite des jours difficiles.)
  L’émotion qui se dégage du film vient de la contradiction qu’il y a entre ce que l’on voulait être et ce que l'on devient. Un film sur les craintes et les espoirs magnifiquement traduits par Daniel Day-Lewis et Emily Watson. Dans le cadre de sa préparation du film Day-Lewis s’est beaucoup entraîné et s'est fait coaché par l’ancien champion McGuigan. Il fut nommé pour les « golden globes ».

 

L’Irlandais Jim Sheridan a fait une belle carrière de réalisateur, avec seulement 6 films. Dans ces films , du moins ceux que j'ai vu, on est impressionné par la densité humaine des personnages, la générosité des thèmes et des messages des films et par la rigueur professionnelle du réalisateur ; des qualités reconnus qui en ont fait un grand cinéaste populaire. Je n’ai pas vu tous ses films : on dit beaucoup de bien d’un film de 1990 qui n’est pas sorti en France, « The Field » avec Richard Harris, Tom Béranger et John Hurt.

Par contre je suis quelque peu resté sur ma faim avec « In América » sorti en 2004, et enfin son dernier film en 2006 fut complètement éreinté par la critique. Shéridan n’est pas très vieux (il a juste 60 ans) mais il semblerait que la cause irlandaise le transcendait et que Daniel Day-Lewis magnifiait ses films. Sera-t-il capable de revenir au premier plan sans ces éléments moteurs?

 

Day-Lewis n’a pas tourné autant de film que d’autres acteurs de sa trempe (Comme De Niro par exemple car il a voulu devenir acteur en voyant Taxi driver ), puisqu’il n’a, à son actif, que 18 films……. Mais peu de "non succès".

Au début des années 80 il apparût en rôles secondaires dans quelques grands films comme «Gandhi» d’Attenborough, « Le Bounty » de Donaldson, «  My Beautiful Laundrette » de Frears et « Chambre avec vue » de James Ivory.

Il tient son premier rôle principal en 1988 dans « L’insoutenable légèreté de l’être » de Philip Kaufman face à Juliette Binoche.

Ensuite ce furent les trois films de Shéridan avec en plus et en alternance :

En 1992 « Le dernier des Mohicans » de Michael Mann (déjà cité dans le précédent billet ciné-cure)

En 1993 « Le temps de l’innocence » de Martin Scorsese avec Michel Pfeiffer.

En 2003 « Gangs of New York » de Martin Scorsese face à Léonardo Di Caprio

En 2008 « There will Be Blood » de Paul Thomas Anderson avec le deuxième Oscar de meilleur acteur pour Day-Lewis à 51 ans.

 

Selon Studio de mars 2008 « … Pour les partenaire de Daniel Day-Lewis mieux vaut qu’il incarne un homme sympathique, car l’acteur est connu pour entrer dans la peau des personnage et s’y tenir tout au long du tournage, même en dehors des prises… »

Jim Sheridan disait « Il émane de lui une sorte de présence spirituelle. Il est taillé pour jouer les saints ou les diables… »

 

Quelques films ne sont pas sortis en France et parmi ceux que j'ai pus voir, un seul fut vraiment rejeté par la critique française, à juste titre me semble t-il, « La Chasse aux sorcières » de Nicolas Hytner en 1996 (C’était un remake « Des Sorcières de Salem » avec Signoret et Montand)

Daniel Day Lewis serait en train de tourner un nouveau film avec Scorsese  « Silence » qui devrait sortir en 2010.

 
 Le film « Au nom du père » montre comment dans un pays démocratique comme l'Angleterre, au nom de bons sentiments, la lutte contre le terrorisme, des institutions saines pouvaient cautionner des dérives fascisantes ; Nul n'est à l'abri et on ne voit pas ça que dans des républiques bananières. L'Irak,  Guantanamo sont la preuve que ça peut toucher au 21ème siècle la république à bannière étoilée comme les Etats-Unis.... mais c'était sous Georges Bush junior... l'exemple est, sans doute, mal choisi car c'était déjà au nom du père,  avec la suite de l'aventure irakienne.  
 En Afrique on note des progrès certains : après les coups d'état  de la période post indépendance faits par des sergents quasiment illettrés (il en reste encore comme Camara en Guinée)  on a tendance à passer  au niveau supérieur avec des transmissions de présidence par filiation : Kabila fils après Kabila père, Bongo fils  après Bongo père, Eyadéma fils après Eyadéma père... on évoque même de possibles successions chez les Wade, chez les Moubarak, chez les Kadhafi, peut-être même chez les Biya.... mais sans doute ne sont-ce là que des rumeurs.

 En France il n'y a rien à craindre : le président cherche tout juste à placer son fils à la tête d'un EHPAD ; il n'y a pas de quoi s'affoler de ce très léger abus de pouvoir. Quel fils d'un président n'aurait, pour unique et modeste ambition, que de diriger une maison de retraite fut-elle médicalisée ? 
 Pour le président c'est probablement pour s'assurer une retraite tranquille et c'est la moindre des choses quand on est un dirigeant super actif .
 Peut-être est-il aussi quelque peu inquiet d'entendre ses anciens discours dont il ne se souvient plus trop bien et où il disait des choses comme « travailler plus pour gagner plus » ou  « il faut réduire le déficit public et la dette de la France » ou encore « il faut refonder et moraliser le capitalisme » etc, etc.... j'en passe et des meilleurs.
 Une bonne place protégée pour l'avenir, à plus ou moins court terme, me paraît être, finalement, une sage précaution.... pour tout un chacun.



A suivre

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 18 septembre 2009

Je suis un peu en retard de publication… non la machine n’est pas encore grippée… mais, comme je suis dans la toute dernière ligne droite de ma vie professionnelle, j’ai un gros boulot à finir, des dossiers à fignoler, des informations, de trucs à communiquer à celui qui va me succéder ……nul n'est indispensable mais...  Le blog va donc probablement tourner un peu au ralenti pendant quelques semaines… j'ai bien quelques articles en tête (dont le précédent à finir).... mais ce n’est pas ce type d'information personnelle, ce genre de «révélation »,  qui est à l’origine du titre de ce nouveau billet… Il s’agit bien d’un billet consacré au cinéma et plus précisément à un réalisateur que j’adore depuis une bonne quinzaine d'années, Michael Mann.
 Quand j’aurai rappelé et détaillé consciencieusement  la filmographie de Mann, il est très probable que, pour finir l’article, je glisserai, tout naturellement, vers un commentaire politique en m'appuyant sur ce titre incontestablement d'actualité....... et d'ailleurs si j'ai choisi Révélations plutôt que Heat, Collatéral ou Public ennemies c'est bien à dessein (encore que, et à la réflexion, j'aurai bien pu tirer quelque chose de ces trois autres titres) ..  mais à l'heure
 où je commence ce billet je ne sais pas encore dans quelle direction de révélations je vais me laisser entraîner ; est-ce que ça sera plutôt vers Sarko ou plutôt vers Ségo ? Est ce que ça sera, en m'appuyant sur les révélations du JDD de la semaine dernière, vers l’incroyable et ténébreuse affaire « Clearstream » (qui manipule qui?) ou vers la Royal récupération des vraies mais néanmoins fumeuses révélations du livre « Hold-uPS, arnaques et trahisons » ? Mais chaque chose en son temps et au préalable il me faut donner un sincère coup de chapeau à Michael Mann.

J’ai découvert ce réalisateur fin août 1992 avec « Le dernier des Mohicans », la énième adaptation hoolywodienne du roman de Fénimore Cooper. Le film n’a pas eu une bonne critique et n’eut donc pas un grand succès à sa sortie en France…. Il faut dire qu’il y avait de la concurrence à cette époque avec « Impitoyable »  de Clint Eastwood, « Alien 3 » de David Ficher et même le très moyen « Pavillons lointains » de Ron Howard, avec Tom Cruise et Nicole Kidman …. Epoque bénie où les bons films sortaient à foison … et je ne les ai pas tous cités : les derniers films de Claude Sautet, Barbet Schroeder et Quentin Tarantino qui avaient eu aussi d’excellentes critiques.

Mais moi qui suis un fan du cinéma de papa je n'aurais sûrement pas loupé ce genre de film malgré les mauvaises critiques et j’ai, très sincèrement, adoré ce « dernier des Mohicans »,  porté par un très grand  Daniel Day-Lewis, et d'autres bons acteurs comme Madeleine Stowe et les indiens Wes Studi et Russel Means ; seul petit bémol, le choix de Patrice Chéreau pour interpréter le colonel français (??)….mais déjà les caméras de Mann fouillaient magnifiquement les scènes nocturnes comme celles du siège du fort ; excellence qui devint par la suite la grande spécialité de ce réalisateur.

 

En février 1996 Michael Mann nous offrait « Heat » un film particulièrement attendu car pour la première fois Robert De Niro et Al Pacino se confrontaient dans un film. Une histoire classique de gendarmes et de voleurs avec Pacino, en flic retors ayant par ailleurs des problèmes familiaux, et De Niro en gangster sur le retour des casses et de l'amour.
 Michael Mann a admirablement exploité l’image personnelle de ces deux acteurs « Ils sont les deux faces d’une même pièce, deux frères ennemis…. la métaphore de l’acteur et de son double ». Dans le film ils ne sont face à face que dans une scène, une scène anthologique, qui ne dure que quelques minutes  mais où « tout  ce qu’ils se disent vaut pour leurs destins à la ville. Le dialogue codé fait un état des lieux de leurs carrières respectives. Bourré d’orgueil, de rivalité courtoise, d’estime réciproque…… Mann nous offre une saga tragique et violente où deux géants se neutralisent et nous laissent fasciné. » Excellente critique de Denis Parent. Il faut aussi mentionner dans ce très bon film la présence de Val Kilmer, de John Voight, Ashley Judd, Natalie Portman et Wes Studi.

 

En mars 2000 je découvrais «Révélations ». Al Pacino était à nouveau à l’affiche dans un rôle de journaliste pugnace. En face de lui Russel Crowe que j’avais déjà vu dans « Mort ou Vif »  un western parodique  mais surtout dans « L.A. Confidential ». Par sa performance face à Pacino, «Révélations » allait lancer Crowe au rang de star  ce qu'il confirmera dès l'année suivante  avec « Gladiator » de Riddley Scott .
 Ce nouveau film de Mann, est d’une puissance exceptionnelle ; il  raconte une histoire vraie la dénonciation d’un scandale de santé publique liée à  l’industrie des cigarettes. « Porté par une interprétation impeccable, les emportements de Pacino, la retenue de Crowe, Michael Mann capte ces instants charnières à dimension humaine.. . …. Un hommage à tous ceux, puissants ou anonymes qui prennent le risque de faire éclater la vérité » Selon le critique Christophe d’Yvoire.

  

Deux ans plus tard, en Mars 2002 sortait le nouveau film  de Michael Mann. Il s’agissait cette fois d’un Biopic consacré au boxeur Cassius Clay - Mohamed Ali. Le réalisateur suit la métamorphose du champion pendant les dix années les plus décisives de sa carrière. Ses combats sur le ring,  sa personnalité, ses amours, ses combats politiques comme le refus de partir au Vietnam et son engagement pour la foi musulmane.   Son come-back au sommet de la boxe et ce combat de légende pour retrouver son titre de champion du Monde à Kinshasa en octobre 1974. Nous étions au Zaïre à cette époque et nous avons vécu, bien que loin de la capitale, la fièvre de l’évènement et la propagande récupératrice du régime de Mobutu qui submergea le pays.

Le film est superbement construit s’appuyant sur un Will Smith extraordinaire dans le rôle du champion. « Grand film, grand cinéaste. C’est rempli d’une énergie trop rare que l’on sort de ces 2 H 30 de cinéma avec à la fois le sentiment d’avoir été touché par quelque chose qui va au-delà de ce qui est montré à l’écran….. Michael Mann a construit son film comme un peintre compose un tableau. Par contrastes, Par harmonies de couleurs, par rupture de traits, révélant des lignes de forces aussi subjectives qu’essentielles…  » (Christophe d’Yvoire). A côté de Will Smith complètement imprégné par son personnage on trouve Jamie Foxx, Mario Van Peebles et John Voight.....tous plus excellents les uns que les autres. Un film grandiose, même s'il déçut...... commercialement.


Fin septembre 2004 les cinéphiles, de plus en plus nombreux fans de Michaêl Mann, découvraient son dernier film dont la rumeur (et la promotion) disait  que c'était le film plus que parfait : « Collatéral ».... Il n'est pas exagéré de dire que la rumeur n'était pas usurpée... et pourtant ce film n'obtint aucun Oscar lors de la cérémonie de 2005 ( Jaimie Fox fut récompensé avec l'oscar du meilleur acteur dans « Ray »,il ne pouvait donc pas, en plus, recevoir l'oscar pour le meilleur second rôle dans « Collatéral » pour lequel il avait été nominé.). Ce film est un extraordinaire polar crépusculaire, l'action se déroulant à Los Angeles de la tombée de la nuit au lever du jour. Un chauffeur de taxi (Jaimie Fox) prend en charge un homme (Tom Cruise) qui a un boulot à faire tout au long de cette nuit en cinq étapes successives. Dès la première étape le chauffeur réalise que son passager est un tueur chargé d'une exécution à chaque étape.
 Michael  Mann confirme son talent pour filmer la nuit comme aucun réalisateur n'avait réussi à le faire avant lui.... il sait aussi mieux que quiconque tirer le maximum des grandes stars qui travaillent avec lui.... après Days Lewis, De Niro, Pacino, Crowe, Smith,  voici Tom Cruise et une confirmation  Jaimie Fox. Une scène extraordinaire est l'étape du club de jazz et la fausse amitié qui se noue entre le tueur et le trompettiste, devant les yeux effarés du chauffeur qui sait ce qui se passera à la fin de la discussion.... et puis une autre scène furtive, celle du coyote qui passe devant le taxi.... Je suis certain que c'est un clin d'oeil à Michael Connelly, l'auteur de polars dans le cadre de Los angeles et notamment « Le dernier Coyote »....  Ah! que j'aimerai que Michaël Mann fasse un film de ce magnifique roman ... Je suis surpris qu'aucun critique n'ait relevé ce clin d'oeil. Il me faut quand même rapporter quelques lignes de Patrick Fabre : « ....cependant la vraie star de Collatéral reste Michael Mann. Sa mise en scène est tout simplement "mortelle" …  D'autant que hasards et coîncidences, coups de théâtre et renversements de situation sont des conventions du genre auxquelles le réalisateur ne cherche pas à échapper. Elles font partie de son cinéma. Et plus encore dans Collatéral, qui porte profondément l'empreinte de ce metteur en scène urbain dont le filmage, à la fois élégant et nerveux, lui ressemble. Grâce à quoi il nous offre un grand film sur la solitude, les rêves brisés et la droiture.....». Voila qui est bien dit...

 En août 2006 je connus ma première déception avec « Miami Vice ». Je n'ai pas aimé ce film dont je ne parlerai pas trop, même si la version DVD, un peu plus longue et moins confuse, se laisse mieux regarder. Selon Thomas Baurez «... Mann, devenu expert dans les tournages de nuit en numérique, recherche le beau cadre et oublie de faire un film... ». Je pense aussi que le casting n'était pas à la hauteur des précédents : Collin Farrel, jusqu'à preuve du contraire dans des films à venir est ....médiocre et au contraire, effet Oscar, Jaime Foxx se croit obligé de surjouer... quand à la très jolie Gong Li, belle plante, elle fait office d'ornement.
 Et puis et surtout, ce film est un remake d'une série télévisée des années 70, Deux flics à Miami dont le réalisateur était déjà Michaël Mann.... qui aurait mieux fait de rester sur une belle histoire passée.

 Puisque j'évoque les débuts à la télévision de Michael Mann, je dois signaler, aussi, ses trois premiers films pour le cinéma ; films que je n'ai pas vus, pas même en DVD, mais qui deviennent des films cultes : « Le Solitaire » un polar de 1981 avec James Caan, puis « La Forteresse noire » un film fantastique de 1983 avec Scott Glenn et Gabriel Byrne et enfin « Le Sixième sens » un thriller de 1986, tiré de Dragon rouge un roman de Thomas Harris qui, chronologiquement, précède le Silence des agneaux. Le film de Jonathan Demme  avec Jodie Foster et Anthony Hopkins ne sortira qu'en 1991.

 Cette parenthèse refermée il me faut maintenant parler du cru 2009 avec « Public enemies »  sorti mi-juillet et qui est encore à l'affiche dans bien des salles. Tous les ingrédients des excellents films de Mann sont réunis: des stars Johnny Deep, Marillon Cotillard, Christian Bale et une histoire, celle de de John Dillinger, un gangster mythique qui braquait les banques dans les années 1930 et qui fut abattu par la police à l'âge de 30 ans. Le Studio Ciné Live de l'été 2009 étant encore en vente je conseille à ceux qui me lisent, non seulement de voir ce film mais aussi d'acheter le journal pour les interviews de Johnny Deep et Michael Mann :« Qu'importe  la méthode de l'acteur pourvu que j'arrive à utiliser sa personnalité pour coller au rôle.»

 Voilà j'ai fini le billet que je voulais faire depuis le début de l'été sur Michael Mann, depuis que j'ai vu l'excellent dernier film avec  Johnny Deep.... et puis voilà au moment de conclure, je n'ai plus guère envie de disserter politique, de m'occuper de Sarko et Ségo, de « Clearstream » ou de « Hold-uPS, arnaques et trahisons ». Ras le bol des conneries peopolisées de ces deux là.
 Pour finir je vais rester ciné-cure et révélations en évoquant  « L'affaire Farewell ». Le film de Christian Carion qui sort Dimanche soir à Niort en avant première nationale et dans tout le pays mercredi prochain. Je ne vais pas parler du film que, bien sûr, je n'ai pas encore vu mais de l'affaire elle même. Hier j'entendais Carion dire que les premières informations de cette extraordinaire affaire d'espionnage ont été révélées publiquement par Jacques Attali dans son Verbatim, ce qui m'a surpris.... j'ai vérifié dans ma bibliothèque et j'ai relevé que les journalistes Pierre Favier et Michel Martin-Rolland ont publié le 1er tome de La décennie Mitterrrand en octobre 1990 où l'affaire est abondamment évoquée (pages 94 à 100) alors que Jacques Attali n'a sorti son Verbatim qu'en 1993 et évoque l'affaire plus succinctement (page 86).
 Rendons à César les révélations qui proviennent de César. Farewell, le dernier des Mohicans ? La boucle est bouclée



( A suivre )

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 26 juillet 2009

Ce billet de Ciné-cure est consacré à Ridley Scott l’un des deux ou trois réalisateurs les plus actifs des trois dernières décennies et l’un des plus talentueux.

Il ne sera nullement question de politique, ce n’était pas du tout prévu, et comme le président a eu aujourd’hui un malaise vagal, je ne vais pas, en plus, le tourmenter. D’ailleurs le titre, « les duellistes » n’est guère porteur avec lui : ça fait longtemps qu’il a fait le ménage dans son camp. C’est vrai que le titre irait beaucoup mieux pour le PS.... mais là c’est moi qui fais un malaise vague à l’âme.

On ne tire pas sur une ambulance, alors pas la moindre intrusion politico - humoristique. C’est donc un vrai billet de cinéphile mais c'est aussi un billet de vacancier sur le retour. Oh ! Pas grand-chose, juste une petite semaine en Périgord noir avec nos petits-enfants.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, jeudi dernier, d’apprendre, en consultant le guide vert, avant d’aller visiter Sarlat qu'« un Sarladais connu sous le surnom de François-Louis Fournier-Sarlovèse (1723-1827), inspira à Joseph Conrad Le Duel, nouvelle qui servit de base au film Les Duellistes du réalisateur Ridley Scott (1977). Conrad et Scott étaient fascinés par les 22 duels consécutifs qui opposèrent durant 19 ans, ce général, cavalier émérite et sabreur chatouilleux, glorifié par la campagne d’ Espagne, à un autre général d’ Empire, Dupont. Le duel final se situe dans le film, au château de Commarque.»   

 
 Vendredi après-midi la dernière visite de notre périple en Périgord  fut pour cette  grandiose forteresse en ruine, abandonnée depuis le 17ème siècle (au profit du château de Lassel situé de l’autre côté de la vallée de la Beune) mais en cours de réhabilitation depuis une quarantaine d’années.
 La forteresse est dissimulée au fond d’un magnifique bois qui permet pour l'atteindre, en partant du parking, une très agréable balade.



 Quand le chemin débouche sur la forteresse on est étonné de se retrouver face à un ensemble aussi grandiose alors qu'une vingtaine de mètres
avant, on ne l’apercevait même pas.  Le site est surprenant avec sa base troglodytique surmontée de constructions romanes, puis en élévation la place forte et le donjon.

 






  









 Conrad a publié «
A Set of Six » en 1908, un recueil de six nouvelles dont « Le Duel » alors qu’il avait déjà publié 8 romans dont « Au cœur des ténèbres », « Lord Jim » et 4 recueils de nouvelles dont «Typhon ».

 

«Les duellistes » est le premier film de Ridley Scott alors qu’il avait déjà 40 ans en 1977. Il obtint le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes. J’ai adoré ce film que j’ai vu relativement tardivement et que je considère comme l’un des trois meilleurs films de ce réalisateur. (Avec « Thelma et Louise » et « Gladiator »).

Ridley Scott, comme Alan Parker, comme John Bormann, comme son frère Tony Scott et comme beaucoup d’autres réalisateurs en charge des grosses productions américaines est britannique.

  

Les duellistes sont Armand d’Hubert (interprété par Keith Carradine) et Gabriel Ferraud (joué par Harvey Keitel). Ce sont deux officiers de l’armée napoléonienne. Le lieutenant d’Hubert est chargé par son supérieur de mettre aux arrêts le lieutenant Ferraud qui s’est battu en duel le matin avec le fils du maire de Strasbourg. Cette sanction avait surtout pour but de l’empêcher de se pavaner, le soir même, dans un bal mondain de cette ville.
 Mais Ferraud se sent offensé et provoque d’Hubert en duel. Ce duel est remporté par d'Hubert qui blessa son adversaire mais à partir de ce jour les deux soldats s’opposeront chaque fois qu’ils se rencontreront et ce tout au long du règne de Napoléon et même au-delà pour le dernier duel.
 Les seuls moments où ils ne pourront s’affronter sont les périodes de guerre et quand ils ne seront pas au même grade, mais tous deux graviront quasiment simultanément la hiérarchie militaire de lieutenant à général et ils pourront donc, se haïr et se combattre à  loisir durant 19 ans

   Les deux acteurs sont fabuleux : Harvey Keitel en Ferraud officier violent, impulsif, querelleur, haineux  au comportement absurde alors que Keith Carradine campe un d’Hubert réaliste mesurée qui repousse toujours l’absurdité de ces duels mais que le sens de l’honneur oblige à accepter.

 


 Ridley Scott a réussi à faire de ce premier film un film esthétique que beaucoup ont comparé à
Barry Lyndon de Stanley Kubrick.
 Il a su magnifier l’histoire par la maîtrise du tournage et la poésie et la beauté des teintes et couleurs qui doivent beaucoup au choix du Périgord noir pour le tournage.


Wikipédia affirme que Scott  avait choisi la région de Sarlat comme décor pour son film car elle correspondait à l’esthétique qu’il voulait donner à son film sans même savoir que c’était la région natale de François Louis Fournier Salovéze, général d’Empire né à Sarlat le 6 septembre 1773. Fournier surnommé « El Demonio » par les résistants espagnols et qui servit de modèle d’abord à Conrad puis ensuite à Scott pour le personnage de Ferraud.

En dernier mot, l’avis d’un critique lors de la sortie DVD : « Ce premier film méconnu de Ridley Scott  est un véritable coup de maître. D’une mise en scène irréprochable et d’une beauté visuelle magique, complété d’une superbe performance d’acteurs, « Les Duellistes » qui marque le début d’une longue carrière de réalisateur, et qui appartient aux grands classiques du cinéma n’est à manquer sous aucun prétexte.  C’est un film d’une grande beauté visuelle, et le transfert vidéo respecte en tous points cette image somptueuse. Les éclairages naturels inspirés du film Barry Lyndon, les paysages brumeux aux lumières douces et feutrées sont agréablement reproduits par une image qui possède une très légère trace de grains. Quelques défauts de vieillesse sont perceptibles : quelques grattement et rayures se laissent deviner sans toutefois retenir l’attention ni gâcher le spectacle.  »

Pour finir ce billet il me faut rappeler, assez  brièvement, la filmographie de Ridley Scott qui est riche dans sa diversité.  

En plus du petit bijou, Les Duellistes, il faut absolument avoir vu              
 Thelma et Louise, un film de 1991 oscarisé devenu culte et emblématique pour les féministes, avec Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel et les débuts de Brad Pitt. 
  Gladiator : le retour du Péplum en 2000 avec Russel Crowe et Joaquin Phoénix. Un film fabuleux récompensé par 5 oscars.

Pour les amateurs de science-fiction il faut voir ou revoir : 
 Alien, le huitième passager
(1979) C’est le 1er de la série, le meilleur, avec bien sûr Sigourney Weaver, Tom Skerritt et John Hurt.
 Blade Runner  de 1982, avec Harrison Ford d’après le roman de Philip K Dick.

Pour les fans de polars :
 Traquée
de 1987 avec Tom Béranger... qu'on peut voir mais finalement assez moyen. 
 Black Rain
 au sein de la mafia Japonaise avec Michael Douglas et Andy Garcia. Un bon film de 1989.
 American Gangster : un policier de 2007 avec Russel Crowe et Denzel Washington sur fond de lutte contre la pègre new-yorkaise et sur la base de faits authentiques et de personnages réels : le noir parrain mafieux et le flic blanc. Un excellent polar et le plaisir de voir le méchant Washington apparaître derrière le sourire du gentil Denzel.

 Pour les amateurs de films historiques :
 1492 Christophe Colomb avec un Gérard Depardieu extraordinaire. Le film de 1992  m’a paru un peu long en salle mais je l’ai savouré en DVD en version pourtant plus longue.
 
  Kingdom Heaven
 : Un film  de 2005 sur les croisades, long de 145 min. qui m’a paru très, très long… mais peut-être à revoir en DVD en version encore plus longue de 190 min. en prenant son temps. Il parait que la version DVD est meilleure car les studios avaient imposé des coupes pour la projection en salles qui nuirent à la cohérence du film. Il y eut cependant de nombreuses critiques qui dénoncèrent des anachronismes ou  incohérences historiques.

 Pour ceux qui s'intéressent aux événements géopolitiques :
 La Chute du faucon noir.
Un film de 2002 sur les combats de Mogadiscio en 1993 : très réaliste.
 Mensonges d’état : Le dernier film sorti en 2008 avec Russel Crowe et Léonardo Di Caprio. La CIA au Moyen-Orient traque les terroristes. Encore un film très bien fait…. Mais on s’écarte  de plus en plus de l’ambiance des duellistes ou même de Thélma et Louise, Christophe Colomb ou Gladiateur. Dommage d’autant que Scott va maintenant sur 73 ans. 

 Il y a enfin les films que je n'ai pas vus ou que je n'ai pas voulu aller voir :
 Légend un film fantastique de 1985 avec Tom Cruise. Lame de fond  de 1995, une histoire de voilier dans la tempête avec Jeff Bridge.   A armes égales  de 1997 avec Demi Moore une femme qui participe à un stage extrême de commando. Hannibal : de 2001, la suite du "Silence des Agneaux" avec Anthony Hopkins et Julianna Moore mais sans Jodie Foster. Est-ce pour ça que je ne suis pas allé le voir ?  Les Associés
 de 2003 avec Nicolas Cage. 
 Et enfin en 2006, Une grande année : Un film promotion pour le rosé de Provence avec Russel Crowe et Marion Cotillard ; film qui avec de tels arguments et malgré des critiques assassines,  mériterait  d'être vu, en DVD chez soi, un verre de rosé à portée de main..

( A suivre)

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 28 juin 2009

 Me servant de mes billets « Ciné-cure » pour empiéter, mine de rien, sur le terrain de la politique il eut été impensable que je n'évoque pas un jour le maître du genre Costa-Gavras

Je ne parlerai pas des deux premiers films que j'ai vu il y a fort longtemps et dont ne me souviens plus très bien ; j'espère qu'ils sortiront un jour prochain en DVD. Il s'agit de « Compartiment tueurs » et d'« Un homme de trop ». Ces deux films se caractérisent surtout par le rassemblement d'une pléiade d'acteurs ce qui confirme l'aura qu'avait déjà à 30 ans Costa-Gavras dans le milieu du cinéma français

 Dans « Compartiment  tueurs » (1965) en adaptant l'excellent polar de Sébastien Japrisot, Costa-Gavras a rassemblé devant ses caméras Yves Montand Simone Signoret Jacques Perrin, Michel Piccoli, Jean Louis Trintignant et encore Denner, Gelin , Bozzufi etc...

Pour  « Un homme de trop » (1967), sur un récit de Jean Pierre Chabrol qui raconte l'évasion d'une prison allemande de résistants condamnés à mort, on retrouve Perrin et Piccoli accompagnés de Charles Vanel et Bruno Crémer et aussi J.C. Brialy, C. Brasseur, F. Périer etc... 

 

 Que du beau monde pour ces deux films qui ont été très bien reçus mais Costa-Gavras a vraiment connu le grand succès et sa voie avec « Z » en 1969.
 Konstantino  Gavras, né à Athènes en 1933, a alors 36 ans ; il a fait des études à l'IDHEC et ensuite ses premiers pas et ses preuves comme assistant de Verneuil, Demy, Becker ou Clément.
 Cet homme de gauche, grec de naissance, était destiné à faire son premier grand chef d'oeuvre avec un film ayant pour thème la dictature des colonels grecs.

 On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais ça ne faisait que deux ans que les militaires dirigés par le colonel Papadopulos avaient pris le pouvoir : Suite aux élections remportées par les forces progressistes et le refus du roi de leur confier le pouvoir, de graves troubles ont secoué le pays. L'assassinat, par des milices d'extrême droite du député Lambrakis et les manifestations de colère qui suivirent débouchèrent sur le coup d'Etat des colonels le 21 avril 1967. C'est cette histoire que Costa-Gavras  trouva dans le livre de Vassilis Vassilikos « Z » et qu'il décida, immédiatement, de porter à l'écran.
 Le roman fut adapté par Jorge Semprun. Le projet fut soutenu par Yves Montand et Jacques Perrin. Au générique en plus de Montand et Perrin il y avait aussi Irène Paras,Trintignant, Denner, Dux, Boffuzi, Fresson, Périer, Salvatori etc... et il ne faut pas oublier la musique de Mikis Théodorakis qui était alors emprisonné par la junte. Le film a reçu en 1969 le prix du Jury à Cannes et un prix d'interprétation pour Jean Louis Trintignant. Il obtint aussi l'Oscar du meilleur film étranger.   
 
  La dictature des colonels est tombée en 1974.

  En écrivant ces lignes je ne peux m'empêcher de penser à la jeune Neda, assassinée par les bassidjis, la milice du régime, alors qu'elle défilait au sein d'un cortège dans les rues de Téhéran. Qui est le Costa-Gavras d'aujourd'hui qui en fera un film utile à la démocratie et au respect des droits de l'homme... et des femmes ? Les vidéos du Youtube  sont utiles mais insuffisantes.

 
 Costas-Gavras continua de dénoncer les régimes totalitaires : en 1970 « l'Aveu » sortait deux années à peine après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques venues mettre fin au « Printemps de Prague ». Dans ce film Costa-Gavras raconte la déchéance d'Artur London vice-ministre des affaires étrangères du gouvernement communiste de Tchécoslovaquie. Arrêté en 1951 sous l'accusation de conspiration avec des ennemis occidentaux, on lui arracha, sous la torture, des aveux  qui lui évitèrent la peine de mort lors des procès de Prague de 1952. Condamné à la perpétuité il fut réhabilité en 1957. Quelques années plus tard, en 1963, London quittait son pays pour s'installer en France.

 
Artur London publia en France deux livres : Espagne et l'Aveu. Le premier (nous l'avons dans notre bibliothèque en espagnol Espana, espana) concernait la guerre d'Espagne et racontait sa participation aux brigades internationales avec ses camarades du procès de Prague exécutés ou emprisonnés... Brigades internationales anti-fascistes qui furent leurs seuls contacts avec de soi-disant agents occidentaux que l'acte d'accusation du régime stalinien mentionnait.

 Le second livre de London était l'Aveu qui fut adapté par Jorge Semprum comme scénario pour le film de Gavras. Yves Montand s'était encore fortement impliqué dans le projet, en plus de tenir magistralement le rôle d'Artur London. Simone Signoret était Lise London, l'épouse française d'Artur, qu'il avait rencontrée dans la résistance en France (encore un crime selon les stalinistes). Lise était la sœur d'un dirigeant du PCF (Raymond Guyot) et les communistes français disaient ne pas savoir....

 
Je me souviens avoir prêté ce livre à Paul en 1977 quand nous étions ensemble au Maroc. Paul avait pu fuir la Tchécoslovaquie après l'intervention soviétique et était allé s'installer en Suisse dont il devait finir par obtenir la nationalité.  Il n'avait jamais entendu parler de cette histoire et ni vu le film.

 En 1972 Costa-Gavras réalisait « Etat de siège ». On changeait de continent mais on ne changeait pas une équipe qui gagne Gavras, Semprum, Montand.

 Yves Montand jouait le rôle d'un conseiller américain d'un gouvernement sud-américain qui est enlevé par un groupuscule révolutionnaire. En fait le film nous apprend  que le personnage était un membre de la C.I.A. chargé de former les policiers et les milices anti-terroristes au service de la junte fasciste. Ce film a reçu le prix Louis Delluc 1972 ; par contre l'accueil fut plus que réservé aux USA contrairement à l'Aveu et Z  qui avaient été très bien acueuillis.... et oui il y avait des sujets gênants pour les américains et pourtant c'était avant le 11 septembre 1973.....
 Avant de passer en 1982 une seconde couche qui fâcha la droite américaine avec «
Missing »  Costa Gavras a quelque peu diversifié les sujets pour ses deux films suivants. 

  En 1974/75 il fit dans le devoir de mémoire avec « Section spéciale » adapté du récit d'Hervé Villeré par Semprum. Le film raconte la création par le gouvernement de Vichy d'une cour spéciale pour juger les résistants. Ce film dénonçait la mascarade législative et la parodie de justice orchestrées par un gouvernement de lâches.  

 En 1979 il aborda le genre intimiste avec « Clair de femme » avec Yves Montand et Romy Schneider. A l'époque ce film m'a laissé, malgré tout, assez dubitatif. Il me faudra le revoir car depuis j'ai appris qu'il était tiré d'un roman de Romain Gary, magnifiquement adapté par Milan Kundéra selon le pointilleux Romain Gary.
 Dustin Hoffman a déclaré que c'était la plus belle histoire d'amour qu'il ait vu au cinéma. Avec de tels panégyriques je me dois de revoir ce film. J'ai commandé le DVD et dès que je l'aurai reçu et vu je fournirai un avis par un commentaire à ce billet. 
 

  En 1982 Costa-Gavras a changé de braquet. Pour poursuivre sa croisade cinématographique  anti-dictature, anti-atteinte aux droits de l'homme il accrocha son wagon pamphlétaire au train hollywoodien (Universal Studio). Il visa juste car si « Missing » fut très controversé aux Etats-Unis dans les milieux de la droite reaganienne, il fût néanmoins récompensé aux Oscars dans la catégorie meilleur scénario original après y avoir été nommé dans 3 catégories (5 nominations pour les Golden Globes).
  Il obtint aussi la Palme d'or à Cannes (ex-aequo avec Yol de Yilmaz Güney) doublé du prix d'interprétation masculine pour Jack Lemmon.

Le scénario co-écrit par Costa-Gavras et Donald Steward est adapté du roman de Thomas Hauser « L'exécution de Charles Horman ».  L'histoire raconte la disparition d'un journaliste américain lors du coup d'Etat de Pinochet. Ce très grand film doit beaucoup aux acteurs, Sissy Spacek et Jack Lemmon. Ce dernier tient le rôle du père du disparu, conservateur bon teint qui découvre, petit à petit, ce qu'est le régime de terreur de la junte militaire et l'implication des U.S.A.  

    

 Un très, très, grand film qui n'a pas pris une ride même si l'Amérique d'Obama n'est plus tout à fait celle des Reagan, Bush et malheureusement aussi Carter voire Clinton. La politique américaine basée sur l'obsession du communisme jusqu'à la fin des années 80 puis la crainte des contagions gauchisantes castristes, sandinistes et aujourd'hui Chavez, l'a conduit à soutenir des aventures fascistes paramilitaires type Contras....  

 Ces jours-ci les militaires ont renversé le président Zélaya démocratiquement élu en Honduras........ À suivre la position de l'ONU et des USA.


 En 1983 Costa-Gavras s'intéressa ensuite au conflit palestino-israélien en réalisant « Hanna K » avec Jill Clayburgh, Gabriel Byrne, et Mohamed Bakri. Un film mélo pas très convaincant. Assurément ce n'est pas le meilleur de Costa-Gavras.

 

 En 1985 Gavras tourna avec Johnny ; quelle drôle d'idée ! Assurément, à lire les critiques de l'époque, « Conseil de famille » était son plus mauvais film... mais sans autre commentaire car je ne l'ai pas vu.

 

 En 1988 il renoua avec Hollywood pour un assez  bon film « La main droite du Diable »  avec Tom Béran ger et Débra Winger sur fond de Ku-Klux-Klan et groupuscule néo-nazi. Un assez bon film mais qui ne tint pas la comparaison avec  « Mississipi Burning » d'Alan Parker qui sortit quelques mois plus tard.

 

 C'est en 1989 qu'il renoua avec un vrai beau succès très mérité « Music Box ». Une brillante avocate Ann  (Jessica Lange)  est amenée à défendre son père (Mike Laszlo) réfugié hongrois aux Etats-Unis soupçonné d'avoir été un criminel de guerre.  Un très beau film qui fut récompensé par l'Ours d'or au festival de Berlin.

 Costa Gavras fit un break pendant quelques années à l'exception de la « Petite Apocalypse » un film qui est passé inaperçu et dont je ne sais pas grand chose hormis la présence de Dussolier et Arditi. Sans doute quelque chose comme un film entre amis...  

  En
1997 il travailla à nouveau pour Hollywood avec « Mad City ».  Ce film est une critique des grands médias qui manipulent l'information pour se mettre au goût de l'opinion publique. Dustin Hoffman, journaliste ambitieux mais sur le déclin veut se refaire une santé devant des millions de télé-spectateurs face à un pauvre type, John Travolta, qui vient de perdre son emploi et est devenu preneur d'otage, et dont il fera un héros national. Avec de tels interprètes et le talent professionnel de Costa-Gavras le film ne pouvait qu'être bon.... bien que ce soit un peu décevant de retrouver Gavras dans un tel registre.

 


 En 2001 Costa-Gavras renouait avec le devoir de mémoire en adaptant pour le cinéma, « Le Vicaire », la pièce du dramaturge Rolf Hochhuth.
 Le film sortit sous un titre plus provocateur « Amen ».  Il dénonce l'attentisme du Vatican devant l'holocauste perpétré par le régime nazi. Un magnifique film avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassocitz et Michel Duchaussoy.

Un film à revoir à l'heure où certains envisagent la béatification de Pie XII.




 Le dernier film de Costa-Gavras qui m'ait enthousiasmé est le « Le couperet » sorti en 2005.  Bien plus qu'enthousiasmé il m'a subjugué.
 J'avais découvert le roman de Donald Westlake il y a 6 ou 7 ans. C'était l'époque où pour faire connaissance avec un auteur de polar j'en lisais 4 ou 5, voire plus, les uns derrière les autres.... et de la série c'est celui là qui m'avait le plus bluffé....  
 Cette histoire de cadre supérieur qui vient d'être licencié et qui, sachant que dans son domaine technique, les postes sont rares, décide d'éliminer à l'avance ses probables futurs rivaux pour d'hypothétiques offres. J'ai tellement aimé ce bouquin que je l'ai prêté à une dizaine de copains et qu'il ne m'a jamais été rendu. Il m'a d'ailleurs fallu, finalement, le racheter.
 Quand j'appris que Costa-Gavras allait adapter ce roman au cinéma je fus surpris, mais pourquoi pas ! « Le couperet »  pouvait être, en quelque sorte, le second volet de « Mad City », la suite des dérapages d'un sans emploi aux abois, qui devient avec la crise un sérial-killer social.
 Costa-Gavras allait-il arriver à faire émerger du film l'humour noir de Westlake? Le choix de José Garcia pour tenir le rôle principal était, a priori, étonnant mais il fut judicieux. Il devenait d'autant plus judicieux  que le scénariste  Jean Claude Grumberg avait transposé l'histoire d'Amérique en l'Europe. José Garcia, Karin Viard et Olivier Gourmet sont magnifiques.

 En 2009 est sorti le dernier film de Costa-Gavras «Eden à l'Ouest ». Les critiques n'ont guère été élogieuses parlant même pour ce film qui traite de l'immigration clandestine de  film se situant dans les basses eaux du parcours de Costa-Gavras... et comme le même mois sortait sur le même thème le film de Philippe Liotet  «Welcome ». J'ai préféré aller voir ce dernier : admirable !

 Je ne peux finir ce billet sans évoquer le très beau film le Laurent Herbier «Mon Colonel » tant l'influence de Costa-Gavras y est évidente : il a produit le film et adapté le roman de Francis Zamponi. Comment Costa-Gavras pouvait ne pas être concerné par une histoire dramatique de la guerre d'Algérie. Un magnifique film avec Olivier Gourmet, Boby Solo, Cécile de France et dans le final Charles Aznavour. Un grand cru Costa Gavras sans en être vraiment un.

A suivre

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 13 juin 2009

  Réunir dans un même article la Gifle de Claude Pinoteau et l'Epouvantail de Jerry Schatzberg ça sent le faux-semblant, le prétexte pour parler politique en avançant, une nouvelle fois, masqué. C'est clair que ça va finir ainsi, mais je vais quand même  au préalable, parler un peu de cinéma. Pas beaucoup car il faut bien avouer que Pinoteau et encore plus Schatzberg n'ont guère été prolixes.... Ils ont au moins ça en commun, et puis ils ne sont pas tout neufs les gus.... Pinoteau eut 84 ans il y a quelques jours et Schatzberg aura 82 ans dans quelques semaines.

 

  Jerry Schatzberg aurait réalisé huit ou neuf films pour le grand écran.... mais je n'en ai vu que deux, les seuls à avoir, à priori, été projetés en France..... Panique à Needle Park (1971) et l'Epouvantail (1972).

 Je n'ai d'ailleurs découvert ces films que récemment, vers 2005, lorsqu'ils sont sortis en DVD... car à l'époque, dans les années 70, j'étais en Afrique loin des salles de cinéma.

 J'ai attendu l'Epouvantail, grand prix du Festival de Cannes en 1973, plus de trente ans. C'est un film superbe à inscrire au Panthéon du cinéma. Une road movie, une histoire d'amitié, entre deux vagabonds : Max qui sort de prison, six ans de taule pour violence,  et qui rêve de créer une station de lavage de voitures si son mauvais penchant pour la bagarre ne l'égare pas en route et Lion qui, après avoir passé cinq années dans les marines, veut aller voir son enfant qu'il ne connaît pas, retrouver un foyer et des responsabilités qu'il avait fuis.

 Un film rempli d'émotions dont le succès tient surtout au jeu des acteurs Gene Hackman (Max) et Al Pacino (Lion). Hackman avait alors 42 ans et déjà 23 films à son actif (dont Bonnie and Clyde et French Connection) ; Pacino n'avait que 32 ans et c'était seulement son 4ème film (entre Le Parrain et Un après midi de chien).

 Al Pacino avait aussi tourné, deux ans plus tôt, dans Panique à Needle Park  une histoire d'amour, une histoire de couple sur fond de drogue qui met mal à l'aise. Je n'ai pas trop aimé ce film malgré la présence d'Al Pacino.

 Jerry Schatzberg est donc le réalisateur d'un seul grand film, l'Epouvantail, mais quel film ! ....

 

...et Claude Pinoteau ?  Ce n'est pas beaucoup plus dense .....  Il eut, lui aussi, son premier succès avec son acteur fétiche, également d'origine italienne, Lino Ventura : un thriller Le Silencieux (1973), puis il passa à la comédie toujours avec Ventura ; ce fut La Gifle (1974) avec la découverte d'une jeune et talentueuse actrice Isabelle Adjani. Le thème est très banal mais le film est charmant et le talent des acteurs lui permit d'obtenir une récompense : Le Prix Louis Delluc.

 Pinoteau alterna comédies dont une avec Yves Montand, Le Grand Escogriffe (1976) et polars avec Ventura : d'abord  L'homme en colère (1976) puis La Septième cible (1984).... Il semble que le vrai génie de Pinoteau fut de découvrir de jeunes actrices prometteuses : après Adjani dans la gifle (et aussi Nathalie Bayle), ce fut Sophie Marceau dans La Boum (1980), La Boum 2 (1982) et L'Etudiante (1988).... des films d'une époque ...  que j'ai du voir ou entrevoir, sans passion, lors de leurs passages à la télévision.

 Je ne suis pas allé voir les derniers films de Pinoteau et je les ai même pas vus à la télé : ni La Neige et le feu (1991), ni Cache cash (1994) ni même Les Palmes de M. Schutz  (1997) malgré la présence de Philippe Noiret et celle d'Isabelle Huppert.... Il va me falloir combler ce manque.... grâce aux DVD.

 

 Finalement il me semble que  le meilleur de Pinoteau est lié à Lino Ventura comme Jerry Schatzberg est attaché à Al Pacino : La Gifle et L'Epouvantail.

 

  Alors  La Gifle et l'Epouvantail vu maintenant côté politique, une semaine après les élections européennes, ça donne quoi ? Des évidences et après ... ?

 

 Pour la Gifle il n'y a pas besoin de faire un dessin, il suffit de regarder les résultats. Le terme est assez bien approprié puisque 48 heures avant le scrutin, tous le politologues s'attendaient à un résultat médiocre pour le PS avec le risque qu'il soit inférieur à 20%, mais personne n'attendait un résultat aussi catastrophique. Les sondages pronostiquaient une fourchette de 19 à 21 % ce qui n'eut pas été terrible mais, somme toute, assez habituel pour ce type d'élection intermédiaire à la proportionnelle.... Mais se situer à 16 %... cela devenait une belle claque, en aller retour, un vrai coup de pied au cul. Seuls Rocard accompagné par Kouchner et..... Sarkozy, en leurs temps, avaient fait plus calamiteux..... pour le premier cité ce fut la mort politique pour le dernier la naissance d'une grande ambition... rien n'est donc définitivement écrit.   

 L'image de la  gifle est donc surtout à rapprocher de l'effet de surprise. Depuis le début de la semaine qui précédait on sentait que le Modem de Bayrou se faisait grignoter par les Verts de Cohn-Bendit.... Ce qu'on n'a pas vu arriver c'est la touche finale.  La bagarre entre Cohn-Bendit et Bayrou et le K.O infligé à ce dernier a permis au papy de mai 68, qui a de beaux restes médiatiques, de capter l'électorat républicain zappeur.

 Un électorat qualifié de républicain car il reste fidèlement accroché au devoir civique, mais aussi zappeur car il ne sait plus où il est, hésitant entre un parti socialiste qui le déçoit, et des partis satellites de gauche qui séduisent mais divisent et surtout font gagner l'adversaire (syndrome du 21 avril 2002) ..... Face à un électorat de droite d'autant plus facilement  caporalisé par son guide arrogant qu'il n'a plus, avec la crise, de repère et de certitude, et qui ne comprend plus rien à la situation politique hormis le fait qu'il faut battre la gauche.... face à cette droite le P.S. a payé les pots cassés de fin de campagne.

 
 Mais ce n'est pas la seule cause du désastre car je n'ai parlé jusqu'à présent que de l'électorat républicain qui est allé voter, mais il y a plus grave, l'abstention.  Une abstention qui a atteint 60%, c'est dire que le succès de l'UMP se résume à un captage de 11 % du corps électoral..... Bien sûr c'est encore pire pour les socialistes et les verts (6.5%) et il vaut mieux éviter de faire le calcul des miettes pour les autres.

 Quand on précise que les anciens de plus de 65 ans ont quand même voté à 58% (bravo à eux) alors que seulement 28% des moins de 30 ans se sont déplacés... ça relativise les analyses péremptoires et précipitées des soirées d'électorales.  Quel épouvantail  a fait fuir les électeurs comme des moineaux ?

 

 Bien sûr les socialistes ont morflé en France, comme dans toute l'Europe, au bénéfice de la droite et des écologistes et ce n'est pas moi, qui suis depuis 25 ans de toutes les minorités rénovatrices du PS, qui vais contester la nécessité de profonds changements qu'on les nomme refondation ou renaissance ... mais j'y reviendrai plus loin.

  
 Je veux auparavant contester certaines analyses comme de dire que les résultats français seraient un effet boomerang de l'anti-sarkozysme.

 En France tout passe (et je le  regrette) par l'élection présidentielle... un moulin à vent dirige notre pays depuis 2 ans, arrivé au pouvoir en prônant le modèle libéral anglo-saxon puis, la crise des subprimes éclatant, il est subitement devenu pseudo interventionniste, avec même des discours faussement socialisants... certains appellent ça du pragmatisme, moi j'appelle ça du foutage de gueule... en attendant que l'orage passe pour reprendre son entreprise de destruction du modèle social français tant vanté ces derniers mois ... et il faudrait ne plus faire de l'anti-sarkozisme ?
 Je suis anti-sarko : je persiste et signe. Je n'aime pas ce président et mon aversion pour lui est bien plus forte que ce que j'ai pu ressentir pour tous les autres présidents de droite qui l'ont précédé ; même Giscard et pourtant.... c'est peu dire. 

   

 Camarades continuons à vilipender ce politicard et ça finira bien par être entendu et compris. Les français, dans leur majorité, ne sont quand même pas si cons ou alors c'est à désespérer. Non il faut simplement les motiver pour qu'ils se rendent dans les bureaux de votes et pour cela il faut avoir un programme motivant et un leader crédible. Obama a, sans retenue, fait de l'anti-Bush (et auparavant écarté sans ménagement Hilary Clinton) et il a gagné... bien sûr ça doit être aussi accompagné de propositions, d'un projet bien construit s'appuyant sur de valeurs toilettées mais bien identifiées à gauche.

 

 Certainement que les socialistes auraient pu dire des choses plus pertinentes dans cette campagne. Certainement que Bayrou, lui qui était sensé représenter le courant le plus européen, s'est trompé, mais Bayrou je n'en ai rien à foutre. Je suis aussi d'accord pour reconnaître que Cohn-Bendit, le libéral libertaire, a au contraire visé juste ... encore qu'on peut se demander ce que foutait avec lui un José Bové favorable au protectionnisme  et à une Europe rempart contre la mondialisation libérale ....  Ce mariage de la carpe et du lapin qui a réussit un hold-up « home, sweet home » est bien le symbole de l'incohérence de ce scrutin.

  

  Qui, par exemple, parmi les partis dits de gouvernement, a rappelé que les français avait voté Non au référendum sur l'Europe et que Sarkozy a annulé ce vote et trompé, méprisé les français par un nouveau vote indirect des parlementaires : personne et surtout pas le parti socialiste : regrettable...  et résultat, selon les sondages, 71 % des nonistes ne sont pas allés voter.... A quoi cela pouvait-il bien servir de voter pour un scrutin européen quand, ensuite, on manipule le verdict ?  Que l'on peut faire voter et revoter jusqu'à ce que les gentils moutons rentrent à la bergerie ! Les irlandais n'ont pas fini d'aller voter si l'an prochain, ils ne disent pas enfin Oui. 

Voila un épouvantail à faire fuir les électeurs ... quand on ne respecte pas la démocratie quand on ne respecte plus le vote des citoyens à quoi ça sert d'aller voter...  et moi je respecte le résultat du vote des français pour Sarko à défaut d'aimer le bonhomme. Je précise  quand même (mais était-ce nécessaire ?)  que je suis allé voter la semaine dernière et que j'ai voté pour ma famille socialiste.  

 

 Ceci ayant été dit,  il est temps pour moi d'aborder l'état du PS et de la gauche en général. D'abord le problème de leadership...

 Martine Aubry a-t-elle vraiment envie de s'impliquer dans cette galère ? N'est-elle pas touchée par le syndrome Delors 1994 ? J'en ai peur. .....

 Bien sûr il y a aussi Ségolène, curieusement silencieuse, pour une fois, et là c'est la personnalité de l'icône people qui m'inquiète, qui m'empêche d'adhérer même si je reconnais qu'elle est la seule à avoir su, un temps, nous rabibocher avec un électorat populaire.... Mais déjà son étoile semble pâlir.... Excès de mysticisme, de repentance, de tout et n'importe quoi....

 Il y a aussi l'espoir d'une dream-team avec ces deux femmes se soutenant, s'épaulant ... ça ferait un ticket qui aurait de la gueule mais c'est certainement l'hypothèse la plus utopiste et à laquelle je crois le moins, l'ego système ou la jalousie système étant encore plus dramatique chez les femmes socialistes que chez les mecs.

 Et puis il y a mes amis les quadras, amis quelque peu perdus de vue depuis ma semi retraite politique. Peuvent-ils mettre leur égocentrisme en sourdine pour faire un travail d'équipe... comme au bon vieux temps des débuts du NPS.  C'est peut-être  l'hypothèse la plus raisonnable : Oui Arnaud Montebourg a raison c'est la dernière station avant le désert ; oui  Manuel Valls a raison en affirmant que le parler socialiste est une langue morte ; oui Vincent Peillon a raison en demandant une refondation idéologique ; oui Pierre Moscovici et Gaétan Gorce ont aussi raison en réclamant des primaires ouvertes ...etc...  Quand tous ces quadras se sont retrouvés pour un meeting générationnel de soutien à Benoît Hamon ce fut un moment fort .... Je rêvais de la renaissance du NPS.

 
 Je suis convaincu que le PS, et au delà  toute la gauche de gouvernement, ne s'en sortira que si cette génération prend, enfin, les commandes de l'appareil .... Car eux seuls ont vraiment envie de la conquête, faim du pouvoir national......

   Beaucoup d'autres, parmi les grands élus régionaux ou départementaux , souhaitent évidemment que le PS se refasse une santé, qu'il reste une force attractive mais c'est surtout pour assurer leurs victoires lors des prochaines échéances dans leurs fiefs locaux.... Et c'est bien aussi pour cela que beaucoup ne souhaitent pas aller trop loin dans la rénovation du parti ... pourquoi faire ? Avoir un gouvernement de gauche qui serait forcément critiquable, ce qui entraînerait le risque de perdre les élections locales. A éviter à tout prix..... Car finalement la situation actuelle avec une gauche à 40 % (même sans le Modem et extrême gauche) face à une droite (UMP + Libertas mais sans F.N.) qui plafonne à moins de 35% c'est bon signe pour les cantonales, les régionales et les municipales... des élections à deux tours, moins difficiles à négocier....... alors l'audace que réclame Montebourg.... j'ai bien peur que ce ne soit pas encore pour demain.

 

 L'épouvantail interne au PS serait-il pour certains la peur de gagner le pouvoir national et par contrecoup perdre ensuite de nombreux fiefs locaux ? ....j'en ai bien peur et c'est la raison de mon scepticisme... et de ma prise de distance ... . A Montebourg, Peillon et compagnie de me prouver le contraire...... et si cette équipe se reconstitue je m'impliquerai à nouveau.


 Pour moi le vrai danger pour les prochaines années c'est le retour en grâce du libéralisme, un libéralisme requinqué après les premiers signes de sortie de crise et une nouvelle fuite en avant.... vers la prochaine catastrophe...... la reconduction de Barroso en serait le signe le plus évident.  
 Pour des militants socialistes le seul combat digne d'intérêt, le combat prioritaire doit être la conquête du pouvoir national et européen, .... et si les socialos continuent à être aussi timorés, il faudra bien alors s'investir à fond dans le combat social pour défendre notre modèle de société ; mais un vrai combat ... pour foutre un vrai bordel.... pas les manifs minables et indolores du samedi.   

 


 A suivre

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 20 mai 2009


Il y a exactement 14 ans, le 20 mai 1995, j'allais voir Rangoon, le film de John Boorman. Il était sorti la veille en France, méprisé par la critique. Dans cette salle presque vide je me souviens avoir retrouvé mes amis Astrid et André : la curiosité de cinéphiles mais sans doute plus la curiosité politique, militante. Nous savions que ce film était dédié à Aung San Suu Kyi, figure emblématique de la résistance à une dictature militaire en Birmanie ; Aung San Suu Kyi qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 1991.

 Bien sûr j'avais entendu parler de la dramatique situation de ce pays, de la misère du peuple, de l'effroyable dictature, de l'incroyable courage de Suu Kyi, et de l'assourdissant silence des gouvernements occidentaux mais je touchais, palpais réellement  la vérité grâce à ce film « coup de poing » de John Boorman, talentueux cinéaste britannique.
 Depuis 14 ans je reste à l'écoute de tout ce qui se dit ou s'écrit sur Suu Kyi, comme je le fus pour Mandela jusqu'à sa sortie de prison en février 1990 ; c'est d'ailleurs mon second billet sur le sujet (voir ciné cure Total Recall de septembre 2007)

 

 Ce film n'a pourtant pas été très bien reçu en France ou peut-être n'est-il pas arrivé au bon moment, celui d'un festival de Cannes qui était à tonalité européenne comme le montre clairement le palmarès. Pourtant cette période de fin mai est dramatiquement récurrente pour Aung San Suu Kyi : les généraux birmans se rappellent régulièrement à notre mauvais souvenir vers le 20 mai.... et encore cette année.

 

 Je reprends deux critiques du film, toutes les deux ont d'ailleurs été signées par Jean Pierre Lavoignat dans Studio.... La première fin avril juste avant l'ouverture du festival de Cannes, la seconde fin mai pour la sortie du film en salles... entre les deux, le festival où Rangoon fut projeté et où ce film n'a pas obtenu la moindre petite place dans le palmarès. (Underground de Kusturica , La Haine de Kassovitz, Le regard d'Ulysse d'Angélopoulos, Carrington d'Hampton etc...) J'ai vu la plupart des films primés par le jury présidé par Jeanne Moreau... j'ai bien aimé la plupart, mais cette année-là il y avait surtout un vrai chef d'œuvre du cinéma et un grand film militant, pédagogique c'était Rangoon. Dommage ....

 

Fin avril 1995, Lavoignat écrivait « ... c'est une nouvelle fois, la confrontation d'un personnage tout à fait ordinaire avec un monde littéralement sauvage, que Boorman a choisi de raconter. Le film inspiré de faits-divers et nourri d'événements réels, se déroule en 1988 en Birmanie, pays quasiment fermé à l'occident et vivant sous le joug d'une « république » militaire. Une jeune américaine, partie là-bas pour oublier le meurtre de son mari et de son fils va, du jour au lendemain, se retrouver seule au milieu de la tourmente des émeutes, menées par des manifestants non-violents. Révoltée par la répression, elle n'hésite pas longtemps avant de choisir son camp. Amenée à soigner un vieil homme odieusement blessé, elle va l'accompagner dans sa fuite vers les jungles du Nord, vers la frontière thaïlandaise, terre de refuge. En chemin, après mille épreuves elle retrouvera un sens à la vie....

...ce film est dédié à Aung San Suu Kyi, militante non violente prix Nobel de la paix en 1991, qui est toujours en détention surveillée à Rangoon.... » 

 

 Voilà les raisons pour lesquelles j'attendais avec impatience la sortie du film : les scènes de fuite dans la jungle, la lutte contre l'oppression,  Aung San Suu Kyi mais aussi Boorman dont j'avais aimé tant de films et même la magnifique Patricia Arquette qui m'avait subjugué par son talent et sa beauté dans True Romance de Tony Scott.

    

Fin mai Lavoignat écrivait : « ...Pour John Boorman, assurément le cinéma est synonyme d'aventure. Pas seulement parce que ses films racontent de belles histoires mais surtout parce qu'on sent toujours, au cœur de ses images, l'aventure physique qu'a représentée le tournage du film lui-même. Ce désir de confrontation avec l'inconnu, ce goût des contrées lointaines, cette volonté de se mesurer aux difficultés et aux obstacles, ce mélange de fascination et de crainte pour la nature à l'état brut, cette inclinaison pour le dialogue de culture et le choc des civilisations...

.....Hélas malgré de somptueuses images et un dépaysement garanti, malgré Patricia Arquette, une comédienne remarquable, qui se donne totalement, avec une générosité et une franchise rares, et bien que l'histoire soit inspirée d'évènements peu couverts par la presse, cela ne suffit pas toujours à maintenir l'intérêt du spectateur... qui ne s'émerveille plus, ni ne s'indigne plus... peut-être qu'après certains films tels la Déchirure d'autres apparaissent trop convenu.... »

 

 J.P. Lavoignat était bien mal inspiré quand il a écrit ce second article ;... je dirai même que le convenu en la circonstance c'était lui... plus un mot sur la dictature, sur Aung San Suu Kyi, sur la lutte de ce peuple : il s'agit tout au plus de dialogue de culture, de choc de civilisations. Quelle honte d'écrire de telles banalités !..... Et ça fait des décennies que ça dure.

 Ce film est admirable et il vient de sortir en DVD : il faut le voir absolument ....on peut voir aussi La Déchirure de Rolland Joffé, excellent bien sûr, oscarisé à juste titre, mais Rangoon est un film vivant car si le Cambodge n'est plus, heureusement, le pays des effroyables kmers rouges de la Déchirure, Rangoon est, malheureusement, toujours d'actualité.... Cela fera vingt ans le 20 juillet prochain que Aung San Suu Kyi, est soit assignée à résidence soit emprisonnée et traînée devant les tribunaux de la junte.

 
 Suu Kyi est la fille de Aung San le leader de la libération Birmane qui fut assassiné en 1947 alors que sa fille n'avait que deux ans. Sa mère était diplomate et fut nommée ambassadrice en Inde où sa fille l'a suivie à partir de 1960. Elle quitta l'Inde pour faire ses études en Angleterre en 1964 où en 1972 elle épousa un anglais Michael et eurent deux enfants. En 1988 elle retourna s'installer près de sa mère malade. La même année des troubles sociaux éclatèrent en Birmanie, un régime autoritaire fut remplacé par un autre constitué uniquement de militaires mais qui eut la faiblesse de promettre des élections démocratiques pour plaire à l'occident. Aung San Suu Kyi milita à la ligue nationale pour la démocratie. Influencée par les idées de Gandhi et Martin Luther King elle prônait et prône toujours la non violence. C'est cette période trouble de 1988 que raconte le film de Boorman.
 Les militaire l'assignèrent à résidence dès l'été 1989, croyant ainsi pouvoir réduire son exceptionnelle influence et gagner confortablement les élections de 1990. Erreur le LND  remporta 80 % des suffrages : un tsunami.

 Les militaires refusèrent le résultat du scrutin et accentuèrent la dictature et la répression.  Emprisonnée ou assignée à résidence, Suu Kyi devint aux yeux du monde entier la figure emblématique de l'opposition Birmane à la dictature militaire.... Elle pourrait être libérée si elle acceptait de quitter le pays ce qu'elle refuse obstinément. ;... elle ne put même pas se rendre en Angleterre aux obsèques de son mari en 1999 et reste aussi toujours séparée de ses enfants.... Sous la pression des Nations Unies elle fut parfois libérée quelques semaines ou quelques mois ....mais il y avait toujours un prétexte pour l'arrêter à nouveau, un prétexte comme d'avoir rencontré ou simplement croisé quelqu'un de l'opposition.

 Les militaires ont encore promis à l'Occident, pour raisons économiques, des élections démocratiques en 2010. Les grandes manœuvres provocatrices recommencent donc ces jours-ci et Suu Kyi est à nouveau traduite devant les tribunaux.... Son assignation à résidence prenait fin le 26 mai 2009.... Depuis 2003 cette mesure est reconduite, systématiquement chaque année, sous un prétexte ou un autre.

 

 En 1990 Aung San Suu Kyi reçut le prix des droits humains, en 1991 le prix Sakharov, puis le prix Nobel de la paix. L'un de ses plus célèbres discours commençait ainsi :

 « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui le détienne, et de la même manière, la peur du fléau que représente un pouvoir corrompu, corrompt ceux qui sont sujets à ce pouvoir. »

 

 J'ai déjà écrit un billet sur le film Rangoon et Aung San Suu Kyi, mais j'avais choisi comme titre du  billet «Total Recall » pour mieux fustiger Bernard Kouchner auteur en 2002 d'un rapport qui dédouanait l'entreprise Total qui investissait en Birmanie.

 

 Carla Bruni a pris position en soutien à Aung San Suu Kyi : «  Nous savons désormais qu'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, risque d'être condamnée à nouveau à une peine d'emprisonnement qui, compte tenu de son état de santé, menace sa vie même...... Au delà de la situation politique en Birmanie, je profite de la position qui est la mienne et de l'écho dont cette lettre pourrait bénéficier, pour me faire le porte-parole de tous ceux, dans mon pays, qui trouvent intolérable le sort réservé à cette femme ... » écrit-elle .... Je ne sais si cela aura une grande portée mais c'est très bien....

  Les restrictions économiques seraient peut-être plus persuasives. Sarkozy était allé dans ce sens : le jeudi 26 septembre 2007 (au moment où j'écrivais le billet «Total Recall »). Il invitait les entreprises françaises à geler leurs investissements en Birmanie.... Mais sous ces latitudes le gel ne dure jamais très longtemps.

 

  Je ne dois pas oublier que c'est un billet de cinéma aussi vais-je, quand même, consacrer un  paragraphe pour donner un coup de chapeau à John Boorman .... Il le mérite grandement, le bougre. John Boorman a aujourd'hui 76 ans et après des débuts de critique puis de scénariste il réalisa ses premiers films à la fin des années 60.

 Son 1er film « Sauve qui peut » date de 1965 : je n'en parle pas car je ne l'ai pas vu.

 Les deux suivants eurent du succès et sont portés par l'acteur américain Lee Marvin :

 En 1967 « Le point de non retour » un excellent polar sur fond de violence et de manipulation.

 En 1968 « Duel dans le Pacifique » à la fin de la guerre un soldat japonais (Toshiro Mifune) et un soldat américain (Lee Marvin) se trouve face à face sur une île déserte. Les deux ennemis s'affrontent et sont obligés de cohabiter pour survivre.

 En 1970 « Léo de Last »  un film avec Mastroiani dont je ne sais rien sauf qu'il eut le prix de la mise en scène à Cannes.

 En 1972 un film culte « Délivrance » avec Burt Reynold et John Voight... une balade sportive en canoë sur la rivière Chattoga qui se transforme en cauchemar...

 En 1974 : « Zardoz » à la frontière entre science fiction et philosophie avec un Sean Connery qui abandonnait James bond.

 En 1977 : « L'exorciste 2 » alimentaire mon cher Watson : joker.

 En 1981 « Excalibur » quand Boorman revisite, violemment, les chevaliers de la table ronde. Hallucinante quête du Graal.

 En 1985 « La forêt émeraude » avec Charley le fils de John Boorman dans le rôle du jeune, enlevé enfant, et vivant avec des indiens, les invisibles, en Amazonie. Encore une fable écologique et philosophique.... mais surtout un film grandiose. A revoir encore et encore...

 En 1987 «La guerre à sept ans»  La guerre vue par un enfant : un film dont on dit beaucoup de bien et largement récompensé mais que je n'ai pas vu.
 Du déchet ensuite jusqu'en 1995. Peut-être y eut-il de la déception, à cette époque, envers John Boorman, après vingt ans de chef-d'œuvres, ce qui pourrait expliquer l'étonnante froideur des critiques vis à vis de  « Rangoon » qui n'a pas été reçu à sa juste valeur.

 Il y eut ensuite en 1998 « Le Général » avec John Voight l'histoire d'un gangster irlandais type Mesrine en France qui fut abattu par l'IRA. Surprenant..... y compris un nouveau  prix de la mise en scène au festival de Cannes.... des mauvaises langues ont dit que c'était en compensation de l'oubli de 1995.... et puis le président du Jury en 1998 était Scorsese.....

 En 2001 Boorman réalisa « Le Tailleur de Panama » un très curieux film d'espionnage tiré d'un roman de John Le Carré avec Pierre Brosman  dans le rôle principal puis « In my Country » en 2003 un film sur l'Afrique du Sud tentant de panser les plaies de l'apartheid avec les travaux de la commission « Vérité et Réconciliation ». Un film militant assez décevant malgré les présences de Samuel L Jackson et Juliette Binoche. 
  

 

A suivre surtout pour soutenir Aung San Suu Kyi.....comme l'a encore fait aujourd'hui Rama Yade.... et malgré des propos surréalistes sur le rôle humanitaire de Total.   

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 19 avril 2009

 Bien sûr voilà un titre de film qui se prête admirablement à la situation politique du moment et à tous les niveaux : national, international, économique et j'y reviendrai, tout naturellement, en fin de billet mais mon but est bien de parler de cinéma et avant tout de donner un coup de chapeau à un grand réalisateur : Bertrand Tavernier.

  Mercredi son dernier film « Dans la brume électrique.. » sortait en salle. Je l'attendais depuis plus d'un an, depuis que j'avais lu dans un journal (le JDD) que Tavernier allait adapter le magnifique roman de James Lee Burke en tournant dans les bayous de Louisiane. J'ai déjà parlé de ce roman, aux accents faulknériens, dont le titre exact est « Dans la brume électrique avec les morts confédérés » dans un billet du 18 avril 2008 intitulé « A livres ouverts...c'est du polar ou du ronchon » et où j'annonçais déjà ce projet.

Mieux que je ne pourrais l'écrire voici un extrait de la critique de Sandra Benedetti de Studio Ciné-live :

   « ...la brume comme un linceul jeté sur les eaux noires d'un bayou de Louisiane, nacelles de mélancolie suspendues entre passé et présent. La guerre de Sécession, l'esclavage, les cyclones y ont laissé leurs meurtrissures. La caméra de Tavernier les effleure avec ce lyrisme qui n'appartient qu'aux lucides de ce monde. Putréfaction et parfums, couleurs et douleurs d'antan, bruissements de la terre et songes délétères, Tavernier recrée l'impossible....»

  Le film a été dans l'ensemble bien accueilli avec quelques réserves de certains critiques comme celui du journal « Première » qui juge qu'il souffre d'une certaine confusion, probablement moins sensible pour quiconque a lu le livre avant... C'est mon cas et j'ai vraiment adoré ce film bien que je fus obligé, à cause d'une diabolique association qui sévit sur Niort, de le voir en V.O. sous titrée.

 Je me réjouis que Tavernier sur les conseils de Philippe Noiret ait adapté ce roman et je trouve génial que James Lee Burke ait accepté de travailler à cette adaptation. Quelle magnifique idée, aussi, d'avoir choisi Tommy Lee Jones pour interpréter Dave Robicheaux, le flic humaniste à l'âme couverte de bleus. Les paysages et les couleurs sont magnifiques et la musique naviguant entre blues, zydeco, jazz et Haendel est envoûtante.


 Tavernier nous avait d'ailleurs déjà musicalement comblés avec Mississipi Blues en 1980 et Autour de minuit en 1986 un film hommage aux jazzmen avec Dexter Gordon et François Cluzet.

   Il avait aussi démontré sa compétence de scénariste et son aptitude à adapter de grands romans, notamment Simenon pour son premier succès, en 1974, L'horloger de Saint-Paul, avec Noiret et Rochefort (prix du jury à la Berlinale et prix Louis Delluc) puis plus tard en 1996 le roman de Roger Vercel, Capitaine Conan qui devint un film de guerre ambitieux, à l'américaine, avec Torreton et Le Bihan, (César du meilleur réalisateur).

 
 Je passe très rapidement sur la filmographie de Tavernier qui témoigne de son éclectisme et fait une large place à ses amis acteurs :

  Que la fête commence en 1975 un film historique avec Noiret, Rochefort, Marielle :   libertinage, débauche et quelques sous entendus politiques français des années 1974/75.

  Le juge et l'assassin en 1976 avec Noiret et Galabru (César du meilleur acteur)

  La Mort en direct en 1980 avec Romy Schneider et Harvey Keitel

  Un dimanche à la campagne en 1984. Prix de la mise en scène à Cannes et Sabine Azéma César de la meilleure actrice.

  La vie et rien d'autre en 1989 avec Noiret et Sabine Azéma.

  Daddy nostalgie en 1990 le dernier film de Dick Bogarde.

  L.627 en 1992 avec Philippe Torreton

  La fille de d'Artagnan en 1994 avec Noiret et Sophie Marceau

  L'appât en 1995 adapté d'un roman de Morgan Sportes avec Marie Gillain et Torreton. Ours d'or de Berlin

 Ca commence aujourd'hui en 1999 avec Torreton (César du meilleur acteur).

 
 Tavernier est aussi un grand cinéphile et un écrivain talentueux : auteur de « 50 ans de cinéma américain » et du récent « amis américains » (un pavé de 1000 pages d'entretiens avec les grands auteurs américains). Il participe aussi à la promotion de nombreux films anciens en DVD en s'impliquant avec érudition dans les bonus, notamment pour les westerns comme L'homme de l'Ouest d'Anthony Mann ou pour des réalisateurs victimes de maccarthysme comme Abrahams Polonsky l'auteur de Willie Boy.

 Bertrand Tavernier, fils d'un grand résistant, est un homme engagé qui n'hésite pas, à travers et au-delà de ses films, à prendre position dans les médias contre toutes les formes d'injustice, de racisme, de colonialisme, et les guerres. 
 

 Il avait déjà adapté un polar américain en 1981 avec Coup de torchon tiré de « 1275 âmes » de Jim Thompson. L'histoire avait été, cette fois, sortie du contexte du roman pour être transposée en Afrique dans les années 30. Ce film fut tourné pour l'essentiel à Saint Louis du Sénégal avec une distribution prestigieuse : P.Noiret, Isabelle Huppert, J.P.Marielle, G.Marchand, Eddy Mitchell, Stéphane Audran.

Il n'est pas sans rappeler, par certains aspects, « Dans les brumes électriques »

Lucien Cordier (Philippe Noiret) policier en poste dans une petite ville coloniale d'Afrique Occidentale Française se transforme en justicier mystique après que sa hiérarchie lui ait fait prendre conscience de sa médiocrité. Un thriller corrigé en ambiance coloniale décadente, façon Céline. Un film remarquable qui obtint 11 nominations au César et fut retenu pour l'Oscar du meilleur film étranger.

  

 Le coup de torchon  est une expression qui, initialement, caractérisait une belle bagarre très physique.... C'était en quelque sorte la suite normale de l'expression le torchon brûle : l'atmosphère est à la dispute, les coups sont proches et quand les coups pleuvent c'est le coup de torchon. Il semble même que le coup de torchon aurait caractérisé à l'origine des duels entre soldats, le torchon étant en l'occurrence l'épée.

   Le coup de torchon est de nos jours une expression beaucoup moins guerrière caractérisant selon les cas un grand chambardement ou un grand ménage, le torchon prenant le pas sur le coup. Il en est de même de l'expression le torchon brûle de plus en plus ramenée à des disputes, des scènes de ménage... et oui tout se transforme même le sens d'excellentes expressions et on a un peu tendance à mélanger les torchons et les serviettes.

 
 Je vais donner un exemple de coup de torchon qui me semble bien approprié et c'est un scoop car je n'en ai trouvé nulle trace dans la presse hors le net : Il y aurait eu une tentative de coup d'état au Togo, tentative qui aurait conduit le président Faure Eyadéma, fils de l'ancien dictateur Gnassingbé Eyadéma décédé en 2005, à faire arrêter des membres de son entourage qui fomentaient ce coup... rien que du très normal, du très banal en Afrique ? Et bien non, pas si banal que ça puisque les deux individus arrêtés sont les deux frères du président (plus précisément demi-frères)  Kpatcha (Chef des armées) et Essolizam Eyadéma. Si ce n'est pas un bon vrai coup de torchon cette affaire d'état et de famille ? Les milieux bien informés ( ?) pensent que si ce grand ménage ne se termine pas en guerre civile ça devrait conduire à une avancée significative du pays vers la démocratie. A suivre.

 
 Le terme coup de torchon depuis quelques mois revient d'ailleurs assez souvent à la une des journaux : Coup de torchon sur les bourses, coup de torchon dans l'immobilier on a même eu droit à un coup de torchon souhaité du capitalisme financier le 25 septembre 2008 à Toulon « L'idée de la toute puissance du marché était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle  ». Punaise ! Sarko devenait subitement socialiste : une nuit du 4 août, fin septembre ; un vrai bon coup de torchon malheureusement vite atténué par de simples rappels à des notions de morale « Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier est une priorité.»... et puis le temps passant, les états ont, certes, sauvé les meubles en injectant dans le système des milliards que les contribuables devront rembourser ou l'inflation effacer.... et puis le temps passant encore et la montagne G 20 accouchant d'une souris grise comme la liste des paradis fiscaux... et puis le temps passant toujours, la vie politique reprenant le dessus et les élections se profilant à l'horizon, on est entré dans une nouvelle phase nommée la « reprisologie »  et ses signes avant-coureurs mensongers.

 
 Et la diplomatie qu'en penser ? Ce n'est pas encore le coup de torchon mais le torchon brûle avec un président qui se prend pour le roi du monde en méprisant ouvertement (confidences à l'Elysée à une vingtaine de députés et sénateurs dont pour moitié d'opposition) ses collègues chefs d'état ou de gouvernement. Il suffit de lire la presse étrangère (et ce n'est pas d'hier qu'il est traité de fanfaron ...mais maintenant ,en plus, il est méprisant : Obama lui fait de l'ombre). Il n'en sort pas grandi, le petit caporal !.... La France non plus.

  Et pour finir Mme Royal et ses coups d'éclat permanents qui ne nous grandissent pas non plus. J'étais bien embêté lors de sa demande de pardon au discours de Dakar car, sur le fond, je pense comme elle (j'avais d'ailleurs écrit sur le sujet, quelques semaines plus tôt dans les billets qui concernaient un récent voyage au Sénégal)..... mais la repentance ce n'est pas trop mon truc.... La demande de pardon c'est trop fort et trop sérieux pour être utilisé pour des petits coups politiques.

 Depuis on a eu droit aux excuses à Zapatéro... alors là elle est franchement ridicule et on peut dire qu'elle marche à côté de ses savates, la Zapatéra. Qui plus est, par sa bêtise, elle a détourné l'attention des médias du véritable scandale, de ce qu'il y avait de vraiment méprisant et honteux dans les propos de Sarkozy comme de dire qu' « Obama n'était pas armé pour agir efficacement car il n'avait jamais dirigé un ministère ».

    Il serait temps que Martine fasse le ménage ... au PS.... et oblige Ségo à la boucler sinon.... on n'est pas près de donner un coup de torchon au sarkozysme et notre pays a vraiment besoin que l'on se débarrasse « démocratiquement » mais le plus rapidement possible de ce guignol....... Mais sans pour autant installer l'autre, la mystique repentante, à la place.

 

En expert es manifs et coups de torchon, Dominique de Villepin s'inquiétait dimanche  « du risque révolutionnaire en France ». Dominique, nique, nique ... (qui ?)  

 

A suivre

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 mars 2009

 C'est bien parce que je viens de voir au cinéma un très beau film avec Dustin Hoffman que j'ai, aussi, entrevu à la télévision pour la promotion du film en question que j'ai eu envie de faire ce billet ; Un billet hommage à ce grand acteur sympa, ce grand « petit » acteur. Grand par le talent petit par la taille.

 Al Pacino aussi est un grand acteur comme Dustin Hoffman, comme Gene Hackman (mais lui en plus il est « great & high »....) et bien d'autres...

 Inversement Christian Clavier a toujours été, pour moi, un petit acteur (small & short) ou encore Jean Réno un acteur très moyen (middle but high). Depardieu fut un très grand acteur mais il a tendance à rapetisser en épaississant ses formes ....de jeu ...... Big-re... je ne suis pas certain d'être très clair. C'est vrai que je n'ai jamais été très fortiche en anglais et c'est pour ça que je déteste les diaboliques films anglo-saxons en V.O.

 

 Tout ça pour dire que j'aime beaucoup Dustin et que ce billet est fait pour lui rendre hommage sans aucune arrière pensée politique : 100 % cinoche cette fois ci.... enfin presque...

.... Car ça me permet quand même de préciser, mais vite fait en passant, que quand je dis d'un personnage, qui a d'éminentes fonctions, un grand personnage donc, que c'est un nabot minable ce n'est pas le physique que je juge avec ironie mais sa médiocrité, son absence de compétence hors bla- bla..... idem quand j'utilise   le terme de petit caporal ou plus récemment celui de demi d'ouverture......ce n'est jamais le physique que je méprise : après tout Gachassin et Camberabero n'avaient pas le physique de Chabal mais ils étaient fabuleux sur un terrain de rugby. Chirac ? Ce n'est pas parce que maintenant on a ...  Stop ! J'ai dit que je ne parlerai pas de politique dans ce billet.... ni même de rugby d'ailleurs.... alors je ferme la parenthèse et j'en reviens à Dustin..... Aujourd'hui c'est uniquement de cinéma qu'il est question.

 

 Oui le film actuellement à l'affiche, « Last chance for love... », est exquis. Dustin Hoffman est bien accompagné dans cette « love story » de seniors par la charmante et très british Emma Thompson. Deux adultes âgés et consentants qui se rencontrent et font le point de leur journée merdique respective. Emma reconnaît sportivement que c'est Dustin qui a décroché le gros lot..... et il s'ensuit une jolie histoire à l'eau de rose, mais bien jolie quand même.  

 

 Dustin est né sous une bonne étoile, un 8 août, c'est tout dire, un vrai lion. (En 1937 on a donc pile poil 9 ans d'écart, il porte bien les 72 berges). Sa filmographie est impressionnante même si certains films des années 60/70 ont un peu vieilli et si dans les années 90 et 2000 il a fait quelques films.... disons... alimentaires.

 

 Tout a commencé en 1966 avec « Le Lauréat » de Mike Nichols (déjà évoqué sur ce blog pour Primary Colors) film dans lequel le jeune Benjamin-Hoffman se fait déniaiser par Mrs Robinson/Anne Bancroft sur fond musical de Simon et Garfunkel. Un film scandaleux pour l'époque qui a énormément vieilli en paraissant aujourd'hui plus naïf. .

 

Il y eut ensuite en 1969 « Macadam Cow-boy » de John Schlesinger : l'amitié entre deux épaves des bas-fonds new-yorkais, Joe (John Voigt) un jeune Texan venu dans la capitale en espérant jouer au gigolo et Ritso (Dustin Hoffman) un clochard italien tuberculeux. Ils partagent la misère et un rêve... partir en Floride. Ce film obtint trois oscars dont celui du meilleur film malgré qu'il ait été classé X à sa sortie. A revoir car Il n'a pas pris une ride.

Dustin Hoffman a récidivé avec John Schlesinger en 1976 pour « Marathon Man » un thriller sur fond de trafic de diamants et d'anciens nazis dont Laurence Olivier oscarisé pour son rôle de criminel de guerre.

 

  Entre temps Dustin avait tourné cinq films, deux qui ne sont plus trop d'actualité et un brin dérangeant : le violent « Les chiens de paille » de Sam Peckinpah et un biopic « Lenny » de Bon Fosse où il joue Lenny Bruce, un comique irrévérencieux des années 50, qui bouscula l'Amérique puritaine avant de mourir d'une overdose. Dustin Hoffman fut à nouveau nominé aux oscars pour ce rôle.

 Les trois autres films de cette période 70 sont mes chouchous : « Papillon » (on comprend pourquoi) de Franklin J. Schnaffer en 1969 avec un admirable Steve Mac Queen - Papillon et Dustin -Dega le faussaire.

 

 C'est en 1970 qu'Arthur Penn lui offrit le rôle qui fera sa renommée « Little big man » un anti-western qui raconte l'histoire d'un jeune blanc élevé par les indiens et qui fut témoin de la chute de Custer à Little Bighorn (similitude du titre) et tout cela avec une critique en filigrane de la guerre du Vietnam. On retrouve auprès de Dustin Hoffman, Faye Denaway (qui avait déjà tourné avec Arthur Penn dans Bonnie and Clyde.... Je reparlerai à l'occasion de cet excellent réalisateur.)

 

 
 La fin de la décennie 70 a consacré Hoffman avec l'oscar du meilleur acteur pour « Kramer contre Kramer » de Robert Benton en 1979. Une histoire de divorce et de garde d'enfant. Avec ou en face de Dustin, Meryl Streep et un jeune acteur de 7-8 ans Justin Henry. Tous les trois reçurent un Oscar : respectivement meilleur acteur, meilleure actrice second rôle et meilleur acteur second rôle. (Le plus jeune acteur oscarisé)  .

 







 Avec ce film débutait la série fantastique de Dustin Hoffman : « Tootsie » de Sydney Pollack en  1982 avec Jessica Lange puis « Rain Man » de Barry Levinson en 1998 avec Tom Cruise où sa prestation dans le rôle d'un autiste lui a permis de décrocher son second oscar de meilleur acteur.

 


 La suite est sans doute moins prestigieuse : on sent que Dustin Hoffman en vieillissant recherche surtout les rencontres et le plaisir de jouer :


  « Affaire de famille »
de Sydney Lumet avec Sean Connery, « Billy Barthage » de Robert Benton avec Nicole Kidmann, « Hook » de Stephen Spielberg, « Sleepers» de Barry Levinson avec De Niro, « Des hommes d'influence» encore de Barry Levinson et encore avec De Niro, « Sphère» de Barry Levinson mais sans De Niro (Jackson et Sharon Stone), « Mad City» de Costa -Gavras avec John Travolta « Le maître du jeu» de Gary Fleder avec son vieux pote de jeunesse Gene Hackman, « Mon beau-père, mes parents et moi » de Je ne sais plus trop qui, mais avec...... De Niro

 

 Bon c'est vrai, depuis « Rain Man » et à l'exception peut-être de « Mad City», il ne s'était pas trop défoncé le Dustin, raison de plus pour revoir ses grands films des années 70/80 et d'aller voir le dernier... un petit bijou « Last chance for love... ».

 

(A suivre)

 

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 7 février 2009

 Bien sûr le choix du film Les Compères n'est qu'un prétexte pour une analyse politique. Aujourd'hui j'ai dans le collimateur quatre journalistes. La bande des quatre, les journalistes adoubés, assermentés, déférents qui, jeudi soir, ont servi la soupe au président de république. Quelle nécessité de se conduire d'une façon aussi obséquieuse alors que Sarkozy, bonimenteur hors pair, n'a vraiment besoin de personne pour tirer profit de fausses vérités (boni - menteur). Les compères (les personnes qui aident un autre pour faire une supercherie) Pujadas, Ferrari, Lagache et Duhamel le retour se sont bien tenus à carreaux. Aucun n'a osé interrompre ou contredire le président et pourtant il y avait matière : En guise d'impertinence ils l'ont tout au plus accompagné par quelques relances prévenantes. Pensez donc, devant 15 millions de spectateurs, il  en a fallu beaucoup moins à un préfet et à un commissaire pour se faire muter.

 

 En effet il y avait beaucoup à dire en questionnant intelligemment et en étant vraiment à l'écoute de réponses prévisibles et des annonces de circonstance : Pujadas par exemple qui a presque osé poser la bonne question sur le côté amortisseur de crise du système social français, que Sarkozy a d'ailleurs lui-même reconnu, il y a peu, hors micro.... Mais pas ce soir là, pas à la télé devant son électorat qui l'a élu pour faire la peau aux 35 heures pour remettre au boulot tous ces fainéants de socialos... Sarkozy a senti le danger politique et a éludé la question en appelant le journaliste à préciser sa pensée.... et le pâle présentateur de JT est passé, prudemment, à autre chose.

 Quand Sarkozy a évoqué la possibilité de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu... il aurait pu y avoir quelqu'un pour lui demander ce qui serait fait pour compenser cette perte de recette : déficit supplémentaire, acte de contrition vis-à-vis du cadeau de 15 milliards d'euros fait en début de mandat aux plus fortunés ? Idem pour la suppression de la taxe professionnelle qui représente une grosse partie des recettes des communes et des départements. Qu'est ce qui va compenser ? La taxe d'habitation ? Que de questions utiles auraient pu poser ces ersatz de journalistes.

 Et les subtils mensonges par omission ne méritaient-ils pas quelques précisions : « L'argent prêté aux banques n'a pas coûté un centime aux français » : Cela ne devait-il pas entraîner une relance du genre : «Et les milliards pour renflouer Dexia ?» Il est vrai que l'agence Reuter a attendu aujourd'hui pour annoncer que la Banque avait déjà utilisé plus de la moitié des fonds de garantie.

  

 Mais prétexte ou pas il me faut faire une parenthèse pour parler quand même un peu cinéma. (Oui je sais, Sarko c'est aussi du cinoche et c'est bien ça qui est grave)

 J'aime bien Francis Véber ; peut être pas tout Véber et dans mon hit du cinéma français il reste à bonne distance de mes préférés comme   Becker, Annaud, Tavernier et Jaoui pour ne parler que des réalisateurs encore en activité et je n'ose évoquer ni le regretté Claude Berri ni le maître Sautet, mais je le situe dans le peloton de tout ceux qui m'ont ému fait rêver, rire ou pleurer  comme Enrico, Carné, Melville, Verneuil,  Malle, Truffaut, Renoir ou  même Autant Lara qui a si mal tourné en vieillissant..... et j'en oublie tant en chemin ....

 Véber ce n'est pas mal du tout....Si je n'avais pas eu besoin de ce titre prétexte, j'aurai plutôt parlé de La Chèvre, le meilleur film de la trilogie Depardieu / Richard. (La chèvre, les compères, Les fugitifs).

  Malgré l'excellent Dîner de cons  je me demande si Francis Véber n'est pas, avant tout, un exceptionnel scénariste-dialoguiste qui a peut être eu le tort de vouloir devenir réalisateur. Ses répliques sont d'un mordant qui font honneur à son grand oncle Tristan Bernard. S'il pouvait inspirer les pseudos journalistes qui interviewent le président.

 Comme scénariste il a contribué aux deux excellents films d'Yves Robert « Le grand blond avec une chaussure noire » et « Le retour du grand blond ».

 Il est aussi incontestablement associé au succès de « L'Emmerdeur » d'Edouard Molinaro. Le remake qu'il a réalisé récemment, n'a pas eu les faveurs des critiques et du public. Il faut reconnaître que c'était une gageure de vouloir remplacer Lino Ventura et Jacques Brel.

 Véber a aussi travaillé avec bonheur pour Lautner, De Broca, Granier-Deferre (Adieu Poulet), Annaud, Oury, Arcady et plusieurs fois avec Molinaro dont La Cage aux folles.

Comme réalisateur il fait des entrées (au total plus de 40 millions) mais ses derniers films Le Jaguar, Le Placard, Tais-toi ont fait dans la facilité. L'avant dernier La doublure était bien, de la même veine que la trilogie Depardieu / Richard et le Dîner.

 
 Je ne sais rien des positions politiques de Veber et je m'en fous mais il est clair que si les journalistes qui questionnent le chef de l'Etat, pouvaient avoir eu un tel professeur de répliques ... ça ferait du bien au débat politique ...... et peut être même au principal intéressé car si l'on en croit le sondage CSA publié aujourd'hui (36% des Français  n'ont pas jugé le chef de l'Etat convaincant contre 52 %. Sa politique n'est pas jugée efficace par 59 % pas juste pour 56% et pas cohérente par 51%). Bonjour les dégâts .... mais l'omniprésent est trop fier de voir, fleurir à foison, des comparaisons bonapartistes pour s'apercevoir de ses erreurs et ne pas prendre son pied devant le comportement obséquieux des journalistes retenus pour l'exercice.

 

 J'ai bien apprécié l'émission spéciale qui a suivi sur France 2. L'inénarrable Yves Calvi pensait sans doute manager sans trop de difficultés un débat avec 4 éditorialistes politiques : Deux considérés comme critiques (et de gauche) Edwy Plenel et Nicolas Domenach et une autre modérée Sylvie Pierre Brossolette et ..... enfin pour représenter le journal les Echos son PDG Nicolas Beytoux du groupe LVMH (De Bernard Arnauld, 1ère fortune de France et grand ami du Président). C'était à priori blindé..... et bien non c'était sans compter sur la pugnacité de Plenel et Domenach et la modération rééquilibrée de Sylvie P.B. Ah ! Calvi eut bien du mal, ce qui l'a conduit une fois n'est pas coutume à jeter le masque de la neutralité et à montrer son vrai visage de brave grognard sarkozyste. Dommage qu'à cette heure là il n'avait plus qu'un petit million de téléspectateurs :

 Après les banderilles notamment de Plenel contre les effets d'annonces, les incohérences, les contradictions, les mensonges par omission ou habileté de langage, le constat du désarroi du Président devant la plus grande catastrophe depuis un siècle et enfin face au comportement honteux des journalistes .....le coup de grâce, pour Calvi, vint de Domenach.

« Depuis qu'il est élu le Président nous disait en privé que le plus difficile c'est de se faire élire car après gouverner c'est fastoche... »..... Ah, le besoin de se faire mousser !  

 Calvi désarçonné prend la réplique à la rigolade «  Vous avez bien de la chance de recevoir en secret des confidences du président »

 Et Domenach de lui répondre du tac au tac « Ce n'est pas si secret que ça car je ne suis généralement pas seul, n'est-ce pas Sylvie ? »  Et celle-ci d'acquiescer par un discret sourire.

  Décidément il y a péril dans la demeure élyséenne si le service après vente n'est plus assuré dans les émissions qui analysent les prestations télévisées du Président.

     

A suivre

 

Par daniel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés