Jeudi 4 décembre 2008


"La fusée décolle et la Guyane reste au sol" l'un des premiers titres d'une jeune artiste guyanaise Mary C.
 Il y a un peu de ça si on en croit la tension sociale de ces derniers jours (le litre d'essence à 1,70 €..... alors qu'il est à 0,70 € au Surinam voisin.....ça craint..... )

 On ne pouvait finir notre séjour guyanais sans retourner à Kourou où nous avions vécu plus de 6 mois en 1969.
La décision d'aménager une base de lancement à Kourou fut prise en 1964 par De Gaulle...c'est dire qu'en 1969 c'était tout récent et pourtant il y avait déjà des infrastructures et même des fusées "Europa" qui décollaient tant bien que mal (j'ai au moins le souvenir d'un échec retentissant début juillet 1969). 
 Nous habitions alors une petit maison avenue des roches.... et c'est là que nous nous sommes rendus en arrivant à Kourou ce mardi matin 14 octobre 2008..... on a reconnu le jardin hydroponique qui venait d'être créé en 1969 et, peut-être, en face notre ancienne maison agrandie, transformée... et puis nous sommes allés à la pointe est, vers la plage des roches, l'hôtel des roches et sa piscine.  
A la pointe, à l' embouchure du fleuve Kourou, se trouve la tour Dreyfus  et au large à 17 km les îles du Salut : St Joseph devant côté sud, Royale décalée légèrement au nord et cachée par les deux autres, l'île du Diable.  L'enfer dans le paradis selon l'expression d'Albert Londres.
 Kourou, avant d'être une base spatiale, fut pendant près d'un siècle, de 1850 à 1946, un des bagnes les plus inhumains. Ce site avait été, aussi, au XVIIIème siècle une éphémère colonie voulue par Choiseul : près de 10.000 émigrants, fuyant la misère des campagnes françaises, y furent débarqués en 1763. Presque tous moururent de fièvres en quelques mois ; quelques survivant trouvèrent leur "salut" sur les 3 petites îles du large....
Il fallait bien que ce site ait quelques avantages pour que, malgré une telle histoire, il soit choisi pour devenir le joyau de l'aventure spatiale.
 Nous devions attendre le début d'après midi pour visiter le centre spatial, aussi avons nous profité de la matinée pour redécouvrir Kourou... on a reconnu des quartiers du vieux bourg, l'église, le marché, le port, la zone artisanale...... pour le reste il y a la nouvelle ville ....oui, bof ! 
Ensuite nous sommes allés au musée de l'espace... et on aurait pu s'en passer... j'ai d'ailleurs regretté de ne pas être plutôt allé  jusqu'au barrage de Petit-saut situé seulement à 28 km de Kourou.
 A l'entrée du CSG, près du parking visiteurs est installée une  maquette à l'échelle, c'est à dire 50 m de haut,  de la fusée Ariane V.
 La visite commence par une information projection dans la salle Jupiter d'où, lors des lancements,  les invités triés sur le volet et les journalistes accrédités, arrière ban des spécialistes spatiaux, spacieusement installés tout en haut de l'Olympe, assistent au tir dans une l'ambiance crispée.

Dans cette salle, en un peu moins d'une heure, on a presque tout su de ce que l'on a bien voulu nous dire de l'histoire du CSG : L'intérêt de Kourou c'est la proximité de l'équateur = économie d'énergie, large ouverture sur l'océan à l'est, la fermeture sur l'Amazonie à l'ouest et donc pas de survol de terres habitées, un sous-sol granitique de l'ère primaire sans risque de tremblement de terre ou d'éruption volcanique, et une zone géographique historiquement à l'abri des cyclones. 
On a aussi presque  tout su  des orbites géostationnaires (à 36.000 km de la terre, s ous l'équateur) où circulent les satellites de télécommunications et de météorologie. On nous a tout appris, des orbites de transfert elliptiques (à 300 km) et de l'effet de fronde pour gagner les  35.700 km (question pour un champion!)  qui manquent pour le positionnement final.
On nous a aussi parlé des orbites basses (200 à 500 km) où se promènent des satellites scientifiques et d'observation  et même des orbites héliosynchrones (800 km) qui, si j'ai bien compris, servent à positionner des satellites espions (ceux qui ont permis à Busch de démontrer qu'il fallait intervenir en Irak) qui restent en observation en continue d'une même zone.  
 
Centre nerveux des missions, la salle jupiter est une véritable tour de contrôle où lors d'un lancement, tous les tenants de l'autorité institutionnelle, opérationnelle et technique sont rassemblés.
 A 12 km de là se trouve la salle des opérations du centre de lancement. Dans cette salle sont réunis tous les techniciens des opérations de lancement. Le directeur de ce pôle technique est responsable du lanceur et de toute la préparation du tir. A l'heure du lancement il est en relation direct avec le directeur des opérations en poste dans la salle Jupiter.
 
Selon une chronologie établie et  des procédures très complexes les différentes phases sont effectuées pour obtenir successivement l'autorisation de lancement, puis la décision de lancement. Il y a plusieurs points clefs:
Tous les voyants doivent être au vert à H0-20 mn pour lancer la séquence finale. Ils doivent toujours être au vert à H0-4mn pour valider la phase automatique et seuls les ordinateurs peuvent alors interrompre le lancement en cas de défauts relevés. A partir de -7 secondes il n'est plus possible d'arrêter la chronologie.
 Quand on sort de cette salle, on est admiratif de la compétence française dans le domaine spatial : et je me souviens alors des railleries journalistiques de 1969 notamment orchestrées par le "Canard Enchaîné" et "Minute". Médiocrités des temps jadis.
 
On est admiratif mais on se pose quand même quelques questions : Ariane 4 a été arrêtée en février 2003 après 116 vols avec 97% de réussite pour mettre sur orbite 180 satellites. Ariane 5 a pris la suite permettant de lancer des charges plus lourdes : 20 tonnes en orbite basse et 10 tonnes en orbite géostationnaire : Le dernier lancement d'Ariane en août dernier, le 41ème, confirmait un bon bilan global : 37 succès pour 4 échecs.
 Kourou va lancer dès 2009 des fusées Soyouz pour mettre sur orbite des satellites de moins de 3 tonnes..... mais alors pourquoi avoir abandonné Ariane 4 si on est obligé d'utiliser, aujourd'hui, le lanceur russe pour les faibles charges ? 
 L'ensemble du site, les différents bâtiments, les zones de montage et les zones de lancement se visitent en car et tout le reste devient bizarrement assez banal ; tout l'intérêt était d'être aux commandes même virtuellement.

Le séjour en Guyane tirait à sa fin ; le lendemain le 15 octobre, en fin de matinée nous prenions l'avion à Rochambeau pour basculer en Martinique.... mais je ne peux pas finir ces billets "itinéraires guyanais" sans y mettre quelques photos du centre de Cayenne. Nous sommes allés plusieurs fois en soirée à Cayenne ville.... mais ce n'était pas le moment idéal pour faire des photos. Ces photos nous les avons "volées" quand la ville écrasée par la chaleur, était assoupie, le dimanche vers 13 H au retour de Cacao  et juste avant de nous rendre à Rou ra.
 L'écrivain Denis Tillinac a décrit Cayenne dans Le Bar des palmistes : " Retour à Cayenne. Les toits sont en tôle ondulée, les murs en lattes de bois horizontales, presques toutes les maisons de guingois. Couleurs délavés: vert pomme, pastel, orange, rouille sur les toits, où l'on prend le temps par son bout le plus mol évoque le far West.... et aussi l'idée qu'on peut se faire des colonies..."
 
Pour être honnête cette description de Cayenne est plus proche de mes souvenirs de 1969 que  des impressions perçues en 2008.... mais nous n'avons pas eu le temps de parcourir toute la ville.
Le centre ville est délimité au sud par le canal Laussat et au nord par l'océan. La place des palmistes, haut lieu des rassemblements populaires, fêtes foraines, carnaval, est le poumon de la ville.
 
 Autour de cette magnifique place et  a quelques pas se trouvent la préfecture, la mairie, le palais de justice, le Conseil général, le musée Franconie, la place Schoelcher, le marché, l'hôpital, le port  et le fort Cépérou, premier bâtiment érigé par les français en Guyane, c'était en 1633.....
 une longue histoire...... mais la Guyane mérite qu'on lui consacre du temps pour la découvrir.

Eskizé-mo, mokapati.

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Dimanche 30 novembre 2008

 

 Je me suis longtemps demandé pourquoi Georges Brassens n'avait pas plutôt fait référence à Septembre dans sa chanson « L'orage. »

« ...il me tomba d'un ciel d'orage par un soir de novembre, à cheval sur les toits

un vrai tonnerre de Brest avec des cris de putois allumait ses feux d'artifices... »

 
 Tout le monde sait que les orages de fin août et septembre sont en France nettement plus beaux et spectaculaires que ceux de novembre : pour équilibrer le nombre de pieds collant à la mélodie ça n'aurait rien changé... alors pourquoi? Une simple étourderie ? Une histoire rare mais vraie ? L'artiste avait-il une âme de globe-trotter ?

 Que ce soit au Bas-Congo ou au sud Cameroun, octobre et surtout novembre, sont les mois de fin de la grande saison des pluies et il y a alors de magnifiques orages. La nuit quand le ciel est zébré d'une multitude d'éclairs, dont certains ne tombent pas très loin, c'est un spectacle extraordinaire à rendre banal le plus coûteux des feux d'artifice de 14 juillet ou celui d'une cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques... nom de Zeus.

 

 
 
 Parmi mes souvenirs les plus anciens il y en a un très fort c'est le mariage de mon oncle Didi et de ma tante Josiane. C'était, le 17 novembre 1951 : j'avais donc cinq ans.

 Je suis content de conserver intact dans ma mémoire des bribes de cet évènement car la camarde n'a guère été magnanime avec notre famille : de cette journée il n'y a plus aujourd'hui dans notre famille que mon cher Didi, bientôt 83 ans, mon frère Serge et moi à répondre encore présent.

Ce mariage fut somptueux, toutes les femmes étaient en robe longue, les hommes sur leur 31.... La guerre était finie depuis 5 ans... un besoin de vivre en affichant une certaine opulence.

 

 


 Je suis heureux d'avoir retrouvé ces anciennes photos où je revois mon arrière grand-mère Marie Mathilde Jeanne qui approchait les 90 ans et son inséparable gouvernante Emilienne et sa fille aînée Madeleine,





 mes grands-parents Marcel et Geneviève,

mes parents jeunes d'autant que Roger mon père n'a guère eu le temps de vieillir.

 

 

 

 

 

 

 Le temps passe trop vite pour ceux qui n'ont jamais besoin de chercher quelque chose à faire pour passer le temps.....

 J'ai en mémoire les premiers bétonnages du barrage d'Inga 2 au Zaïre : ce fut le jeudi 12 novembre 1973 et il était près de 22 H et sous une pluie d'orage africain délavant ces bétons dits de propreté .....Le directeur des travaux, un italien superstitieux, avait poussés les équipes à finir le curage des fonds de fouille et de poser les coffrages pour que ces premiers bétons soient coulés avant minuit.... impérativement avant le vendredi 13... et il est clair que si les ouvriers n'y étaient pas arrivés ces premiers coulages auraient été reportés de plus de 24 heures..... au samedi 14.

 
 En novembre 1976 l'histoire recommençait avec encore des pluies diluviennes alors qu' on voulait réaliser les planches d'essais du barrage de Sidi Chéo dans la province d'El Borouj au Maroc. Selon les habitants d'un douar proche il n'avait pas plu comme ça depuis 20 ans..... Un saint homme inhumé sur le site ne devait pas voir tout ce ramdam d'un bon œil.... mais l'ouvrage fut rapidement rebaptisé Al Massira et il n'y eut plus alors le moindre problème.... D'autant que le déluge eut aussi la bonne idée de s'arrêter.


 Novembre 1985 à Yaoundé : L'ADFE recevait Guy Penne le conseiller de François Mitterrand pour les affaires africaines, de passage au Cameroun. Curieux personnage, fort agréable qui nous susurrait, à nous militants de base, quelques vraies fausses (ou le contraire) confidences dont on se demandait si c'était du lard ou du cochon. Cet homme, ancien dentiste de Mitterrand, reconvertit dans la diplomatie secrète illustrait en l'inversant la maxime de Raymond Devos : « Comment reconnaît-on un doute ? A son ombre » avec lui c'était plutôt : « Comment reconnaît-on un homme de l'ombre ? A nos doutes ».... Et pourtant il y a quelqu'un contre lequel il avait probablement une dent c'était l'ancien ministre Nucci. Lors d'une autre venue, au printemps 1986, il nous avait laissé entendre qu'il allait y avoir de sérieux problèmes dans une affaire qui se nommait le Carrefour du Développement et dont les journaux allaient bientôt parler.... Quand j'y pense avec le recul c'était un sacré un scoop.... on peut d'ailleurs lire ce qu'en pense, de façon plus feutrée, Guy Penne dans « Mémoires Africaines » qu'il a écrit en 1999.

 
 Toujours en novembre 1985 nous avons fait connaissance avec l'hôpital de Yaoundé. Pierre notre gentil boy était arrivé, affolé, très tôt le matin, en nous disant que son bébé avait été hospitalisé avec une forte fièvre. En Afrique il n'y avait guère de sécurité sociale et les médicaments, que les hôpitaux ne fournissaient pas, étaient hors de prix pour la population ; même pour les boys qui sont parmi les travailleurs les plus aisés. Nous nous sommes mis immédiatement en quête d'une pharmacie avec l'ordonnance pour ramener le plus tôt possible ces médicaments aux médecins. L'enfant guérit et quelques jours plus tard il rentrait chez lui.... Mais je n'oublierai jamais la réalité sordide de cet hôpital et l'angoisse de Pierre et les larmes de sa jeune femme.

 
 De retour en France, novembre fut le mois des rituels, rituels professionnels, rituels politiques mais avant de finir ce billet avec ces ritournelles je veux rappeler un évènement important :

 Pour la Toussaint maman se rendait chaque année, depuis 1962, sur la tombe de mon père à Tarascon, un voyage coûteux et fatigant d'autant que les derniers amis qu'elle connaissait avaient pris leur retraite et avaient quitté cette ville. En 1990 nous avons décidé, en conseil de famille de rapatrier le cercueil de papa à Villiers sur Marne. Ce fut un choc pour notre famille de voir descendre de la voiture funéraire un petit cercueil de 50 cm de long. Maman, que Simone sa sœur, Didi, Josiane, Pilou et moi entourions, a bien failli s'évanouir. Un très dur moment..... qui était cependant nécessaire pour que maman commence à tourner la page et envisage pouvoir faire d'autres voyages que le traditionnel pèlerinage de Tarascon. Raymonde a rejoint Roger il y a quelques semaines.

 

 Il est maintenant temps de passer aux rituels de novembre :

 
 Novembre fut durant ces 20 dernières années le mois de  la préparation du budget d'entreprise de l'année suivante.... Du simple foutage de gueule, inutile dans le secteur privé. Des figures imposées pour pouvoir tenir en laisse les différents services et museler les salariés. Je me souviens notamment une présentation de budget au siège social en 2002 à une époque ou nous avions deux directeurs généraux (on ne prête qu'aux riches). Il y avait une telle mésentente entre les deux clowns qu'ils ont été à deux doigts de se foutre sur la gueule devant l'assemblée des responsables d'agence. Un grand moment ! Et on voudrait que les salariés aient le moral... ces deux clowns ne sont, bien évidemment, plus là .... Et on eut depuis le loisir d'en découvrir 3 ou 4 autres, mais jamais en duo... dont certains n'étaient d'ailleurs pas mauvais, il faut bien le reconnaître..... à suivre.

 

 Le Beaujolais nouveau le 3ème jeudi du mois : un prétexte pour faire des réunions techniques. Heureusement qu'il y a souvent forces victuailles accompagnant le pinard qui est encore une tradition commerciale foutage de gueule.... Il y a pourtant tant de bons vins dans notre France.

 

 Et puis le passage obligé par la politique, mais vite fait car j'en ai déjà trop parlé : Les congrès du PS, le débat pour le référendum sur le traité européen, et la désignation de notre candidat pour les présidentielles de 2007.

 
 Je vais d'abord évoqué un excellent souvenir : La démission de B. Bellec de la présidence de la Communauté d'Agglomération Niortaise en novembre 2002, persuadé que le conseil de la CAN ne pouvait que le réinvestir avec les pleins pouvoir huit jours plus tard..... et bien 8 jours plus tard les conseillers ont élu président notre excellent ami Alain Mathieu, Maire d'Aiffres. Champagne !

 

 En novembre 2004 il y eut le débat pour le référendum sur le projet de constitution européenne. J'avais bossé le texte et l'étais résolument contre. J'ai fait le tour des 20 sections du département pour inviter les socialistes à voter Non.

 J'ai parfois dérapé, notamment quand un camarade maire dans le nord, du département avouait être intellectuellement hostile au texte mais déclarait qu'il voterait Oui pour éviter que le PS n'éclate : je l'ai traité de munichois et comme ses amis le soutenaient, je les ai traités de pétainistes. Mea culpa ; je n'ai pas toujours été très fin camarades ! 

 Pour le débat fédéral j'ai usé de quelques relations pour faire venir Manuel Valls partisan du Non, alors que les Ouiistes et Ségo faisaient venir Julien Dray. Ils se sont « étripés » pendant 2 heures devant nous, chaque camps applaudissant son champion : 8 jours plus tard Valls changeait de camps pour éviter lui aussi l'éclatement du PS : j'avais tout faux... sauf pour ce qui concerne mon jugement du texte... Ah ! Non.

 

 En novembre 2006 lors de la désignation de notre candidat pour les présidentielles je fus vraiment emmerdé... pour moi il était hors de question de choisir Strauss Kahn qui me paraissait sur le plan économique, et à l'instar de son pote Tony Blair, être encore plus libéral que Sarkozy. J'avais promis à Vincent de choisir Ségo malgré mes réticences.... et je n'avais pas confiance dans le gauchissement de Fabius.... Je sentais qu'il était temps pour moi de prendre quelques distances avec le parti.... et c'est justement ce que j'ai commencé à faire en déposant un bulletin qui sentait le....... Fa-go.

 J'ai fait sensiblement de même cette année lors du congrès de Reims en choisissant d'abord la motion de Martine Aubry puis en votant ensuite pour Ségolène Royal comme secrétaire nationale.

 Les sondeurs vont avoir du boulot avec des gens comme moi.... Je reprends d'ailleurs une tradition matriarcale puisque ma mère pour les élections présidentielles a toujours voté au 1er tour pour Arlette Laguiller qui ressemblait à une bonne copine de travail et pour le second tour au candidat de droite, par respect à la mémoire de mon père.

 

 Je n'ai pas évoqué dans ces souvenirs en vrac de novembre certains sujets déjà traités sur ce blog.

 Un souvenir triste comme la disparition de Luis en novembre 1981 ou un autre heureux comme la présence de presque tous mes amis pour mon jubilé le 26 novembre 2006..... à l'heure où Ségolène Royal était officiellement investie par le PS.

 

A suivre.

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Jeudi 27 novembre 2008

  "Souplé, ès ou pouvé di-mo ki chimen pou mo pran mo alé Roura...."

  Après le samedi pèlerinage au bagne des annamites il nous fallait découvrir la nouvelle Guyane et un dimanche matin à Cacao s'imposait.

 En 1969 nous n'avions jamais entendu parler de Cacao et pour cause il n'y avait rien, ou pas grand chose, une ancienne mine d'or et un pénitencier.... mais ce lieu se transforma en village en 1977 quand le Conseil général décida d'en faire une terre d'accueil pour des réfugiés Hmongs qui fuyaient le Laos  en boat-people ou croupissaient dans des camps en Thaïlande. Trente ans plus tard les hmongs (communauté de plus d'un millier personnes pour l'ensemble de la Guyane) sont les plus importants producteurs de fruits et légumes de Guyane. 

  Il est recommandé de se rendre à Cacao le dimanche matin, jour de marché. Nous reprîmes la route de Régina et à environ 15 km après la rivière Comté il faut prendre une piste sur la droite. Encore une petite quinzaine de km avant d'arriver en Asie.

Au passage on  croise un incroyable château en bois. Lope de Aguirre, le conquistador de l'Amazonie, dans sa quête d'Eldorado serait-il passé par là ? Et non... seulement un énigmatique seigneur des anneaux ou plutôt des serpents. 

 

Le marché est fort agréable et les marchandes hmongs âgées sont très souriantes, très polies et toutes petites.... curieusement les jeunes hmongs qu'on aperçoit sont nettement plus grands...

Nous avons pu admirer leurs broderies et leur artisanat, on a acheté quelques fruits... mais nous n'avons pas été tentés par les soupes, les nems et autres spécialités. 

Nous avons préféré  poursuivre notre randonnée dans le bourg et ses alentours.

    

 

  A Cacao il n'y a pas que les hmongs, on trouve aussi des "métros" installés, des "métros" plus ou moins en rupture avec le modèle métropolitain, qui vivent leur passion comme cet artisan de la poterie. Potier et philosophe sa démonstration, ses conceptions et son cours valent le détour.

Et puis il y a le musée de l'association le planeur bleu et son fondateur qui fait office de guide. Philippe S.  fait une présentation affectueuse des mygales, scorpions et autres gentilles bestioles

 

  J'appris notamment que les scorpions les plus dangereux étaient ceux qui avaient de petites pinces. Ceux qui ont de grosses pinces étant mieux armés pour se défendre leur venin est moins puissant. Tout en étant très prudent dans ses manipulations Philippe confirma que, sauf cas très rares, comme des adolescents amérindiens qui souffrent en silence pour prouver qu'ils devenus des hommes, les morsures ou piqûres des arthropodes d'Amazonie ne sont pas mortelles. Le musée présente plusieurs centres d'intérêts dont une serre à papillons.  

 

  Nous avons eu la chance de retrouver  Philippe S. quelques jours plus tard à l'aéroport de Rochambaud, et c'est avec beaucoup de plaisir que nous avons complété notre instruction de cette région. Talentueux pédagogue, cet instituteur de l'école de Cacao  a su nous donner envie de revenir l'an prochain et pour plusieurs jours, pour voir les vestiges des bagnes, la mine d'or Boulanger, la crique Orapu et  effectuer la randonnée par le sentier Molokoï.

 

A noter que le village de Cacao fait partie de la commune de Roura, distant à vol de toucan d'une vingtaine de kilomètres mais par la route à plus de 60 bornes.

La Commune de Roura a une étendue de  3865 kmalors qu'officiellement la commune la plus étendue de France est Arles avec 750 km2 ..... mais Roura serait aussi dépassée par Régina, Camopi et Maripasoula, autres immenses communes guyanaises si peu peuplées. (La commune Roura a au total 1800 habitants)

 

     Le bourg de Roura est situé à une trentaine de kilomètres de Cayenne. Il fut créé par les jésuites en 1675 qui y construisirent une chapelle. La réalisation d'un pont sur le fleuve Mahury en 1991 a désenclavé ce bourg et a ouvert la route vers les marais de Kaw et l'embouchure du fleuve Approuague. Cette petite route  serpente en ligne de crête de la montagne de Roura puis de Kaw. En remontant la rivière Oyak on atteint une crique qui servit de refuge au début du XVIIIème siècle à Gabriel, un chef marron. En 1788 La Fayette voulant mettre en application ses idées anti-esclavagistes acheta la plantation où il y avait eu 75 ans plus tôt la révolte des esclaves menée par Gabriel. Il libéra tous les esclaves et en fit des salariés mais le noble projet tourna au fiasco.

 

  A 13 km de Roura on descend par une piste en latérite pentue et peu confortable vers une magnifique clairière où se trouvent les cascades de Fourgassié. Un endroit dès plus rafraîchissant dans cette Guyane écrasée par la chaleur et où se retrouvent de nombreuses familles de Cayenne  le dimanche après midi.

Un peu plus loin, à 27 km de Roura se trouve le Camp Caïman, et encore beaucoup plus loin à plus de 130 km de Roura on atteint le débarcadère pour découvrir les mystères de la réserve naturelle de Kaw.... mais ça c'est une autre histoire.... sans doute pour l'année prochaine.

 

      

  (Oun rot soléy.... Nokapati, jodla tan-an bel)

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Lundi 24 novembre 2008

 Nous avions quitté la Guyane fin octobre 1969 et nous y revenions 39 ans plus tard : Le 6 octobre 2008 nous atterissions à Rochambeau la tête pleine de souvenirs incertains.

 C'était un déplacement professionnel qui s'avéra plus complexe à gérer que prévu et le tourisme nostalgie ne fut que la portion congrue d'un trop bref séjour de neuf jours dont le camp de base fut Remire près de Cayenne.

     

Pendant que j'occupais mes premières journée à de très poétiques audits de centrales à béton et carrières de granulats, Pilou faisait du tourisme de proximité. L'appareil photo en bandoulière elle entreprit des randonnées comme celle menant à la pointe de Montravel où elle s'aventura par le sentier des pécheurs.

   

 

  Le lendemain sa curiosité botanique l'entraîna vers les salines de Montjoly pour s'émerveiller de la juxtaposition et la diversité des milieux en  passant, en quelques dizaines de mètres, de la forêt xénophile aux fourrés arbustifs puis à la mangrove qui colonise les rives vaseuses de la lagune.

 

  

  

  Le troisième jour je devais me rendre à  St Georges d'Oyapock.  Pilou m'accompagna malgré les trois heures de trajet nécessaires pour rejoindre cette petite ville frontière avec le Brésil. Le trajet se fait sur une route partiellement en travaux. 

  Elle est par endroit très mauvaise et dangereuse. Voie de passage de clandestins, trafiquants et orpailleurs  elle peut être aussi dangereuse  par les risques de mauvaises rencontres. Un barrage militaire permanent filtre les passages et il y a intérêt à ne pas avoir oublié ses papiers d'identité: il faut montrer patte blanche pour pouvoir passer. Après Régina la route est récente et la dernière section se fait confortablement.

 

 

 

  Nous voilà arrivé au bout de la France : en face, de l'autre côté de l'Oyapock, c'est le Brésil.

 Curieuse petite ville pauvre et drôle d'ambiance qui me fit penser à un film de Luis Bunuel avec Gérard Philippe, La fièvre monte à El Paso.

  

 

 

 

   Dans quelques années un pont sera  construit près de St Georges pour une liaison transamazonienne. Les échanges par le fleuve ne seront plus guère pratiqués, hors transferts illicites, et ce bourg, gagné par la modernisation, finira sans doute par perdre son image  de  somnolence tropicale le jour et  sa réputation de mystères et de trafics fiévreux la nuit.

 

  

   Retour vers Cayenne, et pour cette fin de première semaine Pilou continuait à effectuer des randonnées autour de Rémire et Montjoly. En faisant la journée continue j'arrivais à rentrer vers 17 H ce qui nous laissait, en soirée, un peu plus d'une heure pour retourner sur les sites les plus intéressants. L'Anse de Rémire, la route des plages et quelques belles photos à faire avant que la nuit ne tombe.

 

   En contournant  la montagne de Rorota on passe devant Fort Diamant et on revient par la rive gauche du fleuve Mahury jusqu'au Dégrad de Canne. Il y a de belles randonnées à effectuer en empruntant les sentiers de Fort Diamant et du Rorota.

Cayenne est pratiquement une île limitée au nord-est par les rivières Cayenne et Montsinéry, au sud par le fleuve Mahury et une multitude de cours d'eau et criques côté continent reliant les deux lits principaux.

 

  Samedi, enfin le week-end pour pouvoir faire un peu de tourisme plus abouti..... et tout d'abord le retour vers le bagne des annamites. Le retour vers le passé dont je rêvais depuis près d'une année, depuis qu'on m'avait proposé cette mission.

 Pour en savoir plus il faut retourner sur le récent billet que j'ai consacré à cette randonnée en forêt.

 

 

 

   

    Après cette matinée de crapahutage intense pour de jeunes retraités à mi-temps il nous fallait une balade sans prétention. J'avais envie d'aller en direction de Tonate... et puis j'avais lu la veille dans la gazette locale " France-Guyane "  que le zoo de Macouria rouvrait après plusieur mois de travaux de rénovation.. Voilà une balade relaxe !

Nous prîmes donc la direction du nord, sortie Cayenne par le pont de Larivot. 

 

 Toute la faune guyanaise est réunie dans ce parc animalier : 

Des mammifères, jaguars, pumas, tapirs, pécaris, agoutis, lamantins, paresseux etc ....

 Toutes sortes d'oiseaux, des perroquets, des aras.... aux  toucans et hoccos.... mais ce qui m'attire le plus ce sont les reptiles  et surtout les gros serpents :  l'impressionnant boa constrictor et le magnifique boa canin me fascinent, m'attirent, m'hypnotisent .

   

 

  Ces premiers jours de Guyane m'ont rappelé la beauté de cette terre sauvage. Des souvenirs surgissent du passé alors que d'autres ne se vérifient pas : même au cours de notre randonnée en forêt je n'ai pas vu beaucoup de papillons et pas du tout de morpho.

 Autre déception je n'ai pas entendu au détour d'une rue ou à la sortie d'un commerce, ou même sur un chantier le moindre "Isalop" ou "Isalé ! " qu'on entendait, me semble-t-il,  à tout bout de champ il y a une quarantaine d'années..... 

  

         

A suivre

 

 

 

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Vendredi 21 novembre 2008

 Samedi 16 octobre 1996.... Comme pratiquement tous les samedis matins nous étions au marché de Niort. Pourquoi ce samedi nous sommes nous arrêtés en bas des marches où deux jeunes filles proposaient dans une boîte en carton de très jeunes chatons ? S'arrêter c'était le risque de tomber sous le charme.... Qu'ils étaient mignons !.... Et puis notre Didier qui avait 15 ans, souhaitait avoir un animal de compagnie... nous sommes donc rentrés à la maison avec le petit gris et blanc aux yeux verts.....

 Quel nom allait-on donner au chaton ?  Vu le contexte de ce coup de cœur irrationnel... j'ai pensé au film d'Yves Robert « Ni vu ni connu  », les aventures du braconnier Blaireau/De Funès et de son chien « Fous le camps » ...mais pouvait-on donner un nom de chien à un chat ?  A peine avais-je avancé cette idée saugrenue que je dus, devant le tollé général, trouver une échappatoire et comme en milieu de cet après midi il devait y avoir une éclipse de soleil, je suggérai ce nom original : Eclipse.

 J'eus l'accord de Cécile mais absolument pas celui de Didier... C'était son cadeau et c'était donc à lui de choisir et comme j'avais fait preuve de mauvais esprit avec ma première proposition je n'avais plus mon mot à dire....

«  Moi je choisis Prosper »  lança-t-il.

 Va pour Prosper ! un nom qui étymologiquement symbolise le bonheur, la réussite....  Le chaton, ainsi baptisé, entrait donc dans notre foyer sous de drôles d'auspices un jour d'éclipse. ....

 Et c'est vrai qu'une étonnante complicité s'est alors nouée entre Didier et Prosper. Je les revois jouer au ping-pong, et ce n'est pas une blague : il fallait voir le chat couché sur son côté... Didier lui envoyait une balle vers sa  patte avant plaquée au sol et Prosper renvoyait la balle...

 Tout allait dans le meilleur des mondes, même si, Didier adolescent, avait d'autres occupations et d'ailleurs Prosper aussi... on pouvait rester 2 ou 3 jours, parfois même un peu plus, sans apercevoir notre chat.... Mais vu ou pas vu il venait tous les soirs prendre sa pitance.

 Fin Juillet 1999 : Nous, nous sommes absentés quelques jours, pour le mariage en région parisienne d'Eric, notre fils aîné, et Olivia.

 A notre retour plus aucune trace de Prosper : On l'a cherché pendant plusieurs jours, mais sans succès..... Août, septembre, octobre passèrent et nous n'espérions plus trop le revoir ...., jusqu'au 11 novembre où il est rentré subitement à la maison comme si de rien n'était.

 Il avait du se rappeler que ce jour-là c'était l'anniversaire de la maîtresse de maison et que c'était la moindre des choses que de rentrer pour la fêter.

 Qu'avait-il fait où était-il allé pendant 3.5 mois ? Il semblait être en bonne forme, il était même bien gras : manifestement il n'avait pas été malheureux pendant tout ce temps loin de nous.....  mais il semblait quand même bien content d'être revenu chez lui..... car ce fut sa dernière fugue....   à partir de ce jour il n'a plus jamais taillé la route ; il ne sortait  même pratiquement plus du jardin.

 Ces dernières années nous  avons continué à faire régulièrement des voyages, sans trop nous soucier de la contrainte chat ; mais il est vrai que la plupart du temps quand nous nous absentions Didier était plus ou moins  à la maison..... pour s'occuper de son chat.

 Depuis un peu plus d'une année Didier travaille et vit maintenant à Tours.... et quand nous nous absentons ...  et bien Prosper vit sa vie...et puis Didier revient parfois le week-end ou Cécile passe faire un petit tour à la maison quand elle doit venir sur Niort.

 En ce mois d'octobre 2008 nous devions partir plus d'un mois pour la Guyane et la Martinique. Didier ne pouvait pas prendre Prosper dans son studio à Tours, aussi a-t-on pensé le laisser en vacances, à la campagne, chez Cécile à Lezay... il serait avec nos petits-enfants auxquels il était bien habitué... et  c'était, nous semblait-il, la moins mauvaise solution.....

 Mais au bout de trois semaines Prosper a pris la clé des champs. Nos petits enfants étaient persuadés l'avoir encore aperçu quelques jours plus tard... et puis plus de trace de Prosper. A notre retour début novembre nous devions bien admettre que notre chat était bel et bien perdu....

....jusqu'à aujourd'hui vendredi 21 novembre à 15 heures où il a frappé (miaulé) à la porte.

Comment a-il pu retrouver son chemin : au mieux en suivant la route la plus directe entre Lezay et Niort soit une bonne quarantaine de kilomètres. Quel sens de l'orientation ont les chats ? J'aimerai qu'un expert m'explique ca .... je constate mais je ne comprends pas....

 Certes cette fois-ci il a bien maigri et surtout il était  sale, et il avait très, très faim...et puis aujourd'hui il a plus de 12 ans, un âge respectable pour un chat.

Mais il est encore de revenu.... Incroyable chat fidèle ....  est-ce l'éclipse qui a magnétiquement  marqué le fabuleux chemin de Prosper chaton....

... et « Fous le camps » revient toujours.

 

 

(A suivre...... )

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Mardi 18 novembre 2008

Grande nouvelle : hier soir j'ai téléphoné à mon ami Fanfan, et au cours de cette conversation, au détour d'une anecdote, il a fini par m'annoncer qu'il s'était lancé depuis quelques semaines dans une aventure blogueuse. Heureusement que j'étais attentif car cet aveu fugace, cette confidence perdue au milieu d'un flot de paroles, d'informations diverses, de vérités secondes (*) m'a surpris et je dus le relancer sur le sujet pour en savoir un peu plus.
 (*) Il ne faut jamais prendre les vérités premières au pied de la lettre, seule la vérité seconde, celle du contradicteur, peut être digne d'intérêt, une sorte de pied de nez aux suffisants sauf si le contradicteur a le dernier mot et qu'il devient ainsi, à son tour, le détenteur d'une vérité première.....
 J'en reviens à mon sujet et au blog de Fanfan que je me suis empressé d'aller voir après avoir réussi à lui arracher l'adresse. J'ai lu, je me suis enthousiasmé et illico je peux dénoncer. Eh oui mon ami moi je ne suis pas corse.... alors je peux dénoncer : http://prolix.over-blog.net/
 Il faut y aller voir, c'est jubilatoire et je suis certain que nos amis communs, que les membres de ma famille qui viennent de temps à autre sur mon blog de griot et qui connaissent très bien mon copain de jeunesse, fringant partenaire de rugby des temps jadis et fidèle ami, iront le lire... Je n'ai pas l'ombre d'un doute à ce sujet comme disait Raymond Devos auquel je ne peux m'empêcher de penser en lisant Prolix.... Avec aussi une petite pensée pour Jacques Prévert qui savait lui aussi si bien triturer les mots et les maux de la société pour les recoller ensuite dans un sens plus original et surtout moins déprimant. J'ai découvert que mon Fanfan est aussi truculent par l'écriture qu'il l'est à raconter des blagues ou à mélanger par dessous dessus des proverbes et dictons en compagnie (*). Superbe mais il est temps pour moi, en guise de bande annonce et par un habile « copier coller » de passer le clavier à Prolix. 
 (*) Lire aussi Touche pas à mon rugby... Corsica tour.

  

« ........donc, nous parlions d'embarras et d'embarrassés. En fustigeant au passage, quelques mal-aimés et autres formes de mécontents, de bons à rien mais néanmoins mauvais en tout. Ajoutant à la prose une poignée de mots barbares mais qui définissent bien, je crois, le style du propos dont il est question dans ce "partage d'écriture " (on dit "blog" mais j'aime tellement le français). Et puis, c'est pas beau "partage d'écriture"? D'autant plus que j'autorise, quiconque le désire, à partager, avec la mienne, son écriture. Sans retenue et sans scrupules, bien sur. Avec sincérité, humour, sérieux, réflexion, enthousiasme, candeur, perspicacité, convivialité. Mais, aussi, tolérance et respect envers la nature humaine, hors des attaques personnelles contre qui que ce soit, lecteurs, rédacteurs ou intervenants  "Condition sine qua non à ce partage d'écriture" auquel sont destinés ces petits articles qui font la vie quotidienne..... »

 

 « ....Nous pourrons tout au long de ce que voudra vivre ce "partage d'écriture", recenser ainsi les mots qui méritent que l'on s'attarde sur leur nature et sur ce qu'ils peuvent nous apprendre.
 D'ailleurs, à ce propos, plusieurs mots de la langue française ont une résonance régionale, une définition familière ou vieillie, différentes de celles que l'on peut leur attribuer généralement. Le mot "sérieuse", par exemple en langue familière vieillie désignait "une chope de bière d'un litre". Comme ça ce comprend!
 Chères et chers "partageurs d'écriture" jetez vous vite, à mains jointes sur vos claviers et, je vous en prie, rendez moi la monnaie de mon billet! En voilà encore un mot qui mériterait que l'on se penche sur son berceau. Dans notre cas c'est un "petit article, souvent polémique ou satirique". Ce peut-être le bref écrit que l'on adresse à quelqu'un. Vous avez le "billet d'invitation" le "billet doux", le "billet de spectacle" ou le "billet de cinéma". Ou me laissez vous le "billet de chemin de fer" du temps ou l'on avait le droit à 30% de réduction, une fois par an, lors des congés annuels?
 Et celui des Gueules Cassées"le billet de loterie nationale" vendu par des personnes qui avaient subi les dommages collatéraux de ses pourritures de guerres. (Le pire, c'est que ça continue)......»

« ...........Revenons à notre billet! Le Billet avec un grand B "le biffeton".Le "billet à ordre" ou le "billet de trésorerie". Du temps béni des militaires, comme disait un des mes voisins, il y avait le "billet de logement" vous savez le fameux "coucher dehors avec un billet de logement". Mais je me "fiche mon billet" que tout cela vous le saviez et que je n'avais pas besoin de vous le rappeler. Trop tard, c'est fait. Allez! il est midi. C'est l'heure de l'apéro. Je vous laisse à vos réflexions. Moi je fais comme Achille: je me retire sous ma tente. A tous je dis, à plus tard... »..

 

« ......Et voyant ma compagne, voilà qu'il me dit :
 -Je croyais que votre femme n'était plus de ce monde !
 Je me vois répondre, tant la surprise est grande et ne sachant que dire:
 -Ben, c'est qu'elle est revenue (comme un revenant revient) pour voter aux cantonales, dimanche prochain.
 -Ha ! Tiens!
-Chez nous, c'est une coutume ancestrale et régionale. Nous allons toujours voter, même après... D'ailleurs, mon arrière grand-père venait encore il y a peu de temps. Mais figurez-vous, qu'un jeune archéologue du village, au cours d'investigations personnelles, afin de s'exercer à son futur métier, a trouvé et emmené les os du squelette de la jambe droite de mon bisaïeul. Bien sur, il pourrait se déplacer sur sa jambe gauche. Elle lui fut malencontreusement ravie par un obus dans les tranchées à Verdun. Depuis il a bien essayé. Mais la chose n'est aisée, voyez-vous, qu'aux seuls  culs de jatte qui sont entraînés à de tels tours de force.
-C'est ennuyeux, me rétorquerait-il contrarié par mon état. Une voix qui manquerait à l'élu de son choix. Alors..?
 -Alors il s'est décidé à voter par procuration. A contrecoeur.
 -Bien! Bien! Dirait, le médecin soucieux. Je vous prendrais un rendez-vous en psychiatrie..... »

 

« .....A bientôt les "partageurs". Allez-y! Partagez. J'attends avec impatience. Et surtout ne vous inquiétez pas pour les fautes et autres petits problèmes littéraires. Ecrire, même n'importe quoi : c'est la meilleure façon de s'améliorer.
 Au fait, j'ai changé de style d'écriture (on dit de police, mais moi "police" c'est pas trop dans mon vocabulaire). Donc j'ai changé par ce que je ne me souviens plus de celle que j'utilisais au début.
La mémoire, vous dis-je. La mémoire!
..... ».

 

 Voilà pour vous mettre l'eau à la bouche.... Enfin façon de parler surtout à l'heure de l'apéro.... Alors SVP les joueurs de bons mots allez rendre visite à Fanfan et partagez... car Prolix (encore un jeu de mots basé sur son identité) est tellement prolixe, a tellement de talents (mettez le dans un jardin ou en scène avec sa guitare pour interpréter Brassens ou des chants corses ou encore à la tête d'une association....ou d'un rassemblement d'amis dispersés... etc...dans tous les cas il est efficace ) qu'il s'enflamme pour sa dernière passion et ne pouvant tout faire en même temps s'écarte progressivement de ses précédents hobbies... et dans le domaine de l'écriture et de l'humour il peut apporter tant que ça serait dommage qu'il n'en fasse pas assez....

 (A suivre)

Par daniel - Publié dans : L'invité
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Samedi 15 novembre 2008

 Et bien non ! Je ne suis pas à Reims et pourtant j'aurais pu y être ayant reçu, en bonne et due forme, une invitation, un  laissez-passer ; j'avoue même avoir un peu hésité à m'y rendre : par nostalgie amicale et non par voyeurisme ? Et puis non j'ai préféré rester à la maison car..... que ce jeu de rôles se termine par un sacre Royal ou un massacre.... je savais que je ne serais pas bien devant le spectacle donné.....  d'autant que je ne suis plus sûr de rien, mais j'y reviendrai en fin de billet.   

 J'ai participé à sept congrès du PS depuis 1992 : Bordeaux, Le Bourget, Liévin, Brest, Grenoble, Dijon et Le Mans... Stop ça suffit ! Si encore ils en programmaient un dans les DOM TOM je pourrais me laisser tenter, sinon je crois que j'ai vraiment fait le tour de la question .... Sans compter que j'ai du participer à toutes les commissions thématiques (très nombreuses et très intéressantes entre 1994 et 1997, plus rares ensuite....on a vu le résultat.) et à la plupart des conseils nationaux entre 1995 à 2006.... Besoin de grandes vacances pour réfléchir à défaut de prendre la décision d'une retraite politique définitive.   

 Le premier congrès qui m'a vraiment intéressé fut celui d'Epinay que j'ai suivi par la presse car je n'étais pas encore encarté. Mitterrand non plus d'ailleurs ce qui ne l'a pas empêché en ce week-end du 11 au 13 juin 1971 de faire main basse sur le PS (en y adhérant la veille dit-on) et pourtant les résultats du vote par motions n'en avaient pas fait un vainqueur potentiel : motion arrivée en tête Savary-Mollet : 34% ; en second la  motion Mauroy-Deferre : 30% ; et assez loin en troisième position  la motion Mitterrand : 15 % ; suivaient  ensuite la motion Poperen : 12 %  et  la motion Chevènement : 9%.
 L'alliance « éventail » Mitterrand, Mauroy-Deferre, Chevènement consacra François Mitterrand pourtant largement minoritaire au vote des motions  ... tout est donc possible dans un congrès du PS. .

 Le premier congrès auquel j'ai participé en tant que délégué fédéral fut celui de Bordeaux du 12 au 14 juillet 1992. J'ai le souvenir d'un congrès chaleureux : il fallait faire oublier le congrès de Rennes (confrontation des héritiers du Mitterrandisme, Jospin Fabius) et manifester un soutien unanime à Emmanuelli qui, en tant qu'ancien trésorier du PS, avait maille à partir avec la justice. La motion de la direction sortante où se trouvaient réunis tous les « éléphants » a fait plus de 85 %. Les jeunes trublions de la Gauche Socialiste réunissaient 7 % des suffrages. Chevènement en rupture avec la ligne européenne du parti déclara à la tribune qu'il envisageait de quitter le parti.

 Après la débâcle des législatives de 1993 il y eut au PS des coups bas pour empêcher Fabius d'être le premier secrétaire national dont une alliance surréaliste entre Rocard, Mauroy, Jospin, Strauss Kahn, Emmanuelli, Mélenchon Dray etc... Rocard devenait le nouveau patron de cet attelage hétéroclite et il présenta la motion « Refonder » pour le congrès du Bourget du week-end du 23 au 24 octobre 1993. J'étais encore délégué fédéral et de sensibilité rocardienne, j'étais donc encore dans la majorité. Le texte du rassemblement hétéroclite l'emporta avec 83 % des voix devant la motion Poperen 11 % et une motion Dumas-Mermaz : 6 %. Je fus quand même sidéré de voir des militants du camp vainqueur huer des orateurs de leur propre camp, mais originaire de courants différents (Huchon copieusement sifflé par les jospiniens et fabiusiens). Décidément la vie de ce parti n'était pas un long fleuve tranquille.

 J'ai souvent déploré que le parti ne soit pas représentatif sociologiquement de la société française compte tenu du poids des élus locaux et des enseignants et c'est pourtant la rencontre avec un prof, Vincent Peillon, qui m'a conduit à balayer mes doutes et à poursuivre un bout de chemin avec le PS après la déroute électorale aux législatives de 1993. J'ai découvert le projet de texte de Vincent et de ses amis au cours de l'automne 1994. On s'est ensuite rencontré au siège du PS à Solferino, puis je fus mandataire fédéral de cette motion alternative pour le congrès de Liévin ... en route pour un nouveau congrès après que Michel Rocard ait été flingué par Mitterrand lors des européennes par l'intermédiaire de la liste Tapie. Henri Emmanuelli était devenu, entre temps, le nouveau dépositaire de Solférino.... Encore une fois on eut droit à une motion soutenue par tous les éléphants. Une motion très marquée à gauche, une orientation qu' Emmanuelli voulut pour montrer à Delors ce qui l'attendait s'il devenait Président de la République. La motion A, pensée unique, « Etre socialiste » obtint 92 % et notre motion alternative « Agir en socialiste » fit 8% mais on s'en contentait. J'ai connu par cette motion des camarades, des amis super intéressants : Adeline, Barthélemy, Christophe, Vincent ... et d'autres.

 Après les élections présidentielles de 1995, Jospin devint en octobre 1995 et par scrutin direct des militants (une nouveauté) Premier secrétaire du PS. Dans la foulée la gauche remporta les élections législatives de Juin 1997. S'ensuivit le congrès de Brest du 21 au 23 novembre 1997 où Jospin 1er ministre passait le relais à François Hollande. Le rassemblement était nécessaire d'où le nom de la motion majoritaire « réussir ensemble » soutenue par tous les anciens 1er ministres, Mauroy, Fabius et Rocard et qui recueillit 85 %, laissant loin derrière la motion de la Gauche Socialiste à 10 % et une motion popereniste à 5 %. J'ai souvenir d'une admirable intervention de Mélenchon : même si je n'étais pas en accord avec ses positions je ne pouvais m'empêcher de constater qu'il était et de loin le meilleur orateur socialiste. Mais perdu dans cette grande alliance majoritaire je commençais à regretter ma petite motion minoritaire malgré les efforts de Vincent pour que notre sensibilité reste unie et soit l'aiguillon de la rénovation.... Déjà la nouvelle direction ne proposait plus beaucoup de conventions thématiques : difficile d'être critique et force de propositions quand notre parti est au pouvoir.

 Du 24 au 26 novembre 2000 ce fut le congrès de Grenoble : Jospin était toujours 1er ministre et les présidentielles de 2002 se profilaient à l'horizon. Pouvait-on ne pas être rassemblé ? Emmanuelli a franchi le pas de la différence et a recueilli 14 % ; la Gauche Socialiste a continué de se compter avec 13 %. Je n'avais pas d'autre choix à cette époque que de rester et m'ennuyer dans la majorité hollandaise qui pointait à 73 %. J'ai tenté une diversion en flirtant quelques temps avec un sous-courant, les amis de Martine Aubry, où je retrouvais plusieurs bons camarades de la motion minoritaire de Liévin dont Adeline Hazan et aussi une grande amie de Geneviève, Marylise Lebranchu. Mais la greffe n'a pas pris, j'eus le sentiment que Martine Aubry ne savait pas vraiment manager une équipe militante.

 Après la catastrophe de mai 2002, l'élimination de Jospin dès le premier tour, Vincent Peillon reprit son bâton de pélerin de la rénovation et avec l'aide d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon (et pour un très court moment de Julien Dray), il créa le NPS. Cette période restera un de mes meilleurs souvenirs de ma vie militante. Que de talents dans ce NPS, trop sans doute. Pourtant j'ai bien cru qu'en s'alliant avec l'aile gauche « Nouveau Monde » de Mélenchon et Emmanuelli on pouvait gagner pour enfin rénover le vieux parti d'Epinay.... du moins amorcer cette rénovation car.... j'avais bien conscience qu'une alliance avec Mélenchon et Emmanuelli, grands mitterrandistes, limitait quelque peu nos velléités de rénovation..... de toute façon le score de nos motions « opposantes » ne fut pas à la hauteur de nos espérances. La motion de Hollande obtint 61 % NPS 17% et Nouveau Monde 16%....Exit la rénovation... On passa malgré tout un bon congrès convaincu que l'avenir était de notre côté. La victoire des rénovateurs serait pour le prochain congrès.... Naïf que j'étais.

 Il y avait beaucoup de talents à NPS et surtout beaucoup d'ego. ... notre rassemblement a tenu jusqu'au printemps 2005, malgré des bisbilles entre Vincent et Arnaud attisées par leurs lieutenants respectifs. Début juillet ça faillit être le clash au sous-sol de l'assemblée nationale. Il y eut la réconciliation au cours d'été, puis l'arrivée d'Emmanuelli qui, séparé de Mélenchon, ne voulait pas se compter  au congrès du Mans en novembre de peur de ne pas atteindre avec ses seules troupes le seuil couperet de 5%. Au cours de l'automne l'union semblait prévaloir malgré quelques boutefeux. Une nouvelle fois les résultats nous déçurent : Hollande faisait 54 %, NPS 24% et Fabius, qui avait récupéré Mélenchon, 21 %.
 Le pire se produisit pendant le congrès du Mans (18 au 20 novembre) et notamment pendant la nuit dite des résolutions avec Fabius qui rejoignait Hollande en synthèse et NPS qui explosait, Peillon, Emmanuelli et Hamon acceptant aussi la synthèse proposée par Hollande, synthèse que refusait Montebourg. Une dernière image de ce congrès : j'étais avec la délégation des Deux Sèvres, assis à côté de Ségolène. A la fin d'un discours à la tribune de Strauss Kahn, une camarade de notre délégation se leva spontanément pour applaudir, et je vis alors Ségolène lui faire signe de s'assoir.

 Depuis il y eut les élections présidentielles et cette phase de « je t'aime moi non plus » avec Ségolène Royal. La fraction ex-NPS d'Arnaud Montebourg dénommée « Rénover Maintenant » fut la première à la rejoindre tandis que l'autre branche de NPS débattait.  Peillon estimait que Ségolène était incontournable et qu'elle serait investie, haut la main, par les militants. Les amis de Benoît Hamon, issus des MJS et presque tous ex-rocardiens ayant viré à gauche devant le constat d'échec de la social démocratie face au capitalisme financier, ne pouvaient pas voir en peinture Ségolène qualifiée comme la tendance la plus droitière du PS. NPS historique a encore explosé en deux tendances.
 Vincent Peillon eut beau réunir plusieurs fois ses plus proches amis pour nous dire qu'on pouvait travailler avec Ségolène sans pour autant devenir Ségolâtre, il est clair qu'il était devenu son bras droit au fil du temps et surtout depuis l'élection présidentielle perdue....

 Le temps du congrès de Reims est arrivé et je suis donc resté à la maison. Les scores obtenus par chaque motion évoquent le scénario d'Epinay. La motion Royal-Peillon a fait 29%, Delanoé 25% Aubry 24 % et Hamon 19%. Je ne sais pas ce qui va se passer dans la nuit des résolutions. Ségolène a annoncé ce samedi sa candidature en duo avec Vincent. Si Benoît Hamon est seul candidat contre elle il n'y aura pas péril en la demeure socialiste, mais si en plus Martine Aubry, devait être candidate avec l'appui de Delanoé on pourrait alors craindre le pire pour notre parti.
 Pour autant si Ségolène l'emportait quelles seraient les marges de manœuvre de Vincent Peillon? L'alliance entre la populaire-populiste et l'intellectuel talentueux et bosseur est-il un gage de rénovation de ce vieux parti ou une simple et pâle copie de gauche du ticket Sarkozy-Fillon.  Je m'interroge.... J'ai confiance dans la compétence de Vincent, mais on a déjà été tellement échaudé depuis 15 ans....  je préfère rester en observation... et si Peillon est vraiment aux manettes avec une liberté d'action  je me replongerai dans les délices de la militance (avec modération quand même puisque je n'ai postulé à aucun poste). Sinon je prolongerai mes vacances politiques.
 Je précise enfin que j'aime beaucoup l'excellent Benoît Hamon, mais ce qui me gêne un peu chez lui .... c'est  l'influence de son équipe, de ses troupes, tous les anciens présidents des MJS. Des jeunes qui gravitent dans l'appareil et dont le futur se décline en un poste d'attaché parlementaire avant de devenir directeur de cabinet, hier ministériel, aujourd'hui de conseil régional,  de conseil général ou encore de grande mairie et puis à leur  tour devenir  député ... un parcours de professionnel de la politique sans avoir jamais fait un autre métier.... Voilà encore quelque chose que je ne supporte plus au PS et qu'il faut changer.....   


 
A suivre

  

Par daniel - Publié dans : trop poli-tique
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Dimanche 9 novembre 2008

 Une petite mission professionnelle en Guyane pour ce mois d'octobre 2008 ça ne pouvait se refuser. Bien sûr Pilou m'a accompagné pour ce séjour d'une dizaine de jours, pour un retour nostalgique 39 ans plus tard ; 39 ans putain que ça passe vite. De début juin à fin octobre 1969 nous avons vécu en Guyane et en ce temps là nous avions une vingtaine d'années  (un peu plus pour moi, mais j'étais encore un gamin de 23 ans) et c'était notre premier séjour hors de métropole.
 Une dizaine de jours en Guyane mais seulement 4 jours pour faire du tourisme, pour retrouver quelques traces, des marques, des souvenirs...
Je ferai un second billet pour parler de l'ensemble du séjour, mais ce premier est consacré uniquement au bagne des annamites.  
 J'ai déjà parlé de ce bagne  dans un article consacré à notre séjour de 1969 intitulé « Saga Africa & Co ...la Guyane, l'effet papillon ».  Je racontais comment, dans le cadre d'une étude géotechnique routière, mon équipe chargée de la reconnaissance du site et de la recherche de matériaux pour terrassement, était tombée par le plus pur hasard sur ces vestiges de bagne. Je crois qu'à l'époque plus personne ne parlait de ce bagne et que c'est probablement le rapport de l'ingénieur responsable de l'étude qui a ravivé ce passé  peu glorieux.

 Je savais aussi grâce à Internet que depuis le site et l'accès avaient été « aménagés » pour devenir « visitables » et que des études avaient été faites sur le sujet : On peut notamment lire l'article de Danielle DONET-VINCENT  « Les bagnes des indochinois en Guyane (1931-1963) ».

 S'il y avait un site que nous tenions absolument à revoir lors de ce court séjour, c'était bien celui-là ; dès notre première journée non travaillée, et c'était le samedi 11 octobre, nous quittâmes au petit matin notre hôtel de Rémire pour prendre la direction de Tonnégrande. Avant de quitter l'agglomération Cayennaise je me suis quand même arrêté dans une boutique chinoise pour acheter une machette. 

 Nous avons pris la N 2 jusqu'au carrefour avec la D 5 nommée route du Galion mais que nous appelions en 1969 la route des militaires. Une dizaine de kilomètres plus loin nous atteignions la rivière Tonnégrande. C'est à cet endroit, nommé port Inini, que 2 anciens militaires tenaient, il y a 39 ans, un carbet-bar. Il n'y a plus rien par contre j'ai remarqué qu'il y avait maintenant des maisons dispersées tout au long du trajet alors qu'en 1969 le carbet-bar était la seule habitation sur cette route de Cayenne à Tonate.


 Nous savions trouver 3 km plus loin sur la gauche  un terre-plein avec un panneau indiquant le bagne des annamites. On a trouvé l'endroit mais le panneau était peu lisible ; on discernait juste les deux premières lettres BA. Sur le coté il y a un chemin que nous prîmes, persuadés de nous diriger vers les cellules.... mais après avoir passé une petite colline, au bout de 300 mètres nous nous trouvions devant une zone inondée et marécageuse.



Je me voyais mal passer sur des troncs d'arbres couchés pour atteindre la colline suivante et puis les marais en forêt guyanaise ça ne me plait pas trop, aussi avons nous fait demi-tour pour prendre le temps de consulter notre carte.
 De l'autre coté de la route il y avait un guyanais qui s'affairait ; je l'ai rejoint pour lui demander si en face c'était bien le sentier qui menait au bagne des annamites : il ne savait pas.... ça ne commençait pas très bien.
 
 

 Hélène une jeune femme avec qui je travaillais depuis quelques jours m'avait dit qu'il y avait deux chemins dont un qui partait d'une ancienne carrière. Sur la carte Cayenne-Kourou au 1/100000 il est marqué et référencé sentier crique anguille. Il me semble d'ailleurs que c'était  sensiblement le trajet que nous empruntions en 1969 lors de nos investigations dans cette zone et puis j'avais le souvenir de photos de l'époque prises dans ce qui était les vestiges d'une ballastière en bordure de route.  

 
 
Nous avons rejoint la zone de la carrière où un terre-plein était aménagé et on trouva un panneau paraissant à première vue indiquer un chemin de randonnée.
 De plus nous avons eu la chance de rencontrer un "métro" a priori touriste en quête  lui aussi du bagne des annamites. Nous avons convenu de faire cause commune ; c'était aussi rassurant d'avoir un équipier supplémentaire pour ce genre d'expédition d'autant que cet homme était plus jeune que nous.




Nous apprîmes par la suite que Jean T. était médecin, qu'il était en Guyane depuis un peu plus d'une année et qu'il était en poste à Papaïchton (Pompidouville) dans le grand est  en pays Boni sur le fleuve Maroni - La Lawa (C'est là que vit le granman chef coutumier et spirituel des noirs marrons bonis).
 Papaïchton se trouve à quelques kilomètres au nord de Maripasoula et des villages amérindiens Elohé et Kayodé. 
 Jean T. était donc un précieux renfort. Nous avons trouvé l'entrée du sentier et nous avons commencé notre randonnée crapahutage.
 Combien de temps avons-nous marché ? Plus de deux heures, et plus nous avancions et plus le sentier se transformait en layon et puis... en plus rien, plus de trace. Nous avons continué à avancer et j'ouvrais le chemin à coups de machette en n'oubliant pas de faire des marques sur les troncs d'arbres pour être sûr de retrouver le chemin de retour. Nous faisions de nombreuses pauses pour souffler et pour admirer et photogaphier des fleurs, des lianes, des épiphytes.
 
A deux occasions nous avons fait fuir un animal, soit un pécari soit un cochon-bois, un paca ou un agouti. Un peu avant midi j'étais convaincu que nous n'étions pas sur la bonne piste ; de mes souvenirs de 1969 je savais que nous devions prendre plus au sud redescendre les collines pour tendre vers les marais et la rivière Tonnégrande.
J'étais déçu d'abandonner mais Pilou et moi nous étions crevés et nous ne pouvions poursuivre plus avant. Il était temps pour nous de retourner vers la route d'autant que la descente des collines vers le sud s'avérait périlleuse. Jean T, vrai broussard, voulait continuer. Nous nous sommes donc séparés. Nous avons retrouvé assez facilement notre chemin et vers 13 H 15 nous étions de retour à la voiture.
 Terriblement déçu je repris la route de Cayenne.... En passant devant l'endroit de notre première tentative nous vîmes des voitures arrêtées et trois personnes en train de mettre des chaussures de marche. Je m'arrêtai et leur demandai s'ils se rendaient au bagne des annamites. C'était le cas et ils acceptaient qu'on les accompagne.

 En fait le premier sentier qu'on avait pris n'était pas le bon, à proximité il y avait un autre chemin forestier dont l'entrée n'était pas évidente à trouver mais qui, ensuite, s'avérait être parfaitement balisé et aménagé notamment dans sa partie initiale marécageuse. 
" Le bagne est à 45 minutes en marchant bien et ce chemin c'est les champs élysées " nous dit l'un de nos nouveaux compagnons. "J'y suis déjà venu plus de dix fois".  Nous nous sommes ré-équipés et en route vers le passé.



Nos  compagnons étaient de Kourou, du moins le couple qui était accompagné d'un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, semble-t-il, était de passage en Guyane.
 Ils se rendaient jusqu'à la rivière, en passant par le bagne. Nous, qui avions du mal à suivre leur allure,  savions que nous ne pourrions pas aller beaucoup plus loin que les cellules.... pour le reste on verrait l'an prochain, puisqu'en principe je dois retourner en Guyane en 2009.   




Sur toute la partie inondée le chemin est aménagé avec des caillebotis et la marche est facile. Dans une seconde partie il faut faire un peu d'exercice pour passer sous ou par dessus des arbres couchés mais rien d'insurmontable.... enfin on arriva dans une clairière puis sur les cellules. En 1969 j'avais d'abord trouvé un wc puis divers aménagements comme un puits et un four, des restes de murs en briques.... et ce ne fut que le lendemain qu'on avait trouvé les cellules....  et là il y avait un wc à côté des cellules ce qui ne collait pas avec mes souvenirs..... Mais la mémoire ?.....


Ce fut le moment de la pause, pour faire des photos et pour  discuter, échanger quelque peu avec nos compagnons. Ils furent étonnés d'apprendre que j'avais en quelque sorte "trouvé" ce site "abandonné" en 1969.... et que je n'y étais pas revenu depuis. Je savais qu'il y avait une voie ferrée qui reliait cette base à la rivière Tonnégrande. Ils allaient d'ailleurs suivrent ce chemin jusqu'à crique Anguille. Pilou et moi nous étions trop fatigués pour faire encore plus d'une heure de marche ; nous ne pouvions plus les suivre.



 Ils furent encore plus étonnés quand je leur signalais qu'en 1969 on avait trouvé un cimetière de l'autre côté de la colline. C'était d'ailleurs grâce aux pierres tombales en béton qu'on avait compris qu'il s'agissait d'un bagne de déportés politiques indochinois. Les inscriptions étaient en caractères chinois et les dates indiquaient une période comprise entre 1932 et 1935. Le monsieur qui était déjà venu une dizaine de fois au bagne des annamites n'avait jamais vu ou entendu parler d'un cimetière.

Il me suivit et nous avons grimpé la petite colline où l'on trouvait encore de nombreux vestiges du bagne...  et je suis tombé sur les wc. Finalement il y en avait au moins deux et c'est sur ce dernier que je m'étais fait photographier en 1969... Bis repetita placent....
 Nous avons fait le tour de la colline, je l'ai redescendue vers l'ouest là où je situais dans ma mémoire ce cimetière mais je n'ai rien trouvé.... Pressé par le temps je n'ai pas cherché trop longtemps. Il me faudra donc y retourner l'an prochain.


Nous avons pris congé de nos compagnons qui poursuivirent leur randonnées vers la crique Anguille. Pour nous ça sera un bon prétexte pour revenir sur ce site l'an prochain, maintenant qu'on a trouvé l'accès.... et puis je veux retrouver le cimetière qui n'apparaît pas sur le plan affiché à l'entrée du bagne.
 Pour finir voici une information à caractère historique : Ce bagne a été créé en 1931 et fonctionna jusqu'à la guerre. Il aurait accueilli plus de 500 déportés politiques indochinois. Ils étaient astreints à des travaux forcés de développement de la Guyane d'ou la ligne de chemin de fer.

 Un film documentaire a été réalisé par Geneviève Wiels :
 www.film-documentaire.fr/ 

 A voir aussi :  www.imageplus.name/LES-OMBRES-DU-BAGNE, où est rapportée l'histoire de Tran Kha Man, le dernier survivant (en 1998) du bagne des Annamites, et qui vivait alors à Cayenne.

(A suivre)


Par daniel - Publié dans : saga africa
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Mercredi 5 novembre 2008

 Didi finissait son temps de soldat en Allemagne en cet automne 1945 ; il savait qu'il passerait Noël en famille. Il écrivait encore beaucoup à sa famille mais les lettres n'ont pas été conservées et il recevait aussi des lettres notamment de Roger. Plus nerveuses plus critiques que les précédentes ce sont les dernières bafouilles dont j'ai héritées.... Elle montre un Roger qui, après l'euphorie liée à son retour d'Allemagne et à son mariage avec Raymonde, s'éveille à la réalité de l'après guerre .... Et oui à la paix comme à la paix.

 Caserne Clignancourt le 25 octobre 1945 .
 Mon cher Frangin,
 Bien reçu ta lettre du 20 octobre. Je vois que maintenant tu vadrouilles un peu partout ; tant mieux c'est préférable que de mener la vie de caserne ; Depuis que je suis ici je commence à en avoir assez ! J'ai connu l'armée avant, je l'ai vu un peu pendant la bagarre et je la vois maintenant. Pas belle la sœur ! Non !
 Pour commencer c'est fini la tenue américaine, chemise, blouson, pantalon ; nous voilà revenu au bon vieux temps, c'est-à-dire molletières, fendard de gribier, veste sans poche à deux rangées de boutons qu'il faut boutonner 15 jours à droite et 15 jours à gauche. Exactement la même tenue que j'avais au 10ème R.a.c. Heureusement qu'étant marié je peux rentrer chez moi le soir ; ici les types couchent sur des nattes d'indigène qu'ils déroulent le soir et ils s'enroulent dans leur unique couvrante et s'allongent pour passer tranquillement la nuit en compagnie des puces et des punaises dont ils déclarent ne plus pouvoir se passer. Et la croque ? Mais parlons d'autre chose !
 Ce qu'il y a de moins marrant c'est que Raymonde est sans travail depuis une semaine : 2 ou 3 putasses de sa boite l'ont fait virer sous motif que les tôliers l'ont reprise alors que le taf manquait et qu'il n'y avait pas de raison qu'on la garde. C'est dégueulasse, ils n'avaient pas le droit de la débaucher, d'abord comme femme de rapatrié puis maintenant comme femme de mobilisé. Alors nous voici deux à vivre sur ma maigre solde. J'avais formulé une demande d'avancement de grade qui m'a été refusé sous prétexte qu'il ne me restait pas assez de temps de service à effectuer .... Mais aussitôt on m'a tendu une feuille de rengagement, un porte plume en me disant : « Rempilez pour 4 ans et vous passez cabot tout de suite ». Pourquoi faire puisqu'on a rien à faire ! Je me suis retiré sur le champ en tirant la tronche. Non ! C'est vraiment nous prendre pour des cons ! Je crois que maintenant un patriote et moi ça fait deux. A voir comment ça tourne actuellement en France, c'est à se demander si réellement c'est permis d'habiter un pays pareil ! Si je n'avais pas été marié je serai bien reparti pour un bled quelconque, Indochine ou Madagascar ! Car enfin dis moi pourquoi tant de type se sont fait casser la gueule pour en revenir au même point ! Bagarre politique entre gauche et droite comme avant et pour finir papa est aussi emmerdé qu'avant : le contrôle économique lui en redemande pour 50000 francs. Je crois qu'il va falloir commencer à montrer les dents ! Tu ne crois pas ?
 Depuis deux mois je devais partir, partir partout ! A Fréjus, en Indochine, St Raphaël, Japon, Dakar, ensuite Altkirch et maintenant on me dit qu'il n'y a plus de départ.... Tu parles d'un plaisir....d'attendre ... Jojo et Mimile ont encore 6 mois à faire et eux aussi depuis deux mois ne font qu'attendre ! J'ai un pote du 10ème RAC qui est démobilisable depuis le 15 juillet et il est encore là à attendre. Moi je suis démobilisable pour le printemps 46... mais à ce train là je me demande si j'ai une chance d'être civil avant Noël 46.... Mais il ne faut pas que je me laisse abattre par ces branques.!  Roger. 

 Il n'avait pas le moral le Roger et ce n'était pas fini : le 5 novembre il envoyait une nouvelle bafouille tout aussi démoralisante :

 Cher petit frangin,
 J'ai bien reçu ta lettre du 30 octobre, dans laquelle tu dis que tu t'emmerdes et bien crois moi que maintenant à Paris c'est bien pire. Les petites conneries du temps d'avant recommencent. Le service en ville qu'il faut saluer et qui demande les papiers d'identité et tout et tout... de même pour le service en gare où l'on ne peut même plus prendre un train de banlieue sans présenter permission et laissez-passer permanent. ... Et tous ces officiers qu'il faut saluer ...bientôt il faudra se mettre au garde à vous à six pas devant un cabot.
 Je voudrais bien que tu sois de retour pour qu'on rigole un peu. Dis donc, tâche de trouver une mitraillette car il y a de l'épuration à faire. Les macs de Darnand qui tapent papa de 50000 francs, payable avant la fin du mois. Le pauvre vieux, il n'a plus rien et commence à en avoir gros sur la patate, lui le plus chouette type qui n'ait jamais existé. Enfin, je crois que d'ici que ça aille mal, il n'y a pas loin ! 
 Pour notre mariage, la mairie nous avait donné des bons de réduction pour des draps, torchons, nappes, serviettes, taies etc... malgré les réductions il nous faut quand même régler 25 à 30000 francs et on ne les a pas et comme ces bons de réduction n'étaient valables que trois mois on est en train de tout perdre. 
 Raymonde ne trouve pas de travail et on vit à deux avec les 2000 francs par mois que je touche. Je m'étais juré d'aller à son ancienne boîte et leur dire ce que je pense de leurs façons de faire mais je serais encore dans mon tort. 
 A Champigny, au Tremblay c'est le grand calme. Dédé est venu en perm pour 8 jours et il est reparti. Toujours bon copain mais ....un peu moins intéressant : il y a que lui qui a fait la guerre, il y a que lui qui a tout vu, tout risqué ! 
« Tu ne passeras par où je suis passé, tu ne verras pas ce que j'ai vu... »
 Pourtant à la caserne il y a des gars qui redescendent de là-haut, il y a des tirailleurs, il y a de la bif, de tout jusqu'aux légionnaires... mais pas un, m'entends tu ? Pas un n'a encore parlé de ce qu'il a fait ! Et pourtant des croix de guerre, citations, des barrettes et des blessés défilent. L'autre jour, j'en vois un qui avait la barrette rouge, la verte, celle des blessés, celle de la coloniale (4 ans de service actif au Maroc) ? Ce gars là était blessé, la conversation s'engage sur ce qu'il avait fait .... Et bien il n'avait rien fait, absolument rien d'important selon lui.  Selon ce qui se dit, il n'a fait qu'enlever avec quelques potes un nid de mitrailleuses»... Je crois qu'on en apprend plus sur  des gars par leur silence que par leur verbiage. Enfin... même Mimile est écoeuré par la vantardise de Dédé.
 Hier soir à la TSF il y avait l'émission  « Sabotage et Barbelés » émission qui relate les sabotages des prisonniers et déportés. Ils ont raconté l'histoire de mon pote de Lyon qui fit déraillé un train à 3 km de Bernkastel. J'ai aussi appris qu'un autre copain, qui avait l'art du déraillement camouflé, a été fusillé peu de temps après que je me sois évadé car ce ballot ne savait pas être discret dans sa correspondance.
 Je te remercie pour les cigares et le tabac que tu as envoyés. Papa a pris le tabac, et j'ai les cigares qu'on partagera et fumera ensemble tranquillement quand tu seras de retour.
 Raymonde se joint à moi, pour t'envoyer nos plus affectueux baisers. Roger. 

 On sent dans ce dernier paragraphe que le débat commençait entre les combattants et « déportés » terme qui permettait d'assimiler dans un même ensemble les prisonniers et les des travailleurs du STO. Le moral était au plus bas en cet automne 45 ce que confirme d'ailleurs un dernier courte lettre du 9 novembre qu'il fut, semble t-il, envoyé avec la lettre précédente. La der des ders.

 Mon vieux Didi,
 Un petit mot que je rajoute au journal. Voilà tu m'avais demandé de te trouver un pantalon à Barbès, seulement maintenant vu l'hiver qui approche, tous ces articles ont monté et c'est très cher. ! En plus du coup de bambou il y a aussi les coups de matraques de la M.P, quand on circule dans ce coin : aussi très peu pour moi. D'autre part il me faut te dire que chez moi c'est la mouise ! On a des bons de réduction pour le textile qui vont être périmés parce qu'on n'a pas le nécessaire pour mettre au bout. Comme pour rien au monde je n'emprunterai un sou à qui que ce soit, je refourgue alors ce que je peux. Evidemment je le fais à l'insu de Raymonde et je ne lui dis qu'après.....et alors c'est la corrida. Hier j'ai refourgué une canadienne américaine ; elle était un peu crade et je n'ai pu en tirer que 1000  francs. Je pensais aussi refourguer un pantalon et une chemise quand je me suis rappelé que c'était un cadeau ... de toi, mon frangin.... Alors plutôt que de les refourguer en y perdant, pour t'acheter un autre pantalon je préfère les laisser à ta disposition, tu m'en donneras ce que tu pourras (???? C'était vraiment la dèche !).
 Raymonde ne travaille toujours pas et ce n'est pas marrant. On a reçu une lettre de grand-mère de Civry du genre SOS je n'ai plus rien à manger SOS venez me chercher ..... et qui c'est qui va se taper la corvée de prendre le train pour aller la chercher, c'est ce bon Roger...

 Et voilà avec cette dernière lettre, j'ai fini le cycle, j'ai exploité l'essentiel des lettres que mon oncle Didi m'a laissée et par lesquelles j'ai pu apprendre et comprendre 18 mois de la vie de ma famille.
 
Didi est rentré d'Allemagne avant Noël 45, mon père Roger fut démobilisé en avril 1946, puis trouva assez facilement du travail en rentrant comme dessinateur industriel à Vincennes chez Kodak.
  Il était temps que le couple puisse avoir des revenus réguliers car j'allais bientôt me pointer : Je suis né en août 1946, puis mon frère Serge naquit en 1949.
 Maman ne repris un travail salarié qu'à partir de 1952 en rentrant à son tour chez Kodak et seulement pour quelques années jusqu'à la naissance de ma soeur Annie.


 
 
(A suivre)

Par daniel - Publié dans : Didi
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Vendredi 31 octobre 2008

 Octobre restera peut-être..... si j'ai emprunté ce dernier vers d'« Octobre » une chanson de Francis Cabrel c'est que je me suis longtemps demandé quels événements, resteraient comme les marqueurs de cette période de l'année... Maintenant je sais ...... 
 
 Octobre fut souvent le mois des départs et ce dans tous les sens du mot à savoir un commencement lorsque l'on prend un nouveau départ, soit une fin pour les départs définitifs, les pertes, les disparitions de gens que j'aimais et qui m'enrichissaient..... comme Brel et Brassens .
 Brel mort le 9 octobre 1978 et je me souviens que c'est une amie, Liliane, qui m'annonça la nouvelle à Al Massira.
 Brassens décédé le 30 octobre 1981, information que j'appris en voiture par un flash radio alors que nous étions sur route entre Nîmes et Paris pour nous rendre au chevet de Luis le père de Pilou qui était hospitalisé suite à un infarctus la nuit précédente.

 Je n'ai pas de souvenir particulier d'enfance ou de jeunesse que je pourrais raccrocher à octobre, le mois de la routine en quelque sorte.

 Quelques repères rappelés rapidement car j'ai déjà écrit des billets sur ces épisodes.

 Ma vie africaine a commencé fin octobre 1973. Je débarquais en famille à Kinshasa avant d'aller rejoindre le site d'Inga.
 Je me souviens aussi être arrivé au Maroc en 1976 courant octobre. Quelques semaines plus tard le 5 novembre je me trouvais à Al Massira où j'allais vivre et travailler pendant 3 ans. J'ai un repère pour ce nouveau départ c'est l'élection de Jimmy Carter aux USA.
 En octobre 1983 nous nous installions pour 3 ans à Yaoundé.
 Par la suite octobre fut encore l'occasion de missions de courte durée : comme La Réunion en 2005 et 2006. Finalement rien de très inédit pour ce blog.

 Cameroun en Octobre 1985 : Le rôle de parents d'élèves  tenait une grande place dans notre vie d'expatriés à Yaoundé. Nous avions la chance d'avoir une excellente structure pédagogique française,  le groupe scolaire Fustel de Coulanges qui ne présentait qu'un seul gros inconvénient : le coût des frais de scolarité. Il apparaissait que les montants exorbitants conduisaient certaines familles et notamment les familles binationales à ne plus y inscrire leurs enfants. Avec un groupe d'amis, nous nous sommes penchés sur les comptes et nous avons vu assez rapidement que les équipes de parents d'élèves élues les années précédentes étaient pour le moins négligentes pour ne pas dire incompétentes, avec la conviction que l'on pouvait faire nettement  mieux en y consacrant un peu de temps. Forts d'une mise en jambes lors des premières élections de conseil d'établissement et d'école de mars 1985, nous sommes, cette fois, partis, à la bataille pour obtenir des représentants au conseil de gestion.... Nous n'avions qu'un seul inconvénient, c'est que nous étions maintenant connus comme étant des gens de gauche... et ce fut donc une véritable bataille politique qui s'est engagée pour la direction de l'APE de Fustel. Dans un milieu d'expatriés nettement droitier cet éclairage exploité par nos adversaires, paraissait être un gros handicap, mais nos arguments, notre programme et le besoin de renouvellement étaient tels que nous avons remporté une large victoire qui s'est traduite, dès la première année, par une remise en ordre complète des finances des établissements scolaires, primaire et secondaire, où étaient scolarisés plus d'un millier d'enfants, ce qui s'est traduit dès la première année par une baisse significative des frais de scolarité. 
 
 En octobre 1989 nous avons vendu la maison que nous avions dans le Gard à Bezouce près de Nîmes. Installés à Niort depuis 1987 nous voulions nous enraciner en faisant construire ; nous ne pouvions donc plus garder la maison du Gard pour laquelle, l'année précédente en octobre 1988 nous avions eu de grandes inquiétudes lors des énormes précipitations qui s'étaient abattues sur la région et les terribles inondations qui s'en étaient suivies.

 Pour présenter un peu d'inédit dans cet article il me faut revenir à la politique comme par exemple le congrès PS du Bourget en octobre 1993, quelques mois après la grosse déculottée prise lors des élections législatives. J'étais délégué départemental et je me rappelle d'un sympathique week-end studieux avec mes camarades deux-sévriens dont Ségolène. Je revois un vieux militant, intimidé, s'approcher d'elle, lui remettre une rose et lui déclamer son admiration..... Une icône naissait.

 Depuis le congrès de Liévin de décembre 1994  j'étais membre de la Commission Nationale des conflits du PS. Je fus membre de cette instance respectable pendant 9 ans dont 6 ans comme titulaire, et 3 ans comme suppléant. Je fus donc pendant cette période l'un des 33 "juges" chargés de punir les militants récalcitrants ou révoltés qui faisaient du tort au parti. J'en garde un souvenir mitigé : beaucoup d'histoires de type Clochemerle et quelques cas plus touchants. Ainsi l'un des dossiers que j'eus à instruire en octobre 1995 concernait la division des socialistes lors des précédentes municipales dans une ville de la banlieue de Toulouse. Je connaissais bien cette ville puisque mes amis Jipé et Claudine y habitent et que j'y passe régulièrement au moins 3 ou 4 fois par an. De plus l'un des militants mis en cause était leur voisin. Je savais que ces vieux et authentiques militants avaient été ulcérés par l'investiture donnée à quelqu'un qu'ils connaissaient bien et qui venait de s'inscrire au PS avec l'appui de quelques éléphants régionaux pour devenir maire de cette ville. Ces militants en colère avaient alors monté une liste concurrente et avaient été, automatiquement, exclus du PS. Ils faisaient donc appel de cette décision certains de leur bonne foi. Leur cas était indéfendable et ça me faisait mal au coeur car sur le fond je les comprenais mais ils s'étaient mis, statutairement, dans leur tort et l'exclusion ne pouvait qu'être confirmée. Depuis cet épisode et les deux ans d'exclusion purgée ils ont pu être réintégrés alors que l'objet de leur ressentiment a poursuivi ses turpitudes et ses magouilles et fut rejeté par le PS. Il n'est plus maintenant maire de cette ville qui est pourtant restée à gauche tandis que lui, grâce à ses relations multi cartes s'est facilement recasé à droite.... Les vieux briscards socialos avaient donc raison mais..... les statuts sont les statuts.

 Octobre 1997. Geneviève avait été élue députée en juin et nous étions réunis chez elle pour mettre en place une association s'élargissant, au-delà du cadre PS, aux sympathisants. Tout ce passait très bien et sans problème ....jusqu'a ce que l'on bute sur le nom de l'association. J'ai proposé « Les citoyens d'abord » ;  je trouvais que ça sonnait bien, que ça rendait hommage à Brassens et que par conséquent ça se mémorisait bien.... C'était sans compter sur certaines camarades d'obédience ultra féministe (et oui ça existe) qui voulait que l'appellation soit paritaire et devienne « les citoyennes et les citoyens d'abord » ce qui foutait en l'air l'analogie souhaitée. Je refusais obstinément. Alors que nous nous étions mis d'accord sur les statuts de l'association en moins d'une heure nous allions débattre pendant des heures sur le sexe des anges et des citoyens. J'eus finalement gain de cause grâce au soutien décisif de Geneviève mais en concédant diplomatiquement l'abandon de l'article.... L'association se dénommant finalement « Citoyens d'abord »... (Il faut d'ailleurs que je me décide à faire un article sur ses onze ans de fonctionnement et même de très bon fonctionnement et c'est bien ça l'essentiel.)

 Samedi 26 octobre 2002 : un grand espoir naissait à la Sorbonne amphithéâtre Richelieu. Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Julien Dray, Christian Paul et Benoît Hamon rassemblaient près d'un millier de militants pour leur proposer de s'unir dans le courant NPS « Pour un nouveau Parti Socialiste ». Dray et ses amis en sont partis assez vite.... mais ça me convenait plutôt.... Je retrouvais tous les amis proches de Vincent, je connaissais un peu Arnaud qui était venu nous voir à Niort dans le cadre de « Citoyens d'abord » et j'avais déjà entendu parler de manière très élogieuse de Benoît. Ce jour-là je croyais en un nouveau départ du PS, j'avais la foi en cette jeune génération tellement talentueuse. J'ai partagé cette aventure pendant 4 ans.... Et puis les états d'âme les ego ont pris le dessus.... Et aujourd'hui tout se reconstruit à nouveau avec de nouvelles alliances mais sans moi..... Même si je garde un œil intéressé sur ce que deviennent et font ceux qui restent mes amis.

 15 octobre 2006 naissance de notre 3ème petit fils Dorian.... celui qui me fait le plus la fête quand j'arrive.
 Octobre 2007 de retour d'une petite semaine à Madère nous étions au mariage de Virginie une nièce de Pilou. Tous les cousins et cousines, la génération de nos enfants, étaient rassemblés tous ensemble pour la première fois depuis 1994.... Et manifestement ils en étaient très heureux.... Un bien beau mariage.
 Quelques jours plus tard nous étions invités chez mes cousines Mauricette et Jacqueline qui avaient aussi invité Evelyne une autre cousine que je n'avais pas vu depuis..... plus de 30 ans. Quelle joie de se retrouver, il faudrait veiller à ce que ces fils ne se rompent pas et ce malgré les éloignements qu'impose la vie.

 Octobre 2008.... Mais j'en parlerai, peut-être, une autre fois... aujourd'hui c'est trop tôt.

 (A suivre)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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