Mardi 24 février 2009

 Voilà encore un chantier qui ne fut pas triste .... :  le pont de l'Île de Ré....Oh ! Je ne vais pas me plaindre.... c'est grâce à ce chantier que j'ai pu me réinstaller définitivement en France... non que j'avais le moindre regret de mes années de grands chantiers en Afrique, mais il fallait penser à la famille, aux enfants avec notamment Eric l'aîné qui rentrait en terminale. 
 Ce retour a d'ailleurs failli se faire pour le tunnel sous la Manche.... sans doute un boulot extra mais un site peut-être un peu trop nordique  après 15 années d'Afrique (nous avions déjà fait entre septembre 1978 et juin 1981, pour un barrage,  une expérience  alsacienne..... très, très jolie région, très verte ...of course...  un brin trop pluvieuse.....)... et puis l'Île de Ré ça sentait bon les jolies colonies de vacances de mes 12/15 ans... merci papa, merci maman... et je gardais de bons souvenirs du Bois Plage,  de St Martin, Ars, Rivedoux, le phare des baleines.... Exit le tunnel ! Ok pour le pont et bonjour le Poitou-Charentes.
 J'ai d'abord travaillé dès l'automne 86 avec un ingénieur de l'entreprise pour réaliser, en labo à Niort, les études des bétons et puis début 87 le chantier démarrait pour de bon.
 Nous avions monté un laboratoire à La Repentie-La Pallice où 2 techniciens étaient chargés d'effectuer les contrôles des bétons ; que ce soit les bétons "spéciaux" destinés à la préfa des voussoirs ou les bétons coulés en place pour les fondations et la structure des piles.
 Mon job principal fut de contrôler les fondations des pîles, selon une méthode ultrasonique, une sorte d'échographie du béton, en descendant, dans des réservations, des sondes d'auscultation qui, reliées à un appareil oscilloscope diagraphe, permettaient de vérifier la bonne continuité du béton, sur leur profondeur, des 4 pieux de fondation de chaque pile. 4 pieux de 2 m.  de diamètre, ancrés de 12 mètres dans le substratum calcaire  avec une inclinaison de 20°. C'est dire que les auscultations se sont faites sur une profondeur de l'ordre de 15 m pour les culées, à terre, côté continent et côté île .... mais aussi sur une profondeur approchant les 40 m au milieu du chenal.
Le premier pieu testé fut une opération de routine effectuée  côté continent, pour la culée C 29, le 6 février 1987..... par la suite ça s'est quelque peu corsé, jusqu'à la dernière culée C0 sur l'Île de Ré le 26 octobre 1987.... une affaire rondement menée en moins de 9 mois toutes les fondations étaient réalisées et les structures piles étaient bien avancées.
 Hormis les culées C0 et C 29 et les piles P1 et P 28 quasiment en terre ferme, du moins à marée basse, les 26 autres piles étaient situées au large, en mer ....  Les travaux étaient alors effectués à partir d'une plateforme maritime.... les travaux et les contrôles aussi... et là ce fut une toute autre histoire... une aventure souvent nocturne. 















 Nous intervenions 3 ou 4 jours après que le dernier des 4 pieux ait été bétonné... et comme l'ensemble de cette phase durait environ une semaine, l'entreprise s'arrangeait pour nous faire intervenir quand ça l'arrangeait le mieux à savoir généralement au cours d'un week end ou un jour férié et le plus souvent de nuit... nous étions prévenus de la date exacte 48h à l'avance et l'heure précise était indiquée 6 heures avant embarquement. Selon la profondeur des pieux les opérations de contrôles prenaient de 8 à 14 H transfert et installation compris.














 Nous descendions dans le batardeau métallique, sur la couronne d'où émergeaient les têtes des pieux. Nous étions à 8 m sous le niveau de la mer, dans le vacarme assourdissant des pompes qui évacuaient en permanence l'eau de mer.
 Le scénario type était le chargement sur le bateau à l'embarcadère vers 22 ou 23 H, l'arrivée sur la plateforme avec transfert du matériel une heure plus tard. L'installation, les branchements prenaient bien encore 1 ou 2 heures.... et puis les mesures nécessitaient environ 2 heures par pieu de 20 / 25 m de profondeur. Pour les pieux de 10 m on pouvait faire le travail en 1 heure par pieu, et ça pouvait friser les 3 heures pour les plus longs. Le temps de travail pouvait aussi considérablement s'allonger quand il fallait protéger l'ausculteur sous une bâche en cas de pluie, de crachin ou d'une assez forte humidité ambiante (euphémisme).
 Ce fût d'ailleurs une de mes plus grosses inquiétudes : Le matériel allait-il tenir ? Il a fallu les contrôles des 13/14 juillet pour que notre cher directeur qui avait une résidence secondaire sur l'îîe vienne faire un petit tour sur le chantier .... La direction de l'entreprise lui a mis les points sur les "i" sur les risques de pannes de matériels et le coût des pénalités par journée de retard. Trois jours plus tard nous avions un appareil de secours sur site.... bien lui en a pris, le mulet fut nécessaire mi-octobre.














 Le lendemain d'une intervention nocturne, et c'était généralement en fin de matinée ou début d'après midi nous retournions avec notre barda et le matériel sur le continent... fatigués mais contents.... la plateforme de jour était moins poétique que la nuit éclairée.... mais peut être était ce  l'effet de la fatigue?   














 Sur l'aire de la Repentie les ouvriers préparaient les cages armatures des pieux suivants ainsi que les ferraillages des voussoirs qui étaient ensuite bétonnés sur cette aire de préfabrication avant d'être mis en place sur les têtes de piles quelques semaines plus tard.












 Tous ces contrôles se sont bien passés : aucun problème significatif, un beau chantier du très bon travail.

A suivre.... très prochainement avec un autre billet sur la pose et l'assemblage des structures précontraintes.

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Vendredi 20 février 2009

 Pendant près de 42 ans j'ai pratiqué avec plaisir un métier de seigneur : bâtir, construire, rénover, contrôler...... Nombreux sont mes amis qui ne comprennent pas que je n'arrive pas à décrocher complètement... je finirai pas le faire prochainement mais pour moi le travail c'est la vie parce que c'est lutter au quotidien....  Que ce soit la bataille pour réaliser un bel ouvrage, le combat permanent pour former des jeunes techniciens et diriger une équipe, ou encore la lutte syndicale pour défendre les droits des salariés et exiger des patrons des contreparties aux efforts des travailleurs.
 Après avoir fait pendant mes vingt premières années de carrière des grands chantiers de barrages, de ponts et tunnels en France et en Afrique, les vingt dernières furent plus diversifiées  avec une large place faite à la route.





































 Depuis la fin des années 80 j'étais chargé avec mes équipiers de contrôler les travaux de réhabilitation des couches de chaussée de routes et autoroutes.
 Ces travaux étaient effectués essentiellement entre mi-mars et Pentecôte avec parfois une prolongation entre mi-septembre et Toussaint.
 Il fallait suivre la fabrication des enrobés en centrale puis la mise en oeuvre et le compactage sur site. 
 Notre responsabilité était telle que ce boulot était à la fois stressant et enthousiasmant. Notamment les dernières années où la  réhabilitation des couches de roulement se faisait par apport d'un enrobé de type BBTM (Béton bitumineux très mince) avec un rythme d'avancement sur autoroute de plus de 3 km par jour : Il est clair qu'il fallait être super vigilant et ne pas perdre de temps lorsque nous décelions la moindre anomalie ; notre organisation devait permettre une correction quasi immédiate.
 



 Le plus souvent, du moins sur autoroute, pendant les travaux, la circulation est basculée sur l'autre voie en double sens. Les travaux se font alors sans risque et sans difficulté majeure... mais ce n'est pas toujours le cas notamment quand ils sont effectués à l'entrée ou sur une rocade d'une grande ville.... ils sont alors effectués par bandes de roulement avec la circulation maintenue sur les bandes voisines... alors là bonjour l'angoisse d'autant qu'il d'agit le plus souvent de travaux de nuit et que les véhicules qui roulent à proximité et nous menacent sont essentiellement de monstrueux poids lourds...... 
 On rencontre aussi ces conditions extrêmes lorsqu'il il faut faire des réparations plus importantes pour purger et remplacer des couches orniérées plus profondément. Cela concerne les voies lentes, massacrées par les poids lourds internationaux qui traversent la France (les travaux sont financés par les péages ou par les contribuables pour les réseaux sans péage. Pensez à ça, ceux qui veulent la gratuité ! ).... là encore on travaille sur la bande de roulement concernée, sous circulation, mais de jour si c'est un site non urbain. Par chance je n'ai jamais vu d'accident.... mais la peur au ventre et le soucis permanent de veiller à la sécurité de tous.


 Pour les chantiers d'autoroute en rase campagne le plus grand danger est l'averse subite.... il faut intervenir immédiatement pour ralentir et canaliser la circulation sur l'autre voie en double sens, surtout lorsque la direction du vent est défavorable car de fortes pluies tombant sur l' enrobé chaud (étendu à 150°et refroidissant peu, le temps des opérations de compactage.) entraînent un phénomène de brouillard  pouvant être ponctuellement très dense....
Pour le reste quand ces chantiers se font de jour et par beau temps.... et que les primes et les heures sup. tombent ce n'est que du bonheur de travailler.







































 


 En hommage aux forçats de la route sans EPO, à ceux qui se lèvent tôt et sans avoir eu besoin des sermons du bonimenteur.


A suivre..... jusqu'au bout de la route....

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Lundi 16 février 2009

 Une des dernières fonctions que j'ai eu ou plutôt que j'aurais eu à mener au PS c'est d'avoir été membre de la commission nationale entreprise ... j'y ai été nommé pour 3 ans après le congrès du Mans (novembre 2005) et j'ai été désigné pour être au bureau du CNT.... Et puis... et puis ils ne m'ont guère vu.... D'abord parce que lors de la 1ère année j'étais encore à 100 % en activité et que les réunions du bureau se tenaient le mercredi soir à Paris, à Solférino, à partir de 18 H30 ce qui professionnellement me foutait en l'air au moins l'après midi du mercredi, m'obligeait à coucher à Paris pour rentrer sur Niort le jeudi matin, ce qui me faisait encore perdre au moins une demi journée de travail. Prendre des RTT c'est bien joli mais quand on est responsable d'une agence dans le secteur privé ça ne va pas.....
 Ensuite quand j'ai travaillé à mi-temps et que j'aurais pu y consacrer un peu de temps .... et bien j'ai commencé à prendre quelques distances avec un appareil socialiste qui me décevait. Résultat, je n'ai pas tenu le poste pour lequel j'avais été nommé (on m'a avantageusement remplacé) mais j'ai quand même gardé le privilège de recevoir pendant près de 3 ans des documents, des analyses, des communiqués qui m'ont beaucoup intéressé et qui m'ont permis de rester à l'écoute de ce parti qui, au-delà de quelques extravagances, d'ego, ambitions qui me désolent, reste ma famille. Je crois savoir que la nouvelle équipe de la commission nationale entreprise issue du congrès de Reims va se mettre en place et que je vais, fort justement, bientôt perdre ce privilège. Le communiqué reçu vendredi est sans doute le dernier ou l'un des tous derniers que je vais recevoir ; il est signé de Michel Sapin ancien ministre de l'économie et des finances du gouvernement Jospin :


 La France est entrée en récession et marche vers la dépression économique

 Décidément, les mauvaises nouvelles s'accumulent au niveau économique et les Français doivent s'attendre à une année 2009 très douloureuse.

Après un recul sans précédent de la production industrielle en décembre (-2,8% sur un mois et -11,4% sur un an au dernier trimestre 2008), c'est au tour de la croissance de s'effondrer, avec une baisse de 1,2% au quatrième trimestre. C'est la plus forte baisse enregistrée depuis 1974 et le choc pétrolier. Pour 2009, le gouvernement anticipe un recul de l'activité supérieur à 1%, alors que selon les organisations internationales, le recul devrait plutôt être de l'ordre de 2%.

Face à l'ampleur de la récession, le plan de relance du gouvernement, de 26 milliards d'euros, est très insuffisant. Ce plan était fondé sur l'hypothèse d'une croissance légèrement positive pour 2009. Or, la situation économique actuelle invalide les prévisions sur lesquelles ce plan a été fondé et valide l'analyse socialiste quant à la gravité de la crise et sa nature.

Le Parti socialiste demande donc au gouvernement de revoir son plan de relance, tant au niveau des budgets mobilisés que de la nature des mesures prises. Face à la dégradation historique de la situation économique, le gouvernement ne peut se contenter de recycler d'anciennes mesures.

Le Parti socialiste rappelle que pour être efficace, compte tenu de la nature de la crise, un tel plan doit marcher sur ses deux jambes et être massif, d'environ 50 milliards d'euros. Il doit reposer sur le soutien à l'investissement, notamment public via les collectivités territoriales, et sur la relance du pouvoir d'achat : aide exceptionnelle de 500 euros aux bénéficiaires de la PPE et des minima sociaux, revalorisation immédiate de 3% du Smic, baisse de 1 point du taux normal de TVA...

 

Je dois dire que si j'avais été présent lors de la réunion du Bureau de la C.N.T. j'aurai fortement discuté la dernière proposition : je ne suis pas fan de la baisse de 1% du taux de TVA.

 Avec une baisse aussi faible, les consommateurs ne s'en rendraient pas compte et il est à craindre que le gain de pouvoir d'achat aille uniquement dans l'escarcelle des épiciers, petits commerçant des centres-villes ou grandes surfaces des zones commerciales. Pour moi toute l'aide exceptionnelle pour le pouvoir d'achat doit être portée sur les salaires, les retraites et les indemnités chômages.

 Eventuellement un effort de l'Etat aurait pu être exigé, non sur une baisse insuffisante de TVA pour être efficace, mais en équivalence et en compensation par une baisse des charges salariales des entreprises. Ceci dit je n'aurais sûrement pas réussi à convaincre mes camarades.

 

 Hier dimanche je regardais l'excellente émission de Serge Moati, Ripostes et j'ai entendu plusieurs intervenants, dont le député UMP mais c'est normal il est dans son rôle, mais aussi des commentateurs supposés avertis comme Jean Marie Colombani, dire que la crise qui est arrivée en octobre était imprévisible..... Comment peut-on dire des choses aussi énormes ? Heureusement que Patrick Pelloux le président du syndicat des urgentistes était là et qu'il s'est insurgé en rappelant notamment les livres de Pierre Larrouturou.

 C'est exactement ce que je disais à des amis mercredi dernier : « J'ai au moins une vingtaine de livres qui sur ces dix derniers années nous annoncent que le capitalisme financier qui se cache derrière le joli nom de libéralisme nous envoit dans le mur... de John Saul qui annonçait en 2005 la Mort de la Globalisation  à Joseph E. Stiglitz Prix Nobel d'économie qui écrivait dès 2001 « La Grande Désillusion » puis en 2003 « Quand le Capitalisme perd la tête » et sans attendre le dernier Prix Nobel Paul Krugman....». Certes on peut penser que certains comme Stiglitz ancien président de la Banque Mondiale ont mis un peu de temps avant de réagir.... Mais ça fait maintenant pas loin de 10 ans qu'il est très critique... alors qu'on ne nous dise pas que cette crise globale est une surprise...ça me fout en colère ces mensonges éhontés des libéraux.

 Même sur ce modeste blog, qui n'est politique qu'occasionnellement j'ai plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme, parfois dans cette rubrique l'invité, et parfois dans la rubrique à Livres ouverts.

A titre d'exemple voici une partie de l'article du 18 février 2008, il y a juste 1 an quand j'avais invité Pierre Larrouturou sur mon Blog : 

  « Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C'est ce qui a permis de soutenir la croissance aux Etats-Unis » affirmait Nicolas Sarkozy, fin 2006, quand il expliquait sa "nouvelle" stratégie économique (Cf Les Echos 9 novembre 2006). Qu'en est-il aujourd'hui ? Alors que le gouvernement américain vient d'annoncer que 1.300.000 familles ont été expulsées l'an dernier de leur logement pour cause de surendettement et que les Etats-Unis sont à deux doigts de la récession, notre nouveau Président veut-il encore "développer le crédit hypothécaire" ?

  « .... Le moins que l'on puisse dire, c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas franchement anticipé la crise qui fait trembler aujourd'hui tous les marchés financiers. En 2006, pourtant, de nombreux économistes tiraient déjà la sonnette d'alarme : le 31 août, dans Le Monde, Nouriel Roubini, économiste proche de Bill Clinton, affirmait que "la probabilité d'une récession de l'économie américaine en 2007 est désormais de 70%." Et moi-même, dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 mai 2005, j'indiquais déjà que "en 1929, quand éclata la dernière grande crise du capitalisme, la dette totale américaine (publique et privée) représentait 140 % du PIB. Elle représente aujourd'hui 210 % du PIB ! "

Il est donc faux de dire que la crise n'était pas prévisible. Et il est faux aussi d'affirmer, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on pourrait sortir de la crise en se contentant d'accroître la "transparence" des marchés financiers. Le problème est bien plus grave et bien plus profond que ne le dit le Président de la République. Il est fondamental de comprendre la vraie nature de la crise, sinon le remède risque fort d'aggraver le mal..... »

«...Durant la dernière campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a souvent mis en avant le "plein-emploi américain". En réalité, les Etats-Unis sont très loin du plein emploi. Si l'on en croit le dernier Rapport économique publié par la Maison blanche, il y a tellement de petits boulots aux Etats-Unis que la durée réelle moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Si la durée moyenne (sans compter les chômeurs) tombe à 33,7 heures alors que ceux qui ont un emploi "normal" sont toujours à 40 heures, c'est que des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine... »

« ...Si la consommation continue d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on pousse les classes moyennes et les pauvres à s'endetter chaque année un peu plus.

 « ....On voit ici que la question de la dette n'est pas une question annexe. Ce n'est pas un "incident de parcours" du à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin d'un endettement croissant... »

 « ....Comme l'explique Patrick Artus, directeur des études de la CDC Ixis, "dans la zone euro, sur les dix dernières années, la dette privée est passée de 75 % à 145 % du PIB. Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance de la zone euro serait nulle depuis 2002". Et hors zone euro, la situation n'est guère plus réjouissante : en Grande Bretagne, la dette des ménages dépasse les 160 % du revenu disponible. Une étude récente de Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier montre que, sans l'augmentation de la dette des ménages, la Grande Bretagne serait en récession depuis 2002 !

Voilà pourquoi ce que propose Nicolas Sarkozy, "mettre plus de transparence" sur les marchés financiers, n'est pas du tout suffisant. Voilà pourquoi aussi, si l'on en reste à une approche de bon sens (« Puisqu'il y a trop de dette, fermons le robinet de la dette ! »), on risque de précipiter l'ensemble des pays occidentaux dans la récession

Il faut aller plus loin et s'attaquer aux racines de la crise. C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tant diminuée. C'est à cause du chômage et de la précarité que nos économies ont tant besoin de dette. C'est seulement en s'attaquant radicalement au chômage et à la précarité, en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on pourra sortir de la crise.

 Hélas, neuf mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation... mais contre le chômage et la précarité, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien. C'est la première fois depuis 30 ans qu'une nouvelle équipe arrive au pouvoir en France et manifeste autant de désinvolture face au chômage et à la précarité !.... »

 

A suivre et restons vigilants .... 

Par daniel - Publié dans : L'invité
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Samedi 14 février 2009
VINCENT PEILLON A NIORT
envoyé par
http://www.dailymotion.com/video/x4mtba_vincent-peillon-a-niort_politics


 L'an dernier à cette époque nous étions en plein boom de la campagne électorale pour les municipales. Lors du grand meeting d'avant le 1er tour nous avions pu faire venir Noël MAMERE pour les verts,  Elisabeth BOYER du PRG, André CHASSAIGNE du PC et Vincent PEILLON pour le PS.
 Un peu par hasard j'ai retrouvé sur Google la vidéo de l'intervention de Vincent. Pour une fois mon billet ne sera pas trop écrit et donc assez court, mais il y a 10 minutes d'enregistrement à écouter attentivement.
Merci encore Vincent et à bientôt.

 (A suivre)
Par daniel - Publié dans : trop poli-tique
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Mercredi 11 février 2009

 

 Je poursuis ma récolte de souvenirs du Maroc de la fin de la décennie 70. Des anecdotes qui m'ont permis de connaître d'apprécier et même quelques fois d'être déçu par mes amis, collègues de travail ou de voisinage. Dans quelques temps je ferai le même type de rétrospective avec divers personnages que j'ai cotoyés lors de mes séjours en Afrique noire.

 

 Après avoir évoqué dans le précédent billet mes amis Lakmi, Ajdir, Balir et Karim je dois maintenant parler de Razi et c'est avec lui que j'ai connu des déceptions.
 J'avais du mal à comprendre ce garçon qui était un ingénieur extrêmement talentueux, qui était curieux de tout et très chaleureux en privé mais qui pouvait, dans le cadre du travail, se montrer très dur avec ses collaborateurs et quant à ses rapports avec ses confrères, les autres ingénieurs marocains, provenant pourtant pour la plupart de la même école, ca pouvait être assez épique, surtout avec ceux qui étaient issus d'une famille aisée. Lui était, d'après ce qu'il m'avait dit, le seul enfant d'une grande fratrie de Casablanca, une douzaine de frères et sœurs, à avoir fait des études secondaires et supérieures.

 Nos rapports étaient cordiaux et j'arrivais à canaliser ses excès d'exigences  dans son service en soulignant, qu'à deux ou trois exceptions près, notre équipe était excellente  et très bien encadrée par Karim et Lakmi..... Ce qui était, par ailleurs, paradoxal c'est qu'il était très curieux de la politique française, et qu'il me donnait l'impression de pencher plutôt à gauche..... ce qui ne collait pas trop avec des réactions épidermiques avec le personnel .... Encore que .....il m'est arrivé depuis de constater avec regret .. ...

 Razi était aussi mon plus proche voisin, il avait une jeune femme très gentille et un charmant Bambin. Nous nous recevions de temps à autre en semaine car du vendredi soir au lundi matin il quittait la région pour rejoindre sa famille à Casablanca.

 Un jour, un lundi à son retour, il me surprit en demandant si je n'avais rien vu de suspect chez lui pendant le week-end : il pensait que quelqu'un entrait chez lui pour le voler. Les vols n'étaient, a priori, guère conséquents : des cigarettes, des chocolats... en fait quelqu'un menait la belle vie chez lui pendant le week-end en se servant dans son frigidaire, dans son bar et même dans la salle de bains comme en témoignaient des marques de niveau qu'il avait fait sur des bouteilles...

 Je fus bien embarrassé car depuis près d'un an que nous étions voisins je voyais pratiquement tous les week-ends son chauffeur Ahmed, s'installer chez lui, sans se cacher, Il semblait faire office de gardien, d'homme de confiance, la Land Rover garée ostensiblement devant la maison......d'autant que j'avais cru comprendre qu'il était plus ou moins de la famille de Razi.

 Evidemment je lui racontai ce que je savais, ce que je voyais et ce que je croyais avoir compris du rôle d'Ahmed... Il m'affirma que celui ci avait juste pour consigne de passer en fin de soirée pour arroser les fleurs. Je sentais bien que Razi n'était pas très clair et qu'il cherchait manifestement un prétexte pour licencier Ahmed..... mais sa réaction fut encore plus violente car non seulement le chauffeur fut viré avec perte et fracas, mais en plus Razi alla porter plainte au commissariat.... Pour quelques tablettes de chocolat ou paquets de cigarettes.... Il n'y avait eu ni vol d'argent, ni vol de linge, de meuble ou d'électroménager.

 Le fait de porter plainte entraînait que je devenais témoin ; je fis alors comprendre à Razi que je dirai simplement ce que j'ai vu et que mon témoignage ne serait sûrement pas à charge contre le chauffeur dans la mesure où il lui laissait les clefs pour s'occuper de certaines tâches dans sa maison.

 Razi au bout de quelques jours réalisa que sous le coup de la colère il était peut-être allé un peu  loin et chercha à retirer sa plainte. Impossible, elle était enregistrée et tout cela devait se terminer au tribunal.

 Quelques semaines plus tard nous fûmes convoqués à la salle de justice. Je revois encore le père d'Ahmed, un vieillard du bled, se jeter aux pieds de Razi pour implorer la pitié pour son fils. Nous nous, étions déjà mis d'accord pour éviter de trop noircir la faute d'Ahmed mais je compris que l'attitude du vieil homme avait profondément ému mon collègue qui, réalisait l'énorme bétise qu'il avait faite. Cette journée fut interminable : l'histoire de Razi était ridiculement anodine à coté d'autres affaires autrement plus dramatiques, plus  sordides . Tous les débats étaient en arabe et Razi me fournissait quelques informations peu ragoûtantes..... pour la plupart des inculpés de la journée les peines furent très très lourdes.  

 L'affaire Razi/Ahmed fut traitée parmi les dernières et il y eut d'emblée une confusion car on m'appela à la barre en pensant que c'était moi qui avait porté plainte. Après quelques explications je retournai à ma place et Razi fut appelé. Tout se passait en arabe et si je ne comprenais rien je voyais bien que mon collègue n'était pas très à l'aise. On me rappela ensuite pour témoigner ; je fus questionné par un juge en arabe, un interprète traduisait, je répondais en essayant de minimiser le plus possible, l'interprète traduisait à nouveau en arabe pour des juges qui bien sûr parlaient le français aussi bien que moi. Ahmed fut aussi appelé, il s'est manifestement fait vertement sermonner et se tenait piteusement tête baissée en disant qu'il regrettait d'avoir trahi la confiance de son chef.
 Il n'eut pas de condamnation, sans doute une amende ou une sanction avec sursis, je ne me souviens plus très bien et sans compter la perte de son emploi.. ... mais  je suis ressorti de la salle complètement bouleversé... par le triste spectacle de cette journée... une journée que je n'oublierai jamais...

 Devant la porte le vieil homme était encore là, en pleurs, pour remercier Razi de sa mansuétude. Razi lui aussi était soulagé et j'espérais que cela lui servirait de leçon. Nous avons d'ailleurs renoué des rapports amicaux et il se calma un temps...... Mais chasser le naturel il revient .... et quelques mois plus tard il eut une sérieuse altercation avec un de ses supérieurs hiérarchiques de l'administration marocaine. Comme souvent Razi l'orgueilleux, le conquérant ne savait pas composer. La diplomatie ce n'était pas son truc .... Aussi fut-il muté sur un autre chantier à l'autre bout du pays.....et je ne l'ai jamais plus revu.

 

 D'autres anecdotes : Les marocains sont souvent des gens qui ne laissent pas indifférents.

 Youssef le pieu, Youssef le doux était un technicien d'une grande gentillesse. Il aimait que je consacre un peu de temps à sa formation professionnelle.
 En pleine période de Ramadan, en été par les fortes chaleurs, il était tombé très malade, pris à la poitrine et lui qui n'était pas très gros maigrissait subitement de manière impressionnante. Le médecin lui  imposa d'interrompre son jeun pour se soigner et fût même hospitalisé quelques jours. Rétabli quelques semaines plus tard, et reprenant son travail, en bon musulman il s'est imposé la discipline du jeun en doublant la période. Je dois avouer que, moi l'agnostique, j'ai souvent été  très impressionné par les démonstrations de foi sincères de mes amis.

 

 Je ne voyais pas souvent Choukry qui était en poste à Casablanca mais quand on se voyait c'était un vrai plaisir. Nous avions beaucoup de passions communes dont notamment l'Histoire de France et du Maroc ... Je me souviens que la première fois qu'il était venu à la maison il m'avait emprunté les deux premiers livres de Claude Manceron Les Hommes de la liberté.... Et depuis ce jour c'était devenu un rituel, il m'apportait des livres, il m'en empruntait et je faisais de même quand j'allais à Casa...et nous passions de très bons moments à comparer nos impressions. Une fois, il m'entraîna chez lui un midi.... sauf que c'était le mois de Ramadan .... « Tu ne trouveras rien à manger dans Casa, à la maison ma tante va te préparer un petit quelque chose ». Je fus bien gêné de manger seul pendant que nous discutions.... Mais je fus encore plus gêné de voir sa tante nous surveiller.... Au cas, sans doute, où la tentation serait trop forte pour son neveu... je crois que j'ai rarement été aussi mal à l'aise que d'avoir à  subir ce regard désapprobateur.... Mais mon cher Choukry est resté de marbre et bon pratiquant.... Je me demande même s'il n'était pas dans le fond content de voir sa tante s'inquiéter inutilement ..... 

 

(B-es slâma.)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Samedi 7 février 2009

 Bien sûr le choix du film Les Compères n'est qu'un prétexte pour une analyse politique. Aujourd'hui j'ai dans le collimateur quatre journalistes. La bande des quatre, les journalistes adoubés, assermentés, déférents qui, jeudi soir, ont servi la soupe au président de république. Quelle nécessité de se conduire d'une façon aussi obséquieuse alors que Sarkozy, bonimenteur hors pair, n'a vraiment besoin de personne pour tirer profit de fausses vérités (boni - menteur). Les compères (les personnes qui aident un autre pour faire une supercherie) Pujadas, Ferrari, Lagache et Duhamel le retour se sont bien tenus à carreaux. Aucun n'a osé interrompre ou contredire le président et pourtant il y avait matière : En guise d'impertinence ils l'ont tout au plus accompagné par quelques relances prévenantes. Pensez donc, devant 15 millions de spectateurs, il  en a fallu beaucoup moins à un préfet et à un commissaire pour se faire muter.

 

 En effet il y avait beaucoup à dire en questionnant intelligemment et en étant vraiment à l'écoute de réponses prévisibles et des annonces de circonstance : Pujadas par exemple qui a presque osé poser la bonne question sur le côté amortisseur de crise du système social français, que Sarkozy a d'ailleurs lui-même reconnu, il y a peu, hors micro.... Mais pas ce soir là, pas à la télé devant son électorat qui l'a élu pour faire la peau aux 35 heures pour remettre au boulot tous ces fainéants de socialos... Sarkozy a senti le danger politique et a éludé la question en appelant le journaliste à préciser sa pensée.... et le pâle présentateur de JT est passé, prudemment, à autre chose.

 Quand Sarkozy a évoqué la possibilité de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu... il aurait pu y avoir quelqu'un pour lui demander ce qui serait fait pour compenser cette perte de recette : déficit supplémentaire, acte de contrition vis-à-vis du cadeau de 15 milliards d'euros fait en début de mandat aux plus fortunés ? Idem pour la suppression de la taxe professionnelle qui représente une grosse partie des recettes des communes et des départements. Qu'est ce qui va compenser ? La taxe d'habitation ? Que de questions utiles auraient pu poser ces ersatz de journalistes.

 Et les subtils mensonges par omission ne méritaient-ils pas quelques précisions : « L'argent prêté aux banques n'a pas coûté un centime aux français » : Cela ne devait-il pas entraîner une relance du genre : «Et les milliards pour renflouer Dexia ?» Il est vrai que l'agence Reuter a attendu aujourd'hui pour annoncer que la Banque avait déjà utilisé plus de la moitié des fonds de garantie.

  

 Mais prétexte ou pas il me faut faire une parenthèse pour parler quand même un peu cinéma. (Oui je sais, Sarko c'est aussi du cinoche et c'est bien ça qui est grave)

 J'aime bien Francis Véber ; peut être pas tout Véber et dans mon hit du cinéma français il reste à bonne distance de mes préférés comme   Becker, Annaud, Tavernier et Jaoui pour ne parler que des réalisateurs encore en activité et je n'ose évoquer ni le regretté Claude Berri ni le maître Sautet, mais je le situe dans le peloton de tout ceux qui m'ont ému fait rêver, rire ou pleurer  comme Enrico, Carné, Melville, Verneuil,  Malle, Truffaut, Renoir ou  même Autant Lara qui a si mal tourné en vieillissant..... et j'en oublie tant en chemin ....

 Véber ce n'est pas mal du tout....Si je n'avais pas eu besoin de ce titre prétexte, j'aurai plutôt parlé de La Chèvre, le meilleur film de la trilogie Depardieu / Richard. (La chèvre, les compères, Les fugitifs).

  Malgré l'excellent Dîner de cons  je me demande si Francis Véber n'est pas, avant tout, un exceptionnel scénariste-dialoguiste qui a peut être eu le tort de vouloir devenir réalisateur. Ses répliques sont d'un mordant qui font honneur à son grand oncle Tristan Bernard. S'il pouvait inspirer les pseudos journalistes qui interviewent le président.

 Comme scénariste il a contribué aux deux excellents films d'Yves Robert « Le grand blond avec une chaussure noire » et « Le retour du grand blond ».

 Il est aussi incontestablement associé au succès de « L'Emmerdeur » d'Edouard Molinaro. Le remake qu'il a réalisé récemment, n'a pas eu les faveurs des critiques et du public. Il faut reconnaître que c'était une gageure de vouloir remplacer Lino Ventura et Jacques Brel.

 Véber a aussi travaillé avec bonheur pour Lautner, De Broca, Granier-Deferre (Adieu Poulet), Annaud, Oury, Arcady et plusieurs fois avec Molinaro dont La Cage aux folles.

Comme réalisateur il fait des entrées (au total plus de 40 millions) mais ses derniers films Le Jaguar, Le Placard, Tais-toi ont fait dans la facilité. L'avant dernier La doublure était bien, de la même veine que la trilogie Depardieu / Richard et le Dîner.

 
 Je ne sais rien des positions politiques de Veber et je m'en fous mais il est clair que si les journalistes qui questionnent le chef de l'Etat, pouvaient avoir eu un tel professeur de répliques ... ça ferait du bien au débat politique ...... et peut être même au principal intéressé car si l'on en croit le sondage CSA publié aujourd'hui (36% des Français  n'ont pas jugé le chef de l'Etat convaincant contre 52 %. Sa politique n'est pas jugée efficace par 59 % pas juste pour 56% et pas cohérente par 51%). Bonjour les dégâts .... mais l'omniprésent est trop fier de voir, fleurir à foison, des comparaisons bonapartistes pour s'apercevoir de ses erreurs et ne pas prendre son pied devant le comportement obséquieux des journalistes retenus pour l'exercice.

 

 J'ai bien apprécié l'émission spéciale qui a suivi sur France 2. L'inénarrable Yves Calvi pensait sans doute manager sans trop de difficultés un débat avec 4 éditorialistes politiques : Deux considérés comme critiques (et de gauche) Edwy Plenel et Nicolas Domenach et une autre modérée Sylvie Pierre Brossolette et ..... enfin pour représenter le journal les Echos son PDG Nicolas Beytoux du groupe LVMH (De Bernard Arnauld, 1ère fortune de France et grand ami du Président). C'était à priori blindé..... et bien non c'était sans compter sur la pugnacité de Plenel et Domenach et la modération rééquilibrée de Sylvie P.B. Ah ! Calvi eut bien du mal, ce qui l'a conduit une fois n'est pas coutume à jeter le masque de la neutralité et à montrer son vrai visage de brave grognard sarkozyste. Dommage qu'à cette heure là il n'avait plus qu'un petit million de téléspectateurs :

 Après les banderilles notamment de Plenel contre les effets d'annonces, les incohérences, les contradictions, les mensonges par omission ou habileté de langage, le constat du désarroi du Président devant la plus grande catastrophe depuis un siècle et enfin face au comportement honteux des journalistes .....le coup de grâce, pour Calvi, vint de Domenach.

« Depuis qu'il est élu le Président nous disait en privé que le plus difficile c'est de se faire élire car après gouverner c'est fastoche... »..... Ah, le besoin de se faire mousser !  

 Calvi désarçonné prend la réplique à la rigolade «  Vous avez bien de la chance de recevoir en secret des confidences du président »

 Et Domenach de lui répondre du tac au tac « Ce n'est pas si secret que ça car je ne suis généralement pas seul, n'est-ce pas Sylvie ? »  Et celle-ci d'acquiescer par un discret sourire.

  Décidément il y a péril dans la demeure élyséenne si le service après vente n'est plus assuré dans les émissions qui analysent les prestations télévisées du Président.

     

A suivre

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Mercredi 4 février 2009

 

 Je ne pourrais pas tenir la promesse faite à mon très bon ami Lakmi en février 2008. Je ne retournerai pas au Maroc cette année.... .Il y eut le Sud Marocain en février 2007, il y eut le circuit Rabat Moulay Idriss, Meknès et Fez en février 2008.... Il n'y aura pas de Maroc en février ou même un autre mois en 2009 .... Le planning des projets, des engagements, des impératifs  est trop chargé.... Mais j'espère du fond du cœur que cela n'est que partie remise.... A l'année prochaine.... Inch Allah.

 Malgré toutes les merveilles visitées le moment le plus fort du séjour 2008 fût sans conteste mes retrouvailles 32 ans plus tard avec Lakmi. J'ai décrit ce grand moment d'émotion dans le billet intitulé « Un site de verdure redux... ».  

  Quelques mois plus tard, début juin, un petit groupe d'anciens de l'entreprise Campenon a organisé, en Languedoc, au prieuré Saint-Michel de Grandmont près de Lodève., les AL Massirades joli nom pour ce rassemblement de ceux qui se sont connus pendant la construction de cet emblématique barrage marocain. J'ai aussi consacré un billet à ce beau week-end ; un billet dont le titre était « Que sont mes amis devenus..... ». C'est sans doute l'histoire de ce Prieuré fondé au XIIème siècle qui m'a conduit à emprunter ce titre au poète Rutebeuf.

 Je fus très heureux de revoir tous ces amis qui purent faire le déplacement mais ça m'a aussi confirmé que mes bons souvenirs de cette époque n'étaient pas uniquement attachés aux européens, Suisses et Français, mais qu'il y en avait beaucoup de liés aux Marocains qui, à une exception près, un copain vivant en France, étaient les absents du week-end languedocien. Il m'a semblé nécessaire de faire travailler ma mémoire et de laisser remonter à la surface quelques souvenirs avec des amis marocains....

Pour ce billet je garde le même titre, mais en arabe « Kaïfa assbaho asdikaï » (J'espère avoir bien transcrit la traduction qui m'a été proposée par le courtois Loutfi)

 

 J'ai tellement de souvenirs en vrac que je ne sais pas trop par lesquels commencer : par l'enfance bien sûr et voici un rapide portrait  de l'incomparable Farid qui, du haut de ses 4 - 5 ans, ne s'en laissait pas compter.
 Les parents de Farid étaient Ajdir et Véronika. Ajdir était Marocain et Véro nika était allemande. Ils s'étaient connus à Berlin lorsque Ajdir y étudiait. Nous étions voisins et comme ils n'avaient pas de voiture nous avions le plaisir, Pilou ou moi, d'emmener et d'aller chercher, avec nos enfants, Farid à l'école. C'était fabuleux de voir ce môme parler à sa mère en allemand, à son père et ses amis en arabe, à ses grands-parents en berbère et à la maîtresse et ses petits copains en français. Parfois il y avait de légers loupés mais ainsi va l'apprentissage des langues.

  Cependant un jour je me suis aperçu qu'il y avait quelque chose qui clochait, quand je le déposais devant chez lui le midi. Pourtant je le raccompagnais jusqu'à la porte de sa maison en lui disant gentiment « Bon appétit Farid... à tout à l'heure...».

 Je voyais bien que ça ne lui plaisait pas.... Il ne disait rien et ne se confiait même pas à sa copine, ma fille Cécile, ni même à son père.... Et puis un jour ce fut plus fort que lui, il se tourna vers moi rageur et me rétorqua « Farid n'est pas petit Farid est un grand garçon qui va à l'école.». Je lui expliquais immédiatement la confusion et nous redevenions amis.

 J'ai aussi un très beau souvenir d'un dimanche où nos amis nous avaient invités chez les parents d'Ajdir à Marrakech.... Et puis les balades dans les souks de la Médina et même d'une journée mémorable de ski et de luge, un hiver à Oukaïmenden.......... Je ne sais ce que sont devenus l'incomparable Farid et ses parents, Farid qui devrait avoir aujourd'hui 34 ou 35 ans, sensiblement l'âge de son père à l'époque.

 

 Autres souvenirs : L'éloquent Balir me semblait être une parfaite synthèse entre modernité et tradition. Il aimait beaucoup la région du moyen Atlas dont il était originaire et plus particulièrement  Béni-Mellal dont son père devait être un notable. C'était un remarquable joueur d'échecs et s'il acceptait de jouer parfois avec moi, il préférait se confronter avec mon fils Eric qui à 8/9 ans était déjà un excellent joueur.  Il affectionnait aussi le débat d'idées. Il estimait notamment qu'il était tout à fait possible de tendre vers une démocratie avancée dans un cadre monarchique. Je ne contestais nullement cette possibilité fréquente en Europe et qui semblait être ce qui se dessinait, ces années là, en Espagne après la mort de Franco.

 Il aimait, aussi, parler religion et n'avait de cesse de me convaincre, me démontrer  que les chrétiens, juifs et musulmans adoraient tous à leur manière le même Dieu et que les trois religions avaient le même tronc commun, et que Jésus et la Vierge étaient vénérés par les musulmans. Moi qui suis et qui étais déjà parfaitement agnostique et qui n'adore que la paix et le respect des autres, je l'écoutais et discutais avec lui avec plaisir. Je le revois encore me faire des comparaisons, paragraphe par paragraphe, des livres saints pour des épisodes comme le Déluge ou l'Exode

 Le sérieux de ces discutions n'empêchait pas Balir d'être jeune et mûr, moderne et sincère, respectueux mais ironique avec parfois de l'impertinence et d'énormes contradictions dans  ses goûts et son comportement.....d'ailleurs s'il parlait beaucoup, il ne refusait jamais de trinquer à l'amitié ........

 Il nous parlait aussi beaucoup de sa famille, de sa région .... «  Un prochain  week-end il faudrait que vous veniez à Béni-Mellal  je serais tellement heureux de vous présenter à ma famille et elle  serait très contente de vous recevoir... »

 Il nous fit plusieurs fois cette proposition sans vraiment formaliser une invitation. Un soir qu'il soupait à la maison, Pilou et moi, nous lui avions répondu que nous étions intéressés par cette suggestion.... et une gêne s'est installée..... Quelques jours plus tard il s'en expliqua tout en formulant une invitation en bonne et due forme....:

 « Mes chers amis j'espère que je ne vais pas trop vous décevoir, mais vous n'allez pas me reconnaître au sein de ma famille : je parle très peu et seulement quand mon père m'y autorise. Vous ne me verrez même pas fumer devant mon père. J'ai très peur de beaucoup vous décevoir. »

 Nous l'avons rassuré en lui disant que nous trouvions natuel et très bien ce respect des parents. Il fut libéré par notre réponse et s'en suivit quelques jours plus tard une excellente journée chez des gens très aimables, très sympathiques, très attentionnés. Tout c'est passé à merveille et je me rappelle encore cette épaule d'agneau cuite à la vapeur que nous avait préparée la maman de Balir.... Il est vrai que ce jour-la j'ai connu une autre facette de mon ami.... Il ne fut guère bavard mais dès le lendemain.....l'éloquent Balir renaissait.

    J'ai travaillé près de deux ans avec lui et jamais ce fidèle équipier ne m'a déçu... notamment ses rapports avec les ouvriers du chantiers étaient irréprochables.
J'ai encore dans la tête son rire moqueur.... Comment avons pu nous quitter en  juillet 1979 sans échanger des adresses, les avons-nous égarés ?... Je ne sais plus ....  Balir est un de ces bons amis dont j'ai parlé l'an dernier avec Lakmi, mais lui aussi n'avait plus jamais eu de nouvelle..... Il est vrai que c'est un grand pays très peuplé le Maroc.

 

 Karim était le prédécesseur de Balir. Marié, sa femme ayant une bonne situation et père de 3 enfants il ne pouvait pas rester trop longtemps sur un grand chantier. Il a quand même participé à la construction de l'ouvrage pendant un peu plus d'une année et puis il a demandé à être remplacé. Par certains côtés Balir et lui se ressemblaient ? Tous les deux étaient très généreux et rayonnaient de la même joie de vivre. Karim intellectualisait moins et je ne me souviens pas d'avoir passer du temps avec lui à débattre de quoique ce soit... nous discutions... mais il n'y avait nullement besoin de convaincre ou d'instruire.

 Karim son truc c'était le football et plus particulièrement les « Verts » dont il était supporter. Pas de chance et un peu comme ce fut le cas ensuite avec Balir pour la religion,  je n'étais sans doute pas l'interlocuteur idéal : je pouvais parler rugby pendant des heures mais pas trop football... Karim savait tout des Rocheteau, Larqué, Révelli, Santini, Janvion....il me racontait la finale de coupe d'Europe de 1976, phase par phase minute par minute. Son idole était Sarramagna ... j'essayais d'être bon patriote et de soutenir un club français au moins autant qu'un marocain..... mais j'avais une excuse à présenter car en 76 j'étais au Zaïre depuis 3 ans et je n'avais pas la télévision.

 Sa femme Jamila et ses enfants venaient, pendant les vacances scolaires, le rejoindre pendant quelques jours.... Et naturellement notre porte leur était grande ouverte.

Avant de quitter définitivement le chantier il nous a invités à une grande fête chez lui à Casablanca. Cette fête avait un rapport avec ses enfants. Je ne me souviens plus trop si c'était une fête « institutionnelle » comme l'Achoura ou un anniversaire. Ce jour là, Karim et son épouse Jamila m'ont subjugué, époustouflé. D'abord leur appartement dans un bel immeuble situé dans une rue adjacente au boulevard Mohamed V, était grand, joliment meublé et décoré.

 Jamila non seulement était très élégante mais en plus, tout au long de cette journée, elle a du changer 5 ou 6 fois de tenue avec des ensembles de plus en plus somptueux. Une tradition nous a-t-on dit.

 Il y avait du monde, de la famille certainement, mais je m'aperçus aussi que Karim ne connaissait pas très bien tout le monde : il y avait tous les voisins, ceux connus de longue date et d'autres bien moins connus. Mais ça aussi c'était une tradition au Maroc, quitte à faire la fête et à faire du bruit il fallait que tout le monde en profite : sympa ! Il y avait aussi leur famille, notamment les sœurs de Jamila, qui l'aidaient à se changer régulièrement, puis des collègues de travail (dont nous et un autre couple lui aussi français). Il y avait un groupe musical traditionnel, des danseuses et..... des serveurs qui nous présentaient les plateaux de fruits, sucreries, dattes, gâteaux par centaines, qui passaient sans jamais repasser... des boissons type Coca-cola, des jus de fruits, du thé, du café....

 
 Une magnifique réception, au faste quelque peu inattendue pour une après midi dédiée aux enfants mais pourquoi pas. Le généreux Karim et la resplendissante Jamila savaient recevoir..... et les nombreux enfants, les leurs, les nôtres et tous les autres présents ont passé une journée de rêve, une journée digne des contes  des milles et une merveilles .... pour les parents aussi.

     

 











(
A suivre)

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac
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Vendredi 30 janvier 2009

 Samedi dernier toutes les radios, toutes les télévisions étaient sur le pied de guerre pour un spécial « tempête ».... Et pourtant l'excité omniprésent qui n'a de cesse de se précipiter, sur le champ, en tout point de la planète pour foutre son nez dans tout ce qui agite les médias.... l'excité, donc, a préféré consacrer son samedi à faire un peu de ménage à la maison.... Dans la maison UMP.

 Je ne vais pas le critiquer d'avoir attendu 24 H pour se rendre dans le sud-ouest, bien au contraire.... pour une fois qu'il était à sa juste place et au bon moment, mais ce qui me choque c'est qu'il ait consacré ce samedi à s'occuper de la tambouille interne de son ancien parti.

 Le président de la république est le président de tous les français, au dessus des partis politiques, principe républicain (et leitmotiv gaulliste) mais Sarkozy n'en a cure et avec un mépris total pour ces règles il n'a rien trouvé de mieux que de diriger le conseil national de l'UMP réuni pour préparer les élections européennes.

 Quelle honte ! Et en plus je n'ai guère entendu ou lu de critiques de journalistes, tout juste un peu de gène de certains membres de l'UMP comme Barnier. Il faut croire qu'il avait un gros ménage urgent à faire : placer en parti l'indicateur Bertrand, pour remettre Hortefeux au travail, humilier Rachida Dati, et prendre date de punition contre Rama Yade ..... Bien sûr je devrais m'en foutre comme de colin tampon (et pour ceux qui auront la curiosité de chercher l'origine de cette expression, ils verront qu'elle est parfaitement adaptée) mais je ne peux pas me taire car je trouve parfaitement scandaleux ce mépris autocratique des règles et principes de notre république.

 

 Bien que militant socialiste, je n'ai pas toujours été tendre avec François Mitterrand pendant ses deux septennats. Aujourd'hui, encore, je revendique le droit d'inventaire, le tri entre le bon, parfois l'historique, et les regrets, quelquefois même les profonds malaises.

 Je me souviens qu'en novembre 1994, à 6 mois de la fin de son second mandat il était venu à Liévin où se tenait le congrès du Parti socialiste. Lui n'a pas fait de crime de lèse constitution car il ne s'est pas rendu au congrès, il ne s'est pas mêlé de la vie du parti. Non il est simplement allé à la mairie de Liévin pour un hommage aux travailleurs du nord, aux mineurs et au contraire ce sont les socialistes qui ont suspendu un moment leurs travaux pour le rejoindre et lui témoigner leur reconnaissance  ..... Tous les délégués à l'exception d'une petite poignée restée dans la salle à attendre en discutant ; un petite poignée de « républicanistes » qui jugeaient que Mitterrand n'était pas à sa place à Liévin en ce jour de congrès. Représentant des Deux Sèvres je faisais parti de ceux qui boycottèrent le déplacement à la mairie..... Je crois encore aujourd'hui que j'avais raison, et pourtant cela parait bien anodin à côté du scandaleux comportement de Sarkozy, pour le congrès UMP samedi dernier dans la salle de la Mutualité.... Une salle encore riche des envolées lyriques des grands républicains de gauche, une salle située à quelques pas du Panthéon... Et c'est là que ce misérable petit personnage a sali la république.

 

 Ce samedi matin il pleuvait sur Niort avec un vent assez fort pour faire quelques dégâts au marché central dont je n'ose toutefois parler après avoir vu, à la télévision, les sinistres images du sud ouest. Pilou et moi nous nous étions abrités au café des halles.... C'est d'ailleurs notre pause habituelle du samedi matin où pendant une petite heure, après avoir fait le marché, avec quelques bons amis nous refaisons le monde..... Oui le monde car refaire Niort c'est, déjà depuis un an, leur job quotidien .... mais ce samedi là, les débatteurs habituels étaient restés chez eux, bien à l'abri du gros temps, et nous étions seuls à prendre un café et sur le point de rejoindre nos pénates.

 Un petit groupe de personnes entra alors dans le café et une silhouette attira immédiatement mon attention... quelqu'un que je connaissais bien, et que je n'avais pas vu depuis quelques années mais, surtout, que je ne m'attendais pas à rencontrer à Niort. C'était David, un camarade du PS parisien, un ancien permanent de Solférino. Il m'a aussi reconnu, mais lui ne devait pas être trop surpris de me retrouver à Niort.

 Quand je le rencontrais, et ce fut surtout entre 1993 et 1997, il é tait  très proche de Lionel Jospin. Fin août 1995, quelques mois après l'élection présidentielle, Jospin avait fait le discours de clôture des universités d'été de La Rochelle et David avait eu la gentillesse de me donner une copie du discours non seulement écrit, mais aussi raturé, corrigé, rectifié, complété en marge, de la main de Jospin....

  Un document de 12 pages que j'avais reçu à l'époque comme un superbe cadeau.... non pas le discours en lui-même mais ces feuilles qui témoignaient du travail de construction, l'ébauche, les corrections, la progression, et permettaient d'analyser, de saisir, de  comprendre même, la personnalité de l'auteur .... Pour moi c'était une vraie pièce de collection, et c'eut pu être une pièce de musée si Lionel était devenu président de la république..... Mais, hélas en avril 2002, Jospin se muait en Perette au pot au lait.... et nos espoirs s'envolaient : le document n'a plus guère de valeur mais je le conserve, malgré tout, précieusement.

 Ci-joint la partie du discours qui dénonçait la première décision importante et regrettable de Chirac, nouveau président, à savoir la reprise des essais nucléaires.... Encore un mépris honteux... cette fois des engagements français.

 

  Nous n'avons guère eu de temps de nous attarder avec David car il n'était pas seul. Il m'expliqua brièvement qu'il avait changé de vie en embrassant une carrière commerciale et que c'était la raison de son déplacement à Niort. On a un peu parlé politique, du PS, de l'évolution de la situation niortaise .....  il m'apprit aussi le décès de sa sœur quelques années plus tôt ; cette triste nouvelle m'affligea...  sa soeur dont le souvenir me ramenait à Liévin et à la venue de Mitterrand...  puis à la comparaison avec l'excité..... mais basta......  passons à autre chose...  la résistance  s'organise.

 Lors de la manif d'hier il y avait 10000 manifestants dans les rues de Niort selon la préfecture, 12000 selon les syndicats. Pas mal pour une ville de 60000 habitants. Bravo !  Nous y étions, bien sûr, en famille.  

 

 A suivre

 

 

Par daniel - Publié dans : trop poli-tique
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Lundi 26 janvier 2009

 

 Ce film est un pamphlet d'un cynisme époustouflant réalisé par Mike Nichols. Il retrace la campagne électorale pour l'investiture démocrate de Jack Stanton, gouverneur d'un Etat du sud, ambitieux mais aussi,  malencontreusement, trop porté sur le beau sexe. Comme il est, politiquement, accompagné, tenu en laisse par sa femme, au moins aussi ambitieuse que lui, on reconnaît d'autant plus facilement l'ancien président Clinton que John Travolta a réussi une interprétation clonage bluffante.

 Ce film est sorti peu de temps après l'affaire Monica Léwinsky, mais réalisé bien avant. Vision prémonitoire ? Non pas vraiment car le film est tiré d'un livre publié en 1996 aux USA et signé Anonyme ; un anonyme qui manifestement connaissait bien Bill et boules.

 Par la suite l'auteur fut identifié il s'agit de Joe Klein un journaliste très connu de Newsweek et éditorialiste de la chaîne CBS. Il avait été très proche de Clinton pendant la campagne présidentielle de 1992 et savait donc des choses.....

 Le film (je n'ai pas lu le livre, je ne peux donc en parler) dévoile les mécanismes d'une campagne électorale lors des primaires du parti Démocrate pour l'investiture présidentielle. Et, généralement, ce n'est pas triste... le congrès de Reims à côté c'est le pèlerinage de Lourdes et surtout ça dure beaucoup moins longtemps.

 
Henry, le petit-fils d'un militant pour les droits civiques des Noirs, s'engage dans la campagne et devient directeur de campagne de celui qu'il admire tant.... Ces 2 heures de film le verront avaler une multitude de déceptions, de pilules, de couleuvres....  en découvrant qui est réellement son idole....

 Les acteurs sont sidérants : Travolta est un Clinton plus vrai que nature. Emma Thompson, elle, ne caricature pas vraiment Hillary mais crée un personnage suffisamment calculateur et sachant ravaler sa fierté, son orgueil pour surtout ne pas nuire à ses ambitions.
 Il y a encore le personnage joué par Kathy Bates, amie de jeunesse du couple, lesbienne ancienne militante très à gauche qui sait d'avance d'où les mauvais coups (y compris ceux dus aux frasques du candidat) peuvent venir. Dans le film elle finit par se suicider comme le fit un proche de Clinton. Il y a encore le personnage joué par Billy Bob Thompson un conseiller alcoolique et névrosé, proche de Jack-Bill, lui aussi parfaitement identifié.... Et puis enfin il y a  Henry le candide sympathique, intelligent et noir au pedigree prestigieux joué par l'acteur britannique Adrian Lester.

 Selon Télérama ce film « ébauche une réflexion morale  et politique..... c'est une interrogation, laissée en suspens, sur ce qu'il faut sacrifier de vertu pour parvenir au sommet. Mais c'est aussi, à ce titre, une discrète déclaration d'amour à ceux qui étaient à la sortie du film les locataires de la maison blanche. Leurs doubles à l'écran sont, jusque dans leurs compromissions, leurs mensonges, de vrais bons américains sincèrement désireux de contribuer à la justice et à la prospérité de leur pays.»

  Dans cette fable, réflexion morale et politique, tout ce beau monde est parfaitement mis en scène par Mike Nichols. C' est un réalisateur américain d'origine européenne (russe et allemand) né en 1931 qui avait frappé fort avec ses premiers films « Qui a peur de Virginia Wolf » en 1966 avec Elisabeth Taylor et Richard Burton puis « Le Lauréat » qui lança Dustin Hoffmann en 1967. Son étoile pâlit ensuite malgré des films avec Jack Nicholson ou Harrison Ford et il lui faudra attendre la fin des années 90 pour rebondir grâce aux films pamphlets comme « Primary colors » genre qu'il poursuivit ensuite jusqu'à son plus récent, de 2007, « La guerre selon Charly » avec Tom Hanks.

 

  Au cours du premier semestre 2008 il y eut le combat politique pour l'investiture Démocrate entre Barak Obama et Hillary Clinton. Une désignation historique, pour espérer avoir soit le premier président de couleur soit la première femme présidente ? 
 Il est certain que Obama inspire confiance par son charisme son intelligence et son volontarisme mais est-ce l'influence du film de Nickols ou un excès de cogitations politiciennes de ma part, mais j'étais incertain : je souhaitais une victoire de Barak Obama, mais je craignais que la marche soit un peu haute pour lui dans ce pays « réactionnaire »
.

 N'avait-on pas vu depuis Kennedy que des guignols à la tête de l'Etat le plus puissant du monde : un catéchistes ancien marchand de cacahuètes, un imbécile cow-boy d'Hollywood manipulé par les économiste néo-libéraux théoriciens monétaristes, les Bush va-t-en guerre père et fils.... Le meilleur ne fut-il pas finalement Bill Clinton, malgré ses frasques sexuelles (comme Kennedy) .

Je pensais donc, début 2008 que, par son cynisme son orgueil mais aussi son expérience et sa compétence, Hillary Clinton avait, peut-être, plus de chances que Barack Obama de battre les républicains, les fous du dieu Wall Street.... Et pourtant au fil de la campagne interne, au fil des votes dans les états je m'appercevais que l'Amérique avait profondément changé.
Ce ne fut pas la femme au parcours politique brillant qui allait briguer la présidence pour les démocrates mais un homme, certes sénateur de l'Illinois, mais surtout un homme portant le nom de Barack Hussein Obama, fils d'un père Kenyan et d'une mère américaine. Comment cet homme en quelques mois est-il devenu l'incarnation du rêve américain ? Nouvelle Observateur.

 Sa campagne, la vraie, la présidentielle, face à Mac Cain, fut me semble-t-il plus facile que celle, interne, face à Hillary Clinton. Bush avait complètement discrédité les républicains et, qui plus est, Mac Cain s'est pris plusieurs fois les pieds dans le tapis :
  D'abord en ne sachant pas se débarrasser du boulet Bush puis en choisissant comme colistier une femme inconnue gaffeuse et surtout ultra réactionnaire tout juste bonne à faire fuir l'électorat américain modérément conservateur.
 Enfin, cerise sur le gâteau, Mac-Cain ne comprit pas l'importance de la crise en conservant les vieux réflexes et les vieilles analyses de la droite traditionnelle (ce n'est pas possible... car en économie la droite et le marché ont toujours raison).
 Obama a donc eut sa part de chance.... et c'est tant mieux car depuis il y eut le 4 novembre 2008, jour historique pour l'humanité : Un président noir était élu à la tête du pays le plus puissant de la planète.

 Depuis le 20 janvier 2009 Barack Hussein Obama est le 44ème président américain. Pour ne pas être trop long, on a tout le temps d'y revenir, je ne citerai que ses premières décisions très symboliques : la fermeture de Guantanamo et l'annonce de l'engagement des USA dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

 

 Puisque ce billet est classé dans la rubrique Ciné-cure j'ai envie de retenir, en guise de conclusion, Amis américains, le titre du récent livre d'entretiens de Bertrand Tavernier avec les plus grands réalisateurs américains , une autopsie méticuleuse du cinoche amerloque par le plus talentueux des réalisateurs français encore en activité.

Amis américains.... car c'était finalement dur de ne pas trop aimer ce pays pour des raisons politiques alors qu'il m'a tant apporté depuis mon enfance dans divers domaines comme le cinéma, la littérature et la musique..... mais avant d'être trop dithyrambique j'attendrai encore un peu..... L'abolition de la peine de mort dans tous les états.  

 

A suivre

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Vendredi 23 janvier 2009

J'espère que Gégé ne m'en voudra pas de ce titre d'article un peu tiré par les cheveux p our un sujet très grave. Gégé c'est Gérard Filoche un copain du PS, inspecteur du travail de profession. J'ai déjà fait un billet sur lui dans la rubrique A livre ouvert, pour son superbe bouquin Mai 68. Histoire sans fin.
 Je n'ai pas toujours été complètement en phase avec ses positions lors de nos débats NPS mais, par contre, je sais que nul mieux que lui, parmi les socialistes, ne connaît aussi bien le monde du travail.

 J'ai appris ce matin en butinant sur Internet, et plus précisément sur le site, http://actuchomage.org/  que Gégé a été mis en examen. Le site en question lui a ouvert une page pour qu'il explique, qu'il informe, qu'il dénonce.....
 Pour un copain que j'apprécie énormément, je ne pouvais, en l'invitant sur mon blog, que m'associer à cette démarche solidaire. Il est invité mais comme souvent dans cette rubrique il n'est pas prévenu de ma démarche..... et puis son texte n'est pas repris in extenso. J'ai du faire quelques « allègements » comme de gommer les noms des gens et des sociétés incriminés.... et de ne pas reporter certaines précisions..... Les lecteurs qui veulent tout savoir ont l'adresse du site où ils peuvent se reporter... Le texte daté du 21 janvier est intitulé Gérard Filoche mis en examen dans l'exercice de ses fonctions.
 

 Le Parisien, France inter, l'AFP ont annoncé mardi 20 janvier «la mise en examen de Gérard Filoche». C'est bien la première fois que Le Parisien me fait une si grande place ! Discret lorsque je dénonce la délinquance patronale, ce journal répercute l'annonce qu'un gros patron de la rue de la Paix a réussi, en se portant partie civile, à me faire «mettre en examen».

 Le prétexte est rocambolesque : j'aurais fait «entrave» à son «comité d'entreprise». Moi, gêner un comité d'entreprise ? Et puis quoi encore ? S'il y a un comité d'établissement au siège de l'importante société « ...G.. », c'est parce que j'ai insisté, en tant qu'inspecteur du travail du secteur, pour qu'il soit mis en place car sinon, la direction n'en avait pas et n'en voulait pas ! Mais ils ont réussi à ce que ledit CE mis en place fasse partie de ce qu'on appelle les «CE bidons» : il ne comporte que 2 membres totalement soumis à la direction au point de ne jamais fonctionner, sauf pour donner un «avis favorable» au licenciement d'une déléguée syndicale CGT, ce qu'il a fait à deux reprises.

 Cette déléguée CGT est d'abord une femme cadre, d'origine arabe, de retour de congé maternité, dont l'entreprise a voulu se débarrasser après 6 ans de bons et loyaux services. Pour la pousser dehors, elle qui s'occupait de la zone commerciale arabe, ils l'ont mis à une zone Amérique latine Pacifique qu'elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue, ce qui lui demandait deux fois plus de travail, une forme de harcèlement alors qu'elle avait les soucis de son nouveau-né. Plutôt que de lui redonner son poste après son congé maternité, ils y ont même mis des intérimaires. (C'est de plus en plus fréquent, il faut une loi pour protéger les femmes de retour de maternité obligeant de leur redonner leur poste et interdisant de les licencier pendant un an).

 Chez G.., les salariés cadres font des heures supplémentaires dissimulées en masse : ils les appellent d'ailleurs ironiquement «les heures philanthropiques». Lorsque, pour faire valoir ses droits, la jeune femme s'est syndiquée, a demandé des élections de CE, elle est devenue la femme à abattre : isolement, propos racistes, dénonciation dans la boîte où tout le monde a peur. Ils m'ont demandé trois de fois de suite l'autorisation de la licencier, la dernière en juin 2004 sous un prétexte kafkaïen, après l'avoir cette fois «mise à pied». La tenant ainsi, par la privation de salaire, ils ont fait traîner la procédure, négligeant de réunir le CE prévu début juillet. Ils allaient, si je n'étais activement intervenu, la laisser ainsi tout l'été. J'ai exigé que le CE se tienne vite, formalité nécessaire, et qu'ils me saisissent vite. Ils ne l'ont fait que le 24 juillet, alors que je partais le 26 juillet en congés tout le mois d'août.

 Alors j'ai hâté la procédure, je suis allé dans l'entreprise, faire mon «enquête contradictoire», prendre acte que le CE avait voté, et prendre ma décision de refus d'autorisation de licenciement le lendemain avant mon départ en vacances, de façon à ce que la salariée retrouve un salaire fin juillet... et non pas fin septembre. Ça s'est passé ainsi, déjouant ce qui était manifestement une mauvaise pratique de la direction. Je suis arrivé assisté d'une collègue contrôleuse, le 24 juillet 2004 avant le CE. J'ai avec l'accord total de la direction, dans le bureau du directeur, sans objection de quiconque, en expliquant ma démarche, sur le coup, interrogé et confronté au total neuf personnes.  Cela m'a suffi pour établir l'innocence de la déléguée CGT, et le «CE» s'est réuni sans surprise, c'est-à-dire que les deux membres pro-patronaux sont sortis du bureau du directeur pour aller voter... l'avis favorable au licenciement de leur collègue, à deux voix contre zéro, à bulletin secret, ce qui leur a pris moins de dix minutes... C'était leur seul point à l'ordre du jour.

 Le Parisien cite des «témoins» anonymes (la plupart des protagonistes ont été «virés», depuis, par G....) : un «ex-salarié» prétendrait que j'ai «menacé» de «déposer plainte contre le CE». C'est une phrase inventée de A à Z, impossible à sortir de mes lèvres car juridiquement stupide, pourquoi aurais-je tenu un tel propos sans sens ? Un autre «témoin» anonyme cité par Le Parisien aurait dit : «Il nous a dit qu'il nous poursuivrait pour harcèlement moral»... phrase ridicule aussi dénuée de sens juridique et que je n'ai évidemment en aucun cas prononcée. Si ce sont bien des «témoins», pressionnés par la direction, ils ont donc été amenés à croire et/ou à dire n'importe quoi. Je n'étais ni «énervé», ni «vindicatif», mais un des salariés, subordonné, donc fragile, m'a raconté en off qu'on lui avait dicté ses propos. J'ai déjà vu des juges, plus avisés, qui, en audience, refusaient les témoignages des salariés en faveur de leur patron en invoquant le «lien de subordination juridique permanente» qui caractérisait leur contrat.

 L'avocat de « G....... », qui se vante dans Le Parisien en termes idéologiquement révélateurs de ma mise en examen, a tenté de mêler la proximité physique de mon enquête ce matin-là et la tenue du CE pour inventer d'abord que j'avais «fait du chantage» au CE, puis c'est le procureur, de façon surprenante, qui a amélioré la saisine initiale avec un «réquisitoire supplétif» pour «entrave au CE». Reprocher à un inspecteur du travail «une entrave» au CE, c'est tenter d'escalader l'Annapurna pieds nus, ça ne s'est jamais fait. Je n'avais absolument aucune raison de faire la moindre pression sur les deux membres du CE totalement subordonnés à la direction et dont je connaissais le vote d'avance - lequel n'engageait pas ma décision. Je n'étais absorbé que par mon «enquête contradictoire» de façon à obtenir le maximum d'éléments et à rendre imparable juridiquement le refus de licenciement de la salariée.

 Le ministère a pourtant cassé ma décision (ce n'est pas le seul cas hélas, car de plus en plus de «salariés protégés» se trouvent ainsi abattus). Pourtant, tout ce qui s'est passé, d'un bout à l'autre dans cette affaire, aurait dû donner superbement raison à la déléguée syndicale, et le fait que le tribunal administratif - dans des termes que j'ignore - ait confirmé le ministère, me stupéfie. Je ne sais si la salariée ira en Conseil d'état, mais elle est tellement manifestement dans son bon droit, que cela mériterait d'être tenté.

 Le juge M... m'a convoqué pendant 5 heures (!) le 7 mars 2007 alors que je revenais de Périgueux où avait été jugé et condamné l'assassin de deux de mes deux collègues (à Saussignac le 2 septembre 2004). Je l'ai alors surpris en lui apprenant un point de droit qu'il ignorait, c'est qu'un avis du CE favorable au licenciement d'un délégué n'était qu'un élément indicatif et ne s'imposait pas à l'Inspection du travail. Puis je n'ai entendu parler de rien entre le 7 mars 2007 et le 21 novembre 2008 et je croyais légitimement enterrée l'impossible plainte pour «chantage» mort-née. Car si des patrons réussissent à force d'argent et d'entregent à faire convoquer des inspecteurs du travail devant les juges, c'est le contrôle de tout le droit du travail qui sera entravé, et non pas un CE bidon.

  Invité à un CHSCT G....., en juillet 2008, je m'y suis rendu et, sans surprise, j'ai pu constater encore qu'il ne se tenait pas, que le responsable du CE/CHSCT, le même qui avait voté le licenciement de la salariée, n'était même pas dans les locaux, que le CHSCT était aussi «bidon» que le CE.

 Le juge M.... aurait interrogé par écrit le Directeur général du travail, en droit pur, en décembre 2007 et m'a re-convoqué «.......» le 21 novembre 2008 et m'a mis en examen à ma grande surprise. Le Parisien cite, dans un entrefilet fielleusement présenté, la lettre du directeur général du travail «.......» affirmant qu'un inspecteur du travail qui intervient dans un CE a «un comportement professionnel aberrant». Mais cette lettre ne me concerne pas !  «.......».....

 ........L'accusation est classique : je mélangerais les genres entre mes engagements syndicaux et politiques et mes missions de service. Il convient de repréciser qu'un inspecteur du travail est «indépendant» selon la convention 81 de l'OIT. Nous sommes indépendants mais pas neutres. Nous avons pour mission «d'alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés». Nos assujettis ce sont les employeurs, pas les salariés. C'est aux employeurs que devons faire respecter le code du travail de la République. Il faut une sacrée imagination, pour me mettre, moi, à six mois de ma retraite, après trente ans de métier, en examen pour «entrave à un CE».

 À l'émission Ripostes, le 10 décembre 2006, Nicolas Sarkozy m'a dit : «Je ne partage pas votre détestation des employeurs, M. Filoche». Je ne «déteste» pas les employeurs mais j'essaie d'agir contre ceux qui trichent et spolient les salariés de leurs droits. Je défends l'Inspection du travail avec d'autant plus de vigueur que la délinquance patronale augmente considérablement, que le droit du travail est foulé aux pieds, pire méprisé, bien au-delà de mon secteur où j'ai 4.500 entreprises et 45.000 salariés. Mon expérience, tous les jours, me fait rencontrer des «G....» : d'ailleurs j'engage les investigateurs à regarder de plus prés « .... », au-delà de ma personne, la réalité de ce genre de patronat qui fait tout pour mettre en cause l'action légitime de l'Inspection du travail.

 

Alarme et caetera........ à suivre

Par daniel - Publié dans : L'invité
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