Jeudi 9 avril 2009


 Une  innovation sur le blog et dans l'attente de la préparation d'un billet sérieux qu'il me faut peaufiner, je renoue avec un plaisir d'antan, de l'époque où nous étions quelque peu isolés en brousse africaine, loin de nos proches et loin de la civilisation, sans téléphone, sans télévision, sans journaux  français récents,  sans supermarché et sans tout un tas de choses  très utiles mais dont on peut se passer.
Comment avons nous pu survivre? Et bien on a relativement bien vécu en faisant mille autres choses très intéressantes et tout aussi inutiles comme de créer, entre autres, des mots croisés.
Ca faisait une trentaine d'années que je ne m'étais pas essayé à cet exercice et finalement..... à vous de juger.

  HORIZONTALEMENT :
1/ Aquatique, flotte au jardin de Balata en Martinique. L'auteur.
2/ Pour sécher en labo. Sécrétions.... du crapaud notamment. Montand dut l'épeler pour un télégramme.
3/ Mauvaise selon Jacques Prévert même si c'est pour la bonne cause.  Passive les armatures et pas seulement en Afrique.
4/ Fermer une plaie. Au Maroc, ils pratiquent surtout à Oukaïmeden.
5/ Trouver la solution. Surveiller.
6/ Idéaux à formulation variable. Protégé par un bouclier. Transport.
7/ Doublé cela qualifia la politique économique de Jospin. Le beau est digne de respect. Aimée passionnément.
8/ Elimée. Religion. Possessif.
9/ Généalogique. Près de Bezouce.
10/ Profite. Assis en bonne place. Pronom.
11/ Compartiment. Demeure. Barrage dans "éléphants blancs" ou "vieilles lunes".
12/ Parcouru. Ethnie de Léopold Sédar Senghor. Grand pour un tissu.
13/ Solitaire. Note. A la suite d'or ni.  
14/ Etats physiologiques. Langue.
15/ En seconde partie de la rubrique cinéma. Commune à la pomologie, à la polémologie  et à un poète andalou. Suit un docteur.

VERTICALEMENT :
A/ Navires moyenâgeux. Tenace.
B/ Têtes en l'air. Renfrogné.
C/ Durée. Basses à l'étiage. Fait sur le départ.
D/ Rayonnements. .....du services publics. Lieu.
E/ Produit de décomposition. Coiffes.
F/ Obtenir. Epoque.
G/ Parfois accompagné de prime. Quelle mouche la pique ? A sa règle.
H/ A même droit à une victoire. Métis résistant. Se marrera.
I/ Cherches à transformer. Electrode. C'est du gâteau pour le Bureau National.
J/ Piton de La Fournaise. Désastre humanitaire. Prénom.
K/ Prophète. Pronom. Adverbe de temps.
L/ Celle de Mana fut la première installée en Guyane. Symbole chimique.
M/ Relatives à la classe ouvrière. Patrie de Garibaldi.
N/ Graves. Non instruite.
O/ En bouche un coin. Il faut éviter de les essuyer.

 
 Ca ne devrait pas être trop difficile..... mais la première ou le premier qui m'envoie la solution aura droit sur ce blog à une sûre prise de tête.... sous réserve que j'ai sa photo.

A bientôt.

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
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Vendredi 3 avril 2009


Arrivée au Sénégal

Lever du soleil d'Afrique dans le ciel embrumé de la saison sèche





Le lac Rose (Retba) : le ramassage du sel et les jardins Peuls










Le lac Retba : village Peul et en bord océan l' ex-dernière étape du Paris Dakar


 














Pause toujours.... ça m'intéresse.  A Kébémer, rassemblements de femmes et d'enfants.












Embouchure du Sénégal, Langue de Barbarie et l'ïle aux oiseaux :












Saint Louis sur la Langue de Barbarie quartier Guet N'dar :













Île Saint Louis













De Djokoul à Lompoul : dernières palalabres avant la traversée du désert ?


 













Direction au sud vers Joal la maison familiale du président Senghor
et Fadiouth l'île aux Coquillages :













Balade en petite Casamance.....













...jusqu'à Djilor, village de brousse, village natal de Sédar Senghor.













En pirogue sur le Saloum .... la mangrove du delta













Retour sur Mbour et Saly, le tourisme farniente :













Gorée le tourisme de mémoire :



























Dakar côté jardin dans le calme d'une journée pré-électorale















Dernière étape avant le départ : marché artisanal de Dakar et retour à Keur Djinné















 

Fin du voyage........

Coucher du soleil d'Afrique

Soleil du soir, espoir.....

Par daniel - Publié dans : voyages
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Dimanche 29 mars 2009

 J'ai longtemps rêvé du Sénégal..... depuis, depuis, comme ils disent là bas.... Depuis longtemps, depuis une certaine soirée du 12 octobre 1985 à Yaoundé.

 Ce soir-là nous étions invités chez le conseiller culturel de l'ambassade, qui recevait aussi et surtout l'historien journaliste Pierre Biarnès. Cette soirée magique, je l'ai déjà racontée dans un article d'octobre 2007 « Le bon et brutal temps des colonies. » : Biarnès nous a parlé du livre qu'il finissait de rédiger: « Les Français en Afrique noire de Richelieu à Mitterrand »....

 La place du Sénégal dans cette épopée est majeure ; une place mise en lumière par l'auteur, lui qui vit (ou du moins vivait à l'époque) au Sénégal. Ce livre parût en 1987 je me le suis, bien sûr, procuré et je l'ai lu, relu et relu encore... et je l'ai emmené lors d'un récent voyage dans ce beau pays.

 

 Sarkozy aurait dû lire ce livre, avant de se rendre à Dakar en juillet 2007 pour y faire son calamiteux discours. Heureusement que son hôte, le président Wade, a trouvé une parade adaptée en jugeant que « Sarkozy avait été victime de son nègre », ce discours ayant été préparé par Henri Guaino : humour diplomatique ou humour noir ?

 Le président, ou son nègre, aurait pu aussi s'instruire, pour ce qui concerne la période précoloniale que n'évoque pas ou peu Biarnes, en consultant les livres de l'historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo. Il aurait su ainsi que, bien avant l'arrivée des européens et même des arabes, de grands empires s'étaient constitués dans cette région du Sahel comme celui du Tekrour dans l'est du Sénégal, sensiblement sur l'actuel Fouta-Toro. Ces empires comme ceux du Ghana, du Mali, de Gao se combattirent, disparurent, se décomposèrent pour renaître sous d'autres formes. Ils se sont aussi progressivement convertis à l'islam à partir du 11ème ou 12ème siècle. L'empire du Djolof fut fondé au 13ème siècle, d'abord vassal de l'empire du Mali avant de s'élargir et d'englober quasiment l'ensemble de l'actuel Sénégal. Le grand Djolof s'effondra vers 1550 ce qui facilita l'implantation des européens qui n'avaient, au 17ème siècle, qu'à museler ou acheter, en s'appuyant sur la traite négrière, des chefferies autonomes, fragilisées et rivales.

 

 Mais j'en reviens à notre histoire commune franco-africaine telle que l'a décrite Biarnès ; enfin presque franco-africaine, car ce sont les Portugais qui ont pris pied les premiers au Sénégal en 1444, puis aux début du 17ème siècle les quelques comptoirs portugais passaient sous contrôle Hollandais : vers 1617 ils avaient aménagé et fortifié une île qui présentait une bonne rade, good reed, et qui deviendrait Gorée.

La France ne s'intéressa à ces terres lointaines qu'une vingtaine d'années plus tard et c'est en 1638 que deux navigateurs, Lambert et Jannequin, débarquaient à l'embouchure du Sénégal prenant possession d'un territoire qu'ils baptisèrent Saint Louis en l'honneur du roi et dès 1659 un fort était bâti sur l'île de Ndar. 
 Richelieu puis Colbert, espérant des retours commerciaux, créèrent puis développèrent la Compagnie du Sénégal, engageant une politique surtout mercantile mais bien peu colonialiste ; politique qui tant bien que mal se poursuivit jusqu'à la révolution....


 
 La pénétration intérieure pour améliorer le commerce en pacifiant la région et en installant des colons pour développer l'agriculture fut tentée pendant quelques décennies notamment entre 1697 et 1723 sous l'impulsion du premier colon digne de ce nom, l'administrateur André Brue mais sans grande réussite. Brue fut même fait prisonnier par le Damel (roi) du Cayor puis libéré contre rançon en 1701.

  
  Il faut bien reconnaître que ces expériences furent des échecs et que le seul commerce réellement rentable, fut la traite de noirs. Après la guerre de Sept ans, Saint Louis passait sous contrôle anglais, la France ne conservant que Gorée et quelques comptoirs de la petite côte.

 
 Après la guerre d'indépendance en Amérique et le traité de Versailles la France récupérait, en 1783, ses terres africaines. Le chevalier de Boufflers fut nommé administrateur, mais délaissa Saint Louis, le fleuve Sénégal et les ambitions de pénétration et de colonisation du pays pour se replier sur Gorée et filer le parfait amour avec une belle signare ; il eut surtout l'avantage de laisser une riche correspondance tout en  s'adonnant à la contrebande de l'or en privilégiant ses intérêts propres à ceux de sa fonction.

      

 A la veille de la Révolution le Sénégal ne semblait pas être une colonie d'avenir, étant peu prospère et commercialement décevante. La convention abolissant l'esclavage en 1794 l'Afrique ne présentait plus d'intérêt. Napoléon a certes rétabli l'esclavage en 1801 à la demande Joséphine, créole de Martinique, mais c'était trop tard la France, paraissait éliminée du continent laissant le champ libre à l'Angleterre.

 
 Toutefois après la chute de l'empereur, ce continent étant trop grand pour les seuls anglais, la paix retrouvée en Europe et la restauration allaient permettre à la France de revenir en Afrique avec la restitution du Sénégal.
 Cela devait pourtant bien mal commencer avec le naufrage de la Méduse et ce sont des naufragés, le capitaine Brereton et le futur gouverneur Schmaltz qui se présentaient au gouverneur anglais le 11 juillet 1816 pour lui demander au nom des nouveaux accords franco-anglais de se retirer de la place.

 
La traite des noirs à destination des Amériques a repris de plus belle horrible façon pendant 32 ans jusqu'à l'abolition définitive de l'esclavage en 1848 par la loi Schoelcher.
 Quand on visite Gorée, quand on se recueille dans la maison des esclaves on ne peut que ressentir de la gêne d'être blanc.
 Combien de millions d'hommes, femmes, enfants sont passés par ces geôles, combien de millions de familles ont été à jamais séparées entre ses murs ?

 

  En ce début de 19ème siècle la mise en valeur agricole des colonies n'intéressait pas encore grand monde mais le commerce se développait petit à petit grâce à la population métisse de Saint Louis et de Gorée et par l'arrivée de nouveaux colons et négoces notamment des bordelais sur Saint Louis. De nouveaux gouverneurs, le baron Roger, puis le commandant Baudin, s'engagèrent en faveur du développement du Sénégal mais l'échec de la mise en valeur de l 'agriculture, hormis l'arachide, pesait lourd dans les hésitations politiques et ce jusqu'à l'arrivée en 1854 du Général Faidherbe qui fut le véritable initiateur, le vrai créateur du Sénégal moderne :

 D'abord comme militaire il pacifia et unifia le pays. Il combattit et vainquit les maures de l'émir du Trarza qu'il rejeta au nord du fleuve Sénégal puis les Toucouleurs d'El Hadj Omar. Ce dernier fut un redoutable adversaire qui disposait d'un prestige considérable  auprès des populations d'un vaste territoire ; la lutte dura près de dix ans, le guerrier chef religieux périssant au combat en février 1864.

 Faidherbe enfila aussi le bleu de travail pour un développement économique du pays : des efforts très importants furent déployés en matière d'équipements.
 Tous les foyers de résistance n'étaient pas complètement éliminés lorsque Faidherbe quitta le Sénégal en 1865 et ses successeurs eurent encore à contenir de vives résistances : Ahmadou le fils d'El Hadj Omar et arrière petit-fils par sa mère, du légendaire Ousmane Dan Fodio et petit-fils de Mohamed Bello, une illustre dynastie, mais Ahmadou abandonna le territoire sénégalais pour déplacer la guerre contre l'envahisseur plus à l'est dans l'actuel Mali.

 
 Au Sénégal, après le départ de Faidherbe, l'armée française eut surtout  à maîtriser celui qui reste encore aujourd'hui  l'une des grandes figures du pays, le Damel de Cayor, Lat Dior, qui résista fièrement jusqu'au bout, aux colonisateurs notamment en s'opposant à la construction de la ligne de chemin de fer Dakar / Saint Louis.
Lat Dior périt avec ses fils lors de la bataille de Deuklé en octobre 1886, (comme Crazy Horse tomba à Wolf Moutains en janvier 1877).
 Certains  esprits étroits pensent que l'Afrique n'a pas d'histoire, alors que ce qui a manqué à cette époque ce sont des  talents de plume portant intérêt à ce qui se passait sur ce continent ; l'équivalent d'un Fénimore Cooper ou d'un Mark Twain ou beaucoup plus tard des cinéastes comme John Ford ou Henry Hattaway pour raconter ou mettre en images ces westerns africains.

 

 La résistance africaine à l'envahisseur français prenait définitivement fin à l'aube du 20ème siècle avec la capture en Guinée du redoutable guerrier Samory Touré. La seconde phase de colonisation commençait alors.

 

 Saint Louis du Sénégal devint la capitale de la colonie française d'Afrique occidentale, puis capitale du Sénégal et de la Mauritanie avant de tomber en léthargie après la seconde guerre mondiale supplantée par Dakar la nouvelle capitale du Sénégal.
 Le pont Faidherbe, long de 510 m avec une travée centrale tournante, qui relie les îles de Saint Louis et de Sor fut inauguré en 1897. Faidherbe avait quitté le Sénégal depuis 32 ans et était décédé en 1889.

 

 
 La ville a encore connu des heures de gloire grâce à l'aéropostale et Mermoz de 1927 à 1936.

 Depuis l'an 2000 la « Venise africaine » est classée au répertoire du patrimoine  de l'UNESCO, et elle s'est lancée dans un ambitieux programme de rénovation.

 

 

 
 La commune de Gorée a fusionné avec Dakar en 1929. Dakar qui avait été fondée en 1827 et qui était devenu en un peu plus d'un siècle une grande ville africaine. La petite île de Gorée distante de 4 km de la côte n'est plus qu'un arrondissement de la capitale.
 C'est un natif de cette île, Blaise Diagne, qui devint le 1er député africain de l'Assemblée nationale française en 1914 : il fut commissaire de la république chargé du recrutement des tirailleurs Sénégalais avant de devenir secrétaire d'état dans le gouvernement Laval (1931-1932).

 

 Dernier évènement historique concernant Gorée, l'utilisation du canon du Castel, contre des navires britanniques en septembre 1940. Ces navires anglais emmenaient De Gaulle en Afrique pour rassembler l'armée de l'empire hostile au gouvernement de Vichy.

 L'arrivée à Dakar fut mouvementée son gouverneur le général Boisson, qui n'avait pas digéré Mers El Kébir, faisant le choix de rester fidèle à Pétain. De Gaulle déçu (selon la biographie de Jean Lacouture), après quelques hésitations, mit la cap sur l'Afrique équatoriale pour rejoindre Félix Eboué et le Colonel de Hauteclocque, plus connu sous son nom de résistant, colonel Leclerc. Ils créèrent le 27 octobre 1940 à Brazza le Conseil de Défense de l'Empire.

  

 

 En remerciant  Ousmane dit « Lafayette » guide érudit, originaire de Saint Louis, qui nous apporta ses lumières lors du voyage pour éclairer les chemins de l'histoire.

 






Ba bêne yone.

 

 

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Mardi 24 mars 2009


L'enfant noir est un roman de l'écrivain malinké Camara Laye (né en Guinée en 1928   puis exilé, sous la dictature de Sékou Touré, au Sénégal où il décéda en 1980 à Dakar). C'est un livre majeur de la fin de la période coloniale qui valut à l'époque à son auteur des critiques acerbes de ses collègues écrivains africains engagés : "Afrique noire littérature rose" disait Mongo Béti....... et pourtant comment ne pas aimer la gaîté, la curiosité, l'innocence, le regard tendre de ces enfants quand on voyage en Afrique...  du moins quand ces enfants restent de vrais enfants, avec des jeux et des rêves d'enfant.... car, malheureusement il y eut trop, ces dernières années (et il y a encore...), beaucoup trop de pays en guerre civile où les jouets des enfants soldats, enfants drogués, étaient de vraies armes.



".... Le griot s'installait, préludait sur sa cora et commençait à chanter les louanges de mon père. Pour moi, ce chant était toujours un grand moment. J'entendais rappeler les hauts des ancêtres de mon père, et ces ancêtres eux-mêmes dans l'ordre du temps.....  " 








Koba et Ba des enfants Peuls du Lac Retba






"..... Comme la veille, nous allions de concession en concession, précédés de tam-tams et de tambours, et nos compagnons nous quittaient au fur et à mesure qu'ils atteignaient leur logis...."









Diagne et Gaye les enfants Lébous de Lampoul










Wane enfant Haalpuular et Mbengue enfant Wolof jouant au ballon à Saint Louis.








Kébé et Diop enfants Wolofs à Thiès









"....Nous sommes revenus dans la case, nous nous sommes assis sur des nattes et nous y sommes demeurés sous la surveillance des hommes. Nous bavardions entre nous de choses et d'autres, dissimulant le plus que nous pouvions nos inquiétudes; mais comment aurions-nous pu effacer de notre pensée la cérémonie du lendemain?...."






L'école maternelle de Djilor village du Saloum où naquit en 1906 Léopol Sendar Senghor 1er président de la République Sénégalaise.









"....A l'école, nous gagnons nos places, filles et garçons mêlés, réconciliés et, sitôt assis, nous étions tout oreille, tout immobilisé, si bien que le maître donnait ses leçons dans un silence impressionnant. Et il eût beau voir que nous eussions bougé !...."






"... Le tableau noir était notre cauchemar; son miroir sombre ne reflétait que trop exactement notre savoir; et ce savoir souvent était mince, et quand bien même il ne l'était pas, il demeurait fragile ; un rien l'effarouchait......"








".... La punition la plus banale, en deuxième année, consistait à bayer la cour. C'était l'instant où l'on constatait le mieux combien cette cour était vaste et combien les goyaviers y étaient plantés dru......."





"....
Il y avait les enclos pour les vaches, pour les chèvres; il y avait les greniers à riz et à mil, à manioc et à arachides, à gombo, qui sont comme autant de petites cases dressées sur des socles de pierres pour les préserver de l'humidité....."









Khoudia et Faye les enfants Sérères de Gandlaye.









".... A mesure que la matinée avançait, la chaleur gagnait, prenait une sorte de frémissement et d'épaisseur, une consistance à quoi  ajoutait encore un voile de fine poussière  fait de glèbe foulée et de chaume remué..."


Dieuré dieuff (en Wolof)  et bo kom la cass (en Sérère) .

Par daniel - Publié dans : voyages
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Mercredi 18 mars 2009


Voici un texte qui a été inséré dans le dernier numéro du journal de l'ANJCA (pour lequel j'ai déjà fait un billet dans la rubrique l'invité). Absent lors du choix des articles, je n'ai pas eu l'occasion de donner mon avis sur un texte qui, en énonçant de bons sentiments et quelques vérités (tout n'est pas faux), me parait, malgré tout, sur le fond très très excessif.

 

« Sur le continent africain, la superficie des espaces classés ne cesse de s'accroître au détriment des populations locales, interdites de culture, de chasse et même de déplacement dans les territoires qui constituaient jusque-là leur cadre de vie. Le tourisme de luxe, les alibis scientifiques (des sommes colossales sont dépensées au titre de la surveillance de la faune sauvage, terrestre ou maritime, dûment équipée de balise Argos effroyablement coûteuses, quand le gamin du village meurt de paludisme...) et des grands programmes immobiliers ont trouvé dans la promotion du développement durable un fabuleux moyen de justification. Au nom de la préservation de la biodiversité, barrières de barbelés et armés de rangers défendent aux locaux l'accès à leurs littoraux ou à leurs forêt. L'Afrique doit-elle devenir un immense zoo à ciel ouvert où les riches du monde entier pourraient venir puiser de quoi se régénérer dans les conservatoires de la faune et la flore passées, comme si la misère tenait lieu de brevet d'authenticité ?

Le sous développement de l'Afrique, dans les campagnes notamment, avec ses villages de cases « pittoresques », ses populations « traditionnelles » et ses civilisations « préservées » présente tous les atouts requis pour flatter les attentes de l'apprenti ethnologue, qui sommeille au fond de chacun d'entre nous. L'Afrique figure ainsi, dans la mondialisation, comme l'archétype de l'espace enclavé, dont la pauvreté et l'isolement offrent un immense terrain de jeux aux Occidentaux, un bac à sable géant pour leurs exploits sportifs, un laboratoire à ciel ouvert pour leurs études scientifiques abondamment financés, mais aussi une terre d'élection pour le déferlement compassionnel que les nantis du monde aiment sporadiquement manifester, avec l'enfant africain dans le rôle du hochet humanitaire.

Il est impératif de faciliter la modernisation du continent et l'aspiration profonde de sa population au développement : l'Afrique n'est pas un zoo. L'Africain, comme l'Européen ou le Chinois, aspire à vivre en citoyen moderne en bénéficiant d'un meilleur niveau de vie, d'avoir accès à la santé et à l'éducation pour choisir son destin. »

 

Sylvie Brunel dans « A qui profite le développement durable »

 

 Peut-on rejeter des projets mi-chèvre mi-chou, de parcs nationaux dans des pays pauvres ? Projets mi-chèvre mi-chou car sous le couvert du développement durable ils ont surtout vocation à attirer les touristes des pays riches.....
 Et pourtant....! Et si, n'en déplaise à Mme Brunel (épouse d'un actuel ministre d'ouverture si j'ai de bonnes sources) ce n'était pas une si mauvaise idée que ça ?
 Prenons par exemple un pays comme le Sénégal qui n'a que très peu de ressources « rentières » ; De quel droit pouvons-nous critiquer son choix de mettre en valeur ses attraits naturels et son histoire, y compris coloniale, pour promouvoir le tourisme. Cette industrie serait-elle un privilège de pays riches ? Je crois qu'en France on n'est pas très bien placé pour donner de telles leçons et surtout.... au nom de bons sentiments.  

 Rappelons quand même, au préalable, quelques chiffres : France PIB 2.300 milliards de dollars (soit 36.550 $ /hab) et Sénégal 21 milliards de dollars (soit 1750 $/hab.)....Le Sénégal qui n'a guère plus que le PIB d'un département français moyen, n'aurait pas le droit de mettre en valeur l'un de ses atouts maîtres pour ne pas nuire à la vie traditionnelle de quelques villageois perdus au fin fond de la brousse !
 L'agriculture, aux bilans incertains d'une année sur l'autre, avec des projections à moyen terme pessimistes, ferait encore vivoter à peu près 65 % de la population (pour une population totale de 12 millions) mais n'assurerait plus aujourd'hui que 13 à 14 % du PIB..... alors à moins que de vouloir conserver de bons pauvres, de bons sauvages rousseau-istes ne faut-il pas chercher des solutions ? 

 Certes il est préférable qu'une grande partie de la population sénégalaise reste attachée à ses racines, à son terroir plutôt que de s'entasser dans les quartiers miséreux de Dakar dont le développement mal maitrisé a des conséquences désastreuses en terme de  pollution, de santé, de sécurité et coûteuses en aménagements structurels nécessaires. Ces évolutions qui font que l'agglomération de Dakar engorgée parait être un vaste chantier en souffrance. (L'agglomération rassemble déjà près de 20% de la population sénégalaise). 


Alors quel est le secteur économique qui, en complétant l'agriculture et  la pêche, secteurs en déclin sinon en panne, peut apporter des revenus, des devises, fournir du travail, du commerce (marchés artisanaux) tout en permettant aux populations de rester harmonieusement réparties sur le territoire ou du moins dans les zones côtières du pays ? C'est le tourisme ; une industrie qui représenterait déjà environ 3 à 4 % du PIB (en France 7 % mais seulement 2 % lié au tourisme international). 

 
 Le Sénégal reçoit 800.000 visiteurs internationaux par an plus de 300 millions de dollars et 80 000 emplois induits et certains voudraient que le pays n'exploite pas ce filon au nom de bons sentiments qui ne tiendraient pas la piste si avant de penser on commençait par réfléchir.





 D'ailleurs de quel droit peut-on critiquer le choix d'un pays d'investir dans le  tourisme et qu'en plus, mangue sur la galette, cela se  fait en dénonçant le zest de développement durable qui enveloppe, plus ou moins, le projet.




 

 Le maire de Gorée serait « vert » : c'est du moins ce que revendiquent ses affiches électorales ; toujours est-il que l'île historique de la traite des noirs est d'une propreté exemplaire... Ce qui n'est pas le cas de tout le pays.... et bien sûr il faudrait le dénoncer car c'est par intérêt touristique... D'autres, dont je suis, trouvent que c'est très bien comme ça.




 

 On peut multiplier les exemples.... Avec le parc national du delta du Saloum ou le parc national du Niokoto Koba ou encore près de Saint Louis la réserve ornithologique du Djoudj, et à l'embouchure du fleuve Sénégal le parc de la Langue de Barbarie....
 





 Quel plaisir de trouver des sites sauvages sans présence de détritus et de sacs plastiques traditionnels dans ces pays pauvres. .... et même s'il y a toujours des vautours.
Mais que les bons penseurs se rassurent, tout au long des routes et pistes sénégalaises il reste encore suffisamment d'entrées « poubelles » de petites villes qui sont à même de faire jacasser le touriste beauf qui ne peut sortir sans son "chez nous...".


 

 

 Bien sûr tout n'est pas complètement faux dans le texte de S. Brunel et certains aménagements touristiques sénégalais méritent bien le label « Bac à sable » ; Mais bizarrement ou lucidement ce sont ceux qui se réclament le moins du développement durable. 






 
A titre d'exemple on peut mentionner le site du lac Rose qui fut développé pour accueillir la dernière étape des « Paris-Dakar », mais tout le monde peut faire des erreurs...... même l'excellent journal de l'ANJCA. 

 

 

 







Ba bêne yone.

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Vendredi 13 mars 2009

 Je poursuis le cycle littérature africaine avec un auteur que j'ai découvert il y a un peu moins de dix ans et que j'adore ; il s'agit d'Emmanuel Boundzeki Dongala.

 Dongala est un écrivain congolais né en Centre-Afrique de père congolais et de mère centrafricaine. Il a aujourd'hui 67 ans et vit aux Etats-Unis où il a trouvé refuge à la fin des années 90 grâce à l'écrivain Philip Roth quand le Congo a basculé dans le chaos des guerres fratricides. Il fut professeur de chimie et animateur de théâtre à Brazzaville puis de littérature africaine francophone à New York.

 Il publia « Un fusil dans la main, un poème dans la poche » en 1974 le récit de Mayélà, révolutionnaire africain qui prend le pouvoir puis le perd, et qui, en prison attendant la mort, constate désabusé que les plus belles utopies ne résistent pas longtemps aux turpitudes humaines.

 Puis ce fut en 1987 « Le feu des origines » Prix littéraire d'Afrique noire. Ce roman qui décrit la vie, le destin de Mandala homme important dans son village qui ne connaissait pas les blancs, et dont la vie fut bouleversé avec l'arrivée de la colonisation, le travail forcé, la perte de prestige, l'impuissance, l'anonymat, puis la révolte.... Et la suite inexorable avec les perspectives d'indépendance.... et de dictature.... Un pessimisme fataliste mais non pleurnichard.... C'était écrit.... Mais c'est surtout très bien écrit.

 En 1996 Emmanuel B. publie « Jazz et vin de palme » qui est un recueil de nouvelles «...au rythme balancé et à l'humour corrosif où il fait revivre la révolution rouge de Brazzaville qu'il considère avec un profond pessimisme et promène son blues dans les boîtes de jazz de New York ... » mais je ne peux pas en dire plus car je n'ai pas lu ce bouquin.

 En 2000 mon livre préféré est sorti ; le génial « Les petits garçons naissent aussi des étoiles » auquel je consacre quelques lignes dans ce billet. Enfin en 2002 Dongala nous a offert « Johnny Chien méchant » superbe récit mais que je ne conseille pas comme premier livre pour découvrir cet auteur, tellement ce livre, qui parle des enfants soldats, m'a mis mal à l'aise ; comme « Allah n'est pas obligé »  de Kourouma qui traite du même sujet.

 

 Le plus beau, le meilleur des livres de Dongala est incontestablement, pour moi, « Les petits garçons naissent aussi des étoiles ». L'auteur décrit la situation politique de son pays, le Congo, par le regard candide qu'un petit garçon Matapari porte sur ce et ceux qui l'entourent.

 Matapari est un personnage inattendu « J'ai failli ne pas être né... » car il est né trois jours après ses frères jumeaux... ni le docteur ni sa mère ne s'était aperçu qu'il y en avait un troisième qui restait au chaud. « Maman m'a toujours juré qu'elle n'avait pas fait exprès... » en plus, quand plus tard on s'aperçut qu'il était gaucher, des suspicions de sorcellerie ont circulé «... je n'étais pas dans le ventre de ma mère à l'hôpital avec les jumeaux et que l'esprit d'un ancêtre mort brutalement, donc errant sans domicile fixe j'avais profité de la case vide laissée par mes frères pour m'y installer, lassé de flotter au petit bonheur dans les forêts et sur les eaux comme la brume matinale qui s'accroche aux bosquet des flancs des montagnes... ».

 Matapari l'inattendu mais aussi un impromptu et malin car finalement s'il attendit 3 jours pour sortir c'était, sans doute, pour naître le 15 août 1980 pour le 20ème anniversaire de l'indépendance ; tout un symbole et un choix de l'auteur de ne pas trop s'attarder, une nouvelle fois, sur la décolonisation.

 Cette période de décolonisation l'auteur l'évoque quand même, brièvement, dans le 3ème chapitre, en traçant le portrait du grand-père qui fut, en 1960 « décoré deux fois, cette même année, une première fois par les français, le dernier 14 Juillet qu'ils ont célébré dans notre pays.... Puis une deuxième fois un mois plus tard, le 15 août, jour de l'Indépendance, par le premier président du pays libéré, les deux fois pour la même raison, celle d'avoir chassé de l'école du village un prêtre qui avait osé y dire la messe .. ».

En fait ce fut une belle bagarre car le directeur d'école était « indigène » et le curé était blanc et français; mais le grand père était têtu et il alla jusqu'à écrire au plus haut représentant de sa hiérarchie :

 « Moi, Tezzo dia Mayélà, maître indigène de l'école de Bélà, proteste auprès de votre haute bienveillance de l'injustice dont j'ai été victime. Ceci n'est pas digne de la mère patrie pour laquelle le mot justice devrait être le complément du triptyque liberté, égalité, fraternité. Pour avoir défendu l'école républicaine et laïque contre le cléricalisme en chassant un papiste barbu et ensoutané  accompagné d'enfants de chœur qui avaient pris d'assaut l'école pour y tenir un spectacle de messe un dimanche, j'ai été sanctionné trois fois et blâmé.... etc  » et le grand père a gagné son combat .... Du moins jusqu'à la prise de pouvoir par la clique révolutionnaire marxiste léniniste qui rejeta le héros qui avait été décoré par le pouvoir colonial des Français et par le pouvoir « néo-colonial » de la première République post-indépendance.»

 
 Tout le récit, où l'apprentissage de la vie de Matapari ou plus exactement de ce qu'est un pays africain dans un régime de parti unique, gravite autour des différents protagonistes de la famille et notamment le père de Matapari et son oncle Boula Boula.
 Ce dernier ne devrait pas avoir le beau rôle, contrairement au père, car c'est un opportuniste qui retombe toujours sur ses pieds ; et pourtant, décrit selon le prisme de l'enfant candide, il n'est pas si malmené que ça et on se demande si Dongala ne considère pas ce type de personnage parasite comme un mal nécessaire dans ce monde stupide.

 
Le tournant de l'histoire est le choix du président de la République de célébrer le 14ème anniversaire de sa prise pouvoir dans la ville où réside la famille de Matapari et c'est là que Boula Boula saisit sa chance en se lançant dans la politique :

 Le père de Matapari « Je n'ai pas compris pourquoi Boula Boula nous a réveillé si tôt. »

 La mère « C'était pour nous annoncer qu'il était entré au Parti »

 Le père : « Boula Boula marxiste léniniste ? Ne me fais pas rire. Tu es sûre que ton cousin n'a pas flairé une combine là-dedans ? » 

 Et à force de combines, de manœuvres, de mensonges l'oncle devint en quelques années le n° 2 du régime « juste après l'homme-des-masses, l'homme-des-actions-concrètes, le dirigeant populaire-à qui-l'histoire-donne-toujours-raison ... »

Qui dit n° 2 dans une dictature Africaine, dit poste à risques... et c'est évidemment ce qui se passe dans le roman avec le procès des « taupes réactionnaires qui avaient réussi à s'infiltrer jusqu'au sommet de l'appareil du Parti ».

 La description du procès est le clou du roman et que pensez vous qu'il advint : tonton Boula Boula fit spontanément son autocritique, ce qui lui permit de limiter la casse avec une peine de prison.... De plus le vent de l'histoire tournait et sur injonction du président français François Mitterrand, les démocraties dictatoriales africaines devaient respecter les droits de l'homme et s'ouvrir au multipartisme.... Et tonton Boula Boula finit par retrouver la liberté et par créer son parti en affirmant qu'il avait «toujours été un homme de courage comme l'avait prouvé son emprisonnement dû au fait qu'ayant constaté que le régime dont il était l'un des dirigeants importants ne pouvait se réformer de l'intérieur, il avait publiquement marqué son désaccord avec le chef de la révolution. Il avait préféré les dures souffrances du cachot plutôt que de continuer à s'engraisser sur le travail du peuple. Cependant, tout en étant en prison, il avait inspiré la fameuse lettre ouverte qui avait conduit à l'ébranlement de ce régime totalitaire inique et à sa déchéance finale....»

 Sauf que Boula Boula oubliait de préciser que c'est le père de Matapari, excédé et dans un rare moment d'engagement, presque d'égarement, qui a rédigé et affiché cette lettre ce qui l'a conduit à rejoindre son cousin en prison... et que c'est justement cet emprisonnement du directeur des écoles, homme généreux et grand scientifique, qui mit le peuple dans la rue, emmené, au son d'un bandonéon qui jouait l'Internationale, par la très pieuse mère de Matapari. Ce rassemblement de masse a, non seulement, permis la libération des membres de la famille de Matapri mais a aussi fini d'ébranler le régime.

  Que fit le nouveau héros du peuple en sortant de prison ? Interviewé par les journalistes il déclara : « Effectivement c'est magnifique c'est formidable ! Vous vous rendez compte j'étais en prison et je n'en ai rien su..... Le dernier théorème de Fermat vient d'être démontré ! Vous, vous rendez compte, Cela a pris trois siècles ! Trois cents ans...  »

 Boula Boula quant à lui indiqua qu'il « était prêt à mettre son expérience au service du peuple, ce peuple sans lequel il n'était rien »  et il créa, donc, son parti.

 
Le chapitre de la campagne électorale vaut aussi son pesant d'arachides mais la morale est sauve car Boula Boula ne recueillit que 0.01 % des voix...

 

 Un roman qui décape, sur un ton ironique et faussement naïf par le choix d'un enfant, un  candide narrateur. Mais cette description de la vie en Afrique est, malheureusement,  bien souvent une réalité.... en moins drôle.

 

Bonne lecture et.......à suivre.

Par daniel - Publié dans : à livre ouvert
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Mercredi 11 mars 2009

 C'est bien parce que je viens de voir au cinéma un très beau film avec Dustin Hoffman que j'ai, aussi, entrevu à la télévision pour la promotion du film en question que j'ai eu envie de faire ce billet ; Un billet hommage à ce grand acteur sympa, ce grand « petit » acteur. Grand par le talent petit par la taille.

 Al Pacino aussi est un grand acteur comme Dustin Hoffman, comme Gene Hackman (mais lui en plus il est « great & high »....) et bien d'autres...

 Inversement Christian Clavier a toujours été, pour moi, un petit acteur (small & short) ou encore Jean Réno un acteur très moyen (middle but high). Depardieu fut un très grand acteur mais il a tendance à rapetisser en épaississant ses formes ....de jeu ...... Big-re... je ne suis pas certain d'être très clair. C'est vrai que je n'ai jamais été très fortiche en anglais et c'est pour ça que je déteste les diaboliques films anglo-saxons en V.O.

 

 Tout ça pour dire que j'aime beaucoup Dustin et que ce billet est fait pour lui rendre hommage sans aucune arrière pensée politique : 100 % cinoche cette fois ci.... enfin presque...

.... Car ça me permet quand même de préciser, mais vite fait en passant, que quand je dis d'un personnage, qui a d'éminentes fonctions, un grand personnage donc, que c'est un nabot minable ce n'est pas le physique que je juge avec ironie mais sa médiocrité, son absence de compétence hors bla- bla..... idem quand j'utilise   le terme de petit caporal ou plus récemment celui de demi d'ouverture......ce n'est jamais le physique que je méprise : après tout Gachassin et Camberabero n'avaient pas le physique de Chabal mais ils étaient fabuleux sur un terrain de rugby. Chirac ? Ce n'est pas parce que maintenant on a ...  Stop ! J'ai dit que je ne parlerai pas de politique dans ce billet.... ni même de rugby d'ailleurs.... alors je ferme la parenthèse et j'en reviens à Dustin..... Aujourd'hui c'est uniquement de cinéma qu'il est question.

 

 Oui le film actuellement à l'affiche, « Last chance for love... », est exquis. Dustin Hoffman est bien accompagné dans cette « love story » de seniors par la charmante et très british Emma Thompson. Deux adultes âgés et consentants qui se rencontrent et font le point de leur journée merdique respective. Emma reconnaît sportivement que c'est Dustin qui a décroché le gros lot..... et il s'ensuit une jolie histoire à l'eau de rose, mais bien jolie quand même.  

 

 Dustin est né sous une bonne étoile, un 8 août, c'est tout dire, un vrai lion. (En 1937 on a donc pile poil 9 ans d'écart, il porte bien les 72 berges). Sa filmographie est impressionnante même si certains films des années 60/70 ont un peu vieilli et si dans les années 90 et 2000 il a fait quelques films.... disons... alimentaires.

 

 Tout a commencé en 1966 avec « Le Lauréat » de Mike Nichols (déjà évoqué sur ce blog pour Primary Colors) film dans lequel le jeune Benjamin-Hoffman se fait déniaiser par Mrs Robinson/Anne Bancroft sur fond musical de Simon et Garfunkel. Un film scandaleux pour l'époque qui a énormément vieilli en paraissant aujourd'hui plus naïf. .

 

Il y eut ensuite en 1969 « Macadam Cow-boy » de John Schlesinger : l'amitié entre deux épaves des bas-fonds new-yorkais, Joe (John Voigt) un jeune Texan venu dans la capitale en espérant jouer au gigolo et Ritso (Dustin Hoffman) un clochard italien tuberculeux. Ils partagent la misère et un rêve... partir en Floride. Ce film obtint trois oscars dont celui du meilleur film malgré qu'il ait été classé X à sa sortie. A revoir car Il n'a pas pris une ride.

Dustin Hoffman a récidivé avec John Schlesinger en 1976 pour « Marathon Man » un thriller sur fond de trafic de diamants et d'anciens nazis dont Laurence Olivier oscarisé pour son rôle de criminel de guerre.

 

  Entre temps Dustin avait tourné cinq films, deux qui ne sont plus trop d'actualité et un brin dérangeant : le violent « Les chiens de paille » de Sam Peckinpah et un biopic « Lenny » de Bon Fosse où il joue Lenny Bruce, un comique irrévérencieux des années 50, qui bouscula l'Amérique puritaine avant de mourir d'une overdose. Dustin Hoffman fut à nouveau nominé aux oscars pour ce rôle.

 Les trois autres films de cette période 70 sont mes chouchous : « Papillon » (on comprend pourquoi) de Franklin J. Schnaffer en 1969 avec un admirable Steve Mac Queen - Papillon et Dustin -Dega le faussaire.

 

 C'est en 1970 qu'Arthur Penn lui offrit le rôle qui fera sa renommée « Little big man » un anti-western qui raconte l'histoire d'un jeune blanc élevé par les indiens et qui fut témoin de la chute de Custer à Little Bighorn (similitude du titre) et tout cela avec une critique en filigrane de la guerre du Vietnam. On retrouve auprès de Dustin Hoffman, Faye Denaway (qui avait déjà tourné avec Arthur Penn dans Bonnie and Clyde.... Je reparlerai à l'occasion de cet excellent réalisateur.)

 

 
 La fin de la décennie 70 a consacré Hoffman avec l'oscar du meilleur acteur pour « Kramer contre Kramer » de Robert Benton en 1979. Une histoire de divorce et de garde d'enfant. Avec ou en face de Dustin, Meryl Streep et un jeune acteur de 7-8 ans Justin Henry. Tous les trois reçurent un Oscar : respectivement meilleur acteur, meilleure actrice second rôle et meilleur acteur second rôle. (Le plus jeune acteur oscarisé)  .

 







 Avec ce film débutait la série fantastique de Dustin Hoffman : « Tootsie » de Sydney Pollack en  1982 avec Jessica Lange puis « Rain Man » de Barry Levinson en 1998 avec Tom Cruise où sa prestation dans le rôle d'un autiste lui a permis de décrocher son second oscar de meilleur acteur.

 


 La suite est sans doute moins prestigieuse : on sent que Dustin Hoffman en vieillissant recherche surtout les rencontres et le plaisir de jouer :


  « Affaire de famille »
de Sydney Lumet avec Sean Connery, « Billy Barthage » de Robert Benton avec Nicole Kidmann, « Hook » de Stephen Spielberg, « Sleepers» de Barry Levinson avec De Niro, « Des hommes d'influence» encore de Barry Levinson et encore avec De Niro, « Sphère» de Barry Levinson mais sans De Niro (Jackson et Sharon Stone), « Mad City» de Costa -Gavras avec John Travolta « Le maître du jeu» de Gary Fleder avec son vieux pote de jeunesse Gene Hackman, « Mon beau-père, mes parents et moi » de Je ne sais plus trop qui, mais avec...... De Niro

 

 Bon c'est vrai, depuis « Rain Man » et à l'exception peut-être de « Mad City», il ne s'était pas trop défoncé le Dustin, raison de plus pour revoir ses grands films des années 70/80 et d'aller voir le dernier... un petit bijou « Last chance for love... ».

 

(A suivre)

 

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Samedi 7 mars 2009

 J'aime la littérature africaine et pourtant je ne l'ai découverte qu'après mes années africaines.... Pendant cette période (1973-1986), je me suis surtout intéressé aux aspects  historiques et politiques de l'Afrique et j'ai d'ailleurs beaucoup appris grâce aux livres de Cornevin, Julien, Biarnès, Dumon, Bayart... et Joseph Ki Zerbo (Ouf ! un africain....). J'ai commencé à approcher la littérature africaine au Cameroun à la fin des années 80 d'abord avec Mongo Béti « Mission terminée » (Prix Sainte Beuve 1958 ) puis Nga Ndongo « Les puces » mais j'avoue être quelque peu passé à côté de ces deux romans... il me faudra y revenir.

 Mes premiers coups de cœur sont sans doute liés à mon retour en France et à la nostalgie de l'Afrique ; il y eut d'abord « Amkoullel l'enfant Peul » et « Oui mon commandant ! » du Malien Hampâté Bâ: Deux œuvres publiés après le décès de l'auteur.

 Hambâté Bâ un écrivain « diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l'ombre des baobabs » qui déclara en 1960 à une tribune de l'UNESCO « En Afrique quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle ».Hampâté Bâ qui fut pour moi la découverte du griot scribe, « l'oralité couchée sur le papier »...

.... Et puis, plus récemment, j'ai fait connaissance avec l'Ivoirien Ahmadou Kourouma et le Congolais Emmanuel Boundzeki Dongala et là je suis devenu accro.....

 

 Kourouma s'est lui-même révélé sur le tard puisque son premier roman ne fut publié qu'en 1970, alors qu'il avait déjà 44 ans, puis le second ne sorti que vingt ans plus tard et lorsqu'il décéda en décembre 2003 à 76 ans il n'avait écrit que 4 romans le dernier publié d'ailleurs après sa mort.

 Dongala n'est pas beaucoup plus prolixe car à ce jour il n'a fait paraître que 5 romans mais comme il est un peu plus jeune (67 ans quand même), j'espère qu'il aura encore le temps de nous proposer d'autres chefs d'œuvre.

 

 Ce premier billet hommage à la littérature africaine je le consacre à Ahmadou Kourouma et plus précisément à son oeuvre maîtresse, le monumental « En attendant le vote des bêtes sauvages ».

 Comment ai-je découvert ce roman et cet auteur ? Sûrement par la radio, France Info ou France Inter : ce livre ayant obtenu le prix Inter 1999. Probablement qu'un chroniqueur a mentionné qu'il s'agissait d'une satire de la dictature d'Eyadéma le dirigeant du Togo.... Et comme je suis particulièrement documenté sur le sujet pour cause de jumelage coopération entre Niort et Atakpamé...ça a fait tilt....

 Ce roman est à la fois jubilatoire, historique, militant et avant tout ....très, très, très africain. L'auteur très attaché à sa culture malinké, narre cette histoire à la manière d'un griot... et c'est d'ailleurs par le personnage d'un griot (ou sora), l'impertinent Bingo, qu'il conte l'histoire de Koyaba, président dictateur de république du Golfe. Le griot à lui-même comme répondeur un cordoua, bouffon simpliste, Tiécoura qui relance en toute impunité là où ça devrait faire mal au dictateur.... Mais un conteur et un bouffon ont tous pouvoirs dans la tradition africaine même face à un tyran sanguinaire.... et surtout quand cette brute épaisse ne saisit pas, comme le lecteur averti, l'ironie des fausses flatteries.

 Tout est dit en six veillées de la vie du président Koyaba (Eyadéma). Il faut être africain pour pouvoir écrire que l'ethnie qui vit dans les montagnes de la république du Golfe (Togo), montagnes paléos, est celle des hommes nus ou des paléonigritiques.... Il fallait oser.

Tous les personnages de la veillée n°2 sont identifiables :   Fricassa Santos est Sylvanus Olympio le 1er chef d'état après l'indépendance qui fut assassiné par Gnassingbé Eyadéma le 13 janvier 1962. S'ensuivit un partage du pouvoir entre Koyaba-Eyadéma qui devint chef des armées et un métis Crunet (en réalité Nicolas Grunitzky) nommé président de la république. Quatre ans plus tard nouveau coup d'état, toujours un 13 janvier et Koyaba-Eyadéma prend le pouvoir et Crunet éliminé (en exil pour le vrai, Grunitzky).  

  Le clou du roman est sans conteste la veillée n°4 où le griot nous raconte comment le nouveau maître apprend son métier de dictateur en faisant une tournée initiatique de ses pairs, chefs d'état de l'Afrique liberticide.

Tout d'abord il rencontra Tiekoroni, (Humphouët Boigny: Le maître de la République des Ebènes, avait pour totem le caïman. C'était un petit vieillard rusé qu'on appelait l'homme au chapeau mou et qui se faisait appeler dans son fief le Bélier de Fasso et le sage de l'Afrique......un des trois conseils de Tiekoroni à Koyaba fut celui-ci :

«  Un président, chef du parti unique, père de la nation a beaucoup d'adversaires politiques et très peu de sincères amis. Les adversaires politiques sont des ennemis. Avec eux, les choses sont simples et claires.....il ne peut y avoir deux hippopotames mâles dans un seul bief. On leur applique le traitement qu'ils méritent : on les torture, les bannit ou les assassine. Mais comment se comporter avec les amis sincères ou les proches parents ? Comment les traiter ? Ou encore comment distinguer les vrais des faux ? C'est une règle universellement connue qu'on ne peut être trahi que par un ami ou un proche. Il faut prévenir la trahison ; débusquer le faux ami, le jaloux parent, le traître avant qu'il inocule son venin. C'est une opération aussi complexe que de nettoyer l'anus d'une hyène..... »

  Bonne transition avant de rencontrer Bossouma (Bokassa) l'homme au totem hyène, empereur du pays aux Deux fleuves.... Képi de maréchal, sourire de filou, l'homme au poitrail caparaçonné de décorations......parce qu'il était le seul dictateur à être parvenu à se faire proclamer empereur, était moins menteur et hypocrite que les autres chefs d'état des républiques :

« C'est par perfidie, hypocrisie que les autres présidents africains font commencer la présentation de leur République par l'Assemblée nationale ou une école. La principale institution, dans tout gouvernement avec parti unique, est la prison. C'est par la prison que je fais débuter la visite de l'Empire affirma l'homme au totem hyène. »

 

 Je passe rapidement sur la suite du périple de compagnonnage : il rencontrera encore l'homme au totem de léopard (Inongo-Mobutu) président de la république du Grand Fleuve qui prendra en toute simplicité le nom de Président Soleil, Génie du Grand fleuve, Stratège, Sauveur, Père de la nation, Unificateur et Pacificateur...etc.. Il était méfiant, prudent l'homme au totem de léopard : il ne quittait jamais son pays sans tout le trésor du pays et toutes les personnalités de sa République. C'est une ruse qui s'est révélée efficace et a fait échouer déjà trois complots ....la perspective de se trouver en cas de réussite, devant les caisses totalement vides les décourageait...

 Enfin la dernière visite initiatique fut pour un pays musulman du nord de l'Afrique, le pays du potentat au totem de chacal du désert....

 
 Mais il me faut aussi mentionner la veillée n°3 qui suit l'itinéraire d'un autre personnage Maclédio, l'âme damnée de Koyaba, avec un portrait qui permet de balayer en un chapitre l'ensemble des dictatures africaines et les vraies rivalités et grandes détestations faussement liées aux idéologies et à la guerre froide.
C'est dans ce chapitre que Kourouma nous parle de Nkoutigui Fondio (Sékou Touré), l'homme au totem de lévrier, dictateur de la République des Monts qui avec verve vibra sur la dignité de l'Afrique et de l'homme noir et hurla, devant l'univers  et en face du chef général de Gaulle un non catégorique. Non à la communauté ! Non à la France ! Non au néocolonialisme !...

Nkoutigui Fondio ne se connaissait sur tout le vaste continent africain qu'un seul adversaire de taille : Tiékonroni (Humphouët Boigny). En réalité les deux potentats tout en étant différents dans la forme étaient ceux qui se ressemblaient le plus dans la façon d'agir.... Qu'est ce qui en définitive, qui distinguait les deux pères de la nation, présidents du parti unique ? C'était la foi en la parole et l'homme .....

 ....L'homme au calot et boubou blanc croyait aux paroles, aux hommes et au Nègre. Et gérer l'indépendance pour Nkoutigui signifiait remplacer à tous les niveaux, tout Blanc (technicien ou pas) par n'importe quel Nègre. Le rusé et aristocratique Tiékoroni, ne croyait pas aux paroles, à l'homme et surtout au Nègre.... Et gérer une république indépendante africaine pour lui consistait à confier les responsabilités aux blancs, tenir le Nègre en laisse pour donner des coups de temps en temps aux compatriotes qui levaient la tête.

 

 Voilà, c'est du Kourouma dans le texte (kourouma signifie guerrier en malinké) avec sa prose politiquement incorrecte, ses mots crus, assortis de proverbes africains et d'humour noir « Nègre ». Un livre incontournable pour ceux qui aiment l'Afrique et qui veulent comprendre ce qui s'est passé pendant ce demi-siècle d'indépendance et de néo-colonialisme.

 Ahmadou Kourouma a aussi publié en 1970 « Le soleil des indépendances » que je n'ai pas lu ;  puis en 1990 « Monné, outrages et défis » que j'ai lu mais avant « En attendant le vote des bêtes sauvages » et dont je n'avais sans doute pas bien compris, à l'époque, le ton caustique : il me faudra relire ce livre. Et enfin son dernier livre en 2000 le magnifique « Allah n'est pas obligé » prix Renaudot et prix Goncourt des lycéens. Ce roman qui raconte comment un enfant orphelin devint enfant soldat au Libéria me servira de lien avec un très prochain billet qui sera consacré à Emmanuel Dongala dont le dernier livre, « Johnny chien méchant », traite du même sujet.

 

  

A suivre.

 

 

Par daniel - Publié dans : à livre ouvert
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Mardi 3 mars 2009

 Je ne pouvais pas laisser l'ouvrage en plan après avoir fait un billet sur les opérations de contrôles des fondations. Pourtant j'avais fait là l'essentiel de mon travail et pour la suite du chantier je fus beaucoup moins mis à contribution. Certes je suivais encore le travail de l'équipe chargée des contrôles des bétons notamment lors des phases de bétonnage des piles à partir de la plateforme, mais je n'étais plus en première ligne.


































 De même la réalisation, la confection, des voussoirs se faisait en préfa à la Repentie. De nombreuses éprouvettes étaient réalisées pour suivre la maturation du béton et déterminer l'évolution des résistances afin que ces éléments puissent être déplacés sans le mondre risque.
La technique de construction par encorbellement permettait d'avancer d'au moins 15 m par jour et c'est cette particularité du projet qui aurait permis à l'entreprise Bouygues de remporter le marché: Une fois que toutes les fondations étaient finies et les piles montées le tablier pouvait être réalisé en moins de 200 jours et être terminé avant l'été 1988 (un été de péages en plus)
 Pour cet ouvrage, commencé en février 1987 et les dernières fondations réceptionnées début novembre 1987, le dernier des 796 voussoirs fût posé et assemblé fin février 1988, il y a aujourd'hui un peu plus de 21 ans. Quelques jours plus tard j'accompagnais mon ami Jef, un languedocien égaré en Poitou-Charentes pour venir me voir, et lui permettais d'être  le premier civil (hors personnel de chantier) à passer le pont (et sans péage).















 
 
 Ce fut un bien beau chantier et un sacré spectacle de voir la rampe de lancement longue de 285 m en appuis sur le tablier déjà réalisé, au droit des piles, placer sur la pile suivante le voussoir de base, puis ensuite tous les voussoirs intermédiaires. Une fois que tout était posé il fallait assembler, cabler puis procéder aux opérations de mise en précontrainte... ce fut les dernières tâches que j'eus très ponctuellement à contrôler.... L'ouvrage de 3 km était terminé, l'aventure aussi.
  Il fut politiquement inauguré le 19 mai 1988.... car si je me souviens bien il y eut deux inaugurations en quelques mois.... et je ne sais pas trop pourquoi. Celle du 19 mai avec tous les politiques locaux mais sans les représentants nationaux de l'entreprise (j'y étais et ce fut très sommaire) puis une autre juste avant l'été pour la mise en service officielle,  avec tout le gratin national. (Plus festive, m'a t-on dit, car je n'y fus pas convié).




















(A suivre)

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Dimanche 1 mars 2009

 Puisque je viens de faire un article sur la construction du Pont de l'Île de Ré qui ma ramène plus de 20 ans en arrière et avant d'en faire un second, j'ai pensé intéressant de faire une petite place à un invité...le blog de la section socialiste de l'Île de Ré.... Je ne m'éloigne donc pas trop et puis c'est dans la continuité de la pub l'éloge que j'ai fait précédemment pour deux blogs amis, « Fugues et fougue » et  « Fraise des bois » que je fréquente, aussi, régulièrement et que j'apprécie beaucoup malgré....quelques divergences d'analyses...

 
 Avec le blog de la section socialiste de l'Île de Ré je n'ai pas de divergence... un lien de bonne camaraderie, un lien militant, une reconnaissance de compétence et d'excellence de l'information, un zest de mauvaise foi pour la bonne cause que je revendique moi-même lorsque je suis en campagne électorale, un contre-pouvoir aux contrevérités quotidiennes du bonimenteur omniprésent..... Que manque-t-il à ce blog pour qu'il devienne lui aussi non seulement un blog utile, un blog nécessaire mais aussi un blog ami ? Qu'il y soit écrit des choses qui me font bondir, réagir.....c'est peut-être ça le problème l'absence de désaccord.  
 Même quand son auteur évoque certaines rumeurs suspectes,  il a d'abord l'honnêteté de préciser que ce ne sont que des rumeurs.... Mais le pire c'est qu'on s'aperçoit, plusieurs mois après, que la plupart du temps ça se vérifie : Alors un jour Strauss Kahn 1er ministre de Sarkozy ? « Avec cette dernière rumeur tu fais fort Alain.... J'espère que tu te trompes.... Proposes lui plutôt une fugue fougueuse pour aller aux fraises dans le petit bois de Trousse chemise... ça serait plus dans ses cordes et ça serait moins préjudiciable pour le PS. ».

  Ce blog militant http://iledere.parti-socialiste.fr, je le conseille sans modération à tous ceux qui ont le cœur à gauche avec ou sans convictions, avec ou sans état d'âme, encartés ou non .... Les autres, mes amis de droite (j'en ai bien sûr), peuvent s'abstenir de s'y rendre...  Voici en bande annonce quelques extraits de ces dernières semaines :

 
 La cigarette de madame Tibéri
 : Le 27/2/2009

« ....Les Tiberi ne sont plus assez nombreux pour former le dernier carré : ils sont deux. Anne-Marie A., fidèle d'entre les fidèles, première adjointe du maire du 5e arrondissement depuis 1984, a compris mardi 24 février qu'elle n'appartenait plus au clan. Hésiter, c'est trahir, et Mme Tiberi ne lui a pas envoyé dire qu'elle n'était plus son amie. C'est peu, mais peut-être suffisant pour faire basculer l'audience.

Ainsi va le procès des faux électeurs du 5e arrondissement ; ces trois semaines n'ont pas apporté de révélations sur un dossier vieux de quinze ans, mais une page se tourne, celle des années Chirac, avec celle des années Tiberi. Les époux s'accrochent avec une obstination qui force l'admiration, en dépit d'un dossier épouvantable. La terre s'effondre sous leurs pieds, mais c'est la terre qui ment.... »


 Les trois tiers, vraiment ?
Le 26/2/2009

« .....Si on opère rigoureusement les reclassements nécessaires, il apparaît que pour un chiffre d'affaires global de 2260 milliards d'euros, les entreprises (les sociétés non financières dans le jargon de la Comptabilité nationale) avaient réalisé en 2006, 137 milliards de bénéfices avant impôt, soit 6 % de leur CA. Elles avaient payé 41 milliards d'impôts sur les bénéfices et il leur est donc resté 95 milliards d'euros à partager. Là-dessus 71 sont partis aux actionnaires (une fois déduits les dividendes que les entreprises ont-elles même reçues de leurs filiales), soit 75 % du total, 15 aux salariés sous forme d'intéressement et de participation, soit 16 % du total (2). Et il n'en restait que 9, soit 9 % du total, pour financer le développement des entreprises... Sans commentaires..... »

   

 Sarkozy prend Lang avec Cuba. Le 25/2/2009

« ......Cela fait un bout de temps que Jack faisait des ronds de jambe à Sarkozy... Déjà, dès 2002, les deux hommes s'étaient retrouvés sur le dossier Sangatte. Lang lançait alors un grand « chapeau ! » à Sarkozy à propos de la gestion du dossier, louant « un professionnel qui a agi humainement, efficacement, dans un esprit républicain ». Quand on connaît, avec le recul les conséquences dramatiques de cette fermeture, au plan humanitaire, on sent bien que Jack n'est pas la réincarnation de Nostradamus... Mais l'important n'est pas d'avoir raison, mais d'avoir la flagornerie facile. N'est ce pas Mr Kouchner (l'homme qui transforme les sacs de riz en "sacs de blé"  )...Et depuis juin 2007, Jack Lang se disant "le premier opposant à Nicolas Sarkozy" fit preuve d'une grande intransigeance à l'égard du nouveau locataire de l'Elysée. Sur le traité simplifié obtenu à Bruxelles, il y alla même de cette phrase cinglante : « Sarkozy a fait un excellent travail, et a été un très bon ouvrier de la relance européenne ». Avec des opposant comme cela, Sarko n'a qu'à bien se tenir... »

 

 La classe, quelle classe ? Le 24/2/2009

 « ......Les classes moyennes forment 50 % de la population, situés entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés.

A quelle catégorie appartient-on selon son niveau de vie ?

Si l'on considère les revenus après impôts et prestations sociales (données 2006), on obtient les seuils suivants : (Source : Observatoire des inégalités, d'après Insee et Crédoc).   

 Pour une personne seule

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 1 160 €

Les classes moyennes

de 1 160 à 2 150 €

Les catégories aisées

2 150 € et plus

Pour un couple sans enfants

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 1 745 €

Les classes moyennes

de 1 745 à 3 225 €

Les catégories aisées

3 225 € et plus

Pour un couple avec deux enfants

Seuils

Les catégories modestes

de 0 à 2 443 €

Les classes moyennes

de 2 443 à 4 415 €

Les catégories aisées

4 415 € et plus

 

 
 Impôts locaux : le Porte-parole de l'UMP aurait mieux fait de se taire. :
Le 21/02/2009.

 « ....Il est inacceptable de laisser ce député disqualifier les collectivités locales en les accusant d'augmenter les impôts et les dettes. Ce procédé est honteux : alors que les collectivités territoriales réalisent 73% de l'investissement public, elles ne représentent que 13% des prélèvements obligatoires et 10% de la dette publique quand les déficits de l'État et de la Sécurité sociale n'ont cessé de gonfler depuis le retour de la droite aux responsabilités, pour atteindre de tristes records.

Les élus socialistes le savent, si l'Etat payait ses dettes aux collectivités, notamment en compensant réellement les transferts de charge, les collectivités pourraient investir plus en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat. En effet, l'État doit 2 milliards d'euros aux départements au titre du RMI, près de 1 milliard d'euros aux régions au titre de la formation professionnelle ; l'APA qui était, lors de sa mise en place en 2001, financée à moitié par l'État est aujourd'hui financée au trois quarts par les départements.

 De même, l'État demande dorénavant aux régions de financer les lignes ferroviaires à grande vitesse, qui sont pourtant de sa compétence. Or, si l'Etat arrêtait d'appeler constamment les collectivités à financer ses propres compétences et ses propres investissements, les collectivités pourraient investir plus en faveur des entreprises et du développement économique, au profit de la croissance.

A cela s'ajoute aujourd'hui la baisse globale des dotations de l'Etat aux collectivités et l'annonce scandaleuse par le Chef de l'Etat de la suppression de la taxe professionnelle sans mesure sérieuse de substitution, alors que cette taxe représente en moyenne pour les collectivités 44% de leurs produits de fiscalité locale !... »


 Chômage : Qui va trinquer ? :
le 7/02/2009

« ......Dès la fin de l'année passée, la France a connu une hausse du chômage d'une rapidité sans précédent. Et cela bien que la population d'âge actif ait diminué pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous l'effet du départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom. Le mouvement devrait s'aggraver en ce premier semestre 2009, avec 150 000 chômeurs supplémentaires selon l'Insee, alors que la population âgée de 15 à 59 ans va diminuer à nouveau de 61 000 personnes..... »

 

 Kouchner menteur !!! : le 6/02/2009

« .....Bernard Kouchner affirmait qu'il n'avait appartenu ni à Imeda, ni à Africa Steps. Pourtant son nom figure en toutes lettres sur la porte de la gardienne de l'établissement de ces sociétés.

"Je n'ai appartenu ni à Africa. Step, ni à Imeda", affirmait Bernard Kouchner, mercredi soir dans le journal de 20 heures de France 2. Quelques minutes plus tard, le ministre des Affaires Etrangères récidivait: "Je ne suis pas Imeda, je suis un des consultants". A la question: "Ces sociétés sont-elles dirigées par des proches?", Kouchner n'hésitait pas à répondre "qu'il ne les connaissait pas".

Belle assurance. Le document que publie "Challenges"  - une photographie prise il y a quelques jours - suggère en tous cas que Bernard Kouchner est si proche de ces sociétés, domiciliées boulevard Saint-Germain à Paris, que son nom figure en toutes lettres sur la porte de la gardienne. Il n'y est pas seul. Sont également mentionnés, entre autres, les noms de son ami Eric D., éphémère ambassadeur de France à Monaco et patron d'Imeda, ainsi que celui de Jacques B., gérant d'Africa Steps et salarié d'Imeda..... »

 

Une stèle pour Sarko à Grandrange : 5/02/2009

« ....Une stèle en l'honneur des promesses "non tenues" de Nicolas Sarkozy a été érigée, mercredi 4 février, par la CFDT à l'entrée de l'usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle). Sur la stèle en granit gris de 70 cm par 50 cm, le syndicat a fait graver en lettres d'or la phrase suivante : "Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: 'Avec ou sans Mittal, l'Etat investira dans Gandrange' ".

L'an dernier, à l'issue d'une visite très médiatisée de 45 minutes de l'aciérie mosellane, le chef de l'Etat s'était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie en activité. "Nous sommes prêts à faire le nécessaire quel que soit le propriétaire (de l'usine), car notre objectif, c'est de garder des usines ouvertes en France parce qu'un pays qui n'a plus d'usines est un pays qui n'a plus d'économie", avait alors déclaré le président de la République.

Les promesses de Sarkozy n'engagent que ceux qui les écoutent... »


 Un dernier article pour la route, mon préféré de ce début d'année 2009 :

 Notre ex camarade, ce collabo....: 13 janvier 2009.

« .....Secrétaire national à l'économie du PS et proche de François Hollande, Eric Besson avait changé de camp en pleine campagne présidentielle de 2007 pour soutenir  Nicolas Sarkozy. Dans le présent blog il avait, pardon, il est toujours surnommé le "traître étalon", bien que ce titre lui soit âprement disputé par Allègre ou Kouchner.

Une bonne nouvelle : François Hollande est en pleine forme. Son humour est intact et plus corrosif que jamais. "Laissons le à son bonheur" est une vacherie majuscule qui me comble d'aise. Pour autant, elle est terrible et m'interpelle....

Comment un homme peut-il trahir ainsi, puis dans son nouvel habit, s'avilir dans une docilité, une servilité incompréhensible envers son nouveau maître, qu'il avait pourtant étrillé dans un livre voici trois ans ? Besson n'est pas un imbécile et il ne peut pas ne pas s'apercevoir que Sarkozy est un batteur d'estrade, un tribun hors pair, certes, mais qu'il n'a aucune vision politique et que c'est seulement un opportuniste assoiffé de pouvoir, au mieux, et au pire un malade tentant d'instaurer une ploutocratie...

Comment Besson peut-il se tromper lui même à ce point ? Fermer lui-même ses propres yeux sur une analyse qu'il avait faite avant la campagne présidentielle?...»

 

Etc....... et à suivre.... (le blog bien sûr.... pas le collabo..)

 

Par daniel - Publié dans : L'invité
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