Dimanche 24 mai 2009

  
 Voilà la suite de notre voyage corse de fin avril début mai. J'avais placé la première partie dans la rubrique voyage parce que Pilou et moi, seuls, nous découvrions une partie de la Corse que nous ne connaissions pas . J'ai rythmé cette promenade sur un fond nostalgique et historique d' I Muvrini. 

 Cette seconde partie concerne la dernière partie du voyage et aussi sa raison principale : l'anniversaire de Ricky sur ses terres familiales à Piana. C'est une jolie boutade pour un corse que d'être né un 1er mai... il y a 60 ans..... et là encore on restait dans la nostalgie avec ce rassemblement de ses amis dont une très grande partie du milieu rugbystique, et plus précisemment villiérains......c'est notre histoire.





 Ce billet et les photos qui l'accompagnent sont consacrés à la magnifique région de Piana et pour la fin du voyage, avant retour sur le continent , à une rapide escapade à Vénaco pour saluer mes amis Fanfan et Michelle, et donner un coup de chapeau à mon camarade blogueur Prolix a qui j'emprunte quelques lignes d'un bien bel écrit, façon Rostand en vers de Ragueneau patissier poête :


"....... La Cène, installée dans les salons du rez-de-chaussée, nous accueillit dans un dédale de nappes et de serviettes tissées à l'ancienne. Les reflets cristallins de verres au ventre rebondi nous laissaient présager de quelques crus de haute estime dont les robes de différentes couleurs ne demandaient qu'à être retroussées.

Ô doux nectars de nos coteaux escarpés, accrochés aux flancs arides et brûlants de nos collines.........."


                       ......après avoir quitté Cargèse en arrivant sur Piana





 

 



"....Pampres cueillis à la serpe par des mains que le temps et les travaux besogneux ont usées jusqu'au parchemin.

Contrées  de la faucille et de la pioche  où la pierre  dispute au cep  noueux le peu de terre que les hommes sont allés chercher jusque dans les entrailles de ces lieux incultes.

Pressoirs faits de bois fruitiers taillés à l'herminette et que chaque tour de vis fait se plaindre d'une déchirure.

Tonneaux dont les douelles de chêne ont été rabotées à la varlope d'olivier et doivent leur arcure à l'eau des torrents...."


                                                     La petite ville de Piana














".....Quand le repas débuta nous fûmes pris dans un tourbillon de mets extravagants. Le supplice de Tantale n'en eut été qu'un codicille de comédie. Dîner de la mer ou dîner de la terre. Au choix des convives qui n'en croyaient ni leurs yeux ni leur sens olfactif.

Tel un opéra séria, l'ouverture fut andante qui vit les hanaps s'emplir d'opaline ou de rubis, puis allegro ma non troppo en un envol de mises en bouches.  

L'on sentait tout de suite, les parfums iodés des langoustines entremêlés de senteur de foie gras aux châtaignes.

Divines naïades écartelées  à l'épigastre abandonné aux arômes épicés des îles, et à l'émanation subtile de fleur de sel et de basilic....."


                                            La tour de Turghiu au Capo Rosso



















"....Gardiennes  du Capitole gavées des meilleurs maïs, embaumés d'effluves montagnards héritage de nos antiques châtaigneraies décimées par les feux successifs mais qui, tel le Phénix, renaissaient sous le greffoir de nos vieux bergers.

Seuls, d'archaïques béotiens dont la langue aurait subi la torture de la dague rougie  eurent pus trouver à redire. Pauvres mécréants devant l'immuable office apostolique...."



                                                        La petite ville de Porto



















"......Puis dans un envol de cuivres et de bois, les cordes étant délaissées à l'arrière ban, devant des invités médusés, apparurent sur des plateaux d'argent, enrobés sous leur croute de sel , les princes de la méditerranée :  Dentex dentex,  plus communément appelés,  Denté, Dentie...."
Oserai-je pousser le front jusqu'à vous donner la recette de se mets délicieux ? « Dans un plat aux bords relevés, faites un lit de gros sel. Sur ce lit vous déposerez votre Denté entier non écaillé. En son ventre vidé vous aurez pris la peine d'installez un bouquet d'herbes aromatiques du maquis (thym, laure, sauge bleue, serpolets, etc.). Vous recouvrirez complètement du même gros sel. Faites cuire au four, à raison de vingt minutes par livre. Quand votre hôte est cuit, retirez-le du four,  brisez la gangue de sel, ôtez la peau et dégustez arrosé d'un filet d'huile d'olive jeune et d'une pincée de fleur de sel. »

Ne donnez la recette à personne ! C'est un secret....."


                                                                        
                                                        Calanche de Piana

 



















 
"...... Les partisans de la terre ne furent pas moins choyés. La partition orchestrale était la même que pour les amis du large. La mélodie identique. Mais le fruit de la mer était remplacé par son pendant terrien : l'agneau de lait. Agneau élevé sous le pis maternel, repu et gorgé de lait mais  qui a gambadé et qui connaît par cœur chaque recoin de nos collines. Et qui, déjà, s'est gavé de quelques pansées d'herbe et d'arbustes fleurons  de notre maquis : arbousier, chêne vert, myrte, bruyère et laurier qui donnent à sa chair cette saveur enviée jusques aux prés-salés....."



                                                 Du col de Vizzavona à Venaco








".....Le plat de fromages issus en droite lignée du terroir corse, escorté en cela par un succulent confit de figues blanches, fut la pénultième touche  à ce tableau gastronomique d'une pure merveille.

Le dessert, mélange de parfums glacés et de sorbets inestimables, vint couronner le tout comme le vernissage accomplit à la postérité une toile  de maître.

Cette soirée passée sous les auspices originels de notre ami Jean-Pierre, connut son content de musique et de chants endémiques, grâce à la dextérité et à l'organe de trois jeunes musiciens du cru qui bercèrent nos esprits et enchantèrent nos cœurs......"


 

 


Puis vint le moment de se quitter. Tous, ceux qui savaient ou ne savaient pas, nous sommes rapprochés les uns des autres comme en un seul et même chœur et avons entamé le « Dio vi salvi Régina » ce chant de gloire, cet hymne d'amour qui réunit l'âme et l'esprit des hommes de ce pays pour remercier notre hôte de son inénarrable accueil et son inestimable amitié.




A proscima

Par daniel - Publié dans : Touche pas à mon rugby - Communauté : sous avenir.
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Mercredi 20 mai 2009


Il y a exactement 14 ans, le 20 mai 1995, j'allais voir Rangoon, le film de John Boorman. Il était sorti la veille en France, méprisé par la critique. Dans cette salle presque vide je me souviens avoir retrouvé mes amis Astrid et André : la curiosité de cinéphiles mais sans doute plus la curiosité politique, militante. Nous savions que ce film était dédié à Aung San Suu Kyi, figure emblématique de la résistance à une dictature militaire en Birmanie ; Aung San Suu Kyi qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 1991.

 Bien sûr j'avais entendu parler de la dramatique situation de ce pays, de la misère du peuple, de l'effroyable dictature, de l'incroyable courage de Suu Kyi, et de l'assourdissant silence des gouvernements occidentaux mais je touchais, palpais réellement  la vérité grâce à ce film « coup de poing » de John Boorman, talentueux cinéaste britannique.
 Depuis 14 ans je reste à l'écoute de tout ce qui se dit ou s'écrit sur Suu Kyi, comme je le fus pour Mandela jusqu'à sa sortie de prison en février 1990 ; c'est d'ailleurs mon second billet sur le sujet (voir ciné cure Total Recall de septembre 2007)

 

 Ce film n'a pourtant pas été très bien reçu en France ou peut-être n'est-il pas arrivé au bon moment, celui d'un festival de Cannes qui était à tonalité européenne comme le montre clairement le palmarès. Pourtant cette période de fin mai est dramatiquement récurrente pour Aung San Suu Kyi : les généraux birmans se rappellent régulièrement à notre mauvais souvenir vers le 20 mai.... et encore cette année.

 

 Je reprends deux critiques du film, toutes les deux ont d'ailleurs été signées par Jean Pierre Lavoignat dans Studio.... La première fin avril juste avant l'ouverture du festival de Cannes, la seconde fin mai pour la sortie du film en salles... entre les deux, le festival où Rangoon fut projeté et où ce film n'a pas obtenu la moindre petite place dans le palmarès. (Underground de Kusturica , La Haine de Kassovitz, Le regard d'Ulysse d'Angélopoulos, Carrington d'Hampton etc...) J'ai vu la plupart des films primés par le jury présidé par Jeanne Moreau... j'ai bien aimé la plupart, mais cette année-là il y avait surtout un vrai chef d'œuvre du cinéma et un grand film militant, pédagogique c'était Rangoon. Dommage ....

 

Fin avril 1995, Lavoignat écrivait « ... c'est une nouvelle fois, la confrontation d'un personnage tout à fait ordinaire avec un monde littéralement sauvage, que Boorman a choisi de raconter. Le film inspiré de faits-divers et nourri d'événements réels, se déroule en 1988 en Birmanie, pays quasiment fermé à l'occident et vivant sous le joug d'une « république » militaire. Une jeune américaine, partie là-bas pour oublier le meurtre de son mari et de son fils va, du jour au lendemain, se retrouver seule au milieu de la tourmente des émeutes, menées par des manifestants non-violents. Révoltée par la répression, elle n'hésite pas longtemps avant de choisir son camp. Amenée à soigner un vieil homme odieusement blessé, elle va l'accompagner dans sa fuite vers les jungles du Nord, vers la frontière thaïlandaise, terre de refuge. En chemin, après mille épreuves elle retrouvera un sens à la vie....

...ce film est dédié à Aung San Suu Kyi, militante non violente prix Nobel de la paix en 1991, qui est toujours en détention surveillée à Rangoon.... » 

 

 Voilà les raisons pour lesquelles j'attendais avec impatience la sortie du film : les scènes de fuite dans la jungle, la lutte contre l'oppression,  Aung San Suu Kyi mais aussi Boorman dont j'avais aimé tant de films et même la magnifique Patricia Arquette qui m'avait subjugué par son talent et sa beauté dans True Romance de Tony Scott.

    

Fin mai Lavoignat écrivait : « ...Pour John Boorman, assurément le cinéma est synonyme d'aventure. Pas seulement parce que ses films racontent de belles histoires mais surtout parce qu'on sent toujours, au cœur de ses images, l'aventure physique qu'a représentée le tournage du film lui-même. Ce désir de confrontation avec l'inconnu, ce goût des contrées lointaines, cette volonté de se mesurer aux difficultés et aux obstacles, ce mélange de fascination et de crainte pour la nature à l'état brut, cette inclinaison pour le dialogue de culture et le choc des civilisations...

.....Hélas malgré de somptueuses images et un dépaysement garanti, malgré Patricia Arquette, une comédienne remarquable, qui se donne totalement, avec une générosité et une franchise rares, et bien que l'histoire soit inspirée d'évènements peu couverts par la presse, cela ne suffit pas toujours à maintenir l'intérêt du spectateur... qui ne s'émerveille plus, ni ne s'indigne plus... peut-être qu'après certains films tels la Déchirure d'autres apparaissent trop convenu.... »

 

 J.P. Lavoignat était bien mal inspiré quand il a écrit ce second article ;... je dirai même que le convenu en la circonstance c'était lui... plus un mot sur la dictature, sur Aung San Suu Kyi, sur la lutte de ce peuple : il s'agit tout au plus de dialogue de culture, de choc de civilisations. Quelle honte d'écrire de telles banalités !..... Et ça fait des décennies que ça dure.

 Ce film est admirable et il vient de sortir en DVD : il faut le voir absolument ....on peut voir aussi La Déchirure de Rolland Joffé, excellent bien sûr, oscarisé à juste titre, mais Rangoon est un film vivant car si le Cambodge n'est plus, heureusement, le pays des effroyables kmers rouges de la Déchirure, Rangoon est, malheureusement, toujours d'actualité.... Cela fera vingt ans le 20 juillet prochain que Aung San Suu Kyi, est soit assignée à résidence soit emprisonnée et traînée devant les tribunaux de la junte.

 
 Suu Kyi est la fille de Aung San le leader de la libération Birmane qui fut assassiné en 1947 alors que sa fille n'avait que deux ans. Sa mère était diplomate et fut nommée ambassadrice en Inde où sa fille l'a suivie à partir de 1960. Elle quitta l'Inde pour faire ses études en Angleterre en 1964 où en 1972 elle épousa un anglais Michael et eurent deux enfants. En 1988 elle retourna s'installer près de sa mère malade. La même année des troubles sociaux éclatèrent en Birmanie, un régime autoritaire fut remplacé par un autre constitué uniquement de militaires mais qui eut la faiblesse de promettre des élections démocratiques pour plaire à l'occident. Aung San Suu Kyi milita à la ligue nationale pour la démocratie. Influencée par les idées de Gandhi et Martin Luther King elle prônait et prône toujours la non violence. C'est cette période trouble de 1988 que raconte le film de Boorman.
 Les militaire l'assignèrent à résidence dès l'été 1989, croyant ainsi pouvoir réduire son exceptionnelle influence et gagner confortablement les élections de 1990. Erreur le LND  remporta 80 % des suffrages : un tsunami.

 Les militaires refusèrent le résultat du scrutin et accentuèrent la dictature et la répression.  Emprisonnée ou assignée à résidence, Suu Kyi devint aux yeux du monde entier la figure emblématique de l'opposition Birmane à la dictature militaire.... Elle pourrait être libérée si elle acceptait de quitter le pays ce qu'elle refuse obstinément. ;... elle ne put même pas se rendre en Angleterre aux obsèques de son mari en 1999 et reste aussi toujours séparée de ses enfants.... Sous la pression des Nations Unies elle fut parfois libérée quelques semaines ou quelques mois ....mais il y avait toujours un prétexte pour l'arrêter à nouveau, un prétexte comme d'avoir rencontré ou simplement croisé quelqu'un de l'opposition.

 Les militaires ont encore promis à l'Occident, pour raisons économiques, des élections démocratiques en 2010. Les grandes manœuvres provocatrices recommencent donc ces jours-ci et Suu Kyi est à nouveau traduite devant les tribunaux.... Son assignation à résidence prenait fin le 26 mai 2009.... Depuis 2003 cette mesure est reconduite, systématiquement chaque année, sous un prétexte ou un autre.

 

 En 1990 Aung San Suu Kyi reçut le prix des droits humains, en 1991 le prix Sakharov, puis le prix Nobel de la paix. L'un de ses plus célèbres discours commençait ainsi :

 « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui le détienne, et de la même manière, la peur du fléau que représente un pouvoir corrompu, corrompt ceux qui sont sujets à ce pouvoir. »

 

 J'ai déjà écrit un billet sur le film Rangoon et Aung San Suu Kyi, mais j'avais choisi comme titre du  billet «Total Recall » pour mieux fustiger Bernard Kouchner auteur en 2002 d'un rapport qui dédouanait l'entreprise Total qui investissait en Birmanie.

 

 Carla Bruni a pris position en soutien à Aung San Suu Kyi : «  Nous savons désormais qu'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, risque d'être condamnée à nouveau à une peine d'emprisonnement qui, compte tenu de son état de santé, menace sa vie même...... Au delà de la situation politique en Birmanie, je profite de la position qui est la mienne et de l'écho dont cette lettre pourrait bénéficier, pour me faire le porte-parole de tous ceux, dans mon pays, qui trouvent intolérable le sort réservé à cette femme ... » écrit-elle .... Je ne sais si cela aura une grande portée mais c'est très bien....

  Les restrictions économiques seraient peut-être plus persuasives. Sarkozy était allé dans ce sens : le jeudi 26 septembre 2007 (au moment où j'écrivais le billet «Total Recall »). Il invitait les entreprises françaises à geler leurs investissements en Birmanie.... Mais sous ces latitudes le gel ne dure jamais très longtemps.

 

  Je ne dois pas oublier que c'est un billet de cinéma aussi vais-je, quand même, consacrer un  paragraphe pour donner un coup de chapeau à John Boorman .... Il le mérite grandement, le bougre. John Boorman a aujourd'hui 76 ans et après des débuts de critique puis de scénariste il réalisa ses premiers films à la fin des années 60.

 Son 1er film « Sauve qui peut » date de 1965 : je n'en parle pas car je ne l'ai pas vu.

 Les deux suivants eurent du succès et sont portés par l'acteur américain Lee Marvin :

 En 1967 « Le point de non retour » un excellent polar sur fond de violence et de manipulation.

 En 1968 « Duel dans le Pacifique » à la fin de la guerre un soldat japonais (Toshiro Mifune) et un soldat américain (Lee Marvin) se trouve face à face sur une île déserte. Les deux ennemis s'affrontent et sont obligés de cohabiter pour survivre.

 En 1970 « Léo de Last »  un film avec Mastroiani dont je ne sais rien sauf qu'il eut le prix de la mise en scène à Cannes.

 En 1972 un film culte « Délivrance » avec Burt Reynold et John Voight... une balade sportive en canoë sur la rivière Chattoga qui se transforme en cauchemar...

 En 1974 : « Zardoz » à la frontière entre science fiction et philosophie avec un Sean Connery qui abandonnait James bond.

 En 1977 : « L'exorciste 2 » alimentaire mon cher Watson : joker.

 En 1981 « Excalibur » quand Boorman revisite, violemment, les chevaliers de la table ronde. Hallucinante quête du Graal.

 En 1985 « La forêt émeraude » avec Charley le fils de John Boorman dans le rôle du jeune, enlevé enfant, et vivant avec des indiens, les invisibles, en Amazonie. Encore une fable écologique et philosophique.... mais surtout un film grandiose. A revoir encore et encore...

 En 1987 «La guerre à sept ans»  La guerre vue par un enfant : un film dont on dit beaucoup de bien et largement récompensé mais que je n'ai pas vu.
 Du déchet ensuite jusqu'en 1995. Peut-être y eut-il de la déception, à cette époque, envers John Boorman, après vingt ans de chef-d'œuvres, ce qui pourrait expliquer l'étonnante froideur des critiques vis à vis de  « Rangoon » qui n'a pas été reçu à sa juste valeur.

 Il y eut ensuite en 1998 « Le Général » avec John Voight l'histoire d'un gangster irlandais type Mesrine en France qui fut abattu par l'IRA. Surprenant..... y compris un nouveau  prix de la mise en scène au festival de Cannes.... des mauvaises langues ont dit que c'était en compensation de l'oubli de 1995.... et puis le président du Jury en 1998 était Scorsese.....

 En 2001 Boorman réalisa « Le Tailleur de Panama » un très curieux film d'espionnage tiré d'un roman de John Le Carré avec Pierre Brosman  dans le rôle principal puis « In my Country » en 2003 un film sur l'Afrique du Sud tentant de panser les plaies de l'apartheid avec les travaux de la commission « Vérité et Réconciliation ». Un film militant assez décevant malgré les présences de Samuel L Jackson et Juliette Binoche. 
  

 

A suivre surtout pour soutenir Aung San Suu Kyi.....comme l'a encore fait aujourd'hui Rama Yade.... et malgré des propos surréalistes sur le rôle humanitaire de Total.   

Par daniel - Publié dans : ciné-cure - Communauté : sous avenir.
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Vendredi 15 mai 2009

 Hier soir nous avions une conférence débat à l'initiative d e l'association « Citoyens d'abord » sur le thème de la santé. Alors que nous avions retenu ce sujet depuis l'automne, nous étions subitement rattrapés par l'actualité puisque la réunion se tenait en plein débat de la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoire » et plus particulièrement un jour de manifestations contre le projet de loi Bachelot. La salle amphithéâtre du centre Duguesclin à Niort était pleine ; nombreuses étaient les personnes désireuses de s'informer et débattre avec Catherine Génisson, député socialiste du Pas de Calais, membre de la Commission Marescot chargée de la réforme des centres hospitaliers, Jean-Claude Sureau président départemental de la CPAM et bien entendu Geneviève Gaillard notre députée - maire. Le débat, que nous avions intitulé « du patient au client », fut comme tous les débats de « Citoyens d'abord », didactique, engagé mais serein ... toutes les critiques des lois et des actions gouvernementales sont argumentés, démontrés, étayés et les propositions de notre opposition rappelées.... La politique au sens noble républicain du terme... 
 
 Hier soir il fut question de marchandisation de la santé, de gestion entrepreneuriale, de patient source de profit. Il faut avoir entendu les témoignages des professionnels de santé comme celui de cette pédiatre de l'hôpital à qui son directeur recommande, par soucis de rentabilité, de ne pas passer plus de 7 minutes d'examen par enfant : « 7 minutes, a-t-elle dit, c'est le temps que l'on doit passer pour recevoir un enfant en bonne santé pour un examen de routine. Pour peu que l'examen montre quelques signes cliniques c'est au minimum 20 minutes qu'il faut lui consacrer
 
 Je ne vais pas m'étendre plus sur la réunion d'hier.... mais raconter l'association « Citoyens d'abord. ». La décision de créer cette association fut prise, entre amis, dès le 15 juin 1998, chez Geneviève...(soit un an après sa victoire aux élections législatives qui amenèrent le gouvernement Jospin), même si l'acte de naissance officiel (dépôt des statuts en préfecture) date du 4 septembre 1998.
 J'ai déjà raconté dans un article que ce qui avait le plus posé problème c'est le nom de l'association : j'avais trouvé que « Les citoyens d'abord » était marquant par analogie aux « copains » de Brassens.... mais c'était sans compter sur la susceptibilité féministe.... Il a fallu batailler ferme pour éviter que ça ne devienne «  Les citoyens et citoyennes d'abord », titre plus paritaire mais alambiqué, .... Après moult discussions, un compromis fut trouvé avec « Citoyens d'abord »...
 
 Je ne résiste pas au plaisir d'inclure dans ce billet quelques paragraphes d'un article de la Nouvelle République de septembre 98, qu'il faut relire en ayant à l'esprit le climat de guerre froide qu'il y avait à l'époque entre socialistes niortais :
 «.... C'est par le journal officiel qu'on a pu découvrir la naissance de l'association qui sous la présidence d'Alain Mathieu suppléant de la députée se propose de réunir les femmes et les hommes de gauche autour des idées force de gauche ; s'appuyer sur la dynamique créée lors de l'élection de Geneviève Gaillard, soutenir et accompagner son travail parlementaire... Une association pas tout à fait innocente ...»
 Explications de la principale intéressée «....Sur ma circonscription, il existe une volonté des gens appartenant ou non au PS d'avoir des débats politiques et de participer aux débats nationaux. On a raté l'an passé l'implication des citoyens en amont des textes législatifs.... Il s'agit maintenant de le faire régulièrement... » Commentaire du journaliste : « D'accord mais cette association ressemble tout de même bigrement à une machine de guerre électorale en prévision d'échéances à venir....»
 
Comme quoi même les journalistes les plus réputés peuvent se tromper car, pendant ces bientôt onze années riches de débats et conférences, l'association n'a jamais quitté la ligne définie initialement et elle n'a jamais été une machine de guerre électorale....
 Elle fut d'ailleurs bien plus efficace en démontrant qu'il était possible de faire de la politique autrement... de façon pédagogique en informant tout en étant à l'écoute des citoyens... et cela n'a rien à voir avec la superficialité de la nouvelle tendance, des actuelles réunions pagailles participatives....
 
 La première grande réunion de « Citoyens d'abord » a marqué les esprits : elle eut lieu le 30 novembre 1998 et s'est tenue au parc des expositions. Elle avait rassemblé plus de 800 personnes venues écouter et interpeller le ministre de la santé de l'époque, Bernard Kouchner, sur le thème « La qualité des soins ». ... pour un coup d'essai ce fut un coup de maître... sauf qu'on n'a jamais refait de réunion de ce genre, type meeting.... D'autant que Kouchner se servait aussi de cette couverture médiatique pour lancer ses états généraux de la santé. Finalement tout le monde y trouva son compte... pour l'association ce fut son brevet de compétence... mais on est revenu ensuite à des réunions débats de taille humaine.... avec des réunions thématiques (3 ou 4 par année) et des intervenants nationaux et locaux ou bien des réunions bilans (2 ou 3 par an) où Geneviève présentait les résultats de son travail parlementaire. 
 
 Pour ce qui concerne les réunions thématiques plus de 10 années séparent la problématique hôpital façon Kouchner et la loi Bachelot, 10 années d'évolution progressive vers la mise sur le marché de la santé....  Plus de 10 années au cours desquelles l'association a proposé quelques 33 conférences débats. Certes on n'a pas toujours parlé santé...il y eut une large place faite à l'environnement et au développement durable, à l'économie, à l'Europe, à la mondialisation, aux institutions, au code du travail, à la justice, à la consommation, à l'endettement des ménages, aux jeunes en difficulté,....
 Il y eut bien sûr les 5 années où Geneviève fut députée de la majorité soutenant le gouvernement Jospin et puis, malheureusement, depuis 2002 elle est députée en opposition à des gouvernements de droite dont le but avoué est la rupture.... avec notre modèle social. La donne a changé et forcément la tonalité des réunions aussi....
 Pour animer ces réunions thématiques nous avons pu bénéficier des compétences d'experts de terrain, parfois peu connus  et de parlementaires eux aussi d'ailleurs plus ou moins connus.... Ce fut un plaisir d'écouter et dialoguer avec des gens aussi divers que Mesdames, Messieurs Barreau, Beauvais, Bechtel, Bloche, Cahuzac, Caniard, Clochard, Colcombet, Delbosc, Désir, Duron, Fouillet, Filoche, Frémeau, Gillig, Guinchard-Künstler, Héraud, Hirsch, Lamy, Larrouturou, Lienemann, Marre, Migaud, Montebourg, Morin, Pineau, Piveteau, Radanne, Renard, Rivasi, Roudy.... J'en oublie sans doute beaucoup, mais pour un tel inventaire il faudrait un Prévert.... 

 Je n'étais pas présent lors de la venue le 7 novembre 1999 de Paulette Guinchard-Künstler secrétaire d'Etat aux personnes âgées ; de l'avis général ce fut la réunion la plus aboutie et la plus touchante. 
 Je n'étais pas là, non plus, le 20 juin 2005, toujours pour raisons professionnelles, pour écouter Martin Hirsch, qui était à l'époque Président d'Emmaus, parler de l'exclusion sociale et de la précarité. Ce fut encore dit-on une remarquable conférence-débat. 
 
 J'ai beaucoup apprécié la compétence de Didier Migaud, député de l'Isère venu en juin 2004 pour disserter sur le thème « Les impôts à quoi ça sert » et de Béatrice Marre  député de l'Oise qui, de retour de la réunion de l'OMC à Seattle, vint en décembre 1999 nous parler « des échanges internationaux. » 
 
J'ai rencontré pour la première fois Arnaud Montebourg à Aiffres en janvier 2002 : Brillantissime sur le thème des institutions, avant de découvrir son humour et sa convivialité lors du repas d'après réunion avec le bureau de l'association. 
 
 Ma préférence va à Hélène Mignon députée de Haute Garonne qui est venue à Vouillé en mars 2003 nous parler de la lutte contre les exclusions. 
 
 Il faut aussi parler des copains : Gérard Filoche Inspecteur du travail, qui en septembre 2004 a fait un tabac dans l'amphi du centre Duguesclin archicomble, en dénonçant les velléités du gouvernement Raffarin contre le code du travail....
 ... et encore de Pierre Larrouturou en juin 2004 : « et si on parlait d'Europe. »
 Mes amis André Pineau  et Alain Piveteau débattant de l'évaluation des coopérations aux pays en voie de développement. J'ai consacré sur ce blog un billet à chacun de ces amis
 
 Une presque découverte en mars 2006 avec le talentueux Patrick Bloche : « La culture nécessité ou futilité ? » 
 
Une magnifique conférence en décembre 2006 d'un quasi inconnu M. Faucou juge d'instruction sur le thème de la justice. 
 
Un excellent débat sur les médias et la presse avec, entre autres, Philippe Frémeaux le directeur d'Alternatives économiques 
 
 J'en passe et des meilleurs mais comme le disait Beaumarchais « sans  liberté de critique il n'y a point d'éloge flatteur » aussi dois-je avouer avoir été très déçu par la prestation d'Yvette Roudy sur la parité et l'extrême platitude d'Eric Besson venu fournir des explications sur les excédents budgétaires du gouvernement Jospin (et oui ça a existé des excédents budgétaire avec un gouvernement compétent)... mais qui connaît M. Besson ? Il ne fut pas plus éloquent que la droite qui qualifiait à l'époque ces excédents budgétaires de « cagnotte »...décidément il est mieux avec eux ... comme Kouchner d'ailleurs.... 
 
 Je ne peux finir ce billet sans donner un coup de chapeau aux trois présidents de l'association, Alain, Edwige et aujourd'hui Gérard.
 Il faut aussi se poser la question de l'avenir de cette association au service de Geneviève qui, devenue Maire de Niort, ne devrait pas repartir à la bataille législative en 2012..... et quand on relève que son actuel suppléant n'est même plus membre de l'association.... on peut s'interroger sur la pérennité de la formule.
 
 Une belle satisfaction toutefois : Pour la campagne des élections européennes du 7 juin prochain l'ensemble des  partis socialistes d'Europe a pris pour slogan « Citoyens d'abord » .... Un bien beau message (et un brin de fierté pour son découvreur) qui devrait inciter tous ceux qui sont attachés à nos valeurs de voter socialiste. Ça serait le comble, au moment où la crise montre que nous avons eu raison contre les libéraux, contre la droite, avec notre modèle solidaire et protecteur, que l'UMP, le parti du moulin à vent, arrive en tête de cette élection.

A suivre.

Par daniel - Publié dans : trop poli-tique - Communauté : sous avenir.
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Lundi 11 mai 2009

 Non la Corse ce n'est pas vraiment mon histoire mais j'ai des amis là-bas, des amis corses, et quand je vais les voir c'est avec un immense plaisir que je parcours cette île de beauté. Oh ce n'est pas vieux... la première fois c'était en 2006... mais si l'expression coup de foudre à un sens ce fut bien à cette occasion. Alors bien sûr je n'ai pas suffisamment de recul pour juger, et puis je suis toujours accueilli par des amis de plus de quarante ans avec lesquels j'avais en commun le rugby, sur le continent bien sûr... et puis je ne suis allé en Corse qu'en mai... est-elle toujours aussi belle cette île ? il me faudra changer de saison l'an prochain, mais ce sont les occasions qui font le larron, et les occasions ce sont des anniversaires des jubilés.

 J'ai déjà fait deux billets sur le séjour de 2006 (Corsica tour) ; j'en ferai encore un prochain concernant le jubilé de l'ami Ricky, mais pour ceux qui sont hâtivement pressés, qu'ils aillent faire un petit tour chez mon copain Prolix : http://prolix.over-blog.net/ article-31206278.html

 Ce premier billet je veux le consacrer à l'île et à Pascal Paoli le légendaire grand homme de l'histoire corse que mes amis m'ont fait découvrir alors que nos manuels d'histoire de France, englués dans une vision jacobine, bonapartiste, ou gaulliste, méprisent  totalement.

Pour ce voyage, et pour ceux qui ne savent pas grand chose de la Corse, il est bon d'être accompagné de photos et par le magnifique hymne initiatique « A nostra Storia » I Muvrini.

             La baie d'Ajaccio                                                                Eccica suarella













« Au début était la paix. Avec des pierres les hommes du mégalithique inventaient leurs premiers abris et sculptaient d'étranges Dieux à Filitosa ou ailleurs en Corse. Mais les îles sereines attirent la convoitise des envahisseurs et vingt fois, au cours des siècles, l'île Corse sera prise d'assaut par des conquérants venus de tout horizons.
 

            Port de Propriano                                                  Lion de Roccapina












 Le plus souvent ils susciteront la haine et la révolte, contraignant ce peuple de bergers pacifiques à prendre les armes et résister.
Il faut attendre, cependant, le milieu du 18ème siècle pour qu'après une succession d'aventure héroïque la Corse connaisse les plus émouvantes pages de son histoire.

           
Port de Bonifacio                                                       Côte de Bonifacio



 









 En 1732 au couvent d'Orezza une consulte des patriotes proclame l'indépendance de l'île Corse. Hyacinthe PAOLI rédige un projet de constitution dont le préambule décrète pour la première fois dans l'histoire de l'humanité : LES HOMMES NAISSENT LIBRES ET EGAUX EN DROIT. Une phrase prémonitoire qui un demi siècle plus tard sera reprise par tous les révolutionnaires du monde. Le destin est en marche.

            
La forteresse de Bonifacio                                    Phare Capo di Feno












 
 Le
14 juillet 1755, Pascal PAOLI  est élu Général des Corses. A la « Consulta naziunal »se Saint Antoine de Casabianca, la Corse devient Nation. Le jeune chef d'Etat réussira à réaliser la difficile unité des peuples, dote sa patrie d'une exemplaire constitution démocratique qui institue la séparation des pouvoirs et le vote des femmes, relance l'économie agraire, fait frapper monnaie, fonde à Corte, devenue capitale de la Corse, une Université et fait administrer une justice égale pour tous, 32 ans avant la première constitution américaine, 34 ans avant la révolution française de 1789.

         
Golfe de Porto-Vecchio                                              Porto Vecchio


 









 Partout dans le monde cette fantastique expérience politique et sociale suscita l'admiration. Les philosophes et tous les esprits éclairés du siècle des lumières salue en Pascal PAOLI le précurseur de la démocratie.

En France Voltaire et Jean Jacques Rousseau, lui tressent des louanges et prédisent l'universalisation de son œuvre. En Angleterre, en Prusse, En Hollande les penseurs, les hommes de science donnent en exemple de la justice l'île Corse.

      
Sartène                                                                         Tizzano












 C'est alors, en 1765, que la France de Louis XV achète à la république de Gènes, une prétendue suzeraineté sur la Corse et décide de mettre au pas son peuple frondeur.

Pour abattre PAOLI et sa petite république la monarchie française constitue et dirige vers l'île un corps expéditionnaire de 40 000 hommes et le 8 mai 1769, dans les eaux du Golo à Ponte Nuovo la Corse était défaite, conquise. Dans une farouche résistance, elle demeurera malgré cette conquête et l'exil de PAOLI en Angleterre, sa pensée intacte va servir de détonateur à d'autres révolutions dans le monde.

 En 1787 les insurgés américains offrirent à leur nation une constitution qui ressemble, étrangement, à celle de la Corse ; la filiation des deux lois fondamentales est, aujourd'hui, historiquement prouvée.  

En 1789, et par contrecoup, les révolutionnaires français rédigeront la Constitution des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Aujourd'hui encore, aux Etats-Unis on se souvient du rôle de Pascal PAOLI l'inspirateur des fils de la liberté et 7 villes américaines portent le nom de Paoli, Corsica, Monticello, Corsicana à sa mémoire.

Chez nous il n'en est pas de même. Si cette histoire là n'a pas sa place dans nos très officiels livres d'histoire, elle est de ces vérités que l'on doit aux hommes, aux peuples, à leurs luttes, leurs souffrances et leurs espoirs.»

 

Pour écouter I Muvrini   http:// - 51k -dailymotion.com/video/x5nd5e_histoire-de-la-corse-a-nostra-stori_news

 

A prestu 

 

 

Par daniel - Publié dans : voyages - Communauté : sous avenir.
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Jeudi 7 mai 2009

 

 Entretien recueilli par Alain Faujas du journal Le Monde. 







 
  

 
 




 C'est cet article paru, sur deux colonnes en page 13, du  Monde du 6 mai 2009 qui a conduit la commission administrative de l'ANJCA (Association Niortaise pour le Jumelage coopération avec Cové et Atakpamé) à faire la déclaration suivante qui fut adressée aux journaux (Nouvelle République et Courrier de l'Ouest.).

 A droite le début de l'article du Monde et en fin de billet un autre chapitre.




Déclaration de l'ANJCA : Les conséquences de la crise en Afrique

 
 Si chez nous, dans les pays européens, les conséquences de la crise sont bien connues, alors que nous avons un ensemble important d'institutions sociales, de protection et de solidarité, qu'en est-il dans les pays africains ? La Banque mondiale vient de révéler, par la voix de son économiste en chef pour l'Afrique, Shantayanan Devarajan, quelles seront les conséquences de la crise actuelle pour le continent africain. "Selon les calculs, à partir des précédentes crises, la récession contribuera à faire mourir au cours de leur première année 700 000 enfants africains par an. Les causes de cette surmortalité sont toutes imputables à la crise : nutrition dégradée, eau potable plus rare, assainissement plus inefficace, services de santé moins présents, parents obligés de délaisser leurs enfants pour assurer la substance de la famille, etc..."

 Chacun l'aura bien compris, rien à voir avec nos situations difficiles en Europe et, bien entendu, pas d'affolement médiatique mondial comme sur d'autres problèmes ! Comme si la mort annoncée de 700 000 enfants africains n'avait que peut d'importance.

Nous l'avons tous remarqué, cela ne fait pas la une du 20 heures.

 

Que faire ?

 L'heure n'est pas à tomber dans la compassion et le misérabilisme pour d'envoyer quelques paquets de riz, des livres, des crayons ou des médicaments. Le moment est venu pour que l'ensemble de nos institutions, depuis les collectivités locales jusqu'aux Etats et institutions internationales, s'interrogent sur leur action, sur des actions concertées avec des partenaires crédibles. Ainsi, la Banque mondiale, pour sa part, va augmenter son aide pour l'agriculture africaine. Est-ce que cela sera suffisant ? Et toutes les autres institutions que font-elles ?

 C'est la question que nous nous permettons de poser aujourd'hui à l'heure où, dans certains milieux,  il serait plutôt question de se désengager.

 
 A son modeste niveau d'association locale et en convention avec la Ville de Niort, l'ANJCA s'interroge pour diversifier ses activités afin de permettre une ouverture à d'autres personnes et pour renforcer ses moyens.

Sur la ville d'Atakpamé les efforts actuels sont concentrés sur la mise en place de structures économiques et commerciales avec la construction d'un ensemble de marchés spécialisés. La construction du marché aux poissons vient justement de débuter en ce début mai. Il jouera un rôle positif supplémentaire dans la réponse aux besoins alimentaires de cette ville de 65 000 habitants et dans la région. Il viendra compléter les marchés aux tubercules, aux fruits et aux céréales déjà mis en place. Tout cela, sous la gestion et l'animation des groupements de femmes de la ville d'Atakpamé et dans le cadre des services municipaux.

 

 Nous souhaitons que ces expériences puissent servir aussi à d'autres villes togolaises si demain la décentralisation peut enfin se mettre en route, ainsi qu'avec la ville de Covè au Bénin, car nous croyons aux vertus des échanges entre villes africaines pour renforcer leur propre développement.



En espérant que cette information qu'il est dramatiquement nécessaire de faire connaitre sera largement diffusée. 


A suivre 

 

Par daniel - Publié dans : L'invité
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Dimanche 3 mai 2009

Il me faut mettre immédiatement les points sur les « I » : le titre n’a rigoureusement rien à voir avec l’avant-dernier billet. D’ailleurs je suis bien loin d’avoir toujours raison et ça se vérifie quotidiennement….

 Non ce titre reste simplement, comme pour les autres billets de la rubrique « souvenirs en vracs », un fil conducteur pour faire remonter quelques souvenirs du fond de ma mémoire.
  L’idée de ce titre m’est venu en racontant récemment une curieuse anecdote professionnelle à Arnaud mon jeune coéquipier qui, depuis trois ans, m’a remplacé lors des réunions d’expertises BTP.


  L’histoire s’est déroulée il y a plus d’une vingtaine d’années (en avril 1988 pour être précis) en Charente. Un expert judiciaire m’avait demandé d’être sapiteur dans un litige lié à un sinistre de béton pour un bâtiment récemment construit. Il m’avait transmis les documents techniques et après examen la cause, pour moi, était entendue : je savais indubitablement ce qui avait provoqué le sinistre.

L’expert judiciaire était, comme c’est souvent le cas, un ingénieur d’expertise en retraite, et probablement à la retraite depuis déjà pas mal d’années. Il arrivait à cette réunion avec quelques idées préconçues qui ne collaient pas trop avec mon analyse du dossier et qui s’appuyaient sur des normes qui n’avaient plus cours.

Par ailleurs la partie me parut assez mal s’engager quand le bonhomme, très style IVème république, se mit au préalable, à nous raconter qu’il avait été un grand ami du président Edgar Faure qui venait de disparaître quelques semaines plus tôt… On pouvait certes lui témoigner nos plus sincères condoléances mais cela n’avait aucun rapport avec le béton…. L’expert fût d’ailleurs un peu long sur le sujet ce qui eut l’inconvénient d’énerver divers participants de la réunion. C’était, peut-être d’ailleurs, le but recherché ( ?).

Il fut enfin nécessaire d’aborder la question technique et rapidement nos divergences devenaient flagrantes ce qui était un peu gênant pour moi, car un sapiteur a pour mission d’éclairer l’expert judiciaire et non de le contredire ou alors il fallait le faire avec beaucoup de diplomatie. Il se trouve, toutefois, qu’il m’avait offert une possibilité de le contrer sur son terrain car Edgar Faure est un personnage qui m’a « historiquement» intéressé même si je n’avais pas d’affinité politique avec lui…

Alors que l’expert essayait d’asseoir son autorité, ne tenant, manifestement nullement compte de mon avis et de mes interventions, au point que je me demandais ce que je foutais là… je finis par perdre patience et je lui dis : « Monsieur l’Expert, excusez moi de vous rappeler une maxime du regretté Président Faure : Avoir toujours raison c’est un grand tort ». Le mec stupéfait fit d’énormes billes, façon E.T, et me dit « mais c’est le titre de son autobiographie » et moi de rétorquer « Oui je sais et j’aime beaucoup ces mémoires qui font référence en matière de compromis politiques ». Bingo ! Je m’étais fait un pote et lui était prêt à écouter la voix de la raison et du sapiteur.

 

Comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas atteint par le syndrome papal d'infaillibilité, mais il y eut quand même quelques cas, quelques circonstances, où j’ai eu le plaisir d’avoir raison contre tout le monde, et ça fait du bien......quand ça ne se répète pas trop souvent.

J’ai encore en mémoire la forte intuition de supercherie que j’eus lorsque j’ai lu « La vie devant soi » et je suis, aujourd’hui encore, étonné que la tromperie n’ait, semble t-il, à l’époque, effleuré l’esprit de personne. Je dis bien « me semble t-il » car en ce temps là nous vivions en Afrique avec pour seule source d’informations, la radio RFI et quelques journaux français qui arrivaient avec 2 ou 3 semaines de retard….  mais… le mieux est de raconter l’histoire qui eut pour cadre une soirée entre français travaillant sur le chantier du barrage d’Inga au Zaïre:

Ce soir là, le 11 novembre 1975, nous étions réunis entre amis. Il y avait beaucoup de jeunes de moins de trente ans (dont quelqu’une qui fêtait ses 27 ans) et quelques anciens encore très jeunes dont Jean-Pierre, qui revendiquait fièrement ses 60 ans et son épouse Mariette qui nous recevaient chez eux.

Je profitais de cette soirée pour rendre à Mariette un livre qu’elle m’avait prêté quelques jours plus tôt et qu’elle avait ramené de France, très récemment, au retour de vacances.

Ce livre était donc « La vie devant soi » et était attribué à un certain Emile Ajar, neveu disait-on de Romain Gary. J’avais, d’ailleurs, entendu ce jour là (ou la veille) sur RFI que ce roman venait de recevoir le prix Goncourt…..

Poussé par une conviction quelque peu irrationnelle j’ai provoqué ce soir là un vive débat polémique en prétendant, de façon, sans doute, un peu trop péremptoire, que j’étais persuadé que ce livre était, en fait, l’œuvre de Romain Gary.

Mariette s’offusqua « Ce n’est pas possible, Daniel, le Goncourt ne peut-être attribué qu’une fois et Gary l’a déjà eu pour « Les racines du ciel » et depuis deux mois ce livre est la coqueluche des milieux littéraires et tous ces gens là s’en seraient, assurément, aperçus  immédiatement. ».

Je m’entêtai car il se trouvait que non seulement j’avais lu et aimé plusieurs romans de Romain Gary, dont « La promesse de l’aube » et surtout « Les racines du ciel » le premier roman écologiste publié en 1956 et qui traitait du braconnage en Afrique, de la chasse aux éléphants et du trafic de l’ivoire … mais, en plus, je venais au cours des derniers mois d’en lire deux nouveaux: « Au-delà de cette limite le ticket n’est plus valable » sur le thème du déclin et « Les têtes de Stéphanie » un roman d’espionnage dans un contexte moyen-oriental écrit par un certain Shatan Bogat pseudo assumé sur la jaquette du livre par Romain Gary.

 Dans « La vie devant soi » j’étais quasiment certain de reconnaître le style Gary… et comme ce n’était pas inhabituel pour lui de prendre un pseudo et qu’en plus il était assez provocateur et anticonformiste……et puis ce lien de parenté avec Ajar.. … je trouvais que ça sentait l’embrouille…..

Je scandalisai la gentille Mariette qui restait cependant calme et réservée face à mes soupçons accusateurs….  mais je déclenchai, illico, une bronca des autres amis, notamment ceux de ma génération, qui pour la plupart n’avait jamais lu un roman de Romain Gary mais qui trouvaient là, une bonne occasion et beaucoup de plaisir à se liguer contre « Monsieur je sais tout », le bétonneux qui en savait plus, du fond de la brousse africaine, que tous les grands critiques littéraires parisiens, français et navarrais réunis….Ils avaient effectivement de bonnes raisons de me railler .... mais je n’en démordais pas. Ah ! Comme ils se sont bien défoulés ce soir là les amis Michel, Christian, Joëlle et compagnie.

La supercherie ne fut dévoilée qu’après le décès, en décembre 1980, de Romain Gary et elle fut révélée par celui qui avait endossé publiquement le rôle d’Emile Ajar, c’est d’ailleurs  au total deux ou trois romans que Gary avait publié sous cette couverture…..mais le scandale était pour celui là, car en trichant ainsi il avait obtenu un second prix Goncourt.

Je n’ai jamais pu pavoiser devant mes détracteurs d’avoir eu raison contre tous car, entre temps le chantier était terminé et j’avais perdu de vue tous les anciens d’Inga, à l’exception, de mes amis alsaciens Pierrot et Malou… s’ils s’en souviennent….les vagues vous diront…

Il n’en reste pas moins que je suis, aujourd’hui encore, sidéré du degré de naïveté ou du manque de compétence des journalistes spécialistes et sans doute de la complicité de certains.

 

Je vais comme d’habitude dans ce type de billet parler un peu de politique mais avant, j’ai un souvenir qui m’est revenu il y a peu de temps, un souvenir de jeunesse, un peu hors sujet …. encore que… mais c’est avec plaisir que je le mentionne car je sais être lu par quelqu’un à qui ça devrait rappeler quelque chose. 

 

Printemps 1963, un après-midi de vacances pluvieux : Jeff, Jacky, Mick et moi, les quatre mousquetaires baby-footeux de Castelnau nous étions place de la Comédie à Montpellier en quête d’une séance de cinéma. Divergences entre amis : les deux vieux de 16 ans souhaitaient voir un western, les deux minots de 15 ans voulaient voir un Fernandel.  Comme je regardais les photos affichées du western je tirai Mick par la manche en lui disant « Regardes les photos et ne dis rien à Jeff ». A la vue des photos Mick changea immédiatement de camp et en nous rejoignant Jacky et moi nous devenions majoritaire pour aller voir « Les 7 mercenaires ». Jeff bouda et menaça d’aller voir Fernandel tout seul…. mais on ne séparait pas les mousquetaires et il finit par nous suivre en maugréant….

 Quand le film commença Jeff était toujours en train de bouder, problème d’ego, de leadership, …. Soudain juste après le générique, Steve Mac Queen apparut à l’écran…. et Jeff d’hurler, sans retenue, dans la salle archi-pleine « Putain, mais c’est Josh. Il y a Josh dans le film… » .. et nous, ses potes, d‘éclater de rire. Depuis le temps que Jeff nous vantait les mérites de Josh Randall, héros d’« Au nom de la Loi » la série télé du samedi soir de ces temps là.

 

Je vais maintenant aborder quelques souvenirs politiques, du moins quelques batailles internes perdues. On ne m’a pas écouté et pourtant j’avais raison et c’est bien dommage… (Non je n’ai pas les chevilles qui enflent).

 

J’aime beaucoup Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, d’ailleurs je continue à penser que si l’ego-système qui sévit chez les socialos et foncièrement en eux, n’avait pas été aussi fort, ces deux là, ensemble, main dans la main, auraient pu réformer en profondeur ce parti malade et sans avoir à se rallier à Ségo. Mais même les meilleurs peuvent parfois avoir des œillères et c’est bien regrettable :

Montebourg s’est embourbé avec sa C6R et son discours bloquant concernant le mandat unique. Pour le dernier point je suis philosophiquement d’accord avec lui mais entre la philosophie et la politique il y a la réalité de terrain. Je pense qu’il doit en être d’accord aujourd’hui qu’il est député et président du Conseil Général de Haute Saône.

Pour ce qui concerne la C6R je lui ai exprimé mes divergences. Un régime primo ministériel, comme dans les autres pays européens, est impossible en France depuis que les français ont goûté au poison du suffrage universel pour désigner leur monarque républicain. La seule solution pour un changement de constitution est d’aller maintenant vers un vrai système présidentiel, sans premier ministre mais aussi sans droit de dissolution de l’Assemblée et en imposant que l’élection du parlement se fasse à mi-mandat présidentiel, pour conserver un risque de cohabitation pour la seconde partie du mandat présidentiel, si le bilan n’est pas ce qu’espéraient les citoyens. Et puis il ne faut plus poursuivre cette lubie du grand soir constitutionnel, en rappelant que chacune des cinq républiques est née soit d’une révolution soit d’une guerre.

 Vincent que j’ai connu bien avant Arnaud, je pensais arriver à le convaincre de la bêtise du projet de quinquennat que le PS proposait dans tous ses congrès. Le quinquennat qui fut adopté par Référendum sous le gouvernement Jospin. Ce quinquennat qui, dans le cadre de la Vème République empêche pratiquement tout risque de cohabitation. Ce n’est pas que je sois fan de la cohabitation mais je suis persuadé qu’il est primordial que le risque demeure. L’actuel régime sans ce risque n’est plus qu’une caricature de démocratie quand il est présidé par un populiste fanfaron.

 Il y a des fois où ça fait vraiment « chier » d’avoir raison contre tout le monde, surtout dans le domaine de la politique. C'est comme d’avoir ouvertement craint lors de la campagne des présidentielles de 2002 que les candidatures au 1er tour de Chevènement et Taubira empêchent Jospin d’être au second tour.

 

Un dernier exemple pour finir ; tout récent celui là car il est de cet après midi et concerne mon ami Fanfan (et oui je suis en Corse aujourd’hui, rassemblement de vieux copains du rugby nostalgie). Nous avons regardé la fin du match de coupe d’Europe Leicester-Cardiff. Un match assez exceptionnel qui après prolongation (26-26) dut être réglé par des tentatives de transformation… et mon Fanfan, fin psychologue, a souvent raison, surtout pour ce qui concerne le rugby…. Il y eut 3 échecs lors des 16 tirs (8 pour chaque équipe et 2 échecs contre 1) et Fanfan a annoncé à l'avance les 3 échecs, rien qu’en voyant, soit la démarche trop décontracté de l’un, soit le front soucieux de l’autre … Pour le dernier, Martyn Williams, le capitaine gallois, celui par qui le match bascula il fut plus catégorique « Celui là  c’est un perpétuel tricheur….il faut qu’il la colle à côté… il doit la foutre à côté… il va la mettre à côté …. » et de sauter de joie quand le malheureux rata sa transformation : « C’est bien fait !  Tricheur ! ». Fanfan c’est un sorcier du rugby…. Fantastique. Il fut excellent comme joueur, entraîneur, dirigeant et même pour finir docteur es-maul, témoin sapiteur lors d’un procès.

Ah ! Que c’est beau d’avoir raison…. d’avoir de telles convictions ou des ondes maléfiques … qui à plus de 1000 km de distance peuvent influer sur le résultat d’un match.

 

A suivre

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Lundi 27 avril 2009



Bien sûr je suis un peu déçu par l'absence de retour de cette première expérience sur le blog de la croisée des cases.
 Je suis pourtant persuadé qu'au moins une  bonne dizaine d'amis se sont penchés sur le problème...  probablement un croiseur prolixe du côté d'Ajaccio, des lettré(e)s toulousain(e)s, et j'en vois bien encore quelques autres..... ma soeur par exemple.
 "Annie, ne me dis pas que tu n'as pas essayé..."  enfin bon !  
Pourtant presque tous les mots étaient en bonne place  dans les différents billets du blog. 
Voici donc la solution :
Peut-être que les définitions étaient finalement un brin difficile (voir l'article du 9 avril).

 Je ne compte pas Pilou qui a forcément trouvé la solution en dix minutes mais par contre je dois valider la participation de Cécile, notre fille, et donc applaudir à sa victoire puisqu'elle est  la seule à m'avoir envoyé la grille remplie. Ce fut certainement assez facile pour elle, qui fut de tous nos périples et péripéties pendant près de vingt ans et qui est, sans doute, aujourd'hui ma plus fidèle lectrice. Enfin je dois d'autant plus la recompenser qu'elle m'a préparé une nouvelle grille que je propose ci-après.
 J'avais aussi indiqué que je publierai la photo du ou de la gagnante, et c'est peut-être ça qui a refroidi quelques cruciverbistes intimidés .....
 Bon d'accord la photo a maintenant 35 ans.... mais c'est bien ma Cécile.
 Voici donc maintenant la seconde tentative : même motif, même punition... pour cette grille de Cécile... et il ne doit pas y avoir photo.



Horizontalement

1/ Réalisateur (Le Lauréat et Primary colors entre autres).
2/ Suit le docteur. L'île de Jody. Edesse. 
3/ Zone de palétuviers. Prise de tête en ligue.
4/ Pronom. Pas toujours juvénile.
5/ Vague. Poème pastoral.
6/ Bout du nez. A une base à Kourou.
7/ Trois des DOM. Possessif.
8/  En tôle, au bagne. Auteur des Histoires extrordinaires.
9/ Semblable. Né à Fuente Vaquéros.
10/ De mon coeur. Entre les mains de Sharon Stone. Fait le Pont.
11/ Tamis. Juste avant la traversée du désert de Lampoul.

Verticalement
A / Montjolly. Roche.
B/ A La Réunion quel cirque ?  Article.
C/ Nénuphar.
D/ Ouvrage hydraulique à 30 km de Matadi. Après en avant.
E/ Mythe grec qui menait les pourceaux à la baguette. A son grain.
F/ Migrants, du Laos à Cacao. Sigle enquêteur.
G/ Ca roulent. Brune prune.
H/ Parcourue. Entre France et Brésil.
I/ Stéradian ou.. Strontium. Dénoncé comme système en politique. Entre donc et ni.
J/ Sigle syndical. 2 fois 21. Mal blanchi ou non lavé.
K/ Les barrages de Kariba et Cabora Bassa ont été aménagés sur ce fleuve. Prénom mixte.

Pas bien difficile celui là. Alors les amis, on se bouge ? A +

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
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Vendredi 24 avril 2009

 Un petit clin d'œil, en guise d'introduction, à Tonton Georges, grand artisan de la promotion de la langue française, et ce pour bien souligner que ce n'est pas une orientation franchouillarde que je défends dans ce billet....  

 

 Dans mon précédent article intitulé «coup de torchon» consacré à Bertrand Tavernier je regrettais avoir été obligé de voir son dernier film, « Dans les brumes électriques », en version originale sous-titrée. S'ajoute à ce regret une déception supplémentaire car j'espérais bien faire découvrir ce film, et l'univers de James Lee Burke, à quelqu'un qui m'est très cher mais qui, ne fréquentant que très modérément les salles de cinéma, m'a répondu «  et si, en plus, il faut le voir en anglais, j'attendrai la sortie DVD... » : J'étais furieux.

J'y suis donc allé seul, dès la première séance, le jour de la sortie. A cette première séance nous étions quatre spectateurs. J'étais doublement furieux... c'était du sabotage cette projection en V.O. Et qui plus est, pour ce film dont le déroulement est en grande partie accompagné en voix off, le temps perdu à lire les sous-titres gâche le plaisir du spectateur et même si, comme moi, il connaît déjà l'histoire pour avoir lu le roman : J'étais triplement furieux.

 

 A Niort il y a deux cinémas, deux types de cinéma devrais-je même dire : Il y a le Méga CGR (12 salles au centre ville) qui passe les films du circuit « commercial » CGR. Une programmation pour tous les publics où je trouve, en tant que cinéphile informé (lecteur de Première et Studio et divers journaux) de l'intérêt pour, selon les périodes,10 à 20 % des films à l'affiche ;  ce qui n'est déjà pas si mal.

 Il y a aussi le Centre d'Action Culturelle, le CAC (2 salles dont une belle grande salle et l'autre......) qui passe des films qui ne sont pas diffusés par le circuit CGR et finalement c'est une chance pour notre agglomération que cette programmation complète celle du CGR..... Je ne suis pas un spectateur très assidu du CAC, d'une part parce que le choix des films français est assez « limité », balançant souvent entre ennui et prise de tête ou la reprise de vieux films « populaires » consacrés cultes avec le temps : je suis toutefois allé voir dernièrement « Un barrage contre le pacifique » sauvé par l'interprétation et la beauté des paysages, mais aussi plus désespérant « Villa Amélia » ... J'y suis allé pour l'excellente Isabelle Huppert mais.... parlons d'autre chose.... J'ai quand même eu le plaisir de voir au CAC quelques chefs d'œuvre... certes en version originale quand ce sont des films étrangers... mais c'est mieux que rien.

 Je me souviens par exemple y avoir découvert il y a déjà quelques années, des films comme « Land of freedom » de Ken Loach et « The Hours » de Stephen Daldry et j'y ai vu l'an dernier une petite merveille « Mataharis » film espagnol de Iciar Bollain et il y a quelques semaines un très bon « Loin des terres brûlées » de Guillermo Arriaga.

 

 J'en reviens au Méga CGR, la programmation sans surprise est ce qu'elle est partout en France. Ainsi, l'an dernier, « Les chtis », en version originale, ont bien du squatter une salle pendant 8 ou 9 mois. Rien à dire, succès oblige. J'estime que l'année 2008 fut, en offre de films, globalement décevante alors que 2009 démarre plutôt bien.
 Ce cinéma a été ouvert fin décembre 2007 remplaçant deux vieux cinémas indignes d'une ville de 60 000 habitants et le choix d'implantation au centre ville, avec l'appui de la municipalité, fut très judicieux.

 Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Cette révolution « culturelle », a donné des idées à des cinéphiles qui se sont regroupés en une association au doux nom « Les diaboliques » en hommage à Clouzot, né à Niort en 1907.... et dont c'était le centenaire à l'ouverture de ce superbe multi-salles. Je ne sais pas trop comment ils se sont débrouillés avec la direction CGR mais ils patronnent certains films....et jusque là rien à dire.... sauf du bien (je commence par ça)  car ils ont permis à certains films de passer par Niort même pour une séance unique... alors que par le passé il y eut trop de films qui n'étaient pas projetés à Niort. Je ne peux que les féliciter pour ce progrès indéniable. Ils ont pu, par exemple, faire venir, en séance unique, « Johnny chien méchant » un film tiré du roman d'Emmanuel B. Dongala à qui j'ai consacré récemment un billet. Malheureusement j'étais en déplacement lorsque le film fut projeté : La faute à pas de chance.

 
 L'association a un site
http://lesdiaboliques.over-blog.com/ sur lequel on trouve des choses intéressantes comme le planning des programmations que j'aurais du consulter plus souvent, ce qui m'aurait, peut-être, permis de ne pas rater certaines séances uniques comme « Johnny chien méchant ». On y trouve aussi quelques articles intéressants comme des interviews de Brad Pitt avant la sortie de « L'étrange histoire de Benjamin Button » puis de Stephen Frears avant la sortie de « Chéri. »

 

 Après avoir présenté les mérites de cette association je vais enfin pouvoir en dire du mal et expliquer ce qui m'énerve chez eux : c'est tout simplement leur obsession de la V.O, un travers courant des milieux intellectuels qui peuvent ainsi se différencier du tout venant des salles obscures pop-cornisées. Il suffit d'aller voir sur leur site et lire les billets et commentaires : Comme dit mon copain Gérard « Le diable est dans les détails ». Il faut voir comme ils se gargarisent de l'exploit d'avoir obtenu une version V.O. S.T, comment ils se donnent un air avantageux lorsque ce film va pouvoir rester en V.O. pendant plusieurs semaines alors qu'ils reconnaissent eux mêmes des déceptions pour certaines séances en avant-première (20 spectateurs pour « Mon Führer », une centaine, à tout casser, pour des films plus porteurs) et je doute que ces « militants » poussent l'abnégation à revenir à plusieurs séances pour faire de l'audience. C'est cet état d'esprit qui me gonfle au plus haut point, car à côté de cette autosatisfaction égoiste se posent-ils la question du nombre de spectateurs rétifs à la V.O qui sont perdus ou ceux qui viennent malgré tout en le regrettant ensuite ?

 

 Début 2008 j'ai accepté d'aller voir « Into the wild » de Sean Penn en V.O, en râlant mais, finalement, je dois reconnaître que, pour ce film peu bavard, je n'ai pas été trop gêné, ensuite ce fut, si je me souviens bien, « No country for old men » des frères Coens où j'ai râlé un peu plus mais c'est avec « There will be blood » de Paul T. Anderson que j'ai vraiment été furax. A partir de ce moment j'ai décidé de boycotter ces projections en V.O. (à l'exception des « occasions » en séance unique)  en espérant que la logique de l'économie de marché, pourrait, pour une fois, me rendre service et conduire le CGR à interrompre ce diabolique monopole.
 J'ai pensé avoir partie gagnée quand j'ai vu début 2009 que d'excellents films comme « L'étrange histoire de Benjamin Button », « Gran Torino «, « Les noces rebelles » « Slumdog Millionnaire » et « Last change for love » étaient présentés en version française. Peut-être ai-je baissé la garde trop vite quand j'ai craqué pour aller voir en V.O l'excellent « Two lovers » de James Gray et puis le film de Tavernier. J'ai fait preuve de faiblesse mais c'est comme de vouloir faire une grève de la faim  un régime à côté d'un Saint Honoré.... Mais j'ai repris fièrement mon mouvement protestataire et le boycotte individuel. Tant pis pour « Harvey Milk », tant pis pour « Chéri », je suis en manque par la faute des ultra-Voistes, mais c'est moins dur que de subir pendant deux heures ces conditions de projection  ... et surtout c'est pour la bonne cause, pour permettre à ces films d'être vus par tout le monde. 

 

 Et pourtant je ne suis pas systématiquement hostile à la V.O. dans certains rares cas ça peut même être recommandé ; je pense notamment à certains films de Ken Loach : c'est évident pour « Land of freedom »: les espagnols parlent en espagnol et les combattants des brigades internationales parlent chacun leur langue et essaient pour les échanges de baragouiner en espagnol ou en anglais. Toujours avec Ken Loach si je prends « Carla's song » ou « Bread and Rose » une grande partie de ces films doit absolument être en espagnol (et pas de problème c'est tellement beau l'espagnol)  par contre pour la partie anglaise de Carla's song et californienne de Bread and Rose, en anglais donc, dans la version V.O, moi je préfère, au moins pour une première vision, et pour bien comprendre la trame des événements, que ce soit doublé en français. Je reste avec Ken Loach pour « le vent se lève » : Dans la version V.O. tout est en anglais alors que pour la cohérence du film les dialogues entre républicains irlandais devraient être et rester en gaélique et que seuls ceux des forces d'occupation devraient être, à la rigueur, en anglais (et je préfère encore que ce soit doublé en français....il n'est quand même pas inutile de bien comprendre l'histoire)

 Le film le plus concerné par cette question de langues devrait être « Babel » d'Aléjandro Inaaritu (et scénariste Guillermo Arriaga déjà cité) : Dans la version que j'ai vu (peut être au CAC ? Ou lors d'un déplacement professionnel) les marocains parlent en arabe, les mexicains en espagnol, les japonais en japonais, les américains entre eux en anglais, mais quand Brad Pitt dialogue dans le bled , du côté de Ouarzazate, avec les marocains, tout le monde parle en anglais : incohérence, la langue véhiculaire au Maroc est le français. Il vaut donc mieux que le film soit doublé en français pour les personnages américains et pour les dialogues avec les marocains.....

   ........et qu'on ne me dise pas que c'est pour mieux apprécier le jeu des acteurs : d'abord j'ai passé l'âge de jouer au groupie et d'autre part un film est un ensemble et l'essentiel est bien l'émotion ou tout simplement le plaisir qu'il procure aux spectateurs et je crois que de bien comprendre les dialogues sans avoir en permanence le regard scotché sur le bas de l'écran est primordiale.

  
 Quand je regarde chez moi des films DVD pour la nième vision, je les regarde souvent parfois en V.O, j'ai fait ce choix il y a quelques semaines pour les 3 volumes du « Parrain », mais il faut dire que je connais, presque par cœur, les répliques (en français) au moins pour les deux premiers... plus besoin de lire les sous-titres (sauf un peu pour la partie en italien, mais c'est tellement sympa l'italien). Je regarde aussi, ainsi, des vieux westerns des années 50 dont je suis friand... (Genre dernière séance) il faut dire que les doublages à cette époque n'étaient pas trop synchros (et même si ,aux studios de Joinville, après guerre mon grand oncle Maurice avait en charge d'organiser ce travail).

 
 J'en reviens à ma réaction après avoir du subir la projection du film de Tavernier en V.O.  : Triplement furieux je leur ai transmis un message le 15 avril et j'ai récidivé le 22 avril lorsque j'ai vu que le film en seconde semaine restait encore en VO.... Oh je n'ai pas été trop méchant et les lecteurs peuvent aller le vérifier
http://lesdiaboliques.over-blog.com/.

 Ils pourront voir comment l'association cherche à exploiter mes commentaires, sans d'ailleurs me prévenir, pour essayer de se refaire une santé. Ils ont lancé un débat sur le thème ayant probablement pour objet de démontrer que tous les membres de l'association sont sur la même longueur d'ondes (la V.O of course). Ce n'est pas que ça me déplaise, en tant qu'ancien rugbyman (très ancien il y a prescription) de monter en première ligne, et à plus forte raison pour un match sur terrain adverse.

 J'ai aussi pu constater que j'étais minoritaire... mais j'aime bien ça et puis sur 7 ou 8 commentaires ça n'est pas très significatif et combien même les 120 adhérents de cette association seraient unanimes contre moi.... j'ai assez d'expérience politicienne pour  me réclamer de la majorité silencieuse.

 

 La seule chose qui me dérange vraiment, et là je suis presque sérieux, c'est que certains me dénient le droit de me prétendre cinéphile parce que je refuse de découvrir en première projection des films étrangers en V.O.  «..Criant à l'imposteur, au traître, au papelard...» ils affichent leur mépris. Ce jugement est diabolique... et mon titre qui fait référence au bénitier trouve là toute sa cohérence.

 

  

(A suivre..... dans l'attente d'un prochain coup de gueule )

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Dimanche 19 avril 2009

 Bien sûr voilà un titre de film qui se prête admirablement à la situation politique du moment et à tous les niveaux : national, international, économique et j'y reviendrai, tout naturellement, en fin de billet mais mon but est bien de parler de cinéma et avant tout de donner un coup de chapeau à un grand réalisateur : Bertrand Tavernier.

  Mercredi son dernier film « Dans la brume électrique.. » sortait en salle. Je l'attendais depuis plus d'un an, depuis que j'avais lu dans un journal (le JDD) que Tavernier allait adapter le magnifique roman de James Lee Burke en tournant dans les bayous de Louisiane. J'ai déjà parlé de ce roman, aux accents faulknériens, dont le titre exact est « Dans la brume électrique avec les morts confédérés » dans un billet du 18 avril 2008 intitulé « A livres ouverts...c'est du polar ou du ronchon » et où j'annonçais déjà ce projet.

Mieux que je ne pourrais l'écrire voici un extrait de la critique de Sandra Benedetti de Studio Ciné-live :

   « ...la brume comme un linceul jeté sur les eaux noires d'un bayou de Louisiane, nacelles de mélancolie suspendues entre passé et présent. La guerre de Sécession, l'esclavage, les cyclones y ont laissé leurs meurtrissures. La caméra de Tavernier les effleure avec ce lyrisme qui n'appartient qu'aux lucides de ce monde. Putréfaction et parfums, couleurs et douleurs d'antan, bruissements de la terre et songes délétères, Tavernier recrée l'impossible....»

  Le film a été dans l'ensemble bien accueilli avec quelques réserves de certains critiques comme celui du journal « Première » qui juge qu'il souffre d'une certaine confusion, probablement moins sensible pour quiconque a lu le livre avant... C'est mon cas et j'ai vraiment adoré ce film bien que je fus obligé, à cause d'une diabolique association qui sévit sur Niort, de le voir en V.O. sous titrée.

 Je me réjouis que Tavernier sur les conseils de Philippe Noiret ait adapté ce roman et je trouve génial que James Lee Burke ait accepté de travailler à cette adaptation. Quelle magnifique idée, aussi, d'avoir choisi Tommy Lee Jones pour interpréter Dave Robicheaux, le flic humaniste à l'âme couverte de bleus. Les paysages et les couleurs sont magnifiques et la musique naviguant entre blues, zydeco, jazz et Haendel est envoûtante.


 Tavernier nous avait d'ailleurs déjà musicalement comblés avec Mississipi Blues en 1980 et Autour de minuit en 1986 un film hommage aux jazzmen avec Dexter Gordon et François Cluzet.

   Il avait aussi démontré sa compétence de scénariste et son aptitude à adapter de grands romans, notamment Simenon pour son premier succès, en 1974, L'horloger de Saint-Paul, avec Noiret et Rochefort (prix du jury à la Berlinale et prix Louis Delluc) puis plus tard en 1996 le roman de Roger Vercel, Capitaine Conan qui devint un film de guerre ambitieux, à l'américaine, avec Torreton et Le Bihan, (César du meilleur réalisateur).

 
 Je passe très rapidement sur la filmographie de Tavernier qui témoigne de son éclectisme et fait une large place à ses amis acteurs :

  Que la fête commence en 1975 un film historique avec Noiret, Rochefort, Marielle :   libertinage, débauche et quelques sous entendus politiques français des années 1974/75.

  Le juge et l'assassin en 1976 avec Noiret et Galabru (César du meilleur acteur)

  La Mort en direct en 1980 avec Romy Schneider et Harvey Keitel

  Un dimanche à la campagne en 1984. Prix de la mise en scène à Cannes et Sabine Azéma César de la meilleure actrice.

  La vie et rien d'autre en 1989 avec Noiret et Sabine Azéma.

  Daddy nostalgie en 1990 le dernier film de Dick Bogarde.

  L.627 en 1992 avec Philippe Torreton

  La fille de d'Artagnan en 1994 avec Noiret et Sophie Marceau

  L'appât en 1995 adapté d'un roman de Morgan Sportes avec Marie Gillain et Torreton. Ours d'or de Berlin

 Ca commence aujourd'hui en 1999 avec Torreton (César du meilleur acteur).

 
 Tavernier est aussi un grand cinéphile et un écrivain talentueux : auteur de « 50 ans de cinéma américain » et du récent « amis américains » (un pavé de 1000 pages d'entretiens avec les grands auteurs américains). Il participe aussi à la promotion de nombreux films anciens en DVD en s'impliquant avec érudition dans les bonus, notamment pour les westerns comme L'homme de l'Ouest d'Anthony Mann ou pour des réalisateurs victimes de maccarthysme comme Abrahams Polonsky l'auteur de Willie Boy.

 Bertrand Tavernier, fils d'un grand résistant, est un homme engagé qui n'hésite pas, à travers et au-delà de ses films, à prendre position dans les médias contre toutes les formes d'injustice, de racisme, de colonialisme, et les guerres. 
 

 Il avait déjà adapté un polar américain en 1981 avec Coup de torchon tiré de « 1275 âmes » de Jim Thompson. L'histoire avait été, cette fois, sortie du contexte du roman pour être transposée en Afrique dans les années 30. Ce film fut tourné pour l'essentiel à Saint Louis du Sénégal avec une distribution prestigieuse : P.Noiret, Isabelle Huppert, J.P.Marielle, G.Marchand, Eddy Mitchell, Stéphane Audran.

Il n'est pas sans rappeler, par certains aspects, « Dans les brumes électriques »

Lucien Cordier (Philippe Noiret) policier en poste dans une petite ville coloniale d'Afrique Occidentale Française se transforme en justicier mystique après que sa hiérarchie lui ait fait prendre conscience de sa médiocrité. Un thriller corrigé en ambiance coloniale décadente, façon Céline. Un film remarquable qui obtint 11 nominations au César et fut retenu pour l'Oscar du meilleur film étranger.

  

 Le coup de torchon  est une expression qui, initialement, caractérisait une belle bagarre très physique.... C'était en quelque sorte la suite normale de l'expression le torchon brûle : l'atmosphère est à la dispute, les coups sont proches et quand les coups pleuvent c'est le coup de torchon. Il semble même que le coup de torchon aurait caractérisé à l'origine des duels entre soldats, le torchon étant en l'occurrence l'épée.

   Le coup de torchon est de nos jours une expression beaucoup moins guerrière caractérisant selon les cas un grand chambardement ou un grand ménage, le torchon prenant le pas sur le coup. Il en est de même de l'expression le torchon brûle de plus en plus ramenée à des disputes, des scènes de ménage... et oui tout se transforme même le sens d'excellentes expressions et on a un peu tendance à mélanger les torchons et les serviettes.

 
 Je vais donner un exemple de coup de torchon qui me semble bien approprié et c'est un scoop car je n'en ai trouvé nulle trace dans la presse hors le net : Il y aurait eu une tentative de coup d'état au Togo, tentative qui aurait conduit le président Faure Eyadéma, fils de l'ancien dictateur Gnassingbé Eyadéma décédé en 2005, à faire arrêter des membres de son entourage qui fomentaient ce coup... rien que du très normal, du très banal en Afrique ? Et bien non, pas si banal que ça puisque les deux individus arrêtés sont les deux frères du président (plus précisément demi-frères)  Kpatcha (Chef des armées) et Essolizam Eyadéma. Si ce n'est pas un bon vrai coup de torchon cette affaire d'état et de famille ? Les milieux bien informés ( ?) pensent que si ce grand ménage ne se termine pas en guerre civile ça devrait conduire à une avancée significative du pays vers la démocratie. A suivre.

 
 Le terme coup de torchon depuis quelques mois revient d'ailleurs assez souvent à la une des journaux : Coup de torchon sur les bourses, coup de torchon dans l'immobilier on a même eu droit à un coup de torchon souhaité du capitalisme financier le 25 septembre 2008 à Toulon « L'idée de la toute puissance du marché était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle  ». Punaise ! Sarko devenait subitement socialiste : une nuit du 4 août, fin septembre ; un vrai bon coup de torchon malheureusement vite atténué par de simples rappels à des notions de morale « Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier est une priorité.»... et puis le temps passant, les états ont, certes, sauvé les meubles en injectant dans le système des milliards que les contribuables devront rembourser ou l'inflation effacer.... et puis le temps passant encore et la montagne G 20 accouchant d'une souris grise comme la liste des paradis fiscaux... et puis le temps passant toujours, la vie politique reprenant le dessus et les élections se profilant à l'horizon, on est entré dans une nouvelle phase nommée la « reprisologie »  et ses signes avant-coureurs mensongers.

 
 Et la diplomatie qu'en penser ? Ce n'est pas encore le coup de torchon mais le torchon brûle avec un président qui se prend pour le roi du monde en méprisant ouvertement (confidences à l'Elysée à une vingtaine de députés et sénateurs dont pour moitié d'opposition) ses collègues chefs d'état ou de gouvernement. Il suffit de lire la presse étrangère (et ce n'est pas d'hier qu'il est traité de fanfaron ...mais maintenant ,en plus, il est méprisant : Obama lui fait de l'ombre). Il n'en sort pas grandi, le petit caporal !.... La France non plus.

  Et pour finir Mme Royal et ses coups d'éclat permanents qui ne nous grandissent pas non plus. J'étais bien embêté lors de sa demande de pardon au discours de Dakar car, sur le fond, je pense comme elle (j'avais d'ailleurs écrit sur le sujet, quelques semaines plus tôt dans les billets qui concernaient un récent voyage au Sénégal)..... mais la repentance ce n'est pas trop mon truc.... La demande de pardon c'est trop fort et trop sérieux pour être utilisé pour des petits coups politiques.

 Depuis on a eu droit aux excuses à Zapatéro... alors là elle est franchement ridicule et on peut dire qu'elle marche à côté de ses savates, la Zapatéra. Qui plus est, par sa bêtise, elle a détourné l'attention des médias du véritable scandale, de ce qu'il y avait de vraiment méprisant et honteux dans les propos de Sarkozy comme de dire qu' « Obama n'était pas armé pour agir efficacement car il n'avait jamais dirigé un ministère ».

    Il serait temps que Martine fasse le ménage ... au PS.... et oblige Ségo à la boucler sinon.... on n'est pas près de donner un coup de torchon au sarkozysme et notre pays a vraiment besoin que l'on se débarrasse « démocratiquement » mais le plus rapidement possible de ce guignol....... Mais sans pour autant installer l'autre, la mystique repentante, à la place.

 

En expert es manifs et coups de torchon, Dominique de Villepin s'inquiétait dimanche  « du risque révolutionnaire en France ». Dominique, nique, nique ... (qui ?)  

 

A suivre

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Mardi 14 avril 2009

     
 Cela faisait quelques temps que je souhaitais faire un billet sur le sujet ; un billet pour compléter, en quelque sorte, l'article "préélectoral" du 14 février 2008, "de cagnotte en cagnotte" 
 
 Aujourd’hui l’équipe que je soutenais est aux commandes de la ville de Niort et après avoir fait adopter en avril 2008, quelques semaines après la victoire, un budget qui était en fait celui préparé par l’équipe sortante, légèrement corrigé aux marges, elle s’est mise au travail et cette fois c’est bien son budget, « griffé  solidaire et volontaire » , qui fut présenté au Conseil Municipal le 30 mars dernier. Un budget « griffé solidaire » conformément au programme présenté aux électeurs, mais plus encore peut-être, un budget dynamique, volontaire pour soutenir l’activité en cette période de crise.
 Pour rester le plus objectif possible je me contente, en guise d’introduction à ce billet, de reprendre l’essentiel d’un article de « La Nouvelle République » intitulé « Dette : la ville reste plus fourmi que cigale », et qui est paru au lendemain de la présentation en Conseil municipal de la situation financière de la ville et de l'adoption du Compte Administratif 2008 et du Budget 2009 : 

« ….Le chef lieu des Deux-Sèvres a la réputation de longue date d’être plus fourmi que cigale. Cela reste vrai,  deux indicateurs le mesurent :
L'encours par habitant : avec 640 € Niort reste en dessous des villes comparables malgré la hausse 2004-2008.
On peut aussi se référer à un autre  indicateur:  comparer la dette à l'épargne dont on dispose. Pour  les villes comparables l'encours de la dette représente 80% de l'éparne brute. A Niort, c'est   seulement 47%....»
 
  
 
 

 Dans la suite de l'article le journaliste s'interroge : Pourquoi ne pas emprunter plus, plutôt qu'augmenter les impôts ?
« Alain Piveteau, adjoint à la prospective financière, interrogé par l'opposition, l'a indiqué en conseil municipal : « La capacité d'emprunt de la ville n'est pas totalement utilisée. On peut encore recourir à l'emprunt. »...

.... Pourquoi dès lors ne pas avoir privilégié cette solution plutôt qu'augmenter de 8% la fiscalité locale ? D'autant que c'était la logique défendue par la candidate Geneviève Gaillard lors de la campagne électorale.

 Réponse d'Alain Piveteau : emprunter davantage n'évite pas une hausse des impôts. Parce que celle-ci permet justement de faire face aux remboursements d'emprunts, justifie t-il. ». Il faut conserver des marges de manœuvre pour la Ville.» La hausse de 8% de la fiscalité va faire rentrer 2.7 millions d'euros dans les caisses de la ville. « Cela permet de financer les annuités de l'emprunt à hauteur de 27 millions d'euros sur dix ans. Le régime municipal 2009, ce n'est pas emprunt ou impôt, mais emprunt et impôt.»

 

 Les interrogations du journaliste de la N.R. rejoignent celles que j'avais formulées dans mon billet de février 2008. Cependant  la donne a changé depuis : la crise est passée par là, avec ses conséquences et ses contraintes :

  
 Même si fin 2008 la Ville de Niort a pu, sans trop de difficultés, trouver les financements nécessaires pour couvrir ses besoins d'emprunts (12 millions), on sait que les banques sont, depuis environ 6 mois, de plus en plus frileuses et qu'il est nécessaire de faire preuve d'une bonne gestion en conservant une bonne capacité d'autofinancement (plus de 10 millions pour un total de ressources de 81 millions).

 

 En cette période de crise gravissime il est primordial que les collectivités territoriales s'impliquent fortement dans la relance économique. Le gouvernement a fait le choix, quelque peu « discutable », d'une relance uniquement par l'investissement  et il ne faut pas se leurrer les seuls investissements disponibles et immédiatement efficaces ce sont les investissements publics qui, en France, sont à 75 % l'œuvre des collectivités territoriales en très grande partie dirigées par la Gauche.

 Face à un gouvernement qui refuse obstinément et à contre-courant des autres pays de donner un coup de pouce au pouvoir d'achat des salariés, le salut viendra donc des villes, des conseils généraux, des conseils régionaux qui ont le devoir de faire non pas des choix de gestion de repli, conservateurs et craintifs, mais au contraire des choix de  gestion dynamique.

 

 Enfin pour compléter ce tableau « idyllique » le président n'a rien trouvé de mieux que d'annoncer, à la hussarde, la suppression de la taxe professionnelle pour 2010. La TP, ce soit disant impôt imbécile, qui mériterait peut-être d'être aménagé comme cela avait déjà été fait en 1999 lorsque le gouvernement Jospin avait supprimé la part salaire de ses bases, mais certainement pas d'être abandonné de façon manifestement improvisée.

 Voilà les services de Bercy placés devant un casse tête (formule du JDD du 12 avril) : Comment compenser cette perte de ressources qui s'élève à 22 milliards d'euros. Qui paiera à la place des entreprises ? Encore les contribuables ? Il faut croire que les élus, toutes couleurs politiques confondues, ont d'ores et déjà compris que ces rentrées ne seront pas totalement compensées et qu'il ne serait pas du tout judicieux de relâcher la pression fiscale locale en ce moment, pour avoir à gravir, les prochaines années, des marches encore plus hautes.

 

 Enfin bref quelles que soient les explications trouvées, prudence ou héritage, pour 2009 les impôts locaux augmentent partout (et finalement heureusement car c'est nécessaire pour soutenir l'activité). La moyenne de la hausse des villes de plus de 30 000 habitants se situe à + 6 % hors augmentation des bases déterminée par les services fiscaux de l'état :

 Niort est un peu au dessus mais nullement au top du hit parade. La plus haute marche du podium revient à Nice où Estrosi, le bellâtre « ennemi de l'impôt » et « grand ami de Sarko » offre à ses administrés un superbe + 17.7 %. Un héritage droite/droite qui fait désordre... bien plus que notre héritage gauche/gauche de Niort, d'autant que les données ne sont pas tout à fait  les mêmes.

 Autres villes à fortes augmentations: Paris + 11.7 %, Grenoble + 11.9 %, Argenteuil + 12.3 %, Montpellier + 10.7 %, Rennes + 11.2 %, etc.....

 

 Finalement notre équipe municipale a été globalement plutôt raisonnable. Trop ? Peut-être !.... et pour étayer mon propos Il me faut aborder un sujet qui me tient  particulièrement à cœur à savoir le montant de la DGF (dotation globale fonctionnement) que l'Etat verse aux communes.

 

  Je ne vais pas prendre un ton trop péremptoire, conscient du fait que je ne maîtrise pas parfaitement le sujet qui me parait être une véritable usine à gaz. ; cependant je souhaite attirer l'attention sur des différences  surprenantes, des attributions de DGF étonnamment variables,  entre des villes, à priori, très proches et si semblables :

 

 Ces dotations globales de fonctionnement sont évaluées par les services fiscaux selon des critères complexes et peu transparents pour un non spécialiste. La DGF se compose d'une dotation forfaitaire et de dotations de péréquation :

 La dotation forfaitaire est de loin la plus importante (pour Niort c'est 91 % de DGF) : elle cumule une dotation de base + une part proportionnelle à la superficie de la commune + une part correspondant à l'ancienne part salaire de la taxe professionnelle + un complément de garantie....  

 Les dotations de péréquation regroupent :  
 La DSU (dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale) qui est susceptible de disparaître en 2010 (?)

 La DNP  (dotation nationale de péréquation).

 

 Pour faire simple on peut estimer, sans trop se tromper, que plus une ville est  « riche » et moins elle a besoin d'être dotée.

 Prenons le cas de Niort : En 2007 (les dotations n'ont pratiquement pas évolué en 2008)  la ville touchait 244 €/hab se décomposant en 223 €/hab de dotation forfaitaire, 14 €/hab de DSU et 7 €/hab de DNP.

 Si on compare la DGF (244 €/hab) touchée par Niort à la moyenne de la strate (282 €/hab) des villes équivalentes on note un déficit de 38 €/hab soit 2.3 millions d'euros en moins ce qui correspond sensiblement à la hausse de 8% de la taxe d'habitation.
 (Voir les tableaux par communes sur
http://www.colloc.minefi.gouv.fr/ )

 

 Si on fait une comparaison avec les villes chefs-lieux des départements voisins, on s'aperçoit que ces villes sont nettement mieux loties (et même au dessus de la moyenne de la strate) : Poitiers : 316 €/hab, La Rochelle : 337 €/hab, Angoulême : 361 €/hab, La Roche-sur-Yon : 394  €/hab.  La moyenne de ces quatre villes voisines est de 352 €/hab : soit un écart déficitaire de 108 €/hab pour Niort ce qui équivaut à un manque de ressources de 6.5 millions d'euros et qu'il faudrait compenser, si on voulait avoir un potentiel financier équivalent, par une augmentation de la taxe d'habitation de 19% soit une hausse plus élevée que celle de Nice. Niort serait alors sur la plus haute marche du podium de la fiscalité locale. 

 Est-ce à dire par ailleurs que Nice ne pouvait pas faire autrement car elle serait mal lotie en DGF? Serait-elle  considérée, elle aussi, comme une ville « riche » ? : Et bien non ! Car Nice était plutôt bien dotée avec 308  €/hab soit 34 €/hab de plus que la moyenne de la strate.

 

 Conclusion de mauvais goût et forcément de mauvaise foi : Niort est une ville supposée « riche » alors que Nice, Poitiers, La Rochelle, Angoulême, La Roche-sur-Yon sont des villes supposée « pauvres ».

 Même Neuilly-sur-Seine (60 354 habitant) touche une DGF plus importante que Niort avec 293 € /hab, et c'est bien connu Neuilly est une ville très pauvre.

 

 J'ai quand même trouvé une ville plus riche que Niort  (oh de peu ! Avec DGF 240 €/hab) :  il s'agit  d'Aurillac une ville de 32 700 habitants (Chef lieu du Cantal) . Cherchez l'erreur !


 Je me demande d'ailleurs bien pourquoi je m'intéresse autant à Nice et à Aurillac ?

 
 Une dernière information pour dire que les niortais ne sont pas si riches que ça .... 1/3 des foyers fiscaux ne paie pas la taxe d'habitation.
 De plus la situation générale des Deux Sèvres (avec la CAMIF à  la porte de Niort et Heuliez.....) n'est pas si brillante que ça, pour passer pour des nantis, mais confirme aussi que les collectivités territoriales ne doivent pas baisser les bras.      

 En attendant qu'un spécialiste, un vrai, un exégète de la finance me réponde, me rancarde ....
 

 A suivre.

   

 

 

Par daniel - Publié dans : trop poli-tique
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