Mercredi 12 août 2009


Voilà la solution de la grille n° 3 que j’avais proposée le 2 juillet 2009.

 


C’est encore Clau qui a gagné en m’infligeant d’ailleurs au passage une critique caustique pour cause de définition trop singulière pour un mot pluriel. (Définition corrigée depuis)

 

Pan sur mes doigts malhabiles sur le clavier.

 
Le plus marrant de l’histoire c’est que Cécile qui a largement contribué à la création de cette grille, eut quelques difficultés à résoudre le problème avec les définitions vachardes que j’ai retenues.

Elle ne trouvait plus ses mots casés il est vrai plusieurs semaines plus tôt.

 


 

Voici maintenant la 4ème grille : une grille 15 sur 15 avec moins de 15 % de cases bleues et qui n’a pas spécialement de thème dominant sinon que beaucoup de  noms ou mots proposés sont des éléments récurrents du blog.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 
























HORIZONTALEMENT

1/ Ville togolaise. Fatigués. Note.

2/ Il eut fallu qu’il décroche. Une tête de mésange nous mène en bateau. Plaisir très british  

3/ Paru en désordre. Partis. En seconde partie au ciné.

4/ Al Massira ou Inga. Aimées avec gourmandise.

5/ Mis en outre les vents contraires. Défini un grave échec.

6/ Rapports anguleux. Canapé. Test.

7/ En émiettant. Données.

8/ Ca manque un peu de sel. Le docteur de Fleming. En soulevant.

9/ Dans « Maguy » elle était l’épouse de Jean Marc. Drap mortuaire. Dix sur dix.

10/ Crochet. Reproche.

11/ Prénom d’une nièce de Michel. Métal en bar. Frère de Rafaël, personnage de «no pasaran ».

12/ Pointois ou Gosiérien ou Mornalien par exemple.  

13/ Vue d’ensemble. Fatiguée. Plus sympa en bibliothèque qu’en hôtel.

14/ Vache. Attaques brutales.

15/ Rendues argotiques (survenant notamment lors de certaines commémorations). Reste finalement.


VERTICALEMENT.

A/ Enseigne une langue sémitique. Etablissait.

B/ Symbolise le Bilion. Ordonne. Fleuve européen, non français.

C/ Formation.

D/ Fleuve américain français. Rejette. Déchet azoté.

E/ Bouts de pain. Région de Michelbach. Procédure d’aménagement.

F/ Maxime. Pronom. L’auteur.

G/ Embrouille ou partiellement en vrac. Un pas anglais. Négation. La fin de cortège.

H/ Son son chante les pleurs de la biche aux abois. Boucher.

I / Fignoler. Risqués.

J / Film de Clouzot à voir de préférence en V.O.

K / Le temps d’une révolution. Ca se complique quand on tombe dessus. Liaison. Monnaie.

L/ Petits bâtons. Isolée même en Réunion.

M/ Lieu de naissance de Fédérico le poète et de Luis el zapatero. .

N/  Recherchés. Endommageant gravement.

O/ Bêtes de paradoxes. Ouvertes et n’en bouchent pas un coin. Ne fait mouche que partiellement.

 

   

A suivre

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 9 août 2009

 Je viens de faire un billet sur la révolution en héritage et comme j’évoquais la nuit du 4 août 1789 je ne pouvais m’empêcher de penser à l’été dernier et à la mise sous tutelle, le 7 septembre 2008, par le Trésor Public U.S. des  organismes de crédits immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac. Le  7 septembre le jour où l’administration Bush flirtait avec la gouvernance  "socialiste", à en croire la presse américaine.

 

 Les services d’urgence furent débordés car après Fannie Mae et Freddie Mac il y eut quelques jours plus tard, Lehman Brothers et Merrill Lynch  puis encore American International Group (AIG) ….tout allait à vau l’eau dans le monde merveilleux du capitalisme financier.  

 Georges Bush, Bernanke le président de la Réserve fédérale et Henry Paulson secrétaire au Trésor n’allaient pas continuer à se faire traiter de socialos, insulte suprême pour ces grands gourous de l'ultralibéralisme. Finalement Lehman Brother allait déposer le bilan, cette banque ne serait pas nationalisée et pourtant, et étonnamment, Wall Street se mit à avoir encore plus peur. La grande peur de cette fin d'été.... certes l’interventionnisme d’état allait se poursuivre à grande échelle dans le monde occidental mais il fallait bien pour respecter les sacro-saints principes de l'économie capitaliste en sacrifier quelques uns.

 

 La panique touchait l’Europe et notamment l’Espagne et l’Angleterre… ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient malades….
 Il fallait bien que notre petit caporal ait son mot à dire…. notre bon peuple de France n'aurait pas compris que celui qui s'invitait tous les soirs au journal télévisé ne vienne pas les rassurer et on eut donc, nous aussi, notre nuit du 4 août…. Bon ok, décalage honoraire oblige, elle n’eut lieu que fin septembre, le 26 septembre pour être plus précis, et non pas à Versailles au congrès mais à Toulon pour les français qui restent en rade.
 Le discours de Sarkozy à Toulon, en fait le discours de Guaino, le nègre de l’Elysée, qui fait en général (normal il croit être la réincarnation du général De Gaulle) d’assez bons discours (en dehors de celui de Dakar où il aurait fallu un nègre qui connaisse l’Afrique), des discours que l'on peut même qualifier tendance gaulliste de gauche par ses appels ou références, aux mannes de Jaurès, Blum, Mendès et Mitterrand....et là, à Toulon il a fait fort le Sarko-guainé :

«… La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme, le refonder sur une éthique, celle de l’effort, celle du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté nécessaire et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle. Il nous faut un nouvel équilibre entre l’Etat et le marché, alors que partout dans le monde les pouvoirs publics sont obligés d’intervenir pour sauver le système bancaire de l’effondrement. Un nouveau rapport doit s’instaurer entre l’économie et la politique à travers la mise en chantier de nouvelles réglementations. L’autorégulation pour régler les problèmes.... C’est fini le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini…. » 

 
 Vains dieux, l’honnête mécréant anti-ultralibéralisme que je suis en fut tout retourné. J'étais vraiment troublé ; ce pouvait-il que ces opportunistes de Besson et Kouchner (1/3 mondiste 2/3 mondain) aient eu raison ? J’en suis d’abord resté pantois et puis réflexion faite je me suis dit que c'était encore du foutage de tronche et je suis resté prudemment sur mes positions d'opposant en attendant... pour voir comme ils disent au poker et à la bourse … et en conclusion  et avec le recul nécessaire mais suffisant je peux dire que : 
 Tout ce baratin, bon Dieu, ce n'était rien que de la poudre aux yeux, rien que de la comédie, que de la parodie ; histoire d’endormir les croquants et manants et gagner du temps.…  le marché des dupes (les salariés et retraités moyens qui en devenant des petits actionnaires jouent contre leur camps ).  
 En distribuant des milliards pour les banques, sans prise de participation, sans mise sous tutelle, c’était de l’argent à fonds perdus et les comptes devraient être réglés plus tard par les hausses d’impôts, des baisses de salaires, de retraites et des allocations, par la casse des services publics et comme le compte ne sera toujours pas bon …. Il faudra bien à terme pour éponger les dettes laisser l’inflation repartir un petit peu, un peu, puis un peu plus et encore plus.....  
 Et puis voilà t-y pas, aujourd'hui, que les bonus recommencent à fleurir ; ils reviennent par millions, par milliards dans le monde de la finance… le pauvre Guaino a beau pleurer que c’est honteux on n’entend guère les autres,… si un peu Sarko-phage dans le JDD mais modérément selon les consignes du toubib…. surtout pas de malaise et qu'il reste heureux et en très bonne santé. Mme Lagarde est la plus franche ou la plus habile …. quand elle affirme que, dans ce monde de la finance globalisée, si ce ne sont pas nos traders qui empochent les bonus ce sont des traders internationaux  qui se partageront le gâteau.   


 Franchement à quoi pouvait-on s’attendre avec ce moulin à vent de la communication, cette star de la peopolisation mais surtout ce sous off de la politique. Qui se souvient que pendant la campagne présidentielle en 2006 il avait justement vanté les crédits subprimes qui permettaient à 70% des anglo-saxons d’être propriétaires de leur logement contre seulement 50% des français ?
  Il a découvert, comme presque tout le monde y compris une majorité des experts économistes qui n'ont rien vu venir cloîtrés dans la pensée unique et qui, aujourd'hui, nous prédisent la sortie du tunnel et certifient  à "C dans l'air" que ça va beaucoup mieux, ou encore 95% des politiciens de droite et même, malheureusement, 50% des politiciens de gauche....  notre président, ex-candidat, a donc enfin découvert, sur le tard, et tous les autres aussi, que le système financier mondial est complètement déconnecté de la réalité économique. Ouf ! C'est déjà ça..... Il était temps....! 
 Un simple rappel que l’on peut trouver dans les plus simples ouvrages de vulgarisation comme ceux de Gallimard Jeunesse  : «…
Depuis les années 1980, le pouvoir d’achat dans les pays industrialisés n’augmente plus car la richesse est captée par les financiers détenteur du capital, et notamment les actionnaires. Motivés par leurs seuls profits, les propriétaires d’actions imposent des compressions de salaires et de personnels, voire des délocalisations des entreprises vers des pays émergents qui offrent une main d’œuvre bon marché et peu exigeante. Ils n’investissent pas à long terme dans l’entreprise et revendent leur part dès qu’elle devient moins rentable……..

…. A l’ heure de la mondialisation économique toutes les économies sont liées. Les fonds de pension am éricains finances les entreprises européennes. … ».

 

Je m'étais procuré (*) il y a 6 ou 7 ans et j'avais lu avec intérêt et inquiétudes un livre paru en 2002 de Arnaud Zacharie et Jean-Pierre Avernaete économistes et membres scientifiques d’ATTAC. « Mise à nue des marchés financiers », un ouvrage très sérieux mais non rébarbatif car relativement court (130 pages) et franchement il n’est pas nécessaire d’avoir fait polytechnique pour l’aborder. Les auteurs nous invitaient à un voyage initiatique au sein de cet univers complexe et redoutable.


 La grave crise de l’été dernier qui fait d’ailleurs suite à celle de l’été précédent et qui font suites à beaucoup d'autres, plus ou moins fortes, des deux dernières décennies….. Certes ça ne sera peut-être pas encore la crise finale…. mais elle viendra celle là, la fatale,.... elle arrivera dans 2 ans, dans 5 ans ou 10 ans, elle arrivera si rien n’est fait pour combattre ce cancer de l'économie qu'est l'ultralibéralisme, le capitalisme financier, si le G20 ou autres sommets du  Gn+1 continuent à accoucher d'une souris d’ordinateur… un clic et les grands principes établis par les grands de ce monde (et il y a même des petits) s’envolent.

 En attendant si cette crise financière devait être heureusement maîtrisée, d'ici quelques mois, il est probable, il est quasiment certain que la crise économique et ses conséquences sociales  vont perdurer quelques temps et certainement plus que ce que nous disent les guignols ... et ce n'est sûrement pas en balançant des milliards de bonus aux spéculateurs que le bon peuple, les travailleurs, ceux qui se lèvent tôt, ceux que Monsieur Sarkozy  flattait en 2006, retrouveront le moral et la confiance.

 

A suivre

(*)... et je pourrais encore citer des dizaines de livres, plus anciens mais toujours présents dans ma bibliothèque :
Finance et économie la fracture d'Olivier Piot de 1995.
Contre la dictature des marchés d'un collectif autour de Christophe Aguiton en 1999 
Une nouvelle phase du capitalisme d'un collectif autour de François Chesnay de 2001
L'éloge du mondialisme par un anti-présumé de René Passet de 2001. 
et bien sûr ceux de Pierre Larrouturou

Mais à quoi ça sert de jouer les Cassandre quand les autres sont des autruches ?
 

Par daniel - Publié dans : trop poli-tique - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 4 août 2009

 Oui je sais, je ne suis pas raisonnable car je n'ai pas encore eu le temps d'accompagner les photos de mon précédent billet de légendes et de petites informations secrètes sur cette semaine aventureuse en Périgord où nous avons accompagné nos jeunes explorateurs des temps passés.... que je m'impose déjà un nouveau chantier.... mais en cette nuit du 4 août je me suis lancé dans la lecture d'un hors-série du Monde étonnant et passionnant : la Révolution en héritage et je souhaite partager ce plaisir, ces réflexions, ces interrogations .... alors, même s'il est probable que ce billet ne sera pas terminé au bout de cette nuit, il m'a semblé nécessaire, au moins, de le commencer afin qu'il soit daté du 4 août, nuit symbolique s'il en est. 

 
Parcourons ce hors-série et d'abord l'introduction de Michel Lefebvre:

« ....Aujourd'hui, le débat sur "1789, révolution de la liberté" opposée à "1793 révolution de l'égalité", porteuse de violence voire matrice du totalitarisme, est un peu dépassé.....les historiens que nous avons rencontrés nous invitent à revisiter les origines de 1789, à replacer la Révolution française dans une histoire élargie à "l'ère des révolutions" et à analyser son rôle dans la longue maturation de l'idée républicaine... »
 Il faut lire l’entretien avec l'historien américain Timothy Tackett « Les approches de 1789 sont plus pragmatiques, moins idéologiques ». Extraits :

 A une question du journaliste sur l'influence de la pensée des lumières : « Ce sont en fait les révolutionnaires qui dans, leur volonté de s'inscrire dans une filiation se sont recréés des généalogies en se choisissant quelques figures tutélaires comme Montesquieu, Rousseau ou Voltaire... : c'est la révolution qui a construit les lumières plutôt que l'inverse... »

 A une autre question sur la prise de conscience par les contemporains de la dimension historique des évènements, l'historien répond :  « Sans doute le 17 juin 1789, le jour où les députés se sont proclamés "Assemblée nationale". Ce fut un instant bouleversant. Les gens pleurèrent, certains perdirent connaissance. Trois jours plus tard eut lieu un autre épisode mémorable, le serment du jeu de paume.
 Par la suite d'autres dates furent considérées, sur le moment comme historiques. Comme le 4 août 1789, quand furent abolis les privilèges; les gens eurent alors l'impression de vivre en une nuit plus que ce que leurs ancêtres avaient vécu en plusieurs siècles. Comme si l'histoire s'était formidablement accélérée. »

 et répondant au journaliste qui s'étonne que le 14 juillet 1789 ne soit pas mentionné Timothy Tackett précise : « Evidemment, bien que la journée ait d'abord été vécue comme un traumatisme par la plupart des députés, effrayés par les débordements populaires. Ce n'est qu'après coup, une fois la fièvre passée, que le 14 juillet fut "recréé" comme un grand jour. 
 Cela en dit long sur les sentiments ambivalents que les députés nourrissaient à l'égard du peuple au début de la Révolution....  »

 
 La suite de ce hors-série est de la même veine avec des textes très intéressants, très pédagogiques et de jolies ou provocantes illustrations : un petit lexique révolutionnaire, les grandes dates qui ont changé la France, les figures historiques... du bel ouvrage. Je m'arrête un instant sur le récit de cette nuit mémorable du 4 août :
 «  Depuis le 14 juillet, le roi a multiplié les signes d'apaisement : il a rappelé Necker aux affaires, nommé La Fayette à la tête de la garde nationale et même accepté la cocarde tricolore que lui a remise Bailly, le maire de Paris. Mais le peuple est entré dans l'arène et n'est plus prêt à en sortir. Partout dans le pays, l'agitation gronde. Et surtout dans les campagnes où les abbayes sont pillées et les châteaux attaqués........... C'est la "Grande Peur", un gigantesque mouvement de panique qui saisit la France au coeur de l'été.
 Que faire pour calmer les esprits ? »

 C'est la question dont l'Assemblé décide de débattre les 3 et 4  août. Deux hommes vont dominer les débats : Le duc d'Aiguillon et le vicomte de Noailles deux représentants de la noblesse libérale. « ….Pour le premier, la violence est condamnable mais on ne peut que comprendre la colère d'un peuple "qui cherche à secouer un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête." Pour le second, '' l'effervescence des provinces suppose des décisions radicales", comme le rachat des droits féodaux par les communautés et l'abolition des corvées seigneuriales, des mainmortes et autres ''servitudes personnelles". Ces mesures sont adoptées. »

 D'autres suivront au cours de cette nuit de justes folies : suppression des justices seigneuriales, du droit exclusif de chasse, des dîmes, de la vénalité des offices, du casuel des curés etc ... « ..." Grande nuit, on pleurait, on s'embrassait " note dans son journal Adrien Duquesnoy un jeune député du tiers état...  ». Une seule nuit aura suffi pour liquider l'Ancien Régime.

Enfin presque..... Car selon l’historien Michel Vovelle à qui fut confié d'écrire le 1er tome de la riche « Nouvelle histoire de la France contemporaine » (18 tomes au total de 1787 à 1974), intitulé « La chute de la monarchie 1787-1792 », dès le lendemain et avant de rédiger les décrets toutes les décisions de la nuit furent analysées en détail et lors d’âpre marchandages. Il n’était pas question d’un retour en arrière et d’ailleurs la déclaration de principe liminaire affirmait bien que « L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal », mais des clauses, des modalités d’application, venaient compléter les lois de la nuit généreuse pour en édulcorer passablement les hardiesses. En la circonstance les aristocrates purent s’appuyer sur certains ténors du parti des patriotes comme Sieyes et Mirabeau. Ce fut, in fine, un marché de dupes pour le peuple et notamment les paysans, la noblesse et le clergé réussissant à limiter la casse par rapport à ce qui s’était décidé la nuit du 4 août. Sans doute n’était-il pas possible d’aller aussi loin et aussi vite mais cela a aussi, probablement, contribué à entraîner la révolution vers des lendemains moins fraternels.

 Cependant et selon Vovelle : « Quelles que soient les limites de sa portée, la nuit du 4 août conserve une importance majeure dans le déroulement de la Révolution et plus largement dans l’histoire de la France moderne. Dans leur complexité, les stratifications institutionnelles qui faisaient de la France une nation incomplète, inachevée, s’effacent d’un coup. L’ancien régime social d’une société d’ordres, fait place à l’égalité civile appelée par la philosophie des lumières. L’essor du capitalisme au XIXe  siècle trouve dans la libération juridique de l’individu une des conditions formelles qui lui étaient indispensables ; à ce titre, au-delà même de la conscience immédiate qu’elle a pu avoir, c’est la bourgeoisie qui triomphe au 4 août. »

 

Je reviens au Monde hors série « La Révolution en héritage » il propose aussi un débat politique passionnant. Le journal a demandé à six personnalités de répondre à la question « Que représente pour vous la Révolution française ? ». Je vais citer quelques extraits sans dire de qui sont les déclarations très partielles que je reporte :


1/ «…. Je sais bien que pour Clémenceau, la Révolution est un bloc, mais on doit admettre que la terreur a dérapée jusqu’à l’horreur : Il faut savoir garder un œil critique.… cependant un acquis doit être revendiqué sans complexe, c’est celui de la République. Aujourd’hui la mémoire de la Révolution est pacifiée, c’est un fait. Mais le communautarisme est une grande menace pour ses acquis… »

 

2«…. Cet évènement d’une force inouïe, la France a mis un siècle à le digérer. Il a continué à structurer notre pays depuis plus de deux siècles et, aujourd’hui, il est en train d’être détricoté. Le système post-démocratique qu’installent la mondialisation et l’Europe supranationale rétablit des catégories privilégiées.…..

…. Le plus beau cadeau de la Révolution c’est sa devise, liberté, égalité, fraternité. C’est cela qui est en train d’être cassé : nous sommes dans une espèce de retour à l’Ancien Régime…. »

 

3/  « …Qu’est ce que la Révolution nous a laissé en héritage ? D’abord, une idée troublante : une société peut s’effondrer entière en quelques mois, lorsque la charpente est vermoulue. Cette idée proprement révolutionnaire ne sera pas oubliée dans les deux siècles qui suivront. Deuxième héritage : la souveraineté appartient au peuple et à lui seul. Cet héritage-là malgré les deux Empires ne s’effacera plus. Troisième héritage : les questions religieuses sont pour la politique de la nitroglycérine. Enfin la révolution de 1789 marque le point de passage vers l’instauration d’un Etat centralisé. Cet héritage ne s’effacera pas. »

  

4/ « La Révolution française est un événement tellement inscrit dans le conscient populaire que cela en fait une des rares buttes historiques dans lesquelles tous les Français, quelles que soient leurs conditions familiales, sociales, culturelles, peuvent trouver un élément de leur identité. Certains s’identifieront plus au basculement de l’ordre établi, d’autres y verront l’émergence d’une nouvelle citoyenneté, d’autres encore ne veulent retenir que les années de terreur… Chacun y trouvera son éclairage.

 En réalité, aucun de ces éléments n’est dissociable de l’autre. On ne peut résumer la Révolution de 1789 à la guillotine ou aux droits de l’homme. C’est justement par sa diversité et sa complexité que cet événement est fondateur de la France moderne…. »

  

5/  « L’année 1789 évoque pour moi l’irruption  du peuple sur la scène politique : la prise de la Bastille bien sûr, symbolisant l’abolition de l’absolutisme…. En quelques jours, en quelques semaines, ce qui apparaissait depuis des siècles immuable et indestructible… s’effondre.

 Beaucoup opposent la conquête de la liberté (1789) et celle de l’égalité (1793)… Je m’insurge contre une telle vision qui vise à mobiliser l’histoire pour justifier les conservatismes d’aujourd’hui….

Plus de deux siècle après, être fidèle à 1789, c’est défendre la nécessité d’un mouvement révolutionnaire émancipateur. Qu’une nouvelle fois, le peuple surgisse là où on ne l’attend pas. »

 

6/ «… Plus qu’un évènement, c’est un avènement, qui ouvre une nouvelle période historique. L’essentiel des grandes réflexions depuis deux siècles passe par la réécriture d’un récit et la réinterprétation du moment révolutionnaire….. Beaucoup d’historiens ont opposé la bonne révolution libérale de 1789 à la mauvaise révolution jacobine de 1793, et structurés l’histoire autour d’oppositions fortes : entre liberté et égalité, entre Etat et l’individu…. Pour eux la Révolution avait épuisé ses effets.

 Je pense que ce n’est pas exact. Nous sommes dans une continuité. Opposer bonne  et mauvaise révolution n’est pas juste. L’égalité n’est pas l’ennemi de la liberté. Le mot fraternité qui émerge dans la Révolution française, exprime cette articulation entre les deux.

 Pas plus qu’il n’y a d’opposition entre l’Etat et l’Individu : l’organisation collective est nécessaire à l’émancipation des individus. »

 

7/ «Existe-t-il aujourd’hui un risque révolutionnaire ?  Il y a des peurs. Il y a des désespoirs… il y a toujours un terreau dès lors que la France s’inquiète, dès lors qu’elle doute de son destin. Face à une crise d’une gravité exceptionnelle, à la crue sans précédent du chômage, souvenons nous qu’il n’est pas d’exemple dans l’histoire de France d’une dépression économique sans fièvres politiques……. Il y a bien une prédisposition de la France aux révolutions qui a toujours fait sa singularité. La Révolution française a-t-elle jamais été achevée ?

….. Aujourd’hui, cette prédisposition se double de nouvelles vulnérabilités : le sentiment de l’impuissance, le délitement des solidarités et le vide de projet politique. La France craint d’être dépossédée de son destin. Les grandes ruptures de la génération écoulée –décentralisation, construction européenne, mondialisation – ont fragilisé l’Etat, socle historique de la nation…..

…. Au confort annoncé d’un embourgeoisement social s’est substitué une société de la peur, hantée par la précarité et le déclassement, minée par la fracture des générations et le scandale du chômage des jeunes. Le mécontentement trouve-t-il encore un exutoire pacifique ?

….Face à un risque révolutionnaire, la politique ne saurait se réduire à la myopie gestionnaire ou l’aveuglement courtisan. La lucidité et l’esprit de responsabilité peuvent seuls nous guider vers des réformes justes pour désamorcer les tensions et éviter la violence…..

… Nous avons été à l’avant-garde de la révolution des libertés, nous devons être aujourd’hui parmi les pionniers d’une nouvelle donne planétaire. »

 

   Après avoir précisé que ces personnalités sont : Ayrault, Besancenot, Bayrou, Copé, Dupont d’Aignan, Peillon et Villepin on pourra constater d'heureuses convergences …. Et pourtant tous ne sont pas mes amis mais je dois bien admettre qu’en dehors de Besancenot que l’on reconnaît facilement (texte n°5) les autres ont, dans l'ensemble, des positions assez proches sur le sujet et méritent le respect.

 Question aux lecteurs de ce billet : Avez-vous trouvé à qui appartient chaque citation : Pas toujours évident ! 


 Je dois recommander, aux lecteurs  de se procurer le journal et de lire les déclarations in extenso car, pour certains comme De Villepin, je n’ai reporté que de courts morceaux choisis d'un long argumentaire très politique et manifestement ciblé ; idem pour Ayrault mais pour lui le propos est centré sur Nantes et non contre Sarkozy.  Pour les autres c’étaient des billets plutôt courts, une sorte de synthèse de positions déja connus : ainsi le texte essentiel de Vincent qui avait publié au cours de l’été 2008 un  remarquable ouvrage « La Révolution française n’est pas terminée »  

 

  

A suivre

Par daniel - Publié dans : L'invité - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 2 août 2009

 Mardi 21 juillet nous reprenions, avec nos hardis explorateurs, les randonnées découvertes dans la vallée de la Vézère.
 Première étape de la journée, le Gouffre de Proumeyssac. Ce gouffre était connu depuis des siècles sous le nom de " trou du diable ".  Dans les temps anciens il servait de tombe aux malheureux voyageurs qui étaient détroussés et assassinés par les voleurs de grands chemins. Les autorités firent obturer ce puits naturel vers 1765 et il fallut un effondrement du bouchon, 130 ans plus tard, pour que les légendes effrayantes recommencent à battre la campagne.
 Un puisatier courageux installa en 1907 au dessus de ce trou sans fond son matériel de travail et, pour en avoir le coeur net, y descendit. Il découvrit alors malgré un éclairage des plus sommaires ce féerique chef d’oeuvre de la nature....féerique et diabolique en constatant la masse de restes humains au fond du gouffre.
 Il s’agît d’une immense voûte souterraine aux parois ornées d’une multitude de cristallisations d’une densité exceptionnelle : stalactites, stalagmites, draperies pures et translucides... Le tout bien évidemment mis en valeur, depuis pour raisons touristiques par des sons et lumières... le site a été rebaptisé la cathédrale de cristal : avec de telles splendeurs, il fallait bien rester dans le domaine mystique. Nos jeunes explorateurs en furent émerveillés (nous aussi)....
 Une fois la visite terminée le site mérite aussi qu'on s'y attarde un peu, ce que nous avons d'abord fait pour pique-niquer, puis pour nous balader dans la forêt de chênes et de châtaigniers. Nous sommes allés voir le local d'où descend la nacelle (pour la plus grande partie des visiteurs l'accès se fait par un tunnel aménagé mais quelques privilégiés, trois ou quatre au maximum, peuvent descendre par la nacelle). Il y a aussi une aire de jeux et un magasin regorgeant de diaboliques objets de tentation : pierres et statuettes de calcite et divers souvenirs ...  le diable est commercial au XXIe siècle.  














 En début d'après-midi nous avons filé vers la Roque Saint Christophe. Un site naturel admirable, que Pilou et moi avions déjà visité il y a quelques années .... mais je ne me souvenais pas avoir trouvé autant d'intérêt à la visite guidée. Le passionnant récit qui nous a été fait par une érudite qui a su captiver aussi bien les enfants que les adultes par des trésors d'histoires de civilisations du paléolithique à la guerre de cent ans.















 Le soir nous somme rentrés au camping où nous attendait une redoutable confrontation de badminton.

 Mercredi matin fut consacré à une pause technique. Papy avait besoin de trouver un cyber café pour envoyer un texte sur son blog (La retirada) et effectuer aussi  quelques courses. Ce fut chose faite à Terrasson La Villedieu.... un bien joli centre ville malgré un nom si peu périgourdin. En début d'après-midi nous reprenions nos randonnées : direction la Maison forte de Reignac.  









 

 

 

 

 





 Le grand intérêt de ce château falaise c'est qu'il est meublé.... et la visite est libre (mais entrée payante bien sûr) les enfants contemplaient tout, essayaient tout, touchaient à presque tout dès que papy avait le dos tourné : les lits, les fauteuils, les armures... Ce qui surprend aussi c'est que les salles sont nombreuses et assez vastes et confortables pour les principales. Les mômes du XXI e siècle ont une attirance particulière pour ce qui est tendance "péril gore" : Les cellules et la salle de tortures sont particulièrement examinées ..... et pour leur expliquer que ce n'était pas des salles de jeux... !!
 

















 
 
 Pour rester dans dans l'aventure et la montée d'adrénaline nous sommes retournés au Conquil pour faire le circuit accro-branches junior. Hugo a fait le parcours en entier et Thomas aussi enfin presque et ça mérite un grand coup de chapeau, à 5,5 ans... bon la tyrolienne de fin de circuit....  il a trouvé que ça faisait, peut-être, un peu beaucoup....

















 
 Le soir juste une soirée crêpes qui fut la bienvenue... nos explorateurs ont montré depuis le début de la semaine qu'ils avaient de l'estomac....  il fallait donc bien le remplir....


... et puis le lendemain matin ils devaient se lever de très bonne heure puisque nous avions décidé d'aller à Padirac, dans le Lot à environ 1 H 30 de route. Il fallait y être pour l'ouverture des guichets à 9 H 30 et donc se mettre en route au plus tard à 8 H.
Nous avons bien tenu notre planning et étions sur place à l'heure voulue... pour constater une file d'attente de plus de 400 m : 45 minutes de queue avant de pouvoir nous procurer les sésames magiques.
 Magnifique voyage à 100 m de profondeur avec une promenade en barque sur plus de 500 m. Nous n'avons pas le droit de faire des photos mais big brother est tapi dans les roches..... car il n'y a pas de petits profits : bien sûr nous avons acheté la photo.
 Après nous avons continué la visite à pieds vers le lac des Gours et la salle du Grand Dôme. Hugo, qui vérifie tout, a compté le nombre de marches et est tombé pile poil sur le chiffre annoncé par le guide. Etait-ce bien utile de compter? Thomas lui faisait de grosses billes et contemplait  les merveilles : Stalactites, concrétions, sculptures, cascades ou barrages de calcite. Un site à couper le souffle. Comment ai-je pu attendre d'avoir 60 ans (++) pour admirer tout ça ? Et il y a toujours des reconnaissances, des explorations, en cours de la rivière sur des dizaines de kilomètres. C'est une sacrée aventure la spéléologie... ça m'aurait sans doute bien plu...mais aujourd'hui c'est trop tard et puis on ne peut tout faire en une seule vie.

 L'après-midi fut consacré à Rocamadour : superbe village, haut lieu de pèlerinages et de pénitences..... et de prières des plus terribles bretteurs du moyen-age avant de partir guerroyer et massacrer.....






















 Retour par Souillac ou papy a pu contempler un bien beau viaduc....
....puis halte à Sarlat La Canéda... Nous déambulons dans les rues piétonnes essentiellement dans la partie est de la ville par rapport à la traverse. Balade reposante : on cherche une librairie, les enfants veulent une glace et prendre des photos : c'est le grand jeu de massacre (encore qu'il y ait eu 2 ou 3 bonnes surprises) mais, après tout, avec les appareils numériques l'excès ne coûte pas cher.... juste un peu de patience.  

 Je reprends quand même les affaires en mains pour photographier quelques glorieux édifices comme l'ancien évêché, la cathédrale St Sacerdos et la maison de la Boétie, l'ami de Montaigne.



  Le soir les gamins commencent à rechigner à se coucher tôt .... il faut dire que d'autres enfants commencent à tourner autour de notre logis pour faire connaissance... heureusement que le plus gros du programme est déjà fait. 
 
 Vendredi, dernière journée de vacances en Périgord qui devait être réservée à quelques visites de rattrapage comme St Léon sur Vézère, Montignac et Saint Amand de Coly... et puis dans le cadre de la visite de Sarlat, papy a appris l'histoire du général Fournier Sarlovèse, il sut que le film de Riddley Scoot "Les Duellistes" avait été tourné en partie dans la région et notamment le dernier duel au château de Commarque. L'essentiel de l'après-midi fut donc consacré à cette visite. (Voir le billet Ciné-cure ...les Duellistes)

















 
 
 Samedi le départ, le retour à la maison: Le matin avant de partir nous sommes quand même passés à St Amand de Coly, oublié la veille pour cause de duel.... puis en route nous fîmes une halte à midi à Brantôme la Venise du Périgord : une superbe ville au bords de la Dronne.

 









 

 Le retour par la Charente : Montbron, Marillac le Franc et La Rochefoucauld... mais comment bien faire comprendre à Hugo et Thomas que ce sont une partie de mes racines ;  là où est né mon grand-père Ernest et ses parents et .... etc... au delà...  mais ça fera l'objet d'un prochain billet.


A suivre

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 30 juillet 2009

 Pour les vacances d'été avec les petits-enfants nous avions choisi d'un commun accord le Périgord noir. L'an dernier nous étions allés dans le Puy de Dôme, mais il y avait un côté "surprise" car Hugo, depuis plusieurs mois, n'arrêtait de nous dire "L'été dernier mon copain Timotée est allé à Vulcania et c'est très bien"... on lui avait donc fait la surprise de  souscrire à son désir. Cette année il a bien essayé de nous refaire le coup... mais comme Timotée devait se rendre en Australie... on a préféré jouer le jeu du débat participatif se concluant sur le choix de Mamilou et Papy.
 En route donc, le 18 juillet, destination un camping près de Saint-Amand-de-Coly.... pour un séjour d'une semaine.; eh oui Cécile ne nous prête Hugo et Thomas que pour une semaine....alors pour l'Australie ça faisait un peu juste..... De plus les petits venaient de passer deux semaines en camping avec leurs parents à la Olonne-sur-Mer, 15 jours de vacances en liberté à jouer, à profiter de la piscine, de la mer, à faire du vélo, à se coucher très tard, à se lever trop tard... enfin bref des vacances idéales pour les mômes. Avec nous ça devait être un peu différent... il y avait des sites à visiter... et donc des contraintes de timing pour des vacances découvertes... et finalement, même si ce fut un peu difficile les deux premiers jours, il faut croire que cela leur a bien plu.
 Nous étions arrivés au camping le samedi après-midi, le temps de faire quelques courses à Terrasson, de faire une partie de pétanque, de souper... et de penser au lendemain en consultant nos documentations.    
 
 Dimanche : Nous étions à une douzaine de kilomètres de Montignac... la première visite devait être tout naturellement consacrée à Lascaux.... 
Levés "presque, au son du clairon" nous avions nos billets de visite dès 9 h 30 et à 10 h nous rentrions dans la grotte de Lascaux 2.... eh oui ! On ne visite plus Lascaux depuis 1963 pour préserver ce chef-d'oeuvre de l'art paléolithique mais depuis plus de 25 ans un fac-similé situé à environ 200 m de l'entrée de la grotte découverte en 1940 par le chien Robot et son jeune maître Marcel. Quinze années de visites de l'original ont provoqué une altération des peintures vieilles de 17000 ans.

 Lascaux II rassemble 90% des peintures de Lascaux originale. Sur une coque en béton projeté et travaillée dans le moindre détail pour reconstituer l'apparence de la roche calcaire. Une artiste Monique Peyral  a reconstitué à l'identique, les fresques, peintures murales polychromes exécutées avec des colorants naturels.
 La rançon du succès commence aussi à se ressentir à Lascaux II qui commence à souffrir à son tour de l'affluence des visiteurs: gaz carbonique, humidité, spores etc....  

 Après Lascaux avec nos deux jeunes aventuriers nous sommes allés au Conquil pour continuer à explorer le temps. C'est un parc situé au sud de la Vézère, à proximité de Saint-Léon, à mi-chemin entre Lascaux et les Eyzies.















 Nos mouflets ont joué à Jurassic Park  : courant du Tyranosaurus Rex au Brontosaure, sans oublier de saluer le Stritominus ou le Polacantrus. 
 Dans le même Parc, on a conclu la visite en découvrant le site troglodytique, avec une magnifique vue sur la Vézère. Nos ancêtres, de la préhistoire  au moyen-âge, devaient se sentir parfaitement en sécurité dans ces abris sous roche aménagés et fortifiés.
 
 Hugo et Thomas qui avaient  consciencieusement consigné sur une fiche de jeu de piste (aidés par Mamilou pendant que papy assurait la sécurité car avec tous ces dinosaures...) , les informations demandées reçurent un magnifique diplôme d'explorateur des temps passés.














 Bien sûr nos héros regrettaient de ne pouvoir finir cette aventure par le parcours accro-branches du site de Conquil ; mais nous avons promis de revenir avant la fin de la semaine... et puis il fallait bien se restaurer un peu avant de courir de nouvelles aventures du côté de Tursac, au Préhistoparc. Là ils ont fait connaissance avec les hommes de Néandertal et de Cro-Magnon.















 Quel après-midi fabuleux : Hugo et Thomas sont allés à la chasse, au mammouth laineux, à l'élan, à l'ours, au tigre.... plus relaxes ils ont participé au ramassage de brindilles pour la hutte  néandertale  et réalisé des peintures avec Cro-magnon.
 Pour une première journée, que d'aventures !
 En soirée au camping initiation aux échecs....et ils ne manquent pas d'air les mômes dès le 1er soir ils espéraient battre papy.


 Lundi : direction la rivière Espérance à la Roque-Gageac















 Une heure de balade au fil de l'eau dans ces embarcations à fond plat qui permettaient, aux siècles prédédents, les transports de marchandises entre le massif central et la Gironde. La promenade nous conduit sur 8 km aller-retour de La Roche Gageac au château de Castelnaud en passant  devant le village de St Julien de Cénac, le château de Lacoste, le château de Malartie et le château de Marqueyssac.




 Pour finir la journée nous sommes allés visiter le château de Castelnaud dont l'histoire fut tumultueuse entre 13ème et 16ème siècle. Nous eûmes même droit à un spectacle quelque peu tiré par les heaumes.














 Au soir de cette seconde journée bien remplie ce fut une soirée scrabble benjamin.


A suivre....

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 26 juillet 2009

Ce billet de Ciné-cure est consacré à Ridley Scott l’un des deux ou trois réalisateurs les plus actifs des trois dernières décennies et l’un des plus talentueux.

Il ne sera nullement question de politique, ce n’était pas du tout prévu, et comme le président a eu aujourd’hui un malaise vagal, je ne vais pas, en plus, le tourmenter. D’ailleurs le titre, « les duellistes » n’est guère porteur avec lui : ça fait longtemps qu’il a fait le ménage dans son camp. C’est vrai que le titre irait beaucoup mieux pour le PS.... mais là c’est moi qui fais un malaise vague à l’âme.

On ne tire pas sur une ambulance, alors pas la moindre intrusion politico - humoristique. C’est donc un vrai billet de cinéphile mais c'est aussi un billet de vacancier sur le retour. Oh ! Pas grand-chose, juste une petite semaine en Périgord noir avec nos petits-enfants.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, jeudi dernier, d’apprendre, en consultant le guide vert, avant d’aller visiter Sarlat qu'« un Sarladais connu sous le surnom de François-Louis Fournier-Sarlovèse (1723-1827), inspira à Joseph Conrad Le Duel, nouvelle qui servit de base au film Les Duellistes du réalisateur Ridley Scott (1977). Conrad et Scott étaient fascinés par les 22 duels consécutifs qui opposèrent durant 19 ans, ce général, cavalier émérite et sabreur chatouilleux, glorifié par la campagne d’ Espagne, à un autre général d’ Empire, Dupont. Le duel final se situe dans le film, au château de Commarque.»   

 
 Vendredi après-midi la dernière visite de notre périple en Périgord  fut pour cette  grandiose forteresse en ruine, abandonnée depuis le 17ème siècle (au profit du château de Lassel situé de l’autre côté de la vallée de la Beune) mais en cours de réhabilitation depuis une quarantaine d’années.
 La forteresse est dissimulée au fond d’un magnifique bois qui permet pour l'atteindre, en partant du parking, une très agréable balade.



 Quand le chemin débouche sur la forteresse on est étonné de se retrouver face à un ensemble aussi grandiose alors qu'une vingtaine de mètres
avant, on ne l’apercevait même pas.  Le site est surprenant avec sa base troglodytique surmontée de constructions romanes, puis en élévation la place forte et le donjon.

 






  









 Conrad a publié «
A Set of Six » en 1908, un recueil de six nouvelles dont « Le Duel » alors qu’il avait déjà publié 8 romans dont « Au cœur des ténèbres », « Lord Jim » et 4 recueils de nouvelles dont «Typhon ».

 

«Les duellistes » est le premier film de Ridley Scott alors qu’il avait déjà 40 ans en 1977. Il obtint le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes. J’ai adoré ce film que j’ai vu relativement tardivement et que je considère comme l’un des trois meilleurs films de ce réalisateur. (Avec « Thelma et Louise » et « Gladiator »).

Ridley Scott, comme Alan Parker, comme John Bormann, comme son frère Tony Scott et comme beaucoup d’autres réalisateurs en charge des grosses productions américaines est britannique.

  

Les duellistes sont Armand d’Hubert (interprété par Keith Carradine) et Gabriel Ferraud (joué par Harvey Keitel). Ce sont deux officiers de l’armée napoléonienne. Le lieutenant d’Hubert est chargé par son supérieur de mettre aux arrêts le lieutenant Ferraud qui s’est battu en duel le matin avec le fils du maire de Strasbourg. Cette sanction avait surtout pour but de l’empêcher de se pavaner, le soir même, dans un bal mondain de cette ville.
 Mais Ferraud se sent offensé et provoque d’Hubert en duel. Ce duel est remporté par d'Hubert qui blessa son adversaire mais à partir de ce jour les deux soldats s’opposeront chaque fois qu’ils se rencontreront et ce tout au long du règne de Napoléon et même au-delà pour le dernier duel.
 Les seuls moments où ils ne pourront s’affronter sont les périodes de guerre et quand ils ne seront pas au même grade, mais tous deux graviront quasiment simultanément la hiérarchie militaire de lieutenant à général et ils pourront donc, se haïr et se combattre à  loisir durant 19 ans

   Les deux acteurs sont fabuleux : Harvey Keitel en Ferraud officier violent, impulsif, querelleur, haineux  au comportement absurde alors que Keith Carradine campe un d’Hubert réaliste mesurée qui repousse toujours l’absurdité de ces duels mais que le sens de l’honneur oblige à accepter.

 


 Ridley Scott a réussi à faire de ce premier film un film esthétique que beaucoup ont comparé à
Barry Lyndon de Stanley Kubrick.
 Il a su magnifier l’histoire par la maîtrise du tournage et la poésie et la beauté des teintes et couleurs qui doivent beaucoup au choix du Périgord noir pour le tournage.


Wikipédia affirme que Scott  avait choisi la région de Sarlat comme décor pour son film car elle correspondait à l’esthétique qu’il voulait donner à son film sans même savoir que c’était la région natale de François Louis Fournier Salovéze, général d’Empire né à Sarlat le 6 septembre 1773. Fournier surnommé « El Demonio » par les résistants espagnols et qui servit de modèle d’abord à Conrad puis ensuite à Scott pour le personnage de Ferraud.

En dernier mot, l’avis d’un critique lors de la sortie DVD : « Ce premier film méconnu de Ridley Scott  est un véritable coup de maître. D’une mise en scène irréprochable et d’une beauté visuelle magique, complété d’une superbe performance d’acteurs, « Les Duellistes » qui marque le début d’une longue carrière de réalisateur, et qui appartient aux grands classiques du cinéma n’est à manquer sous aucun prétexte.  C’est un film d’une grande beauté visuelle, et le transfert vidéo respecte en tous points cette image somptueuse. Les éclairages naturels inspirés du film Barry Lyndon, les paysages brumeux aux lumières douces et feutrées sont agréablement reproduits par une image qui possède une très légère trace de grains. Quelques défauts de vieillesse sont perceptibles : quelques grattement et rayures se laissent deviner sans toutefois retenir l’attention ni gâcher le spectacle.  »

Pour finir ce billet il me faut rappeler, assez  brièvement, la filmographie de Ridley Scott qui est riche dans sa diversité.  

En plus du petit bijou, Les Duellistes, il faut absolument avoir vu              
 Thelma et Louise, un film de 1991 oscarisé devenu culte et emblématique pour les féministes, avec Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel et les débuts de Brad Pitt. 
  Gladiator : le retour du Péplum en 2000 avec Russel Crowe et Joaquin Phoénix. Un film fabuleux récompensé par 5 oscars.

Pour les amateurs de science-fiction il faut voir ou revoir : 
 Alien, le huitième passager
(1979) C’est le 1er de la série, le meilleur, avec bien sûr Sigourney Weaver, Tom Skerritt et John Hurt.
 Blade Runner  de 1982, avec Harrison Ford d’après le roman de Philip K Dick.

Pour les fans de polars :
 Traquée
de 1987 avec Tom Béranger... qu'on peut voir mais finalement assez moyen. 
 Black Rain
 au sein de la mafia Japonaise avec Michael Douglas et Andy Garcia. Un bon film de 1989.
 American Gangster : un policier de 2007 avec Russel Crowe et Denzel Washington sur fond de lutte contre la pègre new-yorkaise et sur la base de faits authentiques et de personnages réels : le noir parrain mafieux et le flic blanc. Un excellent polar et le plaisir de voir le méchant Washington apparaître derrière le sourire du gentil Denzel.

 Pour les amateurs de films historiques :
 1492 Christophe Colomb avec un Gérard Depardieu extraordinaire. Le film de 1992  m’a paru un peu long en salle mais je l’ai savouré en DVD en version pourtant plus longue.
 
  Kingdom Heaven
 : Un film  de 2005 sur les croisades, long de 145 min. qui m’a paru très, très long… mais peut-être à revoir en DVD en version encore plus longue de 190 min. en prenant son temps. Il parait que la version DVD est meilleure car les studios avaient imposé des coupes pour la projection en salles qui nuirent à la cohérence du film. Il y eut cependant de nombreuses critiques qui dénoncèrent des anachronismes ou  incohérences historiques.

 Pour ceux qui s'intéressent aux événements géopolitiques :
 La Chute du faucon noir.
Un film de 2002 sur les combats de Mogadiscio en 1993 : très réaliste.
 Mensonges d’état : Le dernier film sorti en 2008 avec Russel Crowe et Léonardo Di Caprio. La CIA au Moyen-Orient traque les terroristes. Encore un film très bien fait…. Mais on s’écarte  de plus en plus de l’ambiance des duellistes ou même de Thélma et Louise, Christophe Colomb ou Gladiateur. Dommage d’autant que Scott va maintenant sur 73 ans. 

 Il y a enfin les films que je n'ai pas vus ou que je n'ai pas voulu aller voir :
 Légend un film fantastique de 1985 avec Tom Cruise. Lame de fond  de 1995, une histoire de voilier dans la tempête avec Jeff Bridge.   A armes égales  de 1997 avec Demi Moore une femme qui participe à un stage extrême de commando. Hannibal : de 2001, la suite du "Silence des Agneaux" avec Anthony Hopkins et Julianna Moore mais sans Jodie Foster. Est-ce pour ça que je ne suis pas allé le voir ?  Les Associés
 de 2003 avec Nicolas Cage. 
 Et enfin en 2006, Une grande année : Un film promotion pour le rosé de Provence avec Russel Crowe et Marion Cotillard ; film qui avec de tels arguments et malgré des critiques assassines,  mériterait  d'être vu, en DVD chez soi, un verre de rosé à portée de main..

( A suivre)

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 22 juillet 2009
 

En septembre 2007 j’ai écrit un article intitulé « No pasaran !...Une auberge espagnole. » Cet article s’appuyait sur le mémoire de Cécile et évoquait l’arrivée des républicains espagnols qui fuyaient, pour sauver leur peau, devant l’avancée victorieuse des putschistes franquistes. Le titre du billet était emprunté à l’écrivain Luis Bonet, que Cécile avait d’ailleurs pu rencontrer pour préparer son mémoire. Elle avait aussi questionné longuement son grand-oncle Rafaël, quelques années avant sa disparition. Rafaël lui raconta comment son frère Luis et lui avaient pu passer la frontière et comment ils avaient été accueillis en France. Luis le père de Pilou, le grand-père de Cécile.

Jipé, notre ami toulousain, nous a envoyé un bel article qui est paru dans le Midi Pyrénées info d’Avril-Mai 2009 « Il y a 70 ans, la Retirada ». En voici quelques extraits qui confirment et complètent le travail de Cécile.


« …….En janvier 1939, Madrid n’est pas encore tombée, mais le front de Catalogne cède. Tarragone est prise à mi-janvier, Barcelone le 26 du même mois et Gérone, le 4 février. L’avancée des troupes franquistes ne s’arrêtera qu’à la frontière française le 9 février. Cette déroute de l’armée républicaine entraîne un exode sans précédent….. Ce sont des centaines de milliers de familles qui se retrouvent, en cette fin du mois de janvier 1939, jetées sur les routes menant vers la France. Tous ces chemins de l’exil se transforment en une file ininterrompue de camions, voitures, charrettes et piétons que les troupes franquistes n’auront de cesse de harceler par des bombardements aériens dévastateurs. Dans des conditions déjà dramatiques, la pluie, la neige et le froid causeront également de nombreuses victimes, avant même que ces cohortes ne se présentent à la frontière…..

..Jamais la France n’avait vu eu à gérer un afflux aussi massif et aussi soudain, près de 500 000 personnes…. ». Elle fera pourtant preuve d’une impréparation criante : la « Retirada » et le sort réservé aux réfugiés constitua l’un des épisodes les plus sombres de ce conflit.

« …..Alors que des milliers de réfugiés se pressent depuis plusieurs jours à la frontière, le gouvernement français ne consentira à l’ouvrir que dans la nuit du 27 au 28 janvier, incapable d’endiguer plus longtemps cette marée humaine. Prats-de-Mollo, Latour-de-Carol, Le Perthus, Cerbère verront défiler une foule hébétée, dans un état d’épuisement physique et de détresse morale immense. Seuls les femmes, les enfants, les vieillards, les blessés et les malades seront dans un premier temps autorisés à passer. Malgré la situation humanitaire déplorable des réfugiés, ce sont des militaires qui les « accueillent ».

Le 5 février, ce sera au tour des combattants défaits de la République de rentrer en France, non sans avoir dû déposer les armes et subir une fouille humiliantes où leur seront parfois « confisqués » les objets de valeur qu’ils avaient pu conserver jusqu’à là. Rafaël avait dit à Cécile que Luis et lui, étaient, sans doute, entrés en France entre le 5 et le 10 février1939.

Comme rien ou presque n’a été prévu, si ce n’est le maintien de l’ordre, certains passeront des nuits parqués comme du bétail, dormant dans les prés enneigés, sans toit pour s’abriter, et toujours gardés. La France de 39 n’est plus celle de 36 et du Front populaire. La xénophobie s’est considérablement développée et l’opinion est divisée sur le sort réservé à ces « rouges »….. .

Luis et Rafaël Rozon, qui étaient entrés en France par le col d’Arès ont passé les premiers jours dans des champs du côté de Prats de Mollo, puis vers Amélies les Bains et Céret. La nuit ils creusaient un trou dans la terre pour s’enfouir sous une couverture et de la paille qu'ils trouvaient pour se protéger du froid hivernal


.. Un triage est organisé. Les hommes et les soldats en âge de se battre iront pour la plupart dans des camps, les autres (femmes, enfants, invalides) seront dirigés vers d’anciennes casernes, prisons ou hôpitaux des départements intérieurs qui feront office de lieux d’hébergement provisoires. Les familles se retrouvent séparées et mettront parfois des mois ou des années à se retrouver……

.Le premier de ce que l’on nomme à l’époque « camps de concentration » est celui d’Argelès, dans les Pyrénées-Orientales. Il ne s’agit en fait que d’une bande de sable délimitée par la mer et des rangées de barbelés….. 

..Ce sont les réfugiés eux-mêmes qui construiront les premiers baraquements, après bien des nuits passées enfouis dans le sable pour essayer de se préserver du froid. Il n’y a pas non plus d’eau potable, pas de latrines… La dysenterie fait rapidement des ravages, ainsi que la gale et d’autres maladies dues aux conditions d’hygiène honteuses, intolérables…. ». Des centaines de républicains moururent au cours de ces premières semaines « d’accueil » d’un pays voisin et démocratique.


Rafaël avait confirmé à Cécile que Luis et lui arrivèrent transis de froid et morts de faim sur la plage d’Argelès……et dans ces conditions, c'est-à-dire sans aucun baraquement, aucun sanitaire, avec pour seul refuge, les « châteaux de sable » de la plage où ils pouvaient se terrer la nuit pour se protéger du froid. Les seules structures de ce camp étaient les barbelés et quelques poteaux plantés dans le sable pour y attacher les perturbateurs, qui y passaient la nuit en plein air au lieu d’être à l’abri dans le sable ; de quoi refroidir les récalcitrants de toute tentative de récidive. Pour toute nourriture, du pain et de l’eau leur étaient donnés ; certains arrivaient à faire du troc avec les gardiens, des tirailleurs « dit » sénégalais. Une boule de pain, ou un paquet de cigarettes ou une couverture contre une bague ou une montre.


 «….D’autres camps sont ouverts pour désengorger celui d’Argelès, principalement dans le département des Pyrénées-Orientales. On comptera à mi-février autour de 275 000 internés. Certains camps n’auront qu’une existence éphémère. L’hiver 39 étant particulièrement rigoureux, ils seront fermés à cause du froid comme à la Tour-de-Carol ou à Bourg-Madame. D’autres centres sont édifiés à la hâte dans tout le sud de la France. Dont certains revêtent un caractère spécialisé. A Agde dans l’Hérault, seront accueillis les Catalans, A Septfond, dans le Tarn et Garonne, ce seront les ouvriers spécialisés….

Le camp du Vernet, en Ariège, aura lui une vocation disciplinaire……On y envoie les éléments jugés les plus dangereux pour le maintien de l’ordre public intérieur. La surveillance armée déjà omniprésente dans les autres camps se double, au Vernet, de mesures de répression. Un espace dénommé par les réfugiés le « cuadrilatero » ou « l’hipodromo » est spécialement dédié au châtiment des « fortes têtes »….. ….. »



A l’approche du déclenchement de la seconde guerre mondiale, le gouvernement français trouve dans cette masse des réfugiés qui demeure sur son sol une main-d’œuvre facile à exploiter. Il crée pour cela les Compagnies de Travailleurs Etrangers qui s’attellent à des tâches de cantonniers, de bûcherons, d’ouvriers agricoles ou sont affectés dans des mines et parfois dans l’industrie pour suppléer l’absence des français mobilisés.

En septembre de nombreux espagnols furent réquisitionnés pour des travaux en dehors des camps dont les vendanges. Ce fut le cas de Luis et Rafaël Rozon du côté d’Agde, avant d’être affectés, fin décembre, à la 132ème compagnie à St Jouin de Marne


Sous Vichy, ces réfugiés furent intégrés de force dans les Groupements de Travailleurs Etrangers, certains participeront à la construction du « mur de l’Atlantique ».

Luis et Rafaël, en Juin 1940 à la débâcle, ont eu la bonne idée d’écouter les conseils d’un officier français : « Partez les allemands vont arriver, partez le plus loin possible vers la Méditerranée.» Les militaires français leur ont même fait cadeau de 2 bicyclettes. A la force des mollets ils ont rejoint Carcassonne puis Castres. Ils ont pu faire valider leurs cartes de CTE, pour travailler dans les champs et les vendanges puis dans une mine. Ils abandonnèrent ce travail à la mine en raison des très nombreux accidents qui s’y produisaient et alternèrent pendant près de deux années fuites, cachettes et travaux clandestins.


Ce chemin de l’exil passe, pour beaucoup, par la résistance aux côtés des Français. L’action des Espagnols se révèle décisive dans la libération de nombreuses villes du Sud-ouest, Toulouse, Foix, Auch… Ce fut le cas de Rafaël qui, fin 1943, rejoignit les FFI, se séparant de Luis pour la première fois depuis leur fuite désespérée d’Andalousie en août 1936. Luis continuait à échapper aux contrôles protégé par un emploi de coiffeur à Toulouse.




A suivre

 

Par daniel - Publié dans : no pasaran - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 18 juillet 2009

  Voilà un titre de billet qui va certainement m’amener quelques visiteurs supplémentaires. Mauvaise pioche pour eux car, pour l’essentiel, ce n’est pas un article sur Sarkozy ! J’aurais pu… mais je n’ai pas, en ce moment, la niaque pour me battre contre le moulin à vent de la France peopilisée, démocratiquement élu et institutionnellement installé à l’Elysée.

Que faire ? Le 25 juin le Nouvel  Observateur s’interrogeait sur « Les habits neufs du Président Sarko ». Ayant, sans doute, été rapidement rassuré par l’entourage de l’intéressé (après tout ce n’est pas du XXL et en période de soldes on trouve de tout), dès la semaine suivante le journal offrait au président une tribune par  le biais d’un entretien exclusif « Nicolas Sarkozy face à l’Obs ». A quand la touche finale ? « Le nouvel Obs. derrière Sarkozy

La veille du 14 juillet, TV5 proposait à son tour un portrait hagiographique du président, un portrait digne d’une république bananière, selon le jugement de Benoît en qui j’ai pleinement confiance … car franchement moi je n’ai pas pu regarder ce show narcissique : c’était au dessus de mes forces....

 ...et bien je vais à mon tour me lancer dans un show narcissique… ou du moins, restons modeste, seulement un article nombriliste parlant du blog, car ça fait pile poil 2 ans que je me suis lancé dans cette aventure. Je l’ai ouvert le 18 juillet 2007, en proposant en avant première,  à quelques membres de ma famille et à des amis mon 1er  billet intitulé « Premiers pas ».  
 Dans ce billet j’essayais, un peu maladroitement,  d’expliquer ma démarche, ma motivation. En prenant exemple sur le roman de Paul Auster
« Brooklyn Follies »  j’indiquais vouloir raconter les histoires de proches comme celle de mon oncle Didi résistant à 18 ans,  celles de la famille de Pilou, républicains espagnols fuyant le fascisme en Espagne…. Je me lançais aussi des défis comme de retrouver les traces de mes ancêtres, de découvrir, même très partiellement, ce qu’ils avaient été. Je voulais encore évoquer nos séjours en Afrique, nos engagements  etc, etc…

 J’avais qualifié ces billets de « devoirs de mémoire », un peu comme des devoirs de vacances ; ce terme qui collait assez bien aux premiers billets m’est apparu ensuite très excessif au regard de sa référence historique pour ne raconter, le plus souvent, que de banales histoires familiales et j’ai arrêté de l’employer….  à plus forte raison quand je me perds dans des élucubrations politicardes comme l’introduction à ce billet.  Ce blog est finalement resté, au fil du temps, un blog familial tenu par une sorte de  griot alphabétisé.

 

Alors quel est le bilan de ces deux années ?  Je crois que le mot « diversité » est celui qui qualifie le mieux l’ensemble. Diversité des textes, diversité des thèmes, diversité des visiteurs. Beaucoup d’amis m’ont dit être allés, un jour, sur le blog et d’avoir été très intéressés par tel ou tel article… et puis finalement beaucoup semblent s’être lassés : « Tu écris toujours ? Il va falloir que j’aille voir, ça fait longtemps que je n’y suis pas retourné ».

Cet article est le 188ème  en 24 mois, 104 semaines, 731 jours : en moyenne un article tous les 4 jours, 8 articles par mois, un peu plus de 1000 feuillets de format A4, des maladresses de style, un reliquat persistant de fautes d’orthographe et de défauts de ponctuation que je relève encore, aujourd’hui, quand je retourne sur un billet pour me rafraîchir la mémoire avant de proposer une suite … mais il faut démythifier ces contraintes de virgules et de points….

  Et puis est-ce si important que ça de bien différencier ballade et balade… après tout les deux vont bien ensemble. Je ne vise pas l’habit vert, mais la traçabilité d’histoires simples comme le faisait le Nathan de Paul Auster..... c'est pour ça que je revendique le qualification de griot.

 

En ce 18 juillet 2009 le compteur du blog pointe environ 26800 visiteurs ayant consulté 74300 articles.  Un peu plus de 20% de ces visiteurs sont des invités, des membres de ma famille ou des amis, à qui j’ai donné l’adresse : par contre je ne sais pas qui me lit…. sauf si on me laisse un commentaire…. Ce qui reste trop rare.

20 % des lecteurs proviennent de blogs « amis » que je consulte de temps à autre et qui me rendent la politesse ; plusieurs ayant d’ailleurs été présentés dans la rubrique «Les  invités du blog ». Enfin, et hélas sans doute, près de 60 % des visiteurs proviennent maintenant de moteurs de recherche type Google ou Yahoo : ce sont donc des lecteurs de hasard, ou des occasionnels qui ne restent peut-être pas très longtemps où se sont simplement égarés.

 

J’avais déjà fait une analyse de ce type en octobre 2007,  pour le 20ème article qui était intitulé « Le tour du blog en 80 jours ». Je n’avais alors qu’un petit millier de visiteurs au compteur mais à cette époque, 85% des visiteurs étaient des invités et donc de vrais lecteurs.

 Les chiffres de visiteurs et d’articles consultés furent assez élevés entre décembre 2007 et juin 2008 pour cause d’élections municipales : Il y eut des moyennes journalières de l’ordre de 50 lecteurs atteignant parfois jusqu’à 100 visiteurs. J’étais, il est vrai sous haute surveillance niortaise étant référencé comme un proche de Geneviève qui devait devenir fin mars 2008  le nouveau maire de Niort. 

Il y eut notamment une anomalie extravagante que je ne m’explique pas le 28 juin 2008 : 535 articles consultés pour seulement 41 visiteurs… c’était peut être la cellule de surveillance de l’Elysée qui marquait là son intérêt pour mon site (Fantasme !)

 

Depuis je suis revenu à quelque chose de plus normal, de moins effrayant pour un blog familial ; une vingtaine de visiteurs en moyenne jour dont une douzaine par les moteurs de recherche, atterrissant au total sur une petite cinquantaine d’articles

Je suis quand même surpris de constater que des articles vieux de deux ans sont encore consultés par le biais des moteurs de recherche, notamment ceux de la rubrique « No passaran »….. Nous avons retrouvé par ces articles des cousins de Pilou qui nous avaient laissé un commentaire. Pour cette rubrique je suis assez régulièrement lu en Espagne.  

 Un article comme « On veut des légendes » de la rubrique « Touche pas à mon rugby » d’octobre 2008 est aussi très, très régulièrement consulté. Tous les grands joueurs de rugby depuis la libération y sont cités… ça fait un bon nombre de mots clefs.

 « Trop poli-tique » ne fait pas trop recette, hors période électorale, mais finalement c’est peut-être parce que j’y parle de politique de façon très, trop modérée, trop politiquement correcte.  

Je me défoule nettement plus contre l’omniprésent par la rubrique « Ciné-cure » où j’attaque « masqué » mais c’est sans doute au détriment de l’intérêt des cinéphiles.

   

 Je suis quand même content et assez fier de certains billets comme celui pour soutenir Aung San Suu Khy avec « Rangoon ». J’aime bien aussi ceux qui ont concerné Costa Gavras, Paul Newman, Dustin Hoffman, Clint Eastwood.

J’ai adoré écrire « La gifle et l’épouvantail », « Les hommes du Président », « Le Président » de Verneuil  et je me suis vraiment régalé en travaillant sur « Great balls of fire & Walk the line ».  Je me suis aussi bien beaucoup amusé avec les Diaboliques au sujet du film de Tavernier.

 Enfin ce n’est pas sans une certaine émotion que j’ai évoqué le travail de mon oncle Didi dans le milieu du cinéma et notamment le dernier film pour lequel il ait travaillé, pour les décors et effets spéciaux avant de prendre sa retraite, « La Révolution française ». Je suis fier, aussi, d’avoir évoqué son travail d’artiste et le lien avec le cinéma notamment avec l’affiche de « Play time »

 

Ce fut aussi un vrai bonheur d’écrire la plupart des billets de Saga A… notamment Saga Africa et les 4 articles traitant du barrage d’Inga. Certainement les billets sur la longueur les plus consultés…. Mais on reparle à nouveau ces dernières années du projet pharaonique du Grand Inga.  Les articles sur le barrage d’Al Massira ont été moins suivis et ceux dans « Blog à part »  sur le pont de l’Île de Ré ou les chantiers d’autoroute semblent être passés inaperçus…. Peut-être le mauvais choix de titres en anglais… Je me demande encore pourquoi car ça ne me ressemble pas. Ah, ces  diaboliques V.O !

 

Un grand plaisir encore d’avoir évoqué Samory Touré en racontant mon séjour en Guinée, Faidherbe et Hadj Omar suite au voyage au Sénégal et à l’heure où un certain affichait du mépris pour l’histoire de l’Afrique….  Le plaisir aussi d’avoir fait un bout de chemin avec des hommes de la liberté comme Alphonse Baudin, en tableau au musée Carnavalet, Delgrès pour la Guadeloupe, Pascal Paoli pour la Corse.  

Des personnages comme Tati, Lorca, et quelques rares amis politiques sont entrés dans mon panthéon blogueste familial…. Il va me falloir évoquer d’autres figures mythiques qui m’ont fait rêver comme Lawrence d’Arabie, John Reed, Savorgnan de Brazza, Speke et Burton, Mungo Park, et bien sûr René Caillé le régional des Deux Sèvres qui est allé chercher aventure et gloire à Tombouctou …

 

Les billets de « voyages…» sont aussi assez visités par les lecteurs provenant des moteurs de recherche, mais pendant un laps de temps assez limité.

 

Par contre les rubriques « Blog à part… » et « Brèves de trêve » sont moins attractives… et elles restent ainsi de bons refuges quand je veux faire quelques confidences réservées à la famille ou à des amis proches. Les « Cases croisées.. » n’ont fait recette que la toute première fois ….

 

Il me semble que j’ai encore beaucoup de choses à raconter. Une rubrique comme « A livres ouverts » n’a pas été assez développée…. Certes j’ai parlé d’ouvrages et d’écrivains qui m’ont touché comme les africains Dongala et Kourouma  ou les auteurs de polars mais il y en eut tant de livres à des périodes différentes de l’enfance à aujourd’hui de Jules Verne à Russel Banks en passant par Kessel, Hemingway, Steinbeck, Boulle, Monfreid, Roy, Troyat sans oublier…. des classiques, des historiens, des essayistes, des auteurs de science fiction et…… pour un tel inventaire il faudrait un Prévert…..

 

Je dois encore et encore aller à la pêche à la lignée avec « Didi » et mes «cousins cousines» 

   

Et puis les « souvenirs en vrac » reviennent parfois à la surface de manière impromptue. Je n’ai pas encore parlé d’amis camerounais et congolais.

Je viens de relire le souvenir de juillet et je m’aperçois que j’ai oublié de raconter comment j’ai eu mon permis de conduire en Guyane à Kourou le 21 juillet 1969 : j’étais probablement dans la lune.

 

Alors vais-je continuer ce blog encore longtemps ? C’est la question ! Et je n’ai pas encore la réponse…. mais Il est clair que si, les visiteurs ne devaient plus être que des inconnus, je finirai par arrêter ….. malgré le plaisir d’écrire et le besoin d’évasion vers un passé finalement plus rassurant que l’avenir.

 

…. de toute  façon lorsque j’arrêterai ça se fera progressivement…. puisque je dois tenir compte de  trois  ou quatre inconditionnel(le)s qui me demandent de continuer.

 

  (A suivre..... ????)

Par daniel - Publié dans : Blog à part - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 14 juillet 2009

 Je continue sur la lancée généalogique.
 Aujourd'hui 14 juillet c'est jour des défilés, défilé sur les Champs Elysées, défilé à la télévision qui reste éteinte, défilé à Niort à Du Guesclin où l'élue de mon coeur est d'astreinte comme tous les élus qui n'ont pas pu trouver un prétexte pour se défiler.
 .....Pendant ce temps je retourne, peinard, à la pêche à la lignée.... la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas.....
Je me demande d'ailleurs, combien parmi mes ancêtres ont défilé ? Je sais que mon père aurait du, en 1945, mais à la place il a choisi l'option mariage, à mon avantage. 
 Didi aurait pu, et si quelqu'un aurait bien mérité d'être applaudi par une foule en délire, c'est bien lui.... mais je crois qu'il n'est rentré d'Allemagne que fin 1945 et qu'il fut démobilisé au premier trimestre 1946. 
 Parmi mes ascendants il y eut pas mal de militaires dont un officier.... désolé mais on ne choisit pas ses ascendants.....
 ....Cet officier m'a longtemps obsédé ; son portrait trônait
dans le bureau de la maison de mes grands-parents paternels, rue Savu à Champigny. Je peux donner l'adresse car le pavillon en bordure de Marne n'existe plus ; à la place, depuis plus de 40 ans, passe un autoroute. 
 Il y avait en fait 4 portraits, des photos de portraits en réalité, mais, du haut de mes rêveries d'enfant, seul le militaire m'intéressait vraiment ; il m'intriguait ce héros au sourire si doux..... Il avait été, disait-on dans la famille, officier de Napoléon et moi, le contemplant en  uniforme avec cette belle médaille je pensais  qu'il était au moins général. Le général Dumont.... car j'ai su assez vite son nom puisqu'il était le grand-père de mon arrière grand-mère Marie Mathilde Jeanne Prieux  née Dumont. 
 J'avais, aussi, entendu dire que le second bonhomme, était le fils du militaire et le père de mon arrière grand-mère et c'était, disait-on, un riche bourgeois, un armateur.... mais pour moi à l'époque que pouvait bien valoir un armateur à côté d'un général. 

 Marie Mathilde Jeanne que l'on voit sur la photo entre Didi et Roger était née en 1862 à Aire sur la Lys dans le Pas de Calais. Toute petite elle avait, disait-on encore, croisé Napoléon III.....
 Je me souviens très bien de mon arrière grand-mère qui est morte, de chagrin, quelques semaines après le décès de sa fille, ma grand-mère, Geneviève.  C'était en juillet 1954, elle avait 92 ans  et moi j'allais avoir 8 ans.
Si on peut estimer que mon oncle Didi a environ 6 ans et mon père Roger 10 ans cette photo daterait donc de 1932.
J'ai déjà beaucoup parlé de mon arrière grand-mère sur ce blog, notamment pendant la guerre et les aventures de Didi dans les maquis et les geôles allemandes de l'Yonne.
 Dans mes souvenirs du début des années 50, c'était une très, très vieille dame qui restait cloîtrée dans sa chambre entourée de cages de piafs, qui sentaient mauvais.... Avec mon frère nous montions à l'étage, en arrivant, pour la voir assise dans son fauteuil ;  elle nous faisait un bisou sur le front et  puis nous redescendions immédiatement. La scène se rêpètait, à l'identique, au moment de partir avec un autre bisou sur le front. Aussi vite fait.

 Dans ce pavillon bourgeois nous ne devions pas trop bouger, pas même mettre les pieds sur les barreaux de chaise, aussi je passais de longues heures à démonter une petite mairie tirelire métallique ou à colorier des albums. Je passais aussi de longues heures à contempler les portraits aux murs et surtout à rêvasser devant celui  du général... 
.... par la suite ces portraits se sont retrouvés chez mes parents, et puis.... j'ai fini par les récupérer.


 
 



















J'ai commencé à travailler sur la généalogie de la famille en 1993 /1994. J'ai eu facilement des actes d'état civil, naissance, mariage, décès de Marie Mathilde Jeanne Prieux Dumont  et de son époux (que je n'ai pas connu : il est décédé en 1908) mon arrière grand père Marie Joseph Germain Prieux qui lui était originaire de l'Yonne. J'ai su ainsi que les parents de mon arrière grand mère, les riches bourgeois, étaient Emile Adolphe Joseph Dumont né en 1810 à Aire-sur-le Lys et Eugénie Françoise Legrand née en 1822 dans la même ville.
 J'ai commencé le parcours du combattant pour avoir des copies d'actes.. il manquait toujours quelque chose, une enveloppe timbrée, un chèque et puis un autre car le temps d'envoyer le règlement il y avait eu une augmentation.... enfin bref je me suis découragé, d'autant que mon métier ne me laissait pas trop de temps à gaspiller en futilités. Tant pis pour le général... il a du attendre l'arrivée d'Internet et de ma semi retraite pour faire ma connaissance, laissant le temps à mes rêves d'enfant de s'envoler.  























 Maintenant je sais.... il s'agit d'Aimé François Joseph Dumont et d'Adélaïde Louise Joseph Vieren. Je n'ai pas encore les dates de naissance ou de mariage mais ça va venir et je complèterai alors ce billet. Il a quand même bien une tête à avoir défilé... encore que je ne sais si sous Napoléon les soldats avaient trop le temps de défiler. On ne peut pas être au four et au moulin... on ne peut être entrain de mettre l'Europe à feu et à sang et se pavaner sur les Champs Elysées.

 D'ailleurs je suis un brin déçu car, aussi bien pour le soit disant général que pour le prétendu richissime bourgeois armateur, je n'ai trouvé aucune trace sur Google, Wikipédia ou autres moteurs de recherches. Qu'est ce que c'est que ces grands hommes dont Google ne parle même pas ?....  iI me faut peut-être aujourd'hui prendre de la distance avec mes rêves ambitieux enfantins.

 D'ailleurs mon oncle Didi me disait que quand il était enfant il accompagnait souvent sa grand mère voir sa soeur, la tante Eugénie Lucie Pieri, qui habitait près du Sacré Coeur. Ces jours-là étaient un vrai calvaire pour le petit Didi car on lui donnait toujours à manger du haddock.
 Qu'est ce que c'est que ces grandes familles qui ne bouffent que du haddock ? 
 J'ai maintenant des doutes sur ce qu'on m'a raconté quand j'étais môme.   

(A suivre)

Par daniel - Publié dans : Didi - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 9 juillet 2009

 Me voilà enfin de retour dans la rubrique « Cousins, cousines » qui est, essentiellement, destinée à parler de mes ancêtres côté branche maternelle. Et oui ce n'est que le troisième billet, et encore le second ne traitait pas de l'aspect généalogique et dans le premier «  Le poilu, poil au... » (12/11/2007), il y a quelques erreurs pour ce qui concerne la branche auvergnate des Fabre ; des erreurs qui se sont avérées bloquantes.....  

 C'est ma sœur Annie véritable Sherlock Holmes qui, patiemment en fouillant dans les actes d'état-civil des archives du Cantal, est arrivée à remonter la lignée. Moi fidèle et suspicieux Watson j'ai pris le temps d'effectuer quelques vérifications... qui me conduisent à adresser mes plus sincères félicitations à ma frangine cantaloue.

 

 Et en plus je suis super content de constater que toute cette branche familiale est originaire des Monts d'Aubrac. Je savais que ma grand-mère Marie-Jeanne était née à Chaudes Aigues au nord de l'Aubrac en descendant vers la vallée de la Truyère.... Mais je découvre aujourd'hui que tous mes ancêtres ont vécu sur les crêtes et plateaux, dans des lieux comme Saint-Urcize, Grandvals, Recoules d'Aubrac et sans doute Nasbinal, Laguiole ; des lieux où nous sommes allés si souvent avec nos amis Jeff et Nicky lorsque nous allions les voir dans leur maison d'été familiale près d'Aumont-Aubrac. D'ici qu'en poussant un peu l'étude généalogique je trouve un lien de cousinage avec mon plus vieux  ancien copain !

 

 Quel était le problème bloquant de la lignée Fabre. En fait il y en avait deux : selon les documents que j'avais ma grand-mère Marie-Jeanne née à Chaudes-Aigues en 1891 avait pour père Maurice Fabre et pour mère Marie Montvallat.

 En fait son père était Jean Maurice Fabre qui, pour brouiller les pistes des généalogistes, avait eu la mauvaise idée de naître à Paris en 1860. Sa mère Marie est née Remise à Chaudes-Aigues en 1849 ; elle était certes devenue Montvallat par un premier mariage avec Jean Montvallat dont elle avait eu une fille Antoinette Montvallat née en 1873 et dont je parle dans mon premier billet « Cousins, cousines.... ». Marie Remise-Monvallat devenue veuve eut un fils Jean né en 1886 qui fut reconnu par Jean Maurice Fabre lorsqu'il l'épousa le 19 mars 1889 à Chaudes-Aigues. De cette union naquirent ensuite, Marie-Jeanne ma grand-mère le 21 mars 1891, puis Guillaume Fabre né le 14 juillet 1892. A noter que Marie avait déjà 42 et 43 ans à la naissance de ses deux derniers enfants alors que son aînée, Antoinette appelée la Tounette allait sur ses vingt ans.

 

 Si j'avais été plus attentif j'aurai pu résoudre l'énigme plus tôt car je disposais depuis longtemps  d'un acte de mariage de ma grand-mère Marie-Jeanne avec Emile Combes, son premier mari dont elle fut veuve en 1916 (et dont elle avait eu un fils, mon oncle Guillaume) où figure ce nom de Remise. Sur cet acte de mariage on relève que mon arrière grand-mère était nommée Marie Montvallat, nom qui fut ensuite rayé pour être remplacé par Remise.

 C'est d'ailleurs dommage que le nom Montvallat ait disparu de la lignée car c'est un nom prestigieux à Chaudes-Aigues, le nom de la noblesse locale dont on retrouve des traces dans les livres d'histoire, grâce à de valeureux chevaliers, au moins depuis la guerre de cent ans. 

 

 Mon arrière grand-mère, Marie Fabre Remise, avait pour parents Jean Baptise Remise et Anne Magne (J'ai encore quelques recherches à faire pour vérifier les lieux et dates de naissance des ascendants Remise et Magne et plus si.... )

 

 Les parents de mon arrière grand-père Jean Maurice Fabre étaient Jean Fabre et Catherine Thouzery. Jean est né en 1820 à Grandvals en Lozère et Catherine est née en 1830 à Chaudes-Aigues. A noter que les deux époux sont décédés en 1865 à Paris le même jour.... un accident ?  Les parents de Catherine étaient caldagues (ou chaudesaiguois) : Pierre Thouzery et Elisabeth Cordesse.

 Je fais une petite pause, perché et bien assis sur cette solide branche aubracaise, pour parler de Chaudes-Aigues : c'est une commune d'un millier d'habitants située à une altitude de 750 m, traversée par une rivière le Remontalou dans laquelle j'ai vu, enfant, mon grand-père Ernest pêcher de magnifiques truites qui y étaient en abondance. Chaudes-Aigues est une station  thermale réputée pour ses eaux chaudes dont la source du Par où l'eau surgit à 82° au centre ville et qui se situait devant la maison familiale de ma grand-mère ou du moins de sa sœur aînée Antoinette ; maison devenue depuis le musée de la géothermie.
 Deux châteaux surplombent la ville : A l'est le Château de Montvallat  du XVIème siècle reconstruit au XVIIème siècle et au sud la tour du Coffour vestige d'une forteresse du XIVème siècle qui tomba aussi dans l'escarcelle des Montvallat à la fin du XVIème siècle.
 Décidément il est regrettable que notre branche, à cause d'un banal document administratif, se soit subitement éloignée d'une noble lignée.....

 Sur cette vieille carte postale il y a trois gamines photographiées à coté de la source du Par et devant la maison de la Tounette. De gauche à droite on reconnait Raymonde (ma mère) Simone (ma tante) et une cousine. La photo a du être prise vers 1934/35 si je considère que Raymonde a environ 10 ou 11 ans et Simone 8 ou 9 ans. C'est Simone qui a envoyé cette carte le 26 juin 1945 à ses parents Mari e-Jeanne et Ernest qui étaient rentrés à Champigny. 
 Elle était restée proche de son amoureux André qu'elle avait connu au maquis et qu'elle devait épouser trois mois plus tard.
 Voici une autre carte postale encore plus vieille de cette fontaine du Par où selon le texte au verso il y aurait Guillaume, le frère aîné de Raymonde et Simone, alors jeune  adolescent et  en arrière plan Marie-Jeanne et la Tounette.  
 
  Avant de faire la pause Chaudes-Aigues j'indiquais que mon arrière grand-père Jean Fabre était né en 1860 à Grandvals en Lozère. Il faut cependant relativiser ce changement de département et même de région car entre Chaudes-Aigues et Grandvals il n'y a, à tout casser, qu'une quinzaine de kilomètres, et d'ailleurs Jean a épousé en Catherine une fille de Chaudes-Aigues.

 Nouvelle pause pour parler de Grandvals un petit village de 80 habitants sur le Bès pas très éloigné du barrage de Grandvals et du viaduc de Garabit. Quand Jean Fabre y est né il y avait près de 300 habitants c'était quand même un petit village perdu au bout de la Lozère, relativement éloigné, pour l'époque (25 km), de Marvejols et d'Aumont-Aubrac, et « coincé »  entre deux petites villes voisines.... et cantalienne, Chaudes-Aigues et Saint-Urcize. Jean Fabre y est né comme sa mère Marie Catherine Abriol y était né en 1797 ainsi que ses grands-parents Pierre Abriol et Elisabeth Rieutort.

 Le père de Jean Fabre s'appelait lui aussi Jean Fabre : on n'était guère original dans la famille. Ce Jean là était né le 14 janvier 1778 à Saint-Urcize dans le Cantal mais à seulement 7 km de Grandvalls et 22 km de Chaudes-Aigues. Ce village d'environ 500 habitants mais qui en avait près de 1500 au XVIII ème siècle est pittoresque selon les souvenirs que j'en ai : ses vestiges de forteresse, ses ruelles étroites et les maisons aux toitures de lauzes entourant la belle église romane du XII ème siècle lui conservent un étonnant caractère moyenâgeux.

 Saint-Urcize (Sente Rocise en Languedocien) est situé à la pointe méridionale de l'Aubrac, à quelques kilomètres de Nasbinal, à quelques pas du Puy de Gudette et de la croix des trois évêchés, lieu magique qui borne et rattache trois des plus beaux départements de France, le Cantal, la Lozère et l'Aveyron. Le nombril de la France c'est là.

 Selon les recherches effectuées il apparaît que Saint-Urcize est bien le berceau de la branche Fabre car tous les ascendants répertoriés, à partir du Jean Fabre né en 1778, auraient vu le jour dans ce village. Ainsi relève t-on sur ces documents deux autres générations de Jean Fabre respectivement nés vers 1750 et vers 1720, précédés par deux générations de Pierre Fabre nés vers 1680 et 1640.

 Et nous voilà arrivés sous Louis XIII et Richelieu à l'époque de D'Artagnan.... Fabuleux voyage à poursuive.

 

 Les hommes vivaient vieux, semble-t-il, sur ces plateaux aubracais, ce qui ne parait pas être le cas des femmes dont quelques unes eurent, il est vrai, beaucoup d'enfants.

 Les femmes des Fabre étaient issues des familles au nom courant dans la région (entre parenthèses le nom de leur mère). Il y eut en remontant de génération en génération :

  • Marie Catherine Abriol (mère Elisabeth Rieutort) épouse d'un Jean.
  • Marie Jeanne Seguis (mère Antoinette Daudé) épouse d'un Jean.
  • Anne Pelat (mère Agnès Brechet) épouse d'un Jean.
  • Jeanne Fournier (mère non déterminée) épouse d'un Pierre.
  • Jeanne Vidal (mère non déterminée) épouse d'un Pierre.

    
 La plupart des noms de mes ancêtres et, forcément ceux plus nombreux, des épouses on les retrouve au fil des pages du livre de Pierre Chassang « Chaudes-Aigues ».
 Montvallat bien sûr mais aussi Fabre, Abriol, Séguis, Daudé, Thouzery :

 Exemple « Février 1845 a été tellement affreux que le facteur Thouzery enseveli dans la neige ne doit son salut qu'à l'intervention des cantonniers de la route royale...  »
 Pierre Thouzery, père de Catherine était selon l'acte de mariage de sa fille, facteur rural et en 1845 il avait 37 ans. Il était aussi présent au mariage de son petit fils Jean Maurice en 1889.

 


   Je ne peux finir ce billet sans saluer la mémoire de mon oncle André Laurore, enfant de Chaudes-Aigues, qui épousa en septembre 1945 Simone la seconde fille de Marie-Jeanne.

André ancien résistant FTP est décédé début mai. 

(A suivre)

Par daniel - Publié dans : Cousins cousines - Communauté : sous avenir.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés