Jeudi 2 juillet 2009



 Voilà, enfin, la solution de la grille n° 2....et oui ça date... j'avais proposé cette grille le 27 avril 2009. Selon les règles en vigueur que j'ai autocratiquement imposées le vainqueur ne peut être déclaré que s'il m'autorise à publier sa photo ou s'il m'en envoie une de son choix.
 C'est Clau notre amie toulousaine, notre amie depuis.... depuis l'époque camerounaise qui m'a très rapidement envoyé la solution se permettant même de corriger une petite erreur. Double félicitations donc...





Par contre pour la photo... ça n'a pas été si facile mais j'ai fini par l'obtenir.  Certes elle n'est pas d'hier pas même d'avant hier... elle date d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, l'époque où nous étions en noir et blanc.....
...... et Clau a même poussé la coquetterie jusqu'à cacher ses lunettes. 
 Merci Clau de jouer le jeu même si il m'a fallu attendre un peu....  j'envisage d'ailleurs de changer la règle  du jeu, du moins j'y réfléchis.......

 Voilà donc la nouvelle grille. Comme la précédente elle a été concoctée par Cécile avec une ou deux petites retouches pour les mots afin d'y mettre ma marque. S'il y a, comme la fois précédente une petite erreur ça serait encore à ce niveau ... mais j'ai fait attention alors normalement... Pour ce qui concerne les définitions j'ai quelque peu compliquer celle de Cécile, un peu trop faciles.

Le thème de base est  "le voyage" avec une orientation dominante Amérique latine....




HORIZONTALEMENT

1/ Ingrid surtout Palecio. Suit Hampaté.
2/ Article. Régimbons. Question dans Hamlet.  Amusé.
3/ Pacino. Il vaut mieux faux que faire.
4/ Volcan japonais. Situé. Possédés.
5/ Sur le Rimac. Western de Robert Aldrich. Pronom.
6/ Gary Cooper en Horizontal 5.2. Cours supérieur de l'Oubangui.
7/ Hugolien pour Waterloo. Femme pédante.
8/ Un demi statu-quo. Possessif féminin. Le film Spiderman en est une.
9/ Le top des Andes. Afrique Equatoriale.
10/ A la baguette. Janvier portugais. Chanteclerc.
11/ incarnations de Visnu ou Brahma.
12/ En seconde partie de Vertical J.2.  Pays ou situe l'action du film  Under Fire.
13/ Ensemble vertébré. A demi osé.
14/ Un continent en espagnol. Confusion.
15/ Concept philosophique. Partie squelettique. Conifères. En tête des olympiades.
16/ Article. Marque du blog. La fin d'un malheur.

VERTICALEMENT.
A/ Scandale pour celui de Panama. Pays des indiens Guaranis.
B/ Conjonction. Thaïlande. En avant. Pronom.
C/ Effaçons. Secret.
D/ Métal. Ventilé. Tontons Cristobal ou autres.
E/ Transformas. Sur les cartes routières. Corse.
F/ A Moralès pour président. Ville où réside Chavez.
G/ A la mode. Histoire de cul quand on prend de la bouteille. Bruits.
H/ Orientation. Tissu malgache. Entoure la noix. 3,1416. 
I / Héroine de Zola. Adverbe. Logement.
J / Plus ulltra. Son président eut le Prix Nobel de la paix. A poil.
K / Oxyde d'Ethyle. Capitale du pays présidé par Uribe. Tenta.
L/ Soleil. prénom chinois courant. Dieu de l'amour.
M/ Pays membre de l'OPEP. Ville suédoise.
N/  Pronom. Attrapée. Prison.
O/ Au Sud de l'Oyapock. Saint portugais.
P/ il ne faut pas en manquer. Articles. Pays présidé par Alvaro Corréa.

A suivre

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
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Dimanche 28 juin 2009

 Me servant de mes billets « Ciné-cure » pour empiéter, mine de rien, sur le terrain de la politique il eut été impensable que je n'évoque pas un jour le maître du genre Costa-Gavras

Je ne parlerai pas des deux premiers films que j'ai vu il y a fort longtemps et dont ne me souviens plus très bien ; j'espère qu'ils sortiront un jour prochain en DVD. Il s'agit de « Compartiment tueurs » et d'« Un homme de trop ». Ces deux films se caractérisent surtout par le rassemblement d'une pléiade d'acteurs ce qui confirme l'aura qu'avait déjà à 30 ans Costa-Gavras dans le milieu du cinéma français

 Dans « Compartiment  tueurs » (1965) en adaptant l'excellent polar de Sébastien Japrisot, Costa-Gavras a rassemblé devant ses caméras Yves Montand Simone Signoret Jacques Perrin, Michel Piccoli, Jean Louis Trintignant et encore Denner, Gelin , Bozzufi etc...

Pour  « Un homme de trop » (1967), sur un récit de Jean Pierre Chabrol qui raconte l'évasion d'une prison allemande de résistants condamnés à mort, on retrouve Perrin et Piccoli accompagnés de Charles Vanel et Bruno Crémer et aussi J.C. Brialy, C. Brasseur, F. Périer etc... 

 

 Que du beau monde pour ces deux films qui ont été très bien reçus mais Costa-Gavras a vraiment connu le grand succès et sa voie avec « Z » en 1969.
 Konstantino  Gavras, né à Athènes en 1933, a alors 36 ans ; il a fait des études à l'IDHEC et ensuite ses premiers pas et ses preuves comme assistant de Verneuil, Demy, Becker ou Clément.
 Cet homme de gauche, grec de naissance, était destiné à faire son premier grand chef d'oeuvre avec un film ayant pour thème la dictature des colonels grecs.

 On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais ça ne faisait que deux ans que les militaires dirigés par le colonel Papadopulos avaient pris le pouvoir : Suite aux élections remportées par les forces progressistes et le refus du roi de leur confier le pouvoir, de graves troubles ont secoué le pays. L'assassinat, par des milices d'extrême droite du député Lambrakis et les manifestations de colère qui suivirent débouchèrent sur le coup d'Etat des colonels le 21 avril 1967. C'est cette histoire que Costa-Gavras  trouva dans le livre de Vassilis Vassilikos « Z » et qu'il décida, immédiatement, de porter à l'écran.
 Le roman fut adapté par Jorge Semprun. Le projet fut soutenu par Yves Montand et Jacques Perrin. Au générique en plus de Montand et Perrin il y avait aussi Irène Paras,Trintignant, Denner, Dux, Boffuzi, Fresson, Périer, Salvatori etc... et il ne faut pas oublier la musique de Mikis Théodorakis qui était alors emprisonné par la junte. Le film a reçu en 1969 le prix du Jury à Cannes et un prix d'interprétation pour Jean Louis Trintignant. Il obtint aussi l'Oscar du meilleur film étranger.   
 
  La dictature des colonels est tombée en 1974.

  En écrivant ces lignes je ne peux m'empêcher de penser à la jeune Neda, assassinée par les bassidjis, la milice du régime, alors qu'elle défilait au sein d'un cortège dans les rues de Téhéran. Qui est le Costa-Gavras d'aujourd'hui qui en fera un film utile à la démocratie et au respect des droits de l'homme... et des femmes ? Les vidéos du Youtube  sont utiles mais insuffisantes.

 
 Costas-Gavras continua de dénoncer les régimes totalitaires : en 1970 « l'Aveu » sortait deux années à peine après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques venues mettre fin au « Printemps de Prague ». Dans ce film Costa-Gavras raconte la déchéance d'Artur London vice-ministre des affaires étrangères du gouvernement communiste de Tchécoslovaquie. Arrêté en 1951 sous l'accusation de conspiration avec des ennemis occidentaux, on lui arracha, sous la torture, des aveux  qui lui évitèrent la peine de mort lors des procès de Prague de 1952. Condamné à la perpétuité il fut réhabilité en 1957. Quelques années plus tard, en 1963, London quittait son pays pour s'installer en France.

 
Artur London publia en France deux livres : Espagne et l'Aveu. Le premier (nous l'avons dans notre bibliothèque en espagnol Espana, espana) concernait la guerre d'Espagne et racontait sa participation aux brigades internationales avec ses camarades du procès de Prague exécutés ou emprisonnés... Brigades internationales anti-fascistes qui furent leurs seuls contacts avec de soi-disant agents occidentaux que l'acte d'accusation du régime stalinien mentionnait.

 Le second livre de London était l'Aveu qui fut adapté par Jorge Semprum comme scénario pour le film de Gavras. Yves Montand s'était encore fortement impliqué dans le projet, en plus de tenir magistralement le rôle d'Artur London. Simone Signoret était Lise London, l'épouse française d'Artur, qu'il avait rencontrée dans la résistance en France (encore un crime selon les stalinistes). Lise était la sœur d'un dirigeant du PCF (Raymond Guyot) et les communistes français disaient ne pas savoir....

 
Je me souviens avoir prêté ce livre à Paul en 1977 quand nous étions ensemble au Maroc. Paul avait pu fuir la Tchécoslovaquie après l'intervention soviétique et était allé s'installer en Suisse dont il devait finir par obtenir la nationalité.  Il n'avait jamais entendu parler de cette histoire et ni vu le film.

 En 1972 Costa-Gavras réalisait « Etat de siège ». On changeait de continent mais on ne changeait pas une équipe qui gagne Gavras, Semprum, Montand.

 Yves Montand jouait le rôle d'un conseiller américain d'un gouvernement sud-américain qui est enlevé par un groupuscule révolutionnaire. En fait le film nous apprend  que le personnage était un membre de la C.I.A. chargé de former les policiers et les milices anti-terroristes au service de la junte fasciste. Ce film a reçu le prix Louis Delluc 1972 ; par contre l'accueil fut plus que réservé aux USA contrairement à l'Aveu et Z  qui avaient été très bien acueuillis.... et oui il y avait des sujets gênants pour les américains et pourtant c'était avant le 11 septembre 1973.....
 Avant de passer en 1982 une seconde couche qui fâcha la droite américaine avec «
Missing »  Costa Gavras a quelque peu diversifié les sujets pour ses deux films suivants. 

  En 1974/75 il fit dans le devoir de mémoire avec « Section spéciale » adapté du récit d'Hervé Villeré par Semprum. Le film raconte la création par le gouvernement de Vichy d'une cour spéciale pour juger les résistants. Ce film dénonçait la mascarade législative et la parodie de justice orchestrées par un gouvernement de lâches.  

 En 1979 il aborda le genre intimiste avec « Clair de femme » avec Yves Montand et Romy Schneider. A l'époque ce film m'a laissé, malgré tout, assez dubitatif. Il me faudra le revoir car depuis j'ai appris qu'il était tiré d'un roman de Romain Gary, magnifiquement adapté par Milan Kundéra selon le pointilleux Romain Gary.
 Dustin Hoffman a déclaré que c'était la plus belle histoire d'amour qu'il ait vu au cinéma. Avec de tels panégyriques je me dois de revoir ce film. J'ai commandé le DVD et dès que je l'aurai reçu et vu je fournirai un avis par un commentaire à ce billet. 
 

  En 1982 Costa-Gavras a changé de braquet. Pour poursuivre sa croisade cinématographique  anti-dictature, anti-atteinte aux droits de l'homme il accrocha son wagon pamphlétaire au train hollywoodien (Universal Studio). Il visa juste car si « Missing » fut très controversé aux Etats-Unis dans les milieux de la droite reaganienne, il fût néanmoins récompensé aux Oscars dans la catégorie meilleur scénario original après y avoir été nommé dans 3 catégories (5 nominations pour les Golden Globes).
  Il obtint aussi la Palme d'or à Cannes (ex-aequo avec Yol de Yilmaz Güney) doublé du prix d'interprétation masculine pour Jack Lemmon.

Le scénario co-écrit par Costa-Gavras et Donald Steward est adapté du roman de Thomas Hauser « L'exécution de Charles Horman ».  L'histoire raconte la disparition d'un journaliste américain lors du coup d'Etat de Pinochet. Ce très grand film doit beaucoup aux acteurs, Sissy Spacek et Jack Lemmon. Ce dernier tient le rôle du père du disparu, conservateur bon teint qui découvre, petit à petit, ce qu'est le régime de terreur de la junte militaire et l'implication des U.S.A.  

    

 Un très, très, grand film qui n'a pas pris une ride même si l'Amérique d'Obama n'est plus tout à fait celle des Reagan, Bush et malheureusement aussi Carter voire Clinton. La politique américaine basée sur l'obsession du communisme jusqu'à la fin des années 80 puis la crainte des contagions gauchisantes castristes, sandinistes et aujourd'hui Chavez, l'a conduit à soutenir des aventures fascistes paramilitaires type Contras....  

 Ces jours-ci les militaires ont renversé le président Zélaya démocratiquement élu en Honduras........ À suivre la position de l'ONU et des USA.


 En 1983 Costa-Gavras s'intéressa ensuite au conflit palestino-israélien en réalisant « Hanna K » avec Jill Clayburgh, Gabriel Byrne, et Mohamed Bakri. Un film mélo pas très convaincant. Assurément ce n'est pas le meilleur de Costa-Gavras.

 

 En 1985 Gavras tourna avec Johnny ; quelle drôle d'idée ! Assurément, à lire les critiques de l'époque, « Conseil de famille » était son plus mauvais film... mais sans autre commentaire car je ne l'ai pas vu.

 

 En 1988 il renoua avec Hollywood pour un assez  bon film « La main droite du Diable »  avec Tom Béran ger et Débra Winger sur fond de Ku-Klux-Klan et groupuscule néo-nazi. Un assez bon film mais qui ne tint pas la comparaison avec  « Mississipi Burning » d'Alan Parker qui sortit quelques mois plus tard.

 

 C'est en 1989 qu'il renoua avec un vrai beau succès très mérité « Music Box ». Une brillante avocate Ann  (Jessica Lange)  est amenée à défendre son père (Mike Laszlo) réfugié hongrois aux Etats-Unis soupçonné d'avoir été un criminel de guerre.  Un très beau film qui fut récompensé par l'Ours d'or au festival de Berlin.

 Costa Gavras fit un break pendant quelques années à l'exception de la « Petite Apocalypse » un film qui est passé inaperçu et dont je ne sais pas grand chose hormis la présence de Dussolier et Arditi. Sans doute quelque chose comme un film entre amis...  

  En
1997 il travailla à nouveau pour Hollywood avec « Mad City ».  Ce film est une critique des grands médias qui manipulent l'information pour se mettre au goût de l'opinion publique. Dustin Hoffman, journaliste ambitieux mais sur le déclin veut se refaire une santé devant des millions de télé-spectateurs face à un pauvre type, John Travolta, qui vient de perdre son emploi et est devenu preneur d'otage, et dont il fera un héros national. Avec de tels interprètes et le talent professionnel de Costa-Gavras le film ne pouvait qu'être bon.... bien que ce soit un peu décevant de retrouver Gavras dans un tel registre.

 


 En 2001 Costa-Gavras renouait avec le devoir de mémoire en adaptant pour le cinéma, « Le Vicaire », la pièce du dramaturge Rolf Hochhuth.
 Le film sortit sous un titre plus provocateur « Amen ».  Il dénonce l'attentisme du Vatican devant l'holocauste perpétré par le régime nazi. Un magnifique film avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassocitz et Michel Duchaussoy.

Un film à revoir à l'heure où certains envisagent la béatification de Pie XII.




 Le dernier film de Costa-Gavras qui m'ait enthousiasmé est le « Le couperet » sorti en 2005.  Bien plus qu'enthousiasmé il m'a subjugué.
 J'avais découvert le roman de Donald Westlake il y a 6 ou 7 ans. C'était l'époque où pour faire connaissance avec un auteur de polar j'en lisais 4 ou 5, voire plus, les uns derrière les autres.... et de la série c'est celui là qui m'avait le plus bluffé....  
 Cette histoire de cadre supérieur qui vient d'être licencié et qui, sachant que dans son domaine technique, les postes sont rares, décide d'éliminer à l'avance ses probables futurs rivaux pour d'hypothétiques offres. J'ai tellement aimé ce bouquin que je l'ai prêté à une dizaine de copains et qu'il ne m'a jamais été rendu. Il m'a d'ailleurs fallu, finalement, le racheter.
 Quand j'appris que Costa-Gavras allait adapter ce roman au cinéma je fus surpris, mais pourquoi pas ! « Le couperet »  pouvait être, en quelque sorte, le second volet de « Mad City », la suite des dérapages d'un sans emploi aux abois, qui devient avec la crise un sérial-killer social.
 Costa-Gavras allait-il arriver à faire émerger du film l'humour noir de Westlake? Le choix de José Garcia pour tenir le rôle principal était, a priori, étonnant mais il fut judicieux. Il devenait d'autant plus judicieux  que le scénariste  Jean Claude Grumberg avait transposé l'histoire d'Amérique en l'Europe. José Garcia, Karin Viard et Olivier Gourmet sont magnifiques.

 En 2009 est sorti le dernier film de Costa-Gavras «Eden à l'Ouest ». Les critiques n'ont guère été élogieuses parlant même pour ce film qui traite de l'immigration clandestine de  film se situant dans les basses eaux du parcours de Costa-Gavras... et comme le même mois sortait sur le même thème le film de Philippe Liotet  «Welcome ». J'ai préféré aller voir ce dernier : admirable !

 Je ne peux finir ce billet sans évoquer le très beau film le Laurent Herbier «Mon Colonel » tant l'influence de Costa-Gavras y est évidente : il a produit le film et adapté le roman de Francis Zamponi. Comment Costa-Gavras pouvait ne pas être concerné par une histoire dramatique de la guerre d'Algérie. Un magnifique film avec Olivier Gourmet, Boby Solo, Cécile de France et dans le final Charles Aznavour. Un grand cru Costa Gavras sans en être vraiment un.

A suivre

Par daniel - Publié dans : ciné-cure - Communauté : sous avenir.
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Mardi 23 juin 2009


 Le week-end dernier fut celui des fêtes : Samedi, les écoles primaires et les enfants fêtaient la  fin de l'année scolaire.  Dimanche c'était le premier jour de l'été et donc la fête de la musique.

Cécile et François était de mariage en Anjou et du coup nous, les grands parents, étions réquisitionnés pour garder et occuper les petits : les trois garçons en même temps.... finalement ça c'est bien passé, beaucoup mieux que je ne le craignais.... Pas trop de bagarre, juste ce qu'il faut pour des garçons.... qui ont, forcément, récupéré quelques gênes rugbystiques.

 

 Ah oui c'est vrai il y avait ça aussi, le second test match en Nouvelle-Zélande... mon ami Richard le veinard est à Wellington : il a pris la douche et le haka. Moi à Niort j'avais les petits, le soleil mais pas de rugby.... même pas à la télé puisque maintenant ce sport est pris en otage par Canal plus..... comme ci cette chaîne ne pouvait se contenter du foot.

 Ce ne fut donc pas vraiment la fête à Wellington avec cette courte défaite devant les blacks.... encore que sur le bilan des deux matchs (la victoire des bleus la semaine précédente à Dunedin) c'est le XV de France qui a remporté la coupe Dave Gallaher. C'est très franc-jeu  de remporter, sans tambour ni trompette, une coupe dont personne n'a jamais entendu parler. 
 
 

 Samedi après-midi nous avons donc emmené les petits enfants à leur fête d'école :
 Hugo chante bien, mais il n'est pas bon pécheur ..... et puis, même si on est teigneux, vouloir s'en prendre au plus gros du paquet c'est rarement un bon plan... au rugby comme à la pêche à la ligne.
 Thomas est à l'aise sur scène, un peu cabot même... après le spectacle, dans les stands il voulait tout tester....et avec une certaine réussite notamment au lancer de fléchettes : 3 fléchettes lancées 3 ballons éclatés... 100 % de réussite et quelle frappe ! Il valait mieux ne pas se trouver sur la trajectoire.... Plus tard il pourrait bien se retrouver à l'ouverture.
 
Dorian est resté haut perché une bonne partie de l'après-midi, Haut perché c'est dire qu'il était sur mes épaules... il doit bien faire ses 16 kg.... peut être même un peu plus... un beau bébé qui devrait, plus tard, faire des touches.

  Le soir Dorian n'a pas demandé son reste (papy pas trop non plus... 2 heures à 16 kg... ça compte quand même). Hugo et Thomas ont bavardé dans leur lit jusqu'à ce qu'il fasse nuit.... on ne les a donc pas trop vu le dimanche matin.. à la grande joie de Dorian qui avait papy et mamilou pour lui tout seul. On a même fait une petite balade tous les deux... il bichait le Dorian, mais cette fois je l'ai fait marcher.

 
Cécile et François sont revenus en milieu d'après-midi et nous sommes allés faire un petit tour en ville pour le début de la fête de la musique. Merci Jack.

 Merci oui....  chaque année on y fait un petit tour.... et je trouve à chaque fois que c'est plus la fête de la cacophonie que la fête de la musique.... mais cette fois j'ai été plutôt agréablement surpris :

En fin d'après midi un bon podium était destiné aux enfants.

En début de soirée il y avait un groupe flamenco devant la centre culturel : c'était  bien.... un peu andalous même.


 Le parvis de la mairie était réservé au blues et au jazz avec pour maître de cérémonie Graeme Allwright.
 Encore un Néo Zélandais.... mais j'adore ce type talentueux depuis si longtemps (Comme j'aime le rugby des all blacks depuis.... depuis ....le 1er match que j'ai vu à la télé.... c'était en 1963 !). 
 Voilà un artiste né il y a 83 ans à Wellington qui a commencé sa carrière à Paris ; contestataire il fut porté par la vague soixante-huitarde, puis il a ensuite pris le large pour fuir le show-biz, fait le tour du monde en prenant le temps de s'arrêter en divers endroits qui lui plaisaient (dont la Réunion) et qui finit par poser ses valises à Niort.... un mec comme ça mérite le respect.

 J'aime le disque enregistré lors du concert qu'il a fait avec Maxime Le Forestier au palais des sports en 1980.
 J'ai découvert Léonard Cohen et d'autres grace à lui ..... mais j'ai aussi beaucoup aimé le poète solitaire qu'il fut.
 
 Mais ce qui reste pour moi une vraie merveille c'est un disque où il chante : The daisy, A sinner repents, Tle passers-by, Nine and a Half times, The scholl mistress, My lovely Flower, The thunderstorm ...etc....un dernier titre pour mettre sur la voie ... Saturn et oui c'est du Georges Brassens en anglais. Faire connaître tonton Georges aux anglais, pop-décadents, ça ne mérite pas la légion d'honneur ? ... Mais je ne suis pas sûr qu'il l'accepterait.

 

 J'en reviens à la fête de la musique. Devant la mairie j'ai écouté avec délice l'histoire du blues par Docteur Joy, une remarquable formation composée d'un piano, une contrebasse, une batterie, une guitare et un saxo. Du début du blues, né de l'esclavage, puis son évolution vers le blues des rives du Mississipi, son cheminement par le rail jusqu'au blues ouvrier du côté de Détroit et Chicago puis le retour sous la forme Boggie vers Memphis et le final rock roll avec Great balls of fire. J'étais d'autant plus aux anges que Graeme Allwright a prêté sa voix pour deux blues poignants.

 J'aurai pu y passer la nuit .... mais je n'étais pas seul.... Et puis la fête de la musique ce n'est pas rester sur place pour un concert mais c'est la nécessité de se disperser pour grappiller ci ou là des choses qui plaisent.

 Bien sûr il faut presser le pas,  à certains carrefours, pour échapper aux guitares criardes et aux braillards, héritiers des Rolling Stones ou pires.

 Devant le CAC le groupe flamenco avait laissé place à un gentil quatuor de Dixieland. Sympa aussi mais on n'allait pas y passer la nuit... d'autant que les braillards se faisaient de plus en plus entendre dans la ville. Il était temps que Papy et Mamy retourne à la maison.

 

 A chacun son époque. Le lendemain Sarko choisissait la sienne avec un retour à Versailles dans le style 1848 et Louis Napoléon..... et ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule... Ce n'était plus jour de fête, elle était finie, mais ça devenait que la fête commence le film pamphlet de Tavernier dans une atmosphère de luxe et d'arrogance qui, dans la forme, sied bien au personnage ce qui faisait contraste avec le fond convenu et emprunté de l'allocution monarchique.
 Je me disais que pour une telle mise en scène il ne manquait que la grandiloquence de Jack Lang... mais c'était sévère pour celui qui nous a, quand même, offert il y a 28 ans la fête de la musique ... Alors qui d'autre ? Mais c'est bien sûr... mieux que Jack ça ne pourrait être que Frédéric... Frédéric Mitterrand !....
... et en plus maintenant ils n'appellent plus ça l'ouverture mais..... des prises de guerre... c'est vrai qu'en période de crise..... le piratage
 avec ou sans Hadopi, avec ou sans Albanel, c'est à la mode.

 Le discours de Versailles a été tellement nul que l'Elysée a choisi d'avancer de 24 H l'annonce du remaniement ministériel..... et ce mardi soir ce fut tournez manège ......
....et la farce tranquille...... b
ingo.... 
..... mais c'est un grand tort d'avoir toujours raison.


A suivre  

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève - Communauté : sous avenir.
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Mercredi 17 juin 2009

 Photos sans commentaire pour aujourd'hui mais il y aura un petit bout  texte à venir....  mais probablement pas avant vendredi en soirée.... désolé mais il me faut fournir sur plusieurs fronts.
Une petite précision quand même : il ne s'agit pas d'une randonnée en charentaises mais d'une bonne et saine balade en Charente Maritime.... Un circuit fermé de plus 20 km (mon podomètre instinctivement étalonné indiquant même 25 km) : départ et arrivée à Ronce-les Bains  avec  un crapahutage light dans la forêt de la Tremblade avant de repiquer en direction du Pertuis de Maumusson, le méchant détroit entre continent et l'île d'Oléron. Une pause pique-nique à la baie de l'Embélie, une sieste chronométrée de loup de mer dans les dunes et un retour long comme un jour sans.... Côte de Blaye par la plage  de la Cépe que nous abandonnions aux parcs à huîtres pour une aventure dans les marécages suivie une fuite vers la forêt avant de retrouver la plage polluée qui nous rapprochait de la terre promise et surtout d'une brasserie prometteuse.
 Pour résumer un départ de Ronce à 9 H 30 le retour à Ronce à 17 H 30. C'était bien, très bien même si on exclut une petite borne de plage dépotoir en fin de plage de la Cèpe... rien n'est parfait en ce bas monde pas même en Charente Maritime.





































































 Complément du 22 juin : En fait je n'ai guère eu le temps de revenir sur ce billet.
Ce fut donc une bien belle journée qui avait démarré par un superbe orage, comme je les aime, au petit matin vers 6 H.
 Quand on a quitté Niort à 8 H le temps était encore incertain, mais le ciel semblait se dégager vers l'ouest. Après 1 heure de route (oui je sais c'est un peu court et d'ailleurs certains ont eu droit au flash radar ) nous franchissions la Seudre. Quelques temps après nous commencions la balade : les flashés maussades, les autres enthousiastes car le ciel était alors parfaitement dégagé.
 C'est dans l'après midi que j'ai compris que j'avais eu du nez de choisir le costume de Crocodile Dundee quand en cherchant l'Eldorado dans les marécages entre plage et forêt je me suis trouvé le cul dans la vase et les pieds en l'air. J'étais justement entrain de parler de la Guyane à Christian... En prenant ce gadin j'ai sans doute évité des pertes plus conséquences. J'imagine la Une de la NR s'il y avait eu un accident  : Un groupe de niortais, dont 2 conseillères municipales, perdu dans les marais charentais. C'eut été énorme.....
 On a fini par faire un détour pour atteindre la forêt et revenir vers Ronce par un chemin moins hasardeux...... et pouvoir, au bout de l'aventure, savourer la bière fraîche qui nous attendait. 
 Nos  amis ont fait ensuite une soirée restaurant chez  Gaby... au port de la Tremblade. Je sais qu'ils se sont régalés... Pilou et moi on se rattrapera une autre fois... j'ai préféré assurer la douche le plus tôt possible (vers 21 H le temps de rentrer à Niort.) 

A suivre.

 

Par daniel - Publié dans : Blog à part - Communauté : sous avenir.
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Samedi 13 juin 2009

  Réunir dans un même article la Gifle de Claude Pinoteau et l'Epouvantail de Jerry Schatzberg ça sent le faux-semblant, le prétexte pour parler politique en avançant, une nouvelle fois, masqué. C'est clair que ça va finir ainsi, mais je vais quand même  au préalable, parler un peu de cinéma. Pas beaucoup car il faut bien avouer que Pinoteau et encore plus Schatzberg n'ont guère été prolixes.... Ils ont au moins ça en commun, et puis ils ne sont pas tout neufs les gus.... Pinoteau eut 84 ans il y a quelques jours et Schatzberg aura 82 ans dans quelques semaines.

 

  Jerry Schatzberg aurait réalisé huit ou neuf films pour le grand écran.... mais je n'en ai vu que deux, les seuls à avoir, à priori, été projetés en France..... Panique à Needle Park (1971) et l'Epouvantail (1972).

 Je n'ai d'ailleurs découvert ces films que récemment, vers 2005, lorsqu'ils sont sortis en DVD... car à l'époque, dans les années 70, j'étais en Afrique loin des salles de cinéma.

 J'ai attendu l'Epouvantail, grand prix du Festival de Cannes en 1973, plus de trente ans. C'est un film superbe à inscrire au Panthéon du cinéma. Une road movie, une histoire d'amitié, entre deux vagabonds : Max qui sort de prison, six ans de taule pour violence,  et qui rêve de créer une station de lavage de voitures si son mauvais penchant pour la bagarre ne l'égare pas en route et Lion qui, après avoir passé cinq années dans les marines, veut aller voir son enfant qu'il ne connaît pas, retrouver un foyer et des responsabilités qu'il avait fuis.

 Un film rempli d'émotions dont le succès tient surtout au jeu des acteurs Gene Hackman (Max) et Al Pacino (Lion). Hackman avait alors 42 ans et déjà 23 films à son actif (dont Bonnie and Clyde et French Connection) ; Pacino n'avait que 32 ans et c'était seulement son 4ème film (entre Le Parrain et Un après midi de chien).

 Al Pacino avait aussi tourné, deux ans plus tôt, dans Panique à Needle Park  une histoire d'amour, une histoire de couple sur fond de drogue qui met mal à l'aise. Je n'ai pas trop aimé ce film malgré la présence d'Al Pacino.

 Jerry Schatzberg est donc le réalisateur d'un seul grand film, l'Epouvantail, mais quel film ! ....

 

...et Claude Pinoteau ?  Ce n'est pas beaucoup plus dense .....  Il eut, lui aussi, son premier succès avec son acteur fétiche, également d'origine italienne, Lino Ventura : un thriller Le Silencieux (1973), puis il passa à la comédie toujours avec Ventura ; ce fut La Gifle (1974) avec la découverte d'une jeune et talentueuse actrice Isabelle Adjani. Le thème est très banal mais le film est charmant et le talent des acteurs lui permit d'obtenir une récompense : Le Prix Louis Delluc.

 Pinoteau alterna comédies dont une avec Yves Montand, Le Grand Escogriffe (1976) et polars avec Ventura : d'abord  L'homme en colère (1976) puis La Septième cible (1984).... Il semble que le vrai génie de Pinoteau fut de découvrir de jeunes actrices prometteuses : après Adjani dans la gifle (et aussi Nathalie Bayle), ce fut Sophie Marceau dans La Boum (1980), La Boum 2 (1982) et L'Etudiante (1988).... des films d'une époque ...  que j'ai du voir ou entrevoir, sans passion, lors de leurs passages à la télévision.

 Je ne suis pas allé voir les derniers films de Pinoteau et je les ai même pas vus à la télé : ni La Neige et le feu (1991), ni Cache cash (1994) ni même Les Palmes de M. Schutz  (1997) malgré la présence de Philippe Noiret et celle d'Isabelle Huppert.... Il va me falloir combler ce manque.... grâce aux DVD.

 

 Finalement il me semble que  le meilleur de Pinoteau est lié à Lino Ventura comme Jerry Schatzberg est attaché à Al Pacino : La Gifle et L'Epouvantail.

 

  Alors  La Gifle et l'Epouvantail vu maintenant côté politique, une semaine après les élections européennes, ça donne quoi ? Des évidences et après ... ?

 

 Pour la Gifle il n'y a pas besoin de faire un dessin, il suffit de regarder les résultats. Le terme est assez bien approprié puisque 48 heures avant le scrutin, tous le politologues s'attendaient à un résultat médiocre pour le PS avec le risque qu'il soit inférieur à 20%, mais personne n'attendait un résultat aussi catastrophique. Les sondages pronostiquaient une fourchette de 19 à 21 % ce qui n'eut pas été terrible mais, somme toute, assez habituel pour ce type d'élection intermédiaire à la proportionnelle.... Mais se situer à 16 %... cela devenait une belle claque, en aller retour, un vrai coup de pied au cul. Seuls Rocard accompagné par Kouchner et..... Sarkozy, en leurs temps, avaient fait plus calamiteux..... pour le premier cité ce fut la mort politique pour le dernier la naissance d'une grande ambition... rien n'est donc définitivement écrit.   

 L'image de la  gifle est donc surtout à rapprocher de l'effet de surprise. Depuis le début de la semaine qui précédait on sentait que le Modem de Bayrou se faisait grignoter par les Verts de Cohn-Bendit.... Ce qu'on n'a pas vu arriver c'est la touche finale.  La bagarre entre Cohn-Bendit et Bayrou et le K.O infligé à ce dernier a permis au papy de mai 68, qui a de beaux restes médiatiques, de capter l'électorat républicain zappeur.

 Un électorat qualifié de républicain car il reste fidèlement accroché au devoir civique, mais aussi zappeur car il ne sait plus où il est, hésitant entre un parti socialiste qui le déçoit, et des partis satellites de gauche qui séduisent mais divisent et surtout font gagner l'adversaire (syndrome du 21 avril 2002) ..... Face à un électorat de droite d'autant plus facilement  caporalisé par son guide arrogant qu'il n'a plus, avec la crise, de repère et de certitude, et qui ne comprend plus rien à la situation politique hormis le fait qu'il faut battre la gauche.... face à cette droite le P.S. a payé les pots cassés de fin de campagne.

 
 Mais ce n'est pas la seule cause du désastre car je n'ai parlé jusqu'à présent que de l'électorat républicain qui est allé voter, mais il y a plus grave, l'abstention.  Une abstention qui a atteint 60%, c'est dire que le succès de l'UMP se résume à un captage de 11 % du corps électoral..... Bien sûr c'est encore pire pour les socialistes et les verts (6.5%) et il vaut mieux éviter de faire le calcul des miettes pour les autres.

 Quand on précise que les anciens de plus de 65 ans ont quand même voté à 58% (bravo à eux) alors que seulement 28% des moins de 30 ans se sont déplacés... ça relativise les analyses péremptoires et précipitées des soirées d'électorales.  Quel épouvantail  a fait fuir les électeurs comme des moineaux ?

 

 Bien sûr les socialistes ont morflé en France, comme dans toute l'Europe, au bénéfice de la droite et des écologistes et ce n'est pas moi, qui suis depuis 25 ans de toutes les minorités rénovatrices du PS, qui vais contester la nécessité de profonds changements qu'on les nomme refondation ou renaissance ... mais j'y reviendrai plus loin.

  
 Je veux auparavant contester certaines analyses comme de dire que les résultats français seraient un effet boomerang de l'anti-sarkozysme.

 En France tout passe (et je le  regrette) par l'élection présidentielle... un moulin à vent dirige notre pays depuis 2 ans, arrivé au pouvoir en prônant le modèle libéral anglo-saxon puis, la crise des subprimes éclatant, il est subitement devenu pseudo interventionniste, avec même des discours faussement socialisants... certains appellent ça du pragmatisme, moi j'appelle ça du foutage de gueule... en attendant que l'orage passe pour reprendre son entreprise de destruction du modèle social français tant vanté ces derniers mois ... et il faudrait ne plus faire de l'anti-sarkozisme ?
 Je suis anti-sarko : je persiste et signe. Je n'aime pas ce président et mon aversion pour lui est bien plus forte que ce que j'ai pu ressentir pour tous les autres présidents de droite qui l'ont précédé ; même Giscard et pourtant.... c'est peu dire. 

   

 Camarades continuons à vilipender ce politicard et ça finira bien par être entendu et compris. Les français, dans leur majorité, ne sont quand même pas si cons ou alors c'est à désespérer. Non il faut simplement les motiver pour qu'ils se rendent dans les bureaux de votes et pour cela il faut avoir un programme motivant et un leader crédible. Obama a, sans retenue, fait de l'anti-Bush (et auparavant écarté sans ménagement Hilary Clinton) et il a gagné... bien sûr ça doit être aussi accompagné de propositions, d'un projet bien construit s'appuyant sur de valeurs toilettées mais bien identifiées à gauche.

 

 Certainement que les socialistes auraient pu dire des choses plus pertinentes dans cette campagne. Certainement que Bayrou, lui qui était sensé représenter le courant le plus européen, s'est trompé, mais Bayrou je n'en ai rien à foutre. Je suis aussi d'accord pour reconnaître que Cohn-Bendit, le libéral libertaire, a au contraire visé juste ... encore qu'on peut se demander ce que foutait avec lui un José Bové favorable au protectionnisme  et à une Europe rempart contre la mondialisation libérale ....  Ce mariage de la carpe et du lapin qui a réussit un hold-up « home, sweet home » est bien le symbole de l'incohérence de ce scrutin.

  

  Qui, par exemple, parmi les partis dits de gouvernement, a rappelé que les français avait voté Non au référendum sur l'Europe et que Sarkozy a annulé ce vote et trompé, méprisé les français par un nouveau vote indirect des parlementaires : personne et surtout pas le parti socialiste : regrettable...  et résultat, selon les sondages, 71 % des nonistes ne sont pas allés voter.... A quoi cela pouvait-il bien servir de voter pour un scrutin européen quand, ensuite, on manipule le verdict ?  Que l'on peut faire voter et revoter jusqu'à ce que les gentils moutons rentrent à la bergerie ! Les irlandais n'ont pas fini d'aller voter si l'an prochain, ils ne disent pas enfin Oui. 

Voila un épouvantail à faire fuir les électeurs ... quand on ne respecte pas la démocratie quand on ne respecte plus le vote des citoyens à quoi ça sert d'aller voter...  et moi je respecte le résultat du vote des français pour Sarko à défaut d'aimer le bonhomme. Je précise  quand même (mais était-ce nécessaire ?)  que je suis allé voter la semaine dernière et que j'ai voté pour ma famille socialiste.  

 

 Ceci ayant été dit,  il est temps pour moi d'aborder l'état du PS et de la gauche en général. D'abord le problème de leadership...

 Martine Aubry a-t-elle vraiment envie de s'impliquer dans cette galère ? N'est-elle pas touchée par le syndrome Delors 1994 ? J'en ai peur. .....

 Bien sûr il y a aussi Ségolène, curieusement silencieuse, pour une fois, et là c'est la personnalité de l'icône people qui m'inquiète, qui m'empêche d'adhérer même si je reconnais qu'elle est la seule à avoir su, un temps, nous rabibocher avec un électorat populaire.... Mais déjà son étoile semble pâlir.... Excès de mysticisme, de repentance, de tout et n'importe quoi....

 Il y a aussi l'espoir d'une dream-team avec ces deux femmes se soutenant, s'épaulant ... ça ferait un ticket qui aurait de la gueule mais c'est certainement l'hypothèse la plus utopiste et à laquelle je crois le moins, l'ego système ou la jalousie système étant encore plus dramatique chez les femmes socialistes que chez les mecs.

 Et puis il y a mes amis les quadras, amis quelque peu perdus de vue depuis ma semi retraite politique. Peuvent-ils mettre leur égocentrisme en sourdine pour faire un travail d'équipe... comme au bon vieux temps des débuts du NPS.  C'est peut-être  l'hypothèse la plus raisonnable : Oui Arnaud Montebourg a raison c'est la dernière station avant le désert ; oui  Manuel Valls a raison en affirmant que le parler socialiste est une langue morte ; oui Vincent Peillon a raison en demandant une refondation idéologique ; oui Pierre Moscovici et Gaétan Gorce ont aussi raison en réclamant des primaires ouvertes ...etc...  Quand tous ces quadras se sont retrouvés pour un meeting générationnel de soutien à Benoît Hamon ce fut un moment fort .... Je rêvais de la renaissance du NPS.

 
 Je suis convaincu que le PS, et au delà  toute la gauche de gouvernement, ne s'en sortira que si cette génération prend, enfin, les commandes de l'appareil .... Car eux seuls ont vraiment envie de la conquête, faim du pouvoir national......

   Beaucoup d'autres, parmi les grands élus régionaux ou départementaux , souhaitent évidemment que le PS se refasse une santé, qu'il reste une force attractive mais c'est surtout pour assurer leurs victoires lors des prochaines échéances dans leurs fiefs locaux.... Et c'est bien aussi pour cela que beaucoup ne souhaitent pas aller trop loin dans la rénovation du parti ... pourquoi faire ? Avoir un gouvernement de gauche qui serait forcément critiquable, ce qui entraînerait le risque de perdre les élections locales. A éviter à tout prix..... Car finalement la situation actuelle avec une gauche à 40 % (même sans le Modem et extrême gauche) face à une droite (UMP + Libertas mais sans F.N.) qui plafonne à moins de 35% c'est bon signe pour les cantonales, les régionales et les municipales... des élections à deux tours, moins difficiles à négocier....... alors l'audace que réclame Montebourg.... j'ai bien peur que ce ne soit pas encore pour demain.

 

 L'épouvantail interne au PS serait-il pour certains la peur de gagner le pouvoir national et par contrecoup perdre ensuite de nombreux fiefs locaux ? ....j'en ai bien peur et c'est la raison de mon scepticisme... et de ma prise de distance ... . A Montebourg, Peillon et compagnie de me prouver le contraire...... et si cette équipe se reconstitue je m'impliquerai à nouveau.


 Pour moi le vrai danger pour les prochaines années c'est le retour en grâce du libéralisme, un libéralisme requinqué après les premiers signes de sortie de crise et une nouvelle fuite en avant.... vers la prochaine catastrophe...... la reconduction de Barroso en serait le signe le plus évident.  
 Pour des militants socialistes le seul combat digne d'intérêt, le combat prioritaire doit être la conquête du pouvoir national et européen, .... et si les socialos continuent à être aussi timorés, il faudra bien alors s'investir à fond dans le combat social pour défendre notre modèle de société ; mais un vrai combat ... pour foutre un vrai bordel.... pas les manifs minables et indolores du samedi.   

 


 A suivre

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure - Communauté : sous avenir.
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Mardi 9 juin 2009

 Ce billet est destiné essentiellement à la famille et aux amis proches qui n'ont pas le bonheur de vivre dans les Deux-Sèvres, ni le plaisir de lire la Nouvelle République (Je n'en fais pas un peu trop?). Enfin, bref, voilà... c'est la seconde interview de Pilou dans ses fonctions politiques. Il faut bien que j'en fasse écho sur ce blog.
 On a d'ailleurs failli louper cet article parce qu'il est paru le 20 mai, et le lendemain jour de l'Ascension nous partions pour Paris voir les enfants et Lucie notre petite-fille avant de nous envoler pour la Guadeloupe pour une douzaine de jours. Certes on aurait fini par le trouver au retour d'autant que nombreux sont ceux qui nous ont fait l'éloge de cet article rédigé par un sympathique journaliste (Non je ne fais pas le lèche-bottes blues !) qui a interviewé sept conseillers municipaux. Pilou eut l'honneur du premier article, de faire, en quelque sorte, l'ouverture du festival. Tous les autres articles, les autres interviews, sont parus pendant notre absence et, très franchement, je n'ai pas fait l'effort de les chercher, ni même de connaître le palmarès. (Il faudrait peut-être car j'ai des bons potes dans le lot....ils vont mal le prendre.)
 Voici en bleu l'article de F. Bonnet  (en noir quelques commentaires ou observations du témoin que je suis) :

 Certains sont tous neufs en politique. D'autres moins. Certains avaient déjà une petite idée de ce que représente la prise de responsabilité citoyenne ou la gestion municipale. D'autres pleins d'allant, ne demandaient qu'à apprendre et à se confronter à la réalité exaltante de l'excercice du pouvoir. Un an après avoir intégré le conseil municipale  en tant qu'adjoint au maire ou simple conseiller, dans la majorité ou l'opposition, sept élus niortais ont confié à la Nouvelle République ce que leur engagement a, d'ores et déjà, changé dans leur vie au quotidien. Des surprises, des confirmations, mais comme on le verra, pour l'heure, nul regret avoué.

1- Pilar Baudin, l'ex-secrétaire du maire devenue adjointe
 A la liberté d'une retraite bien méritée, cette ex-fonctionnaire territoriale a préféré l'engagement citoyen. Et toutes les réunions qui vont avec.....

 «Cette responsabilité, je ne l'imaginais pas aussi prenante... Le plus frustrant, c'est de ne pouvoir m'occuper de mes petits enfants autant que je le voudrais.... hormis cette forte disponibilité, rien ne m'a vraiment surprise. J'étais initiée...»
 Pour Pilar Baudin, élue discrète, la mairie n'est pas une nouveauté. Elle connaît même le sujet sur le bout des doigts pour avoir fréquenté les lieux durant neuf ans en tant que secrétaire du maire.
A l'époque celui-ci s'appelait Bernard Bellec.


 (Une petite erreur cependant : Pilou a bien travaillé pendant 9 ans à la ma irie de Niort, mais elle n'a passé que 5 ans au secrétariat du maire.  Ensuite elle eut en charge le budget du secteur associatif)
 « J'ai passé le concours de la fonction publique sur le tard, à 44 ans, après avoir élevé mes trois enfants et suivi mon mari dans ses missions professionnelles à l'étranger » confie-t-elle. « Après ce poste à Niort, j'ai intégré le service comptabilité de la mairie d'Aiffres au sein duquel je suis restée jusqu'à ma retraite en janvier 2008.»


 Quelques mois plus tard, cette fille de réfugiés politiques espagnols très tôt confite en politique (quelle drôle d'expression !)  - elle est au PS depuis de nombreuses années - faisait son retour dans la maison du peuple niortaise. Par la grande porte. En tant qu'adjointe aux finances. La plupart des visages municipaux lui sont familiers. « Quand je suis revenue, j'ai reçu un accueil très chaleureux de mes anciens collègues. Certains, la larme à l'oeil, m'ont dit: "On est contents que tu sois là" ! » Ca aide à l'intégration.


 
 Autant que d'avoir un passé associatif et de bénévolat. Pilar Baudin a très longtemps milité en tant que parents d'élèves au sein de la FCPE.
Pour autant, elle ne soupçonnait pas qu'il lui faudrait participer à autant de réunions.....« Cette équipe fonctionne beaucoup plus collectivement que du temps de Bernard Bellec. Nous abordons les grands dossiers de façon collégiale et transversale, ce qui nous oblige à nous réunir fréquemment » confie l'adjointe. (Sans doute un peu trop... il faut tenir 6 ans : qui veut voyager loin...etc... conseil d'un spécialiste.)


 « En outre, je suis dans toutes les commissions d'appels d'offres, que ce soit à la Ville, la CAN et le SEV (syndicat des eaux du Vivier). » avec les séances de conseil municipal communautaire, d'école et du quartier Goise-Champclairot, c'est en moyenne une dizaine de rendez-vous hebdomadaires que Pilar Baudin se doit d'honorer, dont certains qui se prolongent parfois jusqu'à une heure avancée de la nuit.




 Des regrets après un an de ce régime-là et à un âge où d'autres se réjouissent de jouir de la liberté du retraité? « Non, aucun regret. Mon mari comprend d'autant mieux le sens de mon engagement qu'il est lui aussi depuis longtemps impliqué en politique. (Ai-je vraiment le choix?). Nous nous organisons.»  Notamment pour partir en voyage, leur passion commune. Un virus (bénin) contracté lors de leur vie en Afrique et en Guyane. Bientôt, ils vont s'envoler pour la Guadeloupe. Pour quinze petits jours. « Entre deux Conseils.»

 
 
 Non ! Ces photos ne concernent pas la mairie de
Niort et elles n'accompagnaient pas l'article de la N.R.
 Bien trop jolies ces photos ! Elles ont été prises à l'occasion de nos séjours dans les DOM, à La Réunion, en Guyane, en Martinique et ces derniers jours en Guadeloupe.  
 



 La collection de Pilou....  les premières photos datant de 2005. Que faut-il en penser ? Une ambition de délocalisation sous les tropiques ? Ce n'est pas que je n'aime pas notre bonne ville de Niort .... mais dans le fond moi ça ne me déplairait pas...



A suivre.


 Puis-je finir ce billet "No Pasaran" sans évoquer le magnifique télé-film d'hier soir sur France 2 : « Elles et moi » de Bernard Stora qui raconte l'intégration en France de réfugiés républicains espagnols arrivés en 1939. Avec les personnages de Pilar, Luis et Isabelle Esteva j'ai l'impression de revivre des histoires entendues dans le cercle familial dans les années 60 à 80  ... Il va me falloir me replonger dans mes souvenirs, la mémoire de  la famille de Pilou et en parler à nouveau sur ce blog (la suite de ce remarquable télé-film ce soir)

Continuara

Par daniel - Publié dans : no pasaran - Communauté : sous avenir.
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Jeudi 4 juin 2009


 Samedi 23 mai : Nous sommes arrivés la veille au soir; installation au Gosier, repos puis balade à St Anne, St François et jusqu'à la Pointe des Châteaux : 













 Dimanche 24 mai : Direction Basse-Terre, route de la traverse, cascade des écrevisses puis parc des mamelles.....












.
....suite de la balade, Bouillante, Baillif et jusqu'au Vieux Port....













..... remontée côte ouest par Pointe noire,  Deshaie puis retour à Gosier













 Lundi 25 mai : Il me faut bien bosser... je suis venu pour ça... retour à Saint François . Pilou découvre Gosier... en soirée nous allons à Pointe-à-Pître.













 Mardi 26 mai : Nouvelle journée de boulot, cette fois je vais à Baillif et Basse-Terre. Pilou savoure Gosier et assiste aux préparatifs des commémorations du 27 mai.












 
Mercredi 27 mai : Jour férié en Guadeloupe pour célébrer l'abolition de l'esclavage en 1848 (voir les 2 précédents articles). Nous prenons la direction du Nord de la Grande-Terre : Morne à l'eau et son impressionnant cimetière, Petit-Canal, Port-Louis, Anse-Bertrand, Pointe de la Grande Vigie.... puis retour sur Gosier en fête.






































 Jeudi 28 mai et vendredi 29 mai : boulot, boulot..... Jarry et Capesterre pour moi et Gosier plage pour Pilou.












 
 Week-end de Pentecôte : 3 jours de tourisme : Basse-Terre sur les traces de Louis Delgrès : Saint -Claude, Matouba, La Soufrière, les chutes du Carbet.

























 Faute de transport maritime vers la Désirade et Petite-Terre (magnifique dit-on.... ça sera pour une autre fois) et un excès de monde à Marie-Galante pour cause de festival de Blues ce fut un retour à la splendeur des Saintes :


























 Mardi 2 juin : dernière journée de travail de Petit-Canal à Petit-bourg . En fin d'après-midi un saut côte ouest de Grande-Terre pour boucler la boucle : Anse Maurice et Le Moule.












 
Mercredi 3 juin : dernier jour plein et de repos avant le retour : Visite du jardin botanique de Deshaies (Un billet sera bientôt consacré à ce jardin paradisiaque)













Avwa...... à talé


Par daniel - Publié dans : voyages - Communauté : sous avenir.
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Dimanche 31 mai 2009

   L'abolition de l'esclavage ne fut effective à la Guadeloupe que le 27 mai 1848 soit un mois après le vote du projet de loi Schoelcher. Les choses n'avaient pas traînées : La seconde République avait été proclamée le 24 février 1848 l'abolition fut décrétée le 27 avril... un mois supplémentaire pour que les représentants de l'état en Guadeloupe soient informés...

 Pourtant ce n'était que l'aboutissement définitif de plus de 54 années de luttes avec des dates phares presque toutes concentrées sur cette période de l'année :

 

 L'abolition de l'esclavage avait été décidée par la convention le 16 pluviose de l'an II (14 février 1794), sauf que depuis mai 1793, la Guadeloupe était tombée dans le giron britannique, à l'appel des grands planteurs français royalistes. La convention ne pouvait accepter cette humiliation et envoya une escadre récupérer les colonies des Caraïbes ; une escadre commandée par Victor Hugues un personnage qui était très apprécié du Comité de Salut Public et notamment par Robespierre. La Guadeloupe fut récupérée très rapidement début juin 1794 car dès l'annonce, le 7 juin, de l'abolition de l'esclavage la population apporta un soutien massif aux troupes républicaines les aidant à chasser les anglais. Victor Hugues resta à la Guadeloupe jusqu'en 1798, remettant de l'ordre dans les affaires administratives du territoire et en appliquant une politique de terreur, la guillotine ayant aussi rapidement rejoint l'île, rasant près du cou, en quatre ans plus de 700 victimes, essentiellement des planteurs, mais aussi des hommes de couleur libres proches des colons .....

 Victor Hugues avait été lui même, de 1780 à 1790, colon à Saint Domingue d'où il était revenu ruiné et aigri ... à son retour il prit  parti pour la Révolution, s'impliquant fortement et devenant rapidement un « implacable contre les ennemis de la République ».... Sans doute avait-il, en arrivant à la Guadeloupe, quelques comptes à régler avec les grands planteurs..... la suite ne fut guère élogieuse pour l'homme fort qui devint despote et malhonnête : le travail forcé des populations noires, pour relancer l'économie locale et surtout la production sucrière tombée au plus bas, n'était qu'une autre forme d'esclavage.

  Quand la page des années terribles fut tournée avec la chute de Robespierre, le Directoire au pouvoir destitua Hugues le 5 juin 1798, et le remplaça par le général Desfoumeau, qui ne fit pas grand-chose d'autre que de laisser renaître la nouvelle forme d'esclavage non officielle et s'occuper avant tout à asseoir son pouvoir et son enrichissement. Lui aussi fut rappelé et remplacé par des médiocres dépassés par les évènements. Seule la présence de l'armée  qui comportait en son sein de nombreux officiers et sous officiers de couleur évita que le territoire ne sombre dans une totale anarchie.

  Puis il y eut le coup d'état du 18 brumaire et l'arrivée au pouvoir de Bonaparte qui, sous l'influence indéniable de Joséphine, la blanche créole martiniquaise, avait de nouvelles ambitions pour La France dans ces terres des Caraïbes... d'autant que Napoléon était ulcéré par la honte faite à la France à Saint Domingue par la rébellion d'un officier  de couleur, Toussaint Louverture.

  Il semblait impératif au Premier Consul que la France redore son blason sur ces îles en renouant la confiance avec les colons  planteurs..... et les planteurs ne demandaient qu'une chose : le rétablissement officiel de l'esclavage.

  Napoléon renvoya en Guadeloupe Le gouverneur Lacrosse qui était en poste en 1792 avant Victor Hugues et qui avait abandonné son poste en 1793 juste avant l'arrivée des anglais. Lacrosse était d'origine noble, mais touché par la philosophie des lumières il avait, à l'instar de La Fayette, embrassée, la cause révolutionnaire...... jusqu'à la Convention.... Le Directoire ne semble pas s'être intéressé à lui ... alors que Bonaparte...... c'était pour lui une chance de se refaire.

  Le problème qui se posa aux Antilles, est que l'armée française, et notamment pour ces postes dans les colonies, avait recruté et formé de nombreux hommes de couleur, fervents républicains qui se sentirent particulièrement concernés par l'évolution des évènements ; deux d'entre eux notamment, Louis Delgrès et Malgroire Pélage.

 Louis Delgrès est né à la Martinique le 2 août 1766 d'un père blanc créole et d'une mère mulâtre. Sur les registres d'état civil il fut déclaré « homme de couleur libre» et il reçu une excellente instruction de la part de son père qui l'a reconnu et lui a donné son nom. Dans cette histoire tragique il eut le rôle du héros.

 Malgroire Pélage est né lui aussi à la Martinique en 1766, mulâtre comme Delgrès mais il n'existe semble t-il aucun texte de sa main montrant un niveau d'instruction comparable à celui de Delgrès ce qui est étonnant pour quelqu'un qui atteignit le grade de général. Il fut même probablement dans son enfance esclave libéré ensuite par son engagement militaire et républicain. Dans l'histoire, au mieux il est « cité » puis « oublié » ..... lorsqu''il n'est pas considéré comme un traitre.

 Delgrès et Pelage qui avaient le même âge se sont-ils connus à La Martinique ? C'est peu probable car ils n'étaient pas du même milieu et par ailleurs Louis suivit son père et vécut une bonne partie de son enfance à Tobago où celui-ci avait été nommé directeur des domaines du roi.

  Delgrès et Pelage eurent une carrière militaire remarquable et se sont plusieurs fois trouvés ensemble. Ils ont, tous deux, intégré l'armée sous la monarchie en 1782 pour Pelage, en 1783 pour Delgrès. Tous les deux combattirent les anglais, tous les deux furent faits prisonniers et tous les deux s'évadèrent. Tous les deux furent de fiers et fidèles soldats républicains. Avec le temps l'histoire montra que Pélage fut plus fidèle à l'armée (il était déjà lieutenant en 1793) qu'aux idées républicaines et que Delgrès fut plus attaché au respect des droits de l'homme et du citoyen qu'à l'armée. Voilà finalement ce qui différencia ces deux frères d'une aventure qui les bouscula..

 Ils se croisèrent souvent : En Guadeloupe puis lors de la conquête de Sainte Lucie ou encore en métropole à Brest, à Marseille à l'île d'Aix, puis de nouveau en Guadeloupe en 1799.

 Louis Delgrès fut remarqué par Lacrosse qui l'avait déjà apprécié dès leurs premières rencontres en 1792 : un homme de couleur, intelligent et  cultivé, pour un gouverneur en poste aux Antilles, c'était un plus. Lacrosse fit donc de Delgrès son aide de camp lors de son retour à la Guadeloupe en 1801.

 L'ascension militaire de Malgroire est due à ses actes de bravoure sur les champs de bataille notamment sous le commandement de Rochambeau. C'est avec le titre de colonel qu'il servit en Guadeloupe auprès du  conventionnel Victor Hugues. En 1801 il était déjà général et par un concours de circonstance (dont le décès du général Béthencourt, qui accompagnat Lacrosse pour prendre le poste de commandant en chef des troupes de l'île) il devenait, hiérarchiquement, le responsable militaire en Guadeloupe lorsque le gouverneur Lacrosse débarqua. Celui-ci ayant considérablement évolué au cours des dernières années,  tournant le dos à ses rèves et utopies de jeunesse et étant surtout chargé par Bonaparte de rétablir officiellement l'esclavage aux Antilles il ne pouvait pas s'appuyer sur un responsable militaire noir.

 Lacrosse prit les pleins pouvoirs en se proclamant, avec l'aval de Bonaparte, Capitaine Général des armées.

 Dans un premier temps Pelage accepta à contre cœur : il y eut d'ailleurs de nombreuses tractations avec Lacrosse par l'intermédiaire de Delgrès.

 
 Les troupes et notamment les officiers noirs avec l'appui de la bourgeoisie mulâtre n'acceptaient pas la tragique évolution imposée par Lacrosse. Le 28 octobre 1801 l'armée se mutina et offrit le pouvoir à Pelage. «  Celui-ci avait derrière lui toute la colonie. Il pouvait se lancer dans un pronunciamento à l'instar de Toussaint Louverture à Saint Domingue..... Pelage hésitait ; c'était un légaliste qui se refusait à un pouvoir révolutionnaire ; patriote sans doute attaché à la France, il refusait de rompre avec elle. C'était un officier qui attendait les ordres de ses supérieurs.... Il s'efforça d'obtenir l'aval de Bonaparte....or celui-ci était bien décidé à ne pas s'en laisser compter.... »

 Le moment fut crucial : « ...si Pélage avait voulu rompre alors avec la France, la population entière l'aurait, sans doute, suivi, et le sort des évènements aurait pu changer. Mais peut être que, comme Pelage, le pays ne tenait pas à une rupture totale avec la métropole... » (extrait de la petite histoire de la Guadeloupe de Lucien René Abernon chez l'Harmattan)

 
 Pelage tergiversa et favorisa la fuite de Lacrosse, dont la vie était menacée, vers Sainte Lucie. Il resta même par la suite en contact avec lui alors que, celui-ci manœuvrait déjà avec les planteurs pour retourner la situation.

 Pelage avait rétabli le calme en Guadeloupe : à base de compromis il avait créé un gouvernement « provisoire en attendant des instructions de France», gouvernement  où siégeaient hommes de couleur et blancs. L'armée était rentrée dans les casernes et il avait nommé Louis Delgrès chef de l'arrondissement de Basse-Terre. Delgrès en effet lors de la destitution de Lacrosse, porté par une haine de son supérieur qui voulait rétablir l'esclavage, avait pris le parti des insurgés.

   Entre temps la France avait fait la paix avec l'Angleterre  le 25 mars 1802: Elle avait récupéré la Martinique, fait prisonnier Toussaint Louverture à Saint Domingue, et la seule épine qui lui restait sur son flanc américain était la Guadeloupe.

 Napoléon bien occupé en Europe dépêcha un corps expéditionnaire commandé par le Général Richepance. Celui-ci débarqua à Pointe à Pitre avec 3500 hommes et l'affaire fut rudement menée : les troupes noires furent désarmées et Pelage mis à l'écart.

Les principaux officiers noirs insurgés comprirent ce qui les attendaient et s'enfuirent rejoindre Louis Delgrès au fort Saint Charles de  Basse-terre.

  Conscient de leur impossibilité de résister à l'armée de Richepance, Delgrès publia une lettre publique désespérée, riche de ses espérances humanistes, mais d'une grande naïveté vis-à-vis de Richepance et donc de Napoléon en continuant à maudire le médiocre homme de main Lacrosse.


Au moment de mourir il est clair que ses amis et lui (pas plus d'ailleurs que Pelage) n'avaient pas compris l'aspect politique de leur malheur, de leur destin.

 Une partie des troupes de la révolte fut balayée par Richepance sur le site de Baimbridge. Il n'y eut aucun survivant parmi les révoltés dans cette boucherie.



 Le reste des forces de la résistance ne pouvant plus tenir le fort Saint Charles, se replia sur les hauteurs de Saint Claude à Matouba sur les pentes de la Soufrière. Encerclés par l'armée sans espoir de fuite Delgrès et ses fidèles préférèrent se faire sauter à l'explosif dans l'habitation d'Anglemont, pour montrer au peuple guadeloupéen que la mort volontaire était préférable à la servitude.

 

 Ce dernier épisode fut raconté par l'historien Gérard Lafleur dans l'édition du 27 mai dernier du journal France- Antilles.

  « Vivre libre ou mourir

 Le 22 mai, tout l'espace compris entre la rivière du Galion et la rivière Sence est occupé par les troupes de Richepance.... L'encerclement du fort étant presque achevé, Delgrès décide de le quitter avant qu'il ne soit trop tard. A 20 heures lui et ses compagnons ainsi que femmes et enfants  suivent le bord de mer et en passant derrière le Houëlmont, atteignent Champgfleury où Ignace, suivi d'une partie de combattants et des femmes vont à Dolé, puis se dirigent vers Point-à Pitre afin de faire diversion. Le reste de la troupe poursuit son chemin vers d'Anglemont en évitant les positions ennemies. D' Anglemont qui devint le quartier général de Delgrès.....

.....L'assaut final eut lieu le 28 mai après que la tentative d'Ignace eut échoué à Pointe à Pitre.

 Devant la disproportion des forces en présence, Delgrès, après avoir libéré ses prisonniers et délié ses soldats de leur serment de fidélité, se prépare au sacrifice avec ses derniers fidèles.

 Au moment où une douzaine de soldats se présentent sur la terrasse après avoir passé le fossé entourant l'habitation, une terrible explosion pulvérise la maison et ses occupants. Delgrès et ses fidèles se sont sacrifiés plutôt que de se rendre. »



 










 Une terrible répression s'abattit sur les proches des insurgés dont beaucoup furent exécutés pour l'exemple. Pelage fut ramené en métropole avec sa famille en juillet 1802, et purgea une peine de prison de 18 mois avant d'être réintégré dans l'armée et même de retrouver son grade lorsqu'il retourna aux Antilles pour appliquer la politique voulu par l'empereur Napoléon.

 

Alors Delgrès héros et Pelage traitre ? Pas si facile à dire.......

 

 Voici ci-dessous la proclamation de Delgrès signée le 10 mai 1802

Colonel d'infanterie des forces Armées de la Basse Terre

A L'UNIVERS ENTIER LE DERNIER CRI DE L'INNOCENCE ET DU DESESPOIR.

"C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir se voit obligée d'élever sa voix vers la postérité pour lui faire connaître, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.

Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le Gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèle à la patrie, se voit enveloppée dans une proscription méditée par l'auteur de tous ses maux. Le général Richepance, dont nous ne connaissons pas l'étendue des pouvoirs, puisqu'il ne s'annonce que comme général d'armée, ne nous a encore fait ~ connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu'il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s'écarter des termes dont il se sert. A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle . . .

Oui, nous aimons croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie. Quels sont les coups d'autorité dont on nous menace ? Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions calculer le moment de l'arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! plutôt, si nous en croyons les coups d'autorité déjà frappés au Port-de-la-Liberté, le système d'une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! nous choisissons de mourir plus promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient a un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de  l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage. Et vous, Premier Consul de la République, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d'où partent les a conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer !

Ah ! sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence ; mais il ne sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu'ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine. Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l'épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, â moins qu'on ne veuille vous faire un crime de n'avoir pas dirigé vos armes contre nous, ~ vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation.

La résistance â l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l'humanité : nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d'employer tous nos moyens à les faire respecter par tous. Et toi, postérité ! accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits."

Le commandant de la Basse-Terre,

Louis DELGRES.

 

    

A suivre.

 

 

Par daniel - Publié dans : saga africa - Communauté : sous avenir.
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Jeudi 28 mai 2009


 Le 27 mai est jour férié à la Guadeloupe : c'est le 161ème anniversaire de l'abolition définitive et effective de l'esclavage à l'initiative de Victor Schoelcher qui était alors sous secrétaire d'Etat chargé des colonies.
 L'anniversaire ne tombant pas cette année en chiffre rond, il fut un peu moins mis en avant.... à moins que ce ne soit une conséquence de la tension sociale de février dernier qui fait que les 27 mai symboliques les plus cités cette année sont ceux de 1802 et de 1967. Je parlerai très prochainement du 27 mai 1802 pour évoquer le sacrifice de Louis Delgrès qui chercha à s'opposer à une décision de Napoléon de rétablir l'esclavage qu'avait déjà aboli la convention en juin 1794 ; je parlerai aussi du 27 mai 1967, jour de honte d'un gouvernement gaulliste qui réprima à Pointe à Pitre, dans le sang, une manifestation de travailleurs. J'en parlerai d'autant plus que les manuels d'histoire de France sont scandaleusement silencieux pour tout ce qui fait tache vis à vis de la grandeur de la France..... pays des droits de l'homme et du citoyen.
 Pour ce 27 mai 2009, passé en terres Guadeloupéennes je vais  évoquer un évènement que nous avons croisé un peu par hasard : l'opération Kytangomingo, autrement dit " Sur le chemin de nos ancêtres". qui nous fait remonter un peu plus loin dans l'histoire . 
 L'opération consistait à refaire un circuit en pirogue à la manière des indiens caraîbes (ou Kalinas) qui fuyaient l'invasion des colons aux XV et XVI ème siècles. La kanawa (pirogue) a été construite par des amérindiens en Guyane.












 Alors que nous profitions de ce jour férié pour visiter la partie nord ouest de Grande Terre nous avons su que la pirogue devait atteindre Port Louis en début d'après midi à l'heure où nous pouvions y être.












 La pirogue était manoeuvrée par 28 pagayeurs originaires des différentes îles où elle devait passer : Départ de La Martinique, escales à La Dominique puis Les Saintes  avant de toucher la Guadeloupe  à Trois Rivières à Basse Terre, puis Gosier et enfin Port Louis avant d'effectuer la dernière étape pour atteindre L'île d'Antigua.












 Selon les informations de la radio Guadeloupéenne qui suit intégralement l'opération il ne s'agirait pour cette année que d'un galop d'essai avant d'entreprendre l'an prochain un circuit beaucoup plus ambitieux dans toute les Caraïbes.












Les pagayeurs, les organisateurs n'étaient pas les seuls à se faire remarquer par les caméras et appareils photos ...... les militants et le drapeau du LKP étaient aussi très présents.... pour applaudir les héros du jour...... ça doit être galère de pagayer comme ça.....!.

Complément ajouté après lecture d'un article de France-Antilles du 29 mai :

"......A bord d'un kanawa, 32 kanawis relèvent un immense défi : 300 km de navigation, 60 heures de pagayage....."

"........ Ce projet s'inscrit dans une réappropriation de l'histoire amérindienne; Sensibiliser les générations qui viennent à leur histoire ; l'histoire de l'ancrage dans la Caraîbe, ce qui constitue une richesse qui leur permettra de se construire dans cet espace identitaire ", souligne l'anthropologue Marie-Line Mouriesse Boulogne......."

"..... ...Historiquement, les Kalinagos partaient du delta de l'Orénoque dans les Guyanes et remontaient la Caraïbe d'île en île sur les Kanawas, longues pirogues en bois fouillé de Guyane. Le reflux des Amérindiens s'est achevé en 1665. Les derniers Kaliganos ont alors été cantonnés dans les réserves et la navigation amérindienne a disparu.
 Kytangomino ema a pour objectif la réouverture symbolique et matérielle de la route de navigation maritime des temps anciens ; il vise également la création d'une offre écotouristique nouvelle ainsi que la réactivation de l'ancien rituel Barnaré d'amitié entre les hommes et les peuples de notre région......."


A suivre

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Dimanche 24 mai 2009

  
 Voilà la suite de notre voyage corse de fin avril début mai. J'avais placé la première partie dans la rubrique voyage parce que Pilou et moi, seuls, nous découvrions une partie de la Corse que nous ne connaissions pas . J'ai rythmé cette promenade sur un fond nostalgique et historique d' I Muvrini. 

 Cette seconde partie concerne la dernière partie du voyage et aussi sa raison principale : l'anniversaire de Ricky sur ses terres familiales à Piana. C'est une jolie boutade pour un corse que d'être né un 1er mai... il y a 60 ans..... et là encore on restait dans la nostalgie avec ce rassemblement de ses amis dont une très grande partie du milieu rugbystique, et plus précisemment villiérains......c'est notre histoire.





 Ce billet et les photos qui l'accompagnent sont consacrés à la magnifique région de Piana et pour la fin du voyage, avant retour sur le continent , à une rapide escapade à Vénaco pour saluer mes amis Fanfan et Michelle, et donner un coup de chapeau à mon camarade blogueur Prolix a qui j'emprunte quelques lignes d'un bien bel écrit, façon Rostand en vers de Ragueneau patissier poête :


"....... La Cène, installée dans les salons du rez-de-chaussée, nous accueillit dans un dédale de nappes et de serviettes tissées à l'ancienne. Les reflets cristallins de verres au ventre rebondi nous laissaient présager de quelques crus de haute estime dont les robes de différentes couleurs ne demandaient qu'à être retroussées.

Ô doux nectars de nos coteaux escarpés, accrochés aux flancs arides et brûlants de nos collines.........."


                       ......après avoir quitté Cargèse en arrivant sur Piana





 

 



"....Pampres cueillis à la serpe par des mains que le temps et les travaux besogneux ont usées jusqu'au parchemin.

Contrées  de la faucille et de la pioche  où la pierre  dispute au cep  noueux le peu de terre que les hommes sont allés chercher jusque dans les entrailles de ces lieux incultes.

Pressoirs faits de bois fruitiers taillés à l'herminette et que chaque tour de vis fait se plaindre d'une déchirure.

Tonneaux dont les douelles de chêne ont été rabotées à la varlope d'olivier et doivent leur arcure à l'eau des torrents...."


                                                     La petite ville de Piana














".....Quand le repas débuta nous fûmes pris dans un tourbillon de mets extravagants. Le supplice de Tantale n'en eut été qu'un codicille de comédie. Dîner de la mer ou dîner de la terre. Au choix des convives qui n'en croyaient ni leurs yeux ni leur sens olfactif.

Tel un opéra séria, l'ouverture fut andante qui vit les hanaps s'emplir d'opaline ou de rubis, puis allegro ma non troppo en un envol de mises en bouches.  

L'on sentait tout de suite, les parfums iodés des langoustines entremêlés de senteur de foie gras aux châtaignes.

Divines naïades écartelées  à l'épigastre abandonné aux arômes épicés des îles, et à l'émanation subtile de fleur de sel et de basilic....."


                                            La tour de Turghiu au Capo Rosso



















"....Gardiennes  du Capitole gavées des meilleurs maïs, embaumés d'effluves montagnards héritage de nos antiques châtaigneraies décimées par les feux successifs mais qui, tel le Phénix, renaissaient sous le greffoir de nos vieux bergers.

Seuls, d'archaïques béotiens dont la langue aurait subi la torture de la dague rougie  eurent pus trouver à redire. Pauvres mécréants devant l'immuable office apostolique...."



                                                        La petite ville de Porto



















"......Puis dans un envol de cuivres et de bois, les cordes étant délaissées à l'arrière ban, devant des invités médusés, apparurent sur des plateaux d'argent, enrobés sous leur croute de sel , les princes de la méditerranée :  Dentex dentex,  plus communément appelés,  Denté, Dentie...."
Oserai-je pousser le front jusqu'à vous donner la recette de se mets délicieux ? « Dans un plat aux bords relevés, faites un lit de gros sel. Sur ce lit vous déposerez votre Denté entier non écaillé. En son ventre vidé vous aurez pris la peine d'installez un bouquet d'herbes aromatiques du maquis (thym, laure, sauge bleue, serpolets, etc.). Vous recouvrirez complètement du même gros sel. Faites cuire au four, à raison de vingt minutes par livre. Quand votre hôte est cuit, retirez-le du four,  brisez la gangue de sel, ôtez la peau et dégustez arrosé d'un filet d'huile d'olive jeune et d'une pincée de fleur de sel. »

Ne donnez la recette à personne ! C'est un secret....."


                                                                        
                                                        Calanche de Piana

 



















 
"...... Les partisans de la terre ne furent pas moins choyés. La partition orchestrale était la même que pour les amis du large. La mélodie identique. Mais le fruit de la mer était remplacé par son pendant terrien : l'agneau de lait. Agneau élevé sous le pis maternel, repu et gorgé de lait mais  qui a gambadé et qui connaît par cœur chaque recoin de nos collines. Et qui, déjà, s'est gavé de quelques pansées d'herbe et d'arbustes fleurons  de notre maquis : arbousier, chêne vert, myrte, bruyère et laurier qui donnent à sa chair cette saveur enviée jusques aux prés-salés....."



                                                 Du col de Vizzavona à Venaco








".....Le plat de fromages issus en droite lignée du terroir corse, escorté en cela par un succulent confit de figues blanches, fut la pénultième touche  à ce tableau gastronomique d'une pure merveille.

Le dessert, mélange de parfums glacés et de sorbets inestimables, vint couronner le tout comme le vernissage accomplit à la postérité une toile  de maître.

Cette soirée passée sous les auspices originels de notre ami Jean-Pierre, connut son content de musique et de chants endémiques, grâce à la dextérité et à l'organe de trois jeunes musiciens du cru qui bercèrent nos esprits et enchantèrent nos cœurs......"


 

 


Puis vint le moment de se quitter. Tous, ceux qui savaient ou ne savaient pas, nous sommes rapprochés les uns des autres comme en un seul et même chœur et avons entamé le « Dio vi salvi Régina » ce chant de gloire, cet hymne d'amour qui réunit l'âme et l'esprit des hommes de ce pays pour remercier notre hôte de son inénarrable accueil et son inestimable amitié.




A proscima

Par daniel - Publié dans : Touche pas à mon rugby - Communauté : sous avenir.
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