Vendredi 6 novembre 2009
Texte non terminé

 Voilà deux vieux films, deux westerns qui eurent un succès certain à leur sortie, succès dû à leur originalité mais, peut-être, aussi parce qu’ils ont été produits et réalisés dans des conditions conflictuelles, polémiques… enfin des films qui furent longtemps entourés de rumeurs, d’histoires mystérieuses qui aidèrent à leur promotion et à en faire des films cultes.

  

 Le premier, le plus ancien « Le Banni » en anglais « The Outlaw », a été réalisé en 1941 mais n’est sorti aux USA de façon limitée qu’en 1943 (et repris de manière généralisée dont l’ Europe en 1946 pour cause de guerre).

 Ce film fut produit par le studio Howard Hughes Production et réalisé par Howard Hughes et Howard Hawks…. Il semble que pour l’essentiel le film ait été réalisé par Hawks, Hughes, homme d’affaire très occupé, s’étant semble t-il, contenté d’être co-réalisateur des scènes où Jane Russel était présente avec des idées très précises sur la façon de mettre en valeur ses jolies formes.


 Je ne vais pas tr op m’attarder sur la personnalité d’Howard Hughes, sinon que de conseiller de voir « Aviator » (2005) le film de Martin Scorsese avec Léonardo DiCaprio et Cate Blanchett. (Il me faudra d’ailleurs, bientôt, consacrer un billet « non prétexte » à Scorsese). 
 Pour faire simple je veux seulement rappeler ce que déclarait le fantasque et excentrique milliardaire en 1930 à la sortie des « Anges de l’enfer » : « Je veux être le plus grand aviateur du monde, le plus grand producteur de cinéma du monde, l’homme le plus riche du monde…  » … et il faut bien reconnaître qu’il a réussi dans tous les domaines en particulier le dernier en devenant le principal actionnaire de la TWA…. Il aurait pu aussi ajouter le plus grand séducteur… car toutes les plus grandes actrices de l’époque tombèrent dans ses bras de Jean Harlow à Elisabeth Taylor en passant par Ava Gardner, Rita Hayworth Jane Peter (qu’il épousa), Lana Turner…et beaucoup d’autres. Même que Sinatra le menaça publiquement de le tuer car il lui piquait ses gonzesses … mais c’était Hughes le plus riche…. et ça aide.

 Pour en revenir au film « Le Banni » l’ambiance polémique qui entoura la réalisation puis la sortie portait sur deux points : l’un, essentie l, un conflit d’intérêt entre studios de production, les méthodes à la hussarde d’Hughes dérangeaient, notamment lorsqu’il débaucha Howard Hawks et qu’il prit, en charge les frais du procès qui l’opposa à la Warner.

 L’autre point polémique fut surtout un prétexte : Hughes eut à faire à la censure pour atteinte aux bonnes mœurs. Les plans insistants sur la généreuse poitrine de Jane Russel et l’affiche défrisaient l’Amérique puritaine et le comité de censure bien encadré par le lobby hollywoodien…. Jugé immoral, brutal et scandaleux « Le Banni » n’obtint pas le visa d’exploitation ce qui n’empêcha pas le mégalomane Hugues de le présenter dans de nombreuses salles qu’il réquisitionnait…

 Ce film qui conte une histoire classique, les aventures de Billy le Kid, Doc Holliday et Pat Garrett fut le plus grand succès de western des années 40, grâce à la censure et aux jolies formes de la belle Rio / Jane Russel. 

  

 Pour «Seuls sont les indomptés » en anglais « Lonely are the Brave » la polémique fut plus classique puisqu’il s’agissait de mésentente entre le réalisateur et l’acteur principal et producteur du film.

 Un peu comme en politique tout part d’une crise d’amitié. C’est Dalton Trumbo qui fut à l’origine. Trumbo était un grand écrivain, et un très, très grand scénariste. Il fut même réalisateur, en fin de carrière, en adaptant un livre qu’il avait écrit en 1939 « Johnny s’en va en guerre »  (Johnny got in gun) ; film qui reçu le grand prix du jury au Festival de Cannes en 1971. (Trumbo est décédé en 1973).

 Dalton Trumbo avait été une des principales victimes du maccarthysme. Homme de gauche, en raison de ses positions anti-militaristes et syndicalistes, il fut l’un des dix de la liste noire qui refusa de répondre à la question « Avez-vous été communiste ? » Il traita la commission de système nazi et fut condamné et sa carrière stoppée, même s’il continua à écrire des scénarios (sous pseudo.... sous lequel il eut même  2 oscars en 1954 et 1957 ) du Mexique où il s’était exilé après avoir tenu, en 1950, à purger sa peine d’un an de prison. Il conserva le soutien de ses amis acteurs et réalisateurs de gauche dont entre autres  Kirk Douglas et David Miller…. Puis à partir de 1960 il put reprendre son travail de scénariste sous son nom, d’abord grâce à Otto Preminger et Paul Newman pour « Exodus » puis avec l’appui de Kirk Douglas avec qui il travailla consécutivement sur trois films dont Douglas était l’acteur principal, mais aussi le producteur: « Spartacus » de Stanley Kulbrick, « El Perdido » de Robert Aldrich, et « Seuls les indomptés » de …. ??? … Sur les conseils de Trumbo, Douglas avait retenu David Miller … selon le vieil adage « les amis de mes amis sont des amis »…. Ce qui n’est pas toujours vrai :

 

 Kirk Douglas n’aima pas Miller, il n’aima sans doute pas le ton contemplatif que donnaient certain rushs du film visionnées. Il est incontestable que certaines scènes très physiques, notamment les rapports de l’homme et de son cheval furent imposées par Douglas,  mais de là à dire que c’est lui qui avait fait le film, c’était aller un peu loin.
 C’est notamment le point de vue de Bertrand Tavernier dans les bonus qui accompagnent le DVD. Tavernier qui a bien connu Trumbo et Douglas fait plus confiance au témoignage du premier que du second qui a toujours été un brin excessif. Progressiste mais un tantinet mégalomane le Kirt.
  Douglas affirmait d’ailleurs que, de toute sa carrière, ce western était son film préféré …. Il fallait donc bien qu’il s’en attribue tous les mérites.

   

 « Seuls sont les indomptés »  dont l'action se déroule au 20ème siècle est un western moderne et nostalgique. Il fut réalisé en 1962, tourné en noir et blanc pour accentuer l'effet nostagique et il reprend le thème assez classique du solitaire qui se bat pour défendre ses traditions, sa façon de vivre et sa liberté contre les transformations du monde et les conséquences sur son environnement….
 Sous la plume de Trumbo l’histoire n’a pas un sens réactionnaire puisque le héros a une destinée suicidaire, il ne peut pas gagner… d’ailleurs son ami, celui pour lequel Jack - Douglas se fait arrêter pour l’aider à s’évader, refuse de le suivre, refuse de s’évader….. Il ne devait pas gagner, et c’est, peut-être, la contradiction entre la sensibilité individualiste de Douglas, la perception collective de Trumbo et celle écologiste de Miller, ce mélange réussi qui fait de ce film, un peu perdu de vue aujourd’hui, un film rare. Aux côtés de Douglas on retrouve Wallter Mathau et Gena Rowlands tous les deux remarquables et sans oublier Whisky un extraordinaire et magnifique cheval.

 

 
 Entre la polémique dans le cinéma et le cinéma dans la politique il n’y a pas une grosse différence : seulement deux lettres ….

 

Article non terminé : la suite à venir avec quelques lignes sur le grand bordel à Droite notamment sur la bannie et l’indomptée Rama Yade.

 

 

A suivre

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Lundi 2 novembre 2009

 

Hier, jour de la Toussaint, France-Info commémorait le décès en 1981 de Georges Brassens… entre autres interviews inédits ou oubliés j’ai entendu Brassens commenter le décès de Jacques Brel le 9 octobre 1978 en disant «Aujourd’hui, mort, il est plus vivant que jamais….» et moi l’inconditionnel, j’ai pu ainsi entendre, au moins une fois, tonton Georges dire une connerie. Oh ! Il en a sûrement dit d’autres, mais celle-là était de taille.

 Brassens, lui qui a tant brocardé la camarde, est mort le 29 novembre 1981 à minuit moins une petite poignée de minutes chez son ami médecin, Monsieur Bousquet, à Saint-Gély du Fesc dans l’Hérault. Quitter le monde la veille de la Toussaint était-ce un ultime pied de nez ou un manque de modestie pour être sûr qu’on évoquera très longtemps sa disparition ?

Léo Ferré a fait plus dans la provocation en mourant un 14 juillet. C’est beau mais moins porteur que la Toussaint ! Quelle radio aurait l’impudence de faire une petite place à la mémoire d’un chanteur anarchiste entre les défilés et les feux d’artifice…. Je parie que ça ne se fera même pas pour l’incontournable et traditionnel 20ème anniversaire de la mort d’un chanteur réputé ; ce 20ème anniversaire ça sera en 2013.

Le moins qu’on puisse dire c’est que Georges et Léo avaient de la suite dans les idées : entre la rigolade morbide pour l’un et des militaires défilant et gerbant en cœur pour l’autre.

Il n’y a que Brel qui soit parti sur la pointe des pieds un 9 octobre : à une date parfaitement anodine même pour mon copain Denis. Anodine du moins jusqu’à ce que le décret de loi d’abolition de la peine de mort ait été promulgué un 9 octobre mais seulement en 1981. Le grand Jacques n’a pas pu savourer cette victoire mais ses deux potes anars ont eu le temps de l’apprendre même si pour Georges ce fût d'extrême justesse.

 

Voilà à quoi je pensais hier en début d’après midi… lorsque je me suis mis à fouiller dans mes archives et que j'ai retrouvé le n°20 des cahiers de la chanson, le Chorus de l’été 1997. J’aime beaucoup cette revue qui parait quatre fois l’an et j’y suis plutôt fidèle. Ce numéro 20 offrait le texte intégral de la rencontre de Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel  le 6 janvier 1969 à l’initiative de la radio RTL et du journal Rock & Folk.

En fait je n’avais jamais entendu parler de cette rencontre. Pourtant, début 1969,  je vivais  encore en France, même si je me préparais à m’en éloigner, mais je n’écoutais pas cette radio et je ne lisais pas cette revue.
 C’est un poster de cette rencontre qui date de 1995 et que l'on voyait dans plusieurs boutiques, qui a attiré mon attention ; ce poster Cécile me l’a offert un Noël (1995 ou 1996 ?) et il orne toujours ma mezzanine… Aussi quand en juillet 1997 le texte intégral de cette rencontre historique était, 28 ans plus tard, à nouveau publié dans Chorus, je n’ai pas perdu plus de temps pour l’acheter (
80 F quand même...et d’ailleurs 15 € aujourd’hui).

Ferré avait alors 52 ans il venait de sortir son disque L’Eté 68 avec « C’est extra.».

Brassens avait 47 ans il avait connu une année 1968 difficile avec de sérieux problèmes de santé : son 9ème disque sorti en 1966 comprenait la « Supplique pour être enterré à la plage de Sète » et « La non demande en mariage » et le 10ème disque allait sortir courant 1969 avec « Misogynie à part » et les « Oiseaux de passage ».

Enfin Brel, qui allait avoir 40 ans, avait abandonné les tours de chants en novembre 1966 et venait de retrouver la scène pour la comédie musicale « l’Homme de la Mancha». En 1967 il nous avait offert «La chanson des vieux amants » et en 1968 «Vesoul ».

 

  Bien sûr on dira  que j'ouvre encore une nouvelle page nostalgie mais à chacun son Panthéon.

Cette rencontre historique c'était il y a 40 ans... même la réédition de l'interview par Chorus est déjà vieille de 12 ans : Avec le temps dirait tendrement Léo et Georges caustique rajouterait c'est le boulevard du temps qui passe avec une conclusion cynique de Jacques qui entonnerait les bourgeois.

 Aujourd'hui c'est plus facile il suffit d'aller faire un petit tour sur Internet et les curieux ou les fans nostalgiques de mon espèce peuvent trouver les enregistrements.


   Pour le texte
http://brassensbrelferre.free.fr/chorus 

Pour voir et écouter l'enregistrement : www.dailymotion.com/video 

Mais le plus simple c'est par  http://video.google.fr/videosearch?...
   et de taper ensuite : La rencontre Brassens, Brel, Ferré.

 

Je ne vais pas trop m’étendre sur l’ensemble de l’interview : j’invite ceux que ça intéresse à lire ou écouter ce débat qui est passionnant et qui reste extraordinairement d’actualité. Je vais consacrer l’essentiel de ce billet à analyser le rapport avec la mort de chacun de ces chanteurs artisans poètes comme ils se définissaient eux même

Le journaliste François René Cristiani, qui animait la rencontre l’a fait avec une rare intelligence car tous les trois avaient abordé dans leurs chansons tous les thèmes proposés. Je remarque pourtant qu’ils éludèrent la question sur l’angoisse de la mort.
 C’est Ferré qui fut le plus bavard alors qu’il l’avait pourtant le moins abordé en chanson.
 Brassens s’en est tiré par une pirouette « En acceptant de vivre j’ai accepté de mourir aussi… ».
 Brel n’a rien dit alors qu’il venait d’écrire en 1968, J’arrive 

«…. De chrysanthèmes en chrysanthèmes……. J’arrive, j’arrive

Mais qu’est ce que j’aurai bien aimé, encore une fois traîner mes os

Jusqu‘au soleil jusqu’à l’été, jusqu’à demain jusqu’au printemps, j’arrive, j’arrive…. »


 Et c’est d’ailleurs lui, le jeunot, qui partit le premier … démentant ce que disait Brassens en répondant à une question de Cristiani : Avez-vous la hantise de devenir de vieux chanteurs ?

« En ce qui me concerne, et Ferré aussi - l’autre là il est plus jeune que nous - car on approche de la cinquantaine et on est des vieux,. Mais ne vous inquiétez pas on ne s’en aperçoit pas tellement ! »

 

De Brel il faut réécouter : La mort (1960) Le moribond (1961) et puis ma préférée celle que je chante très, très souvent en me rasant ou sous la douche pour être sûr de repousser l’échéance Le dernier repas (1964) et puis celles du dernier disque celui de 1977 quand il savait : Jojo et Vieillir :

«….. Mourir de faire le pitre, pour dérider le désert

mourir face au cancer par arrêt de l’arbitre….

….Mourir cela n’est rien, mourir la belle affaire, mais vieillir…ô vieillir. ».

Brel est inhumé à Hiva Oa aux Marquises à côté de Gauguin.

 

Brassens a chanté la mort sous toutes les formes, même en mettant en musique Lamartine « Pensée des morts » ou James « La Prière » ; il a chanté la mort par quelques chansons un peu tristes pour un proche, un parent : « Pauvre Martin » « Bonhomme » ou d’autres nettement plus légères « Oncle Archibald » «  Le vieux Léon » « Les funérailles d’antan » « Les quat’z’arts » « Trompe la mort » « La ballade des cimetières », voire grivoises comme « La fessée ».... et sans oublier son testament pour s’amuser « Supplique pour être enterré à la plage de Sète ». Sa tombe ne se trouve d’ailleurs pas sur la plage de la corniche ni au cimetière marin mais au cimetière du Py avec le commun des mortels Sétois.

 

Ferré a peu chanté la mort ou presque uniquement en mettant en musique Aragon, Baudelaire, Rimbaud ou Verlaine…. mais il a quand même écrit et chanté: A mon enterrement.

 Il a surtout créé avec son ami Jean Roger Caussimon une chanson contraire :  Ne chantez par la mort.

 « …. Ne chantez par la mort c’est un sujet morbide,

Ne chantez pas le mort c’est un sujet tabou pour poètes maudits…. »

Et finalement c’est peut être lui qui eût raison car il survécut de nombreuses années à ses deux camarades avant de s’éteindre à 77 ans  en Toscane. C’est d’ailleurs ce qui m'a permis de le voir sur scène en 1986 en rentrant d'Afrique. Des trois chanteurs poètes c’est le seul que j’ai vu en récital. (Pami ceux qui ne sont plus là j'ai vu aussi Claude Nougaro et Serge Reggiani) 

 

Lors de cette rencontre de janvier 1969 il fut question de plein d’autres sujets :  De poésie, de chansons, du métier d’artiste, du public, du succès, de l’argent, de la solitude de la liberté, de l’anarchie, de l’amour, de vieillir, de l’enfance, de l’âge adulte…. et des femmes…. Avec manifestement plus de souffrance et de peur devant les femmes que devant la mort surtout de la part de Brel. Extraordinaire analyse qui méritera un billet particulier… un de ces jours.

 

 En cette journée des défunts je ne peux pas ne pas évoquer certaines coïncidences ; c’est Brassens qui m’y fait penser : Il est mort le même jour que la merveilleuse actrice Natalie Wood (La fureur de vivre, La prisonnière du désert, West Side Story, La fièvre dans le sang, Une certaine rencontre…….). Sûr que si Georges a fait une partie du voyage vers l’au-delà en sa compagnie, il aura écrit un nouveau couplet Des passantes.

Je pense aussi à mon cher ami et cousin Riquet qui s’est donné la mort le 8 janvier 1996 : s’il a pu rencontrer lors du voyage François Mitterrand, décédéle même jour, peut-être lui aura t-il demandé si tout avait vraiment été tenté pour combattre le chômage….  la raison probable de son suicide.

Ma mère est partie l’an dernier le 20 octobre, le même jour et quasiment à la même heure que Sœur Emmanuelle qu’elle aimait beaucoup. Moi qui suis pourtant un mécréant ça me plait de penser que c’était peut-être moins dur de voyager avec quelqu’un qu’elle aimait bien. C’était sans doute stupide mais c’est tout ce que j’ai trouvé à dire quand on m’a demandé de parler d’elle lors de ses obsèques à l'église….. puis j'ai récité le poème de Lamartine « Pensée des morts » que Brassens avait mis en musique mais nous n’avons pas passé la chanson car maman n’aimait pas trop Georges : il disait trop de gros mots.

A suivre..... mais le plus tard possible.

 

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Jeudi 29 octobre 2009

 Je commence ce billet en rappelant une histoire que me racontait, il y a plus de 35 ans, Andrzej S. un polonais installé au Zaïre et qui fut entre 1974 et 1975 notre médecin.

 Andrzej affirmait que Brejnev, le maître du Kremlin sortait de bon matin, sur son balcon pour saluer le camarade soleil ; celui-ci, émergeant à peine des brumes matinales, rendait alors un salut loyal au camarade Léonid chef de l’Etat et du politburo.

 A midi, fier de sa puissance universelle, Brejnev sortait, à nouveau sur le balcon, pour se faire cajoler un peu par le soleil lui aussi à son apogée ; un soleil rayonnant qui rendait hommage au camarade Léonid chef d’Etat et maréchal de l’Union Soviétique.

 En fin d'après-midi Léonid satisfait de sa journée, sortait une dernière fois retrouver son subordonné soleil mais celui-ci, blafard et fatigué par sa longue course, lui répondait alors :  «Maintenant que je suis passé à l’ouest tu peux aller te faire foutre Brejnevitch… »

 Cette histoire que me racontait sur un ton goguenard notre toubib me dérangeait. Elle confirmait mieux qu’un long traité politico philosophique, à quel point l’avenir était désespéré en Europe de l’Est. Comment une personne aussi informée (enfant il avait connu le nazisme et plus tard le stalinisme) aussi lucide, aussi indigné et aussi révolté n’espérait plus rien ?  Seule la fuite était la solution …. Ce qu’il avait d’ailleurs fait en quittant son pays et allant exercer son métier et vivre en Afrique.


 L’année 1989 fut dans le monde une année cruciale, une année charnière, une année où les peuples, les anonymes ne se contentèrent plus de raconter des histoires de fuite, mais rejoignaient en masse les quelques militants des droits de l’homme qui, au péril de leur vie et de la sécurité de leur famille, essayaient, depuis des années, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en RDA, en URSS……de soulever un coin de la chape de plomb communiste ……

 Comment ai-je vécu cette année 1989? … A côté comme tout le monde… solidaire mais de loin comme nos parents ou grands-parents dans les années 30 furent à côté mais aussi loin des républicains espagnols…. sans doute mieux informé grâce à la télévision, aux journaux, aux radios…. et incontestablement très attentif à l’évolution de la contagion de ces désirs de liberté.

 1989 fut aussi pour moi et ma famille une année de grande incertitude pour ne pas dire d’inquiétude : Nous étions rentrés du Cameroun après une vingtaine d’années de vagabondage d’un chantier à l’autre dont dix ans en Afrique. Nous voulions nous poser et le hasard d’un grand chantier nous a permis de le faire en région niortaise.

 Oh ! Ce n’est pas que j’étais, au premier abord, follement attiré par cette ville mais l’occasion se présentait  il fallait la saisir.
 Je suis arrivé à la fin de l’été 1986, et j’ai rouvert un laboratoire du BTP qui était fermé depuis plus d’une année après avoir vivoter pendant une dizaine d’années, plus ou moins rattaché à une plus grosse agence (Ce fut une patate chaude que se passaient les agences de Limoges, Nantes et en dernier Bordeaux).

J’investissais donc fin août 1986 les lieux pour une mission de contrôle du Pont de l’île de Ré qui devait m’amener jusqu’à mi 1988…. Et ensuite ????

 Jusqu’à l’été 1987 ma famille était restée à Nîmes le temps d’y voir plus clair et que notre fils aîné, Eric, passe son bac…. C’est seulement à partir de fin août 1987 que nous sommes tous devenus niortais.

 J’étais inquiet car professionnellement c’était un pari qui me paraissait insensé. Comment allais-je pouvoir développer une agence en Poitou-Charentes, dans cette région rurale sans agglomération importante. Certes l’implantation avait été géographiquement judicieuse à égale distance de Poitiers, Angoulême, Saintes, Rochefort et La Rochelle et en bordure d’autoroute… mais la Vienne lorgnait du côté de Tours et les Charentes vers Bordeaux…. Quant aux Deux-Sèvres c’était un département ignoré et Niort une ville endormie sur son unique richesse, les mutuelles.

 J’ai prospecté à fond pendant tout le second semestre 1988 pour me ramasser d’angoissants bides commerciaux qui me démoralisaient : rien à attendre pour moi de la Vienne pas plus du projet Futuroscope que de la centrale nucléaire de Civaux. J’arrivais trop tard les places étaient prises. Dans les Deux-Sèvres rien à attendre non plus....  Peut-être un peu en Charente Maritime..... en étant patient. 

 Ma direction ne l'était pas...... On était, à peine, installé à Niort qu'elle envisageait déjà, fin 1988, de fermer les locaux et de me muter en région parisienne pour un chantier TGV. Retour à la case départ vingt ans après….. Inacceptable !!!!

 En agence je n’avais plus qu’un technicien Christophe ; un ingénieur Alain venait de démissionner pour repartir chez lui sur Nantes et pas de secrétariat…. Tout se traitait de Bordeaux : bonjour les allers-retours et la multitude de fax….

 Et puis soudain en novembre et décembre 1988 une éclaircie, avec deux coups gagnants qui changèrent la donne : la concrétisation d’un contrat pour les contrôles du Viaduc de Rochefort et une autre réussite, moins formelle pour l’immédiat mais très intéressante par son étalement dans le temps, qui concernait des suivis de travaux de renforcement et de construction d’autoroutes en Poitou-Charentes …. Ouf il était temps… et le moral revenait… Je n’avais pas le droit à l’erreur il me fallait devenir indispensable aux yeux de mes interlocuteurs… je crois avoir réussi… mais ce ne fut pas une sinécure.

 
 Nous décidâmes alors de vendre notre maison de Nîmes pour nous installer à Niort… 1989 devait être l’année de notre enracinement en Poitou-Charentes. Pilou pouvait se mettre en quête d’un travail car cette fois c’était du long terme. Nous fermions définitivement la parenthèse africaine.

 Oh ! Bien sûr pas complètement, car dès notre arrivée nous avions adhéré, tout naturellement, à l’ANJCA, avant d’élargir nos engagements à la FCPE, et toujours un peu au PS, mais le minimum syndical, vu l’image peu réjouissante que je percevais du socialisme municipal…. Mais ça nous permettait au moins de faire des connaissances puis progressivement quelques amis… ….

 Nous avions aussi le projet de maison, à concrétiser le plus rapidement possible ….. Alors le reste…. Je ne peux pas dire que je n’ai pas suivi tout ce qui se passait dans le monde… la politique internationale a toujours été un de mes thèmes de prédilection… mais….. entre autres choses aussi importantes.

Ephéméride 1989 :

 Le 15 janvier, Vaclav Havel fondateur de la Charte 77 était arrêté à Prague.

 Le 22 janvier 1989 à Varsovie Lech Walesa, après des mois de conflits sociaux, obtenait la reconnaissance de Solidarnosc par le gouvernement polonais et acceptait de négocier avec Jaruzelski.

 A Niort en section socialiste on pratiquait alors le tir aux pigeons pour éliminer, de façon démocratique, de la liste aux municipales des postulants indésirables. Il aurait été plus sain que le maire propose sa liste que les militants ratifient ou non. C’est ce que j’ai dit à Roger le sectaire secrétaire de section qui m’avait d’ailleurs proposé de poser ma candidature et qui du coup était soulagé que j’aie refusé, en constatant que j’étais un emmerdeur à coller immédiatement au rang des indésirables.

 
 En février les dernières troupes soviétiques quittaient l’Afghanistan.

 Le 11 février le parti communiste hongrois autorisait le multipartisme.

 Sur un chantier à Poitiers  je me suis fait voler, dans ma voiture, ma veste et mon portefeuille. Quelques jours plus tard un cafetier me téléphonait pour me dire qu’il avait trouvé devant son bar mon portefeuille : il n’y avait plus d’argent mais tous mes papiers y étaient…. Un voleur bien élevé, ça existe. Brassens avait raison.

 Une réunion régionale des comités de jumelage Poitou-Charentes à Poitiers : nous n’étions pas tous sur la même longueur d’onde.

 La fête des pissenlits par la FCPE Souché ; très sympa et une découverte il y avait des militants niortais qui aimaient s’amuser.

 Des meetings moins marrants pour les municipales : quelle tristesse ce maire ; comment pouvait-il gagner les élections ? Ou alors c’était la confirmation que Niort était vraiment une terre de gauche.

 Dans le cadre de mon job j’attaquais les premiers contrôles de fondation du viaduc sur la Charente à Rochefort. Après le pont de l’île de Ré un nouveau jackpot pour mon agence…. et pour mon avenir niortais.

 Le 27 Mars eurent lieu les premières élections « libres » pour le congrès en URSS, que Mikhaïl Gorbatchev gagnait malgré les victoires écrasantes de Boris Eltsine à Moscou, Leningrad et Kiev.

 Elections municipales en France et donc à Niort. La liste conduite par B. Bellec fut élue : 48 % au 1er tour et quasiment la même chose au second dans le cadre d’une triangulaire…. Ce n’était quand même pas un franc succès : il y avait des dissidents de gauche qui ont fait 15 % en surfant sur la tendance écologique et sur l’héritage de l’ancien maire René Gaillard décédé fin 1985.


 5 avril : En Pologne, signature des accords entre le pouvoir communiste et Solidarnosc. Le 1er ministre Rakowski dut accepter l’établissement du pluralisme syndical et la démocratisation des institutions.

 Pendant les vacances scolaires de Pâques nous nous rendîmes à Nîmes. Les inondations d’octobre 1988 n’avaient pas touché notre maison à Bezouce, mais il fallait préparer la vente. Inquiétude car l’agence immobilière n’avait pas encore fait visiter.

 Fin avril, congrès départemental de la FCPE : je fus élu membre du bureau, un peu à l’insu de mon plein gré (mais avec mon accord un peu naïf)

 Le 2 mai le gouvernement hongrois commençait à démanteler le rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche.

 Le 25 mai Mikhaïl Gorbatchev était élu à la présidence du Soviet Suprême.

 Nous avions acheté notre premier micro-ordinateur familial. Mon fils Eric m’initiait à l’utilisation d’un tableur. Ce fut un peu laborieux, mais j’y suis arrivé sans trop de difficultés …. Et du coup je me suis mis à faire une partie de mon travail le soir ou le week-end à la maison.... Gagnant-perdant.

 Le jour de l’Ascension la radio annonçait l’assassinat de Tjibaou : Tristesse.

 Quelques jours plus tard nos amis toulousains Jipé et Claudine étaient de passage et comme Maxime Le Forestier était en concert à Niort nous allâmes le voir, 4 ans après l’avoir applaudi ensemble à Yaoundé.


 Le 4 juin à Pékin répression des étudiants sur la place Tienanmen

 Le 7 juin manifestations en RDA et notamment une impressionnante à Leipzig

 Le 12 juin voyage triomphal de Gorbatchev en Allemagne de l’Ouest.

 Le 13 juin table ronde en Hongrie entre le parti communiste et l’opposition. Le 16 juin une foule considérable commémorait la révolution de 1956.

 Le 25 juin des élections libres se soldaient au Sénat par la victoire de Solidarnosc et la débâcle du parti communiste.

 En juin les responsabilités de parent d’élève prenaient du sens, entre les conseils de fin d'année et les fêtes d’écoles…. Je réalisai subitement que ce n’était guère compatible avec mon job. C’est moi qui étais élu mais je déléguais de plus en plus à Pilou.

 Le 10 juin élections européennes : La liste PS menée par Laurent Fabius fit 23.6 %, ça aurait pu être pire.

 Cécile eut son bac sans problème.

 Des soucis de boulot toujours ; il fallait pourtant y arriver pour obtenir les embauches promises…. Mais bien sûr ce fut encore retardé de quelques mois… comment allions nous organiser les vacances d’été avec tous ces chantiers et ces études et contrôles qui tombaient….?

 On n’est jamais content, car le développement fulgurant de l’agence était une belle réussite…. mais à quel prix…. On ne me donnait pas encore le droit d'embaucher, je pris donc (avec son accord) mon fils aîné Eric en intérim pour l’été … ça le changeait un peu des maths et des concours, et ça lui rapportait un peu d'argent.

 
 6 juillet ; Discours de Gorbatchev à Strasbourg sur la maison commune européenne.

 Le 27 juillet le Soviet suprême accordait l’autonomie de gestion économique à l’Estonie et à la Lituanie.

 Boulot toujours et toujours… la famille était en vacances à Nîmes. Eric et moi nous faisions des allers-retours le week-end. J’ai quand même eut le temps de suivre les fastueuses commémorations du bicentenaire de la révolution française.


 16 août : La Hongrie décidait d’ouvrir complètement sa frontière avec l’Autriche. : Début de l’exode massif des allemands de l’est via l’Autriche

 19 août; Tadeusz Mazowiecki dirigeant de Solidarnosc formait un gouvernement de coalition en Pologne. Il devint premier ministre le 12 septembre.

 Deux bonnes nouvelles en cette fin août :

 Divine surprise à Bezouce, un voisin était intéressé par notre maison ; on signa un compromis de vente. Ouf !

 Un jeune ingénieur Georges postulait pour le poste de géotechnicien de l’agence de Niort…. Ouf encore ! Le cauchemar était enfin en train de se dissiper (mais il ne resta que 9 mois, la valse des géotechniciens commençait …. Il faut croire que Niort n’était guère une ville attrayante pour de jeunes ingénieurs voulant s'assurer une carrière.)

 27 septembre : La Slovénie inscrivait dans sa constitution le droit à l’autodétermination. La Croatie suivait mais des manifestations anti-séparation en Serbie laissaient prévoir une suite difficile.

 Mi-septembre un aller-retour à Nîmes en camionnette pour vider la maison des derniers meubles.

 Fête de l’Anjca à Noron le 23 septembre : nous étions un peu dépassés par les évènements ; il y eut plus de 500 inscrits et autant de cuisses de poulets à faire cuir : on frôla la catastrophe, mais personne ne fut malade. … à part le maire, peut-être, que ce jumelage coopération n’enthousiasmait pas …. Mais qui, devant une salle pleine à craquer, a du se dire que cette coopération intéressait, finalement, beaucoup de ses électeurs niortais. On allait pouvoir recevoir une subvention à un niveau décent, ce à quoi il rechignait encore avant l’été.


 Les 6 et 7 octobre Gorbatchev était en visite officielle en RDA : il fut acclamé par la foule alors que les dirigeants est-allemands étaient conspués.

 Le 9 octobre manifestation monstre à Leipzig. Le 18 octobre Honecker démissionnait suite au refus de Gorbatchev d’envoyer des troupes soviétiques en RDA.

 Le 26 octobre je fis un aller-retour à Nîmes pour signer chez un notaire la vente de notre maison.

 Le 31 octobre sortait au cinéma le premier volet de la révolution française, « Les années lumières » de Robert Enrico, le dernier film sur lequel mon oncle Didi a travaillé avant de prendre sa retraite et le premier où il fut référencé au générique.
 

 Le 4 novembre plus d’un million de personnes manifestaient à Berlin-Est.

 Le 9 novembre ouverture du mur de Berlin.

 Le 10 novembre en Bulgarie plus de cent mille personnes manifestaient dans Sofia obligeant Jivkov à démissionner.

 Le 11 novembre Rostropovitch jouait du violoncelle devant le mur. Fabuleuses images à faire pleurer.

 Du 17 au 27 novembre révolution de velours en Tchécoslovaquie provoquant la chute du régime.

 Le 28 novembre Helmut Kohl présentait son plan de réunification de l’Allemagne.

 Le 10 novembre Laurent Fabius était en visite à Niort pour discuter avec les militants socialistes et faire la promotion de ce qui allait être sa motion pour le prochain congrès de Rennes…. Ce fut l’occasion d’évoquer les bouleversements en Europe de l’Est. Voilà quelqu’un qui en avait une approche très enthousiaste. J’ai exprimé mes craintes que cette ouverture à l’est ne se fasse au détriment des aides au développement des pays du sud.

 Le 17 novembre : Début du 1er Carrefour média-jeunesse à Niort. Inauguration en présence du ministre de l’Education nationale, Lionel Jospin. Quelques étudiants manifestaient à son arrivée, avec en 1ère ligne, comme porte-parole, Cécile ma fille.

 22 novembre sortie du second film sur la Révolution française : « Les années terribles ». … et coup de fil à Didi pour le féliciter des magnifiques décors.


 Le 3 décembre sommet en Méditerranée, au large de Malte entre Gorbatchev et Bush.

 Le 8 décembre Le Conseil européen consacrait le droit à l’autodétermination du peuple allemand.

 Le 10 décembre Husak est chassé du pouvoir en Tchécoslovaquie

14 Décembre : Décès à Moscou d'Andréi Sakharov, le militant des droits de l'homme, Prix Nobel de la paix 1975 a pu voir tomber le mur de la honte.  
  Le 16 décembre début de la révolution roumaine. Les forces de l’ordre réprimaient une manifestation à Timisoara. Les médias occidentaux annonçaient des centaines de morts (Il y en eut effectivement beaucoup mais quelques dizaines…)

 Le 20 décembre révolution à Bucarest : Les Ceausescu furent arrêtés le 22 décembre.
 Le 24 décembre ils étaient condamnés à mort au cours d’un procès expéditif et exécutés le jour de Noël.….

 En ce jour de Noël 1989, la liberté de circuler était totale entre l’est et l’ouest de l'Europe. 

 Le 28 décembre Alexandre Dubcek était élu président du parlement Tchécoslovaque et le lendemain Vaclav Havel érait désigné président de la République.

 Le 1er décembre nous passions commande de la construction de notre future maison niortaise.

 Le 4 décembre dans le froid du matin le cœur d’Incarnation, la maman de Pilou, lâchait brutalement, alors qu’elle attendait, sur le quai, le RER. Les obsèques eurent lieux le 9 décembre. Incarnation, femme de gauche socialisante et fille d'un militant socialiste, n’aimait pourtant pas trop, comme son mari Luis, décédé en novembre 1981, que l’on critique l’URSS la seul pays a avoir aidé concrètement les républicains espagnols entre 1936 et 1938.

 Nous passions de tristes fêtes de fin d’année en famille en région parisienne.
 Le 23 décembre à l’annonce des représailles de Timisoara je me suis rendu à l'ambassade de Roumanie pour manifester ma colère. Réaction tardive et inutile, l’ambassade était fermée et j’étais quasiment seul devant les grilles.

 Le soir du 31 décembre j’écoutais les vœux lucides du président Mitterrand qui évoquait la Confédération européenne à construire.


 La suite est connue….. mais à suivre quand même.

Par daniel - Publié dans : Souvenirs en vrac - Communauté : sous avenir.
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Vendredi 23 octobre 2009


Du 16 et 18 octobre se tenait à Niort au dôme du parc des expositions de Niort-Noron le 6ème salon des couleurs.
 Comme chaque année depuis 2004, ce salon organisé par l'Anjca (Association du jumelage coopération Niort Atakpamé Cové) se tenait mi-octobre et pour la première fois depuis 2005, j'allais enfin pouvoir être présent pour cette manifestation phare de l'année.
 En effet, depuis cinq ans, à cette période de l'année j'étais en mission professionnelle dans un DOM ; une autre manière de vivre en couleur.... mais voilà cette année je suis là et j'ai enfin pu participer.
 Ce salon est une invitation à un croisement culturel entre des oeuvres d'inspirations diverses : africaines ou locales ou autres voire d'ailleurs.

 Les oeuvres exposées sont essentiellement des peintures mais on  trouve aussi des photos, des mosaïques, des céramiques, des sculptures.... Pour le plaisir des yeux ou acheter pour faire une bonne affaire ou un cadeau... ou tout simplement par solidarité avec Atakpamé au Togo et Cové au Bénin. Une solidarité active car sur chaque oeuvre vendue au cours de salon 30 % de la vente vient abonder le budget de l'Anjca et sans compter que l'on demande aussi un petit péage aux exposants car certains viennent surtout pour faire  la promotion de leurs oeuvres ... et tous les tableaux ne sont pas à la portée de toutes les bourses : il y a des tableaux affichés à plus de 500 euros, qui trouvent rarement un acquéreur. 
... et puis une somme modique de 3 euros est demandée aux visiteurs... tout celà conduit l'Anjca à engranger ces dernières années, bon an, mal an, entre 8000 et 10 000 euros.... pour aider nos amis africains à construire des écoles, des aménagements de voirie ou des marchés....
  L'exposition est aussi agrémentée d'un concours de citations originales ; les années précédentes ont vu fleurir de jolies formules comme : « Apprenez à vivre en couleur et vous verrez le monde autrement » ou encore «  L'avenir se construit dans le regard des enfants »....
 ......mais avant ça il nous a fallu installer la salle d'exposition et ce fut le boulot des membres de l'association du jeudi en début après-midi au vendredi midi.
 Des associations de peinture participent aussi à ces journées en tenant des ateliers qui ont la faveur du public et plus spécialement du jeune public.





























.... et puis il eut cette année la présence de notre ami Bonaventure venu du Togo, pour un séjour de deux semaines, un voyage préparé autour de ce salon des couleurs. Il tenait un stand où il était particulièrement heureux de présenter son pays, sa ville, tout en remerciant abondamment l'Anjca, la ville de Niort et tous les niortais. 
La rencontre avec madame le Maire accompagnée de quatre adjoints  fut pour lui un grand moment, d'autant qu'il fut surpris d'apprendre que plusieurs d'entre eux avaient une bonne connaissance de l'Afrique pour y avoir souvent ou longtemps séjourné. La promesse d'un déplacement à Atakpamé d'une délégation municipale l'a comblé.

 Bon il me fallait aussi faire un choix, participer au vote du public.  Des bulletins étaient prévus pour cela et on devait désigner 3 oeuvres et une citation. J'ai fait mes choix le dimanche en fin d'après midi et comme Pilou ne pouvait venir ce jour là  j'ai rempli deux bulletins.... mais scrupuleusement je n'en ai remis qu'un seul : Voici donc mes six coups de coeur.









































 André et Bonaventure ont annoncé le palmarès dimanche à 19 H  : aucun des six tableaux que j'avais retenus ne fut récompensé ce qui prouve que je n'ai pas un très bon goût artistique (et pourtant ils sont très beaux ceux que j'avais proposés).... par contre j'ai vu juste pour la citation (Là il n'y avait pas photo : nous étions nombreux à avoir été conquis..) avec « Le plus beau voyage c'est celui que l'on fait de sa vie.» 
 Pour les  tableaux, comme au festival de Cannes, il y a plusieurs prix : le prix jeunesse, le prix de la ville de Niort, le prix d'Atakpamé, le prix des associations  et puis le vote du public pour le grand prix du salon des couleurs avec trois récompenses, trois couleurs.
La palme (la médaille d'or)  est revenue à un jeune peintre, Sébastien  Momot, qui s'est lancé dans la peinture il y a seulement 6 mois : « Une semaine de stage chez un pastelliste, une première exposition il y a quelques mois et le voilà, lébiscité par le public niortais pour son tableau "le turban rose" ». Extrait de l'article la NR de lundi dernier.

Je sais ce qu'il me reste à faire pour préparer le septième salon des couleurs d'octobre 2010 et ne pas être le seul membre du bureau de l'Anjca à ne pas avoir fait l'effort d'exposer quelque chose. (La honte !)

 Dès 20 H, le public parti et les artistes ayant décroché leurs oeuvres non vendues nous démontions les grilles que nous entassions dans un coin de la salle (façon de parler car il n'y a pas de coin au dôme de Noron). Opération commando terminée en une heure. Bonaventure était ébahi devant tant d'efficacité. Le lendemain matin les équipes se reconstituaient pour rapporter les grilles aux sociétés ou administrations qui les avaient prêtés....

 Mardi nous nous retrouvions pour saluer Bonaventure qui repartait le lendemain pour le Togo. André, le président, en profitait pour nous communiquer quelques chiffres : Un excellent cru que ce salon 2009 : 1390 visiteurs, 890 tableaux exposés, 98 tableaux vendus (sensiblement le pourcentage habituel) et un bénéfice pour l'association qui approche les 10 000 euros. Bravo ! 


 Samedi dernier il y avait eu aussi des animations au centre-ville piétonnier. La culture de rue est une démarche d'autant plus intéressante qu'elle est spontanée (voit le billet Blues trottoir) ; le résultat est peut être plus discutable ou du moins aléatoire quand c'est une manifestation "organisée" par ou avec avec l'aval de la municipalité.
 Ce fut le cas, me semble t-il, ce samedi avec un bien curieux spectacle d'hommes-singes en cage ;  curieux mais gênant.... Un obscur délire que je n'ai guère apprécié mais sans trop m'y attarder  .... 
  La photo, ci-jointe, accompagnait un article du Courrier de l'Ouest de dimanche matin.... alors autant rapporter in  extenso l'article :
   
« Les Squames, ces hommes mi-hommes mi-singes, venus des montagnes d'Europe centrale, seront-ils le nouveau sujet de polémique à Niort. L'avenir le dira. Mais hier matin, aux abords du marché où leur cage avait été installée les réactions étaient sans nuance. D'un côté, stuppeur et tremblement, voire indignation exprimée à haute voix : "C'est indécent, scandaleux, limite racisme, ils font peur aux enfants". La municipalité, maire en tête,en prenait pour son grade. 
De l'autre, des passant complices, entrant dans le jeu avec plaisir. Même les plus petits s'approchaient de la cage. Le public n'a cessé de s'agglutiner devant les barreaux toute la matinée. On aime ou on n'aime pas mais au moins le centre-ville a été animé.
»    


 On l'aura compris,  je n'ai pas aimé : j'ai trouvé que c'était grotesque, répulsif...  Si au moins ils s'étaient barbouillés en rose ou en vert pour donner un aspect surréaliste.... mais avec leur peau teintée de suie j'ai eu un haut de coeur. 
 Je me suis retrouvé, quelques minutes plus tard, à la terrasse du bar des halles pour prendre un café avec des amis dont le Maire et son adjoint à la culture.... et ils m'ont demandé ce que je pensais de ce spectacle... (Geneviève connaissant parfaitement mon approche culturelle réac de gauche..)... je n'ai pas caché ma répugnance ..... Nicolas ne fut d'ailleurs pas choqué par mes remarques mais il m'a demandé si j'avais bien écouté les dialogues.... ce que je n'avais pas fait, je le reconnais volontiers....  c'était parait-il un spectacle bien pensant qu'il fallait prendre dans la forme au second degré........ (????)
... dont acte....  ce qui est l'expression utilisée par Benoît Hamon quand certains camarades socialistes lui ont demandé de corriger ses premières déclarations, sur Frédéric Mitterrand, pour ne pas cautionner un amalgame homosexualité-pédophilie....
 Dont acte ... et puis je reconnais, au moins, aux Squames, le courage d'être restés, presque nus, pendant près de trois heures un samedi matin automnal alors que nous, bien habillés, on se caillait à la terrasse du café....

A suivre

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Lundi 19 octobre 2009


 Voilà un titre de film qui est en symbiose avec l’actualité ; j’aurai pu dire qu’il tombait pile poil, mais cette expression est maintenant « guignolesquement » chiraquienne, je ne peux dont plus l’utiliser dans un billet politique ciné-cure motivé, avant tout, par mon anti-sarkozisme primaire.  

Eh oui ! Ils ont gagné hier dans la 12ème circonscription des Yvelines ! Ils auraient pu tenir profil bas car une participation de 33% ce n’est, après tout, pas très folichon mais n’empêche qu’aujourd’hui ils sont pendus à tous les micros, présents à toutes les télés pour célébrer la belle ( ?) victoire de leur candidat, grotesque umpiste mais sympathique people, lors d’une élection partielle dans un fief de droite, a priori imperdable,…… Putain quelle peur ils ont du avoir, ces nocs, pour maintenant bomber ainsi le torse ! Après cette victoire et avoir passé un coup de fil de félicitations et de récupération, on peut penser que le président a pu enfin, après ces terribles semaines de turbulences médiatiques, tomber, douillettement, dans les bras de Morphée. Bonne nuit les petits......  
 Pendant ce temps les gens d'en bas, modestes citoyens, contribuables non protégés,  les pauvres, les exclus, les chômeurs ou les travailleurs qui font ceinture blanche sous le harnais, et les générations du futur proche (en attendant les suivantes), peuvent continuer à cauchemarder !

 

Et si, pour changer de ton et éviter de trop m'attarder sur un non évènement, j'en revenais au titre en parlant un peu cinoche.

« Au nom du père » est un excellent film réalisé par Jim Sheridan, qui est sorti en salle en 1993 et qui raconte l’histoire des « quatre de Guilford », quatre jeunes voyous qui ont été accusés de participation à des attentats de l’IRA et furent condamnés suite à des aveux obtenus sous la torture, et qui en application des lois anti-terroristes du gouvernement Thatcher,  écopèrent en 1975 de 15 ans en prison.
 Les familles des jeunes gens furent aussi arrêtées dont les «sept Maguire», la famille de Gerry Colon, qui durent aussi subir des peines de 12 à 15 ans de prison.
 En 1989 une enquête montrait que les preuves étaient fausses, les notes des interrogatoires falsifiées, et les jeunes gens fallacieusement accusés. Un nouveau procès permis leur libération alors qu'ils étaient sur le point d'avoir purgé leur peine et en 2005 Tony Blair présentait publiquement des excuses.... ce qui leur fit une belle jambe notamment au père de Gerry qui était mort en prison
 


 C’’est un film militant que réalisa l’irlandais Jim Sheridan, un pamphlet contre l’injustice, contre des méthodes policières ; mais c'est aussi un témoignage sur l’univers carcéral et une belle histoire d'amour racontant les retrouvailles d'un père et d'un fils réunis par l'injustice dans une même cellule. Le film est splendide : tout y est, le rythme, l’émotion, la réflexion… et puis les acteurs sont magnifiques comme portés par la cause avec Daniel Day-Lewis dans le rôle de Gerry Conlon et Pete Postlewhwalte dans celui du père Giuseppe, ou encore Emma Thompson.

J’ai retrouvé une interview de Daniel Day-Lewis  par un journaliste de Studio qui lui demandait comment il qualifiait sa relation de travail avec Jim Sheridan :

« Indéfinissable ! Il faut dire que c’est un grand fou. J’aime son extrémisme et j’y suis réceptif. On se pousse l’un l’autre vers les extrêmes sans qu’on ait besoin de beaucoup parler. D’ailleurs, on se comprend si bien qu’on peut se dispenser de tout un bavardage inutile autour du film, du personnage, du rôle. Chacun a un grand respect mutuel de l’intimité de l’autre et, en même temps, le sentiment de partager un secret… »

« Au nom du père » reçu l’Ours d’or à Berlin et eut 7 nomination aux oscars.

 

Le tandem Sheridan/ Day-Lewis tourna deux autres films :

Il y avait eu en 1989 « My Left Foot » qui raconte l’histoire du peintre irlandais  Christy Brown qui était handicapé, atteint d’une paralysie spasmodique. A l’âge de 9 ans il arriva à contrôler son pied gauche et commença ainsi à se mettre à peindre devenant par son travail un peintre reconnu. Pour jouer ce rôle Daniel Day-Lewis, perfectionniste, passa plusieurs semaines en fauteuil roulant et s’est fait nourrir à la petite cuillère. Il obtint l’Oscar du meilleur acteur.

   

Il y eut ensuite en 1998 «The Boxer» qui évoque la vie du boxeur irlandais Barry McGuigan, un champion du début des années 80 qui connut ensuite la prison. Les personnages décrits dans ce film ont eu une période de gloire et Shéridan raconte ce qui se passe après, quand ils ne sont plus sous les lumières, quand ils ne sont plus des vedettes, quand il n’y a plus ni amour ni amitié et qu’il faut, malgré tout,  reconstruire une vie. (Ce film m'a touché car il m'a rappelé un boxeur  que j'ai connu à la fin des années 60 et qui avait été  champion d'Europe avant de connaitre ensuite des jours difficiles.)
  L’émotion qui se dégage du film vient de la contradiction qu’il y a entre ce que l’on voulait être et ce que l'on devient. Un film sur les craintes et les espoirs magnifiquement traduits par Daniel Day-Lewis et Emily Watson. Dans le cadre de sa préparation du film Day-Lewis s’est beaucoup entraîné et s'est fait coaché par l’ancien champion McGuigan. Il fut nommé pour les « golden globes ».

 

L’Irlandais Jim Sheridan a fait une belle carrière de réalisateur, avec seulement 6 films. Dans ces films , du moins ceux que j'ai vu, on est impressionné par la densité humaine des personnages, la générosité des thèmes et des messages des films et par la rigueur professionnelle du réalisateur ; des qualités reconnus qui en ont fait un grand cinéaste populaire. Je n’ai pas vu tous ses films : on dit beaucoup de bien d’un film de 1990 qui n’est pas sorti en France, « The Field » avec Richard Harris, Tom Béranger et John Hurt.

Par contre je suis quelque peu resté sur ma faim avec « In América » sorti en 2004, et enfin son dernier film en 2006 fut complètement éreinté par la critique. Shéridan n’est pas très vieux (il a juste 60 ans) mais il semblerait que la cause irlandaise le transcendait et que Daniel Day-Lewis magnifiait ses films. Sera-t-il capable de revenir au premier plan sans ces éléments moteurs?

 

Day-Lewis n’a pas tourné autant de film que d’autres acteurs de sa trempe (Comme De Niro par exemple car il a voulu devenir acteur en voyant Taxi driver ), puisqu’il n’a, à son actif, que 18 films……. Mais peu de "non succès".

Au début des années 80 il apparût en rôles secondaires dans quelques grands films comme «Gandhi» d’Attenborough, « Le Bounty » de Donaldson, «  My Beautiful Laundrette » de Frears et « Chambre avec vue » de James Ivory.

Il tient son premier rôle principal en 1988 dans « L’insoutenable légèreté de l’être » de Philip Kaufman face à Juliette Binoche.

Ensuite ce furent les trois films de Shéridan avec en plus et en alternance :

En 1992 « Le dernier des Mohicans » de Michael Mann (déjà cité dans le précédent billet ciné-cure)

En 1993 « Le temps de l’innocence » de Martin Scorsese avec Michel Pfeiffer.

En 2003 « Gangs of New York » de Martin Scorsese face à Léonardo Di Caprio

En 2008 « There will Be Blood » de Paul Thomas Anderson avec le deuxième Oscar de meilleur acteur pour Day-Lewis à 51 ans.

 

Selon Studio de mars 2008 « … Pour les partenaire de Daniel Day-Lewis mieux vaut qu’il incarne un homme sympathique, car l’acteur est connu pour entrer dans la peau des personnage et s’y tenir tout au long du tournage, même en dehors des prises… »

Jim Sheridan disait « Il émane de lui une sorte de présence spirituelle. Il est taillé pour jouer les saints ou les diables… »

 

Quelques films ne sont pas sortis en France et parmi ceux que j'ai pus voir, un seul fut vraiment rejeté par la critique française, à juste titre me semble t-il, « La Chasse aux sorcières » de Nicolas Hytner en 1996 (C’était un remake « Des Sorcières de Salem » avec Signoret et Montand)

Daniel Day Lewis serait en train de tourner un nouveau film avec Scorsese  « Silence » qui devrait sortir en 2010.

 
 Le film « Au nom du père » montre comment dans un pays démocratique comme l'Angleterre, au nom de bons sentiments, la lutte contre le terrorisme, des institutions saines pouvaient cautionner des dérives fascisantes ; Nul n'est à l'abri et on ne voit pas ça que dans des républiques bananières. L'Irak,  Guantanamo sont la preuve que ça peut toucher au 21ème siècle la république à bannière étoilée comme les Etats-Unis.... mais c'était sous Georges Bush junior... l'exemple est, sans doute, mal choisi car c'était déjà au nom du père,  avec la suite de l'aventure irakienne.  
 En Afrique on note des progrès certains : après les coups d'état  de la période post indépendance faits par des sergents quasiment illettrés (il en reste encore comme Camara en Guinée)  on a tendance à passer  au niveau supérieur avec des transmissions de présidence par filiation : Kabila fils après Kabila père, Bongo fils  après Bongo père, Eyadéma fils après Eyadéma père... on évoque même de possibles successions chez les Wade, chez les Moubarak, chez les Kadhafi, peut-être même chez les Biya.... mais sans doute ne sont-ce là que des rumeurs.

 En France il n'y a rien à craindre : le président cherche tout juste à placer son fils à la tête d'un EHPAD ; il n'y a pas de quoi s'affoler de ce très léger abus de pouvoir. Quel fils d'un président n'aurait, pour unique et modeste ambition, que de diriger une maison de retraite fut-elle médicalisée ? 
 Pour le président c'est probablement pour s'assurer une retraite tranquille et c'est la moindre des choses quand on est un dirigeant super actif .
 Peut-être est-il aussi quelque peu inquiet d'entendre ses anciens discours dont il ne se souvient plus trop bien et où il disait des choses comme « travailler plus pour gagner plus » ou  « il faut réduire le déficit public et la dette de la France » ou encore « il faut refonder et moraliser le capitalisme » etc, etc.... j'en passe et des meilleurs.
 Une bonne place protégée pour l'avenir, à plus ou moins court terme, me paraît être, finalement, une sage précaution.... pour tout un chacun.



A suivre

 

Par daniel - Publié dans : ciné-cure
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Mercredi 14 octobre 2009

C’est le 6ème billet que je consacre à la généalogie de ma famille et le 4ème plus spécialement ciblé sur ma lignée paternelle. C’est dire que ce billet ne devrait intéresser que les membres de ma famille et quelques généalogistes accrocs…..

 

Pour l’ensemble de mon arbre j’en suis maintenant à un peu plus d’une centaine d’ancêtres dont certaines branches remontent au 16ème siècle.

 

Ma lignée maternelle, sur laquelle je ne vais pas trop m’attarder dans ce billet, a deux origines principales : la Charente du côté de La Rochefoucauld puis un peu plus loin dans le passé à Montbron, et le Cantal à Chaudes–Aigues et Saint-Urcize.

Pour les charentais, la branche des ancêtres de mon grand-père maternel Ernest Bauchaud, je remonte jusqu’à 1725 pour arriver en Dordogne (en limite Charente) ; Je serais de la septième génération du plus ancien couple ascendant connu, Jean Beauchaud et Anne Mounier. La connaissance de cette branche est le résultat de recherches de Jessie une petite cousine éloignée (son arrière grand-père était le frère de mon grand-père) et m’a permis d’identifier 20 ascendants quasiment sûr ; question fidélité de la maîtresse de maison mise à part.  

Pour les cantalous, les ancêtres de ma grand-mère maternelle Marie Jeanne, j’ai des informations jusqu’à 1680 avec quelques ramifications en Lozère voisine et très probablement en Aveyron également limitrophe. Je suis de la dixième génération du plus ancien couple ascendant, Pierre Fabre né en 1641 et son épouse Jeanne Vidal. Sur cette lignée j’ai 26 ascendants qui ont été référencés par ma sœur Annie.

Cette branche maternelle n’a pas été trop difficile à retrouver car, indépendamment de l’aide dont j’ai profitée, je savais de quels villages mes grands parents étaient originaires. J’ai déjà donné des informations par les billets « Une lignée branchée Aubrac » du 9 juillet 2009 et « un poilu poil au.. » du 12 novembre 2007. Pour la branche Bauchaud, je referai d’ailleurs prochainement un billet plus exhaustif.

 

Pour la branche paternelle ce fut un peu compliqué, car l’essentiel de la famille, dès la fin du 19ème siècle, était citadine et installée en région parisienne. Il m’a fallu rechercher pour chacun les origines provinciales en m'égarant parfois  sur de fausses pistes…. Ainsi j’ai longtemps pensé que les Baudin étaient originaires de Charente Maritime du côté de Fouras : mon grand père Marcel et son frère Maurice y ayant passé une grande partie de leur enfance. Voir « A la pêche aux moules » du 12 septembre 2007.
 En fait en remontant progressivement la lignée je me suis aperçu que trois générations d’ancêtres avaient fait une longue halte à Saint Loup sur Semouse en Haute-Saône avant que je puisse retrouver les vraies racines dans le Maine et Loire à Saint Georges des sept voies puis à Saint Pierre en Vaux. Lire « A la pèche à la lignée » les billets du 4 septembre 2007 et du 12 octobre 2008…..
.... Finalement les Baudin n’avaient, a priori, rien à voir avec Fort Boyard et le père Fouras.
La présence de Marcel et Maurice, enfants, chez des pécheurs de Port des Barques pendant près d'une dizaine d'années au début du 20ème siècle restera probablement un mystère.  

 

Un siècle d’aïeux installés en région parisienne et y rencontrant celles qui devinrent mes aïeules permettant une répartition nationale de mes racines et excluant au dernier siècle les risques de consanguinité. J’ai donc des ancêtres franc-comtois ou bourguigons  (Haute-Saône, Yonne), picards ou nordistes (Oise, Nord et Pas de Calais), encore des auvergnats (Puy de Dôme) et enfin des ligériens, les  habitants des pays de Loire (plus précisément du sud Maine et Loire)….

 

On trouve de plus en plus d’archives en ligne. Dans certains cas il ne s’agit encore que des tables décennales, ce qui est déjà un progrès et permet de repérer des dates de mariages ou de naissances. Pour certains départements on peut accèder par internet  à des actes d’état-civil ou paroissiaux. Les documents les plus intéressants, les plus complets sont les actes de mariage : c’est par ces actes que j’ai eu la surprise de constater que mes ancêtres Baudin avaient fait des métiers proches liés au travail de la métallurgie, depuis Emmanuel né en 1827, jusqu’à mon oncle André-Didi né en 1926 et alors que son père Marcel n’a pas connu le sien de père ; Henri Joseph avait abandonné le foyer familial peu de temps après sa naissance.

     

C’est sur cette branche Baudin que je remonte le plus loin par les actes paroissiaux. Je serais de la 12ème génération après un certain René Baudin originaire de Saint Pierre en Vaux en Maine et Loire et né, comme son épouse Anne Chailloux, entre 1560 et 1580. Leur fils Urbain est né le 24 février 1600.

Il y eu deux générations d’Urbain Baudin puis deux générations de Charles Baudin tous paysans ou pêcheurs sur la Loire avant qu’un François Baudin n’embrasse la carrière militaire et fonde famille en Haute-Saône à Saint Loup sur Semouse.
 Un petit bémol pour la lignée, sa fille Marie-Josèphe a fait un bébé toute seul …. C’est son fils, Emmanuel, qui rejoignit la région parisienne. Un fils sans papa… mais comment devrions-nous nous appeler ???. Marie-Josèphe s’est mariée ensuite avec un certain Baudouin qui lui fit d’autres enfants.  


 Les actes d’état-civil sont assez facilement déchiffrables. Pour ce qui concerne les actes paroissiaux c’est selon…. Certains, comme les plus anciens de Saint Pierre de Vaux en Maine et Loire sont très difficiles à interpréter, d’autres comme ceux de Boursonne dans l’Oise sont très bien conservés et m’ont permis d’identifier facilement la branche de Louise Célestine Dufresne qui épousa Emmanuel Baudin en 1857.

 Pour mes ancêtres du Nord / Pas de Calais (Les Trocquenet de Malincourt et les Legrand et Dumont d'Ayre sur la Lys) comme pour ceux du Puy de Dôme (les Régnat de Saint Jacques d'Ambur) il me faudra attendre que ces départements mettent leurs archives en ligne

 

Une branche s’est dégagée récemment grâce à la numérisation des archives, c’est celle des Prieux, du patronyme de Geneviève Jeanne Marie ma grand-mère paternelle, la mère de mon oncle Didi. J’ai déjà évoqué cette branche de ma famille qui était, dans la première moitié du 20ème siècle bourgeoise et catholique. Je savais qu'elle comprenait un évêque et au moins un autre prêtre et deux religieuses (les oncles et tantes de ma grand-mère.... ce qui prouve bien qu'une foi est coutume... quoiqu'on en dise.....).
 Est-ce par amalgame ou extension que Didi m’avait affirmé qu’ils étaient originaires de Villeneuve l'Archevêque, ou parce qu’il y eut quelqu’un ou quelqu’une qui officia dans cette ville… toujours est-il que ce fut encore une fausse piste qui me fit perdre du temps…. En fait ils étaient bien de l’Yonne mais de Dollot à une quarantaine de kilomètres de Villeneuve mais à l’ouest de Sens.

Pour la lignée Prieux j’eus aussi une grosse surprise, une folle espérance, sans doute une fausse joie en découvrant un acte de naissance du grand père de mon arrière grand-père : un certain Enrique Almanzor Prieux qui est né en 1799. Son père avait pour prénom Pierre Martin, un prénom bien de chez nous mais le patronyme de sa mère semblait être Jivanes Maria Anna Victoria …. avec une petite touche incontestablement ibérique. Mon esprit se mit à vagabonder, à battre la campagne d'Espagne,  espérant avoir dans ma lignée une petite part de métèque, de juif errant, de pâtre grec ou plutôt andalou… enfin une pincée de soleil et d'huile d'olives.

Almanzor fut un personnage historique qui vécut entre 908 à 1002, qui était né à Malaga et fut le chef de l’Espagne musulmane…. J’aurai donc comme Pilou des origines andalouses. Qu’un rejeton d’une famille ultra-catholique porte des prénoms espagnols dont un provenant d'un calife andalou musulman, ça serait magnifique, merveilleux,......magique.

J’avançais des hypothèses tout ce qu’il y a de plus crédibles comme de penser que  Pierre Martin avait été soldat et qu’il avait rencontré son épouse lors d’une campagne militaire. Finalement je ne le saurai jamais et puis .... d’autres actes trouvés comme celui du mariage d'Enrique Almanzor avec Marie Anne Maurière en 1820, indique qu'il était devenu, entre temps, Henri Almazor Auguste Baudin et même que le nom de sa mère s’était un tantinet francisé en devenant  Sivanne Marie Anne Victoire…. Déception ou simple camouflage d'identifications dérangeantes .... car dans le fond quelque chose me dit que mon hypothèse n’est peut être pas si farfelue que ça....  

 

Les recherches continuent et pour les curieux http://www.geneanet.org/.

 

Et plus que jamais …. à suivre.

 

Par daniel - Publié dans : Didi - Communauté : sous avenir.
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Vendredi 9 octobre 2009

On est parfois caustique avec nos amis africains en oubliant trop souvent de balayer devant notre case.

Je me souviens, entre autres extravagances, avoir été abasourdi par un titre à la une du « Cameroun Tribune » en 1986, lors d’un terrible accident à l’aéroport de Douala : « Un avion flambant neuf prend feu au décollage ».

Quel ne fut pas mon étonnement quand, débarquant à Niort quelques mois plus tard, après une dizaine d’années de vie africaine, je découvrais dans l’un des deux quotidiens locaux un article intitulé « Un magasin flambant neuf du centre ville est parti en fumée ».

Une différence de taille toutefois entre les deux articles : le nombre de victimes. Dans un cas on pouvait oser la note d’humour, dans l’autre cela m’avait paru particulièrement choquant … à part ce morbide détail on sentait bien que les deux journalistes étaient formés à la même école.

Je dois, cependant, balayer devant ma case car je joue aussi avec les titres de mes billets de ce modeste blog…. Je trouve même très souvent le déclic de l’article par le titre, comme par exemple mon récent « blues trottoir » ; par contre ce n'est absolument pas le cas pour celui-ci... (pour ceux qui suivent...l'évolution)

 

Réunion de rentrée automnale de l’Anjca, mardi dernier ; réunion exceptionnelle puisque Bonaventure, le secrétaire permanent de l’Adjan l’association d’Atakpamé, était présent dans le cadre d’un séjour de quelques semaines à Niort. Cette réunion devenait même, subitement, extraordinaire puisque le nouveau maire de Cové, en déplacement en France, faisait un rapide aller-retour à Niort pour nous rencontrer avant de s’envoler le lendemain pour le Bénin.

 

Niort (60 000 habitants) est lié depuis 1986 par un jumelage coopération avec Atakpamé, la cinquième ville du Togo (85 000 habitants) située dans la région des plateaux à 160 km de Lomé.

En 2006 ce jumelage s’est transformé en relation tripartite sud-sud-nord en s’ouvrant à Cové, une ville du Bénin sensiblement de la même importance (12 ème ville du Bénin avec 50 000 habitants). Cové et Atakpamé sont distantes d’environ 150 km…. Ce qui nécessite quand même plusieurs heures de voyage en voiture même en saison sèche et sans compter d’éventuels tracas administratifs à la frontière. (Voir les articles des 9 et 11 mai 2008 intitulés : L’invité du blog… le journal de l’Anjca)

C’était un vrai plaisir de rencontrer Bonaventure le très sympathique togolais dont j’entends parler depuis de nombreuses années et c’est avec grande curiosité que nous découvrions  monsieur Alokpon, le tout nouveau Maire de Cové.

 

La situation politique de Cové que nous suivions par internet nous intriguait depuis plusieurs mois ; le Bénin, après quelques expériences aventureuses post-coloniales, semblait être devenu progressivement depuis les années 90 une référence démocratique en Afrique. Les élections présidentielles de 1991, 1996 et 2001 se sont finalement passées sans trop de heurts avec des alternances d’alternances, entre MM. Kérékou et Soglo et vice versa…… puis en 2006 ce fut un nouveau personnage sur la scène politique M. Yayi Boni, ancien Président de la Banque ouest africaine de développement, qui, à la surprise générale, devint président de la république.

Au niveau local la démocratie est souvent plus balbutiante ; ce fut le cas dans plusieurs villes lors des élections municipales de mars 2008 et notamment à Cové, où suite à un résultat  serré, avec des péripéties rocambolesques (fraudes, enlèvements, menaces, coups de force) le maire sortant qui, sur le papier avait perdu les élections, arrivait malgré tout à conserver son poste….. Des recours en justice furent faits et en mars 2009 la Cour Suprême du Bénin invalidait une partie de l’équipe municipale. Cette décision de la Cour Suprême attestait finalement de la relative bonne santé de la démocratie béninoise… et c’est ainsi que M. Alokpon, le vainqueur des élections de 2008, est enfin devenu  début juillet le nouveau maire de Cové.

Inutile d’ajouter que nous fûment extrêmement touchés de cette visite impromptue de M. Alokpon qui, dans le cadre d’un court séjour de 3 ou 4 jours à Paris, a pu effectuer cet amical déplacement à Niort. Bravo et merci monsieur le Maire.

 

Au Togo la situation nationale n’est pas aussi idyllique : après le décès en 2005 de Gnassingbé Eyadéma, qui dirigea le pays pendant 38 ans sans se soucier, le moins du monde, des principes démocratiques, c’est son fils Faure Gnassingbé qui lui a succédé dans des conditions qui paraissaient quelque peu « précipitées » …. Depuis il semblerait que certaines évolutions positives puissent être constatées….  sur fond de règlements de compte familiaux.
  Il se dit que lorsque le ménage sera terminé, des avancées démocratiques pourraient enfin voir le jour avec notamment en 2010 des élections présidentielles, puis des élections législatives et municipales…. La démocratie serait au bout de ce long tunnel obscur …. mais pas d'excès d'optimisme, restons vigilants car c'est un refrain connu, entonné depuis, depuis…. Les dernières élections municipales au Togo remontaient à 1987. Depuis 2001 ce sont des délégations spéciales désignées par les préfets qui dirigent les municipalités.

 

Et en France, où en est notre démocratie ? En dehors des désignations au sein des partis politiques (Cafouillages abracadabrantesques au PS et électeur unique à l’UMP) dans l’ensemble ça ne se passe pas trop mal lors des divers scrutins républicains… en dehors de quelques bulletins chaussettes par ci par là….. Il semble même que la prime aux casseroles (Mellick, Balkany, Tibéri …) qui était une triste réalité il y a encore quelques années ne soit plus d’actualité ….. Par contre des menaces sur l’indépendance des médias et des mesures d’encadrement des déplacements du chef de l’état, voire de sanctions quand ça ne se passe pas bien, nous ramènent quelques décennies en arrière.... 

 

D’un point de vue niortais on observe quelques étonnantes similitudes avec nos villes jumelées, c’est du moins ce que j’ai constaté lors de nos échanges de mardi dernier avec nos amis béninois et togolais qui ont toujours le souci d’équilibrer les échanges. Pas de problème cela se fait tout naturellement et cette espèce d’harmonie qui se réalise petit à petit est vraiment une excellente nouvelle..... si ça continue on ne parlera même plus de jumelages mais de quasi cousinages.

Ainsi ai-je appris qu’un projet de construction d’un bâtiment à Cové avait été annulé parce que le terrain retenu pour accueillir l’ouvrage n’appartenait pas à la ville. On n’est donc pas les seuls avec la halle des sports niortaise, à avoir subi cette désagréable contrariété. C’est là qu’on reconnaît les vrais amis, à leur solidarité dans les ennuis et en plus dans les deux cas c’est à mettre au bilan de la précédente équipe municipale.

 

Et puis il y a les projets qui avancent, a priori en concertation avec la population… mais probablement pas suffisamment ou avec des non-dits ou des non entendus ou à cause de manœuvres dilatoires de mauvais esprits.

Ainsi à Atakpamé il y a  problème avec le nouveau marché aux ignames  : les vendeuses ne sont pas très satisfaites du déplacement urbain qu’on leur impose. Elles viennent de se rendre compte que les gris-gris bénéfiques ne les suivraient pas sur le nouveau lieu de vente. Damnation !

A Niort ces gris-gris bénéfiques ne seraient–ils pas les voitures qui traversaient le centre-ville sans s’y arrêter mais en apportant de bonnes ondes qui aidaient les commerçants à bien vendre ?

 Depuis la mise en piétonisation du centre-ville, au début de l'été, le blues des commerçants est réel … aussi déambulaient-ils, samedi dernier, pour vilipender les décisions de la nouvelle équipe municipale qui en toute bonne logique applique le programme pour lequel elle a été démocratiquement et confortablement élue.

Selon la Nouvelle République, ils furent « entre 300 et 400 personnes à défiler de la place de la Brèche à l’hôtel de ville, en silence, certains vêtus de noir, de pied en cap en signe de deuil, pour dénoncer une politique de piétonisation qui, selon eux, tue le centre ville à petit feu » …
... ok ce n’était pas une manif type Camif ou Heuliez ou encore moins les dizaines de milliers de manifestants de mars 2006 braillant contre le CPE…

Bien sûr 300 personnes c’est relativement modeste, ça fait un peu clairsemé, surtout sur toute une largeur de chaussée….. mais ils méritent quand même un minimum de respect pour leur action et ce d'autant que ce n'est pas une cause facile à défendre. 

Surtout quand on réalise que ces pauvres gens sont des béotiens malheureusement peu habitués à des revendications susceptibles d’émouvoir le bon peuple : Pas de distribution de lait ou de fruits ; aucun slogan humoristique, quelques stupides insultes comme de traiter la généreuse Geneviève de Kim Jong-Il, le dictateur nord coréen ; aucune parodie de chanson : ils auraient pu par exemple, reprendre une chanson de Johnny (après tout, lui aussi, c’est un pote à Sarko ) et quitte à être en noir en profiter pour lancer « Noir ,c’est noir, il n’y a plus d’espoir, Gris c’est gris nous voulons des voitures au centre-vie… ».... mais chez ces gens là on ne chante pas monsieur.... on ne chante pas à tue-tête... on s'entête....

 

.... moi, franchement je n'y comprends plus rien : le piéton qui déambule dans les rues piétonnes serait une menace pour le commerçant alors que la voiture qui passe serait sa bouée de sauvetage ! C'est contraire à toute logique...
..... On a beau rappeler que, si le centre ville de Niort était en train de mourir c’est justement parce qu’il n’y avait pas de zone piétonnière comme dans presque toutes les grandes villes de France. On a beau démontrer, chiffres à l’appui, que le commerce du centre représentait moins de 10% du chiffre d’affaire de chalandise de Niort contre près de 20% à Poitiers, La Rochelle et Angoulême....
 ... Et puis au centre Niort il y a surtout des commerces d’habillement et de chaussures plus particulièrement affectés par la crise et l’été indien.  Crise qui, quoi qu’en disent les exégètes sarkozistes, n’est pas finie…

Rien n’y fait et pour quelques excités que Madame le Maire a accepté de recevoir dans son bureau à la Mairie, si tout va mal, c’est uniquement de la faute de l’équipe municipale.

... Ca serait donc la piétonisation de la rue Ricard qui provoquerait ce pastis commercial….

 

Et si en cette fin d’année 2009, au lieu des traditionnels chalets de Noël et des sapins, on installait sur cet axe commercial piétonnier des cases africaines et des cocotiers…. Peut-être que les gris-gris (les vrais, les bons) seraient plus performants.

 

 

(A suivre)

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Lundi 5 octobre 2009

Je conseille aux quelques amis-camarades qui viennent me lire, assez régulièrement, d'aller jeter un petit coup d'oeil au blog de Nouvelle Gauche :
http://www.nouvellegauche.fr/blog/2009/ .
On y trouve notamment des billets politico-économiques de Pierre Larrouturou qui fut mon premier invité sur ce blog, c'était le 18 février 2008, et c'est avec beaucoup de plaisirs que je reprends , une nouvelle fois l'un de ses articles tout en précisant que le blog mérite vraiment le détour même quand l'ami Pierre laisse la place à l'un de ses camarades.
J'estime que Nouvelle Gauche à une place primordiale à tenir dans l'actuelle rénovation du PS et même si j'avoue avoir aussi quelques amitiés pour d'autres sensibilités socialistes je suis convaincu que leurs analyses et leurs propositions sont absolument indispensables pour la bonne cohérence d'un projet.
Voici l'excellent article que Pierre Larrouturou a publié le 29 septembre dernier et qui a pour tître «  Comment sortir du piège ? » : Lumineuse analyse.

« C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont « brulé » l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans… »

 

  Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.

Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”

 

Quoi qu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là !

En 1929, la Banque centrale américaine avait aggravé la crise en fermant tous les robinets du crédit. Depuis deux ans, au contraire, gouvernements et banques centrales ont ouvert tout grand les vannes. Cette politique était nécessaire mais elle est totalement insuffisante.

 

« Le plan Paulson est une transfusion sanguine à un malade souffrant d’une hémorragie interne » affirmait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, en octobre 2008. Un an plus tard, rien n’a changé : on transfuse le malade à coup de trilliards de dollars sans soigner “l’hémorragie interne”. Soigner l’hémorragie devient pourtant une priorité absolue car nous ne pourrons pas continuer longtemps à accumuler des déficits publics pharaoniques.

 

Depuis qu’a commencé la crise, c’est uniquement grâce à la confiance de tous les acteurs dans la solidité financière des Etats, qu’on a évité l’effondrement du système : il y a un an, quand Paulson annonce qu’il met 700 milliards sur la table, quand Merkel, Brown et Sarkozy en annoncent 400, nul ne doute que les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France sont effectivement capables de trouver ces sommes considérables. En quelques jours, la confiance revient sur les marchés.

 

Mais depuis quelques semaines, à mesure que sont rendu publics de gigantesques déficits publics aux quatre coins de la planète, le doute s’installe sur la capacité qu’auront les Etats-Unis, le Japon ou la France à honorer leurs dettes dans dix ou vingt ans. Il y a quelques semaines, l’Allemagne voulait placer sur les marchés financiers quelques 6 milliards de bons du trésor. Elle n’est pas parvenu à placer l’intégralité de la somme. Que se passera-t-il si la confiance dans la solidité financière des états diminue ou disparaît ? Que se passera-t-il si, dans quelques années, nos gouvernements sont étranglés par le poids des intérêts de la dette et ne peuvent plus financer certaines dépenses courantes ? Nous subirons une crise qui échappera à notre contrôle et dont nul ne peut prévoir l’extrême gravité.

 

Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ? Dans tous les pays occidentaux, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous ont conscience que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde… Alors que choisir ? La peste ou le choléra ? Sombrer dans le gouffre de la récession ou foncer dans le mur de la dette ? Telle est la question que les dirigeants du G20 n’ont pas voulu débattre en public mais c’est bien le dilemme qui les empêche de dormir.

 

Pour sortir du piège avant qu’il ne se referme sur nous, il est fondamental de comprendre où est “l’hémorragie interne” dont parle Stiglitz : pourquoi, dans tous nos pays, l’économie tombe-t-elle en récession si on cesse d’augmenter la dette ? Pourquoi nos économies sont-elles “accros” à la dette ? Comment les sevrer ?

 

  C’est en observant l’évolution de la dette aux Etats-Unis sur les 50 dernières années qu’on comprend les causes profondes de cette addiction. Jusqu’en 1981, jusqu’à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB était parfaitement stable.


L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Ces règles collectives (ce « compromis fordiste ») ont permis aux Etats-Unis et à l’ensemble des pays occidentaux de connaître 30 ans de stabilité. Sans dette.

 
 Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. La dette augmente surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la baisse de la part des salaires dans le PIB. C’est à partir de là que des millions d’Américains commencent à s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.

Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représentait plus que 57 % en 2007.

 

  

Sans doute la part des salaires était-elle un peu trop élevée, à la fin des années 70 dans certains secteurs, mais 10 points de chute, c’est colossal. Ce déséquilibre du partage entre salaires et bénéfices a provoqué une euphorie croissante des marchés financiers : en 25 ans, pour ces 15 pays de l’OCDE, ce sont plus de 35.000 milliards de dollars qui sont allés aux actionnaires alors qu’ils seraient allés aux salariés si on avait gardé le partage salaires/bénéfices de la fin des années 1970. Plus de 35.000 milliards ! On comprend que certains aient perdu tout sens de la mesure…

Mais cette baisse de la part des salaires a évidemment un effet négatif sur la consommation des ménages.

 

En juillet 2003 déjà, dans son rapport annuel, la Banque des Règlements Internationaux, la “Banque Centrale des Banques Centrales”, soulignait le risque d’une récession mondiale par manque de consommateurs : de même qu’un avion doit aller assez vite pour que la portance de ses ailes lui permette de rester en altitude, de même une “société de consommation” doit donner suffisamment de revenus aux consommateurs pour qu’ils puissent consommer. Quand la part des salaires diminue trop fortement, c’est l’ensemble de l’économie qui risque de s’effondrer comme un avion dont la portance n’est plus suffisante.

  

Pourquoi ?

Comment expliquer la baisse historique de la part des salaires ? Est-ce la faute des “actionnaires qui sont trop gourmands” ? Depuis qu’existe le capitalisme, les actionnaires ont toujours été gourmands : un actionnaire prend un risque quand il apporte du capital à une entreprise et, si l’entreprise prospère, il préfèrera toujours avoir le taux de retour le plus important possible. La nouveauté de ces vingt dernières années, ce n’est pas que les actionnaires soient gourmands, c’est qu’ils aient pu obtenir ce qu’ils voulaient car la négociation avec les salariés était de plus en plus déséquilibrée.

 

Dans tous nos pays, la peur du chômage a fortement déséquilibré la négociation sur les salaires : “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Avant même qu’éclate la crise des subprimes, il y avait au Japon 32 % d’emplois précaires. Avant même qu’éclate la crise, il y avait en Allemagne 4 millions de chômeurs et 6 millions de petits boulots. Il y avait aux Etats-Unis tellement de bad jobs à 10 ou 15 heures par semaine que la durée moyenne du travail était tombée à 33,7 heures (Source Economic Report of the President 2006).

 

Dans ce contexte de chômage de masse, puisque l’on a supprimé ou diminué les régulations collectives mises en place après la crise de 1929, quel(le) salarié(e) peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut refuser un surcroit de travail ? Qui peut “donner sa démission” en espérant trouver assez vite un autre emploi ? “Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs.” Dans tous nos pays, la peur d’être bientôt au chômage est dans toutes les têtes. Cette peur a profondément déséquilibré la négociation sur les salaires et la part des salaires est tombée à un plus bas historique. Pendant des années, le système n’a fonctionné que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire…

 

« Les Français sont prêts à entendre la vérité » aime à dire Nicolas Sarkozy. Eh bien chiche ! Voilà la vérité : la crise de la dette n’est pas un incident de parcours dû à l’inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l’ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin chaque année d’un endettement plus élevé ! Pendant 25 ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers mais aujourd’hui, cette fuite en avant nous amène dans le mur !

 

Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de crise sociale ! C’est à cause du chômage que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l’on sortira de la crise. Le chômage n’est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l’une des causes premières. Pour “sortir du piège”, pour stopper “l’hémorragie”, il faut s’attaquer frontalement au chômage.

 

Hélas, deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a toujours rien fait d’utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation… mais contre le chômage, il n’a encore rien fait ! Le nombre de chômeurs a augmenté de 500.000 en un an (C’est du jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale !) mais l’hyper-Président continue de regarder ailleurs…

 

Pourtant, dans ce domaine, pas besoin de réunir un consensus au G20 pour agir : le Danemark et les Pays-Bas ont montré avec les accords de Wassenaar qu’on pouvait, au niveau d’un pays, construire un nouveau contrat social et diviser par deux le chômage. Pourquoi Nicolas Sarkozy qui passe son temps à « exiger des résultats concrets» au niveau international, ne se fixe-t-il à lui-même aucun objectif concret dans ce domaine ? »

 

Pierre LARROUTUROU est membre du Conseil National du PS et président de Nouvelle Gauche.

 

 

 (A suivre)

 
Par daniel - Publié dans : L'invité
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Vendredi 2 octobre 2009

Dans le genre « il était une mauvaise foi » voici un billet d'humeurs et d'humour que je dédie à la mémoire de mes deux grands-pères Marcel et Ernest (mes second et troisième prénoms, merci du cadeau) respectivement « pépé voiture » et « pépé vélo » (à l'époque on n'était pas moderne et on ne disait pas encore papy). Mes grands-parents habitaient à Champigny, quai Lucie, en bord de Marne, un site aussi joli que les bords de Sèvre niortaise. 
 Marcel, « pépé voiture », (une vieille B 14 d'avant guerre) c'est ma lignée petite bourgeoisie et Ernest, « pépé vélo », c'est ma lignée prolo.... comme quoi en soixante ans les choses ont bien changé... « mais vous n'êtes pas obligé de me croire ».  

 Le dernier week-end de septembre était très attendu et par chance, il fut superbement ensoleillé  …. Rien à voir, donc, avec le titre du billet évoquant un soir de pluie et de brouillard. Niort était en fête avec le forum des associations et Phoebus était de la partie.

 Le vendredi, en fin d’après-midi, il y eut une réception à la mairie pour lancer l’évènement et le fil conducteur de ce rassemblement de quelques 530 associations du Niortais regroupant 24000 adhérents, c'était la tolérance. Personnellement j’aurais préféré qu’on parle plutôt de lutte contre l’intolérance. Certains intervenants, et notamment le responsable départemental de la LDH, ont  d'ailleurs souligné l’ambiguïté de la notion de tolérance.
 Mais je n’ai pas pu écouter l’ensemble des interventions car tout à coup je me suis demandé si je n’avais pas oublié de fermer le gaz sous la cocotte-minute … Prompt retour anxieux à la maison… pour rien : heureusement ! Non ce n’était pas un prétexte pour m’éclipser,… c’est tout simplement que je ne suis pas encore tout à fait au point dans mon rôle de petite fée du logis…. mais je progresse, je m’améliore… un peu de tolérance SVP… ça ira mieux dans quelques mois…. quand je serai à 100 % à la retraite …
  Voilà encore un sujet qui me fâche … je revendique fièrement mon ancrage à gauche et  pourtant je ne cache pas que c’est avec regret que je vais bientôt devoir prendre ma retraite complète.  Aussi jeune… après tout je n’ai que 63 ans … et je n’ai pas vraiment l’impression quand je fais quelques exercices physiques, des pompes ou du footing d’avoir perdu mes moyens par rapport à mes 40 ans disons 50 ans… peut-être la foulée un peu moins véloce, mais ça c’est du pinaillage…  Il va donc falloir que je prenne définitivement ma retraite.. mais pour quoi faire ? Rejoindre des associations de bricoleurs ou de jardiniers pour apprendre à devenir un bon papy retraité ? Un coup de blues me submerge ….
 Bon d’accord c’est pour la bonne cause… je dois laisser la place aux jeunes … j’espérais pourtant avec l’évolution démographique, à savoir plus de papy-boomers partant à la retraite que de jeunes arrivant sur le marché de l’emploi, que le chômage allait mathématiquement baisser et j'espérais avoir encore un peu de rabe, qu'on aurait encore un peu besoin de moi... mais c’était sans compter avec la crise et surtout avec cette bande d’incapables Sarko & co.

 

Ah ! Le blues quand ça vous tient… Et pourquoi y a-t-il fallu, en plus, que vendredi en arrivant à la mairie je tombe sur Valy, Dolly et Lily ?  Les égéries du lobby véliberté. Des boulets, qui, sous prétexte que je suis un bon camarade, me demandaient d'aller manifester à leurs côtés, à bicyclette, le lendemain matin pour obtenir des aménagements qui faciliteraient l'utilisation de la petite reine en zone urbaine. Désolé mais moi, primo je suis républicain, alors les reines petites ou grandes c'est pas mon truc.... et secundo je déteste faire du vélo.
 Je tolère les cyclistes et je veille, très scrupuleusement, à leur sécurité quand je suis au volant : Eux et les piétons qui traversent aux passages protégés… plus vigilant que moi, ça n'existe pas…… mais qu’ils aillent faire joujou ailleurs que sur les pénétrantes, à la campagne par exemple ou sur une île interdite aux voitures, au lieu de revendiquer leur liberté envahissante en grappillant sur la nôtre, malheureux automobilistes prolétarisés.

 Oui je sais je suis encore de mauvaise foi et en plus pour une mauvaise cause mais j’en ai vraiment marre de ces groupes de pression propagandistes qui veulent, de toute force, vous faire rentrer dans leur case. Un peu comme ces diaboliques qui n’admettent pas qu’un cinéphile ne soit pas un inconditionnel des films américains en V.O.
 La preuve que je suis de mauvaise foi c’est, qu'en plus, j’ai deux vélos …  D'abord celui que je préfère c’est mon vélo d’appartement à la selle confortable que j’utilise pour remplacer le footing les jours pluvieux et pour continuer d’entretenir mon jeu de jambes, le postérieur confortablement installé, en regardant « C dans l’air » et son inénarrable animateur..... ce vélo là ne dérange personne... et puis il y a l'autre, des toiles dans les rayons, qui n'a jamais vu un.... feu tricolore .... C'est un routier classique, qui a très peu servi (en période de rodage dans le marais Poitevin et à l’île de Ré) et qui reste, depuis longtemps, soigneusement rangé dans la cabane au fond du jardin, une sorte d’abri réserve anti-pénurie ou en cas de prise du pouvoir par une secte anti-voiture.
 Oui je sais, je divague c’est ça le blues du futur retraité, inquiet pour son avenir.


 Maintenant je redeviens presque sérieux en parlant de tolérance car je ne conteste nullement la liberté d’action de grâces de ces cyclo-activistes…. Qu’ils manifestent... surtout un samedi, ça ne mange pas de pain…. Ils ont d’ailleurs choisi un nom parfaitement adapté : Vélorution, un anagramme renversant, incontestablement réactionnaire. CQFD.
 Oui je sais, je suis toujours de mauvaise foi, de très mauvaise foi. Que ceux qui se reconnaîtront dans ces lignes, ne m’en veuillent pas trop, et puis...  ils ne sont pas obligés de me croire.

   

Lors de la précédente manif, fin juin, il y avait 600 cyclistes ; ce samedi matin de fin septembre ils n’étaient plus que 300 selon un journaliste qui pédale un peu dans la semoule ( la moitié serait plus près de la vérité ) ….
Je me joindrai peut-être à ces activistes quand ils ne seront plus qu’une dizaine, les causes perdues ça me convient assez, uniquement pour raison humanitaire et à condition que je retrouve ma pompe à vélo.
 La cohabitation voiture piéton en centre-ville est déjà suffisamment difficile à mettre en œuvre, alors  si le vélo s’y met aussi on n'est pas encore descendu du manège.

 

 Je vaquais donc, traînant au centre ville piétonnier et vélo-cité (il y a des pistonnés) dans mon délire de futur retraité inutile, par ce radieux début de week-end ; c'était ma crise de blues matinale, et je maugréais contre l’état des trottoirs niortais, non pas les pistes cyclables, les trottoirs réservés aux honnêtes et souvent besogneux  marcheurs. 
 Je maudissais les vélorutionnaires, les fuites de gaz, les cinéphiles diablotins, les commerçants hostiles à la piétonisation du centre ville, Sarko and co  etc…. et ça, en ultra tolérance, silencieusement dans ma caboche….. je ruminais, je ruminais, je ruminais contre tout ce qui me dérange….  tout ce qui me gonfle avec ou sans pompe.... quand.... subitement, quelque chose d’inattendu m’a secoué et m’a ramené dans le monde des vivants pour me réconcilier avec mes semblables (hormis Sarko & co….)

 

A trois pas des halles, où nous devions faire quelques courses, devant la Messe de la prison, pardon, la Maison de la Presse, deux papys cow-boys s’étaient installés avec sono et guitares pour un récital. Ils n’étaient pas annoncés dans le journal, mais j’appris par la suite qu’ils avaient demandé à la mairie l’autorisation de se produire en zone piétonnière ce samedi matin : Je ne sais rien d’eux, je ne sais pas si ce sont des professionnels ou des amateurs légèrement à la bourre avec trois mois de retard pour la fête de la musique, mais quel talent ! Putain quel talent et vive les rues piétonnes !
 J’ai laissé Pilou aller seule, au marché quand j’ai entendu qu’ils attaquaient « Georgia on my mind » de Ray Charles puis à la suite « King of the road ». J’ai cru comprendre à la fin de cette chanson de routards qu’ils n’étaient pas de la région et qu’ils se produisaient, ainsi, un peu partout en France, chantant dans les zones commerciales, un étui à guitare ouvert devant eux pour recueillir q uelques euros.
 Ils entonnèrent ensuite d’autres blues dont « The Dock of the Bay » d’Otis Redding. Le guitariste et le chanteur, sympathiquement grandiloquent, genre Joe Cocker, étaient géniaux. Je n’ai pas pu rester toute la matinée à les écouter car il me fallait bien retourner à mes devoirs et la corvée de courses… mais en m’échappant de temps à autres pour revenir et intercepter encore et encore quelques chansons blues ou country c’est ainsi que j’ai encore pu entendre « Jackson »  de Johnny Cash et June Carter, quelques autres chansons aussi magnifiques mais que je ne connaissais pas ou qui étaient enfouies loin dans ma mémoire de futur retraité. Un récital Blues trottoir par deux inconnus talentueux ; un récital qui m’a requinqué, qui m'a permis d’éliminer mon coup de blues….. Finalement il en faut peu pour être bien dans sa peau….. Si la manifestation des cyclistes avait eu lieu l’après midi peut-être que …. Qui sait ? Non quand même pas !
 
 L’après midi, Je suis retourné en ville en espérant que les cow-boys seraient toujours là, mais ils avaient du prendre la diligence pour rejoindre une autre ville… mais Niort était toujours en fête et il y avait toutes les animations prévues pour le forum des associations à la mairie et en bord de Sèvre à Pré Leroy. On y a retrouvé des amis tenant des stands et j’ai même croisé dans ce site champêtre des cyclistes très sympas… il y en avait même qui avaient perdu leur clef d’anti-vol et qui allaient être obligés de rentrer à pied …en abandonnant sur place leurs vélos.... un comble, c’était trop bête… mais heureusement pour eux, l’histoire s’est bien terminée et on pourra, à nouveau, les croiser en ville (!).
 
L’après midi s’est poursuivi entre flamenco et danses médiévales, entre stands de géologie et généalogie.  


 

 Le lendemain dimanche c’était l’anniversaire d’Hugo. On l’a fêté à la maison où après le gâteau il reçut le cadeau dont il rêvait : tout l’attirail du parfait géologue avec en prime une collection de pierres presque précieuses…

Et puis l’après midi toute la famille est allée s’oxygéner au Pré Leroy et les petits s’en sont donnés à cœur joie.  





























A suivre

Par daniel - Publié dans : Blog à part
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Lundi 28 septembre 2009

Je fus vraiment surpris, intrigué même, lorsque j'ai commencé la lecture du livre de Vincent Peillon consacré à Jaurès ; intrigué en raison du thème choisi et clairement défini par le titre de l'ouvrage  « Jean Jaurès et la religion du socialisme ». Pour moi Jaurès incarnait avant tout le rassemblement des socialistes au sein de la famille républicaine ; il symbolisait la paix, la tolérance, la laïcité, la morale, l'honnêteté … mais loin de moi l’idée d’en faire le porte-drapeau d’une forme de religiosité, fut-elle celle du socialisme. C’est un travers dont j’aurais plutôt fait grief aux communistes d’antan, ceux de l’époque stalinienne, de Duclos, de Thorez, selon les descriptions qu’en fit Philippe Robrieux dans sa très instructive « Histoire intérieur du parti communiste » ; mais voir en Jaurès une sorte de grand prêtre d'une religion socialiste il y avait, pour moi, quelque chose de choquant.

Je m’en étais ouvert à Vincent, lors d'un conseil national du PS de fin de premier semestre 2000, alors que je venais d'acheter le livre et que je n'en avais encore lu que quelques pages. Sympa, il m'avait répondu « Lis-le et après, si tu veux, nous en reparlerons.... ».

J’ai lu ; j’ai oublié pendant quelques temps Vincent l'ami, Vincent le socialiste réformateur, Peillon l'homme politique d'avenir, pour découvrir Vincent Peillon le philosophe. Certes, je savais qu’il avait déjà écrit plusieurs essais dont un livre sur Maurice Merleau Ponty « La tradition de l’esprit » mais je dois bien avouer que je ne suis pas, spontanément, attiré par ce type de littérature : Je n’avais pas fait l’effort de lire ni même d'ailleurs d'acheter ce livre. Merleau Ponty : connais pas….ça ne me semblait pas être d’actualité et ce n'était donc pas la peine que je m'impose un mal de tête. 
 Par contre Jaurès, là c’était autre chose et....  il me fallait faire l’effort de dépasser ma rudimentaire culture politico historique…..et essayer d’approfondir un peu ma connaissance de l’illustre personnage, de la légende du socialisme.
 J’ai lu,…j'ai tout lu ; tous les chapitres même ceux, d’un abord assez difficile pour un modeste « griot bétonneux » , ceux où l’auteur compare, rapproche ou oppose Jaurès à Condorcet, Kant, Bergson, Nietzsche, Hegel ou Marx … Oh! bien sûr je ne peux pas jurer d'avoir tout compris, parfaitement tout assimilé et surtout tout retenu mais je me suis efforcé de suivre le cheminement, le développement de l’auteur…… et, très sincèrement, je ne le regrette pas ( même si quelques pages m'ont paru assez rébarbatives ) car j'ai découvert un Jaurès que je ne soupçonnais pas....

 

Vincent Peillon explique dans son introduction les raisons qui l’ont conduit à rédiger ce livre, à choisir cette approche originale  :

D’abord l'auteur estime que si le socialisme français a fait de Jaurès une icône, il ne s’en est, dans les faits et au fil du temps, que très superficiellement approché :
« …Si la référence à Jaurès est devenue si mécanique, si convenue, si neutre c’est que dans le fond le  socialisme français s’est finalement davantage inspiré de Jules Guesde que de lui, et que ne pouvant plus être une référence idéologique et politique, il est devenu, pour ne pas disparaître tout à fait, une référence morale, suffisamment vague pour que chacun puisse s’en recommander….».
 
 L'auteur persiste quand il récuse l’idée d'un Jaurès ayant pu à un moment se convertir et prôner le collectivisme, l’étatisme voire même le matérialisme :
«  page après page, discours après discours il place à l’origine et au terme, au fond et à la fin, l’individu, celui qui pense, qui délibère, qui choisit… »… « Pour lui les associations, les coopératives, les réseaux décentralisés font leur œuvre et contribuent mieux que l’Etat Léviathan à la réalisation de l’idéal socialiste. »…. « . C’est avec les dieux tout autant qu’avec les hommes que Jaurès dialogue, lui le petit paysan, qu’aucune transcendance n’inquiète ni ne dérange, lui qui ne connaît pas la haine et revendique nettement son idéalisme…. ».

  Et Peillon d’avancer que, finalement, cette méconnaissance de Jaurès arrange tout le monde  puisqu’elle n’est, aucunement, en contradiction avec la légende…. Car dès le lendemain de son assassinat tous se sont disputés son héritage, tous ont pris une part de la légende, celle qui les arrangeait, car Jaurès symbolisait le rassemblement des  socialistes.... aussi dans l'émiettement à venir chacun allait trouver, sans contrainte, son Jaurès, le martyre de son socialisme.   


 J’avoue, quand même, avoir eu un peu de mal à suivre la démonstration de l’auteur, notamment, quand il dit que c’est avec les dieux tout autant qu’avec les hommes que Jaurès dialogue et j’ai eu, à ce moment là, du mal à saisir ce que pouvait être cette religion du socialisme. C’est à cette partie du livre que j’ai failli décrocher.... avant de comprendre le sens profond que Jaurès donnait au mot religion : Il rejetait le christianisme tel que l'église l'enseignait tout en retrouvant Dieu dans tout ce qui existe. Jaurès était panthéiste, Dieu est tout ce qui nous entoure et pour vivre en harmonie sur cette terre il faut mettre en oeuvre une politique socialiste. Sa religion ( personnellement j'aimerais mieux dire sa croyance ou sa foi mais....) socialiste pour un monde meilleur est une sorte de réceptacle de notions morales et d'idées de liberté, de justice, de fraternité, de  liens générationnels et de liant entre les hommes pour qu’ils puissent se rassembler dans une république démocratique et sociale.
 Pour Jaurès l’idée socialiste n’est pas une rupture avec le passé mais une continuité avec l’histoire : la continuité du christianisme qui a failli puis celle des lumières, et encore celle de la révolution, malgré ses années terribles et enfin celle de la république qui balbutie ses premiers pas... 
 

 « Il ne s’agit pas pour l’homme laïc, de se prendre pour ce qu’il n’est pas, de venir occuper et usurper la place encore chaude du Dieu mort.

Le socialisme républicain de Jaurès propose bien une révolution religieuse, mais à travers celle-ci il ne s’agit pas d’un échange de rôles ou de place entre la créature et le créateur, il ne s’agit pas, ce qui est justement aux yeux de Jaurès, la faiblesse principale du marxisme, de remplacer une religion par une autre, avec dogme, rites, prélats et clergés mais d’édifier sur les ruines d’une religion qui n’était pas conforme à l’essence du religieux, la religion vraie et à partir de cette dernière de fonder la société juste, la République sociale… »

.. et c’est pourquoi le socialisme de Jaurès n’est pas une rupture pour créer un nouveau monde, une nouvelle société s’appuyant sur une dictature fut-elle celle du prolétariat mais un prolongement de la république (Le socialisme c’est la république jusqu’au bout) …. et tout reste lié religieusement ; le socialisme avec la république, la démocratie, mais aussi avec la nation, le développement, le progrès ….. et pour boucler la boucle tout doit se fédérer par des principes indispensables comme la  laïcité, les besoins d’instruction, de morale, d’équilibre entre droits et devoirs, de démocratie sociale, de liberté d’opinion, de raison, de développement des sciences et techniques….

Et c’est la raison pour laquelle Jean Jaurès pouvait prétendre que « les vrais croyants étaient ceux qui voulaient abolir l’exploitation de l’homme par l’homme » …et c’est cette analyse qui a conduit le républicain social Jean Jaurès, professeur et philosophe, témoin des injustices et de la misère des mineurs de Carmaux à rejoindre le mouvement socialiste.

Pour Vincent Peillon « Cette conception de la politique est sans doute ce qu’il y a de plus original chez Jaurès, et elle explique en grande partie la stature unique qui est la sienne parmi la cohorte des grands hommes politiques puisque à aucun moment il n’accepte de séparer la politique comme engagement, choix, action, combat d’une réflexion sur l’homme, la nature, la justice, la raison ou la liberté. »

     

Merci Vincent de m'avoir fait mieux comprendre Jaurès. 

 


 A lire aussi le Jean Jaurès de Jean Pierre Rioux qui vient de sortir en version poche pour le 150ème anniversaire de la naissance de Jaurès, et notamment le chapitre  « Le métaphysicien » où il cite Jaurès :
 « C'est Dieu qui se disperse dans les forces et les consciences par une sublime recherche de perfection qui est la perfection elle même.....et Dieu est l'unité achevée....». .. mais aussi sa résolution dilatoire ... «...nous ne chercherons pas le secret profond de la vie tant que les salariés, tous les écrasés ne pourront le chercher librement avec nous. Nous ne voulons pas dissiper en des rêves hautains et vagues sur l'univers ou la destinée notre énergie de combat. .....»



( (A suivre)

Par daniel - Publié dans : à livre ouvert - Communauté : sous avenir.
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