Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /2009 21:04

 Billet non terminé. Désolé mais on ne peut-être aux courses et au fourneau.

Un week-end sur les bords du Maroni pour finir notre séjour guyanais 2009.
 Nous étions déjà allés jusqu'à Mana, St Laurent et St Jean du Maroni en 1969 mais je n'en ai que de très lointains souvenirs et quelques photos. Je me rappelle surtout que la route était en piteux état, un vrai jeu de piste, maintenant c'est une route confortable. 
  Je me souviens être allé jusqu'à Saint Laurent pour une fête qui avait un rapport avec la parachutisme et que nous étions descendu à l'hôtel "Tencier" qui à lépoque du bagne recevait à leur arrivée le personnel de l'administration.... (sans doute pour les habituer au péni-tencier) enfin je me rappelle que nous avions traversé le fleuve en bateau pour aller au Surinam, à Albina.... Seul point commun 40 ans plus tard nous sommes redescendus à l'hôtel "Tencier" qui est finalement un hôtel très correct mais où le personnel est bien peu aimable.
Le Maroni est à environ 25 km au nord ouest de Cayenne. Il faut montrer patte blanche au poste-contrôle de gendarmerie à l'entrée d'Iracoubo. Nous avons quitté la route N1, un peu avant Laussat pour prendre en direction de la réserve natiurelle d' ''Amana"  et vers Mana une petite ville de 8000 habitants. Mana située sur le fleuve du même nom était connue pour être le bagne des femmes. Aujourd'hui et notamment avec l'arrivée des Hmongs laotiens à la fin des années 70, cette zone est devenu prospère grâce la culture du riz.

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   De Mana nous avons prolongé jusqu'à Awela-Yalimapô               
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Par daniel - Publié dans : saga africa
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 22:26

 En ce 65ème anniversaire de la libération de Michelbach, je cherchais dans les archives que Didi m’a laissées un quelconque document qui m’eut permis de revenir sur cette bataille où mon oncle, ce héros au sourire si doux, réussit à rester en vie.

 Si cet épisode de la dernière guerre me tient particulièrement à cœur c’est certes parce Didi, alors âgé de 18 ans et 10 mois, en fut acteur mais aussi parce que, quelques 35 années plus tard, entre 1979 et 1982, j’ai travaillé sur ce site pour la construction d'un barrage : à chacun sa campagne, la mienne ayant été nettement plus pacifique. C'est lors d'un repas de famille de Noël 1979 que nous avons relevé cette coïncidence et que Didi me raconta pour la première fois les combats que dut mener le 1er Régiment des volontaires de l’Yonne du 35ème R.I. pour déloger en cet endroit stratégique une meurtrière batterie allemande.

 Lorsque nous faisions les travaux de terrassement du barrage il ne se passait pas une semaine, sans que nous ne soyons obligés d'alerter les démineurs pour désamorcer une bombe….. ce qui laisse à imaginer ce que furent ces 4 ou 5 journées de combats intenses en décembre 1944. 

 
 Cette terrible bataille terminée, la fin de guerre fut heureusement un peu moins difficile pour le soldat Didi….

 C’était d'ailleurs une habitude chez lui de commencer par le plus difficile….. comme lors de sa courte période de combattant dans la résistance… Alors que le jeune Didi rendait déjà depuis l'été 1943, occasionnellement et sans problème, de petits services de liaison et ravitaillement au maquis du réseau Jean Marie Buckmaster, il ne trouva pas mieux que de se faire prendre par les allemands, dès sa toute première mission de terrain ; le lendemain de son incorporation dans les rangs des combattants. (J’ai déjà évoqué cette aventure dans trois billets de l'été 2007)

 Le 8 juin 1944, la brigade dont Didi était membre, fut prise sous le feu des allemands à l’entrée du bois d’Annoux. Au lieu de respecter les consignes et de s’éparpiller dans la nature comme ses camarades, il prit le temps d'aider un camarade blessé à se cacher dans la forêt, sous un tas de bois, avant de s'enfuir...... puis il ne trouva rien de mieux que de jouer au héros en revenant quelques heures plus tard, accompagné d'une jeune fille pour faire croire à une balade d'amoureux,....   c'était généreux, courageux mais beaucoup trop tôt et très naïf....

 Ils  retrouvèrent bien Charly, le blessé, mais ils tombèrent surtout sur les allemands. Après un copieux tabassage, ils furent arrêtés et enfermés à la prison d’Auxerre.... et si Didi eut la chance de ne pas être exécuté dès le lendemain comme le malheureux Charly …. il comprit que ce qui l’attendait à court ou moyen terme :  le peloton d’exécution…
 Il attendit … il attendit pendant de longues semaines.... Est-ce la persévérance active et désespérée de son père pour le sortir de ce mauvais pas qui permit de retarder une échéance programmée ? .... Toujours est-il que fin août il était toujours au cachot dans un état physique pitoyable...  Et puis tout à coup, le 23 août une occasion se présenta et, avec la complicité de quelques gardiens français, il réussit, avec d'autres prisonnier, à s'évader..

 
 Dans ma recherche de documents je n’ai pas trouvé grand-chose d'intéressant pour faire un nouveau billet sur la bataille de Michelbach. Quelques témoignages de soldats qui confirment l’âpreté des combats et le bilan très meurtrier…..

 Par contre j’ai trouvé une intéressante lettre du secrétariat d’Etat aux anciens combattants de novembre 1986 à l’attention du Président du Tribunal administratif de Paris. Lettre d’une tartuferie confondante qui préconise un rejet d’une demande de mon oncle de bénéficier du titre d’interné résistant susceptible de lui ouvrir droit à pension :

 « ……L’article L 273 édicte :

Le titre d’Interné résistant est attribué à toute personne qui a subi, quel qu’en soit le lieu une détention minimum de trois mois pour acte qualifié de résistance à l’ennemi.

Aucune condition de durée n’est exigée de ceux qui se sont évadés…

..... Dans son formulaire, l’intéressé a déclaré qu’appartenant aux FFI, il fut arrêté le 8 juin 1944 par la Wehrmacht alors qu’il tentait avec Mademoiselle Bonnetat, de secourir un blessé. Il fut détenu à la prison d’Auxerre jusqu’au 23 août 1944, date à laquelle il fut libéré.... A noter que ces derniers mots du paragraphe ne sont pas tapés à la machine …. mais écrits à la main.… Quelques hésitations ?

« ….il a produit :
       - Les certificats réglementaires d’appartenance à un groupe résistant reconnu ..
       - Les attestations témoignages de Mmes Cunault et Bonnetat, 
       - Le certificat de présence à la prison d’Auxerre du 8 juin au 23 août 1944
      - Les témoignages concordants de prisonniers et gardiens MM…. d’où il résulte que l’intéressé était détenu lors de l’attaque des forces de libération le 23 août qui amena les allemands à abandonner la ville et les gardiens français à ouvrir les portes de la prison aux détenus politiques.
       - Par ailleurs ces attestataires assurent qu’il était en très mauvaise santé lors de sa libération et qu'il ne put reprendre le combat qu’au mois de novembre 1944.

……En conséquence, l’administration ne conteste pas que l’intéressé ait été incarcéré en raison de l’accomplissement d’un acte de résistance, mais cet internement ayant été inférieur à trois mois et retenant qu’il fut libéré par ses gardiens après le départ des allemands…. Il ne justifie pas de l’attribution …. »  etc etc etc..

 

 Sauf que la ville ne fut libérée par les FFI que le 24 août en fin d’après midi. Les allemands avaient réquisitionné le 22 août tous les soldats, y compris ceux en charge de la prison,  pour essayer de protéger le dépôt d’essence de Monéteau que les FFI menaçaient. Le 23 août de retour à Auxerre et avant de battre en retraite vers l’Alsace les soldats allemands étaient décidés de liquider tous les résistants emprisonnés…. Prisonniers qui avaient eu juste le  temps de s’évader sur les conseils et la complicité de quelques gardiens avisés ou liés à la résistance et le laisser-faire des autres qui avaient besoin de se refaire une virginité.....
 Il est certain que si Didi et ses camarades ne s’étaient pas évadés, ils auraient pleinement  justifié d’une des conditions d’exception à la règle des trois mois et ils auraient été reconnus, certes à titre posthume, mais reconnus comme internés résistants. Des témoignages écrits attestent que les allemands les ont recherchés une bonne partie de la nuit du 23 au 24 août avant de tailler la route vers l'est au petit matin devant l’avancée soudaine et inéluctable des commandos FFI.

 Mon oncle se vit remettre le 9 octobre 1944 la croix de guerre avec citation… à 18 ans et 8 mois : pas mal pour un gamin aventureux. 

 

 Quant au signataire de la lettre « tartuffe » je crois que s’il était venu chez mon oncle pour lui dire ce refus de vive voix, il aurait été malgré tout reçu avec le sourire.... et je pense même que Didi aurait dit à ma tante Josiane « Donne-lui tout de même à boire »

 

A suivre.

 

  

Par daniel - Publié dans : Didi
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 21:05

 

 Le titre est quelque peu provocateur il n’y a pas de mur à Cayenne ou alors des murs naturels : l’océan, les fleuves, les rivières, la forêt… il n’y a pas non plus vraiment de banlieue, certes il y a des quartiers moins riches attenants à la ville mais au-delà, Remire-Montjoly, et Matoury sont plus des communes résidentielles qu'une espèce de jungle urbaine …. encore que le mot jungle….à regarder de plus près les photos de ce billet.

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   Cayenne c’est bien évidemment la place des Palmistes, la place Heder, le fort Cépérou, la pointe des amandiers, la pointe Buzaré, le vieux port, les musées, le jardin botanique… mais ce sont, avant tout les maisons créoles, qui font le charme de cette ville au passé colonial.
 Parmi ces maisons créoles il y a la modeste case où naquit Félix Eboué, le grand homme de la Guyane.
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 Le 15 octobre 1940 Eboué, qui était gouverneur du Tchad, reçu à Fort Lamy, le Général de Gaulle qui venait d’avoir une terrible déconvenue devant Dakar. Celui-ci le nomma Gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française. 
 Cet homme de gauche, gaulliste de la première heure, mourut en mai 1944 et fut inhumé au Panthéon, cinq ans plus tard, en compagnie de Victor Schoelcher.
 

 Les salines de Montjoly forment une lagune d’environ 50 hectares, sur une bande de 2 km de long, d’orientation parallèle à la plage.

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    Le sentier qui traverse les salines, débouche sur une mangrove de palétuviers rouges, gris et blancs. La zone lagunaire est riche de plantes aquatiques, nénuphars et jacinthes d’eau.

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    Le retour se fait par la plage où l’on peut contempler le cordon dunaire de forêt xérophile.    
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 Le lendemain nous avons parcouru le sentier du Rorota, qui serpente à travers la colline du Mahury. C’est le réservoir d’eau de Cayenne.

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    Le sentier du Rorota est fréquenté par des jogueurs ce qui ne semble guère troubler les singes saïmiris et paresseux hauts perchés dans les arbres.

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 Par contre sur le sentier de la Mirande où nous nous sommes rendus quelques jours plus tard, il y a moins de promeneurs. Le site est situé à 12 km de Cayenne sur la montagne Matoury.

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    La balade est moins facile et dure plus de deux heures.  Ce jour-là nous n’avons croisé qu’un seul randonneur. (mais aussi un joli serpent et une belle mygale) Comme nous nous sommes lancés dans cette aventure qu'en milieu d’après midi, je me suis un peu inquiété de sortir de la forêt avant la tombée de la nuit.

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 Haut de 250 m le Grand Matoury est le mont le plus élevé du littoral et surtout c’est le dernier îlot de forêt primaire de l’île de Cayenne.

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 40 ans après un séjour de 6 mois (c’était en 1969) ces retours en Guyane furent une vraie cure de rajeunissement : une dizaine de jours en octobre 2008 dont malheureusement un seul week-end et six journées de travail (de 7H à 14 H ), puis à nouveau une douzaine de jours en novembre 2009 avec toujours 6 journées de travail, mais cette fois-ci deux week-ends… il nous reste encore beaucoup à découvrir y compris à Cayenne…ça ne sera donc pas notre dernier voyage dans ce département qui est pour moi le plus beau de France (L’Afrique équatoriale avec la carte vitale)….. Alors décembre 2010 ? Je pense que l'on visera plutôt la fin de la longue saison des pluies ou le début de la saison sèche… soit la période juin et juillet (2010 ou 2011 ?), mais cette fois à 100% vacances ….

  Les dernières photos de ce billet : Rémire, le Cric-Crac et le fort Diamant qui domine l’entrée du fleuve Mahury.

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 (Oun rôt soléy)

 

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 17:18


 C'est un ouvrage, hors du commun, que j'ai eu la chance de trouver à Cayenne lors de mon séjour.
Les Archives nationales d'outre-mer publient pour la première fois des correspondances de ces hommes et femmes mis au ban de la société et exilés à des milliers de kilomètres de la métropole, essentiellement en Guyane et en Nouvelle-Calédonie où furent regroupés en un siècle et jusqu'en 1953 plus de 100.000 condamnés dont environ 2000 femmes (la déportation des femmes fut arrêtée en 1907.... )
Ces lettres, rassemblées par Isabelle Dion et Hélène Taillemite, racontent la vie des relégués, décrivent leur cadre de vie, leurs peines leurs souffrances, leurs espoirs de fin de cauchemar. Il y a aussi les lettres reçues par les bagnards qui montrent que la souffrance et la misère étaient aussi chez les proches en France.

La correspondance des condamnés était soumise au contrôle étroit de l'administration pénitentiaire . Elle était strictement réglementée : les condamnés avaient le droit d'écrire une fois par mois et uniquement le dimanche et pas plus de 4 feuilles sur papier réglémentaire. Toutes les lettres étaient lues, copiée quand elles étaient envoyées.
 De très nombreuses lettres étaient destinées à l'administration pénitentiaire, au Ministre ou au Président de la république.... mais attention, les réclamations non fondées, les déclarations mensongères pouvaient coûter très cher avec parution en commission disciplinaire et jours de cachot en perspective.... mais beaucoup ne manquaient pas de culot et certains conservaient même un brin d'humour.........

 « Monsieur le Ministre des Colonies 
Veuillez m'excuser de la liberté que je prends à vous adresser cette lettre à titre de réclamation et pour vous citer quelques faits que l'administration abuse sur son pouvoir à l'encontre de nous, transportés.... 
...... me trouvant nu-pieds et attribué à des travaux soit de culture ou de débroussaillage, il m'était presque impossible d'accomplir cette tâche, devenue presque torture à la suite des piqûres des fourmis rouges, moustiques et d'autres. J'adressais une réclamation en conséquence à Monsieur le Commendant du pénitencier lui réclamant à juste titre une paire de souliers mais sans résultat. pour toute réponse on me disait : y en a pas... 
.... et alors que faire dans ce cas: Je me vois dans l'obligation de ne plus aller au travail nu-pieds.....
...  car lorsque la Cour d'assise a prononcé ma condamnation de 5 ans de travaux forcés... il n'a point été du tout spécifié que je devais travailler nu-pieds..... 
j'ai tenu donc, monsieur le Ministre à vous tenir  au courant de tout cet état de choses car je suis sûr et certains que vous devez totalement l'ignorer.....
......Dans l'attente d'amélioration, recevez, Monsieur le Ministre, l'assurance de mes profonds remerciements respectueux.
Le transporté de 3ème classe Barra Constant du pénitentier de Kourou Camp de Pariacabo.
Le 1er mai 1906 Guyane française. »
D'autres lettres, au contraire, étaient tout ce qu'il y a de plus emphatiques. «  ô grand Ministre ! Daignerez vous entendre, du fond de sa cellule, les plaintes, les supplications de l'humble, du paria ?»
Les plus touchantes, spontanées parfois incohérentes étaient les lettres adressées à la famille;
« Camp Est le 22 avril 1883
Ma chère épouse,
J'ai reçu ta lettre du 28 janvier ce qui m'a fait un bien grand chagrin en apprenant la mort de mes deux petites filles, c'est un grand malheur pour nous, mais ne te chagrine pas car je me joins à toi pour éprouver le grand malheur que nous avons eu....
Tu me dis que tu te vois délaissées de tout le monde ; laisse ceux qui te délaissent pour ce qu'ils sont. Quand à moi je ne t'abandonnerai jamais. Tu me crèves le coeur en me disant que ma petite Joséphine me réclamait à son dernier moment. Pauvre enfant et moi si éloigné de vous..... le mieux que tu as à faire c'est de venir me retrouver où je suis; nous ne serons pas malheureux tous les deux. Fais en la demande au ministère...».
Généreux le mec avec sa femme.

 
Et puis il y eut les patriotes ou les opportunistes ou encore peut-être, les patriotes opportunistes :
" St Jean du Maroni le 7 mai 1917,
Monsieur le Ministre,
A l'heure si grave que nous vivons, permettez à un pauvre exilé de venir malgré son indignité solliciter son enrôlement pour la défense de la Patrie.... ne vaut-il pas mieux que je remplace au front un père de famille qui est plus utile que moi ? ... Je vous supplie de m'accorder la faveur de m'engager pour la durée de la guerre et je vous promets de faire mon devoir, tout mon devoir plus que mon devoir..."
 Enfin des lettres de ceux qui ont fini leur temps de travaux forcés mais étaient maintenus en Guyane :
" Saint Laurent du Maroni le 27 mai 1930,
Mon cher frère
,
.... je vais assez bien, je me fais vieux. Le moral en est la cause, comment pourrait-il en être autrement ? Voici 22 ans que j'ai fini ma peine de travaux forcés le 13 novembre 1908.....  (Il dut subir ensuite l'astreinte à résidence perpétuelle en Guyane ; astreinte qui ne fut levée qu"en 1933...);.. Tout cela dans le but de te revoir, toi que j'ai tant aimé, toi cher frère....

 Il y a aussi dans cet ouvrage une lettre d'Alfred Dreyfus qui a été interné à l'île du Diable entre mars 1895 et juin 1899. Ramené en France pour la révision de son procès il fît le 24 septembre 1900 une demande de restitution de lettres
au ministre des colonies :
" Monsieur le Ministre,
J'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance la restitution des lettres que m'a écrites ma femme pendant mon séjour à l'île du Diable, et qui ne me sont jamais parvenues, ainsi que la restitution des originaux de celles qui me sont parvenues seulement en copie..."

Ce livre est admirable : toutes les lettres, bouteilles jetées à la mer, sont à lire, riches d'enseignements. Poignantes, cocasses,  malheureuses, naïves, hypocrites comme celles ou des bagnards expliquent au Ministre ou au Président de la République  que s'ils ont fait des tentatives d'évasion, ce n'était pas prémédité.  Ils ne l'ont pas fait exprès, juste des circonstances à saisir, sans réfléchir....   

Je ne sais si ce livre est en vente en librairie en métropole, il est paru en septembre 2007 et voici pour rensignements une adresse mail  contact@iemeditions.com 


(A suivre)

Par daniel - Publié dans : à livre ouvert - Communauté : sous avenir.
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 18:47

 Lundi 30 novembre le centre d'action culturel de Niort proposait un spectacle hommage à Federico Garcia Lorca.  Ce spectacle nous avons bien failli le louper .... quand j'ai pu arrêter les dates de mon voyage en Guyane avec la certitude d'un retour juste avant cette date il n'y avait plus de place et puis.....surprise, quelques jours avant notre départ nous apprenions qu'il y aurait une seconde représentation le même jour à 18 H 30  avant celle prévue à 21 H.
 Il faut dire que la demande était forte car l'auteur-comédien José Manuel Cano Lopez s'était déjà fait connaître en 2006 du public niortais du CAC avec « Canto de mi tierra » des textes et poésies de Garcia Lorca.
 Nous avons donc pu nous procurer le précieux sésame et il eût été impensable qu'il n'en soit pas ainsi. Dois-je rappeler que Luis, le père de Pilou, est né, comme Federico,  à Fuente Vaqueros un petit village andalou proche de Grenade. Federico en 1898 et Luis en 1914..... mais j'ai déjà évoqué cette proximité dans quelques billets dont
deux en juin 2008 « Fuente Vaqueros » et un en juillet 2007 « Grenade ».

Avec «19 août 1936 : Mort d'un poète » José Manuel Cano Lopez nous a proposé les témoignages  de ceux qui ont croisé Lorca au cours des dernières semaines avant son assassinat. Ces témoignages superbement dits par Cano Lopez accompagné au piano  par Jacques Perry-Salskow alternant avec des poésies et des chansons récitées ou chantées par l'auteur-comédien.


Toutes les lettres, tous les témoignages dits par le comédien recoupent pour l’essentiel des informations que l’on trouvait déjà dans le remarquable livre de Claude Couffon « A Grenade, sur les pas de Garcia Lorca » publié en 1962.

On retrouve dans le première partie de ce livre où l’auteur tente de définir la personnalité du poète, l’extrait d’un interview qu’il avait accordé à un journaliste en juin 1936 et que le comédien Cano Lopez déclama en début de spectacle  « Je suis espagnol intégral et il me serait impossible de vivre hors de mes limites géographiques ; mais je déteste celui qui est espagnol pour être espagnol. Je suis frère de tous et j’exècre l’homme qui se sacrifie pour une idée nationaliste abstraite uniquement parce qu’il aime sa patrie avec un bandeau sur les yeux. Le bon chinois est plus proche de moi que le mauvais espagnol. Je chante l’Espagne et je la sens jusqu’à la moelle ; mais je suis d’abord citoyen du monde et frère de tous… »……..

En 1936 Federico vivait à Madrid : à 38 ans il était devenu un poète et  dramaturge célèbre ayant connu une ascension rapide  ; il venait de terminer « La Maison de Bernarda Alba» et préparait une tournée en Amérique Latine, mais avant de partir il voulait se rendre, comme chaque année en juillet, à Fuente Vaqueros retrouver sa famille et ses amis…..
 C’est alors qu’éclata l’été de la violence. Vaincus aux élections de février 1936 qui avaient assuré le triomphe du Front Populaire, les partis de droite, multipliaient les provocations et attentats….violences auxquelles répondaient d'autres violences. Dans ce climat particulièrement délétère à Madrid, aggravé par l’assassinat le 13 juillet du leader monarchique Calvo Sotelo, Federico décida tout de même de se rendre à Grenade où il pensait pouvoir compter sur la double protection de son beau-frère Manuel Fernandez Montesinos, maire socialiste de Grenade, mais aussi de ses amis Rosales,  famille influente de la Droite phalangiste.

Federico partit le 17 juillet, accompagné à la gare par son ami Martinez Nadal auquel il fit part de sa vive inquiétude selon le témoignage lu par le comédien Cano Lopez.

Les évènements se sont alors précipités : le 18 juillet le général Franco lançait depuis les Canaries  un appel au soulèvement de l’armée.

Ce jour-là, à Grenade, la famille Lorca célébrait la San Federico. En soirée ils entendirent un dramatique communiqué à la radio : la République était menacée. Au Maroc espagnol l’armée était passée du côté des rebelles franquistes. L’Andalousie fut la première région contaminée : Séville est tombée sans résistance dès le 19 juillet. Le 20 juillet l’armée se soulevait à Grenade et le commandant Valdes se proclamait gouverneur civil. Des journées de terreur s’abattirent alors sur la ville au gré des exactions de l’Escouade Noire, les tueurs de Valdes. Ce fut ensuite le tour des villages des alentours. Valdès sut que le poète, partisan des républicains, homosexuel notoire, était à Grenade, à la Huerta de San Vicente et malgré les centaines, les milliers  de victimes déjà exécutées, Federico devenait subitement le gibier prioritaire.

Les soldats rebelles étaient pourtant déjà venus à la Huerta, brutalisant la famille mais sans porter dans un premier temps une attention particulière à Federico ; cette famille était visée parce que c’était celle de Montesinos, le maire socialiste ; celui-ci fut exécuté le 3 août…..  Après la chasse au poète fut lancée et Federico reçut une lettre anonyme qui lui fit comprendre que ses jours étaient comptés. Aux abois il chercha alors de l’aide auprès de ses amis phalangistes, les Rosales…. Mais ces amis, certes politiquement engagés, n’étaient pas pour autant aux commandes de la rébellion… Luis Rosales n'hésita pas à héberger Federico dans la maison familiale : Pouvait-il y avoir cachette plus sûre que chez un responsable de la Phalange ? Federico le crut quelques jours …. Jusqu’au 18 août à cinq heures du soir. Alors qu'il était seul avec la maîtresse de maison, la mère des frères Rosales, l’Escouade Noire, dirigée par une brute Ramon Ruiz Alonso, investit la maison et malgré les protestations de Mme Rosales qui voulait prévenir ses fils, les tueurs de l’Escouade emmenèrent le poète.

Des témoignages lus par le comédien Cano Lopez confirment le thèse de Claude Couffon : Alonso et ses hommes étaient retournés une nouvelle fois chez les Lorca et brutalisèrent les parents de Federico pour qu’ils avouent où leur fils s’était enfui et c’est sa sœur qui, croyant bien faire, avait répondu « Mais il n’est pas caché il est allé lire chez un ami ». Alonso a alors compris où était Federico : chez son ami le poète Luis Rosales, phalangiste mais suspect car poète.....

Les Rosales ont essayé de sauver Federico, mais c’était Valdes qui était aux commandes de l'insurrection fasciste…. Et le 19 août Federico fut emmené à Viznar près d’un ravin «  Le barranco » où, selon un paysan témoin, il aurait été abattu, assassiné avec d'autres malheureux dont l'instituteur d'un village voisin. En trois semaines des centaines de personnes furent exécutés en ce sinistre endroit, près del camino de la Fuente de Aynadamar. 

 

 Cette version des derniers jours de Federico Garcia Lorca a été confirmée par Gérardo Rosales, neveu du poète Luis Rosales dans une nouvelle « le silence des Rosales », qu’il  écrivit pour se guérir des « coups de poignards » que sa famille, « qui joua sa peau pour lui sauver la vie », a reçu durant tout ce temps, accusée de l’avoir trahi. Il confirme que c’est finalement la sœur de Federico qui a dit où il se trouvait, pour protéger leur père et pensant que la protection des Rosales, connus pour leur sympathie phalangiste, serait suffisante.

 

C’est aussi ce que laisse à penser Cano Lopez dans sa pièce. Nous sommes allés discuter avec le comédien à la fin du spectacle. Il ne m’a pas semblé avoir la moindre sympathie pour le régime franquiste et les phalangistes et il semble croire en cette version ….  de toute façon, il a rigoureusement basé son texte sur des témoignages....  et puis Il est comédien pas historien.

Les descendants des familles Lorca et Rosales sont aujourd’hui d’accord, après des décennies de silence, pour que des recherches soient faites pour exhumer les restes des victimes et voir si des analyses avec les moyens scientifiques d’aujourd’hui permettraient d’en savoir plus.

   Un autre livre publié en 1983, « Los ultimos dias de Garcia Lorca » de Eduardo Molina Fajardo serait, selon Internet, une intéressante source d'informations …. en Espagne car malheureusement il ne semble pas avoir été traduit en français.

 

  A suivre

 

Par daniel - Publié dans : no pasaran - Communauté : sous avenir.
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 22:06

Le retour c’est d’abord le mien : Au total une absence de près de 3 semaines compensée par quelques billets préparés à l’avance (Brèves de trêve) où des articles photos transmis de Guyane, des photos en attente de textes, et enfin un invité pour le dernier billet. De retour à la maison je vais reprendre mon rythme d’articles, un tous les 3 ou 4 jours, en père peinard. Pour les prochains je parlerai surtout de la Guyane…. le plus beau département de France. Pour celui d’aujourd’hui, un billet de reprise, un billet d’excuse pour absence, je vais encore une fois profiter du travail d'un copain et faire un petit emprunt.

C’est avec surprise, que j’ai constaté, à mon retour, que Fraise des bois s’était remis au clavier fin novembre. Heureuse surprise car, même si je ne suis pas toujours à 100% d’accord avec ses analyses « politiques », il n’en demeure pas moins que c’est toujours avec plaisir que je lis le « poète diariste ». Ses billets, quasiment quotidiens entre 2006 et 2008, étaient une vraie bouffée d’air pur. Depuis plus d’un an il se faisait très rare…. Et puis le revoilà...... ça sent les régionales....... Pourvu qu’il continue !

…. Dans le court et excellent billet que je reporte ci-après il s’en prend aux méthodes de Ségolène…. C’est rafraîchissant et ça fait du bien…. Ah ! « Le petit barnum de chemin », quelle belle expression poétique et bien jolie image polémique.  Pour en savoir plus sur ce poète gâtino-charentais qui n’a pas tout le temps raison, le lecteur devra aller voir un billet que je lui avais déjà consacré le 15 janvier 2008 et surtout, et avant tout,  se rendre sur son blog : http://mamilitance.blog.lemonde.fr 


«  Penser l’après Ségolène Royal

C’est le chantier qui attend la gauche et en particulier le PS après les régionales.  A Dijon, la moutarde Peillon & Royal fut une péripétie de plus dans le long feuilleton du déclin du PS. Ségolène Royal, dans sa volonté populiste de passer par-dessus l’appareil du parti, utilise tous les artifices médiatiques possibles. Créer un événement, se poser en victime de méchants apparatchiks, apparaître comme la prophète d’une rénovation plus rénovante que celle des autres : les ficelles sont grosses mais la dame du Poitou continue son petit barnum de chemin. L’ennui pour elle, c’est qu’on ne gagne pas seul et ce n’est pas le débauchage de Françoise Degois des grandes ondes vers la basse politique (un bien mauvais service rendu à la cause des journalistes politiques, désormais fatalement suspectés d’être peu ou prou au service de…) qui masquera l’hémorragie de ses collaborateurs écoeurés, dont Jean-Pierre Mignard, ancien président du fan’club Désirs d’Avenir. Sans parler des sondages récents ou de l’évaporation des militants socialistes dont Libération se faisait l’écho lundi…

Dans la région Poitou-Charentes, dont elle est la présidente sortante, son aura médiatique ne lui aura pas permis d’empêcher les Verts de constituer une liste Europe-Écologie ni le PCF (qui compte quand même 6 conseillers sortants) de faire liste commune avec le Front de Gauche. La partie n’est donc pas gagnée d’avance même si le bilan du mandat n’est objectivement pas mauvais. La droite fait profil bas (Raffarin ayant renoncé à mener la liste UMP) et c’est peut-être le plus habile stratégiquement : ne pas trop s’exposer quand on pense avoir peu de chances de gagner tout en étant prêt à encaisser une victoire si l’adversaire perd tout seul !

Or la chose n’est pas impossible, même si peu probable. Il se murmure en effet à gauche, et même au PS, qu’une candidature Royal aux présidentielles de 2012 plomberait complètement les chances de réaliser l’alternance et qu’ainsi, Royal serait la meilleure alliée objective de Sarkozy… Or, comment ouvrir la voie vers 2012 à une candidature de gauche plus crédible aux yeux de l’électorat sinon en sacrifiant en 2010 une candidate autoproclamée mais qui lasse de plus en plus son monde ? 

  Laisser perdre Royal aux régionales permettrait de lever l’hypothèque qui pèse sur la gauche. Ce serait ainsi un beau gambit pour gagner ensuite sur l’échiquier politique national. Utopie ? Voire… La gauche semble de toutes façons vouée à lâcher quelques régions vu le carton plein réalisé en 2004 et c’est aux citoyens de jouer pour éviter d’être joués ! »


 Je ne pouvais pas être à Dijon ce que je regrettais car j'avais particulièrement apprécié, fin août, les studieux ateliers d'été marseillais ; lire mon billet du 24 août 2009 « Trop poli-tique… Des espoirs à gauche ou l’espoir à gauche ». Désolé mais  j’étais déjà parti en Guyane… j’en ai eu, bien entendu, quelques échos et connaissant un peu Ségolène et assez bien Vincent je comprends parfaitement la « saine » colère de Peillon.

Je ne suivrai pas Fraise dans sa conclusion et bien évidemment, en mars prochain, je voterai pour la liste socialiste du Poitou-Charentes et ce dès le 1er tour….… l'éventualité d'une défaite socialiste en Poitou-Charentes n'est pas acceptable. La répercussion médiatique serait terrible pour la gauche et tout bénéfice pour le guignol qui est installé à l'élysée...
.....mais pour la suite et dans la perspective des présidentielles et des primaires socialistes, j'annonce d'ores et déjà que je reprendrai mon bâton de militant et que je m’engagerai à fond dans la bataille des investitures pour soutenir l'un des candidats compétents (et il y  en a plusieurs.... ) et surtout pour éviter que Mme Royal ne soit à nouveau notre candidate....
 Il faudra impérativement, pour notre pays et les générations futures, battre  Sarkozy et empêcher la nouvelle catastrophe que celui-ci espère tant.



A suivre…

..
Par daniel - Publié dans : trop poli-tique
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 12:25


 La dernière fonction pour laquelle j’avais été désignée au Parti Socialiste ce fut d’être membre de la Commission Entreprise et même membre du bureau de cette Commission. Par ma profession, cadre du secteur Ingénierie Bâtiment Travaux public j’avais un profil rare et donc intéressant  et à la demande de quelques amis, dont Vincent, j'avais accepté cette responsabilité lors du Congrès du Mans.….. 
 Malheureusement j'étais encore en activité à 100 %, salarié pris par un job très prenant et j'ai surtout brillé par mes absences (ma seule excuse étant que les réunions de bureau se tenaient le mercredi soir à Paris)…. En fait j'eus juste le temps et la chance de faire connaissance avec Alain Vidalies, responsable de cette commission, qui est un militant remarquable et d’une très grande compétence.

Depuis j’ai pris quelques distances non pas vraiment avec le PS dont j’ai toujours la carte et qui, lui, bénéficie toujours de mon bulletin de vote …. mais avec un appareil que j’ai cherché vainement à réformer de l'intérieur pendant près de 20 ans ….. Alors ! Et bien il faut savoir faire la place aux jeunes.....  

Je continue de recevoir régulièrement par mail une copie des communiqués d’Alain Vidalies.... et c'est toujours une.grand plaisir de les lire..... et une source d'informations de premier ordre
  Il était vraiment temps pour moi d’inviter Alain sur mon blog…. Le communiqué que j'ai reçu  ce matin m'offre cette opportunité.
 

 

Explosion du nombre de demandeurs d’emploi : le gouvernement va-t-il un jour réagir ?

 

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégorie A continue d’augmenter en octobre : +52400. Ce chiffre, qui constitue une augmentation deux fois supérieure à celle de septembre, est en très forte augmentation par rapport aux mois précédents : +21 600 en septembre, +18100 en août. Sur un an, cela constitue une hausse de 25% du nombre de demandeurs d’emploi.

 

Ce chiffre montre que la France est loin d’être sur la voie de la sortie de crise comme le prétend le gouvernement. Avec une variation du PIB de +0,3% au second trimestre, il n’est pas étonnant que le chômage explose.

 

Ces chiffres sont, en plus, sous-estimés, car de nombreux chômeurs renoncent à chercher du travail face à la conjoncture. Les radiations pour défaut d’actualisation représentent 42,2% des sorties de Pôle emploi, en hausse de 23,4% octobre rapport à octobre 2008.

 

Il faut également rappeler que les salariés victimes d’un licenciement économique bénéficiant d’un contrat de transition professionnelle ou d’une convention de reclassement personnalisée n’apparaissent pas dans ces chiffres puisqu’ils sont étrangement considérés comme « stagiaires de la formation professionnelle ».

 

Il est temps d’agir avec un plan de relance digne de ce nom qui permette de relancer la consommation, d’aider véritablement les PME victimes de l’étranglement du crédit et de soutenir les collectivités locales dans leurs efforts.

 

Pour les chômeurs, il faut prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation sur la base de 80 % du salaire ; étendre les contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et de porter la durée d’indemnisation à deux ans ; et augmenter le coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions.

 

Il serait temps que le gouvernement tienne compte de l’échec de sa politique en matière d’emploi. Il est indispensable qu’il apporte, enfin, un véritable soutien à l’emploi, à la  reconversion et aux revenus des chômeurs.

 

Alain VIDALIES est Secrétaire national du Parti Socialiste en charge du secteur travail et l’emploi

 

A suivre.

Par daniel - Publié dans : L'invité
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 20:57

 Le titre est tiré d'un éditorial du grand reporter Albert Londres qui fit, dans les années 30, de nombreux articles réquisitoires contre les bagnes guyanais et notamment sur les conditions de détention aux  îles du Salut.
 Le t
ransfert entre Kourou et les îles est effectué en catamaran avec l'Effraie; départ de l'embarcadère à 7 H 45. Le voyage à contre houle, qui dure environ 45 minutes, n'est pas de tout repos ; plusieurs voyageurs ont été victimes du mal de mer...  














 Sur l'île Royale, petit à petit, les bâtiments sont réhabilités,  ou réaménagés dont un a été transformé en hôtel restaurant .... et si le souvenir est toujours présent, le tourisme et la beauté du site contribuent quelque peu à gommer l'image de l'enfer du bagne du moins à l'île Royale.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chacune des îles avait une fonction particulière : L'île Royale abritait les services administratifs. Les relégués qui étaient détenus sur cette île étaient les plus fréquentables et pouvaient être affectés à des travaux de confiance relative.

 

 

 

 

 

 

 

 










 















 Sur Royale il y avait un dispensaire, une église dont les murs ont été décorés de fresques notamment par Lagrange un détenu faussaire et artiste talentueux. Il y avait, à proximité de l'église, une maison de religieuses... mais il y avait aussi le bâtiment des condamnés à mort, pour crimes commis au bagne ; ces sentences étant rendues à Royale.
 Sur cette île on rencontre des  animaux : cochons, faisans, poules, paons, agoutis et singes...    
















 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  L'île du diable vue de Royale, puis de l'Effraie lors d'un tour des îles avant transfert sur Saint Joseph. Pour nous sur le catamaran nous savourons le soleil et admirons les paysages où l'on discerne  la case où vécut Dreyfus. Les voiliers ne cherchent pas à s'approcher de l'île du Diable dont les abords sont les plus dangereux. Peu de prisonniers y séjournèrent ; quelques prisonniers politiques, sans astreinte de travaux forcés, (à distance des droits communs) isolés avec quelques gardiens.



   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 











 Après ce tour des îles, plein soleil, nous accostons à Saint Joseph. Les navettes maritimes ne desservent pas cette île, il y a donc moins de visiteurs ; même les voiliers ne s'approchent pas complètement, nous avons du débarquer en zodiac. 

 Nous étions déjà venus sur cette île en 1969 où étaient rassemblés les bagnards les plus dangereux, les criminels, les  « durs à cuire », ceux qui avaient tenté des évasions lors de leur emprisonnement sur le continent.... 
 Nous en gardions le souvenir de prisons délabrées...... 40 ans plus tard l'île semblait, a priori, plus accueillante....


 
 









 Le sentier qui permet d'en faire le tour est bien aménagé et  le cimetière (des  fonctionnaires.... car les dépouilles des prisonniers étaient jetées en mer) est très correctement entretenu (ce n'était pas le cas en 1969) ....
 Le plateau, à savoir le domaine pénitentiaire est interdit aux visites, étant considéré comme zone dangereuse (risques d'éboulements). Bravant les interdits et en absence de vidéo surveillance nos pas nous menèrent tout naturellement vers ces bâtiments de relégation... et là les fantômes de l'enfer se manifestèrent... rien n'avait été fait et le pénitentier a continué à se délabrer....  





























Nous ne sommes restés que deux heures à Saint Joseph... et vers 16 H 30 nous avons rejoint l'Effraie pour un retour plus calme vers Kourou accompagnés une bonne partie du trajet par des sportifs (sans doute des cadres du CNES) qui manifestement ne craignent pas trop de rencontrer des requins............. entre enfer et paradis.



(A suivre)

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 01:11


J'ai, en quelque sorte, découvert le marais de Kaw l'an dernier au cours de ma précédente mission en Guyane. Lors de notre long séjour (6 mois)  de 1969 je n'en avais pas entendu parler ou alors je ne m'en souviens plus... en tout cas je ne m'y étais pas aventuré. Il faut dire qu'en 1969 le réseau routier n'était pas ce qu'il est aujourd'hui et je ne connaissais de la Guyane que la région comprise entre Cayenne et Saint Laurent du Maroni.
 L'an dernier je suis resté une dizaine de jours en Guyane mais en fait je n'y ai passé qu'un week end et même si mon travail m'a conduit jusqu'à Saint Georges de l'Oyapock il m'a manqué du temps libre pour satisfaire ma curiosité. Mes priorités avaient été le bagne des Anamites, Cacao et Roura... et c'était déjà beaucoup pour remplir un samedi et un dimanche... c'est d'ailleurs en allant à Roura puis ensuite aux cascades de Fourgassié que j'ai réalisé que la D 6 menait au marais de Kaw dont tous les guides vantent la beauté....
.... et puis de métropole par la presse et internet je me suis rendu compte que le marais de Kaw était un sujet de polémiques car le site attisait des convoitises : dans ce parc naturel régional un consortium intriguait pour obtenir une autorisation de prospection pour extraire de  l'or. Une parcelle de plus de 30 hectares située à Camp Caïman a déjà été déboisée pour un projet  de mine à ciel ouvert . Quand on connait les techniques d'extraction : explosifs, acides, cyanure, nitrate, mercure, etc... il est évident que cette fièvre de l'or non seulement condamnerait  ce parc naturel, mais aurait aussi des répercussions néfastes bien au delà de Cayenne et de Régina...... En espérant que le Grenelle de l'environnement se souviendra que la Guyane est un département français.... et que le projet qui est aujourd'hui seulement suspendu....... sera très bientôt définitivement abandonné.
 Mon envie de me rendre dans le marais Kaw, se transformait en une impérative nécessité... et nous avons tout organisé pour pouvoir nous y rendre dès le lendemain de notre arrivée en Guyane.....  Le vendredi 13 novembre vers 17 H nous atterrissions à Rochambeau, le samedi 14 novembre à 9 H nous étions au bout de la D6, à l'embarcadère de la rivière Kaw à 70 km de Cayenne, à 50 km de Roura.....













En quittant l'embarcadère la pirogue a pris la direction de l'est vers le village de kaw en passant devant la montagne Favard du nom d'un européen qui s'y était installé vers 1700. Nous avons rejoint, sur la rive sud de la rivière, le village de Kaw où les habitants ne sont que moyennement accueillants (défense de prendre les villageois en photo). Sur ce site amérindien on croise plus de noirs que d'indiens. Notre piroguier était indien.












Ce petit village de moins de cinquante habitants est charmant, il y a une petite auberge "gingembre sirop" , une maison de la réserve naturelle et une centrale solaire (hybride avec en complément aux batteries chargeables par énergie solaire un groupe électrogène)













Après ce passage au village nous avons repris la pirogue et nous avons remonté vers l'ouest le cours de la rivière Kaw. Nous somme repassés devant la montagne Favard et l'embarcadère puis devant kawka une embarcation-bus aménagé pour l'observation ornithologique qui n'est pas utilisable en fin de saison sèche en basses eaux. Nous ne pouvons donc pas nous rendre vers l'embouchure pour admirer le site, la faune et la flore notamment vers le canal de kaw qui fut construit au 18ème siècle par l'ingénieur Guizan pour relier la rivière Kaw et le fleuve Approuague. En descendant vers le sud ouest nous croisons des élevages de zébus. 












Nous atteignons ensuite un carbet flottant où nous avons déjeuné. A l'étage il y  a la partie hôtel (des hamacs séparés par des tentures : ce ne fût pas notre choix d'y rester la nuit ;  nous estimions avoir besoin de récupérer des fatigues du voyage en avion de la veille et de cette journée dans le marais avant que je ne commence ma mission professionnele du lundi.... Des personnes que nous avons retrouvés le lendemain midi à Cacao nous confirmèrent que nous avions fait le bon choix.... en évitant les moustiques et les ronflements.













Après le déjeuner nous avons poursuivi notre périple dans le marais, périple limité quand même quand on sait que cette réserve est, avec 95 000 ha la seconde plus grande réserve de France juste après celle de Nouragues également en Guyane, pas très loin au sud-ouest entre les fleuves Approuague et Oyapok  .













La végétation est abondante entre les "pri-pri", les savanes flottantes de moucou-moucou et les arbres bordant les criques. En remontant le cours d'eau nous atteignons le confluent et abandonnons la rivière Kaw pour pour nous enfoncer vers le sud dans la crique Wapou. 
Le marais de Kaw est le refuge de milliers d'oiseaux. De la pirogue nous avons pu contempler des vols de hérons, de martins-pêcheurs et de cormorans.
 













Au retour, en fin d'après midi nous avons déposé nos compagnons au carbet flottant et le piroguier nous a ramené vers l'embarcadère en prenant le temps d'explorer les "pri-pri" dans l'espoir d'apercevoir un caïman rouge ou un caïman noir (ceux-là peuvent atteindre 3 ou 4 m. Dans les zones où le piroguier sait qu'ils se cachent nous avons entendu du bruit mais nous n'avons rien vu. Il faut les chercher quand la nuit est tombée... j'ai déjà fait une chasse au caïman sans fusil  en 1969 du côté de Sinnamary.... et pendant des heures j'ai vu des caïmans, du moins leurs yeux rouges.... mais pas plus. Selon les compagnons de balade rencontrés le lendemain à Cacao.... ce fut la même chose le soir après notre départ.   













Le caïman, superbe et impressionnant reptile crocodolien qu'il faut préserver, protéger des caïmans humains qui veulent extraire l'or de ce site merveilleux.
Des caïmans de même  type que celui qui servit de modèle à Nanni Moretti pour son film "Le Caïman" et qui s'appelle Silvio Berlusconi.

Par daniel - Publié dans : saga africa
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 01:26





 Le chanteur de Jazz de Alan Crosland (1927).

«  La vie, c'est vraiment comme le jazz. C’est mieux quand on improvise. »  Georges Gershwin.

« Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » Friedrich Hegel 

« Il faut mettre son génie dans sa vie et son talent dans ses œuvres. » Oscar Wilde.

 




Frankenstein
de James Whale (1931)

« Seuls ceux qui les ont éprouvées peuvent concevoir les séductions de la science. Mary W. Shelley. »

« L'homme est un loup pour l'homme» Thomas Hobbes.

« Tout le monde tient le beau pour le beau, C'est en cela que réside la laideur.

 




Citizen
Kane d’Orson Welles (1941)

« Comment ne pas aimer l’argent ? Il faudrait n’aimer rien puisque l’argent mène à tout » Comte-Sponville..

« Celui qui préfère la richesse ou la puissance à des amis sûrs n'a pas son bon sens» Euripide

 « L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse. » André Malraux.

 



African Quen
de John Huston (1951).

  « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action » Henri Bergson.

« Toute la ruse des bonnes consciences revient à donner au pauvre comme une gracieuseté ce qui lui est du comme un droit. » Vladimir Jankévitch

« Rester, c’est exister : mais voyager, c’est vivre. » Gustave Nadaud,

 






Sept ans de réflexion
de Billy Wilder (1955).

« Expérience : un cadeau utile qui ne sert à rien ». Jules Renard.

« La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier. » Antoine de Saint-Exupéry,

« Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus. » Sigmund Freud

 






Les diaboliques
de Henri-Georges Clouzot (1955).

« Vous qui entrez ici, perdez toute espérance » Dante.

« Pas besoin de grill, l’enfer c’est les Autres » Jean-Paul Sartre.

« Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables. »  Marquis de Sade

 





La fureur de vivre
de Nicholas Ray (1955).

 « L’homme doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. Cette tendance constitue le principal facteur de perturbation dans nos rapports avec nos prochains. »  Sigmund Freud.

« Le monde a commencé sans l’homme et finira sans lui.» Claude Lévy Strauss. 
 « Je me révolte, donc je suis. »Albert Camus

 



Les quatre cents coups
de François Truffaut (1959)

« Le miracle de la liberté est dans le pouvoir-commencer. » : Hannah Arendt.

« Le désordre est simplement l’ordre que nous ne cherchons pas.» Henri Bergson.

« La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse ; la vieillesse est le temps de la pratiquer. » J.-J. Rousseau

 



La Dolce Vita
de Federico Fellini (1960) 

« Je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent meurent pour ce qu’ils croient être leur bien pourvu qu’il me soit permis de vivre pour la vérité » Spinoza

« Se moquer de la philosophie c’est vraiment philosopher » Blaise Pascal.

« Il y a deux buts dans la vie : obtenir d'abord ce que l'on désire,ensuite en jouir. Les sages seuls atteignent le second. » Logan Pearsall Smith,

 




West Side
Story de Robert Wise (1961) :

« ’Si c’est la raison qui fait l’homme c’est le sentiment qui le conduit » Jean-Jacques Rousseau;

« Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nos n’avons rien que leurs mauvais usages ou leurs excès à éviter. » René Descartes

 Tout le monde tient le bien pour le bien, C'est en cela que réside le mal... » Lao-tseu.





Play time
de Jacques Tati (1966).

« Ce n’est pas seulement la philosophie, ce sont les beaux-arts qui travaillent au fond à résoudre le problème de l’existence » Arthur Schopenhauer.

« Le cinéma, c'est un stylo, du papier et des heures à observer le monde et les gens » Jacques Tati.

 « Chaque objet est le miroir de tous les autres. » Maurice Merleau-Ponty.




Le dernier Tango à Paris
de Bernardo Bertolucci (1973)

« La culture se trouve détruite pour engendrer le loisir» Hannah Arendt.

« Il n’est rien d’impossible à l’éducation, elle fait danser l’ours. » Helvétius.

« Il ne suffit pas d’avoir les mains propres, il faut avoir l’esprit pur. » Thalès. 






 
 
Gandhi
de Richard Attenborough (1982).
« L’expérience me montre qu’un bien durable ne peut jamais venir du mensonge ou de la violence » .
Gandhi.
«Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleur.» Gandhi

 






Amadeus
de Milos Forman (1984)

« Sans musique la vie serait une erreur » Frédéric Nietzsche »

« Je cherche les notes qui s'aiment » Wolfgang Amadeus Mozart

  « Il est plus beau d’éclairer que de briller » Saint Thomas d’Aquin.

 




Thelma et Lou
ise de Ridley Scoot (1991) «

 

 La liberté consiste à vouloir que les choses arrivent non comme il te plait mais comme elles arrivent ». Epictète.

« Les femmes ne sont jamais plus fortes que lorsqu'elles s'arment de leur faiblesse ». Marie du Deffand.
« Sur toutes choses on peut faire deux affirmations exactement contraires »  Protagoras.

 

 



 
 
 Le paragraphe Play Time est  plus particulièrement dédié à mon oncle Didi auteur du tableau qui est à l’origine de l’affiche ; Lire sur ce blog  « Ciné-cure…  Les vacances de M. Hulot»  et « Didi ….la vie d’artiste.. »

 

 

 

A suivre.

 

Par daniel - Publié dans : Brèves de trève
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