Billet en préparation
Billet en préparation
En ces temps incertains pour l’Europe il apparait que la parole se libère dans les réunions et les débats sur la nécessité de booster la croissance (même à C dans l’air c’est dire !) et les citoyens ''majeurs'' qui veulent bien faire l’effort de réfléchir un peu en abandonnant les positions formatées de fans-clubs, commencent à comprendre le triste rôle tenu par notre ancien président en tant que premier de cordée des lèches-bottes de madame Merkel et ce pour le seul bénéfice de l’économie allemande .
Le supplément économique du Monde du 16 mai dernier rappelle de manière opportune quelques prises de positions historiques puisqu’elles datent de début 1957, de la création du traité de Rome, ….. et qui sont encore, 55 ans plus tard, criantes d’actualité.
Tout d’abord un éditorial du Monde de Maurice Duverger du 17 janvier 1957. (Qui fut aussi en 1974 l’auteur d’un ouvrage qui fait toujours référence « La Monarchie républicaine »)
« Le Pari : Sur le fond, la technique du marché commun soulève des objections graves. Elle tend à ôter aux gouvernements nationaux une part notable de leurs pouvoirs économiques, en ne les transférant à personne. Elle participe d’un mirage libéral dans la tradition manchestérienne : comme si Keynes n’avait pas existé, comme si n’existaient pas les moyens nombreux et précis qui permettent à tous les Etats du monde d’assurer la régulation et l’orientation de l’économie.
Dans le marché commun, ces moyens ne pourront plus s’exercer librement : ils seront réduits, et par conséquent moins efficaces. Une différence capitale distinguera ce marché européen de ‘deux cent millions d’hommes’’ du marché américain, de dimension analogue : A l’intérieur de ce dernier, les autorités de Washington disposent et continueront à disposer de pouvoirs essentiels ; à l’intérieur du premier, aucune autorité réelle n’existera tant qu’on n’aura pas créé une fédération véritable. Le marché commun n’a de sens que s’il est une première étape vers cette fédération.
Sur le plan intérieur, le problème vital est que l’économie française devienne compétitive. L’avantage du marché commun sera de pousser en ce sens. Les douze ou quinze ans de transition permettront d’atténuer les chocs et de réaliser l’adaptation indispensable avec le minimum de risques. Mais si nos gouvernants n’ont pas le courage de mettre fin aux abus, le mécanisme du marché commun ne va-t-il pas précipiter notre décadence économique ?
Le redressement intérieur devrait avoir la priorité sur la construction de l’Europe, car seule une économie française restaurée pourra affronter la concurrence européenne. Mais ce redressement intérieur est-il possible si le gouvernement n’est pas forcé d’y procéder, poussé par l’aiguillon d’une force extérieure ? Ce que nous savons de nos institutions, de notre personnel politique, des groupes sociaux qui arbitrent le jeu électoral, conduit à une réponse négative.
En définitive, accepter le marché commun prend ainsi l’allure d’un pari. »
Maurice Duverger.
Sur la même page on trouve également un remarquable article de Pierre Bezbakh intitulé « 1957 : Mendes France contre le traité européen. Lors du débat parlementaire sur le traité créant la Communauté économique européenne l’ancien président du Conseil a exprimé des réserves sur le dumping social et l’absence d’investissement.»
L’auteur après avoir rappelé que Pierre Mendes France, partageait les analyses économiques de Keynes avec qui il avait travaillé à Bretton Wood en 1944 pour fonder des instances monétaires internationales sans pouvoir empêcher qu’elles ne deviennent un monopole américain. Il me faudra prochainement consacrer un billet à l’auteur de « Gouverner c’est choisir » (trois tomes parus en 1953, 1955 et 1958) et « Pour une république moderne » (1962) pour essayer de comprendre, comment la France a pu se passer des services d’un tel homme d’Etat, qui ne fut chef du gouvernement que pendant 7 mois (17 juin 1954/ 5 février 1955).
Lors du débat parlementaire sur le traité de Rome, le 18 janvier 1957, Mendes France avait exprimé un scepticisme prémonitoire et voté contre. Ce discours peut être retrouvé sur internet sur le site:
http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article526
Voici quelques extraits tirés de l’article de Pierre Bezbakh dans Le Monde du 15 mai 2012.
« Mendes redoutait que la libre circulation des personnes provoque l’entrée en France de population proposant leur travail pour un salaire inférieur à celui pratiqué dans le pays….il regrettait d’ailleurs que rien ne soit envisagé pour ‘’ la généralisation rapide des avantages sociaux à l’intérieur de tous les pays du marché commun car nos partenaires veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale’’…… Il était également préoccupé par le risque de disparition du tarif douanier commun imposé aux marchandises entrant dans la CEE. Ainsi ‘’notre industrie se trouvera alors découverte contre toutes les concurrences du dehors’’….De même il avait peur que la libre circulation des capitaux oriente les investissements vers les pays à faibles charges et débouche sur un exode des capitaux dont il résulterait ‘’ une diminution des investissements productifs, des pertes de potentiels français et un chômage accru’’. ……. Il déplorait que le fonds d’investissement européen ne soit pas retenu dans le traité car il aurait permis de financer des opérations de reconversion industrielles nécessaires……… Enfin il craignait que ‘’la délégation de pouvoir à une autorité extérieure qui au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique et dictera une politique monétaire, budgétaire, sociale conduise à une abdication de la démocratie. Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des domaines qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale….. Prenons-y bien garde : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter. ».
Que n’a-t-on écouté ce sage ! On trouve dans ce discours la plupart des arguments critiques de l’état où se trouve aujourd'hui l’Europe, trop vite élargie sans avoir, au préalable, approfondi sa construction…… puisque les traités de Maastricht et de Lisbonne ne prévoient ni politique industrielle coordonnée, ni mécanisme d’aide directe entre Etats, ni convergence sociale…. Et j’ajouterai que la gouvernance française de ces dernières années à toujours joué contre son camp, contre les intérêts français, en approuvant systématiquement, par médiocrité tous les choix et en disant toujours amen à toutes les décisions, toutes les orientations de Madame Merkel.
(A suivre)
Le site sacré des Itzaes, Chichen-Itza se trouve à 120 km à l'est de Mérida la capitale de l'état de
Yukatan et approximativement à une centaine de kilomètres à vol d'oiseau du site de Uxmal. Le peuple Itza serait arrivé dans la presqu'île du Yukatan vers 450 après J.C. en provenance de la
région d'El Peren au Guatemala. Il y avait d'autres habitants mayas sur ce site et ce depuis l'an 150 av. J.C . Les itzaes s'installèrent là en imposant leur culture et leur
gouvernance pendant deux siècles avant s'en aller vers Champoton puis revenir vers l'an 1000 à Chichen Itza et établir une alliance avec les deux autres grandes tribus mayas du Yukatan, les Xiues de Uxmal et les
Cocomes de Mayapan. Le nom Chichen Itza v
oudrait dire en maya "Par la bouche du puits des Itzaes. Le nom
Itza, lui même, signifiant " Sorcier de l'eau" .
La Pyramide de Kukulkan s'élève à 24 m de haut au milieu d'une vaste esplanade. Ce chef d'oeuvre du
génie architectural maya-toltèque a une base carrée de 55 m et est composée de 9 corps de talus aux moulures rectangulaire et aux angles légèrement arrondis. Chacunes de ses faces est
flanquées d'un escalier orienté vers un point cardinal. L'escalier nord est le plus important , ses rampes en appui sur le sol sont des têtes de serpent,
symboles de kukulkan. Chaque escalier
possèdant 91 marches, il y en a donc 364 au total plus la marche d'entrée au temple supérieur, on a le nombre correspondant au nombre de jour du calendrier astronomique. Chaque côté de la
pyramide est composé de 52 pans de mur correspondant au nombre d'années du cycle toltèque. Enfin les 9 terrasses sont divisées en volées de 18 marches correspondant au mois maya.
Le temple du Jaguar rouge se dresse à l'ouest de
l'esplanade e
t sa structure est semblable avec
une pyramide à 9 corps haute de 16 m. Sa décoration et son architecture sont typiquement toltèque ; un large escalier flanqué de rampes mène à un portique avec une entrée divisée
par deux superbes colonnes septentiformes. .Le temple ressemble beaucoup à celui de la pyramide du kukulkan. L'annexe du temple se trouve au rez de chaussée formé par une simple galerie à trois
portes séparées par 2 piliers sculptés, et dont le plafond est vouté. Un siège de pierre représentant un jaguar se trouve entre les deux piliers.
Avec ses 168 m de long sur 70 m de large, flanqué de deux longues plateformes parallèles de 8m de
hauteur. Au centre de chaque mur intérieur se trouve un énorme anneau de pierre sculpté avec les figures de serpents à plumes entrelacés représentant Kukulkan. Le Jeu de pelote de Chichen Itza
est le plus grand de tout le Mexique ancien. Construit à l'époque maya-toltèque il avait une importante signification religieuse et astronomique. : l'aire de jeu représentait le cosmos et les
joueurs les forces divines qui actionnent les astres symbolisés par la balle. L'objectif du jeu n'était pas de faire passer la balle par les anneaux, mais de la déplacer d'un côté à l'autre, sans qu'elle ne tombe, comme les
astres qui ne peuvent s'arrêter.
L'aire de jeu est partiellement fermée à chaque extrémité par deux temples : Le temple du nord et le temple du sud. Ce dernier est un édifice pourvu d'une vaste enceinte voûtée à laquelle on accède par un grand portique à
7 ouvertures. Chacun des pilastres de ce portique repré
sente des guerriers auxquels sont accolés les hiéroglyphes de leur nom
Celui du nord qui abrite la représentation d'un homme barbu est une simple construction d'une seule
chambre voûtée accessible par un simple portique à 2 colonnes. La voûte est ornée de reliefs où l'on remarque des scènes où interviennent de très nombreux personnages. L'édifice est construit sur
un soubassement de faible hauteur à 3 corps auxquels on accède par un escalier entre 2 rampes ornées de reliefs.
Le Tzompantli est un monument courant dans la culture des hauts plateaux; en astèque cela signifie le ''mur aux crânes". Il s'agissait d'une construction à vocation rituelle servant à exalter la mort en tant que passage vers une nouvelle vie. Le Tzompantli se trouve à l'est du jeu de pelote, il fut construit durant la période toltèque, alors que les sacriifices humains jouaient un rôle essentiel dans la religion. Deux sculptures de Chac Mool, des offrandes et de véritables crânes humains y furent découverts au cours de fouilles archéologiques.
Tout ça n'étant pas très gai nous avons fait une petite pause
pour chercher quelques objets, babioles, souvenirs, cadeaux pour les enfants et les petits-enfants. De tous les sites que nous avions visité il était de loin le mieux achalandé notamment le long de la piste qui mène au puits
sacré.
Connu comme Cenote sagrado ou de los sacrifios. Ce puits naturel est le plus grand de la région et n'était utilisé que pour les cérémonies religieuses en l'honneur de Chac le Dieu de la pluie. Il mesure 60 de diamètre et à une profondeur de 20 m. Dans leur croyance que le dieu Chac vivait dans les profondeurs de ce Cénode, les Mayas avaient l'a coutume d'y lancer, durant la saison sèche, des guerriers, des enfants et des jeunes filles vierges.
De plus en plus
hilarants ces mayas. Finalement dans son fi
lm
''Apocalypto'' Mel Gibson n'a pas exagéré.
Le Temple des guerriers, tout à côté de la structure des Mille Colonnes, ferme la grande place sur son côté est .
Cet édifice, de forme carrée, comporte quatre corps échelonnés , avec des frises décorées de jaguars, d'aigles et d'un animal mythique, tous ces animaux en train de dévorer des coeurs. On peut y
voir également des dieux inclinés, portant des oeillères et des lances, pouvant représenter Tchchitontiuh, autrement dit le soleil naissant après son parcours dans le
monde souterrain.
Le temple supérieur est un édifice carré avec un portique à trois baies séparées par des colonnes en forme de serpents cyclopéens dont les
têtes en sont la base et les chapiteaux ont la forme de la queue d'un crotale , une évocation de kukulkan. Face au portique se dresse une majestueuse sculpture de Chac Mool, un personnage en
position assise jambe repliée portant sur sa poitrine un récipent pour les offrandes .On pense qu'il s'agit d'une sorte d'intermédiaire entre les dieux et les hommes , ou,
compte tenu de sa position, qu'il pourrait symboliser les équinoxes ou les soltices.
On a découvert dans le temple des guerriers une sous structure connue sous le nom de Temple du Chac Mool, un édifice semblable mais de moindre dimension.
Il y a aussi le temple des Mesas au nord du temple des guerriers qui ferme l'esplanade au nord-est.
Le groupe des Milles Colonnes était un formidable complexe de 22500 m2 recouverte de voûtes et qui devait constituer une grande galerie réservée aux nobles et aux
guerriers. Sur les colonnes sont représentés 2211 hommes en marche qui forment une procession en direction de l'escalier du Temple des guerriers. On peut noter qu'ils sont personalisés et ont
tous des visages différents. .
Fin du voyage au Mexique..... mais à suivre sous d'autres latitudes.
Au sud-ouest de la péninsule du Yucatan, dans une zone montagneuse appelée Puuc, située à environ 80 km de Mérida se trouve la cité maya Uxmal.
Le nom d'Uxmal pourrait avoir deux étymologies selon les divers dialectes mayas, selon les tribus, soit ''Trois fois construites'' soit "Lieu de
cueillette de fruits''. La première étant le souvent retenue. Les premiers habitants se seraient installés là, vers 300
avant J.C ; agriculteurs ils s'organisèrent progressivement en groupe puis en village dès l'an 200 après J.C notamment pour des questions d'approvisionnement en
eau courante. A partir du 2èmesiècle Uxmal se constitua en cité urbaine jusqu"à atteindre au 10èmesiècle plus de
20000 habitants et intensifiant son importance commerciale, économique, culturelle politique et religieuse. Entre les années 700 et 1200, les Xiu, un groupe toltèque du
centre du Mexique, prirent la ville en y apportant de nouvelles conceptions architecturale
s, politiques, militaires et religieuses comme le culte du dieu-serpent. Au cours du
13èmesiècle la vie économique s'éteignit, les habitants partant vers d'autres sites. A Uxmal ne restait qu'un centre de cérémonies religieuses ou rituelles. A l'arrivée des
espagnols la cité d'Uxmal n'existait plus et finit par être engloutie par la jungle.
Le Temple du Devin fut construit en différentes
étapes au fil des siècles. Sa forme ovale est unique dans dans l'architecture maya ; sa base fait, en axes de 80 m sur 50 m et sa hauteur totale est de 35
m. Les fouilles archéologiques ont révélé que la pyramide possède au moins cinq substructures, construites à périodes distinctes. Elle semble avoir été élaborée pour observer les
mouvements des astres et présenter des symboles sacrés utilisés pour renforcer l'influence du gouvernement des seigneurs Xiu.
Le quadrilatère des Nonnes appelé ainsi, au XVIIème siècle par un moine explorateur, parce que l'édifice lui faisait penser à un couvent, avait été
manifestement conçu pour des usages politiques et religieux. Cet ensemble est constitué de quatre édifices allongés, disposés sur une plateforme autour d'un patio de 60 m x 75 m.
Les quatres édifices sont à des niveaux distincts et sont différents par leur forme et leur décora
tion.
L'édifice Nord comprend le temple supérieur, établi sur une plateforme de 100 m de long sur 20 m de large et 7m de haut, auquel on accède par un escalier de 30 m de large.
L'édifice ouest fait 54 m de long et on y accède par un escalier de sept marches. Sa façade frontale est la plus complexe.
L'édifice sud mesure 80 m de long
L'édifice Est, est le moins important avec 48 m de long pour 10 m de large et 8 m de haut, mais sa façade est la plus élégante du quadralatère des nonnes.
Le Palais du gouverneur est considéré comme le plus bel édifice de Uxmal. Son orientation aurait
été déterminé en fonction des déplacements du soleil et est donc associé à l'observation de nombreux événements astrologiques. Ses dimensions sont approximativement de 100 m de long sur 12 m de large et 9 m de
hauteur Sa construction correspond à la période historique des années 900 à 1000 après J.C. Une extraordinaire combinaison des éléments naturels, mathématiques et astronomiques sur la façade
principale est u
ne allégorie au cycle de la vie et du mouvement du
soleil.
Sur une petite plateforme, située au centre de la grande esplanade du Gouverneur on trouve la statue d'un jaguar
bicéphale, symbole d'un immense pouvoir qui servait certainement de trône aus seigneurs les plus importants d'Uxmal. Les deux têtes de ce singulier fauteuil de cérémonie confirme le
statut du seigneur à la fois gouverneur
civil et prêtre. Sur le site on trouve encore le quadrilatère des Oiseaux, un groupe de quatre structures au pied, côté occidental, du temple du Devin et aussi le
terrain de jeu balle.
A l'ouest un chemin conduit au groupe du cimetière et sur le sud les décombres d'une pyramide pourvue d'un temple au
sommet.
Derrière le Palais du Gouverneur on trouve une édification rectangulaire dont la décoration simple contraste avec l'exéburance du Palais.
Au sud de l'esplanade se trouve l'imposante Grande Pyramide ou Temple majeurde 30 m de haut et 80 m de large et à ses pieds un quadrangle semi détruit dénommé le Pigeonnier.
(A suivre)
Après quelques semaines d'interruption je reprends les billets consac
rés au Mexique du sud que nous avons eu le plaisir de visiter en février dernier,
et notamment les extraordinaires sites archéologiques. Après Teotihuacan la cité aztèque,
après Monte Alban la cité Zapotèque, nous arrivions au
site archéologique maya de Palenque situé dans le Chiapas à 210 km au nord-est de San Cristobal l’ancienne et historique capitale de cet état et à une dizaine de kilomètres de la nouvelle ville de Palenque. Quand on arrive, les temples
magnifiques surgissent de l'extraordinaire forêt tropicale et du brouillard fantasmagorique.
Si ce site semble avoir été occupé dès 100 av. J.C. le développement de la ville, dont on admire les
vestiges, date du VIIèsiècle ; entre les années 600 et 900 Palenque fut la capitale d’une vaste zone du Chiapas. Le premier roi de la dynastie palenquéenne Chaacal Ieraccéda au trône en 501.
Le règne de Kuk, le dernier souverain, se termina après
784 et les plus récentes dates gravées remontent à la fin du VIIIèsiècle. Cette cité a connu son apogée entre 616 et 683
durant le règne de Pacal auquel succéda Chan Ballum également nommé « Serpent-jaguar »
Le nom de Palenque provient d’un mot du dialecte des mayas de la forêt, les choles, qui veut dire
« Maisons fortifiées ». La zone archéologique actuellement visible et accessible couvre une superficie de 15 ha mais on pense que les collines environnantes couvertes par forêt tropicale recèlent d'autres vestiges secondaires sur une zone
qui pourrait être deux voire trois fois plus étendue.
Dans les principales constructions, qui s'articulent autour d'une place, la représentation de la figure humaine est une constance que l'on retrouve aussi bien sur les stèles que sur les linteaux adossés aux murs et sur les reliefs en stuc.
Le palais est un assemblage de patios, de galeries et de chambres, dominé par une tour carrée de quatre étages reliées par un escalier intérieur qui servait peut-être de poste d'observation astronomique..... Cette tour a
été l'objet de multiples interprétations, dans la mesure où l'on trouve ne nulle part dans la zone maya aucun autre édifice semblable.
Le Temple des inscriptions qui s'élève sur un haut soubassement pyramidal doit son nom aux grandes dalles sculptées de hiéroglyphes que l'on y a
retrouvées. ; c'est là que fut mis à jour le monument funéraire le plus spectaculaire du Mexique préhispanique..... Au centre de la crypte, se trouvait le sarcophage du roi Pacal.... A l'intérieur de la tombe on découvrit le squelette d'un homme portant un masque de jade avec des
incrustations de coquillages et d'obsidienne.
Sur une colline adossée à la forêt se trouve le temple de la Croix Feuillue. Ce serait là que
Chan Bahlum II reçut de son père Pakal II les insignes du pouvoir. Sous son
règne deux autres temples furent construits, à proximité, pour former ce qui fut appelé l'ensemble des Croix, il s'agit du temple du Soleil et du temple de la Croix.
Le temple du Soleil est le plus petit des trois. Il est aussi le mieux conservé de Palenque en son intérieur le sanctuaire possède un panneau qui lui a donné son nom et sur lequel on voit Chan Bahlum II
et son père Pakal II au cours d'une cérémonie d'intronisation.
Le temple de la Croix est consacré au dieu GI de la triade de Palenque. Sur la troisième terrasse du soubassement se trouvaient les habitations qui renfermaient les tombes des nobles.
Les mayas possédaient un système d'écriture très élaboré. On a retrouvé à Palenque, des inscriptions glyptiques relatant l'histoire dynastique de chefs et de dirigeants, sur une période supérieure à
350 ans, avec les noms de certaines reines ou femmes de la noblesse.
Proche du groupe des croix il y a le temple XIV qui a été construit par Kan Hoc Chitam qui a gouverné entre 722 et 711.
Le temple XIX , au sud-est a été construit par Ankal III, 15ème gouverneur qui a régné entre 722 et 736. A l'ouest du
temple des Inscriptions il y a le temple de la Tête de mort appelé ainsi à cause d'une effigie en stuc modélé. Un autre édifice consiste en l'assise d'un temple, mais dont l'exploration a
révélé l'existence en sous-structure un ancien temple où fut trouvé la sépulture d'une femme qui fut appelé la reine rouge.
Un groupe de cinq édifices est situé au nord. Entre ce groupe nord et le palais se trouve le jeu de pelote et le temple du comte parce que Frédérick
Waldeck l'archéologue explorateur qui fit beaucoup pour les recherches à Palenque vers 1830 en aurait fait son lieu d'habitation. Ce temple a été construit par Pakal II.
Le jeu de Pelote jouait un rôle important chez les Mayas, un rôle religieux et d'ordre. Il était sans doute aussi le lieu du sacrifice des nobles ennemis capturés.
(A suivre)
En ce jour de passation des pouvoirs à l'Elysée, j'ai le souvenir de quelques rencontres avec notre nouveau Président et notamment celle du 15 décembre 2007, lors de ma dernière participation à un Conseil National du Parti Socialiste et où je m'étais rendu essentiellement pour prendre une photo de Geneviève avec François Hollande, une photo utile pour la campagne à venir des municipales. J'ai déjà évoqué cet épisode sur ce blog, texte que je reprends ici partiellement, accompagné de la photo: ce fut pour moi, piètre photographe, un grand moment de solitude qui m'a contraint, je l'avoue aujourd'hui, à téléphoner à Pilou pour qu'elle m'explique pourquoi son appareil ne voulait pas marcher.
es têtes de liste pour
les municipales et donc l’investiture de Geneviève à Niort. J’avais pour mission complémentaire de ramener une photo destinée à paraître dès le lendemain dans la presse locale. Je ne suis
pas un as de la photo, aussi ce n’est pas sans une certaine appréhension que je devais m’acquitter de cette mission. J’avais révisé le mode opératoire, mis des piles neuves….mais quand je fus en
situation…..je vis, avec angoisse, que la carte était pleine….il me fallu faire attendre Geneviève et François qui furent très, très, patients, le temps que j’efface quelques photos anciennes
pour faire un peu de place. Ce ne fut donc pas un instantané à la Robert Doisneau mais de longues poses…. d’autant qu’ils n’arrêtaient pas de se faire des confidences……. que je n’écoutais pas,
occupé que j’étais à me dépatouiller avec mon rétif appareil…. les premières photos ne furent pas spectaculaires car tout à leurs secrets conciliabules, ils ne regardaient pas l’objectif au
moment où j'arrivai, enfin, à prendre un cliché….. Il me fallu faire 4 ou 5 photos avant d'arriver à en faire une de satisfaisante. Le lundi elle était dans nos 2 journaux locaux. Mission
accomplie. Ouf ! .... »
A peine la séquence présidentielle prenait-elle fin qu'il fallait embrayer sur les législatives. Nous nous étions préparés car le
périmètre de la circonscription avait changé. Le département des Deux-Sèvres passait de quatre à trois circonscriptions, la nôtre, la 1ère circonscription, passait de 4 à 8 cantons et
de 65.350 à 92.850 inscrits avec une représentation plus rurale. Il ne fallait donc pas perdre de temps pour battre la campagne (et la droite).
Les premieres réunions publiques ont été faites notamment dans les nouveaux cantons et le local de la candidate fut inauguré le 10 mai. Il ne reste plus qu'à remplacer notre malheureux ami, Alain Mathieu, qui devait être une nouvelle fois le suppléant. J'ai une petite idée sur le choix mais j'attendrai la confirmation de Geneviève pour l'ajouter en fin de billet, juste après la vidéo.
Ajout du 17 mai : Le suppléant est Alain Piveteau, économiste et adjoint au maire de Niort en charge de la prospective économique.
(A suivre)
Ces dernières semaines furent éprouvantes et pas seulement à cause de la campagne électorale qui traînait en longueur avec ses excès. Tout aurait du pourtant se passer pour le mieux puisque nous rentrions content de notre agréable escapade alsacienne en ramenant, après être passés par Paris, nos petits-enfants qui allaient rester une dizaine de jours chez nous.
Ce qui était moins prévu au programme c’est qu’il allait y avoir un temps pourri pendant la première semaine et qu’il n’était guère possible de laisser jouer les enfants dans le jardin ou si peu. Le lundi soir il m’a bien fallu intervenir, en urgence, pour consolider la nouvelle clôture soumise à des vents du nord-est à plus de 100 km/h. Heureusement qu’il y a, à la télé, un programme « Tiji » pour occuper les mômes pendant ces mesures de sauvetage . Au moins la clôture aura subi son crash-test et avec quelques renforts sûrs, judicieusement, mis en place le lendemain, nous étions tranquillisés.
Lucie (4,5 ans) et Gabriel (2 ans) ont été adorables : j’avais quelques inquiétudes de
devoir jouer au papy grondeur car Lucie est souvent capricieuse notamment chez elle, où elle fait souvent payer à son père de rentrer trop tard du travail. Là, chez nous pas le moindre problème…. Quant à Gabriel c’est un ange. Heureusement car la nounou principale ce fut moi ! A
commencer le dimanche du 1er tour de l'élection présidentielle où j’étais seul à la manœuvre puisque que Pilou était présidente d’un bureau de vote.
Une journée qui se termina bien puisque
Hollande était en tête ce qui selon, mon analyse, laissait entrevoir une probable victoire au second tour.
La semaine suivante fut du même acabit sur le plan météorologique : Les petits pouvaient profiter de la terrasse fermée par une véranda pour jouer et du canapé du salon pour se goinfrer de « Tiji ». Pilou fut tout au long de la semaine très occupée en commissions où réunions à la mairie. Elle put quand même se libérer le mercredi pour la venue de Cécile et des cousins puis le jeudi après-midi pour que nous emmenions Lucie et Gabriel à l’aquarium de La Rochelle où il y avait, compte tenu de la météo, un monde incroyable.
Fin de galère (un terme quelque peu excessif j’en conviens, tant ils furent gentils) le samedi, du week-end élargi jusqu’au 1ermai, quand Eric et Olivia arrivèrent. Ce fût d’abord la fête aux parents et puis progressivement des petits caprices réapparurent….. Papa et maman avaient fait un voyage en Andalousie et ramenaient pour Lucie une jolie robe de gitane et pour Gaby un costume d’hidalgo : Là ce fut la fête ! Lundi soir ils voulurent s’offrir une soirée cinéma et ce fut à nouveau les larmes, les cris, les menaces de miss Lucie… jusqu’à ce que le papy grognon prennent les choses en mains.
Le dimanche nous avions toute la famille, nos trois enfants et tous nos petits-enfants
à la maison et, miracle, le temps ne fut pas trop mauvais, ce qui nous permit, dans l’après midi, de jouer aux ballons dans le jardin, ballon rond et ballon ovale, on n’est pas sectaire…. Encore
que quand j’étais le maître du jeu, j’occupais les garçons uniquement avec l’ovale. De temps en temps je devais rentrer, boire un coup ou me laver les mains ou …. Ce qui me permettait de jeter un
œil sur l’écran télé pour voir évoluer le score du match Clermont–Leinster, la demi-finale de la coupe d’Europe …Oh je n’ai pas vu grand-chose hormis l’essai raté à la dernière minute par Fofana.
Pas de finale européenne pour Clermont-Ferrand : C’est bien dommage !
Tôt le matin du mardi 1ermai les parisiens prenaient la route du retour. Nous avions envisagé de prendre alors, illico, la route direction Toulouse, pour aller voir quelques amis et participer au meeting de Hollande de jeudi au Capitole. Mais un grand coup de fatigue m’a retenu…. d’autant qu’il aurait fallu être de retour le vendredi soir car Pilou était l’adjointe astreinte aux mariages le samedi. …. Et puis le temps s’améliorant, il fallait tondre la pelouse, tailler les haies et planter des fleurs et plantes grimpantes en bordure de la nouvelle clôture. … C’était aussi l’occasion d’avancer mes lectures dont « La réserve » de Russel Banks, l’un de mes auteurs préférés. J’adore cet écrivain américain, politiquement engagé, et dont les thèmes récurrents sont le destin, la culpabilité, le courage de faire ou la lâcheté de ne pas faire, le cheminement des êtres face aux embûches de la vie. Il donne dans ses livres une grande place aux pauvres, prolétaires, indignés, aux luttes pour l’égalité, aux confrontations raciales, à la mondialisation….. C’est en pensant aux romans de Russel Banks que j’ai retenu pour titre de ce billet, ceux de ses deux meilleurs livres « Affliction » et « Des beaux Lendemains », deux romans qui furent adaptés au cinéma et dans l’attente d’un troisième « American Darling » qui devrait être, très bientôt, porté à l’écran par Martin Scorsese.
Ce titre reflétant surtout la seconde partie du billet que j’aborde maintenant.
J’en étais donc au mercredi 2 mai le jour du débat (matchpour certains fans de sport) entre Hollande et Sarkozy. J’étais quelque peu anxieux, persuadé que le sortant serait très agressif jouant le tout pour le tout. En fait il m’a semblé que n’y croyait plus. Il a bien essayé de déstabiliser son adversaire en le traitant souvent de menteur…. Mais François Hollande avait beau jeu de parler du bilan du sortant en ne reprenant que des chiffrages gouvernementaux….. Que Sarkozy contestait…Ubuesque ! En fait on s’acheminait vers la conclusion après plus de deux heures de débat décevant, avantage Hollande …..Soudain le téléphone sonna, il n’était pas encore 23 H. C’est Pilou qui décrocha et je compris immédiatement que c’était grave. Je compris assez vite que ça ne concernait pas nos enfants où la famille ; au bout du fil c’était Geneviève. J’ai pensé alors qu’un élu municipal, un adjoint peut-être, avait eu un accident. Pilou a raccroché et m’annonça, effondrée, la nouvelle du décès d’Alain. Je n’avais jamais rien ressenti d’aussi violent, que la stupeur puisse être aussi physique en faisant aussi mal, et ce malgré mes 65 ans et forcément beaucoup de parents ou amis morts au fil du temps, au fil de la vie, des décès souvent ‘’attendus’’……sauf, sans doute, il y a quelques années pour ceux de Magali puis Pierre….. ou encore il y a 16 ans de mon cousin Riquet…… Alors la conclusion du débat Hollande Sarkozy…… Je n’en avais plus rien à foutre …..De toute façon la messe était dite.... et la nuit fut longue.
Samedi matin un hommage public fut rendu à Alain Mathieu à Aiffres, la ville dont il était le maire devant plus de 2000 personnes. La cérémonie a commencé à 9H30, et comme l’a relevé le « Courrier de l’Ouest » c’était le moment où il avait l’habitude de prendre son café à la terrasse du bar des halles, et c’est aussi à ça que je pensais quand le cercueil fut amené dans cette grande salle….. C’était l’heure où d’habitude nous nous retrouvions pour commencer à refaire le monde…. Un petit noyau d’amis, entre 5 et 10 selon les samedis.
La cérémonie a commencé avec la chanson de Michel Fugain « Je n’aurai pas le temps, même en courant plus vite que le vent, plus vite que le temps …Je n’aurai pas le temps » Admirable et courageuse Nadine qui a si bien rappelé la personnalité de son mari et ses valeurs en reprenant ces phrases de Pierre Mendes France, l’un des modèles d’Alain « La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée, tant qu’il reste des progrès à accomplir » et Nadine de terminer en demandant à tous d’aller voter le lendemain « Votez pour qui vous voulez mais allez voter »
Suivirent d’autres hommages d’amis, tous aussi émouvants :ceux de Geneviève Gaillard la députée dont Alain devait à nouveau être le suppléant, d‘Eric Gauthier le Président du Conseil Général, de Serge Morin son 1eradjoint à la Mairie d’Aiffres et d'autres encore que j'ai moins écouté perdu dans ma tristesse et mes souvenirs....
Nous avons ensuite accompagné Nadine, la famille et les amis proches pour la cérémonie privée au crématorium où de nouveaux nombreux hommages furent encore rendus, des propos plus intimes plus touchants et là je n’ai pas pu retenir mes larmes. Affliction.
Pilou était d’astreinte pour célébrer des mariages dont deux cérémonies le matin, ce qui l’a conduit à quitter la cérémonie publique vers 10H15 et rejoindre la cérémonie privée vers midi. Elle eut encore 4 mariages à célébrer l’après midi.
Le lendemain c’était le second tour de la présidentielle. Pilou était encore prise une grande partie de la journée comme présidente d’un bureau de votes. Pour passer le temps j’avais prévu d’aller au stade Espinassou pour assister au match retour du 1/16èmede finale du championnat de France de fédérale 2. Le XV du stade niortais rencontrait le XV de Maisons Laffitte. Déjà vainqueur au match aller par 18 à 13, ce ne fut à domicile qu’une formalité pour les niortais avec un cinglant 45-14. Je ne pus m'empêcher de penser que pour les précédents matchs, j’étais assis dans la tribune à côté d’Alain.
Après le match, de retour à la maison vers 17h30 je me suis immédiatement mis à pianoter sur internet : apparemment, il n’y avait plus de suspens. Du coup je suis allé rejoindre le bureau de votes que présidais Pilou. Là aussi le suspens ne dura pas longtemps.
Je ne suis pas allé faire la fête, ce n’était pas le moment, et ce n’est pas dans mon tempérament. Je suis très, très heureux de la victoire de François Hollande, mais compte tenu de l’état de la France je ne suis pas sûr que les prochains mois soient forcément de beaux lendemains.
(A suivre)
Je donne une suite normale au billet du lundi 23 avril avec un titre commun au point près, l’exclamation volontaire remplaçant l’interrogation relative. Une mise au point s’impose : Tout le monde aura reconnu le titre du film de Claude Berry avec Coluche et Richard Anconina. L’expression « Tchao Pantin » est une forme argotique de « adieu l’ami » et c’est la dernière phrase que lance, Bensoussan-Anconina à Lambert-Coluche avant de le quitter et avant de se faire agresser et abattre par deux voyous.
Voilà une petite précision pour dire au lecteur de droite perdu par hasard sur ce blog qu’il ne s’agit pas d’un manque de respect à l’ancien président.
Bon c’est vrai que j’ai oublié de lettre un P majuscule au pantin, alors je ne vais pas jouer plus longtemps au faux-cul et je reconnais que c’est bien une marque d’anti-sarkozysme primaire.
Son bla-bla de républicain modèle d’hier soir à 20 H 20, je n’y ai pas cru une seconde alors « Tchao pantin ! », et c’est toujours plus classe que « casse-toi pauvre con ! »
Résultats du 2ème tour des élections présidentielles.
Pour l'ensemble du pays : 37 016404 votants soit une participation de 80.3 %. Exprimés ; 34 869996 soit 75.69 %.
François Hollande : 51.63 %
Nicolas Sarkozy : 48,37 %
En Poitou-Charentes : 1 082 315 votants (82,81%), 1 016477 exprimés (77.77%)
François Hollande : 55.51 %
Nicolas Sarkozy : 44.49 %
En Deux-Sèvres : 227869 votants (84.19%) 214385, exprimés (79.20%)
François Hollande : 57.31 %
Nicolas Sarkozy : 42.89 %
1ère circonscription des Deux-Sèvres :
73539 votants (83.20%) exprimés 69461 (78.59%).
François Hollande : 60.90 %
Nicolas Sarkozy : 39.10 %
Niort: 31103 votants (79.46%), exprimés 29581 (75.57%).
François Hollande : 64.56 %
Nicolas Sarkozy : 35.09 %
Niort : Bureau Ferdinand Buisson.
807 votants (84.77 %). 764 exprimés (80.25 %)
François Hollande : 69.90 %
Nicolas Sarkozy : 30.10 %
Chez nous : 2 votants 100% de participation
François Hollande : 100%
(A suivre)
C'est hier soir vers 22 h 45 que Geneviève nous informa par téléphone du décès de notre cher ami Alain. Une brutale crise cardiaque alors qu'il effectuait, comme très souvent, un jogging.
Complètement bouleversé, déboussolé depuis bientôt vingt quatre heures, je ne sais pas si c'est forcément une bonne idée que d'évoquer ici ce grand malheur mais comme il était un fidèle lecteur de ce blog, il me semble normal de lui faire une place en guise d'hommage.
J'aimais cet homme intelligent, tolérant, attentionné, juste, fidèle et plein d'humour derrière un aspect rigide dont il jouait.... J'aimais le beau couple d'amis qu'il formait avec Nadine à qui, Pilou et moi, nous pensons beaucoup avec une infinie tristesse ainsi qu'à leurs enfants et à toute leur famille.
Alain était âgé de 54 ans. Presque tous les samedis matins, après avoir fait nos courses au marché, nous nous retrouvions au bar des halles à disserter de choses et d'autres, un privilège que devaient nous envier tous ceux qui s'approchaient de notre table pour le saluer. Très souvent aussi, le dimanche, côte à côte dans les tribunes du stade de rugby Espinassou, nous supportions le Stade Niortais.
Alain Mathieu était Maire d'Aiffres, Président de la communauté d'agglomération de Niort, Conseiller général du canton de Prahecq et premier vice-président du Conseil Général 79. Enfin il repartait une nouvelle fois comme suppléant de Geneviève Gaillard pour les prochaines élections législatives. Cette disparition, au-delà de l'ami très cher, est une immense perte pour le territoire niortais et plus car il aurait eu, à moyen terme, j'en suis intimement convaincu, un avenir national.
Alain, mon ami, je garderai toujours en mémoire de nombreux souvenirs purement amicaux et festifs..... comme ta présence en janvier 2007 dans les bureaux de ma société pour mon départ à la retraite.
Merci pour tout, merci de nous avoir permis de faire un bout de chemin près de toi pendant ces quinze dernières années. Je pleure ton départ, je pleure avec et pour Nadine, Nicolas, Sébastien, Francis, Edwige et les autres membres de ta famille.
Adieu Alain, je sais qu'il y aura beaucoup de monde samedi matin à Tartalin pour te rendre hommage. On devra se serrer dans cette grande salle.
Je pensais faire une pause pendant ce week-end du 1er mai, pause familiale, et puis j'ai reçu hier et avant-hier par mails, l'un de Chris un pote du rugby et l'autre de Cathy ma copine-écologiste préférée, cette jolie lettre de Phiippe Torreton destinée à Jean Ferrat. Je ne résiste pas à l'envie d'intégrer ce beau texte dans le blog. Il me faut aussi préciser que Chris mentionne sa source qui est un blog fort intéressant qui mérite le détour et dont voici l'adresse : http://bernard-gensane.over-blog.com/ (billet du dimanche 22 avril 2012)
J'ai ensuite retrouvé cette lettre sur plusieurs sites, notamment
http://nosenchanteurs.com/2012/04/22/lettre-de-philippe-torreton-a-jean-ferrat/philippe-torreton/
Jean
J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Antraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !
Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées, je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave !
Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...
Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France. Ecris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant
et tous ceux qui le soutiennent !
Jean, l'Huma ne se vend plus aux bouches des métros, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l'Élysée pour avoir l'honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...
Jean, l'argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l'on ose donner des leçons de civilisation au monde...
Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".
Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.
Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies les jacqueries!
Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade... Ici on massacre l'École laïque, on lui préfère le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...
Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été. Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...
Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...
Je t'embrasse.
Philippe Torreton
(A suivre)