Jeudi 15 mai 2008

 Cette semaine de l'amitié s'est déroulée, en fait, sur 9 jours du 3 au 12 mai 1985 avec des manifestations, des spectacles, des expositions, des conférences des rencontres sportives même, répartis entre Douala et Yaoundé. Initiée par l'Association démocratique des français de l'étranger (ADFE) et sous le haut patronage du gouvernement de la république du Cameroun, mais au-delà de ces patronages qui donnent une tonalité officielle, ce fut une vraie et belle fête entres amis. Bien sûr nous n'avons participé qu'à la semaine de Yaoundé mais de nombreuses manifestations tournaient entre les deux capitales : quelques différences cependant :
 La nuit du jazz à Douala a bénéficié de la présence de Manu Dibango, qui n'a pu se libérer pour Yaoundé.
 La table ronde débat a concerné « la prospection du pétrole au Cameroun » à Douala et « alimentation et santé en Afrique »  à Yaoundé.
 Il y eu du sport à Douala dont un tournoi de rugby à 7 mais le festival de cinéma eut lieu à Yaoundé.
 Cette programmation cinéma fut riche et elle fut même a deux doigt d'être exceptionnelle si la venue de Jean Jacques Annaud longtemps espéré avait pu se concrétiser ; Il ne s'est décommandé que quelques semaines avant cette semaine culturelle. Annaud est un amoureux du Cameroun où il fit son service militaire et qui a servi de cadre en 1976 à son premier film, « La victoire en chantant ». Bref il n'a pas pu venir présider ce mini festival mais on eut quand même de bien belles projections. Deux merveilleux films « africains » : Wend Kuni » de Gaston Gaboré  (1982) et « Remparts d'argile » de Jean Louis Bertulleci  (1968). Je me suis passionné pour ces nuits de cinéma tant je pense que l'Afrique est un avenir du cinéma, malheureusement encore insuffisamment exploité 23 ans plus tard. Enfin le festival s'est terminé par la projection du film difficile sur les handicapés« Le regard des autres ».
 Il y eu aussi des concerts : La nuit du Jazz à l'université, de la musique classique à l'Institut Goèthe. Nous n'avons pas assisté à tout.  Il y eu encore un bel hommage a deux écrivains camerounais récemment disparus : Bernard Nanga et Joseph Tchundjang Pouem.

 Il y eut surtout au cours de cette de l'amitié deux événements majeurs :

 D'abord un débat « politique», dans un pays qui n'avait pas encore la télévision, avec pour thème «  La France et le Cameroun en 1985». Un an après la tentative de putsch, deux ans après la visite de François Mitterrand et l'arrivée à la présidence de Paul Biya. Le sujet était d'actualité et opposait Henri Bandolo rédacteur en chef du Cameroun Tribune  (en quelque sorte le Figaro camerounais) et Jean François Bayard un intellectuel français. Chercheur au CNRS qui venait de publier un excellent livre « La politique africaine de François Mitterrand ». La salle ou se déroulait se débat disposait de 500 places. On aurait pu faire entrer le triple de personnes. Le débat fut techniquement parfait et Bayard à sa très grande surprise fut ovationné. En fait il ne savait pas qu'il avait une énorme popularité au Cameroun dans les milieux universitaires en raison d'un livre qu'il avait publié en 1977 ‘Etat au Cameroun » qui avait eu un retentissement extraordinaire, tout en circulant exclusivement sous la tunique ou la djellaba.
 Comme j'étais en charge de l'accompagner j'ai été amusé de voir l'étonnement de ce brillant chercheur (qui avait vécu enfant au Cameroun) et qui depuis est une référence intellectuelle ; on peut souvent le lire dans « Alternatives économiques » et dans « Alternatives internationales » Il a aussi publié « L'état en Afrique » en 1989 et un très curieux et passionnant essai « L'illusion identitaire » en 1996.

 Autre événement phare le grand Gala avec en première partie le chanteur camerounais Serge Minsy dit le roi du Sekle et en vedette Maxime le Forestier. J'aimai bien Maxime chanteur soixante-huitard, mais je l'avais surtout redécouvert en 1980 avec un superbe 33 tours enregistré en public à la Gaîté Montparnasse « Le Forestier chante Brassens » avec 13 « merveilles » : tout y est bon, il y a rien a jeté.....avec quand même trois titres que j'écoutais plus que les autres : «  Dans l'eau de la Claire Fontaine » en version Bossa Nova, « Les passantes » que je l'avais d'ailleurs vu chanter avec Brassens à la télévision (chez Chancel à la demande de Lino Ventura), et un magnifique « Histoire de faussaire » sur un tempo jazzy, un délice.
 Maxime était accompagné par Félix Lalanne, ils interprétèrent des chansons récentes peu connus de nous autres expatriés et des plus anciennes de son répertoire que nous avions tous en tête et puis vers le milieu de son récital il attaqua « Dans l'eau de la Claire Fontaine » version bossa nova avant de demander au public si on en voulait une autre de Brassens et si quelqu'un avait une préférence .... Je me suis dégonflé de demander le Faussaire...et comme personne ne réclamait vraiment.... Il embraya sur «Oncle Archibald » encore une merveille de son enregistrement de la Gaîté Montparnasse.
 Après le spectacle nous sommes allés manger au quartier «dans un « Chantier » dans les bonnes senteurs de poulet grillé et de nuit africaine. Pilou et moi étions installés près de lui et à table nous étions une petite douzaine.
 Il voulait tout savoir de l'Afrique où il venait pour la première fois, moi je voulais tout savoir de Georges Brassens, on parla aussi un peu de politique (l'ADFE étant clairement engagé à gauche) on l'a interrogé sur sa carrière, il a voulu savoir ce qu'on faisait nous en Afrique et quand je lui ai dit que j'y construisais des routes des ponts et des barrages il devint très curieux....moi j'en revenais toujours à Tonton Georges. Au bout de la nuit, très tôt le matin, Pilou et moi nous l'avons raccompagné à l'hôtel au Mont Fébé. Cette nuit du mercredi 8 mai au jeudi 9 mai 1985 reste dans ma mémoire une très, très belle nuit. Je me rappelle qu'à un moment de notre discussion je lui ai dit que si je partais sur une île déserte avec un tourne disques et seulement 3 disques il y aurait Montant chante Prévert, Ferrat chante Aragon et Le Forestier chante Brassens : comme il a vu que j'avais l'air sincère il en a rougi.

 Depuis que nous sommes rentrés en France, 0 Niort nous sommes allés voir plusieurs fois un spectacle de Maxime. En 1988 puis en 1998 quand il commença sa tournée du « Cahier » pour chanter Brassens, seul à la guitare. A la fin du spectacle Pilou et Cécile voulait qu'on aille le voir et qu'on reparle de cette soirée de Yaoundé. Je n'ai pas voulu, je trouvai que c'était ridicule 13 ans plus tard, et puis je ne voulais pas "emmerder" un chanteur qui sortait de scène.
  Le 25 janvier 2006 Le Forestier a fait une nouvelle tournée Brassens avec un nouveau « Cahier ». Bien sûr nous y sommes allés à nouveau (mais sans Cécile). A la fin du spectacle, sans me demander mon avis, sans m'attendre Pilou s'est dirigée vers les loges....j'ai suivi bien sûr.... Et nous sommes tombés sur Maxime... on a discuté pendant 5 à 10 minutes de cette tournée sa première en Afrique, celle avant « Né quelque part » et il en gardait un excellent souvenir. Il se souvenait vaguement de cette soirée africaine, encore qu'il en avait connu une seconde le lendemain à Douala et il mélangeait un peu les deux. Un agréable moment, un chic type.
 « Ah tu vois si tu avais bien voulu qu'on aille le voir en 1998 » m'a dit, Cécile ma fille, furieuse de ne pas avoir pu nous accompagner en janvier 2006.

 

A suivre.

 

par daniel publié dans : saga africa
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Dimanche 11 mai 2008

  Dans ce remarquable numéro 100 du journal de l'ANJCA la rédaction a proposé une interview croisée du président de l'ADJAN l'association d'Atakpamé (Togo) et du président la FADEC l'association de Cové (Bénin) dont je reporte quelques extraits en première partie de ce billet :
 
ANJCA : Quels sont les espoirs que vous placez dans cette coopération Niort-Cové-Atakpamé ?
ADJAN :  ...  "Je salue avec la plus grande sincérité les penseurs de cette initiative. Cette coopération permet d'établir une relation de transivité entre nos peuples, et c'est nous, habitants de Cové et d'Atakpamé qui tirons le maximum de profit de cette démarche. Avant cette ère, la coopération n'avait qu'un caractère bilatéral."........"Cette coopération est porteuse d'horizons nouveaux par des échanges sur le plan culturel et sur celui du savoir-faire".......


FADEC :
....." Nous apprécions l'opportunité pour la ville de Cové d'entrer dans une coopération dont l'essence se veut désormais Sud-Sud-Nord. Cela brise le mythe d'une dépendance du Sud par rapport au Nord. La ville de Cové attend beaucoup de cette coopération, mais se distinguera par ce qu'elle pourra offrir"......"Les perspectives sont nombreuses dans tous les domaines"....



 Après 20 ans de coopération décentralisée, modèle de réussite, avec Atakpamé,  l'ANJCA s'est fixée depuis 2006 une nouvelle ambition : que des liens d'aide, de coopération, d'encouragements, de stimulation se nouent entre deux villes africaines de pays différents. Il y aura des difficultés mais il y a aussi des atouts car il s'agit de villes proches par la distance et la culture puisque c'est sensiblement le même peuple de part et d'autre d'une frontière héritage de l'ère coloniale. Une fois de plus, l'ANJCA est à l'avant-garde de l'accompagnement au développement en encourageant encore ... et encore l'autonomie et la responsabilisation des villes partenaires et de leurs habitants.
 Atakpamé amène dans la corbeille de mariage, une expérience, un savoir faire et un sérieux reconnu à gérer les dossiers. Cové amène une fraicheur et une pratique démocratique, de décentralisation et de liberté. Il y a des élections plus régulièrement au Bénin comme les municipales en mars 2008 alors que cet exercice remonte à 1987 pour le Togo.(Depuis 2001 les villes au Togo sont gérées par délégations spéciales.)

 Les résultats du jumelage-coopération avec Atakpamé entre 1986 ett 2006 sont exceptionnels : du Jardin d'enfants de Lom-Lava à l'école de Midoudou et en passant au fil du temps par l'école d'Aféyé-Kpota,  les adductions d'eau potable de Djida, Epé-Ekpa, la construction du marché aux céréales d'Akpessémé, l'assainissement de la rivière Eké..... plus de 60 projets modestes ou relativement ambitieux menés à bien, tout au long de ces 20 années. (site http://anjca.free.fr). pour un tel inventaire il aurait fallu un Prévert, un Césaire..... mais c'est trop tard.... alors pour le Togo, puisqu'il faut une envolée poétique, on choisirait bien Akakpo Typamm et pour le Bénin on se tournera, peut-être ensuite, vers Tidjani-Serpos....
 Cinq amis togolais résidant dans la région niortaise ont aussi fait aussi preuve d'une forme de poésie ou du moins d'émotion dans ce centième numéro du journal de l'ANJCA. 

      Regards de Togolais :

 
Akhobi :
".....les résultats sont bons car ils touchent directement les bénéficiaires.... Que cette coopératon continue et que le dispositif se développe.... Je suis très heureux de voir le travail tangible accompli spécialement dans les écoles restaurées...

  


  Romuald :." Je veux rendre hommage à l'ANJCA pour son action et sa longévité car la coopération a résisté au "casse-tête togolais" et aux drames que nous avons connus....L'ANJCA n'intervient-elle pas à la place de l'état togolais dans la réalisation des structures de base? Cette coopération ne pourrait-elle pas s'engager dans le domaine de l'apprentissage pour aider les jeunes  ou dans les micro-crédits?

 
Edmond : ..." Cette coopération est une très bonne chose. C'est en arrivant à Niort que j'en ai pleinement mesuré l'intérêt. Je suis retourné à Atakpamé avec ma famille pour leur faire prendre conscience de ce qui a été réalisé dans cette ville..... J'aimerai que l'avenir de l'Afrique se construise dans la paix, la stabilité et la démocratie....."




Joseph : ."...Nous devons surtout maintenir la rigueur dans la gestion des projets comme nous le faisons. Au sein de l'ANJCA nous sommes exigeants sur ce point, et nous avons raison. Nos amis d'Atakpamé comme de Cové doivent eux aussi, gérer les choses avec méthode et rigueur et tout mettre en oeuvre pour y associer étroitement les populations locales..."


Alima : ".... Cette coopération est vraiment bienvenue. J'ai trouvé chez vous des personnes qui aiment autant le Togo que leur propre pays. C'est surprenant. Votre action désintéressée m'a frappé. De plus ce que vous faites est très précis, très réfléchi ! ...il est utile de développer les échanges entre nos continents, surtout pour favoriser la formation des jeunes qui ensuite doivent retourner dans leur pays mettre leurs compétences au service du développement..."


 Enfin pour finir un coup de chapeau au président de l'ANJCA, Monsieur Pineau .... Merci André pour toutes ces années consacrées à la coopération au développement. 

 " L'histoire et l'économie du monde nous liant, nous refusons de rester étrangers et indifférents les uns par rapport aux autres.
Nous refusons l'ordre actuel et les fatalités.
Que la vie des uns soit assurée grâce à la survie des autres, est un ordre que nous ne pouvons accepter
.
Les déséquilibres économiques, la pauvreté, les injustices, les inégalités sont autant d'atteintes à la paix et à la dignité humaine.
Notre action a pour perspective d'accompagner le développement des villes d'Atakpamé et de Cové en travaillant avec les compétences locales, en renforçant l'esprit de décentralisation et donc les pouvoirs des collectivités locales. Là est notre spécificité.
Notre action doit tourner le dos aux idées d'assistance et de dépendance pour, au contraire, encourager l'autonomie et la responsabilité des villes partenaires et de leurs habitants.
Les populations doivent être étroitement associées à l'élaboration et à la réalisation des projets, la démocratie participative étant au coeur de notre démarche pour une réelle politique globale de la ville."

(à suivre..............prochainement à Cové et Atakpamé...... .enfin !)
par daniel publié dans : L'invité
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Vendredi 9 mai 2008

  Je suis arrivé à Niort fin août 1986 en rentrant du Cameroun et dès septembre je fis connaissance avec l'ANJCA. C'était la veille de la sortie du 1er numéro du journal. Aujourd'hui, 22 ans plus tard et pour le centième, je me devais d'évoquer cette aventure. J'aurai pu en parler dans la rubrique Africa Saga & Co...... mais voilà je ne suis  jamais allé à Atakpamé, aussi, m'a t-il semblé plus approprié d'inviter le journal sur mon blog.


C'était le 4 mai 1958, place de la Brèche, la signature de l'acte de jumelage entre la ville de Niort et d'Atakpamé à l'occasion de l'ouverture de la Foire Exposition. Il y a 50 ans en cette année 2008.
De 1958 à 1984 il ne s'est rien passé....
le 20 février 1984, André Pineau, Conseiller municipal, intervient pour demander un jumelage coopération avec une ville africaine.
En janvier 1986 une délégation niortaise se rend à Atakpamé avec la signature d'un jumelage coopération.
Mai 1986, création de l'Anjca à Niort et de son homologue l'Adjan à Atakpamé. 
En 1987 les premières réalisations sont en cours.....
1991: Colloque régional à Atakpamé. L'Anjca est à l'origine  de la création de nombreux jumelages coopération entre des communes des Deux Sèvres et de la région des Plateaux du Togo. Deux coordinations sont créés : "Togo-Deux Sèvres" et "l'Association du Poitou Charentes des jumelages coopération", avec un grand colloque à Poitiers en 1990 puis un autre à Parthenay en 1992. 
1996 : 10 ème anniversaire. Edition du livre "Au coeur des collines d'Atakpamé". 
31 décembre 1999/ 1er janvier 2000: une importante délégation niortaise à Atakpamé pour le passage à l'an 2000. 
1998 puis 2003 : deux auto-évaluations 
2006 :
mise en place d'une coopération sud-sud-nord en intégrant Cové (au Bénin à environ 150 km à vol d'oiseau d'Atakpamé.)
Novembre 2006 1er déplacement d'une délégation de Niort à Cové. 
2007 : Evaluation par organisme extérieur le BCCT.  
 
 J'ajouterai pour être complet sur l'historique du jumelage, que c'est M. Davy originaire d'Arçais, près de Niort, Gouverneur de la France à Atakpamé et ami du Maire de Niort Emile Bèche, qui est à l'origine du jumelage version 1958. Je le cite car, friand de coïncidences, il se trouve que la fille de M. Davy, Nicole est une amie que nous avions connue, elle et son mari Jean Michel,  à Al Massira au Maroc de 1976 à 1979 puis en Alsace de 1979 à 1982 à l'occasion du chantier du barrage de Michelbach. Nicole avait passé une bonne partie de sa jeune enfance à Atakpamé.
 Ce jumelage coopération est tout à l'honneur de la ville de Niort et il a été très souvent donné en exemple lors de très nombreux colloques et dans des articles de journaux de référence. Je suis adhérent depuis le début et j'ai même été vice-président une paire d'années. Il m'a fallu prendre un peu de distance pour des raisons professionnelles et d'engagement politique mais j'en suis toujours resté un des plus fidèles supporters. Il n'est pas exagéré de dire que si je me suis "scotché" en famille à Niort,, après une ou deux années d'hésitations (des doutes de réussite professionnelle dans une ville endormie), c'est un peu grâce à l'Anjca.

 Atakpamé est la cinquième ville du Togo avec une population de 65000 habitants. C'est la capitale de la région des hauts plateaux et se trouve à 160 km de Lomé. 
"....
La ville est jumelée avec Niort, ce qui a permis de réaliser de nombreux programmes d'assainissement et de construction d'infrastructures municipales. Cela a permis en outre d'étendre le réseau d'eau potable à plusieurs quartiers et de développer différents programmes médicaux mais aussi culturels comme la construction et l'équipement d'une bibliothèque municipale et d'une bibliothèque annexe..." .

 La grande nouveauté de ces deux dernières années c'est donc d'élargir ce jumelage coopération en associant une autre ville du sud, Cové au Bénin. Cette ville de 35000 habitants est située à une 1/2 journée d'Atakpamé en empruntant une piste surtout circulable en saison sèche. Il s'agit donc maintenant d'une coopération entre trois collectivités qui peuvent s'enrichir mutuellement des expériences des autres.

 Pour plus d'informations sur l'Anjca et les réalisations sur Atakpamé et celles qui débutent sur Cové. il faut se rendre sur le site
http://anjca.free.fr et porter une attention toute particulière au budget en cofinancement qui montre bien le sérieux et l'implication de cette association et des différents partenaires dont en première ligne la ville de Niort.
 
 Le programme prévisionnel était en 2007 le suivant
:
    Equipements municipaux :
              5 magasins municipaux au marché central  = 19050 €
    Education, culture, sport :
             Atakpamé : Rénovation école publique de Midoudou = 13000 €
             Cové : Construction école primaire de Houso = 32700 €
             Cové et Atakpamé : divers équipements = 8870 € 
    Santé publique :  Lutte contre le paludisme à Cové = 4570 €
    Suivi et évaluation par un organisme indépendant = 6000 € 
    Total dépenses prévisionnelles : 84190 €
 
 En fait lors de l'assemblée générale de janvier 2008, le total des dépenses n'était que de 79000 €, certains projets notamment à Cové ayant été retardés. Ce montant était équilibré par les recettes suivantes:
            Ville de Niort = 25000 €
            ANJCA = 26800 €
            Etat = 12000 €
            Région Poitou-Charentes = 12000 €
            Villes Atakpamé et Cové = 3200 €

  Dans le cofinancement prévisionnel la participation de la ville de Niort était prévue à hauteur de 33000 € (il y avait eu une participation de 39000 € en 2006) mais il faut savoir que dans les recettes référencées ANJCA une partie non négligeable provient de la ville sous forme de participations diverses (Achat de carte de voeux, Aides pour le salon des couleurs, etc.. ).
   Ces sommes ne sont pas excessives car un montant public annuel de 30000 € ne représente que 50 centimes par habitant et même en prenant en compte  l'ensemble des financements niortais, Ville + Anjca, soit environ 52000 €, cela reste inférieur à 1 euro par habitant.
 En soulignant que le PNB / habitant  au Togo est 350 $ (au Bénin 540 $)  alors qu'en France il est de 36500 $ on réalise que cette aide au demeurant modeste est perçue quasiment au centuple à l'arrivée.
 En moyenne sur 20 ans, la part de virements de ce jumelage coopération représente plus de 50% des recettes d'Atakpamé. Une petite ombre au tableau, cependant : au fil des années la proportion des financements de coopération a tendance à augmenter alors que le budget global stagne voire régresse. Cette évolution est incontestablement liée à l'instabilité politique de la dernière décennie et aux contraintes de rigueur qu'impose le FMI. C'est aussi le signe que l'aide au développement est plus cruciale que jamais.
 Une autre comparaison est particulièrement parlante, entre ces deux villes de même taille : à Niort l'effectif municipal est d'environ un millier d'agents, à Atakpamé  il n'y a que 40 employés.
 Pour moi, africain de coeur et pourtant souvent critique vis à vis d'actions menées, sans évaluation, par certaines ONG,  c'est une grande fierté d'être niortais.... et d'avoir contribué, modestement, au développement de cette ville togolaise (et je regrette que des villes  accueillantes comme Rochefort et La Rochelle, qui ont un lien historique si fort avec l'Afrique, et qui sont dirigées par des équipes de gauche, n'aient pas entrepris cette démarche de jumelage coopération).  

 Je prolongerai cet article, par un second billet où je citerai, en vrac, quelques "regards togolais" sur ce jumelage-coopération, temoignages que l'on retrouve dans ce 100ème numéro du journal de l'ANJCA : 


A suivre

par daniel publié dans : L'invité
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Mercredi 7 mai 2008

 Je suis lecteur de «Jeune Afrique » depuis, depuis ......depuis, comme ils disent en Afrique, dans la vie quotidienne où le temps ne compte pas ou moins qu'ici.... Si je reprends ma casquette d'occidental je dirai que je suis lecteur assidu depuis au moins un quart de siècle et peut être même une dizaine d'années supplémentaires en tant que lecteur occasionnel.... car en Afrique il y a parfois (il y a et avait souvent...) de la censure et puis quand cet hebdo paraissait, encore fallait-il être proche de la capitale ou d'une grande ville pour pouvoir se le procurer. Enfin bref ce journal, lancé au début des années 60 par Béchir Ben Yahmed c'est mon journal ;  j'y suis fidèle c'est même l'un des rares dont je n'ai pas abandonné l'édition papier pour une consultation web (cette évolution concerne d'ailleurs essentiellement les quotidiens).
 Dans son édition du 20 au 25 avril, le n° 2467, il y a un dossier spécial sur la R. D. Congo et dans ce dossier complet très intéressant il y a un article, bien documenté, intitulé « Les promesses du fleuve » ; un bien joli titre, titre de roman voire de saga : Saga Inga.
 Voici quelques extraits de cet article de la journaliste Muriel Devey :
 « Alors que le pays dispose d'un gigantesque potentiel hydro-électrique, seuls 6.5% des ménages congolais ont accès à l'électricité....
 .....Devant nos yeux le fleuve Congo bouillonnant d'écumes, étale toute sa puissance. Parsemé d'une myriade d'îlots de verdure, son lit, ici large de trois à quatre kilomètres, débite selon les saisons, 30000 à 60000 m3 d'eau à la seconde. Construit dans le coude que forme le fleuve à cet endroit, les barrages semblent perdus dans l'immensité des lieux. A Inga... le fleuve pourrait produire jusqu'à 45000 MW d'électricité.....rien de plus normal donc, que d'avoir aménagé deux centrales hydroélectriques sur ce site stratégique. Mais, malgré, ce potentiel, la capacité installée d'Inga ne dépasse pas pour l'heure 1775 MW. En fait, la production actuelle n'est même que de 700 MW. Et, pour cause, sur les quatorze turbines existantes (Inga 1 avec 6 turbines pour 350 MW entrée en service en 1972 + Inga 2 de 8 turbines pour 1420 MW inaugurée en 1982), sept sont hors d'état de fonctionner. De quoi désespérer tous ceux qui dépendent de ce site, dont une partie alimente les villes de Kinshasa, Matadi, Boma,...la province du Bas-Congo   ainsi que quelques zones du Katanga. Le reste de l'électricité, soit 150 MW aujourd'hui, contre 250 MW auparavant, est exporté vers le Congo Brazzaville, le Zimbabwe, l'Angola, la Zambie et l'Afrique du Sud. »...... 

 ...« Inga reste le grand espoir de la RDC et d'autres pays africains pour résoudre la crise énergétique qui les mine, d'où la nécessité de remettre à niveau les deux centrales existantes. C'est un projet 500 millions de dollars financé par la Banque Mondiale et la Banque africaine du développement.... ».......« Même remises à niveau, les centrales d'Inga 1 et 2 ne pourront pas, à elles seules, satisfaire la demande du pays et de ses voisins d'Afrique australe. C'est pourquoi, les projets de construction de deux centrales hydro-électriques en aval d'Inga 2 ont été réactivés. Le plus avancé est celui d'Inga 3.... Pas question de limiter la production aux besoins de la seule RD Congo : Le principe d'exporter est acquis ; cinq pays sont concernés : La RDC, l'Angola, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Bostwana.... Les sociétés nationales des cinq pays intéressés, sont regroupées en partenariat pour préciser les besoins....l'étude de faisabilité financière, pour sa prise en charge par la Banque Mondiale, est assurée par BNP Paribas. Elle permettra de déterminer le coût exact de réalisation de la centrale évaluée pour l'heure à 3.6 milliards de dollars. On estime à 4320 MW la capacité de production de la future centrale. De quoi faire rêver les millions d'Africains concernés.
 Le second projet, baptisé Grand Inga semble quand à lui relever de l'utopie. Sa capacité atteindrait 39000 MW ! Et pourtant le potentiel est là. Véritable projet intégrateur à l'échelle continentale, il prévoit de desservir trois grandes zones ; l'Egypte, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique Australe. Autant dire qu'aucun pays ne pourra réaliser, seul, un tel chantier, le montant nécessaire à la réalisation de l'ouvrage étant estimé entre 40 milliards et 50 milliards de dollars......

  39000 MW c'est gigantesque : le 28 février 2005 un record de consommation d'électricité avait été battu en France en franchissant pendant quelques minutes le seuil de 83000 MW.
 Etant loin de Kinshasa et d'Inga en distance et en temps car j'ai quitté le Zaïre de Mobutu en 1976, et tout ce que je sais, du pays devenu, maintenant la République Démocratique du Congo (il est plus facile d'écrire R.D. Congo pour diverses raisons.....) de Kabila (fils), c'est par la lecture de J.A. plus quelques reportages de télé et Internet .... Mais il semble évident que c'est très loin d'être brillant.
 Toujours selon Jeune Afrique, le hors série n°18, « Etat de l'Afrique 2008 », les résultats économiques du RD Congo (ex Zaïre) sont les suivants :
             PIB = 8.5 milliards de Dollars (22ème rang en Afrique)
             PIB /habitant = 130 dollars / h (51ème rang sur 53 pays africains.)
             Dette / PIB = 150 % PIB (49ème rang africain ).
             Consommation d'électricité par habitant (au 32ème rang africain... pour un pays qui a en même lieu, le plus gros potentiel planétaire??)

 Je ne sais s'il faut faire Inga 3, qui est sans doute une chance de développement et de devises pour le pays d'autant qu'il n'y a pas de barrage à faire mais une simple prise d'eau reliée à la retenue d'Inga 2.... mais c'est quand même un projet représentant 42% du PIB annuel.... Même partagé en 5 pays ça ferait sans doute plus de 10 % du PIB pour le R.C. Congo..... et puis pour ce qui concerne la maintenance des équipements des centrales hydro-électriques d'Inga, l'expérience des trente dernières années montre que c'est plus qu'un maillon faible. Compétence de fonctionnement et d'entretien.... A moins de tout sous-traiter à un consortium privé ou semi-public et de faire venir de très nombreux ingénieurs et techniciens expatriés occidentaux ou chinois ou d'Afrique du sud, en spoliant le Congo de son potentiel de richesse... la quadrature du cercle.
  Quant au projet de Grand Inga pour un coût de l'ordre de 6 années de PIB du seul RD Congo ou encore 5% du PIB de l'ensemble de l'Afrique.... de l'utopie ou de la folie douce.
  Tous ces projets, ces vieilles lunes, qui ressortent étaient dans tiroirs depuis, depuis.... J'ai des documents datant de 1970 qui mentionnaient déjà ces projets et en 1975 une équipe d'ingénieurs et de techniciens français déachée par l'EDF, étaient allés faire une étude A.P.S. de ce  projet pharaonique, ou plutôt d'éléphants blancs. ( Lire éléphant blanc et bacille Shigellas.)

  « .... Le Zaïre (Congo), avec un débit moyen de 42000 m3 par seconde est le deuxième fleuve du monde après l'Amazone. En outre, son débit ne varie pratiquement que du simple au double entre l'étiage et la crue annuelle, stabilité rare qui en favorise l'utilisation. Parmi les grands fleuves, il est le seul à présenter sur son cours inférieur une pente très importante. C'est ainsi qu'on relève entre l'île de Sikila et l'embouchure de la Bundi qui ne sont distante que de 15 km une chute naturelle de 102 mètres .Cette série de rapides fait du site d'Inga le plus important gisement de puissance hydraulique concentrée en même point : l'énergie sauvage qui s'y dissipe annuellement est de 370 milliards de kWh...... »

  ......après avoir décrit les projets des années 70 à savoir Inga 1 et Inga 2, le document présente les projets à échéance la décennie 80.

 ....« ....Quant à la l'étape 3, la centrale sera extérieure mais avec galeries d'amenée souterraines.....
 ....cette puissance pourra être considérablement augmentée et des études sont en cours pour déterminer la puissance optimale à réaliser dans la vallée N'kokolo avant de passer à l'étape du Grand Inga qui comporte l'exécution de l'important ouvrage qu'est le barrage du fleuve. Cette puissance optimale semble pouvoir atteindre et même dépasser 40000 MW...
 Les progrès réalisés par la technique en une douzaine d'années contribuent donc à rendre beaucoup plus accessible un projet qui, par certains aspects, pouvait encore paraître démesuré.
Ceux qui le seront dans les prochaines années, contribueront sans nul doute à faire du site d'Inga un aménagement hydro-électrique des plus fantastiques. .......

 

      Voila le type d'arguments susceptibles d'emporter l'assentiment de chefs d'état avides de symboles glorieux .....   
 Plus de 35 ans sont passés depuis. que ce document est paru.... l'état de l'existant serait déplorable, il faut certes réhabiliter ne serait-ce que pour fournir de l'électricité au peuple congolais. Faut-il ensuite réaliser Inga 3 ? Peut-être mais ça sera pour l'exportation et ce qui se trame c'est une privatisation de l'ensemble d'Inga, or il faut savoir que plus de 50% de la dette du pays est le fait d'Inga ;  alors qui va payer cette dette, le consortium privé ou semi public ou le peuple congolais ? Et la dette à venir pour Inga 3 et les lignes à haute tension nécessaires à l'exportation de l'énergie, qui la prendra à sa charge ? 
 Et le grand Inga ? Séduits par tant d'atouts concentrés en un même point le Conseil Mondial de l'Energie a décidé de relancer le projet dont les origines remontent aux années 60. Le 14 mars 2008, sous l'égide du professeur britannique Sir David King ancien conseiller de Tony Blair a présenté la « Task force » chargée de conduire le projet jusqu'à son terme. Trois jours plus tard les représentants de pays africains se retrouvaient déjà au Botswana pour en débattre. Depuis la Banque Mondiale a réactualisée ses prévisions : 80 milliards de dollars. Diantre en quelques mois ça a déjà doublé (la crise des subprimes ?).Les prédateurs sont de retour, pour enfoncer un peu plus les plus pauvres ........
 
......à moins de réver d'un monde meilleur où de tels projets seraient pris en charge à 100% par des instances internationales..... Ce n'est pas demain la veille.

 
A suivre.

par daniel publié dans : saga africa
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Vendredi 2 mai 2008

   Je ne sais à quoi il pensait le grand Jacques quand il écrivait cette phrase de « Ne me quittes pas », merveilleuse chanson triste à chialer.... Peut-être comme moi ces jours-ci, à faire sa déclaration d'impôts.

 Mes souvenirs du mois d'avril sont essentiellement liés à des voyages déjà racontés dans d'autres billets, à mon travail avec des phases importantes pour des grands chantiers, notamment le démarrage de chantiers d'autoroute ou la fin de grands chantiers de barrages ou de ponts et surtout beaucoup de rendez-vous politiques. Sur le plan familial il y eut le décès de Roger, mon père le 6 avril 1962 mais j'en ai déjà parlé fin mars, et coïncidence morbide, celui de sa mère Geneviève, huit ans plus tôt le 9 avril 1954....mais parlons d'autre chose.... de politique par exemple.

  En 1974 je n'ai pas pu voter. Nous étions au Zaïre à Inga et l'élection précipitée par le décès du président Pompidou, ne nous permit pas de trouver à temps quelqu'un pour voter pour nous sur Arles où nous étions inscrits ou ailleurs .... car le système était assez bizarrement fait à cette époque, et cela ne nous mettait pas forcément en confiance : Il en fut de même en avril 1978 pour les législatives, alors que nous étions au Maroc, nous avons, en fait, voté au consulat de Casablanca pour une circonscription de l'Isère.

    En 1981 nous étions à Wittelsheim près de Mulhouse où dans une ambiance extraordinaire j'ai participé à l'avant dernier meeting de Mitterrand. Le champagne était déjà au frais....on allait enfin gagner c'était certain..... mais cela avait été certain, déjà tant de fois.... Il fallait attendre le 10 mai.

  Mon véritable engagement militant avec l'adhésion au PS s'est concrétisé au Cameroun en fin avril ou début mai 1984, quelques semaines après la tentative de coup d'état, mais sans aucune relation.... C'était le prolongement normal de mon adhésion à l'ADFE. Ma première grande désillusion est survenue assez vite, l'année suivante, début avril 1985, quand j'ai eu l'occasion de rencontrer, en délégation de l'ADFE, le secrétaire d'état à la coopération, Christian Nucci. J'en garde un souvenir horrible, un grossier personnage qui jurait comme un charretier : « Après la victoire de Mitterrand, et l'état de grâce qui en découlait, on aurait pu, dans de très nombreuses circonscriptions, présenter une vache avec une rose dans le cul et elle serait devenu députée ». Quelle délicatesse ! C'était donc ça un ministre socialiste ? Quelques mois plus tard il se renversa dans un carrefour du développement....sans grande surprise pour moi qui ne l'avait vu qu'une heure... rien qu'à sa façon de conduire ....une réunion.

 En avril 1988 nous étions installés depuis peu à Niort ; L'élection présidentielle allait se traduire par une victoire éclatante de la génération Mitterrand, et puis Chirac avait été tellement mauvais... jusqu'au bout, jusqu'à Ouvéa, jusqu'au débat télévisé....
 A l'époque je ne comprenais pas trop quels étaient les centres d'intérêts du PS local ; ça me paraissait trop niorto-niortais et je m'intéressais plus au jumelage coopération avec Atakpamé.... Et puis Pilou et moi nous étions très occupés par notre installation sur Niort et moi par la fin du chantier du pont de l'île de Ré...
 Et puis pendant les vacances de Pâques nos amis Jef et Nickie et leurs enfants, nos amis des environs de Sète, sont venus nous voir à Niort.
 Nickie avait réussi à convaincre Jef de quitter, de son plein gré, quelques jours sa garrigue. J'ai pris cette venue pour un très grand honneur (ils sont quand même  revenus plusieurs fois depuis cette première) .... Et en récompense, mais surtout parce que les circonstances s'y prêtaient, j'ai permis à mon ami d'enfance, d'être le premier civil à rejoindre l'île de Ré par le pont. Le dernier voussoir ayant été posé, fixé et câblé - scellé la veille... la voie était dégagée...je connaissais bien le chantier... alors en piste. C'était le 6 avril 1988 et bien entendu il n'y avait pas encore de péage : Jeff fut le premier à franchir le pont et gratuitement, pour quelqu'un qui venait pour la première fois de sa vie en Poitou-Charentes... ce n'était pas mal....

    La dernière semaine d'avril, celle qui s'appuie sur le 1er mai, est la semaine de la Foire exposition de Niort. Je ne suis pas un grand fan de cette manifestation mais il y eut une exception celle de 1990... je ne me souviens plus quel était le thème mais ce dont je me souviens c'est que sur le plan artistique j'ai eu, cette année là, la très grande chance de voir et d'écouter Marcel Dadi et son extraordinaire virtuosité picking à la guitare. (Dadi fut victime du crash du vol TWA 800 à New York en 1996). Le lendemain, cerise sur le gâteau, il y avait Kassav : une cuvée exceptionnelle.

 Fin avril 1992, pour fêter la belle victoire de Geneviève sur le canton Niort-est, l'équipe de campagne, presque au grand complet, est allée passer une petite semaine de vacances dans le Gers. Nous avions loué une grande maison près de Lupiac et, trois ans avant la sortie du film d'Etienne Chatiliez nous avons pu constater que le bonheur était dans le pré. Nous étions douze, Geneviève, bien sûr, Yvette, Catherine, Jean-Paul, Danielle et encore une Danielle, Gérard, Françoise, Jacques, André, Pilou et moi.
 
 Que de franches rigolages, de bonnes bouffes, de jolies sorties : Forcès la seule bastide ronde de Gascogne, Lupiac où naquit en 1611 Charles de Batz de Castelmore plus connu, depuis Dumas, sous le nom de d'Artagnan, Bassoues et son donjon majestueux, Montréal du Gers, l'abbaye de Faran à Valence sur Baïse, Le château de Busca-Maniban à Mansacôme, Le marché de Vic Fezensac, Eauze, Mirande, Nogaro.... et la cave Samalens de Laujuzan où nous avons tout appris sur l'Armagnac et le Floch..... et nous n'avions même pas eu le temps d'aller visiter la capitale du Gers et de l'ail blanc, Saint Clar de Lomagne.....
Le bonheur est dans le pré cours y vite il va filer... extrait du poème de Paul Fort.... une pensée pour André et Jacques qui sont partis beaucoup trop tôt.

  Avril 1995, élection présidentielle : Le 23 avril au 1er tour Lionel Jospin arriva en tête avec 23,3 % des suffrages devant Chirac 20,8 % et Balladur 18,6%. Jospin sera battu au second tour mais après une bien belle et très prometteuse campagne. Lors d'un de ses meetings, celui des Floralies à Vincennes, j'étais assis à côté de Vincent Peillon, quand Jospin prononça la « célèbre » phrase sur le droit d'inventaire de la période Mitterrand. Vincent subitement se mit à jubiler et comme je lui en demandai la raison, il m'expliqua que chargé de préparer les discours depuis le début de la campagne il proposait systématiquement à Lionel cette formule et que pour la première fois il s'était enfin décidé à la prendre à son compte.
 Vincent est venu début avril à Niort animer une réunion publique.... Entre mars et avril j'ai du faire 4 meetings de Jospin ; jamais je ne m'étais engagé à ce point, l'amitié de Vincent, et les liens privilégiés qu'il avait avec le candidat étaient super motivants.

  Il en sera tout autrement en 2002 : je n'ai rien compris à cette campagne, le faible enthousiasme, l'incapacité de motiver les troupes.... on avait l'impression que Jospin jouait perso et pourtant avec la présence de Taubira, Chevènement, Hue, Mamère, Besancenot et Laguiller il était évident que le risque était énorme. Jospin fut éliminé dès le 1er tour : immédiatement et sans le moindre état d'âme j'ai annoncé que je voterai Chirac au second tour. Je ressentais un sentiment de honte, pour mon pays, d'avoir un représentant de l'extrême droite au second tour. ;... et puis tout de suite j'ai compris que c'était grave pour l'avenir.... Jospin, premier ministre, avait fait passer le quinquennat par référendum en septembre 2000. La constitution de la Vème république n'avait de base démocratique que par l'équilibre entre exécutif et législatif grâce au risque de cohabitation. Ce risque supprimé par l'introduction du quinquennat (qui avec le droit de dissolution de l'Assemblée par le président de la république fait que ces 2 élections seront toujours consécutives et donc de même couleur politique) cette constitution n'est plus qu'une vague monarchie républicaine à durée limitée. Insupportable pour le pays initiateur des droits de l'homme. En 2000 tel Don Quichotte j'ai essayé de convaincre mes camarades... mais rien à faire je n'avais pas le talent de persuasion. J'en ai parlé récemment à Vincent qui m'a répondu « Tu avais raison.... mais moi à cette époque j'étais trop Jospinien.... pour aller contre ».

 Avril 2007. Ségolène a fait un score exceptionnel le 22 avril au 1er tour avec 9.5 millions de voix, mieux que Mitterrand en 1981 et Jospin en 1995 qui faisaient 7 millions, et pas très loin de Mitterrand de 1998 qui avait fait 10.3 millions de voix....c'était bien, mais Sarkozy avait fait 11.5 millions de voix et était certain de l'emporter au second tour..... aussi, ai-je été profondément choqué par la prestation de Ségolène ce soir là... le bonheur était sur la terrasse... et le peuple français allait en baver pour au moins cinq ans. Avant le PS avait trouvé son bonheur dans les régionales, aujourd'hui il récidive avec les municipales et les cantonales, .... Le PS fera encore une belle prestation lors des prochaines européennes et pour les prochaines régionales, encore qu'il aura du mal à faire mieux que la dernière fois....mais pour moi, ces résultats aux élections intermédiaires sont assez secondaires car l'essentiel se jouera une nouvelle fois en quelques mois en 2012..... pour une nouvelle monarchie présidentielle, qu'elle soit de gauche ou de droite..... Probablement de droite d'ailleurs car le fond de commerce du PS, parti d'élus, c'est le local.... et comment préserver au mieux ses intérêts locaux ? C'est bien en évitant de se salir les mains dans les enjeux nationaux.... Alors, avec si besoin, quelques divisions bien orchestrées, on perdra même des scrutins imperdables.

 Mais le bonheur est dans le pré, ou au bord d'un champ de blé, ou en garrigue, ou sur une plage de l'île de Ré ou encore dans le Marais Poitevin comme cette bien jolie ballade faite le dimanche 6 avril dernier avec l'association de Goise..... Ça m'a rappelé une critique à la sortie du film de Jean Becker, « Les enfants du marais » : c'est du « pétainisme light » une formule médiocre, déplacée, excessive. (J'adore Becker qui sera bientôt un sujet de Ciné-cure. Son dernier film « Deux jours à tuer » est excellent ). 
 Si la gauche repliée sur son fond de commerce, se sent incapable, dans le cadre de la mondialisation, de réguler le capitalisme libéral, où va-t-on ? Dans le pré ou dans le mur....?.

  (A suivre)

par daniel publié dans : Souvenirs en vrac
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Mercredi 30 avril 2008

 En avril 2000 ce fut le voyage en Grèce. Ce dernier voyage du COS fut sans doute le plus dense, le moins cossard ; nous avions soif de tout savoir sur la Grèce antique et en une petite semaine c'était évidemment une gageure. Nous étions installés à Eretria sur l'île d'Eubée à 80 km d'Athènes. Mais séduits par la compétence et le talent pédagogique de notre excellente guide, nous avons, en 5 ou 6 jours, profité au maximum du séjour.
 
 L'île d'Eubée est séparée du continent par le canal d'Euripe que l'on franchit par un pont, à peine large d'une cinquantaine de mètres à Chalkis, ce que l'on fit pratiquement tous les jours (une seule journée de ballade et farniente sur l'île). L'Euripe est parcouru de courants qui peuvent changer de directions plusieurs fois par jour....La légende dit qu'Aristote, à force de se pencher sur le problème pour essayer de le comprendre, aurait piqué du nez, et s'y serait noyé.
   

 Notre première escapade culturelle nous a conduit à Delphes, haut lieu mystique de la Grèce antique, sanctuaire d'Apollon dans le cadre grandiose du Mont Parnasse. L'Apollon de Delphes était une divinité bénéfique, purificatrice même, le frère d'Artémis aurait eu le pouvoir de laver ceux qui étaient souillés du sang de leurs proches, ce qui en faisait à cette époque un pèlerinage très couru.
 Les pèlerins passaient par une prêtresse, la Pythie, pour s'adresser à leur Dieu. 

                                                    
  En arrivant sur le site, en contrebas de la route on découvre, le sanctuaire d'Athéna, La Marmaria. On observe la base d'un ancien temple et 3 colonnes dioriques, les restes d'une rotonde, le Tholos.

 L'entrée principale donne sur l'Agora, puis, par la voie sacrée, on monte vers les vestiges du temple d'Apollon et, en surplomb, au théâtre qui pouvait accueillir 5000 spectateurs. Du haut des gradins on a une vue exceptionnelle du site et de la vallée.... Enfin tout en haut de la colline se trouve le stade antique.
 Autre curiosité du site, la Fontaine Castalie dans la gorge qui divise les roches Phédriades, du nom d'une nymphe qui se jeta dedans pour fuir les assiduités d'Apollon.
  Une autre légende dit que le fabuliste Esope fut aussi précipité du haut de la falaise par les Delphiens à moins qu'il n'ait tenté de faire du saut à l'élastique....sans élastique.

  

  Le lendemain le voyage s'est poursuivi en Péloponnèse. Cette province était reliée à la Grèce continentale par l'isthme de Corinthe mais en fut séparée à la fin du 19ème siècle par un canal dont rêvaient déjà, en leurs temps, Alexandre et Néron et peut-être même l'apôtre Paul qui lui avait appris à marcher sur l'eau.

 
 Nous n'avons pu, malheureusement, visiter que le Péloponnèse oriental : Corinthe et son temple d'Apollon, la ville qu'Homère appela Ephyre, lieu des aventures mythologiques de Médée ou Sisyphe.
 Le périple nous conduisit ensuite à Epidaure et à son théâtre où fut proclamé en 1822, l'indépendance de la Grèce.
 Epidaure était la patrie du mythique Esculape, médecin savant qui ramenait des morts à la vie et que Zeus foudroya pour avoir usé d'un pouvoir qui était le privilège des dieux. 


 Nous vîmes encore Mycènes fondée selon la légende par Persée et nous avons effectué la visite de sa forteresse dont la porte des lions, et de sa nécropole, le tombeau de Clytemnestre.
 C'est toute la tragédie des Atrides que nous a conté notre guide, Agamemnon, Iphigénie, Oreste, Electre et toute la famille, selon Homère, Eschyle, Sophocle ou Euripide... plus quelques lointains souvenirs de Racine.
 Au retour nous sommes passés par Nauplie, en contemplant de loin Bourdri l'ancienne forteresse Vénitienne, puis par Argos la plus ancienne ville grecque, fondée toujours selon la légende, par Danos le père des fameuses Danaïdes.

  
  La dernière partie de ce trop court séjour pour découvrir la Grèce fut, bien évidemment, exclusivement consacrée à Athènes. Entre Mythologie et Histoire, entre Cécrops ou Thésée et Pisistrate, le tyran éclairé, ou Périclès le père de la démocratie, les contes et merveilles se bousculent. Depuis les temps les plus reculés, l'Acropole, qui domine la ville fut, tout à la fois, la citadelle de la cité et le centre religieux, voué au culte d'Athéna.
 L'accès à l'Acropole se fait par les Propylees, une porte aux proportions monumentales, des marches en marbre avec côté droit en montant, le petit temple d'Athéna Niké.
 Coté nord il y a les vestiges de l'Erechthéion et les reliques les plus anciennes d'Athènes antique, celles des premiers rois d'Athènes. Toujours côté nord les Caryatides dont le portique sud fait face au Parthénon.

   Le Parthénon fondé sur l'éminence la plus élevée de l'Acropole fut construit sous Périclès au 5ème siècle av. J.C
 C'était un temple dédié à la déesse Athéna et là devant ce monument symbole de perfection et haut lieu de la civilisation, on ne peut que penser aux premiers pas de la démocratie qui, 25 siècles plus tard, ne concerne encore, réellement, qu'à peine ¼ de la planète.


 

  Sur le versant sud, en pied de l'Acropole, en appui sur les pentes de la colline, se trouvent à l'est le théâtre de Dionysos qui pouvait accueillir 17000 spectateurs et à l'ouest l'Odéon d'Hérode Atticus qui comptait environ 6000 places.
 Un peu plus à l'ouest on aperçoit la colline de Philopappe et la colline du Pnyx d'où Périclès s'adressait aux Athéniens rassemblés.

  


  

 Au nord ouest, en pied de l'Acropole, on se promène dans l'ancienne Agora et dans les ruines du Théseion, temple dédié à Hephaisteion, puis on a laissé les vestiges pour retourner vers la vie d'aujourd'hui et visiter les quartiers populaires et commerçants 
 



 
 Les jours suivants nous avons fait du tourisme et du shopping dans les quartiers de Pláka et Monastiraki, du vieil Athènes. Sur la Platia Sindagma, devant l'ancien palais royal, devenu parlement, nous avons assisté à la relève de la garde ou ballet des evzones en jupette. Nous nous sommes arrêtés au stade construit en 1895 pour les premiers jeux olympiques au même emplacement que l'antique stade Panathénien.
 Le dernier jour avant de quitter définitivement Athènes notre guide, si brillante, nous a encore montré d'autres merveilles dont le temple de Zeus et la porte d'Adrien.... Pour être dense ce voyage fut dense.

 Qui disait que les voyages du COS c'était du tourisme cossard ? Mais devant tant de splendeurs, de monuments mythiques à découvrir ce ne fut qu'un aperçu de l'antiquité, des ruines pas si mortes que ça...ou alors c'est qu'il y a des fantômes qui rôdent.
 Au Parthénon c'est certain, j'ai senti leur souffle, leur présence ..... il va falloir y retourner pour s'en assurer.

(A suivre)

 

par daniel publié dans : voyages
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Lundi 28 avril 2008

  Les voyages du COS, que j'ai, dans le précédent billet, gentiment qualifiés de tourisme cossard, nous ont tous permis de visiter quelques sites prestigieux. Pour aucun des voyages qui suivirent celui Tenerife nous n'avons retrouvé, lors du séjour, une ambiance aussi sympathique et festive ; par contre chacun eut son lot de merveilles, de vestiges, de ruines gréco-romaines ce qui, évidemment, manquait aux Canaries.

  En avril 1995 ce fut le voyage en Sicile. Ce séjour fut malheureusement « endeuillé » dès le 3ème jour par le décès d'une personne de notre groupe, Sergio un monsieur assez âgé qui aurait effectué ce voyage pour connaître le pays qui l'avait vu naître, mais où, enfant orphelin adopté, il n'était jamais retourné. Le mercredi l'excursion, qui nous avait été proposée, nous emmenait le matin à l'Etna, dans le brouillard, le froid, et même de la neige sur les pentes du volcan qui culmine à 3340 m, puis en fin de matinée nous poursuivions en descendant sur Taormina, sur la côte est, en bord de mer Ionienne ....et c'est là en fin d'après midi en montant au belvédère que le cœur du vieil homme a lâché. Je ne savais rien de lui, un individu d'un groupe d'une cinquantaine de personnes....sinon qu'il est mort sur la terre qui l'avait vu naître : l'émotion, les brutales variations d'altitude, le froid en montagne, la montée des marches à Taormina..... Il y avait dans ce fait divers quelque chose de la tragédie grecque. Inutile de dire que l'ambiance du voyage fut plombée pour le reste de la semaine.

  Avant cet accident qui fut bien malheureusement le fait marquant du voyage, nous avions eu le temps d'admirer une partie de la Sicile : D'abord le site et les environs de Cefalù, dès le lendemain de notre arrivée. Il y avait d'ailleurs une chanson qui passait en boucle à l'hôtel ventant les mérites de Cefalù, petite ville de pêcheurs sur la mer Thyrénienne et qui se trouvait à 15 km du club où nous étions hébergés.
 Le mardi matin nous traversions l'île en direction de la côte sud. Au cours du voyage en autocar nous sûmes tout, ce que le guide voulait bien dire aux touristes sur la mafia..... mais on restait loin du Corléone, de Coppola et de Mario Puzo. Quelques bouts d'autoroutes non reliés à l'axe principal (des autoroutes en élévation sur pieux pour réduire l'emprise au sol et favoriser ainsi la culture de blé). 
  Nous avons dépassé Enna, puis Morgantina et à proximité le lac de Pergusa où, selon la Mythologie, Hadès enleva Perséphone, pour en faire son épouse et Reine des enfers. En dot il voulu dispenser des bienfaits à cette terre nourricière, mais sa belle-mère forcée, Demeter, les refusa et les champs verdoyants et couverts de fleurs furent immédiatement et définitivement changés en étendues stériles.

 En continuant notre parcours nous avons retrouvé des sites verdoyants et fait une halte à Piazza Armérina à la Villa Romana del Casal  C'est une immense villa du 3ème siècle qui présente un exceptionnel pavement en mosaïques. 


  Nous avons ensuite poursuivi le trajet et passé par Gela où les souvenirs antiques sont passés à la trappe pour faire place à des histoires au Marsala 100% mafieuses.
 Enfin nous avons atteint Agrigente et la vallée des temples ; des dix temples élevés entre le 6ème et le 5ème siècle av. J. C, neuf sont partiellement visibles ou en cours de reconstitution (Temple Hercule) voire relativement préservés (Temple de la Concorde.)

 
 Avant l'accident, de notre compatriote, nous avions eu le temps de vi
siter Taormina et notamment le Théâtre grec qui datait du 3ème siècle avant J.C. et qui fut transformé ensuite par les romains pour accueillir les jeux du cirque.
 Au retour nous sommes passés par Catania ville qui fut détruite à plusieurs reprises par les éruptions de l'Etna.
 Ça serait sur ce littoral que Polyphème le cyclope, l'œil percé par un pieu, aurait jeté d'énormes rochers sur la flotte d'Ulysse qui fuyait ; rochers qui sont maintenant de dangereux récifs ....  Mais nous n'avions plus le cœur au tourisme ou à la mythologie d'autant que le guide était parti avec l'ambulance à l'hôpital.

  Nous ne saurons que tard dans la soirée soir que Sergio n'avait pas survécu à l'infarctus. Les jours suivants, les deux derniers du séjour, nous avons fait l'impasse sur les voyages proposés et pourtant j'aurai tant voulu voir Syracuse.... La patrie d'Archimède. Il faudra refaire un voyage pour visiter le musée archéologique situé au cœur du parc de la villa Landonina.
  Nous n'avons fait que traverser Palerme en car (pour rejoindre l'aéroport) sans visiter sa cathédrale, ses églises ou palais ni sa catacombe..... mais franchement cette visite qui était prévue pour le dernier jour nous tentait moins que Syracuse....
  Comment quitter la Sicile sans évoquer les nombreux films merveilleux qui y furent tournés. Des scènes importantes de la Saga du Parrain, mais aussi le magnifique Guépard de Luchino Visconti, Cinéma Paradisio de Tornatore, Le Sicilien de Cimino, Le Facteur de Massimo Troisi et le Grand Bleu de Luc Besson, justement au large Taormina.

  En avril 1997 nous fîmes le voyage en Turquie égéenne. Nous sommes arrivés tard le soir à Izmir sous un déluge quasiment biblique. Il faisait froid et la sortie de ville était inondée par ces précipitations exceptionnelles et alors que nous venions de quitter une France printanière qui était en attente d'une dissolution de l'Assemblée. Un peu plus d'une heure plus tard nous atteignons Cesme notre lieu de villégiature pour une semaine.
 La péninsule de Cesme est baignée par les eaux de la mer Egée. Cesme qui signifie fontaine, vient de la présence de nombreuses sources dans cette région. C'est l'une des plus belles côtes de Turquie ; une forteresse Génoise du XIVème domine le port de cette ville qui est devenue une réputée station balnéaire. 
 

  Le but principal de ce séjour était la découverte d'Ephèse et de ses environs situés à 80 km au sud de la région Egéenne. Ephèse fut l'une des plus importantes villes de l'Antiquité. Elle fut comparée à Alexandrie, Antioche ou même Rome. Le gigantesque temple d'Artémis était l'une des sept merveilles de l'Antiquité.
  Artémis (Diane pour les romains) fut selon la mythologie la fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d'Apollon ; elle était la chasseresse, amante de la nature (une écolo donc). Elle et son jumeau prirent parti pour Hector et les troyens (mauvaise pioche). Elle fut particulièrement vénérée en Anatolie.
 Il ne reste qu'une seule colonne intacte de ce temple. Cette ville construite par les athéniens, devint successivement perse, jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand et de ses successeurs qui en firent un grand port. Elle devint ensuite la capitale d'Asie des romains. 

  
Aux premiers siècles de notre ère elle devint le troisième centre du christianisme après Jérusalem et Antioche. L'apôtre Saint Paul y vécut puis l'apôtre Saint Jean qui se retira à Selçuk ville voisine, en compagnie de la vierge Marie dans une petite maison sur le Bülbüldagi où ils finirent leurs jours ; cette maison est un lieu de pèlerinage des croyants chrétiens et musulmans. Sous l'empire Byzantin du 4ème siècle au 6ème siècle, Ephèse connut une 3ème période de prospérité, avant de progressivement décliner, notamment en raison de l'envasement du port. De toutes ces périodes il reste d'innombrables vestiges et des travaux de rénovation sont en cours.

   
  Nous avons essayé de tout voir. Les ruines d'Ephèse comprennent, le gymnase, les bains Varius, l'agora, l'Odéon, Le Prytanée, la place Dominitien, la rue Courète qui rejoint la bibliothèque de Celsus, le monument de Memmius, la fontaine de Trajan, les bains de Scholastikia, l'arc de triomphe, le temple d'Adrien et le grand théâtre....nous sommes même allés voir la maison de la vierge....

 
 

  « Etiam periere ruinae » disait César sur le site de Troie ! A Ephèse ces ruines ont survécu.

 
  Nous ne pouvions quitter cette région de Turquie sans consacrer une ou deux journées à visiter Izmir, l'ancienne Smyrne qui vit naître Homère. Izmir (qui vit, auusi, naître Balladur mais était ce bien utile de le préciser son destin ayant été si peu homérique) est la 3ème ville de Turquie. Devant le peu de temps que l'on avait, nous avons écarté les sites historiques et les musées pour nous concentrer sur des visites comme la  mosquée Hisar, la statue équestre d'Atatürk, le parc Kültur, le parc Adnan Saygub et son amphithéâtre, et le shopping au marché Kemeralti, l'esplanade Kordon et les magasins bordant la jetée Pasaport.

 

  
  Nous sommes rentrés chez nous pour enfin apprendre la bonne nouvelle : Chirac avait tranché le nœud gordien : il avait dissous...... une excellente nouvelle.

 

(A suivre)

par daniel publié dans : voyages
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Jeudi 24 avril 2008
 
 Au cours des années 90 nous attendions avec une certaine impatience les voyages du COS qui se sont déroulés pour la plupart au mois d'avril. Le COS c'est le Comité des Œuvres sociales de la ville de Niort et nous avons pu en bénéficier tant que Pilou travaillait à la mairie de Niort.
 Ces voyages duraient généralement une semaine, mais ils tombaient bien car c'était la première coupure professionnelle de l'année ; une petite  semaine paresseuse et dépaysante pour se changer les idées. 
 C'est fin avril 1994 que nous avons fait le premier voyage, destination les Canaries et plus précisément la plus grande des sept îles, Tenerife. Ce voyage nous l'avons fait en famille, avec Cécile et Didier :  
                                                                  
 
Ce fut une semaine de farniente, de tourisme cossard.
Nous étions hébergés à la résidence Los Alisios à proximité de Los Cristianos station balnéaire et port de pêche à l'extrême sud de Tenerife :  Promenades, bonne bouffe, jeux divers, soirées.... que du bon temps mais aussi quelques balades sympas dans l'île.





  Nous sommes arrivés le dimanche 24 avril.   Après une journée de repos et d'installation, dès le lundi nous louions une voiture et, en prenant l'autoroute de la côte est, nous sommes allés jusqu'à Santa Cruz. Nous avons fait une promenade dans le parc municipal, nous avons vu Las Casas de Los Balcones, puis  Castillo de Paso Alto et nous sommes allés à La Laguna l'ancienne capitale de l'île, puis  nous avons poussé jusqu'à Bajamar. 
  Au retour, au passage, nous nous sommes arrêtés à Candélaria pour admirer le site renommé.
     

 Le mardi fut consacré au volcan. Nous avons pris  la route de Adeje, Porto de San Juan puis Guia. Après avoir pique-niqué dans une agréable pinède nous sommes arrivés au pied du majestueux Teide, le sommet le plus haut d'Espagne. Las Canadas, le  plateau d'où semble s'élever  le Teïde,  est un  gigantesque vieux cratère qui, au fil du temps, s'est rempli de lave en fusion  qui en se déposant  a donné cet aspect de vaste plaine d'altitude. 

  
     
 
 Le mercredi fut la journée de la promenade en mer sur le bateau Le Nostramo, au rythme des vagues. On bronze en contemplant le site, Los Gigantes la falaise noire qui termine dans l'océan le massif de Teno.
 Toute la journée il y eut el cielo azul, el sol y el mar.....et le ballet des dauphins ....mais pas de trace de baleine... ce n'était sans doute pas la saison.

  
 
 

  Le jeudi tour de l'île en autocar. Nous sommes partis par l'ouest avec des escales à San Juan, une nouvelle fois à  la Falaise des Géants mais cette fois côté terre, avant d'atteindre la côte nord. D'abord Garachico qui fut détruit en 1716  lors d'une éruption du Teide, puis San Marcos et enfin Icod de los Vinos qui possède au centre du village el Drago Millenario, le plus important et le plus ancien des dragonniers des Canaries et enfin  Porto de la Cruz et son jardin botanique.

 

 

  Une pause à Santa Cruz puis le retour par l'est et un nouvel arrêt à Candelaria pour la visite de la basilique et les traditionnelles photos devant les statues les anciens Menceyes, chefs des premiers habitants de l'île, les guanches (il y a 9 statues réparties le long du littoral. )
  Les derniers jours, shopping et ultimes promenades vers la playa de las americas, et la punta de los Cristianos.....



 ......et puis la toute dernière soirée au club où notre famille, en équipe, a bien failli gagner la R4 rose à pois verts....des couleurs qui m'allaient très bien.... mais sur la dernière question, la question banco, j'ai quelque peu manqué d'assurance. 
 Parmi les membres de l'équipe d'animation il y avait Patricia, une gentille héraultaise de la région de Frontignan qui fut toute surprise de rencontrer des gens qui connaissaient si bien Vic La Gardiole.... la capitale du bien parler français... en prononçant toutes les lettres.


 

  Le lendemain dimanche ce fut le retour en France : fini le farniente, la cosse.... il fallait retourner au boulot dès le lundi.

   (A suivre)

par daniel publié dans : voyages
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Lundi 21 avril 2008

 Une petite innovation dans cette rubrique, je m'initie au pastiche de chanson : un peu de poésie, bordel !
 C'est curieux comme le comportement et les actions (*) de mes amis patrons m'ont souvent fait penser à la chanson de tonton Georges « La messe au pendu. ».
(*) Pas de confusion il ne s'agit pas d'une chronique boursière.

  Certains y verront un message révolutionnaire surgit du subconscient du genre : « Ah ! Ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne... » avec dans le rôle de l'aristo le méchant patron... oui peut être mais si c'était ça, j'espère que ça serait réservé à ceux qui bénéficient de parachutes dorés afin qu'ils puissent, après exhibition, descendre de la potence sans se faire mal.

 Ces amis dont je chante les mérites, sont des patrons tout ce qu'il ya de plus sérieux, responsables de très sérieuses entreprises .... Ce qui ne les empêche pas d'avoir, aussi, un bon sens de l'humour. Moi j'en ai, sans doute, un peu moins ou mal réglé car en partant d'une idée qui me semblait plutôt bonne (sinon j'aurai abandonné ce que j'ai, d'ailleurs, failli faire...),  j'ai eu un mal de chien à mettre en vers et contre pieds, des jeux de mots et  des contrepèteries et ça.... ça m'a perturbé surtout le bon équilibre des pieds ce qui pour un chant de marche militante, est impératif.
 Alors voilà c'est fait, j'y suis arrivé tant bien que mal et je me lance..... (En rappelant que n'est pas poète-poète qui veut et qu'après tout ce type d'exercice est couramment fait pour des anniversaires par des gens très biens....non je ne cite personne...., et d'ailleurs tout le monde n'est pas députée... quoi je l'ai dit ? Qu'est ce que j'ai dit ?... ).

Militant, syndiqué actif
grand braillard les jours de manif
cet aveu me coûte beaucoup,
mais les chefs d'entreprise, hélas !
ne sont pas tous des dégueulasses.
Témoins des patrons de chez nous.

 Pour manager sa dream team
Gégé, a pensé à Pascal,
ce grand faiseur d'évènements,
patron connu comme le loup blanc.
Personne ne cria au scandale
car même de stals il est intime.

Très intrigué par l'arrivée
d'un dirigeant plein d'assurance
qui pour gagner en confiance
à sa table nous a conviés,
offrant, en guise d'apéritif
aux féministes, l'hymne massif.

Et puis il y a Frankie la plus
charmante dame patronnesse :
la lutte de classes pour les écoles
c'était déjà très rock & roll
du comité de soutien, hôtesse
d'accueil en tête de liste, elle fut

Sans oublier Vony, sain pa  
tron es blagues sub-ceinturon,
expert brosses à reluire il a
des arguments en taille patron
pour convaincre les indécis
Médef tendance PS qu'il se dit. 

Franckie et Vony ne sont pas
que des patrons sympathisants
mais je ne peux tout raconter
même en chansons. Manifestants
restons-en là, la, la, la, la
et respect pour ce que je tais 

Militants, syndiqués actifs
Grands braillards les jours de manif
Quand vous gueulerez vos saines colères,
Anti-patronales, je vous exhorte,
Camarades, à faire en sorte
Que ceux-ci ne soient pas de concert

 (A suivre.)

par daniel publié dans : Blog à part
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